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Fiction » Romance » Le choc des cymbales : axiome et postulat font: B s : A A A . width: full 3/4 1/2
Author: Meanne77
Fiction Rated: T - French - Humor/Romance - Reviews: 7 - Published: 08-05-06 - Updated: 08-05-06 - Complete - id:2224875

Genre : Meme LJ anonyme : le jeu consiste à laisser dans un commentaire anonyme, à la demande du concerné, un texte de la longueur qu'on veut et qui soit "typiquement nous" (fanfiction, originale, peu importe) et l'autre doit essayer de deviner qui l'a écrit parmis ses ami(e)s. Parfois c'est facile ; très souvent, c'est extrêmement dur !

Pour Tipoune, à qui j'ai dû finir par révéler mon identité... Kss... (lol)

« Au fond, ce fameux coup de foudre dont on fait si grand cas n'est sans doute qu'un choc de cymbales. La simple percussion de deux disponibilités urgentes. » (Alexandre Millon)

Écrit le 4 août 2006.

Le choc des cymbales : axiome et postulat

Le coup de foudre, dit-on, peut vous frapper n’importe où, à l’improviste. Hervé n’y a jamais cru. Il ne joue pas les hypocrites, le physique compte, bien sûr, mais il ne croit pas que l’on puisse rencontrer l’amour de sa vie comme ça, par un simple échange de regards. Quand il flashe sur quelqu’un, il ne fait que croiser la personne ; quand il est séduit, c’est qu’ils ont pris la peine de discuter.

Ce matin-là, Hervé n’est pas tout à fait en retard mais il n’est clairement pas en avance non plus. Il descend quatre à quatre les escaliers de l’immeuble parce qu’il habite au troisième étage et que lorsqu’il est pressé, dévaler les escaliers est plus rapide que de prendre l’ascenseur. Il tient son attaché-case dans une main, un pain au lait – son petit-déjeuner – dans l’autre.

Il le croise devant les boîtes aux lettres, et révise toutes ses théories.

L’autre ne s’est pas encore rasé ce matin mais la pilosité sur ses joues ne parvient pas tout à fait à cacher une peau à tendance grasse, à « problèmes » comme on dit dans la pub, car çà et là se distinguent de petites crevasses laissées par quelques poussées d’acné juvénile. D’ailleurs, des boutons rosés, et peut-être douloureux, il en a un ou deux. Il s’en traînera sans doute de temps à autre toute sa vie, le pauvre. Rien de bien grave mais Hervé devine que ça doit lui être pénible, à force.

« Bonjour…

– Bonjour ! »

Hervé sent d’ici l’odeur de café et de tabac qui l’accompagne.

Il n’est pas désagréable à regarder mais Hervé ne s’y serait pas arrêté, l’aurait croisé en le saluant rapidement, ne l’aurait peut-être reconnu qu’à la troisième ou quatrième rencontre. Hervé n’est pas très physionomiste.

« Vous êtes la personne qui a emménagé récemment ?

– Oui, c’est moi ! Je n’ai pas encore eu le temps de faire le tour de l’immeuble pour me présenter ! »

L’autre est en t-shirt bleu clair et en pantalon de jogging gris, tâché par de la peinture blanche ou du plâtre, peut-être. Un vêtement d’intérieur, confortable et qui ne craint rien, qui n’est pas censé être vu par autrui. Hervé palpe l’embarras dans l’air, l’autre avait dû espérer pouvoir ramasser son courrier – ou sans doute plutôt coller son nom sur sa boîte aux lettres – sans se faire voir de ses nouveaux voisins.

« Hervé Grélain, j’habite au troisième gauche, appartement 32. »

Il est resté en pantoufles…

« Enchanté, je suis Vincent Dercourt, j’occupe l’ancien appartement des Dourmon, au cinquième. »

… des pantoufles…

« Eh bien, Vincent, je dois partir travailler mais pourquoi ne passeriez-vous pas en début de soirée ? Nous en profiterions pour faire plus ample connaissance… »

… en forme de grenouille.

(fin)



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