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Fiction » Fantasy » Au Secours des Terres de Brume font: B s : A A A . width: full 3/4 1/2
Author: Fania
Fiction Rated: K+ - French - Fantasy/Sci-Fi - Reviews: 8 - Published: 06-09-06 - Updated: 11-25-09 - Complete - id:2189210

AU SECOURS DES TERRES DE BRUME

AUTEUR: Fanderpg

GENRE: Aventure; Fantasy. Un peu de romance aussi.

COPYRIGHT: Myranael, Yamaël, Nalissie, et les terres de brumes sont ma création, merci de ne pas les réutiliser. Vous n'êtes pas non plus autorisés à redistribuer cette histoire sans mon consentement écrit, et si vous ne me croyez pas, lisez les petits caractères en bas de page…

NOTE DE L'AUTEUR: Cela fait un moment que cette histoire me trotte dans la tête, tellement longtemps que j'ai même fait un plan, c'est dire… enfin, commencé serait plus juste, mais globalement les grandes lignes sont définies… j'estime cette histoire à environ une vingtaine de chapitres. Enfin, on verra bien… Bref, bref, bref… bonne lecture.

Prologue:

Les voyages forment la jeunesse

"Père, mère, regardez la bas! S'exclama la jeune Nalissie en désignant une vaste étendue bleue et scintillante, c'est ça la mer?

-Allons Nalissie! Tempéra la reine Layora, calmez-vous! Un peu de tenue que diable, nous sommes encore dans la ville.

-Laissez donc mon amie! S'amusa le roi Dalarius, il faut bien que notre petite découvre le monde. C'est la première fois qu'elle voit la mer.

-Ses sœurs aussi voient la mer pour la première fois, et elles se tiennent tranquilles… comment voulez-vous que les dames de la cour acceptent Nalissie si elle ne se comporte pas en jeune fille convenable?

-Mais je ne veux pas être une jeune fille convenable! Protesta Nalissie. Moi je veux m'amuser dans les bois et apprendre à me battre encore mieux que les garçons!"

Tandis que Layora s'indignait, Dalarius, lui, éclata de rire. C'était fous ce que sa fille lui ressemblait: bavarde, effrontée, à la limite de l'impétuosité, avec une fougue qui faisait plaisir à voir. Elle aimait porter des pantalons, manier les armes et grimper aux arbres. Elle avait en outre une aversion profonde pour les robes, les dentelles, la poésie, les tissus précieux, bref, tout ce qu'une jeune fille de bonne famille qui se respectait se devait d'aimer. C'en était arrivé à un tel point que le roi s'était déjà demandé si elle survivrait à la vie en haute société…

Cette question surtout le tracassait. Il aimait sa famille plus que tout, et ne désirais que leur bonheur. Mais il savait aussi que son rôle imposait à ceux qu'il aimait de se plier à un certain nombre de convenance. Qu'adviendrait-il de Nalissie si elle ne rentrait pas dans le moule? Darissa, l'unique sœur de Dalarius avait eu le même caractère, et les exigences de la cour avait finit par avoir raison d'elle: elle s'était jetée du haut d'une falaise…

Nalissie connaîtrait-t-elle le même sort funeste? Peut-être pas, si lui, le roi, faisait ce qu'il y avait à faire pour l'empêcher… mais que fallait-il faire justement?

Le carrosse royal stoppa sa course, et Nalissie aurait bondit par la fenêtre si sa robe le lui avait permis. Au lieu de quoi, elle attendit en trépignant qu'on se décide à lui ouvrir la porte. Puis, lorsque ses trois sœurs aînées furent sorties, elle se précipita à l'extérieur et s'empressa de humer l'air marin à pleins poumons. Après quoi, elle exigea une visite du port. Dalarius sourit. Du haut de ses dix ans, Nalissie était sans nul doute la plus déterminée de ses quatre enfants. Elle savait ce qu'elle voulait, et savait aussi comment l'obtenir malgré les réticences de sa mère…

"N'allez pas trop loin! S'exclama cette dernière. Nous devons rencontrer la duchesse de Dern d'ici quelques heures. Il est hors de question que nous soyons en retard, m'entendez-vous?

