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Fiction » Romance » Pourquoi lui ? font: B s : A A A . width: full 3/4 1/2
Author: Mizu Senjo
Fiction Rated: T - French - Romance/Drama - Reviews: 12 - Published: 07-05-06 - Updated: 07-05-06 - Complete - id:2206228

Salut tout le monde bon voila, c'est une tite one-shot avec un peu de yaoi mais rien de bien choquant. Je ne sais pas trop quoi dire a part que pour cette fic, une de mes nombreuses personnalités a pris le dessus pour l'écrire, donc je ne sais pas trop ce que ça vaut!!!

J'attends votre avis!

Bonne lecture

°MizuSenjo°

Seigneur, je n’aurais jamais cru pouvoir fantasmer sur lui. Mais bon sang, qu’est-ce qu’il m’arrive ? Il est mon pire ennemi depuis des années, nous ne pouvons pas nous croiser sans nous insulter, et pourtant, rien qu’un regard de lui, et des milliers de papillons apparaissent dans mon ventre. Rien qu’un mot de lui et je ne respire plus. Pourtant, nous nous haïssons, enfin…..il me hait. Comment tout cela a-t-il commencé? Une histoire de petits garçons sans aucun doute. Lui qui refusait de me prêter un de ses jouets, moi qui refusais de le faire participer à la chasse aux trésor, et une querelle d’enfants de 5 ans, s’est transformée en une haine palpable et un mépris profond. Je ne l’avais pas précisé? Oui, en fait, en plus du dégoût que l’un provoque irrémédiablement chez l’autre, c’est un garçon. Jusque là, aucun problème. Sauf que moi aussi j’en suis un. Tout serait tellement plus simple si j’étais né fille. Quand je pense qu’une mauvaise combinaison de chromosomes est la cause de la plupart de mes soucis. Si j’étais né fille, j’aurais pu allé le voir et lui dire que finalement, cette haine que je m’amusais à entretenir, n’était en fait qu’un moyen pour cacher cette chose bizarre que je ressentais. Si j’étais né fille. Et pourtant, garçon ou fille, cela ne change rien, je crois bien que mon cas est désespéré. Je crois bien que je l’aime. Sur 6 milliards de personnes sur cette terre, il a fallu que ça tombe sur lui, et rien qu’un seul regard de lui me fait rayonner de bonheur pour le reste de la journée.

Je me demande à quel moment tout a changé. Car, il y a bien un moment où la haine s’est changée en simple colère, puis la colère en désintérêt, le désintérêt en intérêt, l’intérêt en attirance, et l’attirance en amour. Pourquoi la vie est elle faite ainsi? Pourquoi suis-je tombé amoureux de lui? Rien que le fait que je sois gay est une surprise que j’ai tenté de repousser de tout cœur. Rien à faire. En fait, c’est un peu comme les cadeaux horribles des grands-parents, bien qu’on en veuille pas, on les accepte en se disant « tant pis, c’est trop tard pour demander autre chose ». Car si j’avais eu le choix, oui, j’aurais choisi la facilité. Et évidemment, la facilité n’était pas de tomber amoureux de mon pire ennemi.

Je crois me souvenir de ce fameux jour, celui où je me suis dit que finalement, il n’était pas si mal et que rien que le fait de l’insulter me brisait le cœur.

C’était un jeudi de décembre, nous étions en 2nde, nous venions tout deux de fêter nos 16 ans. Et oui, le destin ne fait pas les choses à moitié, nous étions nés qu’à quelques jours d’intervalles dans le même hôpital. Le cours de français avait commencé depuis une dizaine de minutes quand IL avait ouvert la porte, essoufflé et trempé.

- « Désolé, mon bus a été bloqué par la pluie et j’ai été obligé de venir à pied.

