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Titre: Le plaisir des sens
Auteur: Na-chan
Genre: romance principalement, yaoi. Attention LEMON!!! ou pseudo-lemon qui y ressemble quand même ;;
Résumé: Sahak, esclave de son état, est racheté par Rayen. Seulement... seulement il ne parvient pas à comprendre son nouveau maître et pourquoi celui-ci le traite si différemment de ce à quoi il est habitué.
Le plaisir des sens
Sahak tremblait. Malgré tous ses efforts, il ne parvenait pas à convaincre son corps d'arrêter de frissoner autant.
Il-devait-s'arrêter-et-tout-de-suite!!
Il se mordit violemment la lèvre avant de lâcher une expiration explosive. Il ne s'était même pas rendu compte qu'il retenait sa respiration...
Quelqu'un lui poussa soudainement l'épaule, lui ordonnant par ce moyen d'avancer. Et il obéit, juste avec un petit soupir de soulagement. Le garde avait évité d'appuyer sur son dos – ce qui l'aurait probablement fait tomber par terre de douleur.
Ses pas étaient lents et il buta plusieurs fois contre les marches, se retenant à chaque fois à la dernière minute. Son corps affaibli ne supporterait pas très bien une énième chute.
Il parvint enfin à l'estrade et un frisson plus violent que les précédents le secoua. Il y avait tant de monde...
Il se dirigea timidement vers le centre, se rémomérant en boucle les conseils qu'on lui avait assénés ces dernières vingt-quatre heures. Tout plutôt que s'étaler et se ridiculiser maintenant.
Il avait déjà assisté à de trop nombreuses ventes pour savoir ce qui lui arriverait si jamais il venait à faillir au vendeur.
Alors il fit attention à ne pas boîter, à se tenir droit, à ne surtout pas se mettre dos à la foule (et exposer ainsi ses blessures), à montrer son visage, à sourire, à ne pas paraître trop sot, à rester malgré tout soumis, à...
Sa tête commençait à tourner alors que des nombres fusaient autour de lui. Bientôt... bientôt il aurait un nouveau maître.
De nouveau, un frisson.
Il ne faisait pourtant pas si froid. C'était le début de l'automne: les arbres commençaient tout juste à revêtir leurs teintes rousses et le climat était encore doux. Mais lui ne portait rien d'autre que ses longs cheveux et les deux lourds bracelets de cuir qui recouvraient presque entièrement ses avant-bras.
Il voulait simplement s'allonger et domir.
Il entendit le marchand crier un "vendu" retentissant juste avant que des mains ne s'abattent sur lui.
Merde!! Qui... qui l'avait acheté? Comment avait-il pu louper son nouveau maître?! Et... et il y avait eu de trop nombreux regards sadiques et/ou pervers dans l'assistance pour le rassurer...
Deux hommes l'emmenèrent pour le vêtir et le peigner afin de plaire à celui qui l'avait acheté.
oOo
- Rayen.
- Hmm?
- Arrête de baver!
Le dénommé Rayen se tourna vers son meilleur ami, le foudroyant du regard.
- 'Me regarde pas comme ça!
Yaël ne fit que lever les mains en signe de paix, toujours à moitié hilare.
- Arrête de te foutre de moi Ya', soupira finalement le brun en se passant une main dans les cheveux, une légère grimace déformant le coin de sa bouche.
Son trésorier n'allait pas apprécier sa dernière dépense.
- Héé!! protesta le plus jeune. Ce n'est pas moi qui viens d'acheter un esclave!
- T'as pas vu l'autre pervers aussi! s'enflamma aussitôt Rayen, ses finances oubliées. J'ai cru qu'il allait le bouffer sur place!
- Et tu vas donc acheter tous les esclaves martyrisés en te posant comme défenseur de la veuve et de l'orphelin?
- ...
- Avoue que tu l'as fait pour sa belle gueule!
- La. Ferme.
Et Yaël éclata de rire, depuis longtemps immunisé au venin que lui crachait à la figure à ce moment-même son meilleur ami.
oOo
Sahak avança en tremblant jusqu'à la calèche. Les portes étaient fermées et à l'intérieur se trouvait son maître. Il n'avait qu'une envie, se retourner et prendre ses jambes à son cou. Mais il n'avait pas vraiment le choix en ce moment, les deux gardes derrière lui limitant – voire annihilant – toute liberté d'action. Et il n'avait pas particulièrement envie de prendre de nouveaux coups.
Il joua avec l'un des cordons de la tunique qu'il avait enfilée. Simple mais propre. Il n'en avait pas l'habitude.
C'était fou ce que des vêtements pouvaient le rassurer. Encore un peu et il se serait cru en sécurité...
Il poussa un soupir et le soldat brun derrière lui frappa le haut du dos avec la garde de son épée.
Malmalmalmalmalmal.
Un gémissement de douleur lui échappa et il rentra un peu plus la tête dans les épaules, s'entourant également de ses bras dans une affreuse parodie de protection.
Le châtain passa devant lui sans même lui adresser un regard. Seul le reniflement méprisant qu'il émit lui permettait de savoir que oui, il savait bien qu'il était là.
Le deuxième homme le dépassa donc et frappa deux coups secs sur la porte, prévenant son maître de son arrivée.
Le petit esclave resta alors planté devant la calèche, la tête baissée.
