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Author: Cerbere
Fiction Rated: K+ - French - General - Reviews: 1 - Published: 07-28-06 - Updated: 07-28-06 - Complete - id:2220222

Titre : Effacée

Auteur : Cerbère

Disclaimer : Les personnages m’appartiennent, pour toutes destructions potentielles, merci de passer par ma boîte e-mail.

Note : Postérieur à « Alone In The Day ». La vie d’Isoline, fille de Carole, nièce de Zacharie, sœur d’Accarias et William et je ne vous donne pas la suite, sinon ce sera sans fin.

One-Shot

Effacée

Parce que je n’ai pas envie de te perdre, alors je suis prête à me plier à toutes tes volontés.

Je suis prête à m’effacer juste pour rester près de toi.

OoO

24 Octobre 2029

« Mais putain Accarias ! Tu ne pouvais pas t’occuper de tes affaires comme d’hab’ plutôt que de foutre ta merde dans les miennes ? C’est ma vie ! MA VIE » Cria la brune à l’attention de son jumeau.

« C’est ta vie, alors prends en soin » Rétorqua celui-ci calmement.

« En prendre soin ? Mais il n’y a plus aucune raison ! Tu viens de foutre en l’air la seule chose à laquelle je tenais le plus ! Tu fais chier ».

C’était faux et elle le savait. Mais outre qu’elle tienne à beaucoup de chose dans sa vie tel que sa famille, ses amis, et son boulot, elle supportait difficilement que son frère vienne se mêler de ses affaires et détruire ce pour quoi elle avait fait tant de sacrifices.

« Calme-toi Iso ! Tu ne crois pas qu’on en a tous marre de te voir dans cet état ? Tu te détruits petit à petit ! Laisse tomber ! Pourquoi tu continu d’espérer ? ».

« Parce que ça fais sept mois et qu’il est toujours là ! ».

« Pourquoi tu continue de t’accrocher. Ça fait sept mois d’accord, mais t’as-t-il dit une fois, une seule, qu’il t’aimait ? Te l’as-t-il dit ? ».

« … » Quelques larmes apparurent dans les yeux de la brune. « C’est facile pour toi de tout détruire ! T’es heureux avec ta copine. J’ai déjà essayé de tout te casser ? Non, jamais ! Même quand Aurélia a commencé à devenir de pire en pire. J’ai rien dis, j’ai essuyé les sales remarques qu’elle m’envoyait en permanence. Je t’ai jamais rien dis. J’ai jamais essayé de tout te détruire. Je t’ai laissé vivre ta vie comme tu le voulais ! Alors pourquoi toi, aujourd’hui, tu me fais ça ? » Isoline avait cessé de crier et essayait de retenir avec peine les sanglots qui lui prenaient la gorge.

« Parce que tu ne vis pas ta vie comme tu en as envie, mais comme tu l’a croit bonne pour rester avec lui. T’es une fille en or ! Des gars bien, y en a pleins pour toi, alors lâche celui là. S’il ne t’a rien dit au bout de sept mois, tu n’auras pas plus dans un an. Cesse de te laisser traiter comme une poupée avec laquelle on fait ce que l’on veut ».

« Accarias… Fous moi la paix ».

La brune tourna les talons et s’enferma dans sa chambre. Le brun retourna vers le salon où ses parents prenaient l’apéritif avec ses oncles, Stanislas et Zacharie. À leurs têtes, nul doute qu’ils avaient tout entendu de la discussion peu discrète qui avait pris place dans le couloir.

« Qu’est ce qu’il se passe ? » Hasarda Isaac, le père d’Accarias.

« Je… J’ai était parlé avec Sébastien, le copain d’Iso ».

« T’as pas fais ça ? » Se scandalisa à moitié Zacharie.

Accarias hocha la tête.

« Est-ce que je suis le seul à la savoir pleurer week-end après week-end parce qu’elle n’a pas de nouvelles ? Est ce que je suis le seul à voir qu’elle maigrit tellement qu’elle angoisse ? Est ce que je suis le seul à ne pas l’avoir vu sourire depuis plus de cinq mois ? ».

Le silence régnait dans la pièce.

« Seb a parlé par la suite avec Iso, lui disant que peut être se serait peut être mieux qu’ils s’arrêtent là. Vous connaissez Iso… ».

Les adultes hochèrent la tête : Trop accroché à son sentiment pour voir qu’elle se détruisait. Accarias reparti vers sa chambre. D’un côté, il fulminait. Il avait rendu service et tout le monde le lui reprochait. On lui avait demandé de le faire. Il n’était pas pour. Les arguments étaient vrais mais il ne s’en était jamais rendu compte lui-même jusqu’à ce qu’on lui dise. Et finalement, à voir les adultes il voyait bien qu’il n’était pas le seul, alors pourquoi est ce que c’était à lui qu’on reprochait tout ?

OoO

À tes silences je m’accoutume, car je ne veux pas t’étouffer en te demandant de parler.

OoO

23 Décembre 2029

« Séb… ? » La brune regarda son petit ami ouvrir les yeux.

Le brun garda le silence. Il était près de trois heures du matin et il voulait dormir. Il lui tourna le dos, se couchant sur le flan et se rendormit. Isoline se colla à lui et fit glisser ses mains sur son bras droit, tripotant quelques secondes le bracelet du brun, puis fit glisser ses doigts sur son ventre.

« T’es fatigué ? » Demanda-t-elle en invitation.

« T’es en période » Répondit-il simplement sans bouger.

Les mains de la brune se firent plus insistantes, jusqu’à ce que Sébastien capitule.

OoO

À tes mots blessant je souris, parce que je me dis que c’est pour rire.

OoO

« Je t’aime » Réussit-elle à articuler.

Elle n’était pas bourrée et elle venait de le dire. Pas de l’écrire.

« Hn » Répondit juste le brun avant de se rendormir.

Isoline resta longuement collé à lui, l’effleurant du bout des doigts. Mille questions tournaient en boucle dans sa tête et une seule réponse : « Hn ». Elle regarda son portable qui affichait neuf heures et demie. La brune se leva, enfila son jean et son tee-shirt, enfourna le reste de ses affaires dans son sac et pris ses chaussures dans sa main avant de quitter silencieusement la chambre. Isoline sortit discrètement de la maison, enfila ses chaussures dans la rue, ainsi que son pull et son manteau. Elle se dirigea ensuite vers l’arrêt de bus, silencieusement, les larmes coulant le long de ses joues.

OoO

Si je fais une erreur, je m’excuse. Si c’est toi qui la fais, je fais de même.

OoO

« Iso… Le tél pour toi » Murmura Accarias en entrant dans la chambre en tendant le combiné à sa sœur. « C’est Seb… ».

Le brun baissa un regard qui se voulait compatissant vers sa sœur et lui donna le téléphone. Le seul inconvénient de ne plus avoir de portable –Pour l’avoir oublier dans un pantalon partant au sale- était que d’autres décrochaient parfois le téléphone pour elle et que la plupart du temps, ils savaient les mauvaises nouvelles avant que celle-ci ne soient annoncées. Et là, c’était le cas.

« Iso ? » La brune entendit la voix au téléphone. « Pourquoi t’es partie comme ça ? » Continua le brun.

« Je te facilite la tâche » Répondit-elle simplement.

Un silence s’installa. Sébastien essayait de parler, cela se savait au bruit qu’Isoline reconnaissait comme étant sa bouche sèche. La brune ne disait rien. Elle essayait de se maîtriser.

« Pourquoi t’as cette photo sur le net ? ».

« C’est celle qui est à mon humeur ».

« Pourquoi un canard ? ».

« Parce que j’avais pas de corde ».

« Arrête de dire n'importe quoi ! ».

« Tu veux que je dise quoi ? ».

« Je tiens à toi » Répondit simplement le brun.

« Ça se voit pas ».

« Tu le sais ».

« Non, je l’ai su »

« T’habites pas de l’autre côté de la France, dis donc ! » Un nouveau silence. « Tu devais t'attendre à un argument de ce genre, non ? ».

« Je t'ai pas demandé de venir il y a neuf mois ».

« Je sais. Je savais pas que j’allais te rencontrer. Je savais pas que j’allais t’apprécier. Que j’allais tenir à toi… ».

Un silence s’installa.

« Tu ne parles plus ?!… Iso ?… T’es là ?… Arrête de me faire peur ! Je ne t’entends même pas respirer ».

« Oui, je suis là ».

« T’es pas drôle de… ».

« Non j'irai pas me suicider, je suis pas assez lâche » Le coupa-t-elle.

« Cool » Répondit-il avec une fausse joie, et un rire forcé.

« Tant mieux si ça te fais rire ».

« Ça m’fais pas rire, loin de là. Je ne sais pas quoi dire… Je pense que dire désolé est un bon début ».

« Te force pas ».

« Alors dire que je suis vraiment désolé » Continua le brun.

« C’est pas la peine si tu le penses pas ».

« On aurait pas dû se voir. C’était une erreur… Mais tu me manquais. Ça à renforcé ton sentiment, ça t’as fais espérer… ».

« Vas-y, enfonce le couteau, je t’en prie ».

« Je suis désolé Iso… Mais c'est pas facile d'être loin de sa copine ».

« Bah soit heureux, t'es libre maintenant » Cracha à moitié Isoline plus pour cacher sa douleur que parce qu’elle le pensait.

« Ok » Continua-t-il agressivement « Si c’est ce que tu veux ! ».

« Tu sais pas ce que je veux ».

« Arrête » S’énerva-t-il « Tu veux quoi ? M'oublier à jamais ? Ne m'avoir jamais croisé ? ».

« Tu sais très bien que je ne regrette jamais ce genre de chose » Répondit posément la brune. « Ce soir je vais virer mauvaise et être en mauvais terme avec toi, c'est tout ce que je ne veux pas, alors on va arrêter là pour ce soir. Bonne soirée ».

« T’es sûre ? ».

« De ? ».

« De devoir raccrocher ! Je veux te parler ».

« Peut être demain soir. Ma mère veut le tél ».

« Tu seras connectée ? ».

« Je suis une accroc, tu le sais » Isoline s’accrochait à chacun de ses mots pour s’empêcher de raccrocher. Elle avait mal. « Bonne soirée ».

« Ok… ».