- Eh bien mon pauvre Arthur, allez donc à l’infirmerie faire sécher vos vêtements, et revenez pour la deuxième heure. »

Et il avait fermé la porte en remerciant cette horrible prof. Involontairement j’avais suivi le bruit de ses pas dans le couloir, jusqu’à ce qu’il descende les escaliers. Au lieu de rire de lui, j’avais été non pas pris de pitié mais d’une certaine tendresse pour ce pauvre garçon trempé de la tête au pied qui avait affronté un horrible orage pour pouvoir assister aux cours. Toute l’heure était passée à une vitesse démentielle et pourtant, je n’écoutais pas un mot du cours. On dit toujours qu’un cours passe plus vite quand il nous intéresse. Et bien là, j’avais passé 1 heure à penser à une chose merveilleuse. L’image de Arthur dégoulinant d’eau, de longues mèches noires plaquées sur son front, laissant entr’apercevoir ses magnifiques yeux bleus. Je ne sais pas pourquoi, mais depuis ce jour, je me suis aperçu que je pouvais me noyer dedans. Je n’avais jamais remarqué une couleur pareil dans ses yeux et cela m’obséda plus de temps que je n’osais me l’avouer.

Déjà un an et demi que je fantasme sur lui et que je le cache derrière des piques et des insultes qui sonnent creux à mes propres oreilles. Et quand le regarder de loin sans pouvoir l’approcher me parait totalement stupide, et que cette distance entre nous est bien trop grande à mon goût, je réussis à me faire porter pâle pendant quelques jours, le temps que je reprenne le contrôle de mes sens et surtout de ma raison. Ne pas le voir pendant un certain laps de temps me permet de refréner mes envies de l’embrasser devant toute la classe. Et cette semaine en fait partie. Ma mère voit bien que quelque chose cloche, mais que pourrais-je pu lui dire? La vérité? Elle ne le supporterait pas. Ce que je vis, est une véritable torture. Cet amour qui grandit en moi est comme un cancer qui chaque jour empire et contre lequel je sais qu’il est inutile de se battre, rien n’y fait, je l’aime et je suis un garçon. C’est comme ça. Désolé maman, papa, mais votre fils est gay. Demain, je vais devoir retourner en cours, affronter le regard des mes amis, son regard. S’il savait que je donnerais ma vie pour qu’il me sourie enfin.

Mon retour est aussi bruyant qu’à l’accoutumée. Être l’une des personnes les plus « en vue » du lycée a au moins un inconvénient, le manque de vie privée. Toute cette faune qui gravite autour de moi. A peine ai-je mis un pied dans l’enceinte du lycée, que je n’entends plus que

« - Oh! Salut Lucas! Ben alors, t’étais passé où cette semaine? Tu t’es encore trouvé une fille? »

Je ne sais pas pourquoi, mais cette réputation de Casanova me colle a la peau. Pourtant, on ne peut pas dire que les filles soient mon point fort. Évidemment, j’ai déjà eu des copines, mais bon, ce n’était que des filles de passage. Je ne ferais jamais ma vie avec l’une d’entre elle. Je ne pourrais pas. Ma vie, je ne l’envisage qu’avec lui et son fichu caractère, son sourire timide quand quelque un d’autre que moi lui adresse la parole alors qu’il n’y est pas prêt. Seigneur, je connais tout de lui. Et pourtant, lui, me déteste, je crois même que cette haine s’est transformé en dégoût suite à ma réputation de voyou et de Casanova. Quand je pense à ce que les gens peuvent raconter pour remplir le vide de leur insipide existence……

Je grogne quelques mots que les personnes autour prendront pour un « oui » et les satisferont assez pour me laisser continuer mon chemin. Et puis, le sourire me revient. Il vient de passer à quelques mètres de moi. Après une semaine d’absence je ne l’ai jamais trouvé aussi beau. Ces cheveux noirs lui tombent sur les épaules - tiens je n’avais pas remarqué qu’ils étaient aussi longs - il porte un jean et un pull ample aussi bleu que ses yeux. Je suis sur qu’il le fait exprès. Il est seul, comme toujours. Car si moi j’attire les gens, lui avec son attitude glaciale les repousse. Je crois que c’Est-ce comportement qui m’a fait tomber amoureux de lui.