Il sentit ses longs cheveux blonds coiffés en une queue de cheval glisser le long de son épaule dénudée, entraînée par le mouvement de son cou.
Une main le tira légèrement, l'obligeant à avancer.
Il tituba quelque peu avant de poser ses pieds nus sur le bois de la voiture, appuyant sur sa jambe droite pour réussir à grimper.
La calèche se pencha à son mouvement et il fut déséquilibré. Il n'eut besoin de plus pour tomber aux pieds de son maître.
Il serra alors les mâchoires, attendant la correction. Bien pour une première impression, il venait de battre tous ses records!
Il attendit, longtemps. Mais tout ce qui vint furent des doigts curieux caressant sa chevelure, l'invitant à s'approcher d'un corps chaud.
Il obéit sans un mot, soucieux de ne pas attirer la colère de cet être pour le moment clément.
C'est ainsi qu'il se trouva agenouillé sur le plancher de la voiture, sa tête reposant sur les jambes de son maître.
Il eut besoin de longues minutes pour rassembler son courage. Puis, timidement, il leva un peu son regard.
Jusqu'à tomber dans deux puits d'encre.
oOo
La calèche ne stoppa qu'une grosse demie heure plus tard.
Sahak somnolait alors, bercé par le roulement de la voiture et les voix douces des deux hommes qu'il accompagnait.
Ces derniers avaient arrêté de parler, regardant le jeune esclave à moitié endormi sans un mot.
- J'avoue, tu as fait une affaire, chuchota finalement Yaël, un sourire attendri aux lèvres.
Ce gamin lui rappelait un peu trop son petit frère défunt pour qu'il reste de marbre. Alors il n'imaginait pas ce que pouvait ressentir son meilleur ami...
Rayen le foudroya simplement du regard avant de se pencher en avant. Avec mille précautions, il passa un bras autour des épaules du blond et l'autre sous ses genoux repliés, faisant attention à ne pas coincer sa longue chevelure.
Puis il se redressa, son nouveau fardeau dans les bras.
Sahak cligna les paupières alors qu'ils descendaient de la calèche.
- Merci pour le trajet, vieux!
La voix lui paraissait un peu lointaine, mais cela ne l'empêcha pas de reconnaître celle de son nouveau maître. Il ne comprit pas la réponse du dénommé Yaël mais bientôt, le bruit que la calèche faisait en roulant diminua, jusqu'à presque disparaître.
Il se sentait bien, une fois n'est pas coutume. Aussi se recroquevilla-t-il plus sur lui-même, se rapprochant encore un peu, sans le savoir, du brun.
Enfin, le blond ouvrit totalement les yeux. Et se rendit compte dans quelle situation il était.
- Je... je suis dés... désolé... je...
Il n'osait même pas lever la tête pour croiser le regard courroucé de son maître. Il enchaînait les erreurs, ce n'était pas possible autrement!
- Chuuut. Laisse-toi faire.
Il se tut alors, soucieux de ne pas aggraver son cas. Même si les bras autour de lui étaient forts et chaleureux. Même si la voix était douce et rassurante.
oOo
Sahak avait de nouveau la tête qui tournait lorsqu'on le fit asseoir devant une table croulant presque sous toute la nourriture qui s'y trouvait.
Timide, il regarda l'assiette vide devant lui sans rien oser toucher. Est-ce que c'était une nouvelle forme de torture mentale?
Il ne comprenait vraiment pas tout ce qui se passait depuis qu'il avait été acheté. Et s'il ne comprenait pas, il ne pouvait pas se préparer à ce qui allait suivre. Ce qui faisait qu'il aurait encore plus mal.
Des serviteurs, à peine son maître l'avait-il posé sur le carrelage de sa nouvelle demeure, l'avaient entouré, lui montrant une pièce – sa chambre – l'invitant à se laver puis à enfiler d'autres vêtements, et enfin le traînant jusqu'ici.
Qu'est-ce qu'il était sensé faire au juste? Manger ou non?
Un rire chaud le fit lever la tête, pour rencontrer le regard amusé du brun.
- L'assiette ne va pas se remplir toute seule tu sais. Prends ce que tu veux manger et régale-toi.
Son maître ne semblait pas vouloir s'asseoir, restant appuyé contre l'encadrement de la porte.
Il baissa alors les yeux, rougissant sous son regard insistant.
Juste... où voulait-il en venir?
Alors, tremblant, il s'exécuta, remplissant son assiette des mets qui lui semblaient les moins chers et donc plus adaptés à sa personne. Même si toute la nourriture devant lui était définitivement au-dessus de son rang.
Une dizaine de minutes s'écoulèrent de nouveau dans un silence presque parfait.
Il mangeait, à petites bouchées, alors que le brun ne bougeait pas, ne le quittant pas même du regard.
Il attendait avec impatience et en même temps inquiétude ce qui allait suivre. Juste...
Il retint à temps un soupir – ce serait définitivement impoli et il préférait encore éviter toute correction. En attendant, il était tendu, les nerfs en pelotte, sursautant au moindre petit bruit.
Enfin, Rayen se déplaça, s'asseyant sur l'une des chaises de cette salle. Il aurait de là une meilleure vue sur son nouveau petit protégé.
Sahak se leva en le voyant faire, prenant bien attention à ne pas renverser son siège malgré son agitation.
Le brun ne put que regarder le petit esclave, les sourcils froncés, se demandant ce qu'il allait faire.