-Oui, oui… répondit la fillette avec un vague signe de la main avant de disparaître dans une ruelle.

-Glenn, suivez-la, je vous prie. Ordonna le roi.

-Oui monseigneur."

Et le vieux centaure à la robe zébrée accrocha ses pas à ceux de la jeune princesse, comme chaque fois qu'elle se promenait dans un lieu qui lui était inconnu. Elle parcourut quelques ruelles avec la plus grande curiosité, avant de tomber en arrêt devant un homme fée au visage usé et buriné par le temps et le climat marin qui réparait un filet de pêche. Ses doigts fripés couraient d'une maille à l'autre, ajoutant du fil la ou il en manquait, en retirant s'il y avait des nœuds. Nalissie l'admira en silence un long moment, jusqu'à ce qu'il semble remarquer sa présence.

"Dis-moi mon enfant, dit-il doucement, sais-tu qu'un centaure te suis depuis un moment déjà?

-Oui, c'est un domestique. Il me suit sans arrêt. Ma mère y tiens.

-Tu m'as l'air de ne pas faire partie des standards…"

Nalissie laissa échapper un rire clair et se mit à jouer avec un pendentif d'émeraude qui ornait son cou.

"Comment avez-vous deviné? Interrogea-t-elle avec un sourire malicieux."

Le pêcheur eu à son tour un rire franc. Il l'aimait bien, cette petite Elfe avec ses cheveux verts et sa peau brune. Et puis on ne voyait pas souvent de jeune demoiselle avec un pantalon, et encore moins avec des cheveux si courts…

"Grâce à tes cheveux et ton pantalon. Répondit-il à la question de "l'Elfette". C'est original comme coiffure… comment cela s'appelle-t-il?

-En fait, c'est un simple carré mi-long dégradé, mais vers l'avant. Mère y tenait: elle trouvait que vers l'arrière ça fait trop garçon.

-Ah, d'accord. Dis mois, tu connais Yal Rag Dorelt?

-Qui? S'étonna Nalissie. Jamais entendu parler…

-Il vit sur l'île de Skeriss et il propose des entraînements en trente ans. Ce n'est pas très long, mais très efficace. Il t'apprendrait tout ce qu'il y a à savoir pour être une bonne guerrière…"

Nalissie fronça les sourcils et salua le vieux pêcheur, avant de reprendre son chemin. Elle réfléchissait intensément à ce qu'elle venait d'entendre, se demandant comment convaincre sa mère de la laisser se rendre sur cette fameuse elle de Skeriss… non, vraiment, elle ne savait pas. A moins… à moins qu'elle ne sache faire vibrer la bonne corde. C'était hasardeux, mais possible… un grand sourire aux lèvres, Nalissie gagna donc le vaste manoir ou ses soeurs et elle devaient se changer avant la grande soirée donnée par la duchesse de Dern.

Son père l'attendait sur le seuil souriant lui aussi, avec un paquet dans les mains. La fillette, intriguée, s'approcha de son monarque de père en se tortillant les cheveux –geste qu'elle faisait toujours lorsqu'elle se concentrait.

"Qu'est-ce que c'est? Demanda-t-elle. Un cadeau?

-Oui, répondit Dalarius, et c'est pour vous.

-Vraiment? S'enthousiasma Nalissie. C'est un présent pour moi?

-Oui, confirma le roi en tendant le paquet à sa fille. Ouvrez donc."

Nalissie saisit l'objet emballé de tissus brun et l'en sortir sans ménagement et découvrit une paire de botte et un vêtement, qu'elle s'empressa d'aller revêtir. Tandis que Dalarius, plus calme, gagnait le salon, un cri de joie retentit dans toute la maison. Nalissie, vêtue d'une robe courte au délicat coloris vert tendre se précipita dans les bras de son père.

"Oh père! Elle est exactement comme il faut! C'est merveilleux, je vous adore!

-C'est vrai? S'inquiéta Layora, elle vous plait vraiment?

-Oh oui! Je l'adore! A cette longueur, elle ne me gênera pas pour courir!

-Alors promettez moi de la porter souvent voulez vous?

-Promis!"

