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Author: Chat de minuit
Fiction Rated: M - French - Romance/General - Reviews: 400 - Published: 06-20-06 - Updated: 01-10-08 - id:2196483

Auteur : Chat de Minuit

Disclaimer: Orlando, Rodrigue, Johann ainsi que tous les autres sont ma propriété privée ! Merci de ne les utiliser qu'avec mon consentement !

Ça a été terriblement laborieux pour trouver l’inspiration nécessaire pour ce chapitre un peu spécial. Je m’excuse pour mon très long retard et vous remercie pour vos gentilles reviews qui m’ont vraiment encouragée…

Dans ce chapitre, j’ai essayé de faire participer tous les personnages (pas facile à gérer tout ce petit monde ) mais tout tourne quand même autour de Thomas et de son secret…

Un grand remerciement à Aceituna et à ses relectures indispensables.

Bonne lecture à tous !

Chapitre 22 :

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Quelques jours s’étaient écoulés depuis ; Et tandis que Johann et Orlando se redécouvraient mutuellement ainsi que sous un nouvel angle, d’autres semblaient être déchirés par un mal terrible qui les rongeait de l’intérieur…

Thomas et Rodrigue ne s’étaient pas revus depuis le fameux soir où le jeune homme avait été raccompagné chez lui et où il était devenu le détenteur d’un secret qui l’avait chamboulé tout entier. D’abord, il s’était cru victime d’une énorme plaisanterie, puis croisant le regard du frère d’Orlando, il avait vite déchanté en y lisant l’authenticité de ses propos.

Après une conversation rapide qui n’avait rien de leurs échanges habituels, Rodrigue était rentré chez lui en colère et s’était mis à pleurer, tombant en travers de son lit en se traitant mentalement d’idiot. Bien sur il aurait aimé l’aider, mais le pouvait-il seulement ? A la place de trouver les bons mots, il s’était lâchement enfui après avoir déblatéré des reproches et toute la rancune qu’il avait dans le cœur. Il avait préféré cette facilité plutôt que d’essayer de comprendre un homme dont il avait ressenti les tourments les plus dangereux qui fussent. Un homme dont le seul souhait était finalement de s’autodétruire…

Depuis, des bribes de leur conversation le hantaient et lui martelaient l’esprit.

-Je savais déjà que quelque chose n’allait pas chez toi…Quelque chose que je ne m’expliquais pas, mais là j’avoue que tu t’es surpassé… Tu es fou Thomas… Complètement fou…

-Tu voulais en savoir plus sur moi, non ? Tu commençais à m’apprécier, à m’aimer peut être ? Je t’avais dit de ne pas t’attacher à moi et que je risquerai que de t’entraîner dans ma chute…

Et puis Rodrigue lui avait hurlé qu’il ne voulait plus le revoir, qu’il le dégoûtait…

Pourtant, ce n’était pas vrai. Au fond, le jeune homme s’était attaché bien plus qu’il ne l’aurait voulu et sentait bien que ce qu’il avait ressenti auparavant pour Johann ou pour Orlando n’était rien à côté de la passion qui lui déchirait à présent les entrailles. Mais au lieu d’ouvrir son cœur, il avait déblatéré des phrases plus horribles les unes que les autres, sans que Thomas ne bronche, lui d’ordinaire si véloce quand il s’agissait de répondre à une attaque.

« Tu devrais aller voir un psychiatre… Je te croyais plus fort et courageux, mais tu es bien plus proche d’une loque que d’un être humain… »

Bien sur qu’il lui en voulait. Il lui avait joué la même comédie sordide qu’aux autres… Il avait cru que Thomas était différent, bien qu’hétéroclite dans sa façon d’être et de penser, et qu’il pourrait le comprendre malgré ses airs hirsutes. Rodrigue s’était senti trahi, horriblement trahi…

Les jours passant et regrettant ses paroles, Rodrigue avait tenté de l’appeler mais sa couardise l’en empêchait. Il ne pouvait que ressasser ce moment où il l’avait lâchement abandonné et celui où il avait compris que confier ce secret avait du être pour Thomas une épreuve terrible… Ce dernier avait du lui dévoiler une part sombre de lui-même mais surtout lui faire comprendre que c’était son esprit qui était malade.

« Garde-toi de tomber amoureux du dément que je suis devenu… Je me fais peur à moi-même… ».

Le week-end suivant et contre toute attente, c’est Rodrigue qui reçut un sms. Paniqué en voyant le prénom de Thomas, il ouvrit le texto en tremblant un peu, comme quand on attend impatiemment quelque chose, mais dont on a peur aussi.

Je ne voulais pas t’effrayer

Tu disais vouloir me connaître

Je sais que tu me prends pour un dingue

Mais je ne regrette pas de t’avoir tout avoué

Car je me sens mieux maintenant

Viens en cours de dessin demain

Thomas

Rodrigue serra fort son téléphone contre lui, les yeux rivés vers le plafonnier. Soulagé, il laissa échapper des larmes de bonheur en réalisant que quelque soit le degré d’importance qu’il avait pour Thomas, au moins il faisait un peu parti de sa vie.

