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Titre : RN 1137
Rating : M (oui il y aura un lemon, mais pas pour tout de suite)
Ad : Bien qu’un peu médical sur le début, la suite devrait être moins technique et laisser plus de place à la romance…
Un immense merci à ceux et celles qui me laissent des reviews, ça m'encourage dans l'écriture de mes fics
Déposition
Olivier et les deux gendarmes se dirigèrent vers le local de police situé près des urgences. C’était la première fois qu’il y allait. En six ans d’étude et en trois années d’internat, il n’avait jamais eu à s’y rendre. Il fut installé dans le minuscule réduit qui leur servait de bureau. Et là, il fut stupéfait de voir sur la table en plastique une machine à écrire. Il s’attendait à voir un vieux bouiboui datant de Mathusalem mais certainement pas à ce truc. Comme quoi, les flics étaient encore plus fauchés que les hôpitaux… Ce petit détail saugrenu lui amena le sourire aux lèvres.
Le policier s’assit en face de lui et entama la rédaction du procès verbal. Le bruit du cliquetis des touches sur la machine aurait donné en d’autre circonstance un côté très burlesque à la scène.
« Alors, monsieur. Commençons par le début. Vous allez me donner vos noms, prénoms, date et lieu de naissance ainsi que votre adresse et votre profession.
- Je m’appelle Olivier Le Hoch, je suis né le 17 Mars 1979 à Cholet. J’ai 27 ans. Je réside au 2, Quai Hoche 44200 Nantes, appartement 32. Je suis interne des hôpitaux de Nantes, avec pour spécialité la radiologie. En ce moment j’exerce dans le service de neuroradiologie de l’Hôpital Guillaume et René Laennec (HGRL) à St Herblain.
- Bien. Que pouvez vous nous dire sur ce qui c’est passé cet après midi entre 14h15 et 14h30 ? Nous aimerions comprendre pourquoi Sébastien Hurveau a fini sa route dans un arbre.
- En fait, je ne sais pas vraiment. Je crois qu’il a voulu éviter ma voiture.
-…
- En effet, j’étais en train de doubler un scooter lorsque j’ai vu la voiture rouge arriver en face. Je ne pouvais plus me rabattre sous peine de projeter le cyclomotoriste dans les fossés. J’ai pilé afin de ralentir ma vitesse. Pour moi, le choc allait être inévitable. Mais brusquement, j’ai vu la Clio se déporter sur la droite, sortir de la chaussée et finir sa course dans un arbre.
- Mais ôtez moi d’un doute… Cette portion de la route est relativement droite et la visibilité est plutôt bonne aujourd’hui. Alors comment cela se faisse ?? Pourquoi vous êtes vous engagé dans un dépassement où vous n’aviez visiblement pas le temps de doubler ?
- Je ne l’avais pas vu.
- Une voiture rouge…
- Oui une voiture rouge. Mais comme j’étais en pleine dispute avec mon amie au téléphone, je dois avouer que je n’étais pas vraiment concentré sur mas route.
- Au téléphone me dites vous. Vous savez qu’il formellement interdit de téléphoner au volant sous peine de se voir amender de l’ordre de 25 euros et se faire retirer 2 points sur son permis de conduire, lui souligna l’officier.
- Sauf si votre téléphone est posé (vous avez alors les deux mains libres) et que vous communiquez avec votre interlocuteur via le système main libre. Ce qui était mon cas, rétorqua alors Olivier.
- C’est vrai. Même si malheureusement il est prouvé que téléphoner en conduisant réduit l’attention du conducteur… Au fait, à quelle vitesse rouliez vous ?
- En tout honnêteté, je n’en sais rien. Mais je mentirais si je vous disais avoir respecté la limite autorisée.
- Un ordre de grandeur quand même
- Peut être entre 100 et 110 km/h, mais je n’en suis pas sûr.
- Hum. D’accord. Dernières questions. Aviez vous consommé de l’alcool ?
- Non.
- Drogue ?
- A part du café non.
- Des substances médicamenteuses ?
- Non plus.
- Nous confirmerons vos dires grâce aux prélèvements biologiques. Vous nous avez dit que vous étiez interne. A quand remonte votre dernière nuit de sommeil ?
- … 2 jours.
- Et pourquoi, nous avons vérifié sur votre planning. Vous ne deviez pas travailler ce week-end.
- J’ai dû remplacer un collègue, répondit il sans épiloguer plus.
- Très bien nous en avons fini pour le moment. Nous vous recontacterons plus tard en cas de besoin. Et pour la suite de l’enquête. Mais pour cela, il va falloir attendre que le jeune homme s’en sorte sain et sauf… »
En sortant, Olivier croisa un couple de quinquagénaire. Cela devait être les parents de Sébastien. Oui Sébastien Hurveau. Il connaissait son nom à présent. Et ceci rendait la chose encore plus abominable. La femme semblait être légèrement plus jeune que son mari. En d’autres circonstances, elle aurait souri. C’était l’archétype de la mamma : un visage rond et doux, une petite taille, un léger côté rondelette, des cheveux courts et auburn et un cœur tellement débordant d’amour que s’en était visible. L’homme était plus difficile à cerner. On voyait qu’il restait fort pour épauler sa femme. Il avait les cheveux grisonnants (limite blanc par endroit), un visage fermé et marqué de quelques rides, une taille moyenne, des épaules carrées et de larges mains. Cette rencontre bouleversa complètement Olivier, et lorsqu’il fut hors de leur portée, il s’affaissa contre l’un des piliers du hall.
A suivre…