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Auteur : Naera Ishikawa
Disclamer : Eh bien, tous les persos m’appartiennent :D.Ratting : K… pour tout le monde quoi :p.
Genre : heu… tout mimi ?
Note de l’auteur : Hello, hello. Eh bien comme vous l’avez lu sur la page précédente… J’espère que ce OS sans prétention vous divertira au moins un peu. Si vous reconnaissez, oui, cette histoire est quand même inspirée (un peu) de Dirty Dancing 2 : si vous ne l’avez pas vu, courez le voir, il est génial ! Enfin… Bonne lecture à tous et à toutes. Bisous. Naera.
PS : merci à Sushi qui m’a encore relu et donné son avis :).
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Sur un air de danse latine.
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Ces sons. Tous ces sons dans ma tête. Ils me vrillent les tympans, sans relâche. Je les aime ces sons, mais ils me rendent folle. Toujours, à jamais. Il faut que je les écrive, qu’ils sortent de ma tête.
Parfois, je n’arrive pas à les écrire. Des jours passent et je reste devant ma feuille pleine de portées vierges de toutes notes. Et elles m’obsèdent. Elles sont à la fois si omniprésentes et absentes. Est-ce les prémices de la folie ? Je ne l’espère pas.
Do, ré… Accord de cinquième, demi-cadence.
Je ne sais pas, je ne sais plus. Je ne veux plus savoir.
Je veux juste composer, jouer. Ces notes qui ne sortent plus de ma tête. Je les aime, puis je les hais. Je les adore puis les délaisse. Je ne sais plus quoi en faire, plus comment faire.
Je n’en peux plus, passer des nuits, des jours entiers devant cette feuille, posée sur ce bureau. Je m’en rend malade, j’en pleure. Je finirais par les vomir, ces notes de musique. Elles me font tellement souffrir, tellement peiner.
Je ne sais plus que faire.
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Je marche. Tout n’est que son, note de musique. La rue entière en est composée. Le passant qui boîte un peu : do d’un côté, un quart de ton de plus que do de l’autre. La pluie qui tombe contre un carreau : si. Le vieil homme qui passe à côté de moi, sifflote : mi, sol, la, fa dièse… mi, la, si… la, si ré la ré si ré la… La bande de rockeurs qui sort de je ne sais où… L’un deux chante en même temps qu’il mime son mouvement de doigt sur la basse : la si do dièse…
Je marche. Hagarde, tous ces sons me vrillent les tympans. J’ai peur de devenir complètement dingue. Il faut que j’arrive à me focaliser sur quelque chose. Vite. Me rattacher à quelque chose. Ca y est, j’entends quelque chose de particulier. Une mélodie claire qui se détache du reste. J’avance vers elle.
J’y suis.
Je ne pensais pas voir cela un jour. Ces gens qui dansent en pleine rue, qui accompagnent tellement bien la musique. Les corps s’emboîtent les uns dans les autres, telle une parfaite symbiose. Cet homme, jambes à moitiés pliés, la droite entre celle de sa partenaire. Ses bras l’enlacent au niveau des épaules. Elle, elle a ses bras autour de sa taille. C’est si… Sensuel. Cela s’accorde bien avec la musique.
Les notes chaudes de la musique latine enlacent ces corps.
C’est une parfaite communion. Cela me fascine. Je ne pense même plus aux notes, elles ne font plus parti que d’un fond, il ne reste que les mouvements. Je ne pense plus. Cela faisait longtemps. Je m’assoies sur le trottoir à côté et je les regarde. C’est magnifique, ce sont des artistes tous ces gens, ils font ce qu’ils veulent de leurs corps. Je les envies.
Un jeune homme, au milieu de tout ça, passe de corps en corps, suivant la musique, se déhanchant sensuellement. Il m’attire. Comme un papillon, la lumière. Il me regarde. Je dois l’intriguer, une fille avec des cheveux dégoulinants d’eau assis sur un trottoir en face de gens qui dansent sous une halle.