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Le lundi matin, Dantes avait déposé Penny à l’école maternelle. De retour et une sempiternelle tasse de café à la main, il observait d’un œil expert les clichés étalés en désordre sur son bureau.

Cela faisait quelques jours qu’il avait développé les photos du célèbre ex-chanteur de Black Babylon et dont il avait envoyé les copies à son agent. Celle-ci, une parfaite hystérique qu’il aurait pu confondre avec l’une des groupies du jeune homme, avait été plus qu’enthousiaste. Selon elle, son petit protégé allait éblouir la France entière. Dantes avait trouvé ses réactions exagérées, après tout, il ne s’agissait que de quelques photos…

Pourtant, il devait avouer qu’Alex avait un magnétisme particulier qu’il avait su immortaliser à travers quelques prises. Le chanteur qui bien que sympathique, avait tout d’un gamin pourri-gâté au premier abord, s’était transformé en un véritable professionnel quand la séance-photos avait débuté.

Il regarda sa montre qui affichait 8h30. Alex devait arriver sur le coup des 8h00 normalement, c’était lui-même qui avait fixé le rendez vous.

Dantes n’avait pas compris pourquoi le chanteur l’avait rappelé si rapidement, prétextant une nouvelle séance photos.

Se rappelant tout à coup que son appareil photos numérique était à l’étage, il frappa deux coups brefs sur la porte de Johann en passant pour le réveiller et monta les escaliers, se saisissant de son outil de travail en sifflotant un air qu’il avait entendu le matin même à la radio. Avant de refermer la porte de l’appartement, il aperçut la pochette cartonnée de Thomas, celle qui renfermait tous ces papiers médicaux et dont il ne se séparait jamais quand il allait à l’hôpital pour son rendez vous hebdomadaire.

Avisant l’heure, Dantes se dit qu’il ne pouvait plus rattraper Thomas, qui était parti depuis au moins trois quart d’heure. Aller le rejoindre au centre médical était tout simplement suicidaire, son ami lui ayant maintes fois dit qu’il ne voulait pas être accompagné quand il s’y rendait. Il prit donc son portable, pianotant sur les touches pour composer le numéro de Thomas. Il tomba sur la messagerie qu’il coupa après le message d’accueil.

Pestant contre l’étourdissement du jeune homme, il appela le standard de l’hôpital.

-Hôpital Damase II bonjour, fit à l’autre bout du fil la voix claire d’une jeune femme.

-Bonjour Madame, répondit poliment Dantes avec son délicieux accent italien. Je m’excuse de vous déranger, mais un ami à moi, qui avait rendez vous ce matin à 8h30, a oublié des papiers importants. Son nom est Thomas Perez, il est suivi par le Docteur Corti et…

-Attendez Monsieur… Je vous passe le secrétariat du Docteur Corti.

Dantes remercia sommairement et patienta quelques secondes durant lesquelles il pensa raccrocher, se disant tout à coup que Thomas pourrait très bien lui reprocher de s’être mêlé de ses affaires plutôt que de le remercier de son initiative.

Alors qu’il était finalement prêt à couper la communication, il entendit quelqu’un à l’autre bout du fil. Soupirant, il recommença le même petit discours que précédemment, rajoutant qu’il était prêt à apporter les papiers si besoin était.

La secrétaire le coupa au moment même où il venait de citer le nom de Thomas.

-Je suis désolée Monsieur, mais je n’ai personne de ce nom là inscrit sur ma liste.

Dantes soupira.

-Mon ami est si distrait parfois que cela ne m’étonne pas qu’il se soit trompé de jour. Au moins me voilà rassuré, je…

-Ce n’est pas qu’il se soit trompé de jour, répondit la voix de la secrétaire qui semblait à présent agacée, c’est que ce Monsieur ne figure pas sur la liste des patients du Docteur Corti. Cependant, vous pourrez lui dire de prendre rendez-vous, s’il le désire. Je vous souhaite de passer une agréable journée, Monsieur.

Alors que Dantes allait répliquer, la conversation fut coupée.

Il resta quelques secondes comme figé auprès du téléphone qu’il regarda comme un objet étrange, tout en essayant de trouver une explication plausible. Il ne pouvait pas se tromper de Docteur, ayant vu le nom en en-tête des bilans de santé de Thomas chaque semaine depuis leur retour en France.

Songeur, il ouvrit la pochette bleue oubliée qui trônait toujours sur le petit meuble à l’entrée de l’appartement. Effectivement, le nom de Corti était inscrit sur tous les documents… Mais pourquoi la secrétaire avait-elle déclaré que Thomas n’était pas inscrit sur la liste des patients du médecin ?

