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Titre : Valentin sous
influence (addicted Valentine)
Auteur : Meanne77
Genre : heu,
toujours flangst je suppose…
Avertissements :
homosexualité, nudité, vulgarité et autres
joyeusetés.
Claimer : toujours
à moi aussi ! (là, l’euphorie ne redescend
pas !)
Séquelle de Aux hommes de bonne volonté (storyid : 2092017). Si vous ne l’avez pas lu, je vous conseille d’y aller pour faire connaissance avec les personnages !
Merci à Shakes pour son déblocage en cinq minutes chrono. C’est aussi pour ça que je t’aime !
NdA : J’ai
hésité à mettre ce texte en ligne parce que
vraiment, pour moi, l’histoire à raconter s’arrête
avec la fin de Bonne année (la vignette Dix ans de
plus est incluse car elle est pour moi importante pour la
compréhension générale de l’histoire).
Seulement la vie de Gaël et Akim, elle, ne s’arrête bien
sûr pas là… Alors j’ai hésité parce
que si Bonne année a relativement une chute, là
j’ai peur de donner l’impression que je suis repartie pour un
tour et que je vais vous raconter tout ce qui peut leur arriver
ensuite. Ce n’est pas le cas, je les laisse vivre leur vie.
Finalement, ce qui m’a décidé, je crois, c’est
le nombre de scénettes, vignettes et autres qu’on m’a
(plus ou moins, j’ai pas trop lutté, j’avoue ; ) fait
écrire sur eux. D’un côté ça m’énerve
parce que je n’ai plus quelque chose de « propre »
dans le sens où ça démarre au premier mot et ça
s’arrête au point final mais… bon… Enfin voilà,
quoi…
Alors je suppose que vous allez devoir nous supporter
encore un peu… (ou alors vous cliquez sur « page
précédente », c’est au choix, lol).
-
Valentin sous influence
-
Gaël jeta un coup d'œil dans le couloir en entendant la porte de son appartement être déverrouillée. Akim entra, lui sourit puis referma la porte et rangea son double des clés dans sa poche.
« Pince-moi, je rêve ! s'exclama Gaël tandis que son petit ami se débarrassait de ses blouson et écharpe. Tu es à l'heure !
– Et même en avance. J'ai décidé de faire un effort pour ce soir. »
Gaël l'examina de haut en bas et eut un sourire approbateur. Akim avait délaissé son habituelle tenue sportswear pour un pantalon noir – et même pas en jean ! – et une chemise sous un pull.
« Je vois ça… Et pas que pour la ponctualité ! »
Akim sourit largement et l'embrassa.
« Salut Sunshine.
– Bonjour », répondit Gaël avec amusement.
Akim l'avait pour la première fois appelé ainsi après la nuit qu'ils avaient passée dans un hôtel de son village natal, fin décembre, et depuis le surnom était resté. Akim ne l'utilisait pas vraiment souvent et une fois sur deux moins par affection que par dérision, mais malgré ou peut-être à cause de cela, c'était le petit nom que Gaël préférait.
« Tu es prêt ? demanda Akim.
– Presque. Tu es en avance !
– Attends avant de finir de te faire beau, alors ; j'ai un truc pour toi. »
Gaël fronça les sourcils. Akim lui tendit le sac en papier qu'il avait déposé à ses pieds en arrivant.
« Tiens ! Cadeau !
– Akim… je croyais qu'on s'était mis d'accord pour ne pas se faire de cadeau ?
– Ah mais c'est pas pour la Saint Valentin ! le détrompa Akim. C'est ton cadeau d'anniversaire, juste… très en retard. »
Gaël regarda quelques secondes le sac.
« Je croyais aussi t'avoir dit que ce n'était pas la peine…
– Ferme-la et prends ton cadeau, tu veux ? T’es en train de m'insulter, là ! »
Gaël soupira et ouvrit le sac.
« … Une couverture ? »
Akim sourit de toutes ses dents.