Il se rapproche.
-Tu t’es perdue ? me demande-t-il.
-Non, je ne crois pas. Je regarde.
-Ca te dirait de faire plus que regarder ?
Il me tend la main, je lui souris. Je la lui prends. Il m’entraîne sur ce qui tiens lieu de piste. Je sens les notes m’envahir, mais ce n’est plus pareil que d’habitude, elles ne m’agressent plus, elle m’envoûtent. Je suis un peu raide contre mon partenaire mais je m’adapte vite au rythme. Les sons m’entraînent. Ils sont si entiers, si profonds… Chauds et graves, ils n’attaquent plus mes oreilles, ils bercent.
Mon partenaire sent réellement la musique, c’est fantastique. Ses yeux sont dans les miens, espacés de seulement quelques centimètres. Sa main droite sur ma hanche et sa gauche descend le long de ma jambe. On est emboîté l’un dans l’autre. Je suis maintenant un des corps que je regardais toute à l’heure.
Mon corps se couvre de sueur. Cette danse est comme une représentation de l’acte d’amour, par extrapolation… je pourrais participer à une orgie. Qu’est-ce que je ne vais pas chercher comme bêtise. Je me cambre contre mon partenaire, sa main me retient dans le dos. Mes mains sont autour de son cou et l’une se perd dans ses cheveux. Je balance doucement des hanches, puis il accélère le mouvement à l’aide de coup de reins.
On repart de plus belle dans la danse…
Toute la nuit…
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J’ai rêvé cette nuit. Dans mon rêve, il y avait une jeune femme. De taille moyenne, une taille fine, des cheveux roux tirant sur le auburn coupés aux épaules, les yeux verts, des taches de rousseurs, des lèvres bien dessinées… Tout rappelle ses origines irlandaises… Cette fille porte une malédiction, si tenté qu’on puisse appelé cela ainsi, certains nomme cela « un don ». Elle entend des notes dans tous les sons. L’oreille absolue. Que ne donnerait-elle pas pour ne pas pour ne plus l’avoir. Elle se rappelle, avant, quand elle était plus petite, tous ces professeurs de musique vantaient cela aux autres. Elle irait loin cette petite avec son oreille. Sauf que cette petite a grandit et que cela la rend folle, peu à peu…
Et cette fille, c’est moi. Voilà à quoi je ressemble du haut de mes 17 ans. Une gamine un peu trop douée pour les sons, ce qui risque de finir par la faire sombrer dans une folie décalée dans ce monde.
Il y avait aussi ce jeune homme, celui de la soirée qu’elle avait trouvé dans la rue. Pas très grand, juste un peu plus qu’elle, brun, la peau café au lait et des yeux couleur d’amandes. Sûrement des origines espagnoles là-dedans… Ou italiennes. Quelque chose de bien sanguin, au vu de la manière avec laquelle il dansait. Si bien, tellement en accord avec la musique.
Dans ce rêve nous dansions sur un nuage, je voyais nos deux corps s’épouser, se fondre l’un dans l’autre. Dangereusement, lentement. Cela me paraît démesuré, dans un proportion au départ inconcevable…
Il faudrait que je le revoie…
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Quand je suis arrivée au conservatoire lendemain, avec ma tête de déterrée, tous m’ont posés des questions. « Qu’est-ce que tu as fait cette nuit ? », « T’as l’air de t’être bien amusée ! », « Quel est l’heureux élu ? »… S’ils savaient. Ce n’est pas à eux que j’en parlerais.
-Airmid !
Quelqu’un m’appelle. Une grande brune aux allures élancées, ma meilleure amie dans ce bas monde, me court derrière et se stoppe à mes côtés. Elle reprend la parole :
-Comment vas-tu ? J’étais inquiète, je n’ai pas réussi à te joindre hier soir.
-Ca va beaucoup mieux. Don’t worry ! I’m ok.
-J’espère bien. Tu as l’air un peu fatiguée, tout de même…
Je lui fais un grand sourire.