Il fut dérangé dans ses pensées par la voix d’Alex Raiven qui venait d’arriver et qui l’appelait ; La porte de l’appartement était restée ouverte, il l’entendait distinctement s’installer dans son studio. Rangeant consciencieusement les papiers à leur place, il se promit d’éclaircir rapidement toute cette affaire.

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De son côté, Thomas venait de rencontrer un jeune homme en fauteuil roulant dans le parc de l’hôpital. Il était déjà 9h15. Leur conversation ne dura pas plus de cinq minutes et au terme de celles-ci, l’inconnu tendit à Thomas un papier que ce dernier plia en quatre et fourra dans la poche de son blouson.

Il avait réalisé en cours de route qu’il avait oublié sa pochette et avait tout de même continué son chemin. Après tout, ce n’était pas vraiment grave…

L’autre jeune homme parti, Thomas alluma son téléphone portable pour voir s’il n’avait pas reçu un message. La veille, il avait écrit un sms et l’avait envoyé à Rodrigue. Mais pourquoi se préoccupait-il autant de ce que ce gamin pensait de lui ? Et surtout, pourquoi lui avait-il soudainement dit ce qu’il cachait depuis si longtemps aux autres ? Pourquoi particulièrement à ce gamin faible et braillard ?

Pourtant, même si ce dernier n’avait pas eu la réaction qu’il aurait souhaitée, il s’était senti immensément soulagé. Rodrigue avait finalement été prévisible et l’avait pris pour un fou.

Normal.

C’était dommage cependant. Son petit plan tombait à l’eau : leur petit couple factice n’avait pas fait long feu. Au moins le gamin aurait-il des réponses, s’il ne les avait pas déjà eues. Orlando les avait vus prêts à s’embrasser en sortant du cours la semaine dernière. En avait-il seulement parlé à Johann ou avait-il préféré le taire ?

Il avait ri sous cape quand son frère l’avait appelé trois jours auparavant, pour prendre de ses nouvelles. Il n’avait pas fait état de ce dont il avait été spectateur. S’en désintéressait-il vraiment ou bien n’était-ce qu’une façade ?

Ça aurait pu être drôle finalement si Thomas ne s’était pas rendu compte qu’il s’agissait d’un nouveau mensonge. Un mensonge de plus à son actif…

Bizarrement, les mots de Rodrigue l’avaient troublé. Lui qui d’habitude était si placide s’était mis dans une colère noire et l’avait incendié avant de s’enfuir en courant.

Toujours songeur, Thomas entendit son portable sonner. C’était son répondeur. Un petit sourire étira lentement ses lèvres. Peut être Rodrigue avait-il pris la peine de le rappeler pour lui dire qu’il viendrait en cours…

Avec déception, il se rendit compte que c’était Dantes qui l’avait appelé et que ce dernier ne lui avait même pas laissé de message…

Crétin, pensa Thomas pour lui-même. Pourquoi téléphoner si ce n’était pour rien dire ?

Reprenant sagement le chemin du retour, il s’arrêta toutefois deux fois. La première fut dans un magasin pour enfants pour y acheter la même poupée que celle que Penny avait cassé la semaine dernière et la seconde pour faire une photocopie dans une librairie-papeterie…

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-On pourrait se tutoyer, non ? Ça me fait bizarre de vouvoyer quelqu’un d’aussi jeune que vous… D’ailleurs, vous avez quel âge, si cela n’est pas indiscret ?

Dantes sourit.

-Tu as raison, je n’ai que 27 ans, c'est-à-dire trois ans de plus que toi. Cela ne me dérange pas que l’on se tutoie.

Alex arrangea un peu ses cheveux et toussota, un peu gêné par le regard du bel italien sur lui.

Décidemment, ce mec me fait littéralement fondre sur place ! Si je m’écoutais, je lui sauterai bien dessus… Pensa le jeune homme, à peine nymphomane.

-J’ai acheté du thé cette semaine… C’est bizarre, c’est comme si j’avais pressenti que tu allais revenir. Tu en veux ?

C’est moi ou il me drague ? Je ressemble à un puceau tout émoustillé devant de la chair fraîche… C’est quoi mon souci ?

Alex hocha vigoureusement la tête, se retenant de se mettre des claques face à son attitude pour le moins bizarre.

Dantes l’enjoint à patienter, précisant que la bouilloire était à l’étage et qu’il n’en avait que pour cinq minutes au grand maximum.

Le chanteur souffla une fois sa « proie » hors de vue. Evidemment, la séance photos n’était qu’un prétexte. Bien que les clichés pris la fois précédente aient été fort bien réussis, Alex avait trouvé cet unique stratagème pour pouvoir rencontrer de nouveau cet homme qui lui avait fait une forte impression dès le premier regard.

