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Author: Mizu Senjo
Fiction Rated: T - French - Romance/Spiritual - Reviews: 4 - Published: 08-21-06 - Updated: 08-25-06 - id:2234232

Coucou tout le monde !!!

Et oui, voici la suite. Bon, il ne se passe pas grand-chose dans ce chapitre non plus, mais ça permet de planter le décor. La « véritable » histoire commencera au prochain. J’espère que ça vous plaira quand même.

Gros bisous

° Mizu Senjo °

Chapitre 1

Là où tout commence

Je suis né Richard Gabriel Ahpuch, un 7 juillet, de père Charles Ahpuch, militaire, et de mère Marianne Duponto, fille de militaire. Dernier d’une fratrie de sept et fils des septièmes enfants de mes grands parents, j’étais programmé pour être différent, le 7 étant soi-disant un chiffre puissant. Tous mes frères et sœur avaient décidé d’embrasser une carrière militaire. J’étais le seul à m’être élevé contre mes parents.

Nous étions tous dans le salon, mon père était de permission, le jour de mes 13 ans. Les deux aînés venaient d’entrer dans l’armée de l’air. Les félicitations pleuvaient, au point que tout le monde m’avait oublié, moi, frêle adolescent pourchassé par des visions du passé et du futur qui me donnaient d’horribles migraines. Mes parents ont toujours été au courant de mes « dons ».

Le jour où mes parents s’en sont aperçus, je devais avoir 5 ans, je m’en souviendrais toujours. J’avais « ressenti » les émotions de mes parents. Le dégoût de mon père lorsqu’il touchait ma mère, et la peur de celle-ci. Leur folie. Je leur en avais parlé et ils avaient pris peur. Ils m’avaient traînés jusqu’au grenier de la maison. Mes pieds glissaient sur le sol. Je n’arrivais pas à m’agripper. Les doigts de mon père dans mes cheveux et les sanglots de ma mère. Tout me revient comme si cela s’était passé hier, et pourtant, des années se sont écoulées. J’avais passé 3 jours enfermé dans ce grenier poussiéreux. Lorsque la porte s’était refermée, j’avais entendu les paroles de mes parents. Des paroles qui ont brisé mon cœur d’enfant.

Cet enfant est un monstre! Et c’est à cause de toi femme. Tu portes les gènes du diable. C’est un monstre, je ne le veux plus dans cette maison. Ça ne se passera pas comme ça ! Crois tu vraiment que je vais garder cette bête sous mon toit?! Je REFUSE qu’il corrompe mes enfants!

Oh Seigneur. Charles te rend tu comptes, il sait ce que nous pensons ! C’est comme un viol. Nous ne sommes plus en sécurité auprès de lui. C’est un monstre.

Je fixais cette porte qui ne s’ouvrit que 3 jours après, laissant ma mère passer, en pleurs. Elle revenait de l’église. Elle s’était confessée, et elle s’en voulait. Si elle n’avait pas été là, je crois que mon père m’aurait tué. Et pourtant, à chaque fois que je leur parlais de mes capacités, ou qu’ils comprenaient que je n’étais pas normal, je passais plusieurs jours enfermé dans ma prison, affamé et courbaturé à force de dormir à même le sol. Au fil du temps, j’avais réussi à cacher de la nourriture, mais pas assez pour me nourrir plusieurs jours d’affilée. Mais je n’étais plus seul lors de ces séjours. Mon père montait. J’entendais ses pas dans les escaliers, et la porte de bois qui grinçait. Cette même porte que je souhaitais à ce moment-là se voir se refermer, pour me protéger. Me protéger des poings de mon père, de ses pieds et de son ceinturon. Il voulait faire sortir le démon du corps de son enfant. Et à chaque fois qu’il devait me renvoyer dans le grenier, ses coups devenaient plus forts et plus désespérés que la fois précédente.