-Je t’expliquerais… pendant le cours de chant.
On rigole toutes les deux. Et on se dirige vers notre prochain cours. Danse… On va voir ce qu’on va voir, surtout comme la prof nous laisse toujours un temps de libre au départ, pour laisser nos corps s’exprimer comme elle dit si bien. On verra ce qu’elle pense de ce que je peux reproduire d’hier soir.
Je me dirige vers Xavier, je pense que si je lui explique un peu ce que je veux montrer, il me suivra. Il aime bien ce qui est nouveau, il va être ravi. Je lui souris, il me répond. Je lui expose ce que je veux faire. Son sourire s’agrandit.
Mme Valentino, la prof, lance la musique. Plusieurs s’étirent dessus, certains répètent deux, trois figures, d’autres improvisent. J’entraîne Xavier dans un bout de la salle. Il me regarde, attendant un peu des directives.
-Ok, lui dis-je, plis un peu les jambes, mets-en une entre les miennes. Voilà. Une main dans mon dos, l’autre sur mon épaule. Ok, danse maintenant, n’ai pas peur du contact là…
Je me marre, lui aussi. Mais ce n’est pas pareil qu’hier, aujourd’hui, la musique m’agresse plus. Mon partenaire n’est pas si réceptif, il hésite… Même s’il faisait la même chose, ce ne serait pas pareil. Ce garçon d’hier a quelque chose de particulier en lui. Et cela m’attire, lui et sa musique.
Xavier prend le pli, même si la musique n’est pas trop en accord. Je vois Mme Valentino qui se rapproche, elle nous regarde danser avec un air circonspect. Elle nous tourne autour, regarde les différents mouvements. Puis, à un moment, elle éteint la musique. Plusieurs de nos camarades nous regardent, les joues un peu rouges. Hehe.
-Cela suffit pour l’instant. Pas mal, Airmid et Xavier, mais on pourra améliorer.
Elle marque une petite pause puis reprend :
-Ok, on va changer de thème pour aujourd’hui. Vous m’avez donnée une idée vous deux, on va exploiter le thème de la danse latine. Mettez vous par couple de deux, autant que faire se peut, mixte… Sinon ceux que ça ne dérange pas les mains baladeuses de personne du même sexe peuvent se mettre ensemble.
Avec Xavier, on se regarde. On reste ensemble, c’est d’accord, on va s’éclater.
-Quelqu’un s’y connaît ou pas, parmi vous ? A part le couple qui s’est lancé tout à l’heure.
Une seule main se lève, timidement. Un p’tit gars débarqué il y a peu dont ne sait où. La prof lui fait signe de s’approcher. Ils échangent quelques mots, puis elle va chercher un cd dans la pile qu’elle a. Elle le met dans la stéréo, monte le son, met le tout en route. Ce sont le même genre de notes chaudes qu’hier, elles ne dégagent pas d’agressivité.
La prof se rapproche de Javier, c’est son nom, et ils dansent quinze petites secondes. La prof s’arrête, l’air satisfait. Elle me regarde. « Javier, tu vas aller avec Airmid, elle a l’air de bien s’en sortir. Xavier, tu prends la partenaire de Javier. On va voir ce que cela donne ». Je lui souris alors qu’il s’approche, il fait de même. Son visage me dit quelque chose, j’en suis sûre.
Il est dans la musique, lui aussi. Nos deux corps se mettent en mouvement, ils s’emboîtent, on se rapproche d’hier soir. Hier soir, voilà où je l’ai croisé. Il devait être dans la foule de gens qui dansaient. C’est moins intense qu’hier soir, ce n’est pas le bon contexte, ni la bonne personne. Je n’arrive pas trop à me détendre. Je sens son souffle contre mon oreille.
-Fais comme je t’ai vu hier soir avec Alejandro, ne vois que ton partenaire, n’entends que la musique… Laisse toi porter.
Alejandro… C’est ainsi qu’il s’appelle. Je fais ce qu’il me dis. J’imagine que je suis avec lui, je ferme les yeux.