Je ne peux plus tenir. Je dois essayer d’enterrer la hache de guerre, car si je sais qu’il ne sera jamais mon petit copain, j’aimerais au moins que nous soyons tout simplement amis. Que je puisse profiter de quelques moments avec lui qui ne seront pas remplis de regards noirs et de grimace de mépris. J’ai bien tenté de me rapprocher, petit à petit, mais pour lui, cette petite guerre ne semble pas finie. Même si je fais plus rien, il continue de me haïr. J’arrive devant notre salle, il est déjà là. Nous ne sommes que tous les deux, les autres ont préféré profiter du doux printemps dehors. Il ne m’adresse pas un seul regard mais je sais qu’il m’a vu. Je n’ai plus rien à perdre, je vais me jeter a l’eau. Il ne reste que quelques mois avant notre bac et donc notre séparation. Si je gâche tout, et bien tant pis, je ne le verrais plus d’ ici 2 mois.

« - Salut Arthur. » Et en disant ces mots je ne peux m’empêcher de tripoter mes boucles cuivrées.

Il me regarde quelques instants avec une étrange expression sur le visage puis replonge dans le livre qu’il lisait jusqu’à ce que mon interruption le force à s’arrêter. C’est drôle mais des fois, je surprend son regard posé sur moi sans cette expression de dégoût et de mépris qu’il affiche habituellement, mais avec l’expression d’il y a quelques secondes, emplie de…. douceur et de bienveillance. Et voilà, je m’empourpre. Je hais ce teint d’écossais qui laisse paraître toutes mes émotions. Enfin, reprend toi! Tu as l’air d’une collégienne amoureuse! Seigneur, tout mais pas ça !!!

- « Pourquoi es-tu rouge comme ça? T’es encore en train de te foutre de moi, tu n’as vraiment rien d’autre à faire? Retourne jouer les durs auprès de ton fan club et oublie moi, me lâche-t-il sèchement;

- Non…non je ne me moque pas de toi, je te le jure - oh non et voila le retour de la préadolescente !! - je……

- Laisse tomber va, je me fiche de tes explications. Et pas seulement de ça…. »

Je me laisse glisser par terre. Qu’est-ce que je hais quand il me parle comme ça et que je n’arrive rien à lui répondre pour lui clouer le bec. Il y a quelques années, les répliques fusaient, mais là, je ne peux rien faire car chaque mot que je vais dire contre lui va me blesser plus profondément que toutes les insultes que nous échangions au collège.

- « Dis Arthur, comment on est arrivé là ?» je ne peux empêcher les mots de sortir, mais d’un côté, je suis rassuré, je vais sûrement pouvoir enfin débloquer la situation.

Son regard dédaigneux tombe sur moi, et je sens chaque partie de mon corps geler.

- « En prenant les escaliers. Je te savais long à la détente, mais je dois t’avouer que ta stupidité m’étonne davantage de jour en jour.

- Non, je voulais dire, tout les deux. Comment on a fait pour arriver à se détester ainsi pendant des années entières? On s’entendait bien avant pourtant? Tu ne penses pas que nous sommes trop vieux maintenant pour jouer à ce jeu de gamin? »

A ce moment-là la cloche sonne et les autres élèves commencent à approcher. Je l’entends souffler

« - Je ne sais pas Lucas, je ne sais pas. »

Je n’ai pas le temps de lui demander à quelle partie de ma question il venait de répondre. Il était déjà entré dans la salle de cours, et j’avais été happé par une fille qui me hurlait dessus pour je ne sais quelle raison. Je crois bien que c’est parce que j’ai refusé de sortir avec elle avant ma semaine de repos ‘sans Arthur’, ou quelque chose approchant.

Je ne remercierais jamais assez mon affreux prof d’histoire. J’avais presque envie d’embrasser son crâne dégarni et suintant lorsqu’il m’a tiré des griffes de cette harpie. Presque.

Je suis quand même assez fier de moi. Nous avons réussi à discuter comme deux personnes civilisées pendant quelques minutes, mis à part la façon dont le rouge m’est monté aux joues et celle dont il m’a fait comprendre qu’il ne me portait pas une grande estime, je pense que ça c’est assez bien passé, non? Il faut absolument que je lui reparle.

La cloche sonne. Je n’y crois pas, j’ai passé une autre heure à penser a lui. J’ai à peine le temps de ranger mes affaires que je le vois partir de la salle. De plus, c’est notre dernière heure, et nous sommes vendredi. Je n’ai aucune chance de le revoir avant lundi. A croire que le destin s’acharne vraiment sur moi. J’ai vraiment du être un pourri dans une autre vie pour supporter tout ça maintenant.