Celui-ci s'approcha de lui, les yeux toujours baissés, à pas hésitants. Lorsqu'il arriva à sa hauteur, il s'agnouilla devant lui et lui demanda d'une voix étonnement ferme ce qu'il voulait qu'il lui serve.
C'était donc ça...
Rayen ne savait s'il devait soupirer ou s'amuser d'une telle soumission. C'était... dérangeant pour lui qui n'avait jamais eu d'esclaves. Il n'en avait tout d'abord pas eu les moyens – c'était son rêve à l'époque, alors que tous ses camarades en avaient – puis ensuite il s'était plongé dans ses affaires et...
Il n'en aurait probablement jamais eu s'il n'avait pas reconnu dans l'être devant lui Zacchary...
Sahak ne bougeait toujours pas, attendant en bon esclave qu'il était ses ordres.
- Lève-toi.
Et le blond s'exécuta, les yeux toujours rivés au parquet. Aucun personne de sa connaissance ne l'avait jamais trouvé aussi intéressant.
Il leva le bras, jusqu'à ce que sa main atteigne le menton du petit esclave, l'obligeant ainsi à relever la tête.
Lorsque, enfin, leurs regards se croisèrent, Rayen lui adressa un sourire gentil, recevant en réponse une pâle copie du sien. Il se contenterait de ça pour le moment...
Le brun laissa alors ses doigts suivre la courbe de la mâchoire puis descendre le long du cou pâle. Ils s'arrêtèrent un moment sur la clavicule apparente, découvrant la douceur de sa peau, puis ils reprirent leur chemin, flottant un peu au-dessus du tissu. Enfin ils atteignirent de nouveau la peau et se refermèrent sans plus attendre sur le poignet.
D'une légère secousse, il obligea alors le blond à s'avancer, jusqu'à ce que leurs genoux se touchent. Sans que, jamais, leurs regards ne se quittent.
Il tira de nouveau sur le poignet alors que son autre main s'envolait à son tour pour se poser sur le t-shirt de son vis-à-vis. Elle resta sagement au-dessus du vêtement et se déplaça jusqu'à atteindre son objectif. Sa paume se pressa alors au creux des reins, poussant un peu plus le blond à s'approcher de lui.
Sahak n'eut alors d'autres choix que de s'asseoir sur les genoux de son maître, laissant ses mains le guider. Il n'était, après tout, rien d'autre qu'une marionnette dont les fils appartenaient à cet homme.
Son bassin s'appuyait maintenant sur les cuisses du brun et ses jambes repliées reposaient de chaque côté de son corps.
Il en aurait soupiré de soulagement si la situation avait été autre. Il se retrouvait enfin en terrain connu.
La tête de son nouveau protégé reposait sur son épaule et il était enfin tout contre lui. Ce qu'il avait envie de lui à ce moment... Rayen avait dû créer son plus beau mensonge le jour où il avait affirmé que les contacts humains ne lui étaient pas nécessaires et qu'il était très content tant que ses affaires marchaient, merci bien.
Il enfouit son visage dans la chevelure blonde. Celle-ci sentait bon le shampoing et la nature. Elle aussi l'ennivrait.
- Tu as mangé assez?
Sa propre voix sonnait rauque et un peu haletante à ses oreilles. Il avait pourtant depuis longtemps passé le stade de l'adolescence et des hormones un peu trop volages.
Rayen perçut la tête de l'esclave bouger contre la sienne alors qu'il acquiesçait.
Bien.
Sahak sentit de nouveau une main se poser sur son menton pour l'obliger à lever la tête. Et il se laissa de nouveau faire, obéissant aux ordres de son maître.
Sans vraiment avoir le temps de tout comprendre, une paire de lèvres chaudes se colla contre sa bouche.
Il força ses membres à se détendre et non pas à se crisper comme il en avait le réflexe. Après tout, le sexe était comme tout le reste, juste un moyen pour le brun de lui montrer qu'il était à lui et qu'il n'était rien d'autre qu'un objet.
Il l'avait bien compris maintenant.
Rayen mordilla alors sa lèvre inférieure gentiment, avant de lui donner un petit coup de langue.
Bien qu'il ne comprenait pas où voulait en venir son maître, il se laissa faire, entrouvant juste les lèvres lorsqu'il lui était demandé.
Une langue envahit alors sa bouche, taquinant la sienne, l'invitant à jouer avec.
C'était un baiser qu'il n'avait jamais connu, ou alors très peu. Il n'était pas autoritaire ou possessif. Non, juste joueur et quémandeur et...
Pour empêcher ses pensées de s'emballer un peu plus – quel-imbécile-il-faisait – il se décida à faire plaisir à son maître. C'était, après tout, ce qui était attendu de lui.
Il bougea donc son bassin, jusqu'à ce que ses fesses reposent sur une certaine partie de l'anatomie du brun. Il se mit ensuite à onduler, presque imperceptiblement, s'appuyant sur ses jambes repliées.
S'il en croyait par le gémissement, étouffé par le baiser, que le brun avait émis, cela devait lui plaire.
Emporté par le plaisir que lui faisait entrevoir son jeune homme, Rayen posa une main sur sa nuque, l'approchant toujours plus de son visage, l'obligeant à rester contre lui. L'autre se glissa en-dessous du t-shirt étroit, sa paume se posant enfin contre la peau du petit esclave. Puis il fit monter ses doigts, suivant la ligne de la colonne vertébrale.