Nalissie savoura pleinement ces instants de bonheur, avant d'aborder la question qui la taraudait. Et l'ambiance s'en ressentit légèrement…

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Les Elfes noirs étaient des créatures de feu, et c'était pourquoi ils occupaient seuls la vaste chaîne de volcan qui bordaient tout l'Est des Terres de Brume. Leur affiliation à l'élément de feu avait également fait naître chez eux une aversion à la limite du viscéral pour l'eau et tout ce qui en découlait, Elfes aquatiques compris, ce qui ne les empêchait pas de s'installer à proximité des rares fleuves qui traversaient leurs terre afin d'en extraire le souffre, élément essentiel de leur armement. Il va de soi de dire que la marine de ces Elfes était très peu développée, pour ne pas dire inexistante, mais aucun d'eux ne s'en plaignait: tous détestaient ces choses immondes qu'on appelait bateaux et qui servaient à voyager sur l'eau.

Enfin, à quelques exceptions près…

Myranael, fils de Salook et Mawanya vivait sur les pentes du volcan Kartos, un peu à l'est de port Meirion, dans le seul port existant au Royaume des Elfes noirs. Son père était forgeron et sa mère était blanchisseuse: elle n'avait pas son pareil pour faire disparaître les taches tenaces. Outre ses parents et lui-même, la famille de Myranael comportait un quatrième membre: Nathanaël, son frère jumeau. Tout deux étaient très liés et complices, et les voir ricaner sous cape ne présageait généralement rien de bon…

Mais pour l'heure, le petit garçon était à la forge et se concentrait au maximum sur ce qu'il faisait, à savoir une épée. Myranael était un des rares habitants des Terres de Brume dont la magie s'était révélée avant ses trente ans, mais comme il ne la maîtrisait pas du tout, il préférais ne pas s'en servir encore, aussi utilisait-il un bon vieux soufflet mécanique pour activer le feu. Il était assez fier, comme garçon, c'était pourquoi malgré sa petite taille pour un Elfe de son age, il avait refusé l'aide de son père, qui se contentait donc de le regarder en riant s'arc-bouter pour actionner la mécanique.

Ce n'était pas la première fois qu'il travaillait à la forge, mais sa participation s'était jusque la limitée à certaines étapes bien précise du travail: le chauffage ou le martelage des pièces, parfois simplement leur refroidissement. C'était la toute première fois qu'il forgeait lui-même une épée…

"Tu devrais cesser d'augmenter la puissance du feu, ou ton fer sera trop chaud…fit remarquer Salook en haussant un sourcil circonspect.

-Je sais ce que je fais papa. Lui répondit Myranael en se suspendant au manche du soufflet géant. Je veux une lame solide pour pouvoir trancher des branches épaisses. Parait qu'y a une sacré forêt sur c't'île, et je ne voudrais pas perdre mon épée sitôt arrivé.

-Je suis content de voir que tu prends cet apprentissage à cœur. Dit Salook en souriant, mais je persiste à penser que c'est un peu tôt. Tu es encore jeune, tu as le temps.

-Je ne changerais pas d'avis. Répondit Myranael en saisissant le métal incandescent avec des pinces. Je prendrais le bateau de ce soir, et ne reviendrais que dans trente ans, comme je l'ai promis.

-Fort bien. N'oublie pas d'embrasser ta mère avant de partir. Tu sais qu'elle ne peu pas t'accompagner au port comme elle l'aimerait.

-Surtout, prévint le petit Elfe, qu'elle ne prenne pas froid. Et qu'elle ne se force pas trop, je ne voudrais pas que le bébé ait un problème!

-Dites donc jeune homme, vous semblez oublier que votre mère a déjà enfanté deux petits diables et qu'elle n'en est pas morte!

-Je m'inquiète, j'ai le droit, non?"

Les deux Elfes éclatèrent de rire ensemble, et Myranael se remit rapidement au travail. Environ trois heures plus tard, l'épée était terminée. Myranael la testa, en fut satisfait, et partit vivement troquer ses habits de travail sales et déchirés contre une tenue plus élégante.