Isoline appuya sur le bouton rouge et se laissa librement pleurer. Elle l’avait définitivement perdu. Ce garçon qui l’avait fait changer. Celui qui l’avait fait éprouver le sentiment amour. Celui avec qui elle se sentait bien, sans que ce ne soit de l’amitié. Accarias entra peu après dans la chambre et s’assit sur le lit de sa sœur, avant de lui caresser les cheveux.

« Je suis désolé Iso… Sincèrement ».

« Personne n’a à être désolé. C’est moi qui ai tous les torts… ».

Le brun suspendit son mouvement puis ramena sa main à lui avant de quitter la chambre en emportant avec lui le téléphone de la maison. Isoline resta longtemps allongée sur son lit à laisser ses larmes couler, coller ses cheveux près de son oreille avant que celle-ci ne soit inondée par l’eau salée. Il avait été de son choix de partir à Genève, en Suisse pour affiner son allemand et finir ses études de Chef. Sa tante lui avait trouvé une bonne place pour son stage et elle ne pouvait pas refuser, ni ne voulait. La brune avait ressenti l’envie de partir loin de chez elle pour voir ce que c’était. Et elle avait vu ce que cela faisait. Et dans son cas, rien de bien. Loin de Kévin, de ses amis, et loin de ce copain arrivé dans sa vie fin juin, alors qu’elle s’était engagé depuis trois semaines et ne pouvait plus reculer. À leur rencontre, lors d’une fête où Kévin l’avait traîné de force, Sébastien et elle avaient tout de suite sympathisés. Ils avaient tous les deux un petit détail en commun : pour Sébastien c’était un tatouage tribal sur le cou à droite et pour Isoline, c’était un soleil tribal sur les veines du poignet de gauche. Dans le milieu de soirée ils été partis ensemble et commençaient ainsi les deux mois de vacances d’été. Tout été allé au mieux. Elle n’avait jamais autant vu un de ses autres copains que Sébastien. Il lui reprochait d’être trop réservée. Elle avait fais un effort et s’y plaisait. Et là… Il venait de tirer un trait et elle ne cessait de l’aimer, de le défendre, et de le garder en tête. C’était pathétique, elle le savait. Il ne lui avait rien promis, et elle s’était accrochée plus qu’elle ne l’aurait dû. C’était de sa faute. À elle et personnes d’autres. Kévin l’avait mise en garde. Pas contre le sentiment lui-même, mais contre Sébastien. Ce dernier et Kévin n’étaient pas vraiment amis mais en avaient en communs.

Isoline se leva et commença à préparer son sac. Son père allait la conduire à la gare pour retourner chez sa tante. Pour une fois, cela aurait l’avantage de la tenir loin de ses pensées. Quelqu’un frappa à la porte et sans même répondre elle savait que son petit frère allait entrer dans la pièce. William fit passer sa tête dans l’entrebâillement de la porte et lui sourit. Il entra et la serra dans ses bras.

« Je monte te voir dans deux ou trois week-end, ok ? ».

« C’est gentil Willy ! Tu vas pouvoir parler Allemand comme ça ».

William et elle étaient très proches. Plus qu’elle ne l’était d’Accarias qui était son propre jumeau. Son petit frère avait les cheveux blonds de sa mère, le visage de son père et les mêmes yeux que Stanislas -ce que les trois avaient. Il était plus jeune de trois ans mais semblait être l’aîné de la famille. Avec deux années d’avances sur ses études, il s’était permit un voyage d’un an en Espagne et un autre aux États-unis pour ses langues. Il n’était de retour que depuis quelques mois, mais n’avait qu’une envie : repartir. Il aimait les langues et voulait en faire son métier. Isoline le soupçonnait de prévoir un voyage direction l’Italie ou le Portugal.

« Eyh Iso » La rappela William avant de sortir « Tu sais ce qu’elle dit toujours Laura ? ».

« Non, quoi ? ».

« À partir d’un moment, on est amoureux ou on est malheureux. Et tu sais quoi ? ».

« Nan, quoi ? ».

« Elle a raison. Et tu veux que je te dise ? ».

« Bien sûr » Sourit la brune, entre ses larmes.

« Toi, ton choix, ce sera d’être amoureuse… Et en vérité, ça l’est déjà ».

Sur ces derniers mots, il quitta la pièce, laissant sa grande sœur à ses pensées. Bien sûr, il lui faudrait du temps avant qu’elle ne retombe amoureuse. Mais le plus important c’est que cette prochaine fois, elle serait amoureuse de quelqu’un qui aura fait le même choix qu’elle. Il le savait. Cette fois, elle ne serait pas amoureuse de quelqu’un qui aura choisi d’être malheureux en ne voulant jamais s’attacher.

OoO

Je t’aime à en pleurer d’angoisse chaque fois que tu ne réponds pas.

Toi, tu tiens seulement à moi comme à une amie avec un petit plus.

Aujourd’hui, il faut que je te le dise : je ne suis pas ton amie.

Et je ne le serais jamais.

OoO

18 Janvier 2030

Isoline finissait la dernière baie vitrée de la villa, faisant attention à ne laisser aucune trace. Elle s’était levée le matin avec cette lubie en tête : garder ses pensées loin de Sébastien et attendre William, loin de l’Internet, le tout en se rendant utile. Encore cinq heures avant que le blond n’arrive. La brune se décida à passer la serpillière et si rien d’autre ne lui venait à l’esprit, et bien elle irait sur le net. Après tout, on ne changeait pas quelqu’un du jour au lendemain et le net était sa passion, lorsque Kévin n’était pas là, cela allait de soi. Isoline était heureuse de savoir que William venait passer du temps avec elle. Mais plus que tout, c’était avec Kévin qu’elle voulait être. Kévin, son cousin, oncle et meilleur ami. Son aîné de trois ans. Les cheveux aussi noir que du charbon, aux carrés, et très épais, faisant des nœuds très facilement, surtout avec leur longueur. Et son passe-temps était de les démêler. Depuis son enfance, à chaque coup de barre, c’était Kévin qui était là. C’est lui qui avait débarqué du jour au lendemain en Italie, dans le camping où elle s’ennuyait fermement avec ses parents. C’est lui qui était venu passer ses vacances de février avec elle, alors qu’elle avait le pied dans le plâtre. Et même si elle était heureuse que William vienne, c’était Kévin qu’elle voulait. Kévin qu’elle avait peu vu depuis la rentrée et qui n’avait pas été là à Noël.

« J’aurais jamais cru te voir dans ce genre de tenue » Plaisanta une voix trop connue à la porte d’entrée.

Isoline, trop perdue dans ses pensées, n’avait pas entendu la porte s’ouvrir. Elle était vêtue de son pantalon de sport qui lui servait de pyjama et d’un tee-shirt trop grand pour elle, lui dénudant une épaule. Elle se serait elle-même qualifié de débraillée, mais là, elle s’en fichait. La brune lâcha son balais et couru sauter dans les bras de Kévin. Enfin, sauter… Elle lui sauta dessus, passa ses jambes autour de sa taille et ses bras autour de son cou. Il la serra contre lui avant qu’elle ne redescende.

« Qu’est ce que tu fais là ? » Demanda-t-elle trop heureuse pour se contenir.

« À ton avis ? ».

« J’ai un chouette petit frère ».

Puis après cette constatation, ses yeux s’assombrirent et elle commença à pleurer. Kévin la serra de nouveau contre lui, lui caressant la tête.

« Tout va bien Iso, je suis là » Murmura-t-il.

Ils passèrent leur fin d’après-midi et leur soirée à parler. Comme d’habitude. Marilou, avait fait une apparition dans la chambre, pour les inviter à venir la rejoindre pour le dîner. Aussi pour savoir si elle préparait la chambre d’ami pour Kévin, mais la réponse était la même que d’habitude : non.

OoO

J’ai pas compris. D’un seul coup tout est parti. Ça allait pourtant. Pas tant que cela apparemment.

OoO

Kévin se redressa dans le lit. Il haïssait cette chambre chaque matin. Trop de lumière dès le levé du jour. Il était à peine 8 heures et il s’était couché tard. À côté de lui, Isoline dormait toujours. Il soupira, lui caressa les cheveux et attrapa son livre, en attendant son réveil.

OoO

Il le savait ! Il aurait dû en prendre un autre. Kévin venait de terminer son livre et n’avait plus rien à faire. Puis le portable de la brune attira son attention. Elle en avait eu un nouveau pour noël, -pour remplacer le malheureux passer à la machine à laver- et il devait avoue que cela facilitait la communication. Il s’en saisit et entra dans le répertoire, cherchant le nom de Sébastien. Une fois trouvé, il modifia le numéro d’un chiffre, puis de deux pour être plus sûr. Il était sûr d’une chose, c’est que la brune ne connaissait pas son numéro par cœur.

OoO

Le week-end se termina assez rapidement. Comme à chacune de ses visites, Kévin quittait la brune avec un sourire. Il aimait passer du temps avec elle. Et il n’aimait pas la voir triste. Il l’aimait trop pour vouloir la voir si souvent angoissée. Et c’était pourquoi il avait parlé avec Accarias au sujet de Sébastien. Ce n’était pas dans le but de lui faire du mal ou passer plus de temps avec elle, qu’il avait espéré la fin de sa relation, c’était juste pour la voir sourire de nouveau et le faire naturellement, comme elle le faisait maintenant.

OoO

Isoline s’allongea sur son lit et reprit son livre de cuisine. Son examen approchait et elle ne connaissait pas la moitié des recettes qu’on pouvait lui demander. Elle ne rentrerait pas à La Rochelle avant fin Mars… Avant son examen. Mais William et Kévin passeraient. Kévin. Isoline se demandait comment le brun faisait pour toujours être là quand il fallait, toujours avoir le temps, les mots. Leur relation était plus que familiale et elle le savait. Kévin c’était si bien adapté. Et surtout avec elle.

OoO

Entourée par tes bras, tes pensées, tes mots, tes sourires, je suis foutue car je suis dépendante de toi.

OoO

29 Mars 2030

Avril arrivait, et Isoline était dans son train. Trois mois qu’elle n’avait pas mis les pieds à La Rochelle. Pas depuis sa rupture avec le brun. Elle n’avait pas eu de nouvelle de celui-ci et avait résisté à la tentation d’en demander et devait avouer qu’elle ne s’en portait pas plus mal. Arrivée chez elle, elle posa son sac dans sa chambre, regarda intriguée, les billes de train sur son lit, pour le soir même à 18 heures puis alla dire bonjour à William, puis Accarias et parti vers la maison de sa grand-mère, rejoindre Kévin. Celle-ci était dans le jardin, s’occupant de ses fleurs. La brune s’avança vers sa grand-mère et l’embrassa.