Sahak ne réussit pas à retenir un gémissement de douleur lorsque son maître appuya sur son dos, ravivant la souffrance que lui procuraient ses blessures.
Il sentit le brun arrêter tout mouvement et il ne put que paniquer.
Celui-ci avait été très bon avec lui jusqu'ici, le nourissant, le logeant et l'habillant. Et alors qu'il devait lui rendre la pareille, il se plantait comme un imbécile.
Un deuxième gémissement, de frayeur cette fois, franchit ses lèvres.
Stupidestupidestupidestupidestupide.
- Je suis désolé, je suis désolé. Laissez-moi me rattraper, je vais...
Mais deux mains l'éloignaient déjà du corps de son maître, et il rentra la tête dans les épaules, prêt à subir son châtiment.
- Tu as mal quelque part?
- Au... au dos, ne put-il que bafouiller, trop surpris pour réagir autrement.
Alors ces deux mêmes mains lui enlevèrent avec mille précautions son t-shirt, faisant à tout moment attention à ce que le tissu ne rentre pas en contact avec sa peau abîmée.
Puis Rayen l'obligea à se tourner, lui laissant ainsi voir les affreuses traces que le fouet et autres objets de torture avaient laissées.
- Ce n'est pas joli joli, murmura-t-il tout bas. Lève-toi.
Sahak s'exécuta de nouveau, son corps tremblant en attente de son châtiment.
Mais son maître le surprit de nouveau, l'attrapant simplement par la main, nouant ses doigts aux siens.
- Il faut aller nettoyer tout ça.
Ils s'engouffrèrent alors dans toute une série de couloirs.
- Pourquoi ne m'as-tu pas dit que tu étais blessé?
Son corps se remit à trembler, la peur saisissant ses membres.
- Je suis vraiment désolé maître, je... laissez-moi m'excuser s'il vous plaît, vous verrez je peux me ratrapper et...
Le regard que lui envoya à ce moment Rayen le fit taire, le laissant totalement perdu et désorienté.
- Malgré ce que tu peux penser, je ne suis pas un monstre. Et je ne vais certainement pas te faire quoique ce soit alors que tu es dans cet état!
- Ce n'est pas ce que...
Sahak voulut démentir, secouant la tête presque violemment. Non, non, non, ce n'était pas vrai. C'était lui qui était un objet et qui...
Mais son maître ne lui en laissa pas le temps.
- As-tu mal autre part?
Silence.
- Je voudrais vraiment que tu me le dises.
- Aux... aux poignets.
- Très bien. Alors, à partir de maintenant, à chaque fois que tu auras mal quelque part, je veux que tu me le dises, d'accord?!
- O... Oui maître.
oOo
Rayen déposa finalement son fardeau dans le grand lit qu'il occupait habituellement seul, faisant bien attention à le laisser sur son ventre.
Il n'en revenait tout simplement pas du traitement que le jeune homme avait dû subir. Les marques de son dos étaient profondes et s'étaient remises à saigner abondamment et ses poignets avaient été affreusement entaillés par les menottes qu'il avait sans nul doute porté. Le cuir suintait presque de sang lorsqu'il lui avait enlevé les lourds bracelets qu'il possédait.
Il soupira.
- J'appellerai le guérisseur demain, je n'ai que quelques notions de soins...
- Ce n'est... ce n'est pas la peine maître, je...
- Je ne te laisse pas le choix, répondit alors le brun d'une voix amusée.
Il détourna enfin le regard de l'esclave et se pencha pour défaire ses bottes. Puis il retira sa veste et son t-shirt et les posa tous les deux sur le dossier d'une chaise.
Ne portant finalement plus que son pantalon, il se coucha sur le dos, invitant Sahak à s'approcher de lui – et l'esclave lui obéit sans un mot.
Il posa sa tête sur son torse, dégageant les longs cheveux blonds du jeune homme pour éviter de les manger pendant la nuit, et passa son bras autour des frêles épaules de son protégé.
L'air était un peu frais le soir, mais le dos de Sahak était trop abîmé pour supporter le tissu, aussi devraient-ils se passer de draps ce soir.
- Bonne nuit.
- Mais je...
La confusion du petit esclave était trop apparente. Il se demandait pourquoi ils n'allaient pas plus loin.
Serrant les dents – mais pour qui le prenait-il à penser qu'il allait abuser de son corps exténué?! – Rayen lui souhaita de nouveau une bonne nuit, évitant ainsi de laisser sa colère exploser.
oOo
Rayen dégagea précautionneusement son bras, endormi après toute une nuit durant laquelle celui-ci avait servi d'oreiller.
Il se redressa alors à moitié. De là, il avait une meilleure vue sur le petit blond. Ce dernier, remarqua-t-il alors joyeusement, reposait sur son dos.
C'était la première fois depuis qu'il était arrivé! Ce qui signifiait que ses blessures le faisaient enfin moins souffrir.
Sans plus se retenir, le plus âgé posa ses lèvres sur celles du jeune homme encore endormi. Ce n'était pas grand chose, juste un geste amical. En fait, cet effleurement méritait certainement plus le nom de bisou que de baiser.
Mais il avait le mérite de réveiller efficacement et immanquablement son protégé.
- Bien dormi? questionna le maître des lieux en voyant les paupières de son vis-à-vis s'ouvrir.