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Raston Cordefor, le capitaine de l'Inébranlable, consulta une dernière fois sa montre avant d'ordonner de lever l'ancre. Il détestait prendre la mer lorsqu'un passager manquait à l'appel, mais il était déjà en retard sur l'horaire prévu. De plus, le vent était bon mais changeant, attendre une heure de plus c'était prendre le risque de ne pas pouvoir partir avant le lendemain. On remonta donc la passerelle, puis on affala les voiles, et l'on allait remonter l'ancre lorsqu'un cri retentit.

"Hé! Attendez! Attendez, il vous manque un passager!"

Un petit Elfe noir courait de toute la force de ses jambes sur le quai, ses longs cheveux noirs tressés sautillant derrière lui. Il n'était pas grand, plutôt fin, et portait un pantalon noir collant, des bottes de cuir lui montant jusqu'aux genoux, et une large chemise blanche dont il avait retroussé les manches jusqu'au coude. Dernier détail et non des plus banals, ses yeux étaient bleus, chose très rare chez les Elfes noirs. Un marin lui lança une corde et le garçonnet monta prestement à bord.

"Désolé, dit-il au capitaine, j'ai eu quelques imprévus…

-C'est rien bonhomme. Au fait, tu s'ras pas tout seul à bord. Y'a un autre passager de ton age à bord.

-Ah, si vous le dites. Je dormirais ou?

-Troisième cabine à droite mon p'tit gars. Bienvenue à bord de l'Inébranlable!"

Myranael salua le vieux nain et alla déposer ses affaires dans sa cabine. Lorsqu'il en ressorti, une Elfe sylvestre l'attendait avec curiosité. Le garçon soupira. Il n'aimait pas les filles. Toujours à se plaindre ou à vouloir jouer au papa et à la maman…non vraiment, les filles ce n'était pas son truc! Encore que celle-ci n'avait pas l'air tout à fait comme les autres… elle était un peu plus grande que Myranael. Sa peau avait le brun de l'écorce d'un chêne, et ses cheveux le vert tendre d'une jeune pousse. A l'exception des deux mèches du devant qui, elles, étaient du même vert sombre que l'herbe fraîche et bien arrosée.

"Bonjour! S'exclama l'inconnue. Je me nomme Nalissie! Et toi comment tu t'appelles?

-Myranael. Tu vas ou comme ça toute seule?

-Sur l'île de Skeriss. Je veux suivre l'enseignement de Yal Rag Dorelt.

-Toi aussi? T'es bizarre pour une fille dis donc…

-Tu ne t'es pas regardé! Tu es sans doute le seul garçon de toute les Terres de Brume à avoir les cheveux aussi longs. As-tu remarqué qu'ils t'arrivent au dessous des fesses?

-C'est pas tes oignons! Si j'veux les garder si longs, c'est mon problème!

-Yo, du calme! J'te veux pas d'mal!

-Tiens, changement de langage radical. T'es descendue d'une classe dans la société?

-Oh, flûte! Tu m'énerve à la fin!"

Myranael éclata de rire et s'excusa rapidement. Finalement, Nalissie n'était vraiment pas comme les autres filles qu'il connaissait… et c'était tant mieux. Dès lors, les deux enfants devinrent inséparables…

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Six mois s'étaient écoulés. L'Inébranlable avait déjà parcouru les deux tiers de son long voyage, et l'équipage comme les passagers prenait la pause sur le pont, chapeau de paille sur la tête et doigts de pieds en éventail. Seul le capitaine restait à son poste, scrutant attentivement le ciel, inquiet. Droit devant le navire se tenait une haute colonne de nuages noirs qui ne présageait rien de bon, et ne semblait pas vouloir se dissiper. De plus, le temps était changeant sur ces mers tropicales, et les grains violents.

Quelques heures plus tard, les craintes du vieux loup de mer se trouvèrent confirmées…

Le vent soufflait si fort que les voiles avaient cédé sous son impulsion, et des vagues de près de douze mètre de haut s'abattaient régulièrement sur le pont, faisant prendre une douche forcée à l'équipage qui, en tant normal, aimait à boucaner dans sa propre crasse et son odeur de marée basse…

"ACCROCHEZ VOUS AU BASTINGAGE, CA VA SECOUER!!! Hurlait Raston Cordefor, AFFALEZ LES VOILES!!!