J’étais donc dans le salon pour fêter avec ma famille l’entrée dans le droit chemin de mes deux frères aînés. Je ne supportais plus ma vie à cette époque. Je ne demandais plus qu’une chose, mourir enfin. Drôle de requête pour un enfant de 13 ans, et pourtant, j’avais vécu tellement d’horreurs, entre mes cauchemars, et la réalité de ma vie. Peut-être est-ce cette envie qui m’a poussé à parler à mon père ce soir là, ou bien l’insouciance d’un enfant. Non. Je n’étais plus un enfant depuis mon premier séjour au grenier, et mon insouciance, je l’avais perdu sous les coups et les insultes. C’était bien mon désespoir qui me mena là où je suis désormais.

Je m’approchai de mon père, le tirant par sa manche. Il tourna vers moi son regard d’acier. Il m’avait toujours regardé de cette façon. Froidement. Comme si j’étais un ennemi qu’il s’apprêtait à tuer sur un champ de bataille. Ce regard me fit frissonner une fois de plus.

Que me veux-tu le monstre ?

Je voudrais vous parler de mon avenir.

Je savais que mon père m’avait inscrit dans une école militaire et que je devais partir le lendemain matin.

La famille s’était tue, voulant savoir ce que le « vilain petit canard » avait à dire de si important qu’il pouvait se permettre de gâcher la fête.

Ton avenir est déjà tout tracé mon grand, tu pars demain à l ‘école mili….

Je ne serais pas militaire.

Je ne vis pas arriver la gifle. Était-ce parce que je contrecarrais ses projets ou parce que j’avais gâché la soirée, je ne l’ai jamais su. De toutes façons, une gifle de plus, ce n’était pas bien important. Mon père était fou. Et ma mère cautionnait sa démence car mon grand-père était pareil, elle n’avait jamais rien connu d’autre que les coups et le dégoût. Lorsqu’elle s’autorisait une remarque que son époux n’avait pas demandée, il la battait jusqu’à épuisement. Mes pauvres frères et sœurs avaient été baignés dans cette folie destructrice toute leur vie, sans aucune interruption. C’est pour cela que je me dis que, finalement, le grenier n’était pas une prison mais une échappatoire. Il m’a permis de m’éloigner de ce danger. Et mon don, m’envoyant des visions d’autres vies, me faisait comprendre que le monde n’était pas réduit qu’à cette demeure et au malheur qu’elle entraînait. Mais les autres, eux, avaient grandi à l’image de mon père.

Et pourquoi donc?

Si je deviens militaire, je vais mourir. Très jeune. Toute la famille va mourir. Je l’ai vu.

J’avais eu une très nette vision de ce qu’il nous attendait. Nous serions tous morts au combat, lors d’un conflit international, une guerre faisant des millions de morts. Ma mère, ne supportant pas le choc de perdre toute sa famille, aurait mis fin à ses jours. Et je voulais éviter cela.

Tu l’as vu ? Et où donc ? Ironisa mon bourreau.

Dans…. Pourquoi me forces-tu à le dire ? Tu le sais parfaitement, mais tu prends un tel plaisir à me frapper que tous les prétextes sont bons pour me faire avouer ma différence. Ce qui me rend anormal. Ce qui me fait passer pour un monstre diabolique aux yeux de mes propres parents, et de mes frères et sœurs. Dans… je n’arrivais pas à parler, songeant déjà aux coups que je recevrais sans avoir la chance de me protéger. Dans une vision père.

Le mot interdit venait d‘être prononcé. « Vision ». En voyant la lueur de folie dans les yeux de mon père, je me dis que j’aurais mieux fait de me taire, de ne pas employer ce mot. Dire que c’était seulement une peur. Mais cela était impossible. Il voulait entendre ces mots. Et Charles Ahpuch n’était pas homme à qui l’on pouvait refuser quelque chose. Je ne vis pas arriver la gifle. La douleur cuisante sur ma joue, l’impassibilité de mes frères et sœurs, de ma mère, et le sifflement de haine de mon père me firent monter les larmes aux yeux.