La méthode habituelle aurait été de l’inviter directement à un rendez vous galant, au restaurant ou autre chose. En plus, l’italien connaissait son inclinaison pour les hommes… Mais il avait préféré une seconde entrevue histoire d’y aller en douceur. Seulement il ne se comportait pas comme prévu. Il agissait plus comme un gamin impressionné que comme un homme sûr de lui.

Il se leva de son fauteuil, essayant d’élaborer dans sa tête quelques méthodes pour approcher cet homme si troublant et adorable qu’il en devenait presque inaccessible.

Alors qu’il se trouvait à l’opposé de la pièce, il fut interpellé par des bruits bizarres. Vaincu par sa curiosité, il tendit l’oreille et fit quelques pas de plus vers une porte fermée qui était cachée par un énorme pot de fleurs.

Jetant un coup d’œil rapide à l’escalier pour voir si Dantes ne revenait pas, il se colla à la porte pour écouter les bruits qu’il avait pris pour des… halètements de style plutôt bestiaux.

Avec un sourire un peu pervers, ce qu’il entendit plus précisément confirma l’hypothèse que deux personnes se donnaient du plaisir dans cette pièce.

Alex s’éloigna, amusé, pour regagner son fauteuil. Le photographe le rejoignit presque aussitôt et le jeune homme fut étonné de le voir donner deux coups brefs sur la même porte où le couple se donnait du bon temps.

-Mon assistant loge ici… Il a un problème pour se réveiller le matin, expliqua t-il, en plus, si je ne me trompe pas, il a cours à 10h00 et il risque d’être de nouveau en retard.

-Si je peux me permettre, je crois que ton assistant est réveillé depuis un bout de temps vu les cris que laisse échapper sa partenaire…

Dantes n’eut pas le temps de répliquer que les deux hommes entendirent un remue ménage de tous les diables dans la pièce susnommée et la porte s’ouvrit violemment sur un Johann en boxer moulant.

-Dis Dantes, t’aurais pas un rasoir pour me dépanner ?

Le photographe aurait pu se mettre en colère, après tout il était en rendez vous et son assistant se devait de se tenir informé de son planning mais à la place de formuler des reproches, il resta muet, étouffant un rire.

Le chanteur, quant à lui se rinçait l’œil et s’amusa d’autant plus quand il vit que le jeune inconnu venait de s’apercevoir de SA présence à lui.

-Je suis désolé…Commença Johann, rouge de honte et prêt à s’enfuir mais néanmoins figé en plein milieu du studio.

-ça va, Jo. C’est un ami, y a pas de mal…

Alex sentit son cœur s’accélérer. N’avait-il pas dit le mot Ami, là, à l’instant ? Il approuva de la tête, montrant que l’incident ne l’avait pas gêné du tout.

Cela dit, la situation devint encore plus comique quand Orlando apparut lui-même dans la pièce, un pantalon de toile fine tombant sur ses hanches, revêtu sans doute à la va vite.

Là-dessus, Alex éclata de rire et Johann, bougonnant, demanda à Dantes :

-Elle se marre pourquoi ta copine ? Elle a jamais vu un mec en boxer ?

Le chanteur se leva, s’approchant de l’assistant du photographe, nullement vexé d’avoir été pris pour une personne de l’autre sexe.

-Premièrement je suis un homme, et deuxièmement je ris juste parce que toi et ton mec vous n’êtes pas vraiment discrets quand vous…Enfin tu vois ce que je veux dire… Fit-il en parodiant des bruits érotiques sans s’arrêter de rire.

Orlando s’approcha à son tour, dépassant Alex de presqu’une tête. Son regard se fit tout à coup assassin, et l’autre eut un petit mouvement de recul, cessant de rire par la même occasion.

-Je ne vois vraiment pas ce qu’il y a de drôle… Parfois, il hurle plus que ça et pourtant Dantes n’entend rien du tout quand il travaille dans son studio… Tu n’écouterais pas aux portes plutôt ?

Alex haussa les épaules d’un air innocent tandis que Johann regarda son amant en écarquillant les yeux, mais resta néanmoins silencieux. Dantes décida d’intervenir pour apaiser les esprits.

-Jo et Orlando, je vous présente Alex Raiven, l’ancien chanteur du groupe Black Babylon. Il est venu la semaine dernière pour des photos, je t’en avais parlé, fit-il en regardant son assistant.

Johann hocha la tête d’un air indifférent. Son amant, lui, partit au quart de tour :

-Je me disais bien que ta tête m’était familière…Fit-il en posant une main sur l’épaule d’Alex qui la retira avec une expression presque précieuse. Un pseudo rocker qui clame haut et fort qu’il est pédé, c’est du jamais vu !

Le chanteur sourit, prenant la remarque comme un compliment, même si dans la bouche du lycéen cela n’en était pas un.