« Une couverture ne m'aurait pas donné autant de mal pour la trouver, surtout une à la bonne taille ! »
Gaël haussa les sourcils et sortit la « couverture » du sac. Il déplia son cadeau, le tenant par les coins à bout de bras. Après l'avoir fait tourné dans plusieurs sens, son visage s'éclaira.
« Un poncho ! C'est un poncho ! »
Akim se mit à rire doucement et Gaël s'empressa s'enfiler son cadeau. Il s'admira dans la glace puis, un sourire ravi aux lèvres, il écarta les bras et tourna sur lui-même pour que son petit ami puisse l'admirer à son tour. Ce dernier était agité par un rire silencieux.
« Tu es ridicule, mon amour.
– Je m'en fous ! C'est un poncho et il est doux et confortable et il me tient chaud ! Je l'adore ! » contra avec bonheur Gaël.
Il l'embrassa pour le lui prouver.
« Attends, c'est pas tout ! T'as des boutons sur le côté, là, pour pouvoir faire des manches. »
Akim lui en en attacha une.
« C'est génial !
– Et tu peux même jouer à Clint Eastwood ! » compléta Akim en jetant l'autre extrémité sur l'épaule de Gaël en une imitation de l'acteur dans les westerns spaghetti de sa jeunesse.
« Aha ! fit Gaël, très amusé. J'aurais dû me douter que tu ne l'avais pas choisi uniquement pour me faire plaisir !
– T’as vraiment l'esprit mal placé. Je ne fantasme absolument pas sur les cow-boys ni sur Clint Eastwood quand il était jeune !
– Absolument pas, répéta Gaël en ayant de grandes difficultés à conserver un semblant de sérieux.
– Et même si c'était le cas, je ne vois pas où serait le mal, ajouta Akim.
– Ce n'est en tout cas certainement pas moi qui irais te le reprocher. »
Akim lui claqua les fesses.
« Allez, cow-boy, change-toi qu'on aille au resto, j'ai la dalle. Et peut-être que ce soir je te laisserai me chevaucher. »
Gaël éclata de rire.
Akim se souleva des fesses de Gaël pour avoir un meilleur appui. Ses mains se placèrent de part et d’autre des hanches de son petit ami et ses pouces vinrent appuyer avec force dans le creux de ses reins.
« Hmf ! »
Akim remonta le long de l’échine du blond, malaxant la chair sous les divers « hum ! ah ! oui, là ! plus fort ! » de Gaël.
« Ce qui est bien avec toi c’est qu’on a pas du tout l’impression que tu jouis plus quand je te masse que quand je te fais l’amour ! »
Le visage enfoui dans son oreiller, Gaël se mit à rigoler sans même chercher à faire semblant d’être contrit. Bon prince malgré le peu de considération qu’il recevait, Akim poursuivit sa séance de relaxation.
« Tu t’endors pas, hein ? fit-il après un long moment de silence.
– Hum… Non, non… » répondit la voix étouffée de Gaël.
Akim secoua la tête avec miséricorde. Vraiment, il le gâtait beaucoup trop…
Il passa un certain temps sur les flancs, sachant que les épaules seraient le plus dur morceau. Mis à part quelques gémissements plaintifs jetés ça et là, Gaël paraissait plus mort que vivant.
« Tu t’endors… » accusa Akim.
Il fallut à Gaël trois secondes pour parvenir à fournir un grognement en réponse.
« C’est pas ma faute, geignit-il, je suis fatigué.
– Fatigué, je rêve ! C’est moi qui ai mal au cul, je te signale ! s’indigna Akim.
– Mais c’est moi qui ai fait le plus gros du boulot.
– Si tu te plains, on peut arrêter d’échanger les positions, hein ! »
Gaël se tordit le cou et lui adressa un sourire par-dessus l’épaule.
« C’est une tentative de putsch ? Tu veux porter le poncho ?
