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Fiction » Young Adult » Amitié au Premier Degré font: B s : A A A . width: full 3/4 1/2
Author: Cerbere
Fiction Rated: T - French - General - Reviews: 7 - Published: 06-30-06 - Updated: 08-24-06 - Complete - id:2203088

Titre : Amitié au Premier Degré

Auteur : Cerbere

Disclaimer : Les personnages sont ma propriétés. Pour toute destruction potentiielle, veuillez passer par ma boîte e-mail. Merci.

Note : Cette histoire est pour Bebert. Pour te dire que je t’aime et que je suis là.

Amitié au Premier Degré

Chapitre 1 :

Elle regarda le liquide carmin longer sa main et goûter au bout de ses doigts. Les gouttes se rejoignaient au sol dans une petite flaque. Elle serra alors le poing et sourit.

« Céline ! Viens manger ».

La jeune fille se leva du rebord de la baignoire et se regarda dans le grand mirroir. Sa frange avait poussé et traînait devant ses yeux bleus clairs ; Le reste de ses cheveux châtain clairs étaient rassemblé en une queue de cheval faite à la va-vite. Elle était de taille moyenne et assez maigre d’origine.

Céline soupira et passa sa main sous l’eau froide et attendit que le sang coagule pour enfin sécher son poignet. Elle rabaissa la manche de sa chemise puis enfila son sweet. Elle nettoya vaguement le sol et sortit de la salle de bain. Descendu des escaliers en colimaçon, elle vint s’installer face à sa sœur, Maude, et son petit ami, Luc, qui lui tendit une assiette de charcuterie qu’elle repoussa gentiment. À la place, elle prit quelques feuilles de salade qu’elle mâchouilla avant d’avaler.

« Tu as encore grignoté avant le repas » La réprimanda gentiment sa sœur lorsqu’elle refusa le morceau de viande.

Céline acquiesça et sortit de table. Arrivée à l’étage, elle s’engouffra de nouveau dans la salle de bain, s’accroupit à côté de la cuvette des toilettes et enfonça ses doigts dans sa bouche. Une fois fini elle se passa de l’eau sur le visage et se contempla. Elle avait une tête de cadavre. Heureusement elle était mate de peau… Mais cela ne cachait pas toute sa pâleur. Elle ferma ses yeux et souffla un peu, puis retira son sweet et partit rejoindre dans le centre ville. Elle avait rendez vous avec Jessica, sa meilleure amie.

Jessica avait une demi tête de plus qu’elle et quelques mois en moins. Les yeux marrons foncés, les cheveux brun foncés coupés court et quelques traits asiatiques, très légers. La brune n’était pas encore là.

Céline se posa sur les marches de la cathédrale et passa son index sous la manche de sa chemise, et le posa sur son poignet, sur les coupures. Le sang avait coagulé et laissait une petite croûte. Elle sentait sa manche humide, imprégnée de son sang, mais heureusement, en ce début de soirée, elle avait choisit d’en porter une noire.

Une main passa à plusieurs reprises devant ses yeux comme pour la tirer de sa rêverie. Ses prunelles bleues se levèrent pour rencontrer le marron qui coloriait les pupilles de son amie. Celle-ci sourit légèrement et l’embrassa sur la joue. Céline se leva et ensemble elles longèrent la rue principale jusqu’à l’entrée de la boîte la plus fréquentée de la ville : L’Octogone.

« On passe pas ! » Déclara doucement Céline.

« Mais si ! » Répondit Jessica en bombant le torse et mettant sa poitrine en avant.

Elles firent la queue et se firent, comme l’avait prédit Céline, refouler à l’entrée par le gorille qui gardait l’antre. Jessica n’émit aucune résistance, gardant pour elle ses insultes et entraîna son amie à sa suite.

« C’est de la discrimination » Protesta-t-elle.

« Non… ».

« Si… Il refuse de me laisser entrer depuis la soirée où… Celle où… » Jessica était hésitante à finir sa phrase.