« Oh, Iso, ma grande ! Comment vas-tu ? Cela fais un petit moment que je ne t’avais pas vu. Comment ce sont passé tes examens ? ».

« Très bien et très bien ! Mon entreprise de Stage accepte de m’embaucher à la rentrée de Septembre et si tout ce passe bien, je serais muté sur La Rochelle, dans le quatre étoiles, en assistante chef pour janvier ».

« En voilà des bonnes nouvelles. Tu viens voir Kévin ? » Hasarda-t-elle.

« Oui. Il n’est pas là, hein ? ».

« Je pensais qu’il te l’avait dit ! Il est sur Poitiers pour ses examens qui viennent de se finir, et il fête ça tout le week-end ».

« Mais si, il me l’avait dit ! Je comprends mieux les billets de trains ! ».

« Tu vas encore prendre le train ? Tu viens de passer une journée entière dedans ».

« Ce n’est qu’une heure. Puis on passe la soirée chez un copain de classe de Kév. Ne t’inquiète pas. Je suis en vacances, je récupérerais plus tard ».

« Prends le temps de te reposer. Tu pourrais passer voir ton oncle aussi ? Je crois d’ailleurs qu’Ilme veux te voir… Enfin, fais d’abord ce que tu as à faire ».

Isoline embrassa sa grand-mère affectueusement, lui rappelant le repas chez elle le dimanche qui arrivait et disparue derrière le portail.

OoO

« Zach ? Tonton ? » Appela la brune en ouvrant la porte du « havre », comme ses habitants avaient baptisé la propriété.

« Eh Iso » Entendit-elle une voix, avant de voir Etna passer la tête par la baie vitrée qui donnait sur le jardin. « Comment vas-tu ? » Demanda-t-elle en l’embrasant chaleureusement.

« Bien, très bien, et toi ? Qu’est ce que tu faisais de beau ? ».

« Pas grand chose. Lucas bosse son brevet avec beaucoup plus de sérieux que je ne l’aurai pensée, et Louise est partie courir avec son père… Je me détendais un peu. Zacharie est sorti avec Adrien et Ilme. Ils ont eu des places de dernières minutes pour un salon à Paris ».

« Génial… » Ironisa-t-elle, puis se reprit « Euh, il parait qu’Ilme voulait me parler. Tu sais de quoi il s’agit ? ».

« Oui. Chloé a laissé son numéro. Brice et elle ont une soirée dans une semaine ou deux, et se demandaient si tu pouvais faire un baby-sitting, car les gosses t’aiment bien ».

« Oh oui, ok, je prends le numéro et je verrais avec elle. Je dois aller faire mon sac, je pars à Poitiers dans une heure ».

« Toujours pressée ! » Plaisanta la plus âgée « Repasse à ton retour histoire de boire un café avec Zach et les autres ».

Isoline embrassa sa quasi tante et repartie vers chez elle. Elle ne savait pas comment elle avait pu oublier Poitiers. Elle fit rapidement son sac, y glissant des vêtements de rechange, un livre, son MP3 et partie prendre une douche.

OoO

Isoline regarda son portable avec ennui et fit défiler les noms de son répertoire. Elle s’arrêta sur le nom de Sébastien. Elle n’avait pas de nouvelle depuis leur rupture. Cela lui faisait un peu mal de voir que, malgré ce qu’il avait dit, le brun ne se souciait pas du tout d’elle. Et elle devait l’admettre, elle l’aimait toujours. Elle était tentée de lui envoyer un message. Après tout, elle serait, ce soir, dans la même ville que lui. Comme à leur première rencontre. Et il y avait presque six mois avant sa rentrée, peut être pourraient-ils recommencer quelque chose. Quelque chose qui puisse durer. Isoline secoua la tête brusquement, faisant sourire le passager en face d’elle. Non, c’était stupide. Le mieux était de l’occulter. Ce soir, lorsqu’elle irait se coucher, elle effacerait son numéro. Ce soir ou le lendemain, quand elle quitterait Poitiers.

OoO

Félix était penché à sa fenêtre, guettant l’arrivée de sa petite amie, quand une autre jeune fille attira son regard. Il se tourna vers son colocataire.

« Séb, tu savais qu’Iso était sur Poitiers ? ».

« Dis pas de connerie ! Elle serait là, elle me l’aurait dit… Elle n’aurait pas manqué cette occasion, elle sait que je reste sur Poitiers jusqu’aux exams de juin ».

« Si tu le dit ».

Félix retourna à sa contemplation avant d’être bousculé par Sébastien qui venait jeter un œil, avant de froncer les sourcils et d’attraper son portable. Oui, elle était encore loin de sa propre fenêtre, mais il ne faisait pas de doute que c’était Isoline. Avec un garçon… Son copain ?

OoO

Isoline parcourait la longue rue, bavardant avec Kévin qui était venu à sa rencontre à la gare. Ils bavardaient tranquillement quand le portable de la brune vibra dans sa poche. Elle s’arrêta et regarda le message : expéditeur non répertorié.

« ‘Lu Iso, comen va depui le tps ? Tu rentre qd ? Just pr D news. Bisous. Bonne soirée ».

La brune regarda son portable. Pourquoi ce soir ? Pourquoi avec un portable qui ne lui appartenait pas ? Pourquoi est-ce que Sébastien refaisait surface ce soir, le seul qu’elle allait passer dans la même ville que lui, alors que deux heures avant, elle avait résisté à la tentation de lui en envoyer un elle-même ?

« Qui c’est ? » Demanda Kévin en s’approchant d’elle.

Isoline ne répondit pas et regarda encore une fois le numéro. Non, ce n’était pas un portable d’un ami : c’était le sien. Elle le reconnaissait. Les deux ‘44’ qui se suivaient le lui prouvait. Alors pourquoi avait-il apparu comme inconnu ? Sûr que ce n’était pas une erreur, elle vérifia dans son répertoire. Les deux ‘44’ avaient disparu dans un ’04 94’. Un seul nom lui vint alors à l’esprit : Kévin. Seul Kévin avait pu changer le numéro. Seul Kévin aurait eu le temps, et l’audace de le faire. Comme son vis-à-vis se faisait insistant, elle lui répondit.

« Sébastien ».

Ils se regardèrent en silence. Dans les yeux d’Isoline, il n’y avait pas une lueur de gratitude, se rendit compte Kévin. C’était plutôt de la colère. Instinctivement, il se mit à courir. Peine perdue pour lui, Isoline avait toujours était plus rapide que lui à la course à pied. Elle lui sauta dessus, lui faisant un gros shampoing, qui le fit s’arrêter.

« Arrête Iso’, tu vas me faire des nœuds ! ».

« Pauvre chéri » Répondit-elle ironiquement avant de descendre.

Elle remit son sac sur son épaule et voulu reprendre sa route quand Kévin lui attrapa la main et la tira vers lui, l’attrapant par les hanches et la levant à son niveau, jusqu’à ce qu’elle passe ses jambes à sa taille et ses bras à son cou. Le geste était mécanique. Front contre front, elle esquissa finalement un léger sourire.

« T’avais pas le droit de faire ça ».

« C’est pour ton bien » Répondit-il simplement.

Isoline recula sa tête avant de lui donner un coup de boule et qu’il ne la lâche. Nul doute qu’elle avait eu plus mal que lui. Il la rejoignit, passa son bras sur ses épaules et lui indiqua le chemin.

OoO

Je t’aime. Rien ne te le prouve. Mais moi je le sais.

OoO

« On dirait bien que t’es as cent lieux de son esprit, si tu veux mon avis » Déclara Félix.

« Je me passerais de ton avis, merci » Grogna Sébastien.

La scène s’était déroulée sous ses yeux. Mais cela ne le dérangeait plus autant que les premières secondes. Il avait d’abord cru que la brune avait un nouveau copain. Puis il avait reconnu Kévin, son cousin, oncle ou ce qu’elle voulait. Il devait admettre que cela le soulageait. Enfin, il était un peu dérangé par la façon dont il l’avait attrapé, mais tant que tout restait sur le plan familial. Ce qui le dérangeait le plus, en fait, c’était qu’Isoline était sur Poitiers et qu’elle ne le lui avait pas dit ! Pire encore, elle ne lui avait pas répondu ! Elle venait de voir son message et tout ce qu’elle avait fait c’était sauter sur son cousin et reprendre son chemin. Et pourtant, il savait qu’elle l’aimait toujours. Il en aurait mit sa main à couper. Et il devait admettre qu’elle lui manquait. Et l’idée de retourner avec elle, lui plaisait beaucoup, surtout depuis qu’il savait qu’elle était en vacances jusqu’à septembre. Maintenant, il lui restait à reprendre contact avec elle, sans passer par le cousin qui ne l’aimait pas du tout. Il doutait que Accarias ne veuille l’aider, vu leurs dernières discussions, cinq mois auparavant. Alors qui ? Peut être Félix qui était en bon terme avec Justin, un camarade de classe de Kévin… C’était compliqué.

OoO

La soirée avait été plus qu’agréable décida Isoline en se couchant à côté de Kévin, dans la chambre d’ami qui leur avait été désigné. Le brun allait vivre sur Poitiers ses trois prochaines années, c’est pourquoi elle avait voulu se familiariser avec ses amis. Elle savait quelle monterait sur Poitiers aussi souvent qu’elle le pourrait. Avant de s’endormir, elle jeta un œil sur Kévin. Celui-ci était passablement bourré et ronflait doucement. Isoline sourit, saisit son portable et alla dans le répertoire. Elle regarda longuement le nom de Sébastien avant de l’effacer. Ainsi que ses derniers messages. Plus de traces. Elle se félicita silencieusement, remonta la couette sur elle et se colla au dos de Kévin, qui grogna avant de se retourner et de la prendre dans ses bras. Il n’y avait pas d’autres bras aussi réconfortant que les siens, pensa-t-elle avant de s’endormir.

OoO

Isoline se réveilla de très bonne humeur et sorti de la chambre silencieusement. Dans la cuisine, Justin et Valérie, les amis de Kévin, buvaient un café en discutant. Ils s’interrompirent en la voyant et l’invitèrent à se joindre à eux. Ce qu’elle fit. Kévin arriva vingt minutes après, l’embrassa sur la joue et alla s’asseoir avec ses amis tandis qu’elle partait prendre une douche. Une fois sorti, elle décida d’appeler Chloé qui devait attendre son appel.