– J’ai pas besoin de porter un poncho pour affirmer ma virilité, cow-boy ! »
Le blond éclata de rire et Akim lui enfonça le visage dans l’oreiller pour le faire taire. A l’aveugle, Gaël chercha à l’attraper mais Akim était en position de force et il parvint facilement à lui faire une clé de bras, ses années de karaté lui permettant de doser parfaitement sa force pour que cela fasse mal sans réellement être douloureux.
« Ah ! Ah ! Akim, arrête !
– Alors, tu te rends ? »
Gaël tenta de rire mais le moindre mouvement provoquait une tension pénible dans son épaule qui lui faisait serrer les dents.
« Alors ? Tu as trouvé ton maître, hein ? se moqua Akim.
– Va te fair-aah ! Ok ! Ok ! T’as gagné ! T’as gagné ! T’es content ? »
Akim le lâcha, un immense sourire aux lèvres.
« Très satisfait, oui ! »
Gaël se tourna et lui donna un grand coup du plat de la main sur le torse.
« Tortionnaire ! Il est où le respect pour tes aînés ?
– Je crois pas au respect par droit d’aînesse, contra Akim, sauf bien entendu lorsqu’il s’agit de celui que me doivent mes frères et sœurs !
– Tu m’as fait mal !
– Oooh… je suis désolé, mon pauvre petit morceau de sucre ! Viens par là que je te fasse un bisou qui guérit tout !
– J’en veux pas, de tes baisers !
– C’est pas ce que tu disais tout à l’heure, répliqua Akim tout en roulant à moitié sur son petit ami.
– C’était avant que tu me tordes le bras !
– Hum, oui, je te persécute. Franchement, je me demande pourquoi tu restes avec moi… déclara Akim en réduisant l’espace qui séparait leurs visages.
– Je me demande aussi, fit Gaël avant de répondre au baiser.
– Sans doute, émit Akim lorsqu’ils y mirent fin, est-ce parce que je suis le meilleur coup que tu aies jamais eu. »
Gaël partit dans un grand éclat de rire.
« Alors celui-là, tu vas le regretter ! » s’écria Akim en lui sautant dessus.
Ils se battirent un moment, Gaël parvenant à nettement mieux se défendre à présent qu’il ne tournait plus le dos à son amoureux. Entre deux rires et vociférations, Gaël réussit à hoqueter : « Je croyais que tu n’avais aucune incertitudes quant à ta virilité ?
– Ma virilité, je vais te la foutre au cul ! »
Du moins essaya-t-il. Après une ou deux minutes de lutte entre les draps, les deux garçons s’arrêtèrent pour souffler.
« Mon massage ! rappela Gaël d’une voix plaintive.
– Arrête tes jérémiades. Tu préfères pas que je te masse autre chose ? »
Les doigts d’Akim plongèrent vers l’entrejambe de son petit ami mais Gaël lui donna une petite tape sur le dos de la main.
« T’avais promis ! »
Akim soupira.
« Bon, bon, ça va, tu vas l’avoir, ton massage ! Putain, tu parles d’une Saint Valentin ! J’y gagnes quoi dans l’histoire, moi ? »
Gaël se redressa, déposa un rapide baiser sur ses lèvres puis se réinstalla confortablement sur le ventre.
« Le droit de caresser mon corps de rêve.
– Prétentieux.
– J’ai des photos pour le prouver.
– J’ai pas le souvenir que tu m’aies pris en photo en train de baver devant toi.
– Tu as plutôt tendance à baver sur moi…
– Ne me reproche pas tes propres perversions. »
Gaël lui donna un coup de talon.
« Massage ! » marmonna-t-il, le visage dans l’oreiller.
Akim rumina un court instant puis s’empara du tube de lubrifiant et en versa une dose sur ses doigts. Il passa l’autre main sur le dos du blond, puis ses reins, la rondeur de ses fesses, sentit Gaël se détendre sous ses caresses et glissa les doigts dans la raie des fesses, chatouilla son anus.