« Celle où tu lui as vomis dessus, n’ayons pas peur des mots, Jessi ».

« Gnagnagna » Grommela cette dernière en sortant son portable. « N’empêche, je t’ai dis qu’on irait en boîte, et bien on ira ».

« Pas de fraude au moins » Demanda la plus âgée en fronçant les sourcils.

« Non… Il est révolu le temps où en entrait dans les boîtes par la fenêtre des toilettes… Maintenant, je suis plus préparée à ce genre de problème… Surtout avec cette boîte ».

Jessica composa un numéro et appela une amie. Pia était barman dans cette boîte. Avec les autres barmans, elles jouaient parfois les coyotes, inspiré par le film ‘Coyote Ugly’. Le patron, Luc -le copain de sa sœur- avait réussit à les convaincre de faire de même. Pia vint ouvrir la porte d’entrée aux deux jeunes filles et les regarda passer.

« Faut pas en faire une habitude ! » Grogna-t-elle souriante, en repoussant sa longue chevelure rose fluo derrière son épaule droite.

Pour toutes réponses, Jessica l’embrassa sur la joue et Céline lui fit un beau sourire. Elles se dirigèrent ensuite au milieu de la boîte, arrivant à se frayer un chemin dans la foule. Cette boîte était l’une des rares boîtes à ouvrir ses portes dès 19 heures, mais ça, personne n’avait jamais compris pourquoi. Jessica s’éloigna pour se rendre du côté du bar tandis que Céline s’approchait de la cage où un garçon dansait.

Elle fut captivée par la silhouette qui se déhanchait dans la cage, faisant hurler les filles qui n’osaient pas monter à ses côtés. Céline devait l’avouait, était ensorcelée par ses yeux bleus verts pâles qui la fixaient intensément. Le blond fit glisser ses mains sur sa chemise bleu pâle. Il la fixait d’une manière qui lui donnait presque chaud. Céline suivait des yeux les mains qui caressaient ce torse qu’elle devinait musclé.

Céline se rapprocha encore et se hissa sur la plate forme et entra à son tour dans la cage. Le blond lui tendit la main pour l’aider à se relever. La jeune fille garda cette main dans la sienne quelques secondes puis commença à se frotter à l’inconnu. Ses mouvements osées envers lui, la surprenait elle-même et faisait hurler certaines filles qui avait préféré restées en bas. Dommage pour vous, pensa Céline

Les mains du blond courtisaient son corps, caressant sa peau mate, puis elles se glissèrent entre les boutons de la chemise, les faisant sauter un à un. Céline se surprenait de plus en plus. D’habitudes elle aurait déjà renvoyé balader ces mains. Mais ce soir, elle se sentait joueuse. Chose rare.

Doucement, elle senti le vêtement glisser de son épaule gauche et les lèvres du blond se posèrent dessus. Puis le blond, conscient des regards posés sur la cage, essaya de lui retirer la chemise, persuadée que la jeune fille en face de lui portait son maillot de bain, comme toutes les autres. Céline se raidit alors, d’un seul coup. Ses yeux bleu clair croisèrent les iris vertes.

Céline replaça rapidement sa chemise et descendit précipitamment de la cage et se faufila dans la foule pour rejoindre les toilettes. Quelques minutes après, elle en ressortit, plus pâle qu’un mort, mais calme. Mais aussi, le ventre plus vide qu’il ne l’était déjà. Elle sursauta en voyant le blond appuyé contre le mur, les bras croisés. Il attendait… Non, il l’attendait. Que pouvait-il bien faire d’autres dans les toilettes des filles sinon que l’attendre ?

« Désolé… Je voulais pas te faire peur… ».

« Tu ne m’as pas fais peur » Se défendit-elle. Elle n’était pas froussarde à ce point là.

« Mouais » Polémiqua le blond, ne voulant pas s’attarder sur le sujet. « Je m’appelle Tristan » Lui glissa-t-il à l’oreille avant d’enserrer sa taille de son bras et de capturer ses lèvres.