« Oh bonjour Isoline, comment vas-tu ? ».

« Bien et toi ? La famille ? ».

« Tout le monde à la forme. Etna t’as dis pour le baby-sitting ? Les garçons sont assez difficiles avec cette idée maintenant, mais cela facilite toujours quand ils savent que c’est toi… Alors, on pensait avec Brice, que peut être… Si cela ne te dérange vraiment pas… ».

« Chloé, tu sais que c’est toujours un plaisir. Dis moi quand et je viens ».

« Ce serais pour le 5 avril. Jeudi, aux alentours de 17 heures, si cela n’est pas trop tôt pour toi. On essayera de les faire prendre leurs bain plus tôt et tu n’aura que le repas à leurs donner ».

« Pas de problèmes pour les bains Chloé. Je maîtrise maintenant. Je serais là pour 16 heures 45, ok ? ».

« Très bien. Merci beaucoup. Puis si tu veux venir à deux… Sans souci ».

« Merci. À jeudi ».

Isoline retourna dans la cuisine et annonça à Kévin qu’elle avait son baby-sitting.

« Les cinq ? Tu veux de l’aide ? ».

« Si tu as du temps à perdre, pourquoi pas » Sourit-elle.

« Je pense qu’il n’y a pas de souci ».

OoO

5 Avril 2030

Kévin entra dans la maison, dit bonjour à toute la famille présente, Carole, Issac, Accarias et William, bavardant dans le salon, avant de s’avancer vers la chambre d’Isoline, ou celle-ci finissait de préparer son sac.

« Iso, tu vas pas me croire ».

« Annonce la couleur » Répondit-elle en souriant.

« Laura vient de se faire larguer, déprime à mort et maman me demande de passer la soirée avec elle ».

« Qu’est ce que tu fais là alors ? » Demanda-t-elle en haussant un sourcil.

« Bah ça m’ennuyait de devoir te le dire au téléphone. Et de te laisser toute seule avec les petits, surtout toute la nuit ».

« T’en fais pas pour moi. Je les maîtrise. Vas-y, je t’appelle ce soir ou demain pour te dire que je ne suis pas morte ».

Kévin l’embrassa sur le front avant de repartir.

OoO

« Ah, Iso, rentre » La salua Brice « Ils sont juste au quatre heure ».

« Et ronchonnent déjà ! » Plaisanta-t-elle, entendant la douce voix de l’un des garçons en bruit de fond.

« Mais maman, je suis un grand garçon, j’ai pas besoin de baby-sitter ».

« Samuel… Je sais que tu as 6 ans et demi et que tu es un grand garçon. Tu n’as peut être pas besoin de baby-sitter, mais Anthony si. Et puis tu n’as pas encore vu ta baby-sitter ».

Isoline sourit à la conversation qu’elle entendait. Samuel était celui qui avait le plus fort tempérament. Emilien, Gaëtan et Nicolas étaient très calme à côtés. Et Anthony, du haut de ses quatre ans et demi ne posait aucun problème. Pas que Samuel en pose beaucoup, mais il en posait tout de même. La brune s’avança dans la pièce et salua Chloé puis Samuel. Celui-ci arrêta de se plaindre et couru rejoindre ses frères à la cuisine, tout heureux de leur annoncer QUI venait les garder et que tout le monde devait être TRÈS sage.

« Tu comprends maintenant ? » Demanda Chloé en enfilant sa veste « Cela semble tellement plus simple quand ils savent que c’est toi qui les garde… ».

« Je comprends oui. Où allez vous ? ».

« Bordeaux. C’est l’anniversaire de mariage de mes parents… Mais en petit comité… Et cela m’ennuie vraiment de te demander de rester toute la nuit… Surtout que tu es en vacances. Tu es sûr que cela ne te dérange pas de dormir dans la chambre d’amis ? ».

« Il n’y a pas de souci Chloé… Ne vous inquiétez pas pour moi, je suis une grande fille, j’ai de bons livres et pas mal de chose pour m’occuper. Passez une bonne soirée ».

OoO

Le bain se passa sans histoires, tout comme le repas. Ils regardèrent un dessin animé jusqu’à ce qu’Anthony aille dormir, puis allèrent jouer dans le jardin jusqu’à l’heure de leurs couvre feux. Samuel montra joyeusement sa tortue à Isoline, en affirmant fièrement quelle s’appelait Diesel et qu’il s’agissait d’un cadeau de ‘tonton’ Killian et qu’elle venait d’Australie. Isoline trouvait amusant de voir que chacun des enfants avait son animal. Même à six ans, bientôt 7. Emilien avait un chat appelait Crevette, pour sa couleur crème orangé, et qui passait ses journées à dormir à côté de Leprechaun, celui de Chloé. Gaëtan possédait lui aussi un chat –noir-, mais qui était plus indépendant et qui ne faisait apparition que le soir, et qui s’appelait Ortie. Nicolas, lui avait des poissons qui lui allait très bien. Des quadruplets, il était le plus attentionné et n’oubliait jamais de nourrir les poissons ou de rappeler à Brice de nettoyer l’aquarium.

Comme la brune s’en doutait, les quatre terreurs demandèrent un supplément d’une demi-heure sur leurs couvre feux. Il faisait bon dans le jardin et elle leur accorda. Après quoi, ils allèrent tous se coucher sans un mot. Isoline parcouru la bibliothèque de DVD. Elle devait avouer qu’elle avait un faible pour les dessins animé. Elle en inséra un dans le lecteur et s’installa dans le canapé. Elle fut interrompu par des bruits de pas, puis vit la tête d’Emilien, en pyjama, tenant une patte arrière de son ours en peluche dans sa main droite.

« Tu as fais un cauchemar ? » Demanda-t-elle en se levant.

« J’ai pas eu mon câlin » Déclara celui-ci d’une toute petite voix.

La brune le prit dans ses bras et le raccompagna à sa chambre, qu’il partageait avec Nicolas. Elle resta à côté de lui jusqu’à ce qu’il s’endorme et retourna au salon.

OoO

Les voix dans la maison réveillèrent Isoline qui c’était endormi sur son livre. Elle sauta sur ses pieds, regarda l’heure, 4 heures et demi, et s’avança vers la porte d’entrée.

« Tu n’es pas couchée ? » S’inquiéta Brice.

« Nan, je crois que je me suis endormi… Pourquoi n’êtes vous pas resté jusqu’à midi ? J’aurai maîtrisé ».

« Isoline ! Je sais bien que tu l’aurai fais… Mais je me sens tellement mal de te demander de garder cinq garçons tels que les notre alors que tu es en vacances ».

« Ah, Chloé ! La prochaine fois, tu sauras que cela ne me dérange pas le moins du monde… Puisque vous êtes rentré, je vais faire de même ».

« Sûr ? » Demanda Chloé.

« Oui, je préfère mon lit ».

« Bon, je te ramène, alors » Déclara Brice.

« Non merci Brice. C’est l’une des premières soirées, ou matinée sans pluie… Je vais me faire un plaisir d’en profiter, sachant que je ne me lèverais pas avant midi… ».

La brune était fatigué et retourna vers le canapé pour rassembler ses affaires. Elle se retourna et regarda le couple, portefeuilles en main, se parlant à voix basses. Le brun lui tendit un billet de cent euro qu’elle regarda avec les yeux en soucoupes volantes.

« Je ne peux pas accepter. Ils sont sans problèmes. Vraiment. Cinquante c’est suffisant ».

« Come on, Iso, ne te fais pas prier » Grogna Chloé, en lui enfonçant le billet dans la main. « Tu es sûr que tu ne veux pas que Brice te ramène ? ».

« Avec ma paye, je peux prendre un taxi… » Plaisanta-t-elle. « Bonne nuit ».

« Bonne nuit, Isoline, merci ».

La porte se referma derrière elle et elle s’avança dans la rue. Elle ne savait pas qu’elle chemin prendre. Jusqu’au centre ville cela ne poserait pas de problèmes, mais ensuite ? Traverser les parcs ou les rues vides ? Elle ne savait vraiment pas. Isoline prit son chemin en y réfléchissant. Sur la Place de Verdun, il y avait un petit peu d’activité. Les commerçants installaient leurs stands pour le marché du vendredi. Elle traversa la place jusqu’à la cathédrale et se décida pour les parcs. Elle ne les avait pas vu depuis bien avant décembre et il faisait beau. Elle n’avait pas fait attention aux deux jeunes sur les marches de la cathédrale. Elle ne s’en rendit compte que lorsque l’un deux l’appela, couru jusqu’à elle en secouant la main. Elle se raidit : que faisait-il là ?

« Ah Iso’, je suis trop content de te voir » Sourit Sébastien en embrassant la brune sur la joue. « Je ne savais pas que tu étais rentré… Tu ne m’as pas répondu ».

« Je ne savais pas que c’étais toi, tu n’avais pas signé » Menti-t-elle à moitié.

« Oh… » Paru-t-il désappointé, « Je peux t’accompagner un bout de chemin ? ».

Isoline ne savait pas comment dire non. Elle avait peine à contrôler le tremblement de ses mains et dans sa tête se bataillait bonheur et crainte.

« Qu’est ce que tu fais ici ? » Répondit-elle simplement en reprenant son chemin.

« J’ai dû rentrer en milieu de semaine pour voir ma petite sœur qui part en Italie pour un an, en volontaire… Puis j’ai rencontré un copain avec qui je suis sorti boire un verre, et on discutait en attendant le bus… Pas avant 8 heures, cela va de soit, mais il fait bon… Et je ne regrette pas du tout… C’est un agréable hasard que de te croiser ».

Isoline ne répondit pas. L’explication ne lui convenait pas. Sébastien et sa petite sœur n’avait pas de lien particulièrement fort, et moins ils se voyaient mieux ils se portaient… Cela ne ressemblait pas à du hasard, mais elle ne pouvait pas l’admettre. Si c’était planifié, alors cela avait son importance. Est-ce que le brun l’aimait ? Autant qu’elle l’aimait ? Sébastien parlait de tout et de rien. Isoline écoutait distraitement, répondait mécaniquement aux questions, perdue dans ses craintes : amour ou jeu ? Sébastien n’était pas le genre à vouloir s’accrocher. Plus à s’amuser. Il prenait la vie avec si peu de sérieux. Alors les sentiments… Le brun lui attrapa doucement par le bras, et l’embrassa. Tout d’abord elle répondit, puis avec quelques secondes de décalage se dégagea.