Et, comme il semblait en avoir pris l'habitude tous les matins, Sahak se mit à rougir.
- Comment vas-tu ce matin?
- Bien...
Cela faisait dix jours que Rayen recevait la même réponse, et ça commençait à réellement le lasser. Comment pouvait-il efficacement le soigner s'il ne lui disait pas où il avait mal?!
Le brun se redressa un peu plus sur le lit et se pencha sur le blond, jusqu'à ce que leur visage ne soit plus séparé que par une dizaine de centimètres.
- Lorsque je te pose cette question, fais bien attention à ta réponse. Car le jour où tu seras rétabli, je te ferai l'amour.
Puis il se leva et, sans un regard en arrière, s'en alla se laver.
oOo
Sahak ramena ses genoux contre sa poitrine avant d'enfouir sa tête dans ses bras croisés.
Il était totalement perdu.
Lehen, lorsqu'il lui avait appartenu, lui avait également semblé aimant et prêt à tout pour lui. Cela ne faisait même pas un an et demi qu'il avait été réduit en esclavage et il pensait enfin avoir trouvé sa chance au bonheur.
Un sourire amer déforma ses lèvres alors qu'il se rappelait ce qui s'était passé au bout de plusieurs mois.
Il avait réussi à le briser plus sûrement que tous ceux entre les mains desquels il était passé. Il l'avait fait pleurer, quémander, supplier, s'humilier. Il avait même été jusqu'à se mutiler devant ses yeux, suivant sans se poser de questions ses ordres. Il l'avait totalement maté et avait détruit tout ce qui aurait pu lui rester de fierté.
Il ne voulait pas se souvenir entre combien de mains il était passé et tout ce qu'il avait fait/subi alors qu'il était en sa possession...
Mais... mais Lehen aurait-il resté dix jours sans lui demander plus qu'un baiser parce qu'il était blessé?
Il avait envie de rire. Cette question était si stupide. Bien sûr que non, vu que ç'aurait sûrement été cet obsédé lui-même qui l'aurait blessé.
Il s'était résolu à toutes les blessures corporelles qu'il devait supporter. Seulement... seulement il avait aimé, plus que tout ce qu'il avait connu, plus que sa vie, plus que tout ce qu'il pouvait même représenter.
Et il ne voulait pas retomber amoureux. Plus-jamais!!
Parce qu'il perdrait la seule chose qui lui appartenait encore, cette petite liberté qu'il possédait dans son esprit.
Et il redeviendrait de nouveau une jolie petite poupée de porcelaine. Que l'on brise d'un mouvement de poignet.
Seulement... seulement, il se demandait s'il avait encore le moindre choix dans le problème. Si son coeur, qu'il avait pensé mort pendant si longtemps, lui obéirait et disparaîtrait à nouveau.
Encore un peu et il se serait mis à rire.
Une personne lui montrait un peu de considération et lui, il en tombait amoureux. C'était d'un pathétique cette situation...
Il releva un peu la tête et l'appuya contre le mur, se perdant dans la contemplation de l'océan vert qu'était la forêt s'étendant au pied du manoir de son maître.
La froideur de l'appui de fenêtre sur lequel il était assis envahissait son bassin et commençait à grimper le long de son dos.
Peut-être cela parviendrait-il à lui rafraîchir les idées et à geler une bonne fois pour toute ses sentiments...
C'était la première journée que Rayen n'était pas là. Ce dernier avait pris l'habitude de passer tout son temps éveillé à ses côtés. Il lui avait fait faire un tour complet de son habitation, l'avait présenté à tous ses domestiques, lui avait montré son cheval, l'avait traîné jusqu'en ville pour lui faire faire une garde-robe à sa taille, l'avait entraîné dans de longues balades. Et lui avait caressé les cheveux après le repas pendant qu'il faisait la sieste, éreinté par autant d'activités.
Et cette après-midi, cette après-midi durant laquelle son maître avait dû retourner travailler, il n'avait pas réussi à trouver le sommeil.
Le froid continuait de l'envahir.
oOo
On frappa à la porte de sa chambre et Sahak dut se lever pour aller ouvrir.
Seulement, tous ses muscles étaient endoloris et il faillit s'effondrer en tentant de se redresser. Il était resté trop longtemps assis dans la même position...
Il serra fortement les dents alors qu'il se retenait au mur. Ses blessures commençant à peine à cicatriser n'avaient pas apprécié non plus, s'il en croyait la douleur qui lui brisait les reins.
- Tout va bien Monsieur?
La porte s'entrouvit et laissa passer la tête d'Ael. Ce dernier était, d'après ce que Rayen lui avait raconté, l'un de ses plus vieux serviteurs. Il avait été avec lui dès le début, quand il commençait à peine ses affaires et galérait, à tel point qu'il n'avait pu, plusieurs mois en suivant, lui payer son salaire. Mais Ael était resté à ses côtés.
Il possédait maintenant une place spéciale, que ce soit dans le coeur ou dans la demeure de son maître. Il devait plus ou moins représenter une figure paternelle pour le brun.
Et le quinquagénaire avait apparemment décidé de l'"adopter", lui, le pauvre esclave.
Il avait plus reçu d'affection ces derniers jours que durant toute sa vie...
- J'arrive, j'ai juste quelques crampes.
Ael fut aussitôt à ses côtés et passa un de ses bras autour de ses épaules, supportant pour lui une partie de son poids.
