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Quatre
Épilogue
Ils avaient passé par de nombreuses ruelles sombres et peu fréquentées. Nul doute qu’Asran les connaissaient toutes. Finalement ils parvinrent à l’arrière d’un bâtiment.
« C’est là que j’habite ! Au deuxième étage. Expliqua Asran. Ma petite cachette rien qu’à moi. Ça ira jusqu’à ce qu’on ait trouvé le moyen de partir le plus loin possible. »
« Je savais que tu habitais ici. Déclara Saï d’une voix égale. Je t’ai vu en sortir. »
Le visage d’Asran se figea :
« Et Rooks le sait ? »
« Non. Il ne me l’a jamais demandé. »
« Alors ça va. »
Ils restèrent un moment silencieux devant la porte.
« On attend quoi ? Demanda Louis, un peu surpris. C’est pas que je suis pressé de me trouver à l’abri mais … un peu, quand même. »
« Asran n’a pas les clés. Soupira Lens. »
« Pas la peine de lire dans mes pensées, j’allais le dire ! Grommela Asran. »
« Est-ce que c’est Rooks qui t’a pris les clés ? Demanda Saï. Si c’est le cas, il risquerait de retrouver l’endroit où tu vis. »
« Nan … j’ai jamais mes clés sur moi. D’habitude c’est ma colocataire qui m’ouvre. »
« Ta colocataire ? S’exclama Louis. Et tu comptais nous montrer à elle ? »
« Elle est de confiance. Et puis j’ai besoin d’elle pour contacter ceux qui nous aideront à quitter discrètement Yorna. Vous comprendrez que je n’ai pas spécialement envie de traîner toute la journée dehors à chercher de l’aide. Élisa le fera à ma place. »
« Si on abrégeait ? Soupira Lens. On fait comment pour entrer ? »
« La fenêtre du salon est ouverte. Remarqua Saï. »
« Tiens, c’est vrai. Acquiesça Asran. Élisa devrait faire attention. Elle ne se méfie pas assez des voleurs… »
Saï se permit un sourire, ce qui ravit Asran.
« Bon, j’y vais. Je vous avertis, elle ne sait rien de ma vie spectrale … »
« Ta vie … spectrale ? Répéta Louis, perplexe. »
« Il parle de sa vie de Fantôme … Soupira Lens. Je sais, Asran qui fait de l’esprit, c’est bizarre et son sens de l'humour laisse à désirer… »
Asran fusilla Lens du regard. Il jeta un regard autour de lui et Saï observait les alentours avec la même attention. Louis et Lens échangèrent un regard surpris. Qu’est-ce qu’il leur prenait, tout à coup ? Et puis soudain, Asran se replia sur lui-même, comme un félin, et bondit lestement … pour atterrir sur le rebord de la fenêtre, deux étages plus haut. Lens et Louis regardèrent Saï, les yeux écarquillés de surprise. Celui-ci ne fit aucun commentaire. D’abord Asran leur faisait traverser une porte comme s’ils étaient capables de traverser la matière et à présent, il exécutait un bond de près de dix mètres de haut…
Asran descendit du rebord de la fenêtre. Il se trouvait dans le salon. Il sortit de l’appartement, descendit les escaliers, et de l’intérieur put ouvrir la porte à ses amis. Ils les mena jusque chez lui. Mais la porte était entrouverte. Il était pourtant sûr de l’avoir refermé derrière lui. Saï semblait ressentir ses soupçons, car il s’apprêtait à faire apparaître l’une de ses lames. Asran le retint par le poignet et risqua un appel :
« Élisa ? »
La porte de l’appartement s’ouvrit soudainement en grand. La silhouette mince et joliment sculptée d’une jeune femme leur fit face. Elle avait de longs cheveux châtains attachés en une sorte de chignon. Elle avait l’air en colère mais la surprise prit le dessus.
« Asran ? Où étais-tu ? Et qui sont … tes amis ? »
« Je t’expliquerai plus tard, Liz. On a juste besoin de se reposer. »
Il entra et invita ses amis à faire de même. Élisa observa les trois garçons.