« Akiiiiiim… » gronda Gaël.
Ce dernier ôta ses doigts, les essuya sur les draps.
« Ok, ok ! C’est pas possible, t’as un balai coincé dans le cul !
– Peut-être que plus tard je te laisserai y mettre autre chose mais en attendant tu te la mets derrière l’oreille !
– Tu dis ça mais tu vas t’endormir et me planter tout seul dans mon froc, bouda Akim.
– T’es à poils, je te signale. … T’auras droit à une pipe au réveil. »
Akim leva les yeux au ciel.
« Des promesses ! Comme si je devais pas lutter pour te réveiller le matin !
– Une pipe sous la douche, alors.
– C’est ça, agite la carotte sous mon nez… »
Gaël gloussa dans son oreiller.
« Merci de ne pas partager avec moi l’image mentale que tu viens d’avoir.
– Si tu te décides à me faire – et correctement ! – mon massage, je te promets d’essayer de l’oublier. Je me les gèle !
– Te plains pas, tu veux pas que je te les réchauffe ! »
Gaël grogna et Akim se frotta les mains l’une contre l’autre pour les tiédir. Enfin, il les posa sur les épaules du blond et se remit au travail. Il s’attela plusieurs minutes sur les muscles contractés, augmentant peu à peu la pression de ses doigts, comme son professeur d’art martiaux le lui avait appris ; habituer les muscles en les sensibilisant graduellement sans s’épuiser trop vite soi-même et en s’évitant des crampes. Il malaxa les épaules l’une après l’autre, passa à la nuque et aux tendons du cou, revint aux omoplates…
« Comment ça se fait que tu sois si tendu ?
– Sais pas. Aïe ! Hé, vas-y mollo quand même, brute !
– Faut bien que j’appuie si je veux défaire ce nœud… Sérieux, comment tu te fais ça ? »
Gaël poussa un grognement incompréhensible mais Akim ne lui demanda pas de répéter. Il se concentra sur une contracture particulièrement tenace et, s’il en croyait les exclamations étouffées de Gaël, également particulièrement douloureuse. Lorsque la peau parfaitement hâlée grâce aux U.V. commença à virer au rouge soutenu, Akim jugea qu’il était temps de la laisser refroidir et passa à une autre zone. Peut-être y reviendrait-il plus tard mais il doutait pouvoir réellement faire quoique ce soit. Pour une contracture pareille, il faudrait des massages quotidiens, ou mieux…
« Tu devrais aller voir un kiné… C’est plus un nœud à ce niveau-là, ça fait la taille de ma paume !
– Hum.
– Ou pense à acheter une lotion ou quelque chose, au moins. C’est sûr qu’à sec je te fais mal !
– Hum… »
Akim jeta un coup d’œil au visage de son petit ami ; celui-ci était plutôt détendu si l’on considérait le fait qu’Akim était en train de lui massacrer le dos. Il avait fermé les yeux, son souffle régulier soulevait les boucles blondes qui partaient dans tous les sens à cause de l’oreiller et Akim crut apercevoir l’ombre d’un petit sourire de satisfaction.
Il était beau, bien sûr.
« Tu vois que tu t’endors… lui reprocha-t-il, de la tendresse dans la voix.
– Non je dors pas, articula avec difficulté Gaël.
– Non, t’as raison. T’as l’air complètement shooté, c’est pire ! se moqua gentiment Akim.
– … Ça ressemble pas à ça.
– Oh, tu parles d’expérience, là ? » plaisanta son amoureux.
Gaël ne répondit pas et son silence se transforma en un étrange malaise chez Akim. Il y avait eu une soudaine tension dans les épaules de Gaël qui lui donnait l’impression que l’absence de réponse chez son petit ami ne venait pas de son état de torpeur mais plutôt d’une envie d’éluder la question.
« … Gaël ? »
Akim sentit la tension augmenter sous ses doigts et Gaël poussa un soupir.
