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Fiction » General » La fille du bus font: B s : A A A . width: full 3/4 1/2
Author: Evilie
Fiction Rated: K+ - French - General/Romance - Reviews: 7 - Published: 08-28-06 - Updated: 08-28-06 - Complete - id:2237832

Titre : La fille du bus.

Auteur : Evilie.

Genre : faut chercher.

Notes : dédicace à Yuri, petit ange de Bibi.


Tout à commencer ce jour-là…

Un jour normal pour un étudiant normal… sauf qu’il y avait cette fille dans le bus. Celle au fond, qui le regardait jamais, pas un regard, pas une parole, rien.

Alors il s’est senti vexé. Lui, le beau gosse du lycée, et cette fille pas assez digne d’intérêt en temps normal, sauf qu’elle ne le regardait jamais, au contraire des autres, les yeux dirigés sur la vitre.

Il passait son temps à l’observer, se demandant à quoi elle pouvait bien penser. C’en était devenue une obsession. Il a commencé à dépérir, ne plus manger, imaginant des histoires, échafaudant des hypothèses. Celle qui lui plaisait le plus, c’était que la fille était aveugle,et qu’elle ne pouvait pas le voir, où alors qu’elle était en train de penser à un garçon qui l’ignorait. Il en soupirait de frustration.

Jour et nuit, allant même jusqu’à interroger l’entourage de celle qu’il avait surnommer « la fille du bus ». Le seul petit problème dans sa recherche était le fait qu’elle n’avait pas d’entourage.

En fait, le seul moment où il la voyait était le bus, elle descendait toujours un arrêt avant lui, se dérobant ainsi à sa curiosité.

N’y tenant plus, il descendit un jour au même arrêt, la suivant, de loin, toujours à se poser des questions.

Il prit alors cette habitude, suivre la fille, la regarder marcher, et puis tourner juste avant qu’elle ne se retourne.

Tous les jours, il attendait le bus, plus qu’impatient de voir ce visage tourner vers l’extérieur, lointain, inexpressif. Il passait des heures à la détailler, remarquant une tache de rousseur, un battement de cils le faisait chavirer, et peu à peu, il tomba amoureux de ce visage de marbre, dont il avait appris chaque contour, chaque détail. Puis, il inventa sa personnalité, l’imaginant douce et aimante, un peu fière et rebelle sur les bords mais toujours agréable.

Cette obsession, devint une passion de plus en plus forte, le poussant jusqu’à des folies de plus en plus osées.

Elle ne parle jamais. Elle est peut-être muette.

Elle ne regarde jamais. Elle est peut-être aveugle.

Elle ne sourie jamais. Elle rêve souvent.

Elle rêvait, et ça le faisait rêver, imaginer la faire sourire, puis pleurer, pour pouvoir enfin la réconforter.

Un jour, il osa s’approcher, il osa lui parler. Mais elle ne répondit pas, les yeux fixés sur la vitre. Ça le dérangeait un peu au début, puis il s’y est fait, venant lui parler tous les jours, se confier à elle, sans jamais lui avouer. Elle restait immobile, puis se levait, elle descendait pour aller il ne savait où, alors il lui disait « à demain » mais elle ne lui répondait jamais.

Il voulait une réaction de sa part, même un plissement de paupière lui aurait suffi, mais rien, jour après jour, elle l’ignorait.

Alors, il l’observait en silence, un petit air mélancolique sur le visage.

Cela dura à peu près un an. Et puis un jour, elle ne descendit pas du bus, lui descendit à son arrêt, mais elle, non. Sur le trottoir, il la regarda partir. Il eut alors une révélation : de sa place, elle regardait toujours la vitre, mais derrière la vitre, il y avait lui. Elle lui sourit enfin, d’un petit sourire un peu triste, comme pour lui dire : tu en as mis du temps.

Le lendemain, il ne la vit plus dans le bus, et les jours suivant non plus.

Quelques semaines passèrent, puis en passant devant une maison, sa maison à elle, il vit un petit mouchoir noir accrocher à la porte.

La femme, sur le seuil, semblait l’attendre.

Il comprit alors… elle l’avait attendue un peu trop longtemps.

Et la femme dit : elle est partie.

Owari.



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