Il l'aida ensuite à faire plusieurs fois le tour de sa chambre, jusqu'à ce qu'il ait enfin récupéré sa mobilité.
Le serviteur le lâcha petit à petit et ne s'avoua satisfait que lorsqu'il réussit à rejoindre l'encadrement de sa porte sans trembler.
- Bien, allons-y. Le Maître vous attend pour le repas.
oOo
- Et bien sûr, j'ai eu le droit à un savon de mon trésorier. Bon je m'y attendais donc je suis passé en mode 'tu-acquiesces-dans-les-blancs-et-tu-fais-semblant-d'être-repentant'. Mais le pire, ça a été mon assistant. Il m'a fondu dessus et j'ai cru qu'il allait me frapper avant qu'il ne s'effondre en larmes dans mes bras. Je savais pluuuus où me mettre.
Et Sahak rendit les armes.
Un léger rire s'échappa de ses lèvres devant les gamineries de son maître. Tout, sa voix, sa moue, ses gestes. Toutes ses anecdotes semblaient être une nouvelle occasion de faire le pitre. Et il n'arrêtait pas de parler!
- Enfiiin, sourit Rayen, très fier de lui.
Bien sûr, cela fut suffisant pour faire rougir le blond et le faire plonger la tête dans son assiette.
- Tu as un très joli rire.
Le blond posa ses couverts alors que son assiette était encore à moitié pleine. La boule qui venait d'apparaître dans son estomac l'empêchait de manger plus...
Le propriétaire des lieux fut en un instant à ses côtés. Il posa sa main sur les doigts recroquevillés du plus jeune, les caressant doucement du pouce.
- Qu'est-ce qui ne va pas?
Sahak baissa la tête alors que des larmes se pressaient derrière ses paupières closes. Nonnonnonnonnonnonnonnon, il ne devait pas pleurer devant son maître, pas maintenant, pas ici!
Mais justement, c'était ça le problème. Il ne parvenait pas à voir Rayen comme son maître.
Il ramena brusquement ses deux bras contre lui avant d'enfouir son visage dans ses mains. Puis les sanglots vinrent secouer son corps entier alors que de fines goutelettes d'eau ruisselaient le long de ses joues, et tout ceci silencieusement.
Sahak sentit deux bras se refermer autour de lui, avec chaleur et protection. Alors, sans plus réfléchir, il se laissa aller dans cette étreinte, s'accrochant avec force à la chemise de ce corps si près de lui.
- Pour... pourquoi? parvint-il à demander d'une voix tremblante.
- Pourquoi pas?
Rayen soupira doucement sans pour autant arrêter de caresser le dos du plus jeune – avec précautions.
Il sentait bien que cette réponse n'était pas satisfaisante mais il n'en avait pas vraiment d'autres...
Il laissa glisser sa main droite le long de sa colonne vertébrale jusqu'à atteindre la nuque. Il la passa alors dans les cheveux blonds, défaisant à moitié la tresse au passage.
- Je... Je t'apprécie beaucoup Sahak. S'il te plaît, laisse-moi... laisse-moi juste te protéger. Je sais que tu ne me crois pas mais je voudrais juste... que tu me laisses ma chance. Tu pourrais faire ça?
Ils attendirent un long moment en silence, durant lequel les tremblements du corps du petit esclave diminuaient peu à peu d'intensité.
Puis Rayen sentit de nouveau le plus jeune acquiescer tout contre lui.
Il le prit alors dans ses bras, précautionneusement, et le porta jusqu'à leur chambre.
Aucune parole ne fut prononcée, mais cela n'était pas nécessaire à ce moment-là. Les longs couloirs furent vite engloutis et ils retrouvèrent rapidement l'ambiance feutrée de cette pièce spéciale.
Le propriétaire des lieux allongea son cadet sur leur lit après lui avoir retiré son t-shirt, ses bottes et ses chaussettes, le laissant en pantalon de toile fine.
Il se dévêtit à son tour et enfila un bas plus léger que celui qu'il portait puis il se glissa sous la couverture – qu'ils avaient récupérée trois jours plus tôt – et la rabattit du même mouvement sur le corps à ses côtés.
Sans qu'il n'ait besoin de faire le moindre geste, Sahak vint s'étendre tout contre lui, posant sa main sur sa hanche et sa tête sur sa poitrine.
Il ne put qu'en être heureux.
Il glissa sa main parmi les longues mèches blondes – décidément, il adorait ces cheveux – détruisant presque complètement la natte.
- Bonne nuit, mumura-t-il au bout de longues minutes dans un silence tout relatif. Il pouvait en effet entendre le bruissement du drap lorsque l'un d'eux bougeait, le faible murmure de leur respiration et il pouvait presque sentir le bombom régulier du coeur de son cadet.
Le jeune homme releva la tête pour recevoir son bisou du soir et Rayen s'exécuta bien volontiers. Il posa ses lèvres sur celles du nouveau venu, dans un simple effleurement.
Mais Sahak ne semblait pas l'entendre de cette manière, car il approfondit le baiser avant que le brun n'ait pu se retirer. Une langue curieuse s'aventura dans la bouche du plus âgé, taquinant la sienne et le faisant doucement frissonner.
Tout comme le corps délicieux de son compagnon maintenant collé à lui.