« Ouais… »
Akim se redressa. Il prit le temps d’une inspiration pour pondérer ses pensées. D’abord… d’abord, enfiler quelque chose ; leur nudité à tous deux était loin de le déranger il y avait une minute à peine mais à présent il se sentait nu. Ses yeux tombèrent sur le caleçon de Gaël. Il ferait l’affaire.
« Je suppose que tu parles pas d’un petit joint de temps en temps… »
À nouveau, Gaël ne répondit pas mais il n’en avait pas vraiment besoin. Se sentant plus confiant à présent qu’il n’était plus totalement dévêtu, Akim se rassit sur le lit. Il posa une main au milieu du dos de son petit ami. D’un effleurement, il remonta le long de l’échine et se mit à lui gratouiller la nuque.
« Tu prenais quoi ? murmura-t-il.
– Coke. »
Akim s’humecta les lèvres.
« C’est la poudre, ça se sniffe, c’est ça ?
– Hum. »
Akim hocha distraitement la tête, absorbant lentement ces nouvelles informations, mais Gaël dut se méprendre sur son silence car il se tordit le cou pour le regarder.
« Je prends plus rien, Akim. Je suis clean et tu le sais.
– Je sais. »
Mais il ne tenta pas un sourire, craignant un peu qu’il ne ressorte en grimace. Gaël sembla trouver qu’il avait manqué de conviction car il roula sur lui-même, mettant ainsi un peu de distance entre eux. Il s’assit en tailleur face à lui et dut éprouver à son tour le besoin de se couvrir car qu’il tira les draps à lui pour les poser en tas sur ses cuisses et cacher son bas ventre. Akim, quant à lui, ramena les genoux contre son torse.
« Pourquoi ? Ça n’allait pas ou c’était pour t’amuser ? »
Gaël baissa les yeux. Akim décida qu’il allait lui donner le temps de raconter. Il ne laisserait pas Gaël esquiver la conversation ; c’était peut-être le passé, mais c’était également trop important. Et puis il ne pensait pas que Gaël avait vraiment l’intention de se taire de toute façon, c’était lui qui en était l’instigateur après tout. Il lui aurait été facile de répondre par un rapide petit rire ou même tout simplement de ne pas répondre tout court et Akim n’aurait jamais cherché plus loin. Mais Gaël lui avait tendu une perche et puisqu’il l’avait saisie, Akim avait bien l’intention de la tenir fermement. Sans le brusquer non plus, toutefois, il se doutait bien que ce n’était pas ce qu’il y avait de plus facile à raconter ou amusant à se remémorer. Mais Gaël savait aussi d’expérience qu’il pouvait se confier à lui.
« Pour… se relaxer, au départ. S’amuser, aussi, ouais… Et ça… enfin, ça semblait pas vraiment dangereux. Tu crois toujours que tu contrôles, que t'es plus fort que ça. Et puis sur le coup, c'est… » Gaël eut un vague geste de la main. « Tu ressens comme une euphorie, tu te sens… bien. Confiant. Tu pètes la forme, aussi. Même après, quand t’es redescendu, tu te sens bien. C'est pas comme l'héro. L’héro, ça te fait déprimer. Enfin… j’ai jamais pris d’héro mais pour ce que j’en sais… ça marche comme ça.
– Comment t’as arrêté ? » demanda doucement Akim.
À nouveau, Gaël baissa les yeux. Ses doigts jouèrent machinalement avec les draps, tantôt les lissant, tantôt les remettant en place avec un brin de maniaquerie, s’assurant qu’il n’y avait pas un millimètre de peau à l’air libre.
« J’avais un ami…
– C’est lui qui te filait tes doses ?
– … Ouais. Au début.
– Un ex ? »
Gaël le regarda.
« Une sorte d’ex, oui…
– Une sorte d’ex ?
– Tu as bien des « sorte d’oncles » !
– Ouais mais je couche pas avec ! contra Akim.
– On couchait ensemble à l’occasion, on se croisait à l’agence ou lors de soirées, mais pas tellement souvent. Satisfait ?