Le cours se finit après la mise au point de quelques mouvements basiques de cette danse avec les autres et nous nous dirigeons vers nos deuxièmes cours, plus mous, moins enthousiastes. Johanna et moi avons chant… On va bien parler je crois. Nous nous installons dans la grande salle de répétition du conservatoire qui sert aussi de salle de chant.
« Alors, qu’est-ce que tu as fait hier soir ? » me murmure-t-elle à l’oreille. Je me mets en devoir de tout lui raconter, mon petit coup de folie, ma sortie, ma rencontre avec cette danse, ses personnes, Alejandro. Elle m’écoute, me posant des questions par ci, par là… Elle me fait promettre de lui dire la prochaine fois que je sors et que je compte retourner là-bas, qu’elle vienne avec moi.
On ira ce soir…
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Il est vingt heures. J’attends Johanna qui tarde a sortir de notre salle de bain commune. Qu’est-ce qu’elle peut bien faire là-dedans ? Elle sort. Pas mal le résultat. Elle a mis une robe près du corps orange qui contraste bien avec le noir de sa peau et de ses cheveux, cela la met bien en valeur. J’ai pour ma part opté une jupe noire avec des volants qui descend jusqu’au dessus du genoux, avec un petit top vert, en accord avec mes yeux…
Avant de sortir, j’empoigne un sac en bandoulière noir et y glisse des affaires ainsi que mon baladeur mp3 que je visse sur mes oreilles avec du Korn dedans, les sons graves de leur musique me reposent les oreilles, au contraire de ceux de la rue. Je lirais sur les lèvres de Johanna si elle me parle.
Je refais le même chemin qu’hier, je suis juste un peu plus sure de moi et une présence amie m’aide bien. Au détour d’une rue, je retire mes écouteurs. Mes aïeux, il y a tellement de bruits différents. Puis je repère le même genre de musique qu’hier soir. Basse, Sensuelle… Fabuleusement dansante. Johanna me prend la main et m’entraîne vers la source de la musique. Je rigole de sa précipitation.
Elle se stoppe devant le spectacle de tous ces corps entrelacés. Elle est époustouflée, je crois. Ce n’est pas tous les jours que l’on voit autant de gens danser au même rythme, avec une telle ferveur, une telle passion. Puis, elle se retourne et me souris.
-Alors, c’est lequel, le fameux Alejandro ?
Je scrute la piste. Il n’est pas encore là, il est plus tôt qu’hier en même temps. On reste un petit moment à regarder, puis on décide de se mêler à la foule. On reprend facilement le rythme, nous amusant comme des petites folles.
Puis, je le vois arriver et se mêler à la foule. Il se dirige droit vers nous. Je sais qu’il m’a vu, son regard me brûle, je souris. Il est en face de moi. Son corps se met en mouvement, je lui tends la main, il la prend. Je me retourne et fais un petit signe de la main à Johanna, qu’elle ne s’occupe plus de moi. Je crois qu’elle ne s’en occupait déjà plus, elle danse avec Javier. Je leur fait un sourire, qu’ils me rendent tous deux.
-Tu es revenue, alors ?
J’acquiesce.
-Pourquoi ? Si ce n’est pas trop indiscret…
-Parce que je ne peux pas oublier ni cette musique aux sons chauds, ni cette danse, ni même toi. Cela me donne l’impression de revivre.
Il sourit. Un sourire en coin qui me fait rêver. Je retrouve la même sensation qu’hier, nos corps se répondent, sont parfaitement en rythme. Ses mains parcourent mon corps comme les miennes le sien. Son dos est bien musclé, sa taille fine, ses fesses fermes. Je sens sa main qui remonte sur ma cuisse, je le laisse faire. Je suis bien ainsi, perdue dans la musique et dans ses bras.
La soirée passe à la vitesse de la lumière, tout est si bien.
