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Titre :
Table pour deux
Auteur : Meanne77
Genre :
fluff !
Claimer : Je vous dirais bien que Gaël et Akim sont à moi mais vu comment ils s’incrustent et « m’esclavagisent », j’ai de plus en plus la sensation que c’est le contraire ! Hum, je suppose qu’il y a pire que d’être possédée par ces deux-là… XD
NdA : Séquelle directe de Aux hommes de bonne volonté (storyid2092017). Je vous conseille de commencer par là sinon vous risquez de vous servir perdus !
Vignette cadeau pour Luna, pour service rendu.
NdA : Je suis, comme toujours, à la bourre dans mes réponses aux reviews. Je m'y mets cette semaine, promis !
Table pour deux
Akim haussa les sourcils et examina Gaël de la tête aux pieds. La lueur d’intérêt qui s’alluma dans son regard ne parvint cependant pas à totalement masquer sa soudaine appréhension.
« Wow, fit-il. On sort ? J’aurais dû bien me saper ? »
Gaël eut un sourire amusé et s’effaça pour le laisser passer.
« Non, c’est toi qui rentres, » le rassura-t-il.
Akim pénétra dans l’appartement de son petit ami et après que Gaël eut fermé la porte, l’embrassa pour le saluer. Ce qui commença par un simple baiser se transforma rapidement en quelque chose de plus passionné. Cela faisait plusieurs jours qu’ils ne s’étaient pas vus.
« Désolé de te déranger pendant tes révisions, s’excusa Gaël.
– Y’a pas de mal, j’apprécie grandement la pause. Et puis les choses sérieuses ne commencent que la semaine prochaine. Mais dis-moi, hum… on fête quelque chose ? J’ai oublié une date importante ? »
Gaël rit puis sans répondre, se rendit au salon. Akim, une moue boudeuse aux lèvres, se débarrassa de son manteau, de ses gants et de l’écharpe que lui avait offerte Gaël et lui emboîta le pas. Il s’immobilisa en entrant à proprement parler dans la petite pièce. Gaël avait dressé la table – si tant est qu’on pouvait dresser une table basse.
« J’ai oublié une date importante… » fut-il obligé de constater, navré.
Pouvait-il se servir de l’approche de ses examens comme excuse ? D’un autre côté, Gaël ne semblait pas lui en vouloir beaucoup, peut-être n’avait-il pas à s’en faire… Et puis Gaël aurait dû le prévenir s’il était cessé faire un effort vestimentaire, il ne pouvait tout de même pas deviner ! Il avait déjà tendance à dépareiller lorsqu’ils étaient l’un à côté de l’autre…
On se retournait sur Gaël dans la rue, pas seulement parce qu’il était beau mais aussi parce qu’il avait de l’allure. Plusieurs fois Akim avait entendu des gens chercher qui Gaël pouvait être parce que de toute évidence il ne pouvait qu’être connu. « Il ne te manque que les lunettes noires, » lui disait Akim, et Gaël levait les yeux au ciel et lui rétorquait qu’il n’avait pas envie de ressembler à un sac à patates juste pour lui faire plaisir.
Lorsqu’il était d’humeur à se moquer de lui, Akim le traitait de victime de la mode, ce qu’en toute honnêteté Gaël était un peu mais sans faire d’excès non plus. Il avait dû rapidement apprendre à ne pas jeter son argent par les fenêtres mais il aimait les vêtements de marque et ne portait que ça. Les marques classieuses, ceci dit ; non celles qui s’affichaient en énorme mais celles qui au contraire n’avaient pas besoin d’être écrites en lettres capitales pour être reconnues. Tout était dans la coupe, la qualité du tissu. Fashion victim, oui, mais pas à n’importe quel prix. Gaël n’avait pas les moyens d’être à la dernière mode mais ce n’était pas vraiment important puisqu’il portait des vêtements indémodables. Gaël ressemblait au mannequin qu’il était même dans la vie courante. Il savait s’habiller, tout simplement. Akim songeait que sa beauté physique ne pouvait souffrir moins que ça.
Quant à lui, il recherchait le confort avant tout. Il avait eu sa période « marques » lui aussi mais ça lui était passé en sortant de l’adolescence. Finalement il avait adopté un style « entre les deux », quelque chose qui restait plutôt sportif et dans lequel il se sentait à l’aise avant tout sans pour autant donner l’impression d’être négligé.
Ce soir, Gaël était encore mieux habillé que d’habitude. Akim apprécierait que son petit ami pense à l’avertir dans ces cas-là, pour qu’il continue de se sentir à son aise, justement.
« Non, tu n’as rien oublié, se moqua gentiment Gaël.
– Alors on fête quelque chose, » en conclut Akim, guère rassuré. « En rapport avec ton boulot ?
– Nope. Installe-toi. Tu as faim ?
– Toujours… répondit prudemment Akim comme s’il s’agissait d’une question piège.
– Tant mieux parce que c’est presque prêt ! Ah, et j’ai quelque chose pour toi. »
Le jeune homme blond prit sur l’étagère quelque chose qui tinta et le déposa dans la paume tendue de son petit ami. Ce dernier l’identifia rapidement comme étant un trousseau de clés.
« Je t’ai fait faire un double, » s’expliqua Gaël.
Pendant un court instant, Akim ne sut pas quoi répondre. C’était la première fois qu’on lui offrait des clés.
« Ouah… Merci. »
Gaël lui sourit, l’embrassa rapidement puis retourna s’affairer autour du mini four dans le coin de la pièce qui faisait office de cuisine. Akim prit place sur l’un des coussins posés sur le sol aux pieds de la table basse, face à l’une des deux assiettes. Il passa un moment à jouer avec ses nouvelles clés, se trouvant stupide de se sentir ému. Puis il les fourra dans la poche de son pantalon et demanda :
« Qu’est-ce qu’on mange ? Ça sent drôlement bon en tout cas !