« Non » Déclara-t-elle d’une voix froide et un peu colérique.

« Non ? Pourquoi non Iso ? T’attends que ça et moi aussi… Alors pourquoi non, hein ? ».

« Tu connais la chanson ‘Ego Trip’ de Starmania ? » Demanda-t-elle avec plus de maîtrise dans sa voix.

« Non, et je ne vois pas le rapport ».

« On n’a qu’une vie, pourquoi la partager, pourquoi vivre à deux si c’est pour vivre à moitié » Fredonna la brune calmement. Le brun allait la couper quand elle leva la main pour lui faire garder le silence « Faut pas mélanger l’amour et la pitié ».

« C’est pas de la pitié, Iso » Répondit Sébastien, voyant où elle voulait en venir.

« Peut être mais ce n’est pas de l’amour non plus ».

« Je tiens à toi ».

« Tenir aux gens ne suffit pas. Bonne journée ».

Isoline reprit son chemin, laissant Sébastien derrière elle. Elle n’y croyait pas. Elle renonçait elle-même. Si elle n’avait pas été sûre d’avoir fait le bon choix, elle se serait appelée masochiste. Encore une fois, c’était elle qui partait la première. Et les larmes étaient toujours là. La brune changea de chemin. La maison de sa grand-mère était endormie. Elle ouvrit doucement le portail et entra dans le jardin. Comme elle s’y était attendue, la chambre de Kévin était toujours éclairée. Elle se demanda vaguement si il était toujours avec Laura. Puis elle l’appela sur son portable.

« Kévin… T’es seul ? ».

« Toi ça va pas… T’as tué un gosse ? » Plaisanta-t-il sentant que quelque chose n’allait pas.

« Tu peux ouvrir ta fenêtre ? » Répondit-elle simplement en sentant les larmes remonter.

Kévin ouvrit sa fenêtre à la hâte et passa à travers avant de prendre la brune dans ses bras. Il n’y avait que là qu’elle se sentait bien. Ensemble ils entrèrent dans la chambre, s’assirent sur le lit et commencèrent à discuter. La brune oublia sa fatigue jusqu’aux alentours de 8 heures où elle s’endormie comme une masse.

OoO

« Je tiens à toi »

Combien de fois me l’as-tu dit ?

Ces mots n’ont plus aucun sens dans mon esprit. En ont-ils un ?

OoO

18 Avril 2030

« Santé » Hurla l’assemblée en direction d’Isoline et Accarias, qui fêtaient leurs vingt deux ans entre amis.

Ils fêtaient en même temps le départ de William pour l’Italie. Isoline avait insisté pour qu’il le fête en même temps qu’eux. Accarias n’avait rien dit contre, il était clair que le lien entre son frère et sa sœur était fort, plus que le sien avec eux deux. Kévin s’approcha d’Isoline et la serra fort contre lui.

« Espérons que tes vingt deux ans seront plus optimistes… Surtout maintenant ».

« Espérons » Répondit Isoline en lui retournant l’étreinte.

Il se tourna vers la table basse, y attrapa un verre et le lui donna. Isoline le saisi sans réfléchir et compris son erreur quand tous ses amis entamèrent la fameuse chanson :

« Eh l’ami Iso ! Lève ton verre et surtout ne le renverse pas. Et porte le au frontibus, au nasibus, au mentibus, au ventribus, au sexibus et glou et glou et glou et glou ».

N’ayant pas le choix, la brune s’exécuta, avalant d’une traite le verre de rhum coca et manqua de s’étrangler sur la fin. Tout le monde l’applaudit et entonna :

« Elle est des notres, elle a bu son verre comme les autres. C’est une ivrogne, ça se voit rien qu’à sa trogne ».

Et enfin la soirée reprit calmement prenant un autre tournant au départ de William et ses amis pour les boîtes de nuit. Isoline, Accarias et leurs amis étaient plus du genre à s’asseoir et se faire quelques jeux à boire. Ils commencèrent par le jeu des signes, où tout le monde bu une quantité impressionnante de vodka. Puis ils enchaînèrent sur le Kineko, jeu à dé. Au premier tour, celui pour élire le roi ou renne des 3, Kévin fut le premier élu, et apparemment, la soirée était au 3. Le brun enchaînait les verres entre son voisin de gauche qui ne faisait que des 7, celui de droite qui ne faisait que des 9 et les autres qui faisaient des 3. Vers une 1 heure du matin, il se retira et alla s’allonger dans la chambre d’Isoline, pour un moment. Il tenait bien l’alcool en général, mais ce soir, la dose avait était plus qu’importante et il avait des idées en tête qu’il n’aurait pas voulu ce soir même.

Un œil au réveil lui indiqua qu’il était 2 heures et demie et il décida de rejoindre le groupe qu’il pouvait entendre rire. Il observa les jeunes au sol. Il avait du mal à y croire. La bouteille était le genre de jeu qui se faisait dans l’adolescence. Ici, les jeunes oscillaient entre vingt et vingt cinq ans. Kévin s’appuya contre le mur et les observa. À trois reprises, Isoline l’invita à les joindre, et il refusa. Pas une bonne idée, il le savait. Elle ne lui pardonnerait pas.

Aux alentours de 4 heures, les amis d’Isoline commencèrent à partir, suivant l’exemple de ceux d’Accarias, une heure auparavant. La brune en était heureuse, sentant la fatigue la prendre. Et elle voulait parler avec Kévin. Celui-ci n’avait pas voulu se joindre au jeu, mais plus encore, il avait évité son regard. Cela faisait déjà depuis son retour qu’il agissait bizarrement et ce soir elle se sentait la force d’aborder le sujet. Apparemment, pas lui.

« Tu veux aller te coucher ? Je ne vais pas tarder, le temps de faire un rapide ménage » Proposa-t-elle.

« Nan, je vais t’aider à ranger puis je vais rentrer » Répondit-il en prenant un sac poubelle et y enfournant les verres en plastique.

Isoline ne dit rien. Kévin était étrange. Et quand il était comme cela, elle pouvait faire tout et n’importe quoi, elle ne trouverait jamais à quoi il pensait. Ils avaient beau se connaître depuis l’enfance, si Kévin lisait en elle comme dans un livre ouvert, il n’en était pas de même pour elle. Et cela l’irritait. Kévin l’embrassa sur la joue, pas de sa façon habituelle, nota-t-elle et se dirigea vers la porte. Il y avait une différence. Et ce soir, elle sentait qu’il le faisait parce qu’il ne voulait pas paraître bizarre. Peine perdue. Elle le regarda partir, se mordillant l’intérieur de la joue. Elle aurait donnée son bras droit pour savoir ce qui le tourmentait. Pris d’une impulsion, elle couru après lui.

« Kévin, Kévin ! Attends ».

Le brun s’arrêta et la regarda arriver avant de baisser les yeux au sol.

« Kévin, dis moi ce qu’il se passe. T’es pas normal… ».

« Qu’est ce que tu veux dire ? Je suis normal, juste un peu bourré ».

« Kévin, je te connais mieux que ça et ce n’est pas la première fois que je te vois bourré… Quelque chose te travaille, ça te bouffe et moi aussi, ça me bouffe de te voir comme ça… Dis moi ».

« Demain » Murmura-t-il avec un faible sourire « Va te coucher… Tu tombes de fatigue ».

« J’ai pas l’intention d’aller me coucher tant que tu ne m’aura pas dis ce qui n’allait pas ».

« Comme tu veux… Bonne journée alors » Répondit-il froidement en reprenant son chemin.

Isoline le regarda tourner les talons. Pourquoi l’échange était-il à sens unique ? Pourquoi les garçons étaient-ils si réticents à l’idée de dire ce qui n’allait pas ? La brune sentit les larmes couler. Elle ne pouvait rien faire. Elle était fatiguée et il était question de Kévin… Les larmes venaient d’elles-mêmes sans qu’elle ne puisse rien y faire.

OoO

Les silences me détruisent.

OoO

Kévin savait que derrière lui, Isoline pleurait. Il avait un mal fou à se retenir de courir la prendre dans ses bras. Il avait du mal à croire que ce soir, c’était lui qui la faisait pleurer. Mais maintenant, il n’était pas dans l’état requis pour dire ce qui n’allait pas. Il se ferait pardonner le lendemain matin.

OoO

« Iso ? Tu dors encore ? » Demanda une voix qu’elle ne connaissait que trop bien.

« Non, j’ai pas encore commencé » Grogna-t-elle.

Kévin entra dans la pièce et lui sourit maladroitement.

« Je suis désolé à propos de ce matin… ».

« Quelle importance ? » Coupa-t-elle sèchement en terminant de natter ses cheveux.

Kévin se mordit la lèvre. Il n’avait pas prévu cette réaction. Il ne voulait pas Isoline en froid avec lui. Pas maintenant.

« Je suis venu parler avec toi… ».

« Parler avec moi ? » Répéta la brune « Parler de quoi ? Tu ne te confis jamais, ça doit faire des mois qu’un truc te bouffe et tu ne m’en a jamais fais part. Je ne suis pas capable de t’aider. Même hier c’était impossible… Et pourtant quand t’es bourré, tu parles facilement… Alors épargne moi, le « je suis venu parler »… ».

« Iso… ».

Kévin était partagé entre deux sentiments : la culpabilité de l’avoir ‘repoussé’ quand elle était venu et la joie de la voir prendre cela tant à cœur. Puis ce fut la culpabilité qui l’emporta. Il s’avança brusquement et la prit dans ses bras.

« Ah Iso, m’en veux pas… Hier je pouvais pas… Tu l’aurais mal pris… Avant… ».

« Avant ? » L’encouragea-t-elle.

« Avant, ce n’était pas certain ».

Isoline se dégagea et fixa le brun. De quoi parlait-il ? Elle ne voulait pas jouer aux devinettes. Elle voulait dormir, elle voulait être dans ses bras quand rien ne troublait son attitude. Elle vit Kévin avaler sa salive, il ouvrit la bouche à plusieurs reprises et échoua à chacune de ses tentatives. Isoline avait du mal à contenir son irritation. Elle voulait l’attraper par les épaules et le secouer comme un prunier, lui faisant cracher son problème et retrouver son Kévin, son meilleur ami. Finalement, le brun se dégagea d’elle, alla regarder par la fenêtre puis vint s’asseoir sur le second lit simple de la pièce, en face de la brune. Une nouvelle inspiration. Une autre. Qui mourut elle aussi avant de sortir.