« Lens ?
Je ne t’avais pas reconnu ! Toi aussi ça faisait un
moment que je ne t’avais pas vu … Le Père Maxime disait
que tu avais retrouvé ta famille … »
« Si
c’était vrai … Soupira Lens. »
Il se laissa choir dans l’un des fauteuils du salon.
« D’où vous débarquez ? Reprit Élisa. Vous êtes habillés bizarrement. »
Saï n’appréciait pas vraiment qu’on le déshabille du regard comme la jeune femme était en train de le faire. Quand elle s’aperçut du regard de tueur de l’inconnu, elle cessa son observation pour porter son attention sur Louis.
« Je t’ai dit qu’on t’expliquerait plus tard, Lizie. S’il te plaît. Je suis complètement vanné et je suppose qu’eux aussi... Au fait, le grand et beau jeune homme aux yeux verts c’est Saï. Et celui que tu reluques allègrement, c’est Louis. »
Louis vira rouge tomate. Saï fit une légère grimace. Et Lens, pour détendre l’atmosphère, se permit d’éclater de rire.
« Vous avez faim ? Proposa Élisa. »
« Je suis affamé ! S’exclama Asran. Dis, tu nous prépares quelque chose, Lili ? »
« Pas de problèmes … »
Et elle s’éclipsa. Louis s’assit près de Lens et soupira. Saï s’approcha de la fenêtre et la referma. Mais au lieu de rejoindre ses amis autour de la table basse, son regard se perdit au-dehors.
« T’inquiète pas, ça ira. »
Asran se posta près de lui, un air chaleureux et réconfortant sur le visage. Comme lors du songe de Lens, dans ce magnifique jardin …
« Tu ne peux pas t’en empêcher, hein ? Tu le détestes, pour ce qu’il a fait. Mais c’est la seule famille que tu aies jamais eu. Tu ne peux pas t’empêcher de te sentir mal de l’avoir trahi, malgré tout… »
« Comment sais-tu … ? »
Saï rencontra les yeux bleus et tristes d’Asran.
« C’est la même chose pour moi. Avec ma mère. Elle ne vaut pas mieux que Rooks, tu sais. »
« Tu me raconteras, un jour, pourquoi tu as fui ta mère, il y a trois ans ? »
« Un jour, peut-être … Répondit Asran d’un air rêveur. »
Puis il reprit, à voix parfaitement audible, puisque Élisa était de retour dans le salon, et qu’il ne voulait pas éveiller ses soupçons :
« Liz, il va falloir que tu nous aides à quitter la ville au plus vite. »
« Qu’est-ce qu’il se passe, Asran ? »
« Je ne peux pas te le dire. Disons simplement que nous sommes poursuivis. Nous n’avons rien fait de mal. Ajouta-t-il devant l’air effaré de la jeune femme, qui servait à manger sur la table basse. »
« Je suppose que je te dois bien ça, Asran. Je m’en charge tout de suite après. Autre chose ? »
« Il leur faudrait des vêtements. Répondit-il en désignant ses amis. »
« C’est sûr que ce n’est pas dans les tiens qu’on va rentrer ! S’exclama Lens. »
« On se passera de tes commentaires, Madame Irma. Lança Asran avec un sourire amusé. Inutile de te dire, Lili, qu’il faut garder tout ça pour toi. »
« Ça va de soi. Remarqua la jeune femme. Je vous aiderai. »
Et elle s’éclipsa. Les quatre garçons profitèrent de ce moment de répit, le seul depuis bien longtemps et le seul avant un long moment. Il leur faudrait fuir Yorna, fuir loin de Rooks et de son laboratoire.
FIN
Et voilà, c'en est terminé de Quatre :) La fin reste on ne peut plus en suspens, je le sais bien ... :') J'espère que vous avez tout de même apprécié cette fic et que la fin ne vous déçoit pas de trop !
Assaya