L’histoire aurait pu en rester là si Orlando n’avait pas cru bon d’ajouter en dévisageant le chanteur de haut en bas :

-De toute façon, ta musique c’est de la daube. Deux accords et ça sait faire une chanson… Tu sais que ma petite cousine de 8 ans a ta tronche placardée sur tous les murs de sa chambre ? Je trouve ça limite malsain…

Alex n’était nullement du genre à se laisser impressionner. Il prit un air parfaitement suffisant et continua à sourire de toutes ses dents.

- Ce n’est pas l’heure d’aller à l’école les enfants ? fit-il en mimant de regarder sa montre, ce n’est pas tout ça, mais Dantes et moi on doit parler boulot… Et puis l’assistant… Alex regarda la partie en dessous du torse de Johann, avant de te raser, va prendre une douche… Tu sens le sexe à trois kilomètres…

Le clin d’œil qu’il adressa en même temps à Johann sentait la provocation à plein nez mais avant même que les deux lycéens ne puissent riposter, Dantes répliqua sèchement, mais toujours sans colère :

-Je ne veux plus vous voir ici dans la seconde. Allez prendre une douche et filez au lycée !

Johann tira son amant par le bras, le sentant prêt à s’enflammer à tout instant. Ce dernier lança un dernier regard mauvais au chanteur qui souriait de toutes ses dents et qui le narguait en lui faisait un petit salut de la main.

Quand les deux plus jeunes eurent disparus dans la chambre, Dantes soupira et fixa son interlocuteur :

-T’es sur que t’as 24 ans ? J’ai plutôt l’impression d’avoir vu trois gosses en train de se chamailler…

-Ils sont amusants ces gamins… Répondit Alex, ignorant intentionnellement la question posée. Le plus grand me rappelle vaguement quelqu’un…

Un quart d’heure plus tard, tandis qu’ils se préparaient tous deux à prendre les photos, les deux lycéens sortirent en trombe. Toutefois avant de franchir la porte, Orlando s’approcha d’Alex et lui souffla à l’oreille :

-Si t’es tant en manque ça, on pourra peut être t’inviter la prochaine fois... Par contre, si tu viens ici dans l’espoir de te faire Dantes, oublies… Les mecs efféminés, ce n’est carrément pas son truc…

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oOo

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Thomas s’était installé devant son bureau et regardait les étudiants entrer les uns après les autres par intervalles irréguliers. Il répondait indifféremment aux « bonjour » qu’on lui lançait.

Sans se l’avouer, il avait attendu toute la journée une réponse à son sms de la veille mais Rodrigue n’avait pas daigné lui envoyer un message. Après son escapade matinale, il était rentré sur le coup des 10h30-11h00 pour voir Dantes travailler avec une gamine déguisée en vampire. Il avait ignoré le photographe et avait pris la direction de l’ascenseur. Ce dernier avait eu l’air de vouloir lui dire quelque chose, mais il s’était précipité loin de lui pour éviter une conversation.

Evidemment, il savait qu’il était franchement méchant en faisant ça. Mais il l’aurait été encore plus s’il avait du lui parler alors qu’il était d’aussi mauvaise humeur.

Il était resté allongé toute l’après midi dans sa chambre, n’en sortant que pour dévorer le repas que Dantes lui avait préparé. En fin d’après midi, il avait prit la direction de l’endroit où il donnait son cours et il était à présent à sa place, l’esprit un peu ailleurs.

Il allait commencer à parler quand soudain un retardataire essoufflé fit son entrée dans la pièce. Rodrigue s’excusa en rougissant et s’installa maladroitement et avec fracas, ce qui fit sourire le professeur qui ne pensa même pas à le réprimander.

De son côté, le blondinet s’était mis au travail, oubliant rapidement la gêne que lui avait occasionnée son entrée remarquée. Il jeta quelques coups d’œil à Thomas, sentant son cœur s’accélérer. Bien qu’il soit hors de question de cautionner ce qu’il avait fait, il lui fallait tout de même trouver une attitude qui laisse à réfléchir le plus âgé.

Il se concentra sur son dessin si bien qu’il ne vit pas venir Thomas derrière lui, qui déclara d’autorité d’une voix pourtant très douce :

-Je te raccompagne chez toi ce soir…

Rodrigue déglutit.

-Tu veux bien ? Continua le jeune homme brun murmurant très près de son oreille. Le lycéen acquiesça de la tête sans prononcer un seul mot et fit mine de continuer son esquisse, imperturbable.

Le cours s’acheva finalement une heure plus tard et la salle se vida peu à peu ne laissant au final que Thomas et Rodrigue.

Ce dernier s’avança, tentant de se donner une contenance, ce qui n’était pas encore le cas car il semblait plus apeuré qu’autre chose.

-J’ai reçu ton texto hier…

-J’imagine que tu l’as reçu puisque je te l’ai envoyé, répondit Thomas du tac au tac.