Samedi. J’ai passé la nuit à penser à lui, à me dire que si on avait pu parler convenablement c’est qu’il ne me détestait pas totalement. Je ne me suis endormi que sur les coups de 6 h du matin.

Une furie rousse entre dans ma chambre et se jette sur mon lit.

- « Allez espèce de feignasse, réveille toi!! Allez, il est 9 h! Réveille toi bon sang!! Maman a dit que tu devais m’accompagner pour m’acheter de nouvelles fringues! Allez debout!! Bon, ok, comme tu veux, je lance l’attaque des bisous, c’est toi qui l’aura voulu. »

Cette seule phrase aurait pu réveiller un mort. J’éjecte ma sœur d’un coup de pied et ouvre difficilement les yeux.

- « C’est bon, je me prépare, et j’arrive.

- « Yeah!!!!! Trop forte!! Et encore une victoire pour la merveilleuse et splendide Maria!! Oui, je sais, je suis vraiment très douée!! »

Et elle sort aussi vite qu’elle est entrée. Ma sœur est folle. Vraiment. Nous ne nous entendons pas vraiment. Enfin, cela dépend des moments. Certains jours nous sommes inséparables, et d’autres, nous nous insultons dès que nous nous croisons. Aujourd’hui est encore un jour où je vais devoir la supporter. Mais bon, ça pourrait être pire, elle m’emmène faire les boutiques avec elle. Elle aurait très bien pu demander de l’accompagner au spectacle de danse de je ne sais quelle copine. Un véritable cauchemar. J’enfile un jean assez ample et une chemise verte. Comme mes yeux. Quand on y pense bien, ma sœur et moi avons tout pris de notre mère irlandaise. Cheveux roux, yeux verts, teint pâle. Nous avons évité de justesse les tâches de rousseur. Ouf. Et de mon père son accent chantant du sud. Mon père est espagnol. Oui, je sais, c’est un mélange spécial, mais bon. J’avale mon café d’une traite, embrasse ma mère et attend ma sœur. J’entends les recommandations d’usage.

- « Maria, tu m’as bien compris, pas de folies, quand ton frère en a marre, vous rentrez a la maison. Je ne comprends vraiment pas pourquoi tu refuses que je t’accompagne. Enfin. Lucas, tu fais attention à ta sœur, elle n’a que 15 ans.

Chose à ne pas dire. Ma sœur déteste qu’on parle de son âge.

- « J’aurais 16 ans dans 3 semaines !! Je ne suis plus une enfant! Et je veux que Lucas vienne avec moi parce qu’il a bon goût !! »

Ma mère n’a pas le temps de répliquer que nous sommes déjà dehors. Maria me traîne de boutique en boutique. La frénésie d’achat nous prend, et nous nous trouvons vite ensevelis sous une tonne de sacs. Nous décidons de nous arrêter dans un café en face d’un grand parc pour nous reposer en peu. Je viens a peine de m’asseoir que je l’aperçois. C’est impossible. Il est dans le parc. Juste en face de moi. A quelques mètres seulement. Maria surprend mon regard, mais je ne peux pas m’en détacher. Il est avec quelqu’ un. Un garçon. J’entends Arthur lui crier quelque chose. Je dois me rapprocher. Je plante ma sœur et m’approche d’eux sans qu’ils me voient. Ils se disputent. J’entends l’autre sangloter.

- « S’il te plaît ne me laisse pas. Je le savais dès le début que tu ne m’aimais pas, mais s’il te plait. Laisse moi te le faire oublier, je t’en pris Arthur, reste avec moi. »

Le visage de mon aimé se fait plus doux, et il s’approche de l’autre.

- « Ça ne sert a rien de pleurer Emmanuel. Tu étais au courant, nous n’avons plus rien à faire ensemble. C’était sympa, mais c’est fini. »

Et il se tourne laissant son compagnon pleurer. Emmanuel, vu que c’est son nom, le poursuit, et l’attrape.

- « S’il te plait, ça ne peut pas terminer comme ça. Je t’aime. Ne me laisse pas.

- Mais moi, je ne t’aime pas, et tu le sais. Ne jouons pas cette comédie plus longtemps, car c’est toi qui vas souffrir le plus.