Tout ceci vient de sa mère, elle porte le gène du démon. Elle et son fils doivent mourir par le feu. Il faut purifier cette maison. Ils veulent nous détourner du chemin de Dieu.

Les paroles de mon père étaient horribles. Comment pouvait-il dire de telles choses devant toute la famille, devant ma mère? Pourtant, cela ne semblait choquer personne. Comment osaient-ils garder le sourire? Je sentais le feu de la colère brûler dans mes veines. Je ne rêvais plus que d’une chose, le voir mourir.

Nous ne sommes pas des démons !!! Comment osez-vous dire ça à mère ?

Le silence se fit une nouvelle fois dans la pièce. Seul le rire de mon père osa le briser.

Mais je n’ai rien dit le monstre ! Deviendrais-tu fou? Aurais-je alors une chance de me débarrasser de toi?

Seigneur, il n’avait rien dit ? Je l’avais pourtant entendu très clairement ? Aurais-je entendu ses pensées ?

Perdu dans mes réflexions, je continuai de fixer mon père qui devint livide. Et j’entendis alors son hurlement.

SORS D’ICI ! SORS IMMÉDIATEMENT DE CETTE MAISON ! SI TU REVIENS JE TE TUERAIS!

Il venait de comprendre que, bien qu’il n’ait pas prononcé un mot, ses pensées n’étaient pas restées secrètes. Dans un nouvel accès de rage, il voulut se jeter sur moi, les mains en avant, dans le but de m’étrangler. Mais mes deux frères l’agrippèrent et le bloquèrent quelques minutes, le temps pour moi de monter dans ma chambre, fourrer le minimum de vêtements et la totalité de mon argent dans un sac et de m’enfuir.

Je courrai le plus vite possible. Je ne savais pas où je me dirigeais, mais je m’éloignais. Je fuyais ma prison, mon bourreau, ma vie, ma mort, mais surtout ma différence, celle qui faisait de moi un monstre, une créature du diable.

Je ne m’arrêtais que lorsque mes jambes ne purent plus supporter mon poids, m’écroulant dans un recoin d’une ruelle sombre. Couché derrière une benne à ordure, le sommeil me terrassa.

Je vécus un mois dehors. Me nourrissant de nourriture volée, dormant à la lueur de la lune, sur le béton froid des rues, changeant chaque soir d’endroit. Mon endroit préféré restait la ruelle où j’avais atterri le premier soir. Un fast food ouvert 24h sur 24 y avait élu domicile, et en plus de la chaleur que dégageait les cuisines, j’arrivais à me procurer de la nourriture plus consistante qu’à l’accoutumée.

Je n’étais pas malheureux. N’étant jamais allé à l’école pour ne pas dévoiler ma « malformation », je n’avais aucun ami qui aurait pu me manquer ou même me reconnaître dans la rue prévenant ensuite mes parents. Je vivais comme un homme, me prenant en main, à à peine 13 ans. Pourtant, un soir, un homme me donna la possibilité d’avoir l’enfance et l’éducation que je n’avais jamais eues.

J’allais me réfugier derrière la benne à ordure qui était devenue, par la force des choses, mienne. Lorsqu’une ombre se glissa derrière moi. Effrayé, je me tétanisai. La voix grave d’un homme me fit me retourner. Devant moi se tenait un homme d’une quarantaine d’années. Son allure de business man m’effraya encore plus que cette ombre inconnue. Je savais très bien ce qui pouvait m’arriver si je me risquais à le suivre. J’avais entendu parlé d’un certain Tommy âgé de 12 ans qui s’était fait enlevé par un pédophile. Je ne voulais pas finir comme ça. Et pourtant cet homme ne prononça plus un mot de la nuit. Il s’assit simplement à 2 mètres de là où j’étais allongé et lorsque le soleil fit son apparition, il se releva, épousseta son pantalon, et s’en alla. Ce rituel dura une semaine, au cours de laquelle quelques mots furent échangés et la distance entre nous deux diminua. Je ne savais que très peu de choses sur lui. Son nom, Raphaël, son age, 42 ans, sa situation familiale, célibataire sans enfants, et son métier, une sorte de professeur. Ce furent ses mots. Quand je lui avais posé la question il m’avait répondu :

Oh! Tu sais, je suis une sorte de professeur. Un initiateur en quelque sorte.