Puis il sentit la main que le blond avait posé sur sa hanche descendre jusqu'à se poser sur une certaine partie de son anatomie plutôt sensible.
Et elle se mit à le caresser, délibéremment lentement, à travers le tissu de son pantalon.
Rayen brisa précipitamment le baiser, et s'écarta un peu du corps de l'autre. Sa respiration s'était déjà faite plus saccadée que d'habitude...
- Sahak, je... je suis pas un ange non plus. Si tu continues comme ça, je réponds plus de rien.
Et l'esclave se coula de nouveau contre lui, sa main retrouvant sa place précédente.
- Laisse-moi m'occuper de toi alors, susurra-t-il sans aucune hésitation.
Et Rayen se laissa aller, conquis par ces attentions. Il ne put qu'arquer le dos lorsque les doigts glissèrent sous son pantalon, entrant directement en contact avec la peau hypersensible de son sexe. Il ne put que soupirer de plaisir lorsque des lèvres se mirent à explorer son torse. Il ne put que se mettre à haleter lorsqu'une douce chaleur commença à envahir son bas-ventre avant de se diffuser dans tout son corps.
Mais il savait. Il savait que quelque chose clochait et n'était pas comme cela aurait dû être. Comme il aurait voulu que ce soit.
Sahak semblait s'occuper de lui par automatisme, sans ressentir le moindre plaisir lui-même. Il donnait l'impression de remplir une tâche qu'on lui avait attribuée.
Alors, malgré toutes les réclamations de son corps et de ses hormones, il attrapa les mains du blond dans les siennes et l'obligea à reculer, mettant un terme à cette douce torture.
Puis il vit le regard de pure frayeur que lui envoya le plus jeune.
- Je... Ce n'était pas assez bien? Je suis désolé, vraiment désolé. Dites-moi ce que je dois faire et... je peux faire mieux! Je...
Rayen le fit taire d'un baiser.
Puis il l'allongea tendrement sur le dos avant de se placer au-dessus de lui, prenant appui sur ses jambes et ses bras pour ne pas l'écraser de son poids.
- Tu te souviens de ce que je t'ai dit le premier jour où tu es arrivé?
Il déposa un baiser sur le bout du nez de son futur amant avant de regarder son expression.
De confusion totale.
- Alors je vais répéter. Si jamais tu as mal quelque part, tu dois me le dire. Et c'est un ordre, d'accord?
Le blond hocha la tête, acquiesçant avec perplexité.
- Maintenant...
Il l'embrassa à la comissure des lèvres.
- ... Je vais...
Il remonta lentement, jouant de son souffle sur la peau du blond, jusqu'à arriver à l'oreille qu'il se mit à mordiller légèrement.
- ... M'occuper de toi.
Il redescendit dans le cou et posa sa bouche juste au niveau de la veine, sentant le sang pulser contre ses lèvres. Puis, il suçota la peau, jusqu'à ce qu'il soit sûr qu'une trace persisterait.
Pendant ce temps, ses mains avaient commencé à caresser la peau déjà découverte, effleurant du bout des doigts les flancs, retraçant les courbes du torse. Et il appuyait son bassin contre celui du plus jeune, pas plus d'une seconde, provoquant simplement de brefs contacts.
- J'espère que ça ne te dérange pas.
Il reçut en réponse un regard troublé, où l'incompréhension et le désir se battaient.
Alors, pour faire disparaître toute émotion autre que le plaisir, il s'occupa vraiment de son invité.
Il parcourut lentement son corps de ses mains, de sa langue et de sa bouche, apprenant à connaître chaque parcelle de peau et désirant découvrir toutes ses zones les plus sensibles.
Ce ne fut que lorsque Sahak commença à gémir sous ses attentions qu'il se décida à aller plus loin. Il enleva rapidement leurs derniers vêtements restants avant de se rallonger sur le blond.
Ses lèvres se posèrent sur celles de son futur amant, dans un baiser chaste qui dérapa dès qu' il commença à onduler des hanches, frottant leurs deux sexes ensemble à chaque mouvement.
Leurs langues commencèrent à danser, sensuellement enroulées l'une à l'autre alors que leurs gémissements de plaisir étaient étouffés par le baiser qu'ils partageaient.
Puis Rayen fit glisser sa main entre leur deux corps et se mit à masturber le plus jeune, cherchant à le faire gémir et même crier.
Les pupilles du blond étaient dilatées par le plaisir et il n'avait jamais vu ses yeux verts aussi troublés qu'à ce jour. Alors, sans stopper pour autant ses douces caresses, il le prépara.
Il y eut un moment d'incertitude mais les gémissements reprirent vite et augmentèrent même en intensité.
Et, finalement, dans un baiser chaud et mouillé, il le pénétra, le faisant sien.
Leurs hanches se mirent à bouger en rythme, leurs corps recouverts de sueur luisèrent dans la faible lueur de la nuit, leurs gémissements et leurs cris emplirent la chambre, le lit grinça sous leurs assauts, leurs doigts se nouèrent ensemble avec force dans le seul désir de ne plus jamais se lâcher, le plaisir les enveloppa et les guida vers le septième ciel, leur respiration se fit totalement désordonnée, leurs prénoms furent tour à tour murmurés et hurlés, leurs mouvements s'accélèrent, leurs dos se arquèrent. Puis leurs corps s'immobilisèrent dans un utltime cri et, maintenant intimement entremêlés, arrêtèrent de se mouvoir.