Céline ne fut pas surprise et se laissa aller à l’étreinte. Tristan la colla au mur, faisant glisser ses mains sous sa chemise, caressant son ventre qu’il avait entraperçu lors de son bref séjour dans la cage. La jeune fille répondait aux caresses, passant ses mains sur les fesses du blond.

Tristan la poussa dans les toilettes et referma la porte derrière lui, cherchant à dézipper la jupe de la jeune fille. Céline sentait le danger venir et ne savait pas quoi faire. Elle remercia alors mentalement la personne qui entra dans les toilettes.

« Céline ? T’es là ? » Demanda la voix que la jeune fille identifia comme celle de Jessica « Je t’ai vu rentrer mais pas ressortir… Ça va ? ».

Céline repoussa les mains qui cherchaient de plus en plus à s’insinuer sous sa jupe et essaya de sortir avant que le blond ne l’en empêche.

« Cé ? » Insista Jessica.

« Deux minutes et je te rejoins au bar ».

« Ok » Répondit cette dernière avant de sortir.

La porte claqua et Céline s’appuya au mur. Tristan reporta son attention sur la fille, lui embrassant le cou et glissant de nouveau ses mains vers sa jupe, mais il sentit celles de Céline le repousser. Ses yeux s’obscurcirent.

« Je crois que le moment est passé » Souffla-t-elle. Elle ne savait pas ce qui l’avait pris d’agir ainsi, ou même de se laisser prendre dans cette folie. « Je dois y aller… Elle m’attend » Murmura-t-elle presque à regret, les yeux baissés.

Elle embrassa doucement le blond en guise d’excuses et ouvrit la porte des toilettes. Tristan la rattrapa par le bras et retourna sa main, paume vers le ciel. Il sortit un stylo de sa poche et inscrivit son numéro de portable, qu’il embrassa doucement en fixant toujours son inconnue dans les yeux. Puis il la laissa partir.

Il la regarda traverser la masse et rejoindre une silhouette brune au bar.

Céline avait un nœud à l’estomac. Elle savait ce qu’elle allait voir au bar. Elle savait aussi pourquoi elle s’était enfuie dès le début de la soirée vers la cage, allant jusqu’à se faire entraîner dans une parfaite connerie avec un parfait inconnu. Elle regarda sa montre, cela faisait déjà deux heures qu’elles étaient ici. Dieu, que le temps passait vite par moment. Céline s’assit aux côtés de Jessica qui parlait avec un garçon sveltes, aux yeux bleus prussiens, le visage rempli de tâche de rousseur et des cheveux roux de la même longueur que son amie, qu’elle savait Canadien d’origine et du nom de Damien. Cela faisait déjà plusieurs semaines qu’il était avec Jessica, mais jusqu’à présent, elle avait réussit à l’éviter. Jusqu’à ce soir.

« Tu t’es déchaîné dans la cage, dis-donc » Rigola Jessica « C’était qui le beau blond avec qui tu étais ? ».

« Qui ça ? » Demanda trop vivement l’aînée pour paraître naturelle.

« Le gars de la cage ! » Souffla la brune en roulant des yeux.

« Oh, lui… Il s’appelle Tristan » Lâcha nonchalamment Céline en passant sa main dans ses cheveux.

« Et je suppose que c’est son numéro que tu as sur la main !??! » Plaisanta sa cadette.

Céline sentit le sang affluer à ses joues. Son amie éclata d’un grand rire et tapa amicalement sur son bras en tant que boutade. Elle ne vit pas son amie grimacer. Jessica serra le poignet dans sa main en chambrant son ami, ne prêtant aucune attention à cette humidité sous sa main : Après tout, tout le monde transpirait ici, et c’était normal.

« Bah ma vielle » Glapit Jessica en resserrant sa poigne. « Il est pas encore venu le jour où tu viendra en boîte sans récolter un numéro au minimum ».

La brune riait à gorge déployée, ce qui illuminait son visage.