Une autre semaine s’écoula, et la confiance s’installa. Plus le temps passait et plus j’avais l’impression de redevenir un enfant de 13 ans, discutant avec son père.

Et un jour, ou plutôt un soir, il me proposa de venir vivre avec lui, et de m’enseigner ce qu’il savait. Il ne me demandait rien en échange, il voulait simplement que je ne sois pas dehors pour l’hiver et me transmettre ses connaissances. Et j’acceptai. Je souhaitais me sentir bien. Me sentir à l’aise, me sentir enfant toute la journée, et pas seulement la nuit, quand il venait me rejoindre.

Lorsque nous arrivâmes chez lui et qu’il ouvrit la porte de sa maison. Il darda sur moi le regard le plus sérieux qu’il ne m’ait jamais lancé et me dit ces mots:

Si tu n’es pas près à obéir, quitte cet endroit sans te retourner, mais si, au contraire, tu es capable d’oublier tes envies et de faire ce que je te dis, je serais ta famille.

Je suis resté muet face à sa demande, et seul un hochement de tête lui a répondu, mais cela a semblé lui suffire, puisqu’il me conduisit jusqu’à une chambre, magnifiquement décoré, qui allait devenir la mienne. Et il me fit visiter sa maison, qui devint la notre.

Cette maison, je ne l’ai quitté que 10 ans plus tard. Elle m’avait vu devenir un homme. Au fil des ans, Raphaël m’enseigna toutes les matières scolaires, mais aussi une autre chose. Le contrôle de mes dons. Je sais que dit comme cela, on se croirait dans une série B qui regroupe monstres, sorcières et envoyés de dieu, mais ma vie ne fut pas comme ça. Il me fallait juste apprendre à me connaître, contrôler mon corps et mon esprit. Raphaël fut mon initiateur jusqu’à mes 23 ans, où je quittais la maison familiale pour entrer dans la vie active. Maison familiale car il était devenu un vrai père pour moi, et n’ayant plus aucune famille, ma mère avait été battue à mort par mon père le soir de ma fugue, celui-ci périssant en « mission » avec la totalité de mes frères et sœurs, je n’avais pu me raccrocher qu’à lui, pour notre plus grand plaisir à nous deux. J’étais enfin aimé.

J’entrais donc dans la vie active. Je me trouvai un appartement en centre ville, à moins d’une demi heure de la maison, et un boulot de serveur en attendant que le poste d’enseignant que je devais avoir se soit libéré. Je devais prendre la place d’une femme qui partait à la retraite deux mois plus tard. Ma vie était paisible. Jusqu’à ce qu’IL vint tout chambouler. IL, la personne qui m’enleva mon cœur. IL, la personne qui fit de ma vie une course contre la montre. IL, l’homme de ma vie.

A SUIVRE …..

Merci à ceux qui m’encouragent en me lisant et en me laissant des reviews!! Je vais tenter de poster un chapitre tous les week-ends maintenant que la rentrée est proche. J’espère que la « véritable histoire » va plus vous plaire que ces deux chapitres d’intro. Bisous à tous

¤ Mizu Senjo ¤

Réponses aux reviews:

Moony’s dream : oooooooh non!!! J’espère que t’es pas fâchée !!Looooool. Merciiii pour ses compliments! Je dois te dire que Richard est l’un de mes prénoms masculins préférés, et donc, je comprends parfaitement qu’on s’y attache rapidement :D Gros bisous. J’t’adore

Risaliana: Merci beaucoup!! Mais bon, pour l’instant la véritable histoire n’a pas encore commencé. J’espère seulement que quand on entrera dans le vif du sujet, c’est-à-dire au prochain chapitre, ça te plaira toujours autant. Bisous



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