– Je posais une simple question, Gaël… » dit Akim, les mains levées en signe d’apaisement.
Gaël le défia un instant du regard mais Akim conserva une expression neutre et attentive. Gaël se suçota la lèvre inférieure puis détourna le regard. Il faisait souvent cela lorsqu’il était mal à l’aise : il devenait incapable de regarder qui que ce soit dans les yeux.
« Je l’ai trouvé un soir en passant chez lui… Il s’était fait un speed ball… »
Le blond ne vit pas les sourcils d’Akim se hausser mais il explicita de lui-même à son intention : « C’est un mélange de cocaïne et d’héroïne. Ça s’injecte. … Je sais pas s’il a trop forcé la dose ou s’il l’a foirée parce que c’était sa première mais… » Il se mordilla la lèvre. « Disons que ça m’a calmé. »
J’imagine… songea Akim.
« Ça a été dur, d’arrêter ? »
Gaël se frotta la nuque, évitant toujours de le regarder.
« La dépendance physique s’estompe vite avec la coke, mais quand même, Laetitia… tu l’as déjà croisée, je crois ? » fit-il et il poursuivit après qu’Akim eut acquiescé : « Elle m’a bien aidé. »
Akim se redressa, s’appuyant sur les genoux, et se rapprocha de lui.
« C’était dur ? répéta-t-il, parce qu’il avait bien senti que Gaël avait répondu à côté de la question.
– Elle m’a bien aidé. Me souvenir de Fab’ avec sa seringue planté dans le bras a bien aidé aussi », fit Gaël, un peu sur la défensive.
Akim prit une inspiration.
« C’était quand ? »
Gaël garda le silence et Akim reposa sa question, avec plus d’insistance. Gaël riva ses yeux verts aux siens.
« L’été avant toi. »
Il y eut un long moment de silence durant lequel Akim hésita entre ne pas bouger et toucher Gaël. Il avait envie de lui toucher le bras mais quelque chose le retenait et il détestait l’idée de le faire par une sorte d’obligation.
« C’est sans doute dégueulasse de ma part de dire ça mais… Fab’ est peut-être mort au bon moment… » avoua Gaël à voix basse.
Akim ferma les yeux. Il ne voulait pas non plus penser…
« Gaël… Honnêtement, je m’en fous complètement de ton Fab’… »
… à ce qui aurait pu se passer si au lieu de l’été, c’était arrivé en hiver, en particulier aux alentours de décembre…
Akim lui passa les bras autour des épaules, mit un peu de force pour le prendre contre lui et Gaël, comme toujours si grand même lorsqu’ils étaient tous deux assis et malgré sa tendance à se recroqueviller sur lui-même lorsque ça n’allait pas, dut se casser le cou pour poser la tête au creux de celui d’Akim. Ce dernier bougea un peu pour que la position lui soit moins pénible à tenir. Il sentit le bras de Gaël se faufiler entre eux, ses doigts lui frôler les clavicules et devina ce que son amoureux faisait. Akim lui avait retiré sa croix en or pour faciliter le massage, et Gaël la cherchait autour de son cou.
Sans vraiment le lâcher, Akim se contorsionna pour atteindre la planche de bois qui faisait office d’étagère de chevet et sur laquelle il l’avait soigneusement posée pour ne pas risquer de la perdre, ayant remarqué à quel point Gaël y tenait. Son grand-père la lui avait offert pour sa première communion. Akim lui-même la trouvait jolie. Pour tout dire, il aimait bien les croix et regrettait un peu leur portée religieuse.