Rodrigue soupira, ne se sentant pas prêt pour une joute verbale avec le champion en la matière. Le plus âgé sourit :

-Ne prend pas tous mes sarcasmes comme des attaques… Je suis comme ça, c’est tout… Allez viens, je te ramène.

Rodrigue marcha un temps sans rien dire puis commença :

-J’ai beaucoup réfléchi à ce que je t’ai dit la dernière fois et…

-C’est bon. Je ne suis pas fâché tu sais. En plus, tu avais tout à fait le droit de t’énerver comme ça…Tu me trouves toujours fou alors ?

Rodrigue s’arrêta et regarda l’autre jeune homme dans les yeux.

-Je te trouve totalement dérangé, oui. Sans vraiment que tu y trouves quelque chose de déplacé, je pense que tu devrais vraiment te faire suivre par un psy…

-Pour une fois, t’es direct… Mais je n’aime pas vraiment les psys et j’en ai déjà vu toute une tripotée si ça peut te rassurer… Je sais déjà que j’ai en quelque sorte une case en moins, ça fait de moi un fou conscient de sa folie. C’est déjà ça non ?

Le plus jeune ne put s’empêcher de sourire.

-T’es bête.

Un silence s’installa de nouveau, durant lequel ils reprirent leur chemin, toujours côte à côte. Cette fois-ci, ce fut Thomas qui le brisa :

-Tu sais, je t’autorise à dire tout ce que tu as sur le cœur si tu en as envie… Je pense qu’inconsciemment si je t’ai parlé de ça, c’est que je voulais qu’on en arrive là…

Rodrigue s’humecta les lèvres et débita les mots à une vitesse incroyable :

-Je te trouve égoïste et insensible. Au fond, tu ne te préoccupes que de ta petite personne. Tu as une fille et tu te fiches totalement de son avenir… Bien sur, tu as fait quelque chose qui a bouleversé vos existences, mais tu ne l’as pas fait intentionnellement. Cette femme, tu ne voulais pas la tuer. Ce qui est arrivé était un accident… Bien sur que tu n’aurais pas du boire, ni rouler plus vite que la norme, mais…on ne peut pas vivre dans le passé toute sa vie… La mère de ta fille, de là où elle est, elle souhaite sans doute plus que tout au monde que tu élèves Penny en lui donnant de l’amour pour deux… elle veut que tu sois à la hauteur en tant que père… Je pense que tu lui dois bien ça… Et à ta fille aussi…Tu lui as peut être trouvé un père de substitution, mais il ne te remplacera jamais…

Thomas allait répondre, mais le lycéen ne lui en laissa pas le temps.

-Tu es quelqu’un de bien Thomas. Je ne dis pas ça pour t’en convaincre, mais parce que c’est la vérité. Tu n’as pas à te punir inutilement… Si ça avait du se passer autrement, les choses auraient été ainsi… Ne bouscule pas la Nature… tu n’es pas Dieu Thomas, tu n’as pas à décider…

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Dantes venait de raccrocher le téléphone. Il tomba par terre, dos contre le mur et les yeux dans le vague.

Il avait pris son courage à deux mains et avait rappelé l’hôpital de la ville. La secrétaire du médecin était la même, mais il avait réussi à avoir le Docteur Corti en personne qui lui avait confirmé ne jamais avoir reçu Thomas Perez, jeune homme paralysé des deux jambes.

Lui ayant assuré qu’il avait pourtant des papiers avec le cachet même de l’hôpital et celui du médecin, il lui avait faxé un des derniers documents en date.

Le Docteur Corti l’avait rappelé, malgré la liste impressionnante des patients qui l’attendaient, lui disant que le document en question avait été falsifié.

-Il s’agit bien de ma signature mais le véritable nom a été effacé. Ce n’est pas mon écriture…

Se posant de plus en plus de questions, Dantes avait carrément joint le Mount Sinai Hospital, là où Thomas avait été hospitalisé après son accident à New York.

Dans un anglais quasi parfait, il avait demandé si le dossier médical avait été transféré en France. Il s’était heurté à plusieurs reprises à des refus de répondre à ses questions, secret médical oblige.

Et puis par hasard, il était tombé sur un médecin qui se rappelait parfaitement de Thomas.

-Monsieur Perez… Oui… Bien sur que je m’en rappelle… Un homme magnifique, mannequin à ce que j’en savais… Vous êtes son frère, n’est-ce pas ? Il m’a souvent parlé de vous…

Dantes répondit à l’affirmative, content de la perche tendue par son interlocutrice. Il laissa parler la femme qui semblait assez bavarde.

-Je me souviens qu’il ne voulait voir personne… Il disait que vous étiez en France et qu’il ne voulait pas vous inquiéter, qu’il guérirait rapidement de toute façon… Je lui ai toujours dit… Son accident… C’était un miracle qu’il s’en soit sorti indemne… La pauvre jeune femme qui l’accompagnait, elle n’a pas eu de chance…

Indemne…

Dantes ferma les yeux, son cœur s’était presque arrêté de battre.