Sahak avait les yeux fermés.
Tous ses membres lui paraissaient cotonneux et son corps entier semblait brûler d'une douce chaleur agréable.
Pour la première fois de sa vie, il avait hurlé de plaisir. Pour la première fois de sa vie, sa vision s'était faite floue sous l'assaut de mains taquines. Pour la première fois de sa vie, une explosion de lumière si puissante qu'elle en faisait mal avait éclaté sous ses paupières closes.
Et, pour la première fois de sa vie, il comprenait ce que deux humains pouvaient rechercher dans une relation sexuelle oùles deux partis étaient consentants.
Il avait toujours considéré l'acte en lui-même comme un moyen d'affirmer son pouvoir sur l'autre. Comme lorsque l'on frappe quelqu'un ou lorsqu'on l'oblige à s'agenouiller devant soi.
Alors, il avait pensé que l'on ne pouvait ressentir du plaisir que lorsque l'on était au-dessus.
Mais toutes ses considérations sur le sexe venaient de s'écrouler ce soir.
Et dire qu'il avait voulu coucher avec Rayen pour rétablir une certaine limite, pour l'éloigner de lui avant qu'il ne parvienne à l'atteindre plus.
Son action avait plutôt eu l'effet contraire.
Il appuya son front contre l'épaule de son maître toujours au-dessus de lui. Mais, malgré cela, il ne l'écrasait pas.
C'était délicieux également. Le poids de ce corps était étrangement rassurant, contrairement à ce à quoi il était habitué.
Il était tellement perdu à cet instant-même. Et il s'en moquait tant.
Rayen bougea finalement et s'allongea à côté de lui, sur son côté. Sans vraiment y réfléchir, Sahak vint aussitôt se réfugier dans ses bras.
Et, ainsi, leurs respirations purent enfin se calmer, jusqu'à retrouver une vitesse normale.
- Ma... maître?
- Appelle-moi Rayen.
- Je...
- S'il te plaît. Au moins lorsque nous sommes au lit.
- D'ac... D'accord.
Encore une décision que le petit esclave ne pouvait pas comprendre.
- Et puis, cela ne t'a pas dérangé de hurler mon prénom tout à l'heure.
Le brun ne put que sourire tendrement lorsque les joues de son amant se colorèrent de cette si jolie couleur carmine.
- Qu'est-ce que tu voulais me demander?
Il posa un bisou sur son front, attendant patiemment que le blond continue.
- Je... N... Non, rien. Ce... ce n'est pas grave...
Le propriétaire du manoir ne dit rien pendant un long moment puis soupira. Il espérait juste que Sahak gagnerait au fil du temps plus de confiance en lui et perdrait un peu de sa timidité – mais pas trop non plus, il était trop mignon lorsqu'il rougissait.
- Comme tu veux, mumura-t-il finalement
Ils restèrent silencieux alors que les minutes s'écoulaient, inlassablement, autour d'eux. Ils profitaient simplement de l'étreinte qu'ils partageaient. Plus personnelle qu'elle ne l'avait jamais été.
Le blond sentait la chaleur du corps de son amant se communiquer peu à peu à ses membres. Ses doigts effleurèrent l'omoplate du brun et il eut l'impression que ceux-ci se réchauffaient à son contact.
Il avait été effrayé de faire l'amour avec son maître. Parce que ses "partenaires" n'étaient pas vraiment câlins après qu'ils aient couché ensemble. Et il n'avait pas voulu perdre ces moments où il le prenait dans ses bras – même si, également, il voulait tant qu'ils s'arrêtent.
- Rayen?
Le prénom roulait étrangement sur ses lèvres. C'était assez plaisant.
- Oui?
Il leva la tête, rencontrant les deux yeux noirs, si sombres que l'on ne parvenait à distinguer la pupille de l'iris.
Alors, il bougea. Jusqu'à ce leurs visages ne soient plus qu'à quelques centimètres l'un de l'autre. Puis il posa ses lèvres sur celles de son amant.
Il recula presque aussitôt et enfouit son visage contre le torse du brun, resserrant un peu plus le bras qu'il avait passé autour de sa taille.
La main de Rayen retrouva sa place dans ses cheveux, les caressant gentiment en attendant qu'il parle.
- On... On peut recommencer?
La voix de Sahak était faible et hésitante.
Si la situation avait été autre, le brun aurait probablement éclaté de rire. Parce qu'il était amusé et tellement soulagé. Mais la boule qu'il avait dans la gorge semblait en avoir décidé autrement.
Sahak n'était pas
Zacchary mais peut-être... peut-être que Sahak pourrait
combler le vide de son coeur, en étant tout simplement
lui-même et non pas le double de celui qu'il avait aimé.
Alors
il embrassa son amant, le serrant de nouveau contre lui, une main sur
sa hanche, l'autre sur son épaule.
Et il ne répondit pas à la question, tout du moins pas avec des mots. Mais ses gestes furent suffisants pour montrer au blond qu'il était plus que d'accord.
FIN
P'tite note de l'auteur: Ayééé, c'est fini. Seulement, j'ai pleins d'idées de suites maintenant en tête T-T 'me fais hanter par mes personnages, lol. Je sais pas trop si j'écrirai autre chose, vu que j'ai un autre projet de fiction originale en tête, mais bon, je verrai bien.
Alors, vos impressions?