« Iso, tu vas être dingue si je te le dis… Tu vas me détester… Je vais briser notre amitié, notre lien… Tu ne voudras plus jamais me parler… ».

« Je ne vois rien d’assez horrible pour mettre en jeu notre relation ».

« Je… Demain » Déclara-t-il en se levant et sortant de la chambre, presque en courant.

Isoline se leva à son tour et couru à sa porte, passa le couloir, la salle à manger, le jardin et dans la rue, alors qu’elle voyait le brun fuir, elle s’arrêta.

« Kévin » Cria-t-elle « C’est maintenant que tu brise tout ! C’est maintenant que j’ai besoin que tu me parles ! C’est maintenant et pas demain, tu m’entends ? Demain je ne serais plus là pour toi ».

À son plus grand soulagement, Kévin s’arrêta, se retourna et la fixa… Avant de reprendre son chemin.

OoO

À chacun de tes silences, vais-je toujours voir une mauvaise nouvelle ? Une fin ?

OoO

24 Avril 2030

Isoline soupira en tournant une nouvelle page de son livre, la dernière. C’était le troisième en cinq jours. Au moins, elle pouvait se féliciter d’avoir lu le seigneur des anneaux dans son intégralité, mais le cœur n’y était pas. Si Kévin lui avait parlé, elle ne serait pas là, à lire ses livres qui ne la passionnaient pas pour un sou. Son chocolat chaud était froid depuis plus de deux heures et la salle s’était remplie. Elle releva la tête à la main sur son épaule et attrapa la glace que lui tendait Adrien, avant qu’il ne s’asseye en face d’elle.

« Zach m’a appelé… Il m’a dit que Kévin te cherchait et qu’il avait dit que t’étais là… ».

« Sympa la famille » Grogna la brune.

« Kévin, c’est ta famille. Il est ton oncle, il est ton cousin, il est ton frère, il est ton meilleur ami. Il a mal, et il n’arrive pas à parler ».

« Parce que toi, tu sais ce qu’il a ? » S’indigna-t-elle « J’arrive pas à y croire ! ».

« Iso… Tu comprends pas qu’il a peur de te perdre ? Sa réticence à te parler est normale. Il t’aime, il ne veut pas te perdre… Va dans son sens… ».

« Je ne fais que ça… C’est lui qui fui en courant… ».

« Et bien pas aujourd’hui » Rétorqua Adrien en se levant.

Isoline ne bougea pas. Elle savait de par la réplique que Kévin était derrière elle. Elle était contente qu’il soit là, mais elle était blessée. Il l’avait blessé. Depuis l’âge de ses trois ans, ils n’avaient pas eu de secret l’un pour l’autre. Pourquoi maintenant ?

« Pourquoi ? » Demanda-t-elle simplement alors qu’il s’assit à côté d’elle.

« Parce que ce n’est pas facile. Je ne te connais pas vraiment sur ce plan là et je ne sais pas comment tu vas le prendre ».

« Plus tu attends plus je le prends mal ».

Encore une fois, elle le vit avaler sa salive, lentement. Puis encore une fois, le son mourut entre ses lèvres. Elle allait perdre patience, elle le savait. Elle déposa sa glace dans le verre vide qui trônait à côté de sa tasse de chocolat. Puis sans qu’elle ne s’y attende, il l’embrassa et garda son front collé au sien, la fixant dans les yeux.

« Iso… C’est pas une passade ! C’est d’avant Sébastien… Un bon moment avant… Ok ? Je ne t’aime plus comme la petite sœur de mes six ans. Je ne t’aime plus comme ma compagne de jeux d’école primaire. Je ne t’aime plus comme ma meilleure amie. Je ne t’aime plus dans le domaine familial… Je t’aime tout court… Je… Je ne pouvais pas te le dire à ton anniversaire, tu aurais mis ça sur le compte de l’alcool… Je… ».

Les mots se perdaient dans la gorge du plus âgé. Isoline le fixa un moment, le visage sérieux. Puis elle se leva et sortie du bar, longea la rue puis se dirigea vers le carrousel, pour s’asseoir sur l’un des banc qui lui faisait face. Elle ne pensait pas. Dans sa tête, tout était vide. Rien ne lui venait en tête. Pas de pensées sur Kévin, sur ses sentiments, son geste, ses paroles… Rien… Puis une faible image de Sébastien arriva… Était-elle passée au-dessus du brun pour s’engager avec quelqu’un d’autre ? Les bras de Kévin étaient là où elle se sentait le mieux. C’est là qu’elle prenait confiance et perdait ses doutes. Elle savait que le brun avait pesé chacun de ses mots. Il n’y avait pas de ‘Je tiens à toi’, c’était un ‘je t’aime’… Un vrai ! Secouant la tête, remettant ainsi ses idées en place, elle se leva et reparti vers l’Insolite, son attitude avait peut être blessé Kévin. Elle ne voulait pas le blesser… Dans le bar, le brun était toujours à la même table. Le dos tourner vers la porte, les bras croisés sur la table et sa tête enfoui dedans. Elle s’installa à côté de lui. Se fut à son tour de voir les mots mourir dans sa bouche. Isoline passa son bras autour des épaules de Kévin –ce qui le fit sursauter- et posa sa tête à côté de la sienne.

« Kévin… Je suis désolé… J’aurai pas du te pousser ».

« Je t’aime Iso… Et si toi, ce n’est pas dans la même voie, alors dis le franchement… ».

« Je ne sais pas… Je t’aime aussi Kévin… Mais je ne sais pas à quel degré, je ne sais plus… Tu comprends ? Moi aussi, j’ai besoin de t’avoir près de moi, c’est avec toi que je suis bien… Mais dans ma tête, je pense encore à Sébastien… Ce ne serait pas juste pour toi… ».

« … » Kévin la regarda, eu un faible sourire et se leva « Je t’aime Iso… ».

Il l’embrassa une dernière fois et sorti du bar. La brune ne savait pas quoi faire. L’avait-elle blessé avec sa réponse ? Sébastien n’était plus autant dans ses pensées qu’elle ne l’avait dit, mais une relation lui faisait peur. Plus que n’importe qui d’autre, c’était Kévin qu’elle voulait protéger. Protéger d’elle-même. Elle ne voulait pas lui donner cet espoir de double sens qu’elle avait eu pendant près de neuf mois.

OoO

Isoline passa agilement au dessus du mur et s’avança vers la fenêtre de la chambre de Kévin. Juste le rideau de tiré et un silence total. La brune grimpa silencieusement à la fenêtre et regarda son cousin dormir. Elle n’était pas sûre de faire le bon choix, mais elle ne voulait pas le perdre. Elle retira rapidement son sweet et son jean pour se glisser près de lui comme elle l’avait toujours fait. Kévin se retourna dans le noir, eu un moment de surprise puis la serra dans ses bras.

Ne m’en demande pas trop, supplia silencieusement Isoline en lui retournant l’étreinte.

OoO

Écarte encore une fois tes bras pour moi, s’il te plait.

OoO

29 Juillet 2030

Isoline se retourna dans le lit, puis encore, et encore. Agacée, elle se leva et alla ouvrir la fenêtre en grand pour retourner se coucher. Kévin vint se coller à elle dans son sommeil et elle le repoussa. Il faisait bien assez chaud comme cela, sans en rajouter.

OoO

Kévin ouvrit un œil avec flemme. En face de lui, Isoline lui tournait le dos et il pouvait contempler son dos nu. Le brun se redressa brusquement dans le lit et secoua la tête. Quelque chose avait du lui échapper. Discrètement, il releva le drap et soupira de soulagement à la vue de son caleçon. Il aurait été très embêté d’avoir fais quelque chose avec la brune et de ne pas s’en souvenir. Il se rallongea et regarda sa copine dormir, puis il lui tourna le dos pour se rendormir.

OoO

Deux bras passèrent à sa taille puis un corps vint se coller au sien. Kévin ouvrit les yeux, tourna la tête à angle droit pour regarder Isoline.

« Eyh you » Sourit-il.

« Eyh » Répondit-elle en plongeant son nez dans son cou.

« Fallait me le dire que t’avais si chaud la nuit dernière, je t’aurai aidé à retirer ton débardeur » Plaisanta Kévin.

La brune piqua un fard.

« T’es marrant toi ! C’était une vraie fournaise. T’arrêté pas de te coller à moi, je pouvais pas ouvrir plus la fenêtre, j’avais pas beaucoup d’autres choix ».

« Ah mais je ne me plains pas… Puis actuellement c’est toi qui te colles à moi ».

« Oui, mais c’est que maintenant, il fait froid ».

Kévin laissa échapper un petit rire, se leva et alla fermer la fenêtre avant de revenir s’asseoir sur le lit. La brune s’était assise et avait ramené ses jambes à elle, elle posa sa tête sur son épaule. Un silence s’installa puis le brun l’embrassa. Isoline était bien plus réceptive que les premières fois. Elle répondait et donnait. Doucement Kévin la rallongea sur le matelas, colla son corps au sien, effleurant ses côtes de ses doigts. Puis il stoppa son geste. S’il avait été capable de lire dans les pensées il était sûr de pouvoir entendre une alarme dans le cerveau de la brune. Il s’écarta, se relava et la regarda avec des yeux coléreux.

« Jamais avec moi ! T’entends ça Iso ? Jamais ! T’efface jamais comme ça devant moi ».

La brune se redressa à son tour et le fixa.

« Qu’est ce que ça peux te faire ? ».

« Joue pas à ça Iso ! Je ne m’appelle pas Sébastien, je n’attends pas de toi de dire oui à tout ce que je veux. T’as le droit de dire non ».

« Et si j’ai pas envie de dire non ? Si ça me va ? ».

« Tu vois, le problème c’est que je te connais trop bien pour que tu puisse me faire croire à ça ! Je te connais depuis que t’es gosses je te rappelles ».

« Fous moi la paix, Séb » Rétorqua-t-elle énervé. Puis elle porta sa main à sa bouche. « Kévin, je. Je suis désolé ».

« Nan, c’est moi ».