Akim la lui rattacha autour du cou, murmurant peut-être quelque chose sans importance au passage. Gaël soupira. Toujours sans cesser de le toucher – il en ressentait comme un réel besoin à présent – Akim souleva les draps pour en trouver l’ouverture et les fit s’y glisser tous les deux. Il se colla au dos de Gaël, l’un de ses bras en travers de sa taille parce que c’était souvent dans cette position-là qu’ils s’endormaient, l’autre replié sous sa tête pour lui servir d’oreiller. L’un des deux avait dû valser au cours de leurs ébats plus tôt dans la soirée et il laissa à son amoureux celui qui restait. Le silence s’étira. Ce n’était pas suffisant. Gaël était encore tendu, comme méfiant, sur la défensive. Akim chercha quelque chose à dire, même si en comparaison cela lui paraissait dérisoire.
« J’ai déjà fumé des joints, lui confia-t-il alors, mais pas des masses non plus. Sur le coup c’est sympa mais après j’ai comme la tête qui tourne et j’ai mal au cœur… Et puis un jour j’ai failli me faire choper avec par mes petits frères et ça c’est… c’est un exemple que je ne veux pas leur donner. »
Graduellement, il sentit les muscles de Gaël se décontracter.
« Ibrahim s’est mis à fumer, le sale petit con. Je te jure, quand je m’en suis rendu compte j’ai eu envie de l’étrangler ! Il a que 15 ans !
– C’est l’âge…
– Ouais, peut-être, mais c’est surtout l’âge où y faut pas commencer. Ça m’énerve parce que je sais que c’est un bon garçon, il ne fait ça que pour faire comme ses copains.
– En général c’est comme ça.
– Je sais… mais j’aimerais vraiment qu’il arrête avant de devenir dépendant… »
Gaël se retourna entre ses bras pour lui faire face. Il lui adressa un pauvre sourire.
« Tu fais un bon grand frère…
– Ben… j’essaye. Je suis l’aîné alors c’est un peu normal, c’est mon boulot, quoi. Surtout pour Ibrahim et Allal parce que je suis un garçon. Aïda est encore trop petite, c’est une gamine alors pour elle, des grands frères ou des grandes sœurs c’est un peu pareil. C’est plus tard que Walida risque de lui manquer…
– J’imagine que ça doit pas toujours être facile... dans vos familles… d’être le fils aîné. »
Akim eut un vague haussement d’épaules, devinant ce à quoi Gaël faisait allusion.
« Chez moi, ça va, mes parents sont plutôt… cool. Y’a les traditions, quand même, mais ça va. … Walida a épousé l’homme qu’elle a choisi, tu sais ? C’est elle qui ramené Nassim, ils allaient en cours ensemble… Enfin… c’est vrai que le fait qu’il soit lui aussi Algérien d’origine à peut-être un peu aidé…
– Je me demandais… Je n’osais pas te poser la question.
– Hé ! Pose-moi toutes les questions que tu veux, Gaël ! Même si t’as peur d’être maladroit, c’est pas grave. Je me vexerai pas, je t’assure. Ok ?
– D’accord… » fit Gaël avec un petit sourire.
Le silence retomba de nouveau entre eux mais Akim sentit que Gaël allait mieux. Il avait dû chercher depuis un moment à lui avouer cette part de son passé et Akim comprenait qu’il ait pu appréhender sa réaction. Pour tout dire, Akim ne savait pas trop quoi en penser, mais il aimait Gaël et en définitif, c’était tout ce qui comptait. Malgré tout, il avait encore une question à lui poser. Il lui caressa les cheveux avec douceur, enroulant son index dans une boucle blonde.
« Ça te manque ? » murmura-t-il, et il n’aima pas sentir Gaël se ramasser un peu plus en chien de fusil.
Il y eut un soupir et la voix de Gaël avoua : « Ouais, parfois. »
Akim les colla un peu plus l’un à l’autre, au point que ç’en devenait inconfortable mais il savait qu’aucun d’eux ne s’endormirait dans les minutes qui suivraient.
« Quand ça t’arrive, dis-le moi. Je te distrairai. »
Gaël releva le visage vers lui, le dévisagea, cherchant un sous-entendu mais n’en trouvant aucun. Il lui adressa un demi-sourire.
« Ok… »
(fin)