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Author: Cerbere
Fiction Rated: K+ - French - General - Reviews: 4 - Published: 07-04-06 - Updated: 07-04-06 - Complete - id:2205527

Titre : Trop faible

Auteur : Cerbère

Disclaimer : Les personnages sont ma propriété, merci de ne pas y toucher sans en avoir demandé l’autorisation.

Note : Parallèle à « Alone In The Day », les vacances durant lesquelles Zacharie apprend qu’il y a un pari… Et jusqu’à beaucoup plus loin… Pour ceux qui se posent la question : « Accident ou Tentative de Suicide ? ».

One-shot

Trop Faible

« Entre, je t’en prie. Fais comme chez toi, la chambre est à l’étage ».

Zacharie s’avança dans le hall. Le salon sur la droite était agréablement aménagé, et la cuisine sur la gauche laissait à croire qu’un régiment avait passé les dernières 24 heures ici. Adrien le poussa vers l’étage et le fit entrer dans la première pièce. L’iroquoise laissa tomber son sac et s’affala sur le lit.

« Y’a pas à dire. Ça se voit que c’est ta chambre ».

« Pourquoi ? ».

« Les posters… C’est limite plus décoré que chez Don’… ».

Adrien monta à califourchon sur les hanches du décoloré et l’embrassa.

« J’ai vécu plus de temps ici que chez Don’ et j’ai pas envie de tout déménager. Je m’y sens comme chez moi, c’est chez moi et… ».

« Adrien ? » L’appela une voix du rez-de-chaussée.

« Ma tante, viens ».

Le blond attrapa son copain par la main et le traîna dans les escaliers pour le présenter à sa tante. Une blonde dans la trentaine, souriante, et un petit garçon avoisinant les quatre ans.

« B’jour tata ! Voici Zacharie ».

« Enchantée, cela faisait un moment que j’attendais de pouvoir te rencontrer. Fais ici comme chez toi ».

« Merci ».

« Et voici Boris, mon cousin ».

OoO

Les deux garçons étaient allongés sur leurs serviettes, le dos exposé au soleil et les yeux face à la mer.

« Explique-moi comment tu fais pour préférer vivre à La Rochelle plutôt qu’ici ? ».

« T’es pas ici » Sourit le blond en l’embrassant.

« Cliché ! » Nargua le décoloré en se levant pour aller s’immerger dans l’eau.

Adrien allait le rejoindre quand son portable sonna.

« Coucou Sarah. Ça va ?… Ouais sympa. J’allais partir piquer une tête… Oui, je sais que l’échéance arrive, c’est bon, pas besoin de me le rappeler. Je n’ai qu’une parole et je tiens toujours mes promesses… Tu viens passer quelques jours ? … Quand ?… Sérieux ? T’aurais pu me le dire plus tôt… Non, c’est bon je vais m’arranger. Bye ».

Adrien raccrocha et courut rejoindre le décoloré. Pourquoi Sarah avait-elle besoin de lui rappeler ce stupide pari ? Il était à moitié bourré quand il l’avait fait. Il n’avait pas pensé tomber amoureux. Il n’avait pas envisagé que cela puisse être sérieux. Et il savait qu’il allait devoir jouer serrer pour ne pas perdre Zacharie.

OoO

« Sarah viens passer quelques jours ici » Marmonna Adrien en se réveillant et voyant Zacharie réveillé.

« Sérieux ? » Se redressa Zacharie.

Le blond hocha la tête et se mordit la lèvre. Il savait que le décoloré n’aimait pas beaucoup son amie et qu’ils étaient censé n’être que tous les deux pour trois semaines. Mais Adrien n’avait jamais su dire non.

« Combien de temps ? ».

« Quatre ou cinq jours, tout au plus ».

« Great ! » Ironisa le décoloré.

« Oh, s’il te plait, Zach… Fais pas la gueule ! ».

« Mais je fais pas la gueule… Pas encore ».

OoO

« Salut Zach ! ».

« Salut ».

« Toujours d’aussi bonne humeur à ce que je vois ».

« Sarah commence pas ».

« Toi, t’as toujours rien dis ».

« J’ai encore une semaine et demi, et cela ne te regarde pas ».

Zacharie suivait l’échange sans rien comprendre, aussi, quand il vit Rebecca rentrer du marché avec ses courses plein les bras, il parti l’aider.

« Adrien… On avait dis six mois ».

« Ouais et on est à cinq et demi, Sarah ! Merci de me faire confiance ».

« T’as les boules, hein ? ».

« Comment veux tu que je ne les aient pas ? Tu le connais pas. Si je la joue mal, je le perds ! ».

« Fallait pas parier dans ce cas ».

« Ça te va bien de dire ça. J’étais complètement soûl, vous m’avez pas dissuadé de le faire, ce stupide pari ».

« Bof, c’est pas si terrible si tu le perds ! » Sourit la brune en l’aguichant.

« Fais moi confiance Sarah, je perdrais pas ce pari » Répondit froidement le blond « Par contre, j’aimerai savoir jusqu’à quand tu reste ».

« Jusqu’à la rupture ».

« Non ! Ça pour sûr, tu partira avant la fin du week-end… ».

« Bien sûr que je pars avant la fin du week-end, je veux pas voir ça… On se retrouvera chez toi pour se mater un film à ton retour… ».

OoO

Le train de Sarah venait de partir, Zacharie soupira de satisfaction et en même temps, sentit l’angoisse le prendre. Adrien semblait stressé. Quelque chose le dérangeait et l’iroquoise n’arrivait pas à savoir quoi. Plusieurs fois dans la journée, il avait trouvé le blond perdu dans ses pensées.

« Adrien, tu viens te baigner ? ».

« Pas motivé ».

« Allez, ramène tes fesses, ça te changera les idées ».

Zacharie attrapa le blond, le cala sur son épaule jusqu’à la mer où il le jeta sans ménagement.

« Et arrêtes de faire la gueule toi aussi ! C’est la dernière semaine. Il fait toujours beau et on n’est plus que tout les deux. Qu’est ce qui va pas avec toi ? » Grogna le décoloré.

Adrien baissa les yeux et parti nager, arrachant un soupir à son cadet. À chaque fois que Sarah passait, Adrien perdait tout son sourire et ses pensées optimistes. Voilà pourquoi il la détestait tant. Il secoua la tête et nagea à la suite du blond pour le rattraper.

OoO

« Bon Zach, faut qu’on parle… C’est pas vraiment grave, mais… Sérieux… Et on devrait juste avoir le temps avant d’arriver » Commença Adrien, une fois que le train quitta la gare de Poitiers.

Le décoloré haussa un sourcil au ton crispé de son aîné. Il pressentait qu’il n’allait pas aimer. Pas aimer du tout.

« Bon, on est ensemble depuis près de six mois… T’es d’accord avec moi ? ».

« Oui ».

« Et je connais Sarah et Anaïs depuis près de neuf mois. Ok ? ».

« Ok ».

« Bon, voilà, quand je les aient rencontré, on a tout de suite sympathisé… Et un soir, après deux mois, quelques jours avant les vacances de noël, on a fais un pari… ».

Zacharie se tendit dans son siège. Cela ne lui plaisait pas.

« Je peux pas te dire l’enjeu… Enfin, le pari était, je ne sais plus pourquoi, de ne pas passer plus de six mois avec mon prochain copain… Laisse-moi finir. J’ai accepté. J’étais bourré, et jusqu’à aujourd’hui je n’ai jamais eu de relations dépassant un mois… ».

« Donc je suis le pigeon et c’était qu’un pari, c’est ça ? » Agressa le décoloré en dégageant sa main de celle du blond.

« Non. Le problème est là. Le pari, je l’avais occulté. Je pensais que les filles aussi. C’est la première fois que je me trouvais avec quelqu’un avec qui j’étais bien… Je pensais qu’elles l’avaient compris… ».

« Mais non, c’est ça ? ».

« Disons, que je crois que l’enjeu leur tenaient à cœur… Pas à moi… C’est pour ça que je ne peux pas perdre ».

« Tu veux dire que tu préfère tes copines à moi… ».

« Non, pas du tout, mais l’enjeu… ».

« C’est quoi l’enjeu ? ».

« Je peux pas te le dire. Zach, soit pas comme ça. Je savais pas ce que je faisais, j’étais ».

« T’étais bourré, oui, ça j’ai compris. T’es juste en train de me dire que tu m’as emmené en vacances chez ta tante pendant trois semaines alors que t’avais déjà prévu de me larguer… ».

« J’ai pas prévu de te larguer… Disons, que… On considère qu’on est plus ensemble pendant une semaine, histoire de bien leur faire comprendre que le pari est fini et après, on est tranquille… Tu comprends ? ».

Zacharie se mâchait l’intérieur de la joue en même temps qu’il ruminait ses paroles. Ses mains se crispaient sur l’accoudoir. Un pari. Sa plus grosse relation en temps et en sentiment, ne se devait qu’à un pari. Un stupide pari. Il avait envie de rire d’hystérie. Il regarda Adrien qui semblait toujours aussi sérieux. Quel pouvait être l’enjeu pour que le blond y joue tout ? Le décoloré se leva et sorti du wagon pour répondre à l’appel d’Etna.