Le brun disparu de la pièce, laissant Isoline seule. Celle-ci ce mordit la lèvre. Elle était sûre que depuis le temps il était parti de sa tête. Pourquoi avait-elle confondu les prénoms ? Il y avait tant de différence entre les deux. Elle ramassa son débardeur qu’elle avait jetée dans la nuit et l’enfila. Elle se saisi de son jean et fit de même. Elle sorti de la chambre, salua Laura qui déjeunait et passa par le jardin dire bonjour à sa grand-mère avant de partir. Elle n’avait pas voulu blesser Kévin. Elle avait voulu le protéger de ces mots. Depuis qu’ils étaient ensemble, elle n’arrivait pas à se détendre. Elle avait peur de faire un faux pas à chaque phrase, à chaque geste. Maintenant, c’était fait, elle s’en voulait. Et elle s’en voulait d’avoir tenté alors qu’elle savait que cela allait arriver.

OoO

Finalement, je ne suis pas si effacée, puisque ce que tu veux, me plait.

Mais au final, tu me reproches une absence de caractère.

OoO

« Iso ? ».

La brune sourit inconsciemment. Elle agrandit la fenêtre de conversation de William et se mit à son aise sur son siége.

« Encore avec tes vieux démons ? » Demanda-t-il.

« Hein ? ».

« Tes vieux démons… Tu sais, ces pensées qui sont toujours dans ta tête alors que tu devrais passer à autre chose… Des choses qui te font tellement peur que tu ne veux pas les oublier de peur de les répéter ».

« Willy, tu me fais peur par moment ».

« Moi aussi. Mais bon, faut bien quelqu’un pour te secouer. Qu’est ce que tu fous là ? ».

« Ce serait plutôt à moi de te le demander ».

« J’ai une pause. Il fait trop chaud pour bosser. Presque 46 degrés. J’avais envie de te parler. Et j’ai vu que c’était pas le top ».

« À quoi t’as vu ça ? ».

« Le petit canard en photo ».

« C’est une habitude, ça ne veut rien dire ».

« À d’autres. Écoute, il va falloir que tu comprennes quelque chose : tu t’en fous de Sébastien. C’est qu’un con. Il ne t’aimait pas. Kévin t’aime, ok ? Il t’aime au point de te voir refuser quelque chose dont tu n’as pas envie et demander quelque chose que tu veux… Quand t’acceptera ça, tu ne feras plus de faux pas ».

« T’as parlé avec Kévin récemment ? ».

« Nan, Laura, elle m’a dit que Kévin était de mauvais poil depuis ce matin. Moi je cherche pas beaucoup. Je suis loin mais pas con ».

« Je t’aime Willy, tu me manque, tu reviens quand ? ».

« Je ne sais pas encore. Pour noël sûrement ».

« C’est loin ».

« Ouais, et j’espère que d’ici là, tout ira mieux entre tes vieux démons et toi ».

« … ».

« Iso, contrairement à ce que tu crois, tes vieux démons ils ne seront pas toujours là… Repoussent les et tu verras. Maintenant coupe ce PC et va voir Kévin ».

« J’en avais bien l’intention ».

« Je sais, mais j’essaye de me dire que je suis utile. Bisous ».

« Bisous ».

Isoline déconnecta sa session et se leva. Elle s’étira, faisant craquer les os de son dos et parti vers la salle de bain prendre une douche. William la faisait sourire. Cette façon qu’il avait lui aussi de lire en elle. Même dans un autre pays. Puis cette relation qu’il entretenait avec Laura. La même qu’elle-même et Kévin en un peu moins forte. Il y avait presque dix ans de différence entre les deux. La brune sorti de sa douche enfila un débardeur, une jupe et des tongs et prit le chemin qui la menait jusqu’à chez sa grand-mère. Elle n’eu pas à aller jusque là, Kévin la retrouva à mi-chemin. Ils se sourirent timidement puis Isoline se cala dans ses bras.

« Je suis désolée ».

« C’est bon, c’est ma faute, j’aurai pas dû te parler de lui. Enfin, on ne va pas revenir dessus. Tu viens à la plage ? ».

« On repasse chez moi, prendre mon maillot et c’est parti ».

OoO

J’ai eu mal une fois. Maintenant ça suffit.

OoO

Les gens quittaient la plage au fur et à mesure que d’autres arrivaient. Kévin et Isoline étaient toujours dans l’eau. Chacun assis dans une grosse bouée, se tenant la main, se laissant dériver et revenant vers le rivage.

« Tu sais Iso… Ce que j’ai dis ce matin, je le pensais vraiment ».

« … ».

« Je veux pas que tu t’efface comme ça. C’est pas normal. Et on sera jamais bien si tu fais ça. Parce que je saurai quand tu le feras et je me braquerai… ».

Isoline le tira à lui et l’embrassa.

« Promis ! ».

Puis elle souleva sa bouée et le fit tomber à l’eau jusqu’à ce qu’il fasse de même avec elle.

OoO

Lorsqu’ils sortirent de l’eau, la nuit était tombée, il était vingt-trois heures passés et un groupe de jeunes avaient allumés un feu de camp sur la plage.

« On se joint à eux ? » Proposa Kévin.

« Si cela ne te fais rien, j’aimerai manger un bout avant ».

Kévin sourit et s’avança vers le groupe, échangea quelques mots avec eux, puis ramena Isoline à lui, la présenta et la fit s’asseoir. Ils partagèrent ainsi quelques brochettes autour de bouteilles de différentes origines. Ils étaient une vingtaine, oscillant entre dix-huit et vingt-sept ans, garçons et filles, tous du même coin, réunis pour fêter la fin de leurs vacances. Isoline commença à dodeliner de la tête aux alentours de 4 heures et Kévin la raccompagna chez elle. En chemin, ils s’arrêtèrent sur un banc.

« J’y avais pas pensée avant ».

« Pas pensée à quoi ? ».

« Que c’était la fin des vacances ».

« Et ? ».

« Et je repars en Suisse jusqu’à janvier, toi tu sera sur Poitiers… ».

« Iso, ça va rien changer… Juste des week-ends très chargés… Je viendrais te voir et toi tu viendras me voir, c’est pas plus compliqué… Et tu l’as dis, après tu sera sur La Rochelle. Puis ils nous reste un mois alors autant en profiter ».

« … On peut aller chez toi ? » Demanda-t-elle alors.

Kévin lui sourit, l’embrassa et ils reprirent leur chemin.

OoO

21 Août 2030

Quelques coups à la porte réveillèrent Isoline, qui secoua Kévin et ce dernier grogna.

« Quoi ? ».

Zacharie passa sa tête dans la chambre et fixa les deux endormis, il leur sourit.

« Eh les jeunes ! Il est 11 heures et demi ».

« Génial, j’ai un réveil qui parle ».

« Ah Kév’… » Soupira Zacharie avant de reprendre « Bon, les amoureux, ça vous dit de venir manger à la maison ? Je n’en ai plus pour longtemps. Maman voulait m’entretenir d’un problème. Je pars dans une demi-heure… Ça vous va ? ».

Isoline étouffa la réponse de Kévin sous l’oreiller et sourit à son oncle, lui disant qu’ils seraient près.

OoO

« Elle te voulait quoi maman ? » Demanda Kévin alors que Zacharie démarrait la voiture.

« Elle voulait que j’ai une discussion avec toi ».

« À quel sujet ? ».

« Ton orientation sexuelle ».

« Très amusant, mais encore ? ».

« J’étais sérieux… ».

Isoline rigola doucement et attrapa la main du brun qui était sur son siège.

« Kévin, même si ça fait près de quatre mois qu’Iso et toi êtes ensemble, y’a pas grand monde qui le sait… ».

« Mais de là à croire que je suis gay… ».

« Eh ! ».

« Ça n’a rien de péjoratif, mais bon… Je suis toujours avec Iso, elle pourrait se poser la question si j‘étais toujours avec un gars ».

« Kév’, de mes quatorze ans jusqu’à plus loin que mes vingt ans, je passais plus de temps avec Etna qu’avec n’importe qui d’autre… ».

« Correct » Admis Kévin en faisant claquer sa langue.

Zacharie gara la voiture et descendit, suivit par les deux jeunes. Il passa sa main dans ses cheveux et grogna à la porte fermée à clé. Puis annonça à son frère et à sa nièce que si ils voulaient manger, ils allaient devoir escalader le portail qui donnait sur le jardin. Une fois l’obstacle franchit, les deux jeunes dressèrent la table dans le jardin tandis que Zacharie appelait Adrien et Etna. Cette dernière arriva quelques minutes après, les bras chargés de courses, Lucas et Louise à sa suite qui lâchèrent les sacs pour se jeter sur Isoline et Kévin. Isoline aimait beaucoup cet endroit. Cela n’avait plus rien à voir avec la petite maison que Etna, Zacharie, Ilme et Adrien se partageaient quand elle était plus jeune. Ils avaient aménagés quelques pâtés de maison plus loin. Maintenant, ils avaient un jardin regroupant trois petites maisons séparées. Chacune se composait d’un salon, de deux chambres, d’une salle de bain, et d’une cuisine. Celle de Zacharie et Adrien était en construction pour rajouter un étage. Seuls Etna et Yann, son mari, habitaient du côté de Bordeaux avec leurs enfants et revenaient passer les week-ends dans leur petite maison. À 1 heure, toute l’équipe était là. Ilme était rentré de l’apéritif chez Chloé et Brice. Adrien revenait de l’Insolite où il était allé aider Donyphane. Ne manquait plus que Yann qui arriverait après le repas.

Isoline fixa Lucas. Celui-ci était la réplique parfaite de Zacharie à dix huit ans, alors qu’il n’en avait que quinze. Le brun était tombé sur une photo de son oncle avec l’iroquoise et l’avait tout de suite adopté, même si sa mère c’était opposé à la décoloration. Zacharie, lui, avait quitté son iroquoise pour laisser ses cheveux lui tomber sur les yeux et la nuque. Cela lui allait bien et Adrien adorait passer sa main dedans. Louise avait les cheveux aux carrées, roux clair sur des yeux verts. Elle n’avait que trois ans de moins que Lucas, mais ils étaient très proche. Tout autant qu’elle l’était avec Kévin. Isoline adorait ennuyer Lucas. Louise aussi, mais elle s’emportait plus difficilement et donc il était difficile de la faire marcher, mais la brune l’aimait tout autant. Elle avait toujours considéré Etna comme sa tante et donc Lucas et Louise comme ses petits cousins et le sentiment était réciproque. Ensuite, il y avait Ilme. Qui était aussi son oncle. Depuis sa naissance, elle avait rarement vu Zacharie sans Etna ou Ilme. Ils faisaient parti de la famille, aussi bien pour elle, que pour Kévin ou même Nathalie et Carole. Souvent, elle trouvait triste qu’Ilme vive seul. Puis elle s’était faite à l’idée. Le rouquin allait bien et était entouré par Zacharie, Adrien et Etna, ainsi que sa famille et ses dix neveux. De quoi le rendre heureux, malgré tout. Et puis même, cela n’avait pas l’air de le déranger tant que cela. Isoline se sentait bien, dans le jardin, entourée par une partie de sa famille.