- Je te le ferais oublier, je prendrais sa place dans ton cœur. Qu’a-t-il de plus que moi? Dis moi, explique moi!!Il ne sera jamais auprès de toi. Il ne t’aime pas. Ne gâche pas ta vie à poursuivre une chimère!Moi je suis réel. Moi je t’aime. »

Je n’avais jamais vu Arthur dans une rage pareille, et je pense qu’Emmanuel non plus, car quand il voit son visage il recule de quelques pas, cependant, il ne peut éviter la gifle. Arthur s’approche de lui et siffle:

- « Ne parle plus jamais de lui de la sorte. Tu ne sais pas de quoi tu parles. Personne ne prendra sa place, et sûrement pas toi. Ce qu’il a en plus? Mais tout mon pauvre, tout! Tu lui ressembles c’est tout. Tes cheveux roux, tes yeux verts. Tu n’es qu’une pâle imitation. Tu es comme tous les autres. Vous n’êtes pas lui. Laisse moi. Je cours peut-être après une chimère, mais il fait battre mon cœur et c’est pour lui que je me lève chaque matin. Ne crois-tu pas qu’il serait beaucoup plus simple de le laisser. De ne plus me soucier de lui. C’est impossible. Personne ne fait battre mon cœur comme lui. Et toi, tu ne le pourras jamais. TU N’ES PAS LUI! »

Arthur avait hurlé la dernière phrase. Et il part. Sans se soucier de l’autre qui pleure toutes les larmes de son corps. Sans réussir à s’arrêter. Je m’approche doucement de lui, pour lui proposer un verre d’eau ou un mouchoir, mais quand il voit mon visage, je l’entends souffler « oh non, tout mais pas vous » et il s’enfuit. Je ne comprends pas tout. Pourquoi me fuit-il? Et puis, que signifiait cette conversation? ……………………………….Arthur serait…..gay? Non, ce n’est pas possible? Et en plus, cet Emmanuel ne serait pas son premier petit copain. Oh seigneur. Je n’ai plus aucune chance, il aime quelqu’un. Et il aime cette personne tellement fort qu’il repousse toutes les autres. Oh non, mon monde vient de s’effondrer. Je retourne abattu à la table où se trouve ma sœur.

- « Lucas? Tu l’aimes? »

Je ne peux rien dire. Si je parle j’ai peur de pleurer. Les vannes que j’arrive à tenir fermer risquent de céder.

- « Mais c’est génial ça!!!! Mon grand frère est gmflfm »

Ma main l’empêche de hurler sous les toits que celui que j’aime est un garçon. J’avais oublié à quel point Maria était homophile. C’est une vraie ‘yaoi-maniac’ comme elle aime s’appeler. J’aurais mieux fait de me taire.

- « Maria, c’est déjà assez compliqué comme ça, alors, s’il te plait, n’en rajoute pas. »

Elle voit bien qu’elle ferait mieux de se taire, mais elle veut me faire oublier ma peine. Je l’aime vraiment ma sœur à des moments.

- « Avec qui tu parlais dans le parc? Tu ne peux savoir comme il te ressemblait!!!

- Pardon?

- Oui, on aurait pu croire qu’il fait partie de la famille! »

Peut-être…..non, je n’ose pas imaginer que cela puisse être possible….. Mais si…… NON!!!! Reprend toi voyons ! Il ne peut pas être amoureux de toi!! Mais si c’était vrai… Il me reste encore quelques petites choses à faire avant de renoncer totalement à lui!

- « Maria?

- Oui?

- Merci ma chérie. »

Elle me regarde avec cet air qui veut dire qu’elle ne comprend pas tout mais que tant qu’elle me voit heureux, elle l’est aussi. On rentre à la maison, et elle ne me pose aucune question. Ce silence me permet de reprendre mes esprits.

Il a été absent toute cette semaine. J’ai besoin de lui parler. J’appelle chez lui. Sa mère me dit qu’il est malade, mais que si je veux passer le voir, samedi serait parfait, étant donné qu’elle doit s’absenter, et qu’elle s’inquiète de le savoir seul. A samedi Arthur, à samedi.

