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Fiction » Romance » nocturne font: B s : A A A . width: full 3/4 1/2
Author: shakes kinder pinguy
Fiction Rated: M - French - Angst/General - Reviews: 12 - Published: 08-10-06 - Updated: 08-10-06 - Complete - id:2227683

nocturne

Scribouilleuse : Shakes Kinder Pinguy
Genre : frustration angsty
Claimer : à peu près autant à moi que peut l’être un truc qui s’écrit tout seul.
Avertissement : slash, yaoi, boy’s love, homosexualité, tout ça quoi. N'oubliez pas que fumer tue les bishônen plus sûrement que l’angst.

nocturne

J’ai froid et j’arrive pas à me réchauffer, j’aurais dû prendre une douche en sortant de l’eau. J’ai la peau qui tire aussi. Je me lève, j’ouvre le placard, j’attrape un pull, le premier qui me passe sous la main. C’est pas le mien. Je le sais parce que la laine est trop douce et que c’est trop grand. Il achète toutes ses fringues trop grandes. J’enfile des chaussettes aussi, j’ai les pieds glacés.

La porte vitrée est grande ouverte dans le salon. Les vagues se cassent sur le sable avec un bruit de tonnerre, y’a des rires au loin, un vague son de guitare. Je ferme la vitre.

Un paquet de cigarettes a été oublié sur la table du salon, j’en sors une.
J’essaie d’imiter sa façon nonchalante de la tenir entre ses doigts. On a l’impression qu’elle va tomber d’un moment à l’autre, je suis sûr que si je l’avais allumée elle serait tombée. Je la porte à ma bouche. J’imagine ses lèvres autour qui caressent le mégot, sa langue qui en frôle peut-être le bout et je lève la tête et je ferme les yeux. Les mèches sur mon front me chatouillent en tombant sur les côtés. J’arrive presque à aimer la sensation de la cigarette. J’entends le bruit du briquet, la chaleur me frôle la peau, et son odeur est sur moi. J’ai du mal à respirer.

Je le veux.

« Qu’est-ce que tu fous ? »

Je sursaute, écarte les lèvres pour laisser tomber la cigarette dans ma paume, la referme et la fais disparaître. Il se rapproche, je me retourne.

« J’avais froid. »

Il me croit pas. Connard.

« Tu ferais mieux de retourner te pieuter, alors. »

Il dit rien pour le pull. Il l’a forcément remarqué. Il pourrait au moins poser la question, je lui dirais la vérité, c’est par hasard, le premier que j’ai trouvé. Et il me croirait pas. Il attrape son paquet de cigarettes, se passe une main dans les cheveux et je regarde ses doigts.

« Tombe pas malade. »

Il me pousse vers la chambre, juste un petit coup dans la bonne direction et je sais que ça veut dire qu’il couchera pas ici ce soir et je me demande qui du blond ou de la brune de cet après-m’ aura le droit de se le taper. Et je sais qu’il le fait exprès. Il les ramènerait s’il pouvait.

La cigarette me brûle la paume et je l’ai même pas allumée.

« Fais de beaux rêves », il me lance, comme si j’étais un gosse et il manque plus que le baiser sur le front pour compléter le tableau.

J’ai envie de me jeter sur lui, j’ai envie de lui ; j’ai envie qu’il me prenne, qu’il me baise, qu’il me fasse l’amour, je m’en fous, je veux qu’il reste, je veux qu’il me touche. Je veux qu’il me touche !

La porte de la chambre se referme derrière moi et je lâche les restes de la cigarette par terre. Je me laisse tomber sur mon lit, me roule dans la couette. J’entends la porte vitrée s’ouvrir et se refermer avec un grand clac.

J’ai froid.

(jour)

Mercredi 09 août 2006 – 23h54

Y’en aura peut-être plus, le chaton là-haut a l’air d’avoir encore besoin de se plaindre.


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