« Je serais là d’ici vingt bonnes minutes » Et il raccrocha sans préambule pour retourner près du blond.

Il fallait la jouer cool. Il était blessé mais il ne voulait pas l’admettre. Le blond venait de proclamer un « THE END » sans vraiment s’en rendre compte. Il n’avait plus qu’une hâte, être dans les bras d’Etna et l’entendre parler. Adrien lui sourit faiblement. L’absence de réponse lui laissait à croire que c’était accepté. Il n’aurait pas à subir l’enjeu et les filles l’attendaient pour une pizza et un film chez lui. Et pourtant, il avait une boule dans la gorge. Il sentait qu’il avait fait le mauvais choix. Mais il ne pouvait pas dire non aux filles. Un pari était un pari. Il était tout simplement trop faible pour se battre contre elles. Pour se battre contre leur amitié. Pour se battre pour Zacharie. Il pressentait qu’en ayant parlé avec Zacharie, il n’avait pas fait le bon choix, mais que le décoloré le pardonnerai sûrement. Mais il ne pouvait résolument pas lui dire cet enjeu. Le décoloré quitta le wagon sans aucuns regard et le blond rejoignit les filles, persuadé que tout irait mieux la semaine suivante. Le temps pour l’iroquoise de comprendre que ce n’était que pour une semaine.

OoO

« Coucou mon cœur » Déclara Adrien à l’intention de Zacharie en passant la porte de l’Insolite.

Le décoloré ne répondit pas, déposa le verre qu’il essuyait devant lui, évita le blond qui tenta de l’embrasser et laissa le bar mettre la distance entre eux deux.

« Tu fais la gueule ? » Hasarda le blond.

« J’ai des raisons de faire la gueule ? » Demanda l’iroquoise agressivement.

« Bah non, c’est pour ça que je te demandes… On dirait que tu mets de la distance et j’aime pas ça ».

« T’as tout compris en même temps… Je mets de la distance… Plein de distances… Et t’as plutôt intérêt à garder les tiennes ».

« Ok… On va remettre le sujet sur le tapis… Je croyais que c’était réglé pourtant ? ».

« Ah, c’est parce que tu n’as pas tout écouté… Ou tu n’as pas voulu entendre, ou comprendre… Je sais pas trop… Mais bon, je vais te le redire clairement : t’as joué au con, t’as perdu ! Moi je ne reviendrais pas en arrière… C’était moi ou le pari… T’as choisi le pari, j’espère pour toi qu’il valait le coup ».

« Non… Tu peux pas tout arrêter comme ça… Tu ».

« Correction » Le coupa Zacharie « Je n’ai rien arrêté, c’est toi ! ».

« Tu sais même pas ce qu’était l’enjeu… Tu peux pas me faire ça… Je t’aime… ».

« Moi aussi je t’aimais… Mais là où j’ai de la chance, c’est qu’en allant voir ailleurs, au moins ça me change les idées et je t’oublie… Fais de même et me pompe pas l’air ».

Adrien resta bouche bée. Aller voir ailleurs ? Zacharie était aller voir ailleurs ? Cela voulait dire qu’il considérait définitivement leur relation comme fini ? Le blond sortit du bar ne voulant pas énerver le décoloré plus qu’il ne l’était. Il s’assit au sol, contre le mur et face au bar. Quand son cadet sortirait, ils pourraient parler sans avoir tous les clients du bar autour d’eux, pour écouter. Seulement, l’heure de changement arriva et Zacharie ne sortait toujours pas. Mélène était arrivé depuis déjà plus d’un quart d’heure. Il se décida à entrer une fois de plus. Puis à aller demander à son oncle. Donyphane était toujours dans la réserve. Et comme depuis le début de la semaine, il évitait obstinément son regard.

« Don’… Il est où Zach ? ».

« Rentré chez lui, il est malade ».

« Mais je l’ai pas vu ».

« Y’a deux sorties à l’Insolite, ne l’oublie pas… Et, laisse le tranquille pour le moment ».

« Tu sais avec qui il est allé ? ».

« Il est rentré tout seul ».

« Non, je veux dire avec qui il a eu une relation dans la semaine ? ».

« Cela ne t’aidera pas de le savoir… Laisse-moi s’il te plait, j’ai du boulot ».

Adrien passa sa langue sur ses lèvres et fixa son oncle jusqu’à ce que celui-ci redresse la tête.

« Je suis désolé Don’ ».

« Désolé pour quoi ? T’as pas à t’excuser à moi ».

« Si… Parce que t’avais des vues sur Zach bien avant moi, et que même maintenant, à cause de moi, tu ne peux toujours pas. Je suis désolé ».

« Dis pas de connerie et dégage » Grogna Donyphane, son sourire habituel dissimulant mal une pointe de culpabilité.

Le blond sorti et regarda Mélène qui avait l’air aussi paumé que lui.

« Ça va comme tu veux la vie ? » Hasarda-t-il.

« Je viens de me faire larguer… Ilme a apprit pour Antoine… Ça ne lui a pas plu ».

« Tu m’étonne ».

« Oh c’est bon, hein ! J’ai pas besoin de me prendre la morale en plus ».

Adrien leva les yeux au ciel et sorti de l’Insolite. Les gens étaient trop nerveux autour de lui et cela le fatiguait. La relation entre son oncle et Zacharie ne le surprenait pas tant que cela. Ils avaient toujours étaient sur la même longueur d’ondes. Mais il aurait préféré ne pas le deviner. Il aurait préféré croire que le décoloré avait bluffé. Arrivé chez lui, il s’affala dans le canapé et attrapa le téléphone.

« Reb’, c’est moi… Je peux revenir une petite semaine ?… Non, ça va… Juste un coup de blues… Merci ».

OoO

Adrien ne passa que quelques jours chez sa tante, se décidant à rentrer et à récupérer Zacharie. Lorsqu’il passa chez lui, Carole lui dit qu’elle ne l’avait pas vu depuis son retour. Il ne répondait jamais au portable, si bien que le blond se demanda s’il était toujours en vie. Jours après jours, le blond regrettait son choix. Jour après jours, il ne savait plus quoi inventer pour éviter Sarah et Anaïs. Oui, il était en train de tout perdre parce qu’il avait été trop faible. Parce qu’il avait eu peur de perdre ses amies. Aujourd’hui il perdait les deux. Ses amies et son copain. Il se sentait mal. Il avait mal. Des bruits courraient à l’Insolite. Beaucoup de jeunes lançaient des paris sur les élus du soir. Tout d’abord le blond n’y avait pas porté grande importance puis cela l’avait intrigué lorsqu’il avait apprit que Zacharie assurait toutes les soirées de la semaine à l’Insolite. Il avait essayé de se renseigner auprès d’Ilme, mais celui-ci ne lui avait donné que le minimum : l’iroquoise allait bien. Le rouquin avait voulu ajouter quelque chose, mais c’était abstenu. Le seul message qu’il avait en tête était : quelque chose clochait. Puis enfin, il fut fixé lorsqu’un jeune s’approcha de lui pour savoir s’il voulait parier, et sur qui. Cela avait été un choc pour Adrien d’apprendre cette histoire. Même s’il savait ne pas être le seul à avoir été dans les bras du décoloré, il l’avait été pour six mois, et désormais, en moins de deux semaines, ils y en avaient eu plus d’une dizaine. Cela le rendait malade, rien que d’y penser. Il s’arrangea avec son oncle et reparti chez sa tante, jusqu’à la mi-décembre. Il perdait le moral, le sourire, du poids. Il passait beaucoup de son temps dans son lit, à regarder son plafond et à réfléchir : quel aurai été le meilleur choix ? Il émettait plusieurs hypothèses avant de tout balayer d’un mouvement de la tête : on ne changeait pas le passé. Lorsqu’il revint sur La Rochelle, Zacharie était parti avec Etna à Nîmes. À son retour, il essaya de le joindre, sans résultat. Les tentatives l’épuisaient, mais il n’arrivait pas à se faire une raison. Il l’aimait et n’avait pas envie de le perdre définitivement. Il allait s’accrocher, et même si cela devait lui prendre plusieurs mois.

OoO

En janvier, il mit fin aux longs trajets en train de chez sa tante à chez Donyphane et entreprit les voyages en voiture. Pas le meilleur moment pour commencer, mais côté finance, il n’avait plus les moyens et la conduite le gardait loin de ses pensées noires. Du moins il le pensait.

OoO

Le blond ouvrit les yeux. Il était un peu sonné. Il se rappelait que la voiture avait fait plusieurs tonneaux, mais apparemment il était toujours en vie et la voiture c’était immobilisé. Il essaya de bouger pour détacher sa ceinture, mais une voix l’arrêta en même temps qu’une douleur dans son bras gauche.