-Y'A PLUS D'VOILES!

-ALORS CONTENTEZ VOUS DE MAINTENIR LE CAP!

-A VOS ORDRES CAP'TAIN!

-LIEUTENANT MARLOW, DITES A LA VIGIE DE DESCENDRE IMMEDIATEMENT!

-Y'A PLUS D'VIGIE!!

-Oh… merde alors, grommela le capitaine. Paix à son âme.

-UN HOMME A LA MER!!"

Emporté par une lame plus violente que les autres, Myranael s'était effectivement retrouvé à la mer et luttait de toute ses faibles forces pour se maintenir à la surface, dans l'espoir qu'on lui porterait secours. Malheureusement, dans de telles conditions météorologique, il était presque impossible de diriger le bateau, et l'équipage ne pouvait rien faire de mieux que de minimiser la dérive. De plus, chacun sur les Terres de Brume savait que les Elfes noirs nageaient comme des enclumes. A l'heure qu'il était, le pauvre gosse devait déjà dire bonjour aux poissons…

Et à dire vrai, les marins n'étaient pas si loin de la vérité. Epuisé, à moitié assommé par une lame de fond, Myranael se laissait doucement couler, incapable d'autre chose. Le sel de l'eau lui brûlait les yeux, et il avait l'impression que ses poumons allaient éclater, quand une Elfe à la peau bleue et aux cheveux rose et qui semblait avoir son âge apparut devant lui. Il ouvrit la bouche et un son étrange et déformé s'en échappa, que Myranael ne compris pas. La dernière pensée cohérente du petit Elfe noir fut pour une question religieuse.

#Serais-je mort? Ce doit être un ange…#

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Yamaël était le fils de Sank Noliros, le meilleur guerrier de tout le royaume sous-marin, et accessoirement le cadet d'une fratrie de douze filles. A sa naissance, il avait fait l'orgueil de son père, et ce malgré le rose de ses cheveu, couleur qu'on ne retrouvait généralement que chez les individus de sexe féminin. Mais, le temps passant, Sank s'était bien vite rendu compte que son fils n'était pas tel qu'il l'aurait souhaité.

Yamaël restait petit et chétif, certes, mais si au moins il n'y avait eu que cela…seulement, il n'aimait pas jouer au ballon ou chasser les oursins. Il aimait rester, des heures durant, caché dans les massifs de coraux pour en observer la faune, nager parmi les baleines, étudier les hippocampes nains, confectionner des vêtements pour ses sœurs et toute la famille, et surtout, il aimait par-dessus tout l'art de soigner par les plantes.

Si Sank n'avait pas été aussi obnubilé par son désir d'avoir un digne successeur pour reprendre le poste de capitaine des armées, peut-être aurait-il réalisé que son fils avait un véritable don pour la couture. Peut-être aurait-il vu que le petit garçon avait toute les qualité requise pour devenir un grand guérisseur. Mais Sank avait perdu sa femme et ne souhaitait ni se remarier, ni adopter un quatorzième enfant, aussi plaçait-il toutes ses espérances en Yamaël. Et pour réveiller son sens guerrier bien caché, il avait décidé de l'envoyer en apprentissage de la vie guerrière sur l'île de Skeriss.

C'était la raison pour laquelle le petit garçon se trouvait si loin des côtes, voyageant tranquillement sur le dos de Moka, sa baleine apprivoisée. Il observait tranquillement les reflets changeant de la surface de l'eau qui témoignait d'un fameux coup de tabac, et se serait contenter de cette activité si il ne l'avait pas vu.

C'était un Elfe à la peau brune au bord de l'inconscience qui flottait entre deux eaux, ses longs cheveux noirs auréolant son visage, et son ample chemise blanche se gonflant au gré des courants. Le jeune Elfe aquatique avait immédiatement nagé jusqu'à lui. Il l'avait découvert à deux doigts de la noyade, les yeux dans le vague.

"Hé! Lui lança-t-il, ne coule pas!"