Une semaine. Une semaine que j’espère que mon amour n’est pas vain. Tout ce que je sais, c’est que je ne te dégoûterais pas. Je ne l’aurais pas supporté. Mais, combien avais-je de chance de tomber amoureux d’un gay? Pour une fois, le destin a été clément. Mais bon, Arthur est totalement fou d’une certaine personne qui ne l’aime pas et passe son temps entre les bras de divers amants pour l’oublier d’après ce que j’ai compris de la dispute de l’autre jour. Il faut que je sois fort, que je lui avoue que je ne le déteste pas, bien au contraire. Qui sait; peut-être aurais-je une chance. J’accepterais tout pour lui, même être le substitut de son amour impossible. Je donnerais tout pour qu’il cesse de me haïr de la sorte.

Je viens de sonner. J’ai attendu une heure que sa mère parte pour pouvoir sonner chez lui. J’espère qu’il ne va pas me claquer la porte au nez. J’entends ses pas. Il arrive derrière la porte. Je n’arrive plus à respirer. Il ouvre. Il est en face de moi. Il me dévisage. Je ne bouge pas. J’ai l’impression d’être devant un ours et de faire le mort pour ne pas qu’il m’attaque. Pourquoi doit-on toujours faire des comparaisons comme celle-là au moment où on est en train de vivre des moments affreux? Le problème c’est que j’ai vraiment peur. Peur que l’ours ne passe à l’attaque. Il se retourne et rentre à l’intérieur. La porte est ouverte. Une invitation? Je tente. Je rentre dans l’appartement. Il est assis sur le canapé, enroulé dans une grosse couverture, entre d’énormes coussins. Il me regarde puis le fauteuil à coté du canapé, et ceci plusieurs fois d’affilé. Je m’assois. Nous passons de longues minutes à ne rien dire. Simplement à nous regarder à la dérobée. Et puis, il se décide à parler. Il a la voix grave et enrouée.

- « Pourquoi es-tu là? Tu viens te moquer d’un malade. Je pensais que tu avais un minimum de respect pour les gens qui t’entourent, mais à ce que je vois, je me suis trompé.

- Non non, tu te trompes, je ne suis pas venu me moquer. Je…..

- Et pourquoi alors? Je ne sais pas si tu t’en souviens, mais nous nous haïssons.

- Je m’inquiétais »

Je n’ose pas le regarder. Je sais qu’il va rire, mais qu’aurais-je pu dire d’autre? Quand j’ose enfin relever les yeux, je le vois qui me regarde avec des yeux ronds. J’aurais pu lui avouer que j’étais une fille, il n’aurait pas réagi différemment.

- « Tu t’inquiétais? Pour moi? Rentre chez toi au lieu de dire des bêtises plus grosses que toi.

- Tu ne me crois pas?

- Pourquoi? Je devrais?

- Oui »

Ce même silence lourd de sous entendus refit son apparition.

- « Arthur, je te l’ai dit la dernière fois, je ne veux plus de cette relation. Pourquoi devons-nous nous haïr? Et si moi, je voulais redevenir ton ami? On ne se souvient même plus comment tout a commencé.

- Je ne veux pas être ton ami.

- Quoi? Pourquoi? Tu ne comprends pas que ton attitude froide et hautaine te fait perdre toutes les personnes qui t’aiment? Tu as besoin de personnes autour de toi, tu ne peux pas continuer à vivre en reclus. Tu ne peux pas continuer à éviter le reste de l’humanité.

- Je n’ai besoin de personne. Et de toute façon, personne ne m’aime. »

Une envie de meurtre me prend. Je sens la colère qui bouillonne en moi. Comment peut-il dire que personne ne l’aime?

- « Personne ne t’aime? Personne ne t’aime? » Ma voix commence à monter dans les aigus, mais je suis tellement en colère que je n’y prête même pas attention. « Mais qu’est-ce que t’as dans les yeux? Tu ne vois pas les gens autour de toi qui te regarde du coin de l’œil pour te protéger, ou ceux qui te soutiennes sans arrêt? Personne ne t’aime? Et ta mère, elle ne t’aime pas ? Emmanuel, lui non plus ne t’aime pas? Et moi alors? Je ne t’ai pas regardé pendant deux ans parce que je te déteste! Et mon amour à moi, il ne compte pas non plus? »

Et là, je viens de m’apercevoir d’un truc. Je viens de faire une boulette. Je crois bien que je viens de lui avouer mon amour pendant mon sermon. Non non, j’en suis sur maintenant. Il vient de se décomposer. Il éclate en sanglots. Je ne sais pas quoi dire. Si je me tais peut-être qu’il ne se rendra pas compte de mes mots. Mais ce qu’il prononce après, retenant à peine ses larmes ne me permet plus de douter.