« Ne bougez pas. Les secours arrivent d’ici dix minutes. Comment vous sentez vous ? Pouvez vous me dire votre nom ? Vous m’entendez ? ».

Le blond réussi à voir la femme qui lui parlait, accroupie au sol.

« Vous… » Commença-t-il dans un souffle.

« Pardon ? Je n’ai pas entendu ».

« Vous parlez trop fort » Murmura-t-il avant de fermer les yeux.

OoO

« Adrien ? Je peux rentrer ? ».

Le blond tourna la tête vers la porte pour voir son oncle arriver.

« Tu nous a fais une sacrée peur… Comment te sens-tu ? ».

« Le crâne en compote ».

« Je veux bien te croire… Les docteurs ont dit que tu as eu de la chance et que tu n’auras pas de séquelles. Sinon tu vas garder le plâtre à la jambe pour deux mois et l’attelle à la main gauche pour un mois… Et… Oh putain ! Tu m’as foutu les boules ! » S’exclama le blond en serrant la main valide de l’adolescent.

« Je suis désolé Don’… Je ne sais même pas ce qu’il s’est passé… ».

« T’inquiètes pas pour cela… T’es en vie, c’est bien ce qui compte. Je suis le premier à venir ? ».

« Bien sûr, qu’est ce que tu crois ? Ma mère ne viendrait même pas sur mon lit de mort… ».

Quelques minutes après, Boris arrivait avec sa mère. Rebecca jeta un œil à la commode -seul meuble de la pièce- où reposait un vase avec des fleurs. Adrien suivit le regard de sa tante pour voir le bouquet qu’il n’avait pas remarqué.

« T’as mère est passé ? » Tenta la blonde.

« Dis pas de connerie. Elle ne viendrait même pas à mon enterrement ».

« Tu m’as fichu une sacrée trouille, tu sais ? Et je ne pense pas que je sois la seule. Plus de voiture par moins de 5 degrés désormais ».

« Pas de soucis, je n’ai plus de voiture » Ironisa l’adolescent.

OoO

« Qu’est ce que vous avez tous à frapper ? » Interrogea le blond en réponse aux coups à la porte.

Mélène entra dans la pièce et se campa devant lui, le visage très sérieux.

« Maintenant Adrien, regarde-moi dans les yeux et jure moi que c’était un accident… ».

« Je… » Commença l’aîné.

« Attends, avant, je tiens à te rappeler que jamais, au grand jamais, tu ne m’as menti. Donc prends bien cela en compte et je t’en prie, dis-moi que ».

« C’était un accident » Termina Adrien en souriant. « Je suis désolé Mél, y avait une plaque de verglas, j’l’ai pas vu ».

« T’imagine même pas à quel point tu m’as foutu les boules. C’est Don’ qui me l’a dit quand je l’ai appelé. Il a fermé l’Insolite pour une semaine ».

OoO

Adrien cogitait, le regard perdu sur la mer. Il était allongé sur son lit d’hôpital, sa BD ouverte sur ses genoux. Il n’arrivait pas à se concentrer. Il réfléchissait à ce qu’il avait dit à Mélène. Était-ce vraiment accident ? Avait-il réellement perdu accidentellement le contrôle de sa voiture ? C’était un total trou noir, il ne se souvenait pas de ses mouvements et encore moins de ses pensées. Sur Zacharie, cela ne faisait aucun doute, mais de là à tenter quelque chose… ?

« Je peux rentrer ? » L’interrompit une voix.

« Oh, Anaïs » Fit-il d’une voix faussement joyeuse.

« J’imagine que t’as pas vraiment envie de me voir, mais moi, si ! J’ai des choses à te dire. Tu nous évites depuis ta rupture et je ne peux pas t’en blâmer. Mais j’ai… ».

La petite brune s’avança vers le lit et regarda Adrien. Celui-ci perdit son sourire crispé. Les yeux marron étaient pleins de larmes et il ne voulait pas la voir pleurer. Il l’attrapa et la prit dans ses bras.

« Je suis désolé, Ad’… Je pensais pas que ce serait allé si loin ! Si tu savais ce que je pouvais m’en foutre de ce pari !... Je pensais vraiment pas que tu l’avais tant pris à cœur… Je suis désolé ».

« C’est bon ‘Na… Respire… C’est fait maintenant ! On ne reviendra pas dessus ».

Anaïs se dégagea et s’assit sur le lit.

« Tu m’en veux ? » Demanda-t-elle.

« Je suis le seul fautif ! Te prends pas la tête. J’imagine déjà que tu ne dois pas beaucoup dormir, vu tes cernes… ».

« Dormir ? T’as de ses idées. Avec toi à l’hosto dans cet… Accident ? ».

Adrien secoua doucement la tête.

« Honnêtement, j’aimerai te dire que c’est un accident. Mais je n’en ai aucune idée. Je ne sais plus ce qu’il c’est passé… Je ne me rappelle de rien… ».

« Peut-être pas plus mal… Tu vas encore m’éviter ? ».

Un silence s’installa avant que le blond n’attrape la main d’Anaïs et la serre dans la sienne.

« Ne m’en veux pas, hein… Mais… Je n’ai juste pas envie de voir Sarah ».

Il pu voir les yeux de son ami rayonner. Elle se sentait comme pardonné. Pas qu’elle soit vraiment coupable. Anaïs serait passé à côté du pari, elle l’aurait oublié. Elle savait ce que c’était d’être amoureux… Mais pas Sarah… Et Sarah maîtrisait Anaïs. C’est Sarah qui tenait les rennes. Un léger coup à la porte les interrompit. Anaïs se recula pour voir le visiteur et fit un léger sourire au blond.

« Je reviens demain sans faute ! Tu veux que je t’amène quelque chose ? ».

« Nan, viens sans les cernes… ».

« Je t’aime Adrien… C’est pas donné de rencontrer des gars comme toi ».

« Si tu le dis… Va l’expliquer à l’autre imbécile » Grogna-t-il.

Il regretta ses derniers mots lorsqu’il vit que le nouveau visiteur n’était autre que Zacharie.

« Tu préfère peut être que l’imbécile reparte ? » Demanda-t-il avec un semblant d’ironie, pointant la sortie de son pouce.

« Je… Je ne m’attendais vraiment pas à te voir… ».

« Je ne savais pas si je devais venir… Je ne veux pas te faire de fausse joie, ou autres… ».

« Pas de souci… Merci, ça me fait plaisir. Tu ne sais pas à quel point… ».

Zacharie hocha la tête, se mâchant l’intérieur de la joue.

OoO

Adrien soupira. Zacharie n’était pas resté longtemps, mais il était venu. Il se souciait toujours de lui. Il avait vraiment voulu lui dire qu’il l’aimait toujours… Mais ce n’était pas le bon moment, ni le bon endroit. Il l’aurait sûrement pris en pitié, et cela n’intéressait pas Adrien. Son tour viendrait. Pas tout de suite, c’était certain, mais il arriverait. Il aurait de nouveau sa chance et jamais plus il n’y aurait de stupide pari pour tout pourrir.

OoO

Le blond reposa son livre. Encore deux jours et il pourrait quitter l’hôpital. Il lui tardait d’y être. Déjà un mois qu’il était ici. Il lui sembla entendre la porte s’ouvrir et il tourna son regard dans cette direction avant d’ouvrir grand la bouche et de rester bouché bée devant le visiteur.

« Ma… Mathias ! ».

« Salut. Comment va le grand blessé ? ».

« Bah merde alors ! Si je m’étais attendu à ça ! ».

Le rouquin s’avança et serra la main de son ami avant de le prendre dans ses bras.

« Je suis désolé, je suis mauvais pour garder le contact… Mais je me suis dis qu’après cinq ans, même s’il n’y avait pas eu de nouvelles… Peut-être que cela te ferait plaisir de me voir ».

« Carrément. Assis-toi ! Raconte-moi tout ! Comment va Dimitri ? Comment ça se passe là-bas ? Tu fais quoi ? ».

« Tout doux… » Rigola le rouquin.

OoO

« Excusez-moi, mais l’heure des visites est fini, vous pourrez repasser demain si vous le désirez, mais pour aujourd’hui je vous demanderez de bien vouloir quitter l’établissement » Demanda aimablement une infirmière.

« Ok… Bon Adrien, j’ai été heureux de te revoir… D’avoir bavardé avec toi. Viens faire un tour en Russie si cela te chantes mais surtout, fais moi plaisir, et parle lui de ce pari… Parle avec lui et prends soin de toi ».

« Merci Mat’, toi aussi. Ça m’a fait plaisir de te voir. Reviens quand tu veux et je te tiens au courant si je veux faire un tour dans ta Sibérie ».

Une dernière poignée de main et le rouquin quitta l’établissement. Il venait d’y passer sa journée. Adrien n’était pas encore autorisé à le quitter, mais pouvait s’y déplacer librement et ils avaient mangés à la cafétéria au plus grand bonheur du blond.