-Vous êtes toujours là, Monsieur ?

-Oui, Oui… Répondit Dantes, totalement perdu.

-Il n’a même pas été opéré… Quelques fractures, quelques côtes cassées… Cela dit, son cas était fort curieux… Quelques temps après son arrivée à l’hôpital, une paralysie des jambes s’est développée progressivement. Il a fait plusieurs examens, mais mes confrères qui s’occupaient de lui n’ont rien trouvé pouvant expliquer cela. Ils ont finalement conclu que cette maladie était purement psychologique…

-Quand il est sorti de l’hôpital, il était toujours paralysé de ses jambes je présume ?

-Il ne vous en a pas parlé ? Et bien il n’avait pas tout à fait l’usage de ses jambes… On en a déduit que Monsieur Perez faisait un blocage et en plus qu’il mettait de la mauvaise volonté à vouloir guérir. On aurait dit qu’il désirait ne plus marcher ! Il a vu plusieurs psychiatres et il a finalement accepté de faire de la rééducation. Avant qu’il ne parte, ses jambes bougeaient parfaitement. Il tenait debout aussi… Je suis presque certaine qu’il aurait pu marcher s’il le souhaitait à ce moment là…Mais il voulait juste montrer qu’il n’était pas fou… Sinon vous savez ce qu’il aurait risqué… Alors comment va-t-il ? Est-ce que…

Dantes la coupa avant de raccrocher :

-Il va très bien Docteur, vraiment très bien…

Et tout doucement, il fit ce qu’il n’avait pas fait depuis de longues années, à l’époque où il était encore sous le joug de son père et qu’il se faisait frapper tous les jours.

Il pleura vraiment.

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Thomas et Rodrigue traversaient le parc. L’un comme l’autre, ils adoraient cet endroit et même si le ciel s’était assombri, la nature semblait avoir la même quiétude.

-Pourquoi tu es venu aujourd’hui en cours ?

-Je suppose que c’est parce que ma mère a payé ces fichus cours… Pour une fois qu’elle m’offre quelque chose qui me fait plaisir… répondit Rodrigue.

-Je pensais que tu ne viendrais pas… Je me suis même laissé à penser que tu ne voudrais plus m’approcher…

-Ce que j’ai dit la dernière fois, je ne le pensais pas… J’étais en colère contre toi et je t’ai haï sur le moment de toutes mes forces… Ce n’est pas facile à avaler ce genre de truc…

-Pendant l’après midi, j’ai pas mal réfléchi, avoua Thomas. Je me suis dit qu’après ça, soit tu ne me croirais pas, soit tu me prendrais pour un dingue… Et je me suis aussi dit que si tu venais cet après midi en cours, c’est que tu étais vraiment tombé amoureux de moi…

Les joues en feu, Rodrigue remercia la nuit qui commençait à pointer le bout de son nez.

-Je te l’ai déjà dit… Ma mère m’a offert des cours de dessin et je… Elle m’en aurait voulu si j’avais séché aujourd’hui !

-Comment pourrait-elle savoir si tu es présent ou pas vu que je ne note ni les présents et les absents…

Un point pour lui, pensa Rodrigue. Ce n’est pas un cours dans le cadre du lycée… Je suis STUPIDE !

Ils sortirent enfin du parc. Ils ne restaient plus qu’à traverser le pont pour qu’ils arrivent devant la maison de Rodrigue.

Arrivé sur celui-ci, ce dernier fut pris d’une inspiration subite. Se penchant pour regarder les voitures passer en dessous, il regarda Thomas d’un air de défi :

-Chiche que je saute !

-C’est le truc le plus débile que j’ai jamais entendu…

Mais Rodrigue s’arma d’un courage qu’il ne se connaissait pas et grimpa la rambarde, se penchant un peu plus.

-ça fait bizarre de voir la route de là. C’est franchement impressionnant.

-Reviens de ce côté. C’est dangereux ce que tu fais.

-Quoi ? Tu crois que je voudrai me suicider ? Rodrigue éclata de rire. Je suis trop jeune pour mourir de toute façon. Ce n’est pas parce que j’ai eu des déceptions sentimentales récemment que je vais me foutre en l’air.

-Bien… Puisqu’on est d’accord, reviens de ce côté. Tu pourrais tomber rien qu’en glissant.

-Quand on était plus jeunes, avec des gars de ma classe on venait ici et quand il n’y avait personne on s’amusait à faire ça.

-C’est totalement idiot.

-Pas plus idiot que raconter à tout le monde qu’on est handicapé quand on est capable de tenir sur ses jambes, fit le lycéen, soudain plus sérieux que jamais.

Thomas tourna la tête vers Rodrigue. Le vent balayait ses cheveux blonds et ses yeux brillaient. Il était vraiment splendide.