- « Toi? Toi tu m’aimes? Ne joue pas avec les sentiments des autres! Tu aimes me faire souffrir? C’est ça? Tu mens!! Tu mens! » et il se met à hurler « Sors de chez moi! Ne t’approche plus jamais de moi! Je te déteste! Je te hais! Va-t-en! »

Je prends mes affaires et quitte l’appartement à toute vitesse sans trop comprendre ce qu’il s’est passé ces dernières minutes. Une fois dehors je me laisse tomber par terre, et pose ma tête contre la porte. J’entends toujours les pleurs d’Arthur, et je sens mon cœur se serrer encore un peu plus, si cela est possible. Aujourd’hui est le pire jour de ma vie, j’aimerais que la terre s’ouvre en deux pour pouvoir m’avaler.

Lundi. Je n’ai pas fermé l’œil depuis la fameuse déclaration. Déjà deux jours que je n’arrête pas d’y penser. Il ne me croit pas, il a l’impression que je me moque de lui, que je lui mens. Comment pourrais-je l’aider à oublier cet homme dont il est si épris qu’il fond en larmes quand on lui dit qu’on l’aime? Si seulement j’avais pu te faire comprendre ce que je ressentais ce samedi, tu ne te serais peut-être pas mis à pleurer. J’arrive au lycée et j’ai bien entendu droit aux remarques de certains de mes camarades de classe.

- « Waouh! T’as une sale tête Lucas! T’as passé une nuit agitée pas vrai? T’es vraiment un Don Juan mec! »

Qu’ils peuvent m’énerver quand ils disent ça. Il arrive. L’air aussi mal en point que moi. Il me regarde, l’air étonné de ne pas me voir rire de lui avec mes copains. Il devait sûrement penser que j’allais leur raconter notre discussion, non, notre dispute de samedi. Il a vraiment l’air étonné. Et puis, il me sourit. Ce sourire. Je ne l’avais jamais vu avec une telle expression sur le visage. Il ressemble à un enfant avec ce sourire à faire damner un saint.

Le premier cours de la journée commence et il est obligé de passer à côté de moi pour s’installer à sa place. Seulement, aujourd’hui, c’est différent. En passant, il dépose quelque chose sur ma table. Un bout de papier avec quelques mots écrit dessus.

« Il faut qu’on parle. Je t’attends chez moi après le dernier cours de la matinée »

Je me retourne mais il n’est plus là. Il est en train de parler au prof et je le vois sortir de la salle, son sac sur le dos.

Jusqu’aujourd’hui je n’avais pas remarqué comme une matinée passait lentement. Et quand la cloche du dernier cours a enfin sonné, je suis parti en courant. Que me veut-il? C’est horrible, je dois ressembler à une collégienne qui a son premier rendez-vous. Je suis vraiment pathétique. J’arrive enfin chez lui. Je sonne. Il m’ouvre rapidement, m’invitant à entrer. Quelque chose cloche. Il n’est pas comme d’habitude. Ce n’est pas le même Arthur que j’ai sous les yeux. Mon instinct me dit que quelque chose va changer aujourd’hui. Nous nous asseyons sur le canapé. Il veut me parler. Il veut savoir ce que signifient les mots que j’ai prononcé samedi. Je n’ai plus le choix je dois lui dire la vérité. Il est en face de moi et il me sourit. Je ne résiste pas à ce sourire. Je lui raconte tout. Je suis obligé.