OoO

Adrien ferma son sac avec un soupire de soulagement. Enfin, il allait quitter cette chambre. Au programme, finir l’après-midi, dormir, se lever quitter l’hôpital et rejoindre Anaïs au Chat Noir, puis passer parler avec Zacharie. Là, il redoutait.

« D’abord parler avec Anaïs puis voir ensuite » Se corrigea-t-il.

Il déposa son sac au pied de son lit et sorti. Il faisait beau et il voulait prendre l’air. Au détour d’un couloir, il croisa Zacharie. Ils se regardèrent un instant avant qu’Adrien ne lui propose d’aller dehors. Le chemin se fit en silence. Le blond ne savait vraiment pas comment amener le sujet. Puis il se rappela les mots de Mathias, plus il attendrait, plus vite il se ferait doubler.

« Zach… Tu sais, cette histoire de pari, c’est… C’était. Non le pari n’était pas plus important que toi. Je l’ai fais, j’étais bourré. Et si Anaïs n’aurait pas tenue compte de cette histoire, Sarah n’aurait jamais capitulée. Sarah tiens les rennes. C’est assez embarrassant à admettre. Enfin, le pari… C’était la nuit avec elle deux… ».

Il l’avait dit ! Il n’y croyait pas. Et encore aujourd’hui il se demandait comment il avait pu être assez stupide pour croire qu’Anaïs participerait. Il se sentait stupide, et plus encore avec le silence qui persistait.

« Je vais y aller » Déclara Zacharie « J’étais venu pour autre chose, mais… Plus tard. Bon retour chez toi ».

Le blond regarda l’iroquoise partir. Avait-il choisi le mauvais moment pour parler de ce pari ? N’aurai-t-il pas mieux fait de le laisser parler en premier ? Il avait froid. Il serra ses bras autour de sa taille et retourna à l’intérieur.

OoO

Le blond se frotta les mains, un sourire naissant sur son visage. Il coupa l’ordinateur, enfila son manteau et quitta l’appartement d’Anaïs pour rejoindre celle-ci à l’Épervier.

« À ton sourire, je peux dire que tu as eu les vols pour pas grand-chose » Déclara la brune en embrassant son ami.

« Bah, honnêtement, c’était pas donné, c’est pour ça que je n’ai pris que l’allée ».

« QUOI ? ».

« J’ai pas pris le retour, je verrais avec Mathias ».

« Mais tu vas quand même pas squatter indéfiniment chez lui quand même, si ? Il va dire quoi son copain ? ».

« Quel copain ? Il est célibataire ! Je squatterais dans son appart… Et puis je vais rester un bon trois ou quatre mois, alors je me trouverais un petit boulot et… ».

« Ad’, tu parles pas Russe ».

« Bah c’est le moment d’apprendre ».

« T’es têtu » Anaïs capitula. « Tu pars quand ? Demain, j’imagine ».

« Quand même pas. Dans deux semaines ».

« C’est quoi qui t’as décidé ? L’hosto ? Les visites ? Ton retour chez toi ? ».

« J’ai envie de faire le point. De changer d’univers aussi. Juste quelque temps et comme ça, je saurai ce que je veux vraiment. J’en ai besoin, ‘Na ».

La brune soupira. Elle avait bien vu que son ami était perdu. Depuis son accident, depuis certaines visites… Elle ne savait pas laquelle avait été la plus décisive pour le blond : Mathias ou Zacharie ?

« Tu veux pas m’emmener ? » Demanda-t-elle.

OoO

Adrien s’assit au premier hublot libre. Il était impatient. Il n’avait pas osé dire à qui que ce soit qu’il avait prévu de rester pour près de six mois. De quoi apprendre la langue, passer du temps de qualité avec Mathias, passer du temps loin de tout.

OoO

Le blond monta à bord et arrivé au milieu de l’avion, abandonna l’idée de se trouver un hublot. Il prit le siége donnant sur l’allée qui était à côté de lui, attacha sa ceinture, tira sa tablette et y posa ses coudes, posant sa tête sur ses bras. Il aurait voulu rester plus longtemps. Le Russe était devenu une agréable musique à ses oreilles. Mais il se rendait bien compte qu’il lui manquait quelque chose et que ce quelque chose ne serait jamais en Russie. Il avait dit partir pour savoir ce qu’il voulait vraiment, et il le savait ! Il n’y avait plus de raisons de fuir. Il fallait qu’il s’accroche.

OoO

« Don’ ? ».

Adrien fut surpris de voir la maison vide. Son oncle n’était jamais à l’Insolite le lundi. Peut-être tout était différent après six mois. Peut-être aurait-il du prévenir Donyphane pour son retour. Le blond s’avança vers sa chambre pour y poser sa valise bien trop lourde. Et dire qu’il avait du laisser des affaires là-bas… Il n’avait pas le choix, il allait devoir y retourner. La pièce lui paru étrangère. Il n’y avait plus le bordel qu’il avait laissé six mois auparavant. Son lit était fait, les draps étaient neufs et inconnu au bataillon et deux de ses posters avaient été inversés. Adrien soupira. Plus tard. Là, il voulait juste dormir. Il tira sa couette, se laissa tomber sur son lit, ramena la couverture sur lui et s’endormit comme une masse. Une porte qui se refermait le tira de son sommeil. Il tendit l’oreille. C’était bien Donyphane. Adrien aurait voulu lui sauter dessus, mais il n’arrivait pas à bouger, puis il se rendit compte que son oncle n’était pas seul. Xavier était-il de retour ?

OoO

Adrien se réveilla avec un léger mal de crâne. Le décalage horaire se faisait ressentir. Dans la cuisine, il pouvait entendre du mouvement et se rappela que son oncle ne le savait toujours pas rentré. Le blond bailla à s’en décrocher la mâchoire et enfila un pantalon et un tee-shirt. Il irait prendre sa douche après avoir salué son oncle.

« Eyh Don’ » Déclara-t-il dans l’entrée de la cuisine.

L’adulte eu d’abord un sursaut, releva la tête de son bol de café et de sa tartine de confiture et regarda son neveu d’une façon typiquement bovine. Finalement, la tartine atterrit dans le bol et Adrien se retrouva étouffé dans les bras de son oncle.

« ‘Spèce de vaurien ! Tu pouvais pas le dire ? Rah la la. Faut refaire ton éducation ».

Ils discutèrent quelques minutes avant que Donyphane n’envoie son cadet à la douche. Ils auraient toute la matinée pour discuter.

OoO

« Je te sers quoi ? » Demanda distraitement Mélène en fixant un groupe de jeune quittant l’Insolite.

« Ce que tu veux. Je venais juste dire bonjour ».

Mélène porta alors son regard sur qui il avait, en premier lieu, pensé être un client banal. Ce qui n’était pas le cas. Oubliant le bar qui les séparait, le blond aux dreds sauta à moitié sur son ami, manquant de l’étouffer.

« Putain, j’ai cru que tu reviendrais jamais ».

« Moi aussi. Mais il a bien fallu ».

Mélène lui jeta un œil en biais.

« Pour de bon » Affirma Adrien avant de commencer à prendre les nouvelles.

OoO

« Tu vas reprendre du service ? » Demanda Anaïs alors qu’ils quittaient l’Insolite.

La brune ne s’était pas du tout attendue à tomber sur le blond en entrant dans le bar. Elle avait frôlé la crise cardiaque en entendant son surnom.

« Je ne sais pas encore. Maintenant j’ai le Russe, j’ai envie d’en faire quelque chose et les cours sont pas encore commencé à la fac ».

« C’est bien mon Adrien ça ! ».

OoO

Le blond sortit de la fac, les mains dans les poches, fier de sa démarche. Dans moins de quatorze jours il allait reprendre les cours. Il n’aurait jamais cru se lancer là-dedans. Ensuite, il se dirigerait vers un métier dans le tourisme. Soit pour recevoir des groupes Russes en France pour les vacances soit partir en Russie avec des français pour les mêmes raisons. Il avait d’abord trois années à tiré, ensuite, il verrait bien. Il passa par l’Insolite dans l’espoir d’y croiser son oncle et de lui annoncer la bonne nouvelle. La réserve était vide, remarqua-t-il en ressortant de celle-ci. Il se tourna vers le bar pour parler avec Mélène et sursauta. Comment le blond avait-il pu disparaître du bar sans le lui dire ? Comment avait-il pu laisser Zacharie prendre la relève sans lui faire un signe ? Il se senti l’âme vengeresse envers son meilleur ami. Le décoloré lui sourit, et l’invita d’un signe de tête au bar, où il déposa un verre que le blond devina comme une vodka Carambar.

« Alors, de retour ? Ça fais du bien ? ».

« Ça change. Dur pour le départ. Dur de reparler français ».

« On a bien cru que t’aller y passer le reste de tes jours ».

« J’aurai pu… Mais il manquait quelqu’un ».

Adrien ferma les yeux quelques secondes. Est-ce que le message passerait ? D’un seul coup, il ne se sentait plus assez fort pour tenir le discours qu’il avait préparé.