« Je ne sais pas si nous serons encore là demain soir… Demande à Javier, si tu veux toujours revenir. Ca me ferait plaisir. » Il sourit.
« Je lui demanderais, dis-je ».
On se sourit.
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C’est reparti. Cela faisait longtemps, une semaine pour être exacte. Depuis que j’ai rencontré cette musique et ce garçon. J’étais en train de composer un nouveau morceau, un qui ressemble à cette musique, des sons chauds, un rythme entraînant. Puis, par faute d’inspiration, je me suis mise à déambuler dans le conservatoire.
Sauf que je n’ai pas pensé que plein de monde à cours à cette heure-ci. Un cours de débutants de violons –mes aïeux… -, des cours de chants, de guitare… Tous ces sons, se mélangeant à qui mieux mieux. Je me plaque les mains sur les oreilles, je ne veux plus les entendre. Je me déplace, il faut que je trouve un endroit calme. Les toilettes, elles sont éloignées et donc avec seulement un peu de bruit qui passe.
Voilà, du calme. Pour peu de temps, je le sais. Juste le temps que mes oreilles s’habituent au silence et captent d’autres sons. Celui qui veut mon système auditif, je le lui donne… Avec des sous en plus !
Les sons arrivent, j’appuis mes mains contre mes oreilles. Pourquoi n’ai-je pas pensé à prendre mon baladeur ? Je n’en peux plus…
C’est ainsi que Johanna et Javier me retrouvent, une demi-heure plus tard.
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Je ne peux pas y retourner ce soir. A cause de ma crise passagère de cette après-midi. Johanna s’est montrée intraitable. « Non, tu ne sors pas. Tu te visses ce baladeur sur tes oreilles et tu dors »… Merci bien. Ce n’est pas ainsi que je vais avancer. Je ne rêve que de retrouver cette musique et ce corps contre le mien.
Sons chauds, notes graves et prenantes.
Mais en attendant, je me repose avec le violoncelle des suites de bach. Le violoncelle, un instrument que j’apprécie beaucoup, avec la flûte à bec (à partir de l’alto et de la ténor surtout)… Leur musique est comme je l’aime : grave, douce, chantante… C’est pour cela que j’en joue.
Mais je ne peux m’empêcher de penser à Johanna, Javier… Alejandro quand je vois le lit vide de ma colocataire. Ils doivent être de danser comme des dingues à cette heure-ci. Et moi je reste ici, seule, à me tourner les pouces. Je les imagine, se déhanchant sur la musique, j’aimerais être avec eux.
Tant pis pour ce que pourra dire Jo, j’y vais.
Le baladeur toujours vissé sur les oreilles, j’avance dans la rue vers l’endroit que Javier nous avait décrit. C’est dans un entrepôt désaffecté a dix grosses minutes de là où nous habitons. J’arrive plus que vite à l’endroit dit. Je me fais petite, si Jo ne me vois pas, c’est mieux, et je me mêle aux gens.
C’est toujours les mêmes sensations. La plénitude m’envahit, j’oublie de nouveau tout. Je cherche Alejandro des yeux. Je ne le vois pas. C’est étrange, il m’avait pourtant dit qu’il serait là. Il a peut-être eu un empêchement… Même si cela m’étonnerait, nous aurions été au courant par Javier. Surtout que ça à l’air de bien coller avec Johanna… Je vais quand même faire un petit tour, voir si je le trouve.
Je sors de l’entrepôt et me dirige vers les ruelles avoisinantes. Heureusement qu’il fait encore jour sinon on aurait pu croire que ces petites rues sont en fait des coupes-gorges. On pourrait se croire revenus des siècles dans le passé, s’attendant à voir des bandits sortir de nulle part et nous demander notre bourse. Oui, j’ai l’imagination un peu trop emporté.
Je le trouve finalement dans une petite ruelle, assis par terre et le regard dans le vide. Je m’approche de lui et je vois clairement un hématome se former sur sa peau caramel.
-Salut, lui dis-je doucement.
-‘lut.