-Je suis idiot, tu es idiot, on est fait pour s’entendre tous les deux.

-Fais-moi plaisir, reviens sur le trottoir Rodrigue… Tu veux que je le dise… T’as gagné… c’est bon, tu me fiches la trouille. Encore un coup de vent… bon sang, t’es taillé comme une brindille, j’ai peur que tu ne t’envoles à chaque instant…

Le lycéen eut un petit sourire triste puis il avoua d’une voix un peu tremblante :

-Tu sais, je vais t’avouer un truc moi aussi. J’ai suis carrément terrorisé… J’ai voulu faire le type courageux mais je suis pendu dans le vide et je sais que si je tombe, personne ne pourra me rattraper…

-Rodrigue…

-Viens me chercher, Thomas… Je suis vraiment idiot d’avoir fait ça… La première fois, c’était quand j’avais neuf ans… Les autres m’avaient poussé à le faire et ils étaient partis en courant. J’étais complètement paniqué… Y a un homme qui passait, et j’ai crié. Y a toujours les mêmes feuillages qui cachent un peu la route… Heureusement, il m’avait entendu et il était venu m’aider…

Thomas ne répondit pas. Il semblait tétanisé. Le lycéen se retourna vers le vide, complètement dos à l’autre jeune homme. Il respirait fort, se demandant ce qui l’avait poussé à faire un truc pareil. Il pensait qu’en grandissant, il aurait été capable de revenir de l’autre côté de la barrière, mais il s’en sentait incapable. La même peur qui l’avait saisi il y a quelques années l’empêchait de refaire le chemin inverse. Il ferma les yeux, s’empêchant de regarder le vide.

Ça va aller… ça va aller… Il va venir me chercher… Il va le faire…

Durant quelques secondes, il retint sa respiration. Ses mains étaient moites et crispées sur la barrière.

Et puis il sentit soudain quelque chose de chaud se coller à son dos, puis deux bras lui encercler la taille.

Il sentit des larmes couler le long de ses joues.

Je rêve…

Thomas chuchota à son oreille :

-Ne te crois pas sauvé… Je ne suis pas très habile sur mes jambes… Et je m’accroche autant à toi que je ne te tiens…

-Dis pas ça… Je suis mort de trouille…

-T’es plus un gamin… Je ne vais pas te mentir dans un moment pareil…Allez… Tu va faire un petit effort… Tu vas lentement te retourner… Surtout ne t’inquiète pas… Si des gamins de neuf ans sont capables de revenir de l’autre côté…

-Je ne suis pas comme les autres… Répliqua Rodrigue, toujours apeuré. Je suis maladroit et j’ai sans cesse la trouille…

Ce disant, le lycéen pivota tout doucement et accrocha ses bras aux épaules de l’homme débout et face à lui. Un peu rassuré d’être du bon côté et tenu, il fixa Thomas avec de grands yeux émerveillés.

-Qu’est-ce que t’es grand !

-Tu permets qu’on discute quand tu ne seras plus du côté du vide ? Faut que t’enjambe la barrière maintenant. Je suis là, n’est pas peur…fit Thomas, tentant par la même occasion de se donner du courage à lui-même.

Au terme de quelques efforts, Rodrigue se retrouva finalement de l’autre côté de la fameuse barrière en poussant un cri de soulagement.

Thomas s’y tenait, conservant ainsi son équilibre.

-Je ne sais pas ce qui me retient de te donner une paire de gifles… Espèce de gamin inconscient ! Est-ce que tu t’es rendu compte que tu aurais pu mourir et que…

Le lycéen éclata de rire. Un rire cristallin, le même qui avait ébloui une fois Thomas.

-Qu’est-ce qui te fait rire comme ça, idiot ?

-C’est marrant, je me demande maintenant si ce n’est pas toi qui est amoureux de moi !

-Arrête de fabuler… Allez, je te ramène avant que je ne t’étripe…

Thomas se dirigeait vers son fauteuil, se tenant à la rambarde et marchant avec peu d’assurance. Mais Rodrigue ne l’entendait pas ainsi et se mit entre le jeune homme et le fauteuil roulant.

-Tu me fatigues…

-Tu m’en veux d’avoir fait ça ?

Rodrigue leva les yeux vers ceux de Thomas. Peu habitué à regarder vers le haut alors qu’avant c’était l’inverse, il se nicha contre son torse et l’entoura de ses bras.

Il sentit la main de Thomas dans ses cheveux qui les lui caressait.

-Je t’en veux terriblement…mais moins que si tu ne t’étais écrasé sur la route en bas…Bon sang, tu m’as fait vraiment peur…

Fin du chapitre 22

NB : Je tiens à préciser que la maladie de Thomas est bien existante même si elle est très rare. Malheureusement, à ce jour, les médecins sont impuissants face à ce phénomène.



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