« C’est bien que tu passes, parce qu’il y a quelque chose que je voulais te dire ».

« Ah ? » Adrien ouvrit les yeux et fixa l’iroquoise.

« Quelque chose… ».

« Qui ne va pas me plaire » Coupa Adrien.

« Ouais… Et je crois que tu en as tous les droits… J’ai quelqu’un… ».

Là, un frisson lui parcouru toute l’échine et il se mordit la lèvre inférieur. Donyphane avait essayé une approche du même genre à son retour et avait repoussé à après la douche du blond. Et, les mots recomposés, cela donnait que Zacharie avait quelqu’un dans sa vie et que s’il prenait la peine d’aborder le sujet, c’était que cela n’allait pas lui plaire. VRAIMENT pas lui plaire. Enfin, il n’avait pas le droit se plaindre, il avait était le premier à jouer au con, plus d’un an auparavant. Il était celui qui avait fui les six derniers mois… Mais l’idée du nom qu’il allait entendre… Il ne savait plus s’il avait envie de pleurer ou vomir.

« Don’ » Murmura-t-il en baissant la tête et fixant son verre.

Zacharie resta silencieux, face à lui. Le blond luttait pour ne pas pleurer, crier ou juste demander pourquoi. Il remercia mentalement Rebecca pour l’appeler à ce moment là. Il fit un signe d’excuse à l’iroquoise et quitta l’établissement, sa tante babillant joyeusement.

« Eh beh, Don’ viens juste de me dire que tu étais de retour… J’ai eu peur que tu ne veuilles y faire ta vie ».

« J’aurai mieux fais » Murmura Adrien, sentant les larmes arriver. Il les essuya rageusement.

« Le coup de cafard du retour ? ».

« Nan… Ça va… Je prends le train demain pour venir te voir, ok ? ».

« Demain ? C’est pas un peu tard pour prendre les billets ? ».

« T’en fais pas pour ça. T’es ok ou pas ? ».

« Oui, bien sûr, mais… Tu es sûr que ça va ? ».

« Très bien. À demain soir. Je t’enverrais un texto pour te donner mon horaire, ok ? ».

« Ok… Bonne journée Ad’ et… Ne t’en fais pas… Tout n’a pas complètement changé ».

OoO

« T’es sérieux ? » Demanda Mélène « Tu crois pas que c’est excessif ? ».

« J’en sais rien, j’ai juste envie de me barrer » Déclara Adrien en buvant un café face à son ami. Son train était prévu pour deux heures plus tard.

« Ouais, mais bon, quand même. Tu penses à nous ? Anaïs, moi ? Don’ ? ».

« Me parle pas de Don, là, je crois que c’est le pire nom que tu puisse prendre comme argument ».

« Ah oui, j’avais zappé ».

« Zappé ? Zappé comme dans ‘je le savais’ ? ».

« Oui » Répondit misérablement le blond en se tassant sur lui-même.

« Bah même plus aucun regret de me barrer » Grogna Adrien en prenant son sac et sortant du bar.

« Ad’ attends ! ».

Mélène délaissa son poste et couru à la suite de son meilleur ami.

« Qu’est ce que tu voulais que je te dise ? Déjà que je ne sais pas où me situer entre les faits et tes paroles de ton accident de janvier. Tu viens juste de rentrer, tu semblais pas trop dans ton assiette, tu crois que j’avais envie de te zapper le moral ? ».

Adrien ne répondit pas et reprit son chemin vers la gare.

« C’est de la lâcheté Adrien ! De la faiblesse ! T’es pas faible Ad’, pas plus que lâche et tu le sais alors ramène tes fesses ici » Cria Mélène dans la rue avant de jurer et de retourner à son poste.

Dès que son train arriva, le blond sauta dedans et s’immergea dans un livre incompréhensible. À bordeaux, il eu le changement. Vingt minutes entre les deux. Son train était à l’autre bout, et même s’il savait que cela ne lui prendrait que cinq minutes pour s’y rendre, il y couru. Il n’avait qu’une envie, s’éloigner le plus possible de La Rochelle. Son siège était côté fenêtre, mais quelqu’un s’y trouvait déjà et dormait. Il n’avait pas envie de parler et se contenta de prendre celui sur le couloir. Quand son voisin se réveilla, il ne pu étouffer un juron.

« Putain, je suis maudit ».

« Bah ça alors, Adrien… Comment vas-tu ? ».

« Très bien, ça ce voit pas ? » Répondit-il agressivement.

Xavier avait toujours était quelqu’un qu’il appréciait mais là, il n’était pas d’humeur à bavarder avec lui. Pas avec qui que ce soit. Et il ne savait pas si c’était du à son humeur ou au fait que Xavier soit l’ex de son oncle. Cette pensée le fit se sentir nauséeux, il partit aux toilettes, se passer de l’eau sur le visage. Adrien revint à son siège, prit son sac, ignorant Xavier et alla s’installer à l’autre bout du wagon où il trouva un siège libre. Il se dégoûtait lui-même. Donyphane était l’un des êtres les plus chers à ses yeux. Il avait toujours était là pour lui, même à la mort de Chris. Il l’avait toujours fait passer avant lui. Il n’avait pas fui quand il était sorti avec l’iroquoise. Il avait fait face. Il n’avait rien dit. Et tout ce que lui-même trouvait à faire c’était fuir. Il ne voulait pas les voir face à face. Il ne voulait pas les voir dans la même pièce en même temps. Il ne voulait pas se réveiller et le voir dans la cuisine prenant un petit déjeuner. Il ne voulait rien de tout cela parce qu’il ne serait jamais assez fort pour le supporter. Et c’était de la faiblesse, quoiqu’en dise Mélène. Le blond s’endormit et fut réveiller par un contrôleur voulant voir son billet qu’il donna avant de se rendormir. Puis quatre heures après, on le secoua de nouveau. C’était Xavier.

« Je sais pas ce que je t’ai fais et tu ne veux pas me parler, c’est bon j’accepte, mais si tu descends pas maintenant, je ne sais pas où tu vas atterrir ».

Adrien bondi sur ses pieds, attrapa son sac et sauta hors du train. Puis il fit volte-face.

« Désolé Xavier, c’est pas contre toi… Je t’aime bien ».

Le plus âgé hocha la tête et les portes se refermèrent.

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« Adrien, tu sais que je n’ai contre le fait que tu restes ici, mais… » Commença sa tante.

« Mais tu aimerai bien que je repartes sur La Rochelle, chez Don’, c’est ça ? ».

« Non, bien sûr que non. Mais j’aimerai que tu me parles de ce qui ne vas pas. Ça fais déjà une semaine que tu es là, tu m’a fais la Russie de long, en large, en travers et j’en passe. Tu es souriant quand tu parles de tout ça et puis quand t’as fini tu redeviens si… Je ne sais pas. Trop peu dynamique. Qu’est ce qu’il se passe avec Don’ ? Il s’inquiète tu sais ? Moi aussi. Depuis longtemps. Entre ton accident, tes voyages de La Rochelle à Nice plus que fréquent avant ça, la Russie sur un coup de tête pour six mois… Et maintenant tu veux faire une fac ici… Cela ne me dérange jamais de t’avoir ici, mais j’aimerai savoir. Je VEUX savoir ce qu’il se trame entre vous deux… ».

Adrien soupira et regarda sa tante qui vint s’asseoir à côté de lui. Il ne savait pas comment dire les choses.

« Zach… À quelqu’un ».

« Ce sont des choses qui arrivent… Prends ça comme un nouveau départ pour toi ».

« C’est Don’ ».

Rebecca ouvrit la bouche et la referma puis serra le blond contre elle, alors qu’il se mettait à pleurer.

« Je peux pas… Je peux pas les voir ensemble, j’ai pas envie de craquer en face de lui. Je veux pas que Don’ se sente coupable. Je ne veux pas. Je ne veux pas être comme ça, mais c’est plus fort que moi… Je suis trop faible et je changerai pas ça ».

La blonde le serra plus fort contre lui.

« Adrien, c’est pas de la faiblesse, c’est naturelle… J’imagine que personne n’a vraiment envie de voir ce genre de chose… Et je sais que ce que je vais dire va te sembler injuste, mais c’est en restant ici que tu fais du mal à Don’ et même si c’est en étant là-bas que tu te fais du mal, tu t’en fais encore plus ici… ».

« Ouais, cher Don’… Tu dois être contente pour lui, il a quelqu’un ».

« ADRIEN ! ».

La blonde soupira et se rassit.

« Je vais te dire quelque chose. Zacharie est un garçon adorable. Je l’admets, je l’ai beaucoup apprécié, mais aussi adorable soit-il, la seule chose que je sais, c’est que ce n’est pas lui qui rendra Donyphane le plus heureux ».

Adrien hocha la tête. Xavier. Il était clair qu’elle parlait de Xavier et il savait qu’elle avait raison. Mais alors, pourquoi restaient-ils ensemble ? Le blond se leva, embrassa sa tante en s’excusant et monta dans sa chambre pour préparer son sac. Rebecca le rejoignit quelques minutes plus tard.