Je m’accroupie devant lui et passe ma main sur sa pommette, il frissonne.
-Qu’est-ce qu’il t’est arrivé ?
-Je me suis pris une beigne. Ca remet les idées en place il paraît. Enfin c’est rien, ça partira. Au fait… C’est bien Airmid ton prénom ?
-Oui, pourquoi ?
-Je sais pas, ça m’a paru bizarre quand Javier m’a dit ça. Le prénom d’une déesse celtique, ce n’est pas commun.
-Parce que danser comme ça c’est commun ?
-Pour moi oui et j’espère bien que ça le restera.
Je lui souris. Il me répond. Il se lève, s’époussette. Il me tend la main : « On y va ? ». Je la lui prend. C’est parti.
On rejoint doucement l’entrepôt, main dans la main. Toujours cette musique grisante, on avance vers la foule, on s’y mêle. Je passe mes bras autour du cou d’Alejandro, lui autour de mes hanches, on danse. On est proche, peut-être même trop pour ma santé mentale. J’aperçois Javier et Jo plus loin, il échangent un baiser. Je suis contente pour eux, ils vont bien ensemble. Alejandro a suivit mon regard, il sourit puis se tourne vers moi.
Je vois son regard qui passe de mes yeux à ma bouche, on est tout près l’un de l’autre. Je vois ses lèvres qui se rapprochent des miennes et qui les touchent, juste une pression qui s’accentue par la suite. Je n’entends même plus la musique, je sens juste nos deux corps, sa bouche, sa langue contre la mienne. Est-ce un avant goût de paradis ? Si oui, qu’est-ce que ce doit être alors. On se sépare un peu, je suis heureuse. Je pose ma tête dans le creux de son épaule et nous continuons à danser…
Je sens une pression sur mon épaule… Pas bon je crois. Je me retourne : pas bon du tout. En face de moi se tient une Jo assez furieuse avec les poings sur les hanches et qui me regarde d’un air qui me laisse présager mille souffrances. Elle sourit, c’est mauvais ?
-Je croyais que tu devais te reposer ?
Je lui souris avec un air contrit.
-J’ai pas pu m’en empêcher. Pis tu peux parler, j’allais pas rester toute seule !
Je lui tire la langue et elle me réponds par un pied de nez. Que nous sommes évoluées. Elle n’abandonne pas son air remonté pour autant, j’ai tout juste le temps de dire au revoir à Alejandro et de lui voler un baiser papillon avant de me faire tirer vers notre appartement par Jo.
J’entends un « A demain » crié par Alejandro pendant que nous partons.
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Le baladeur vissé dans les oreilles, je déballe mes cartons. Je suis heureuse, comme cela fait longtemps que je ne l’ai pas été. Je crois que rien n’arriverait à me démoraliser aujourd’hui. Avec Jo, Javier et Alejandro nous avons décidé de louer un appartement tous ensemble, d’essayer de cohabiter sur la longue durée. Pour le moment c’est bien parti pour marcher.
Cela fait presque un an que nous nous connaissons avec Alejandro et quatre mois que l’on pense tous à cet appartement. Nous en sommes tous contents. Jo et moi sommes toujours collocatrice, Alejandro se trouve déjà un peu plus loin des coups occasionnels de son frère et Javier a enfin un chez lui. Nous continuons aussi à aller danser le plus souvent possible, c’est toujours aussi beau. Et nous envisageons d’ouvrir un cours de danse, faire ce que nous aimons le plus…
Mais comme Alejandro m’a murmuré un jour à l’oreille : « Le plus magique est de danser avec la personne qu’on aime ».
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FIN
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Ecrit du 05.05.06 au 27.07.06.
Voilà, j’espère que cela vous aura plu. Il y a un petit bouton en bas à gauche pour ceux qui ont le courage de me laisser un petit mot avec leur avis . Et j’espère que j’ai réussi ce que je voulais faire : vous faire penser à autre chose durant le temps de mon histoire :).
Bisous. Naera.