- « Je…. Je t’aime. Je t ‘aime depuis un an et demi. Chacune des insultes que nous échangions était pour moi le moyen de tenter d ‘étouffer ce qui me rongeait de l’intérieur. Je sais que toi aussi tu aimes les hommes. J’ai….. surpris ta dispute avec Emmanuel il y a deux semaines de ça. Je sais que tu prends des amants pour oublier celui que tu aimes, et même si je ne suis jamais cet homme…..et bien…. j’aimerais ….. rester quelques temps à tes côtés pour que tu ne supportes pas seul tout ça. Je t’aime. Oui, c’est égoïste, je vais sûrement tomber de plus en plus amoureux de toi. Mais je t’aime tellement. Tu es ma raison de vivre. Je… »

Un éclat de rire me coupe. Je le regarde. Une unique larme brille au coin de son œil alors que mes joues en sont inondées. Il s’approche et me prend dans ses bras.

- « Tu es stupide, comment as-tu pu cacher ça aussi longtemps. Et puis, tu n’as pas compris? L’homme dont je suis amoureux, celui que je compense avec des amants roux aux yeux verts, c’est toi. Je t’ai toujours aimé. Mais quand notre petite guerre a commencé, j’ai réussi à me persuader que le seul contact que j’aurais avec toi serait celui des insultes et du mépris. J‘ai tellement souffert ces dernières années. Je t‘aime tant. Tu es ma vie.»

Seigneur, je ne peux pas y croire. Tout est si parfait! Tout est merveilleux. Je souffle

-« Je peux mourir heureux maintenant. »

- « On va attendre encore un peu pour ça.»

Il me sourit, m’entraîne dans la cuisine et me sers un verre d’eau. A aucun moment il ne lâche ma main, même quand nous sommes dos à dos. Je ne le lâche que pour effacer les larmes qui maculent mes joues à l’aide d’une serviette mouillée. Lorsque je me retourne il est là à m’observer. Son regard est bizarre. Je n’arrive pas à comprendre ce qu’il veut. Et puis il s’approche. Et je sens ses lèvres sur les miennes. Ma tête se met à tourner et mes jambes flageolent. Je ne savais pas qu’un baiser de l’être aimé pouvait avoir ce genre de conséquences. Et lorsqu’il s’éloigne de moi il a toujours ce même regard. Mes tripes se glacent. Pourquoi me regarde-t-il de cette façon? Je me sens nauséeux.

- « Mon pauvre petit Lucas, ne te met pas dans cet état pour un simple baiser. Oh, suis-je bête, c’est sûrement le médicament que j’ai mis dans ton verre qui fait cet effet là.

- Je… je ne comprends pas »

Je commence à me sentir mal, vraiment très mal.

- « Je suis ta raison de vivre ne l’oublie pas Lucas, tu m’appartiens. Je n’ai pas attendu si longtemps pour rien. Tu es à moi. Mais ne t’inquiète pas, tu ne vas pas mourir maintenant mon chéri. »

Je tombe de ma chaise. Je n’arrive plus à bouger. Il empoigne mes cheveux et me traîne dans le couloir. Nous passons devant la salle de bains et ce que je vois me glace les sangs. La mère d’Arthur gît sur le sol, baignant dans une mare de sang. Il continue sa route et me pousse dans une pièce nue. Mon dos tape contre une surface froide. Mon dieu, il a tué sa propre mère. Seigneur, j’ai peur. C’est impossible. L’homme dont je suis amoureux ne peut pas être un monstre. C’est impossible. Il me domine de toute sa taille.

- « Rien ni personne ne se mettra entre nous mon amour. Je te l’ai déjà dit il y a plus de 12 ans, mais rien n’a changé. »

Je me souviens!! Je me souviens de notre première dispute! Celle qui m’avait fait le haïr. Nous avions 5 ans et il avait attaqué ma sœur qui jouait avec moi. Il m’avait dit les mêmes mots à l’époque « rien ni personne ne se mettra entre nous ». Je ne reverrais plus jamais la lumière du jour, tout est fini pour moi.

Il ferme la porte de la pièce qui sera mon tombeau. Je retrouve cette lueur dans ses yeux qui m’avaient déjà terrifié tout à l’heure, mais là c’est pire. Je sais ce qui m’attend. Je sens son souffle contre ma joue baignée de larmes.

- « Tu m’appartiens. Rien n’y personne ne se mettra entre nous. Personne ne gâchera notre amour. Celui qui essayera mourra. Même si cette personne est celui que j’aime, toi mon amour, toi. »

F I N



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