« Qu’est ce que vous penseriez d’un gros repas de famille le week-end prochain à la maison avant que les cours ne reprennent ? » Hasarda-t-elle alors que Kévin et elle s’apprêtaient à partir.

« Y’a que toi pour vouloir fêter la fin des vacances » Plaisanta Yann.

« Oh allez ! C’est pas souvent qu’on peut réunir tout le monde ! Je fais la cuisine ».

« Cela parait très sympa… Il faudra voir ça avec Carole » Pointa Zacharie.

« Plutôt avec maman… Il y a plus de place dans son jardin » Souligna Kévin.

« Peu importe » Coupa Ilme « Vous mettez ça en place et puis vous nous dites, ok ? ».

« Ça marche comme ça. Bonne soirée les monstres » Salua Kévin à l’intention de Lucas et Louise.

OoO

« Qu’est ce qu’on fait maintenant ? » Demanda Kévin en longeant la plage pour rentrer chez lui.

« On se trouve un coin isolé sur la plage et on va faire trempette ? ».

« Juste trempette ? Ou tu vas encore essayer de me couler ? ».

« Ah bah ça fait partie de la trempette… Mais on peut changer le programme ».

« Ouais… On va allait expliquer à ma mère que je ne suis pas gay puis on va essayer d’inviter tout le monde pour samedi soir prochain ».

« Mouais ».

« Ça ne te plait pas ? ».

« J’aurai bien voulu être un peut toute seule avec toi ».

« Bah, on a toute la soirée » Dit-il en l’embrassant puis il la fixa « Allez, va pour trempette ».

OoO

« Dis Kév ? » Demanda Isoline, en se redressant sur sa serviette de bain et fixant le torse du brun.

« Quoi ? ».

« Ce tatou, tu le regrettes jamais ? ».

Tout en parlant, elle traçait du doigt le soleil tribal dessiné sur la clavicule gauche du brun.

« Jamais, pourquoi ? ».

« Comme ça. Je me rappelle comment mes parents avaient crisés à cause du mien ».

« Tu m’étonne, le lendemain de tes dix huit ans ! Normal qu’ils aient gueulés ! Et tu veux que je te dises pourquoi je ne regrette pas ?».

« Oui ».

« Et bien » Il attrapa le poignet qui lui effleurait la clavicule, le retourna et embrassa doucement ce même soleil tribal qui était dessiné sur ses veines « Peut être pour me dire que c’est quelque chose que nous avons tous les deux et que ce n’était pas voulu ».

« Comment ça »

« Rappelle toi. Le mien avait quatre mois, je l’avais fais à noël. Tu es allé chez le même tatoueur avec moi et il t’a montré une liste. Quand tu as choisi ce soleil, tu n’avais encore jamais vu le mien. Tu ne l’as su que quelques minutes après quand il te l’a dit ».

« Je ne m’en rappelais plus ».

« Je sais. Tu t’étais arrêté dessus et tu l’as pris. T’as pas essayé de voir ce qu’il y avait d’autres. T’avais flashé dessus. Ce jour-là, ça m’avait fais sourire. Rien de plus. Maintenant, je me dis que ça me rend joyeux ».

Isoline sourit et l’embrassa.

OoO

Nathalie et Laura installaient les plateaux de bois dans le jardin. La famille serait réuni au complet dans près de deux heures. Au total, 17 personnes. Elle était soulagée qu’Isoline ait pris en main la cuisine. Carole arriva avec Isaac – William étant en Italie- vers 11 heures et demi pour apporter une table en plus et quelques chaises. Puis arrivèrent Stanislas, Andréa et Marilou avec l’apéritif. Puis Ilme, Etna, Yann et les deux enfants qui – à peine arrivés- sautèrent sur Laura. Nathalie s’avança à la cuisine pour voir comment s’en sortaient Isoline et Kévin. Elle retint son pas à l’entrée et repartie vers le jardin. Ils s’en sortaient très bien. Du moins, sur un point autre que culinaire. Elle demanda à Zacharie de bien vouloir aller les chercher pour l’apéritif.

« Grillés » Déclara le brun en entrant dans la cuisine où, Isoline enfournait deux poulets dans le four et Kévin finissait de tartiner les toasts.

« Grillés ? » Demanda Kévin en léchant son doigt.

« On vous attends pour l’apéro… » Répondit simplement Zacharie.

Isoline se lava les mains, Kévin retira son tablier et ensemble ils avancèrent vers le jardin, avec les deux plateaux de toast.

« Mieux qu’un trois étoiles » Complimenta Lucas avec un clin d’œil et en s’appropriant trois petits fours.

OoO

« Avant que ce repas ne s’achèvent » Commença Nathalie en levant son verre, « J’aimerez porter un toast à deux personnes ».

Isoline se réinstalla dans sa chaise, soudainement mal à l’aise, se rappelant son oncle plus tôt dans la cuisine : « grillés ».

« À Kévin et Isoline, qui ont apparemment trouvés leur autres moitiés et à qui je souhaite bien du bonheur… ».

« Et on peut savoir qui c’est ? » Demanda Carole, qui était aux côtés de Kévin.

« Elle vient de le dire… » Grogna Kévin, mal à l’aise à son tour.

Excepté les parents d’Isoline et Accarias, tout le monde présent devait être au courant.

« Allons, Iso, tu vas pas le laisser tout seul dans la galère quand même » Plaisanta Nathalie.

Carole, Isaac et Accarias passèrent de Kévin à Isoline, devenue rouge, puis de retour à Kévin, devenu entre-temps cramoisi puis demandèrent à l’unissons :

« Tu veux dire ? » Nathalie hocha la tête « Et depuis combien de temps ? » Demanda Carole avec un grand sourire.

« Juste quatre mois » Coassa Kévin.

« Toujours les derniers aux courants » Grogna Accarias « Je comprends mieux maintenant » Dit-il à l’intention de Kévin, en lui souriant « Puis j’approuve plus ».

OoO

Isoline regarda les jeunes mariés ouvrir la danse, puis après quelques minutes, Kévin et elle rejoignirent la piste en même temps que d’autres couples. Erwan était un cousin par alliance. Ils n’avaient jamais étaient proches mais s’entendaient bien à leur rencontre annuel. Après cinq ans de vie commune avec Julia, il s’était décidé à la demander en mariage. Et voilà comment Kévin et elle-même se retrouvaient ici, en Normandie. Le temps avait était doux. Pas trop chaud puisque le mariage avait eu lieu le matin. La chaleur commençait à apparaître alors qu’ils se levaient de table.

« Écoute Iso, je te fais danser quand tu veux plus tard, mais la chaleur et la bouffe… Tu me connais » Glissa Kévin en quittant la piste de danse après la première chanson.

« Tu veux aller t’allonger dans la voiture pour faire une sieste ? » Proposa la brune.

« Non… On va aller faire un tour sur la plage. Une heure ou deux ».

Isoline accepta et ils sortirent de la salle sans encombres et s’avancèrent sur la plage. De nombreux couples avaient suivi leurs exemples et profitaient du soleil de juillet.

OoO

« Kévin, ça fais déjà deux heures, on y retourne ? En plus tu vas finir par attraper un coup de chaud ».

Le brun ouvrit les yeux et fixa la jeune fille au-dessus de lui, passa ses bras à son cou pour l’attirer vers lui et l’embrasser. Puis la tira complètement sur lui, jusqu’à ce qu’elle lui tombe dessus. La brune cria de surprise puis accompagna Kévin qui riait.

« Ça te dirais pas toi ? » Demanda le brun en reprenant son sérieux.

« De ? ».

« Te marier ».

Isoline fixa Kévin un instant, cherchant le moment où il allait éclater de rire puis se résolu à répondre.

« Si, bien sûr, mais pas avant quelques années ».

« Je suis pas le bon ? » Continua-t-il en la poussant dos contre le sable, lui envoyant tout le soleil dans les yeux.

« Si, bien sûr que si… Mais je me trouve trop jeune pour un mariage, c’est tout ».

« On en reparlera dans deux ou trois ans alors » Déclara Kévin en lui tendant une main pour la relever.

La brune le suivit docilement, se demandant s’il avait été sérieux, puis se rendant compte qu’elle l’espérait fortement. Les choses avaient évoluées, remarqua-t-elle, depuis leur premier été, deux ans auparavant. Ici, il n’était pas question de s’effacer pour le garder près d’elle. Les mots n’étaient pas à sens unique. Maintenant, elle était sur Poitiers avec Kévin, chacun dans leur occupation : Kévin dans son entreprise, fraîchement intégré et elle dans son hôtel. Sébastien était devenu un ami lors des –rares- soirées où ils se croisaient. Ils passaient toujours un bout de soirée tous les deux sur un verre, mais, elles étaient bien loin ses pensées de soumission qu’elle avait eu une fois à son égard dans l’espoir de le garder près d’elle. Isoline serra la main de Kévin dans la sienne et lui sourit. Il lui rendit et l’embrassa furtivement avant d’entrer dans la salle des fêtes louée pour l’occasion.

Fin

Fini !! Que d’optimisme ces jours-ci ! Ce doit être le soleil… Enfin, j’espère que ce one-shot vous aura plu. Il m’a donné des difficultés sur la fin, mais il me plait.

Réponses aux reviews de « Trop Faible » :

Lady Kaoru Anarchy : Toujours là à lire à ce que je vois. Cela fait plaisir, le dernier commentaire surtout. En espérant que cela te plaise toujours. Biz.

Paprika Star : Ah toi ! Tu m’as fais ressentir une culpabilité. J’avais l’intention de mettre les derniers extras en pose pour quelques temps. Puis ta review… Enfin… Je voulais attendre d’avoir fini un autre OS avant de mettre celui-ci en ligne, mais maintenant qu’il est fini, je vous le poste. C’est toujours plus sympa À bientôt j’espère.

Tordue : Merci pour ce commentaire général. J’espère que ce chapitre t’aura aussi plu. Bisous.

À bientôt j’espère.

Cerbère.



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