« T’es pas obligé de partir tout de suite. Tu peux attendre la fin de la semaine. C’est l’anniversaire de Boris après-demain, n’oublie pas. J’aimerai aller au zoo… ».

Adrien lui sourit, ferma son sac et le laissa sur son lit.

« Je vais à la gare, chercher des billets pour samedi soir ».

La blonde sourit à son tour et regarda son neveu sortir de la maison. Non, ce n’était pas de la faiblesse. Il était juste perdu et son sentiment était humain.

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Adrien s’installa sur la couchette qui lui avait était assigné. Il n’avait pas sommeil et s’allongea donc avec un livre. Pourtant, après une heure de trajet, il s’endormit.

OoO

Le blond se redressa dans son lit et regarda l’heure, 14 heures. Sa sieste avait durée plus longtemps que prévu, mais il n’y pouvait rien, le voyage en train l’avait fatigué plus qu’il ne l’aurait pensé. Les cognements à la porte d’entrée insistèrent et il se leva pour aller ouvrir. Ilme lui fit face, tout sourire.

« J’ai appris que t’étais rentré mais que tu ne retournais pas à l’Insolite alors je suis passé venir te voir. Ça va ? T’as l’air claqué ».

« Actuellement, je suis claqué, mais je t’en prie entre. Qui t’as aimablement informé ? ».

« Anaïs ».

Un silence suivit, puis Adrien remarqua la tenue d’Ilme.

« J’allais faire un tennis et venais voir si t’étais intéressé ».

« Non, merci ».

« Bon, j’avais dis que je ferais en douceur, mais tu ne me laisse pas le choix. Il est hors de question que je te laisse ici à broyer du noir devant une série à la con à la télé ou sur un bouquin stupide, donc tu vas te lever et aller te changer dans les dix prochaines minutes ».

« Sinon ? » Demanda le blond avec sérieux.

« Sinon, c’est moi qui t’habilles ! » Répondit le rouquin avec beaucoup de sérieux.

Adrien soupira et parti vers sa chambre. Ilme avait raison. Un tennis allait lui changer les idées, et ceux, même s’il était une nullité dans ce sport. Dix minutes plus tard, il rejoignit le jeune garçon dehors et ils partirent en jogging jusqu’aux terrains de tennis public. Un court était libre et ils entrèrent.

« Vas-y gentil avec la balle, je suis pas un pro » Prévint Adrien.

« Et moi donc » Sourit Ilme en servant.

Après quelques échanges, les deux garçons commencèrent un vrai jeu. Bien qu’Ilme menait largement, Adrien ne se débrouillait pas mal du tout. Jusqu’à commencer à taper violemment dans la balle.

« Elle t’a rien fais tu sais » Déclara Ilme.

La réplique resta sans réponses. Après cinq échanges, Ilme préféra s’écarter, plutôt que de recevoir la balle qui venait d’être frappé avec beaucoup trop de puissance à son goût. La balle se bloqua dans le grillage qui délimitait le terrain.

« Rassure-moi, cette balle, dans ta tête, elle ne s’appelle pas Don’ ou Zach au moins ? ».

« Nan » Pesta Adrien en se dirigeant vers la sortie. « Elle s’appelle Adrien Carlton, 23 ans, crétin ».

Tout d’abord Ilme cru que le « Crétin » avait été pour lui puis se rendit compte qu’il était associé aux trois autres mots. Le rouquin dégagea la balle du grillage et alla rejoindre le blond qui s’était installé sur une table de pique-nique, les pieds sur le banc et la tête dans ses genoux. Quand Ilme s’approcha, il se rendit compte que le blond pleurait. Doucement il s’assit à côté de lui et passa un bras à ses épaules. Et là, Adrien laissa tout sortir. Le pari avec Anaïs et Sarah, la rupture dans le train, ses week-ends chez sa tante, son accident de voiture, son passage à l’hôpital, la Russie, son retour, l’aveu de Zacharie, les mots de sa tante. Ilme ne savait pas quoi dire. Il savait une moitié de tout ça. Il ne fut pas surpris par l’enjeu du pari. Il fallait quelque chose de vraiment gros pour que le blond soit près à perdre le décoloré.

« Stupide, hein ? ».

« Je trouve que d’un côté c’est bien. De tant croire en ses promesses, je veux dire. C’est une qualité ».

« C’est aussi un défaut ».

Ilme soupira. Il ne savait pas quoi dire.

« On s’en refait un demain ? ».

« Pourquoi pas. Passe me prendre ».

Ilme sourit. Au moins, le blond acceptait sa main.

OoO

Adrien frappa la balle un peu trop fortement et celle-ci sorti du terrain. Il avait progressé, il le savait, mais décidément, aujourd’hui, il jouait comme un pied. Ilme traversa le terrain et ensemble ils sortirent pour aller s’asseoir sur la table de pique-nique pour vider leurs bouteilles d’eau.

« T’étais pas au jeu, aujourd’hui » Déclara Ilme « Y’avait quoi dans tes pensées ? ».

« Pas grand-chose. Près de dix mois que Zach et Don sont ensembles. Plus qu’on n’en ai jamais passé tous les deux. Et pourtant, je n’arrive toujours pas à abandonner, à passer à autre chose, ou à les croiser ensemble ».

« Faut le temps. Tu sais qu’Etna revient ? ».

« Quand ? ».

Etna n’avait jamais était sa meilleure amie. Il pouvait même carrément dire qu’elle le détestait. Mais cela l’intéressait tout de même.

« Je sais pas trop. Zacharie n’arrête pas de me faire compter les mois, il range ses affaires… Etna va revenir et je crois que je vais reprendre la cohabitation avec elle ».

Adrien blanchit. Si Etna reprenait la cohabitation avec lui, cela voulait dire que Zacharie allait devoir changer d’appartement. Il ne voulait pas le voir dans sa maison tous les jours.

« Je crois que je vais me prendre un appart moi aussi ».

Ilme hocha la tête. Il avait compris le malaise.

« Tu fais quoi pour la fête de la musique ? Le 21 ? ».

« Rien, je pense que je vais aller chez ma tante, passer ça avec Boris, mon neveu. Pourquoi ? ».

« Pour savoir. Si tu faisais rien, je t’aurai proposé de m’accompagner sur Bordeaux ».

Adrien lui sourit. Il n’aurait jamais cru autant se rapprocher du rouquin.

« Tu veux m’accompagner à Nice ? » Demanda-t-il subitement.

« Non, si t’es en famille, je ne voudrais pas m’imposer ».

« Aller ».

Ils avaient tous juste quatre jours pour faire les réservations.

OoO

Le train entra dans la gare de Nice, Adrien et Ilme en descendirent pour aller à la rencontre de Rebecca. Celle-ci accueillit le rouquin avec un grand sourire et les pressa de rentrer. Elle les fit manger en quatrième vitesse puis les força à monter dans la voiture.

« Reb’, qu’est-ce qui ce passe ? ».

« Surprise ».

Adrien regarda Ilme et haussa les mains avant de fixer de nouveau la route. Ils se dirigeaient vers un petit village paumé. Le blond se raidit. Le rouquin allait lui en vouloir si la fête de la musique se passait dans un endroit ennuyeux, d’une façon ennuyeuse. La blonde se gara à la première place qu’elle vit sur la route et poussa les deux jeunes à descendre. Une fois qu’ils furent dehors, elle passa sa tête par la fenêtre :

« Tu m’appelles quand vous en avez marre, mais j’imagine que ce ne sera pas avant la fin. Je me suis dis que vous n’aimeriez pas louper ça ».

Elle leur fit un dernier clin d’œil et repartir. Ilme et Adrien se fixèrent. Au loin, ils pouvaient entendre de la musique et des paroles. Ils prirent la direction du centre ville. Ils croisèrent beaucoup de jeunes en chemin et arrivèrent au final devant une large estrade.

« Qu’est-ce qu’il se passe ici ? » Demanda Ilme.

« Il doivent nous faire un Francofolies en avance » Répondit Adrien.

Les Francofolies étaient l’événement de l’été sur La Rochelle. Adrien, tout comme Ilme n’avait jamais manqué une occasion d’y aller.

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Adrien et Ilme étaient dans le train, jouant aux cartes. La fête de la musique c’était passé à merveille. Ilme avait rencontré des camarades de classe du blond et avait eu la chance d’entendre trois groupes qu’il affectionnait beaucoup, et même de récolter quelques autographes. Le train entra en gare. Les deux jeunes descendirent et allèrent au centre ville se prendre un café à l’Insolite. Cela faisait longtemps que le blond n’y avait pas mis les pieds. Cela lui manquait et il ne savait pas pourquoi ce sentiment venait maintenant. La salle avait était fraîchement peinte. Mélène était au bar. En parallèle avec Zacharie. Donyphane entra dans la pièce et s’arrêta net.

« Et les gars ! Ça fait un bail que je ne vous ai pas croisé. Comment allez vous ? C’était comment sur Nice ? ».