Cela n'eut pas beaucoup d'effet, pour être honnête… Yamaël saisit l'inconnu à bras le corps et le ramena sur le dos de Moka qui gagna la surface. Tandis que le paisible cétacé se dirigeait vers un banc de corail non loin, Yamaël s'occupa de réveiller l'Elfe noir –ou du moins d'empêcher l'eau qu'il avait absorbé d'atteindre se poumons- avant de partir à la recherche des algues dont il avait besoin.

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Lorsque Myranael se réveilla, il était seul sur une sorte de petit îlot noir et souple. Et à en juger par le mal de crâne qui lui vrillait les tempes, il était bien vivant. Vivant, certes, mais pas encore assez fort pour tenir sur ses jambes: il se révéla incapable de rester debout plus de deux secondes. Il s'apprêtait à réitérer sa tentative en pestant, mais un puissant geyser le surpris tant qu'il en retomba à la renverse.

"C'est quoi ça? S'exclama-t-il, effrayé.

-Ce n'est rien, lui répondit-on, c'est juste Moka qui s'amuse."

Se retournant, le petit garçon découvrit son "ange" qui marchait vers lui avec assurance en souriant. Sa peau couverte d'écailles bleues étincelantes luisait au soleil et tranchait avec le rose vif de ses cheveux, qu'il portait mi-long. Il avait quelques marques plus sombres sur la peau, probablement des cicatrices, et deux raies -roses celles-ci- au niveau du visage. Il était vêtu d'une tunique verte faite dans un tissu étrange resserrée à la taille par une ceinture marron, et d'une paire de botte grises et luisantes qui lui arrivaient aux genoux. Il portait plusieurs colliers autour du cou, et Myranael remarqua qu'il avait des ouies.

"Alors comme ça t'es un garçon? S'étonna le jeune Elfe.

-Pourquoi? Fit son vis-à-vis en haussant un sourcil, tu pensais que j'étais quoi?

-Je croyais que t'étais une fille ange…

-Sérieux? C'est la première fois qu'on me compare à un ange!

-Mouais… marmonna Myranael du bout des lèvres. M'enfin j'voyais mal, pis j'étais dans les vapes…

-Oh, ça ne me gêne pas du tout. Au contraire, je trouve ça plutôt flatteur.

-Eh, tu bleuis! S'exclama Myranael en voyant que les joues de son interlocuteur s'assombrissaient.

-Bah, c'est comme toi quand tu rougis. Sauf que je suis bleu, alors je bleuis. C'est tout. Au fait… qu'est-ce que tu fichais si loin des côtes?

-J'étais sur un bateau pour aller à l'île de Skeriss. Y'a eu une tempête et je suis tombé à l'eau. Si toi et ce… truc, vous n'aviez pas été là, je s'rais mort à l'heure qu'il est…

-Ce truc, comme tu dis, c'est une baleine, et elle s'appelle Moka.

-Ah. Ok.

-Alors toi aussi tu vas suivre l'entraînement de Yal?

-Ouais. J'veux apprendre à me battre, comme ça je pourrais voyager autant que je voudrais. Et toi?

-Moi c'est mon père qui m'envoie. Il veut que je devienne capitaine de l'empire à sa place plus tard, mais moi j'ai pas envie. Mais comme j'ai pas le choix…

-Bah, c'est pas grave, tu t'y feras. A l'entraînement je veux dire. En plus, il y aura Nalissie.

-Qui?

-Nalissie. C'est une Elfe sylvestre, elle aussi elle veut suivre l'entraînement de Yal Rag. Tu vas voir, elle est roc. (1)

-Quoi? S'étonna Yamaël, c'est quoi cette expression?

-Elle détonne. J't'assure, cette fille décoiffe. On s'éclate avec elle!

-Ah, si tu le dis.

-Tu vas voir, j'suis sûr que tout les trois, on va devenir les meilleurs potes du monde…"

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(1)Nan, c'est pas un anachronisme. Ça viens de l'expression il/elle est rock (du mouvement musical) que j'emploi pour dire de quelqu'un qu'il/elle est décapant(e) pour une personne bizarre (mais dans le bon sens du terme) je dis "space"

Myra: Tout le monde s'en fout tu sais…

Moi: pas grave, je fais mon blabla



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