« Bon, c’est pas tout mais je te cherchais pour te dire que j’allais y aller… Puis t’as pas l’air très bien… Deux heures de boîte, je crois que c’est ton maximum pour aujourd’hui… Tu viens avec nous ? ».

‘Nous’ ? Tiqua Céline. Elle se rendit alors compte de la main de Wufei sur la taille de sa meilleure amie et de par ce fait, confirma ce qu’elle pensait : C’était la première fois qu’elle le rencontrait. Même si Jessica n’avait pas fais les présentations. C’était inutile. Tout le monde savait en présence de qui ils se trouvaient. Elle secoua tout de même la tête.

« Je vais rentrer je suis fatiguée. Bonne soirée ».

Céline vida d’un trait le cocktail que lui avait servi Pia, salua le couple, le barman et sortit rapidement de la boîte. Elle fit quelques pas dans la rue, puis pressa sa main sur son poignet. La tape amicale de Jessica avait ouverte à nouveau ses cicatrices, si elles ne l’avaient pas déjà été quand Tristan l’avait retenue.

Elle croisa les bras et longea le chemin qui menait au parc. Là, elle s’appuya contre le tronc et se laissa glisser au sol, ferma les yeux et écouta les bruits autour d’elle : Le vent soufflait dans les branches, les criquets faisaient elle ne savait trop quoi dans l’herbe -mais ils étaient présents- les hiboux hululaient et un agréable ‘plic ploc’ parvenait à ses oreilles.

‘Plic ploc’ ? Céline ouvrit un œil. Une légère pluie s’abattait sur le canal et venait ainsi, troubler la surface tranquille du petit canal. Elle se leva et prit le chemin de sa maison. Les mains dans les poches, jouant avec son portable. Elle pensa au blond. Son numéro sur sa main moite devait être à moitié effacé. Elle vérifia sa paume. Les deux premiers numéros avaient disparus et le dernier chiffre était illisible. Céline grommela et ouvrit doucement la porte d’entrée pour se glisser dans la maison silencieuse. Arrivée dans sa chambre, elle ôta sa chemise et sa jupe qu’elle lança sur une chaise et alla à la salle de bain.

Elle retira sa montre et regarda l’heure. À peine 23 heures. Le fait que la boîte ouvre tôt faisait que les soirées passaient plus lentement, ce qui pouvait être un bon point parfois. Tout dépendait de l’humeur et du programme. Elle jeta un œil dans le miroir et se tira la langue avant de se faufiler sous la douche. Elle ne comprenait pas comment quelqu’un pouvait être attiré par elle, par son physique. Ou alors il n’était question que de rapport ? Elle était mince, très mince. Trop mince ? -On le lui reprochait si souvent-. Le visage si peu expressif, voire inexpressif, sauf peut être avec Jessica et Maude. Céline regarda ses côtes. Elle était rachitique, on aurait pu jouer du xylophone sur ses côtes tellement elles ressortaient. Et ses bras… Elle n’avait vraiment que la peau et les os.

Elle contempla son membre gauche. Zébré de haut en bas, à l’horizontales, à la verticales et en diagonales. Des marques plus anciennes que d’autres, des plus profondes, des superficielles. Jamais aucunes d’elles n’avaient réussies à la libérer de ses angoisses, de ses peurs, de ses pensées égoïste.

Céline secoua doucement sa tête qui l’élançait. Elle sentait venir le vertige. Elle regarda une dernière fois sa paume. Elle ne possédait plus que cinq chiffres perdus au milieu de traces noires. La jeune fille passa sa main sous l’eau avant d’y immerger sa tête et son corps entier.

Le sang séché coula avec l’eau de la douche. Elle arrêta l’hémorragie -qui venait de recommencer- du plat de sa main et attendit. Une heure plus tard, elle se glissa, nue, dans ses draps frais et s’endormit comme une souche.

A suivre

Fiction en cinq chapitre, fini.

Á bientôt j’espère.

Cerb



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