« Sensas » Répondit Ilme.

« Sensas » Répéta Adrien, en souriant : le ton jovial de son oncle le mettait toujours de bonne humeur « Reb’ te dis bonjours ainsi que Boris ».

« Tout le monde va bien ? ».

« La patate ».

« Bien. Je vous sers un verre ? C’est triste de commencer la journée sur un café ».

« Non, on fini et on y va. Ilme va pas pouvoir attendre plus longtemps ».

« Ok. À plus tard alors. J’ai rendez-vous, je dois y aller ».

Ils burent leurs cafés et quittèrent le bar. Adrien s’arrêta chez lui pour poser ses affaires et revint sur le pas de la porte.

« Merci d’être venu. J’aurai craqué si je l’avais passé ici et craqué là-bas aussi, si j’avais été seul. En fait, merci pour depuis le début ».

« Tu veux pas te faire un tennis avec moi ? ».

« Nan merci. Là, je veux pioncer. Demain si tu veux ».

« Ok… Mais surtout, ne me remercie plus. Y’a pas de raisons ».

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« Bien joué » Déclara Ilme en se rapprochant du filet où Adrien ramassait la dernière balle.

C’était la première fois que le blond le battait au tennis. Leurs partiels étaient finis et cela faisait une semaine qu’ils jouaient deux à trois heures par jour. Le rouquin sentait qu’une bonne partie de l’été allé être comme ça, mais cela ne le dérangeait pas.

« Etna arrive le 30 juillet » Dit Ilme.

« Elle te l’a enfin confirmé ? ».

« Nan, la mère de Zach l’a laissé échapper. Je suis pas sensé être au courant ».

« Heureux ? ».

« T’imagine pas à quel point ça a pu me manquer ».

Le blond garda le silence. L’année c’était passé très vite et au cours du dernier mois –depuis qu’il savait qu’Etna revenait-, il n’avait pas vu le décoloré plus que le reste de l’année passée. Peut-être étais-ce un bon signe.

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« On s’en fais une autre ? ».

« Tu ne veux pas rentrer ? ».

« Ça va faire louche si je rentre avec une heure d’avance ».

« Mais t’en crève d’envie ».

« Adrien, n’en rajoute pas une couche s’il te plait et envoie cette foutue balle ».

Le blond s’exécuta.

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« Tu ne viens pas avec moi ? » Demanda Ilme alors qu’Adrien prenait le chemin du centre ville.

« Non… Etna et moi, c’est pas le grand amour ».

« Allez, emmène tes fesses. Les choses ont changés ».

« T’es sûr que je ne vais pas la mettre en colère ? » Hésita-t-il.

« Certain ».

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L’appartement était silencieux lorsque Ilme ouvrit la porte. Il fut quelque peu désappointé. Il avait était certain que la rouquine serait déjà là, dans le fauteuil, à écrire dans son cahier, un groupe bourrin en fond et Crapule en boule à ses pieds. Il invita Adrien et lui proposa un café. Après quelques minutes, il entendit la porte de la salle de bain s’ouvrir et se retourna brusquement. Etna apparue, enroulée dans une serviette de bain, une autre autour de ses cheveux. Adrien vit les deux se fixer en silence puis crier de joie et se sauter dessus pour se serrer dans les bras l’un de l’autre. Puis Etna se recula et fixa Adrien et vint l’embrasser.

« Eyh, ça va ? ».

« Euh, ouais, et toi ? ».

« Tranquille. Bon je vais m’habiller et j’arrive ».

Ilme se rassit et regarda Adrien.

« J’ai vraiment cru qu’elle n’était pas là ».

« Et pourtant ».

« Tu le savais ? ».

« En quelque sorte. Je sais que lui n’est pas à toi » Répondit le blond en soulevant la boule de poile grise à qui il gratouillait la tête.

« Et tu ne me l’aurais pas dit ? ».

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Adrien referma la porte de l’appartement derrière lui. Il venait de discuter deux heures avec Etna. Elle lui avait sourit et non, ce n’était pas hypocrite. Rien à voir avec ce sourire lors de leur première rencontre, qui voulait dire « Tu crois que je t’aime mais je t’emmerde ». Les choses avaient changés, Ilme avait raison. Beaucoup de chose allait étrangement depuis quelques temps. Il descendit les escaliers en trottinant et quitta le bâtiment. Alors qu’il allait refermer la porte on le retint.

« Ferme pas ».

Le blond retint la porte et regarda l’iroquoise arriver, souriant.

« Qu’est ce que tu fais ici ? ».

« Je faisais un brin de causette avec Etna et Ilme. Et toi ? Qu’est ce que tu fais ici ? T’es pas avec Don’ ? ».

« Nan » Sourit le décoloré « Don’ est avec un ami ».

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« Etna, tu peux ouvrir s’il te plait ? Ce doit être Adrien, dis lui que j’arrive, merci » Cria Ilme en passant la tête par la porte de la salle de bain.

La jeune fille se leva de son fauteuil et alla ouvrir la porte. Le blond entra. Il était plus souriant depuis quelques temps. Enfin, elle ne l’avait vu que un mois auparavant pour la première fois et ne pouvait pas juger, mais elle le trouvait changé quand même et l’appréciait aussi.

« Tu veux un café ? Chocolat ? J’allais m’en faire un » Déclara-t-elle en montrant une casserole fumante.

« Café, si ça ne te déranges pas ».

« Nan nan. Ça va sinon ? ».

« Ouais. Tranquille et toi ? Tu te remets dans le bain ? ».

« Faut bien. Je viens d’être accepté en remplacement pour un professeur d’espagnol en classe de quatrième pour les premières semaines de septembre ».

« Bonne chance ».

« Merci ».

Elle lui tendit une tasse fumante.

« Ilme arrive. Il prenait une douche. J’ai pas bien compris pourquoi, parce qu’il va en prendre une après votre tennis ».

« Ah, on va pas au tennis. On va boire un verre avec Anaïs et Killian ».

« Oh, je me disais aussi que t’avais pas la tenue pour ».

« Tu veux te joindre ? ».

« Non merci. On va au ciné avec Zach ».

« On reprends les bonnes habitudes ? ».

« Bah ouais. Tiens ça doit être lui ».

Etna se leva et alla ouvrir la porte. L’iroquoise entra, serra la main d’Adrien en lui demandant comment il allait et s’installa sur le canapé en attrapant Crapule. Etna se réinstalla en face d’eux et reprit sa tasse. Puis Ilme fit son apparition et Adrien quitta la pièce en sa compagnie.

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Adrien senti son portable vibrer sur son lit. Il le prit dans sa main et fronça les sourcils. Même s’il n’avait plus son numéro dans son répertoire, il le reconnaissait. Pourquoi l’appelai-t-il ? Le blond se décida à décrocher.

/Ouah, j’ai cru que t’aller me laisser crever/ Déclara la voix à l’autre bout du fil.

Adrien raccrocha. Si en plus de ça il devait subir les sarcasmes. Son portable vibra de nouveau dans sa main.

« Ouais ? ».

/Ok… T’es libre pour boire un verre ?/ Demanda Zacharie.

Adrien prit quelques minutes pour réfléchir. Avait-il envie d’aller boire un verre avec l’iroquoise ? Oui ! Ok, avait-il envie de boire un verre avec le copain de son oncle ? Non !

/T’es toujours là ?/.

« Ouais. Le Chat Noir ? ».

/ Ça me va. À toute/.

Le blond ne prit pas la peine de répondre et raccrocha. Que venait-il de faire ? Il voulait se coller des baffes. Mais maintenant qu’il avait dit oui, il ne pouvait plus reculer. Se maudissant lui-même, il alla prendre sa douche, qui traînait depuis le matin. Il en sortit, enfila un jean déchiré au genou droit et en dessous de la fesse gauche, puis enfila un tee-shirt à manche longue et par-dessus un tee-shirt à l’effigie de « Children of Boddom ». Il laissa son collier sur le rebord du lavabo, ainsi que ses bracelets. À quoi bon prendre soin de son image dans ce genre de cas ? Enfin, le blond prit le chemin du Chat Noir. Cela faisait longtemps qu’il n’y avait pas mis les pieds. Ce bar lui rappelait ses premières années chez son oncle. Quand il accompagnait Mélène qui était de trop mauvaise humeur pour aller à L’Insolite et voir son copain draguer la clientèle. Il n’y avait pas beaucoup mis les pieds depuis. Une ou deux fois avec Anaïs, squattant plus l’Épervier, qui lui, était vide de tout souvenir. Le patron avait même proposé de l’embaucher. Mais Adrien avait dit non. S’il ne bossait pas pour son oncle, il ne bosserait pour personne d’autre. Zacharie était installé à une table, les bras croisés devant lui, le soutenant, sirotant un verre de coca. Adrien s’installa à côté de lui sans préambule et le fixa droit dans les yeux. Il avait peur. Il ne savait pas pourquoi, mais il craignait les mots de l’iroquoise.