– Filet mignon ! » déclara Gaël, lui souriant depuis la cuisine. Ses yeux pétillaient.
« Du porc ? » s’étonna Akim.
Il se souvenait encore de l’expression catastrophée de Gaël lorsqu’il leur avait servi une assiette de jambon-purée et qu’Akim lui avait annoncé qu’il ne mangeait pas de porc. Ils ne se connaissaient que depuis quelques jours, ne sortaient guère du lit que pour se sustenter et de l’appartement pour racheter des capotes – et un peu de nourriture, aussi, à l’occasion, puisqu’il fallait bien refaire le plein d’énergie – et Gaël avait craint de l’avoir offensé en n’ayant pas pensé qu’un « Bendenia » ne mangerait pas de porc. Cela avait énormément amusé Akim, bien qu’il dut néanmoins passer dix bonnes minutes à assurer Gaël que ce n’était pas grave et qu’il pouvait très bien se contenter de la purée seule.
Gaël lui avait fait cuire le dernier steak congelé qu’il lui restait, se souvint-il avec un sourire intérieur. Et ne lui avait plus jamais servi de porc – même s’il continuait d’en voir régulièrement dans son frigo.
Bah, il ne lui demandait pas non plus de calquer son alimentation sur la sienne. En fait, c’était presque le contraire. Gaël suivait un régime alimentaire équilibré – ce qui n’était pas vraiment étonnant de la part d’un mannequin après tout, il pouvait difficilement faire autrement – et Akim disait souvent à Gaël, sur le ton de la plaisanterie, qu’il mangeait plus sainement chez son petit ami que chez ses parents. Du reste, même si Gaël ne faisait rien non plus qui soit extraordinaire, Akim aimait lorsqu’il cuisinait pour lui.
Gaël posa un saladier sur la table et lui adressa un grand sourire.
« Je plaisante. J’ai fait des cuisses de lapin à la moutarde avec des pommes de terre sautées. Ça ira ? »
Au temps pour le régime équilibré…
« Je pense bien que ça ira ! J’en ai déjà l’eau à la bouche ! Mais tu es sûr que c’est bien raisonnable ? s’enquit-il d’un ton taquin.
– Il faut savoir se faire plaisir de temps en temps, affirma Gaël en servant la salade.
– Je risque pas de te contredire sur ce point. Et on se fait plaisir parce que… ? C’est juste pour les clés ou y’a autre chose ? Pas que je me plaigne quelque soit le cas, note bien. »
Gaël soupira et releva les yeux vers lui.
« Je… Eh bien… En fait, c’était pour m’excuser. »
Akim haussa les sourcils.
« T’excuser de quoi ?
– Pour ces dernières semaines… avoua Gaël en détournant le regard. J’ai… j’ai pas dû être facile à vivre… »
Akim se fit plus sérieux.
« C’est pour ça que tu me donnes tes clés ? demanda-t-il, peu ravi de ce qu’il venait d’entendre.
– Oh, non ! Rien à voir ! Ça fait un petit moment que j’y pense, je veux dire… ce sera plus pratique comme ça. Comme ça tu n’auras plus à poireauter devant la porte en m’attendant quand je rentre plus tard que d’habitude !
– Oh… Bon, d’accord, » accepta Akim avec un sourire soulagé.
Avoir reçu l’autorisation implicite de pouvoir aller et venir comme s’il était chez lui le rendait heureux mais il n’en aurait pas voulu si Gaël l’avait fait parce qu’il s’y sentait obligé ou redevable, ou quoique ce soit qui ne soit pas une simple envie de sa part.
« C’était l’occasion de te les filer maintenant avant d’oublier, surtout qu’on ne va pas beaucoup pouvoir se voir pendant tes révisions, poursuivit Gaël, et il faut que je me remette sérieusement à la rédaction de mon mémoire, aussi.
– Je pourrais le relire, si tu veux. J’y comprendrais rien mais si je repère des fautes de frappes, ce genre de choses… »
Gaël sourit, amusé et reconnaissant.
« Merci, c’est gentil, mais je suis encore loin de la phase de relecture.
– T’as encore le temps.
– Oui… mais je dois pas trop traîner non plus, j’ai… pris pas mal de retard… »
Le silence retomba entre eux. Le sourire de Gaël se fit penaud.
« J’ai vraiment pas dû être drôle ces derniers temps, je suis désolé.
– Eh bien… ça a complété la panoplie des humeurs que je connaissais de toi… » fit Akim avant d’ajouter, comme Gaël affichait un air chagriné : « Je suis content que tu ailles mieux, Gaël. »
Ce dernier remua sur place.
« Oui, eh bien… » Il prit une inspiration et se redressa. « Enfin, je te remercie pour ce que tu as fait. Rien ne t’obligeait à faire tout ça et… merci. Je crois… je crois que j’en avais besoin. » Il se passa la main dans les cheveux, se gratta la nuque. « C’est vrai que j’aurais préféré que ça se passe autrement mais… il faut croire que ce n’était pas possible… déplora-t-il avec un sourire malheureux. Mais quelque soit le résultat, je crois que j’avais besoin de l’entendre, d’être fixé. Je le suis, maintenant, alors… Ça ira, » affirma-t-il avec un peu plus d’assurance.
Akim lui adressa un sourire compatissant.
« Je t’en prie. Je suis content si j’ai pu t’aider.
– Oui… Oui. »
Il y eut une courte pause, puis soudain Gaël se leva en poussant une exclamation alarmée : « Le lapin ! » Il se précipita dans la cuisine. Akim sourit avec indulgence et le laissa changer le sujet de la conversation.
(fin)