« T’aurais pas du sortir avec les cheveux mouillé, c’est un coup à choper la crève ».

« T’es ma mère ? ».

L’iroquoise haussa un sourcil, surpris par le ton de la réplique. C’était milieu octobre. Dehors, il y avait du vent, beaucoup, et il allait sûrement pleuvoir.

« Qu’est ce qu’il me vaut l’honneur de ton appel ? ».

« Faut une raison ? ».

« Si tu appelles c’est qu’il y a une raison ».

Adrien n’en revenait pas d’être aussi froid.

« Ton humour subtil me manquait, je voulais me prendre deux trois piques dans la gueule. Je crois que c’est fais ».

Zacharie termina son coca et se leva pour aller s’en chercher un autre. Il revint avec deux verres.

« Vodka carambar » Déclara-t-il en déposant le verre devant le blond.

« Une querelle avec Don’ ? » Demanda finement Adrien.

« C’est pas à Don’ que tu dois en vouloir Ad’ ».

« Oui, je sais, à moi, seulement à moi et rien qu’à moi. Je suis là pour une leçon de moral ? Renfoncer le couteau ? ».

« Assis-toi » Le blond s’exécuta « Je… J’ai été assez égoïste ces derniers mois… Avec Don’, on a beau être bien, on pense tous les deux à quelqu’un d’autre. On ne va nulle part et on serait mieux en une autre compagnie ».

« Tu t’es fais larguer ? » Demanda le blond cyniquement.

Le décoloré le regarda franchement, soupira, passa sa main dans ses cheveux et pris une gorgée de son verre.

« Don’ avait raison. Trop tôt ».

« Qu’est ce que tu veux dire par là ? ».

« Que Don’ m’a dit que c’était trop tôt pour venir te parler ».

« Ou peut être trop tard ».

« Oui, tu as sûrement raison. Je ne te retardes pas plus ».

Zacharie se réinstalla dans sa chaise et regarda droit devant lui. Adrien le fixa une dernière fois et se leva pour quitter le bar. Mais quel con il faisait. Trop tard ? Mieux valait tard que jamais. Même deux ans après leur rupture, il était toujours là à attendre sa chance, et là, il venait de refuser. Ce n’était pas trop tard ! Oui, il avait eu mal, mais il n’était pas rancunier. Il savait comment il serait auprès de l’iroquoise pour vouloir tenter de nouveau sa chance. Pourquoi avait-il eu envie de blesser autant qu’il l’avait été ? Il n’était pas rancunier. Il fit demi-tour et revint sur ses pas, jusqu’au bar. Zacharie était toujours là, finissant son verre, envoyant un texto. À qui ? À son oncle ? Le blond s’avança et se planta devant lui.

« Jamais. Il n’est jamais trop tard ».

Il l’embrassa légèrement et quitta de nouveau le bâtiment pour rentrer chez lui.

OoO

« Adrien, je crois qu’on va arrêter là » Déclara Ilme en avançant au filet.

« Pourquoi ? ».

« Tu touches même plus les balles. T’es mort. Ça sert à rien d’insister ».

Le blond capitula. Ils passèrent à l’Insolite pour se prendre un café.

« Bon, tu le crache le morceau ? ».

« Qu’est ce que tu veux que je te dise ? » Répondit Adrien avec un sourire niais.

« Mouais ».

Il fallait juste attendre que Zacharie se décide à l’annoncer officiellement, pensa Ilme.

OoO

Adrien entra dans l’appartement. Zacharie était là, bavardant avec Ilme, Etna et Andréa. Il salua tout le monde, puis Zacharie se leva.

« Bon moi j’y vais. J’ai rendez-vous avec Don’ ».

Le blond attrapa son clin d’œil sans le retourner et fixa Ilme.

« Y’allons nous ? ».

« Des que les miss sont prêtes. On se fait un double aujourd’hui, t’as pas oublié ? ».

« Actuellement, si. Mais bon. Y’allons nous ? » Demanda-t-il à l’intention des deux filles.

Celles-ci se levèrent et tous ensembles partirent vers le terrain de tennis. Andréa joua avec Ilme, tandis qu’Adrien faisait équipe avec Etna. Ils s’échangèrent quelques mots entre les échanges.

« Qu’est ce qu’il a Ilme ? Il est moins sérieux que d’habitude ».

« J’sais pas. Juan… Il arrive sur la fin, il le sait. Il arrive après demain avec mes potes ».

« J’avais zappé. Je comprends mieux ».

« Tu zappes beaucoup ces derniers temps ».

« Ouais » Sourit-il.

OoO

Adrien regardait le film, tranquillement avachi sur le canapé, la tête sur les cuisses de l’iroquoise tandis que celui-ci lui faisait des petites couettes partout.

« Tu t’amuses bien ? ».

« Très ».

Le blond se retourna et l’attira à lui pour l’embrasser.

« T’es sûr que tu veux pas dormir là ? ».

« Ouais. Je t’assure qu’après cette nuit y aura plus de souci, mais ce soir, je dois rentrer… Pour Etna, c’est pas fini avec Don’ ».

« Comme tu veux ».

OoO

Zacharie se glissa silencieusement dans la chambre surchauffée de sa meilleure amie. Il fronça les sourcils, voyant qu’il n’était pas le seul à avoir eu cette idée-là ce soir. Néanmoins, il retira son pantalon, ses chaussettes et sa chemise avant de se glisser tout contre son amie.

Etna se retourna à l’affaissement du lit et parla dans un demi-sommeil :

« Killy ? ».

« Ah non ma grande. Ça fait déjà un bail que tu l’a largué » Répondit-il doucement en lui caressant les cheveux.

« Zach » Déclara-t-elle avant de se boudiner contre son torse.

Zacharie resserra sa prise et ferma les yeux. Il essaya de faire abstraction des deux autres souffles, tout en évitant de se remémorer sa soirée.

« Qu’est ce qu’il s’est passé avec Don ? ».

« Rien du tout. Bonne nuit » Répondit-il doucement.

Un nouveau silence s’installa dans la pièce et l’iroquoise sentit ses paupières se faire lourdes.

« Zach ? ».

« Hm ? ».

« Je suis fière de toi ».

« … On verra ça plus tard. Bonne nuit ».

« Bonne nuit ».

Etna se colla encore plus à lui.

OoO

« Tu squattes là ? » Demanda Adrien.

« Je te rappelles qu’il y a trois espagnols chez moi ».

« Correct ».

« Après ça, ils pourront pas refuser la possibilité d’un nouvel appart ou mieux ».

« T’as une idée en tête ? ».

« Si tu savais ».

OoO

Adrien entra dans le salon. Il devait avouer qu’il aimait beaucoup la petite maison que venait d’acquérir le trio. Sur le canapé, Zacharie regardait un carnet en mâchouillant son crayon. Le blond jeta un œil à la cuisine où Etna fouillait dans les placards. Il embrassa le décoloré à la volée et parti vers la chambre d’Ilme pour le traîner sur le terrain de tennis. Le rouquin lui demanda de l’attendre dans le salon. Le blond s’exécuta et croisa le décoloré dans l’escalier et l’embrassa à la volée une fois de plus. Alors que le décoloré reprenait sa marche, et qu’Adrien le regardait partir, il ne vit pas Etna en bas de l’escalier, les bras croisés, souriante, qui secoua la tête avant de repartir à la cuisine.

OoO

Adrien bailla à s’en décrocher la mâchoire. Zacharie l’avait tenu éveillé toute la nuit en essayant de compléter une liste pour faire une fête, pour le retour d’Etna avec quelques mois de retard. Qui inviter ? Qui ne pas inviter ? Demander à Cédric de passer ? Killian ? Le blond savait aussi que ce serait la première fois qu’ils seraient ensembles dehors en tant que couple. Même si l’iroquoise et son oncle n’étaient plus ensemble depuis octobre et que la nouvelle n’était apparue qu’un mois après, Zacharie et lui-même n’avait pas fait d’annonce officielle. Cela faisait déjà deux mois et Adrien supportait mal de ne devoir voir le décoloré qu’en seul à seul. Et puis, personnes n’étaient au courant. Ou juste Ilme qui était loin d’être stupide. Et à la limite Etna qui devait s’en douter. Adrien se tortilla une fois de plus contre Zacharie, toujours sur sa liste et referma les yeux pour se rendormir. Il sentit Zacharie passer sa main dans ses cheveux et l’embrasser sur la tempe.

« Plus jamais de pari ? » Murmura celui-ci « Je veux plus te perdre ».

« Crois moi le réciproque est présente. Et de toutes façons, il n’y a plus de Sarah pour les paris stupide » Répondit Adrien à moitié endormi.

Fin

Ouah, j’ai cru que je n’y arriverai jamais. Voilà. C’était du chapitre 18 au 26 où Adrien à tout de même peu apparu.

Merci à Lady Kaoru Anarchy pour sa review sur No Way. J'espère que ce One shot t'aura aussi plu. Bisous.

J’espère que cela vous a plu.

À bientôt j’espère.

Cerbère



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