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Fiction » General » Dernier murmure font: B s : A A A . width: full 3/4 1/2
Author: kei.hotaru
Fiction Rated: K+ - French - General/Drama - Reviews: 4 - Published: 08-30-06 - Updated: 08-30-06 - id:2239102

Dernier Murmure.

One shot, angst, deathfic je le crains...

Ecrite en 1h30 à peu près, en période de déprime passagère, avec une musique de fond déprimante (évidemment) et dans le noir. C'est pas joyeux, joyeux quoi…

Ah et puis désolée pour les fautes qui traînent.

Bonne lecture déprimante lol.


Je respire douloureusement, suffoque presque. Comme si l'air ne voulait plus rentrer dans mes poumons autrement qu'en me broyant de l'intérieur. Alors je fais un horrible effort pour respirer, même si j'ai l'impression qu'ainsi, on me plante des milliers de couteaux dans le corps.

Autour de moi, les couleurs se sont atténuées, tout devient flou et terne. J'ai un mal fou à garder les yeux ouverts, peut-être devrais-je les fermer ?

Mais sa main qui serre la mienne dans un étau me garde violemment conscient. Penché au dessus de moi, je vois ses larmes couler le long de son visage, puis tomber sur mon cou, glissant jusqu'à ma nuque pour se perdre dans mes vêtements.

Il me parle, encore et encore, je ne l'écoute presque plus. Je m'en moque, je vais mourir. Je le sais et il le sait. Alors pourquoi continue-t-il à me dire de tenir bon, de rester avec lui, de ne pas le quitter ?

Je le fixe, sans bouger et sans rien dire. Je le fixe qui pleure en me murmurant des mots censés être réconfortants. C'est mon meilleur ami, je le connais depuis plus de quinze ans, mais c'est la première fois qu'il pleure devant moi.

J'inspire profondément une nouvelle fois, et c'est comme si je poussais un cri d'agonie étouffé. J'ai mal. Mais plus pour longtemps.

- Non, non, calme-toi, les secours vont arriver.

Sa voix est suppliante, désespérée, brisée. Mais les secours n'arriveront pas à temps, pas avant que je ne meure.

- S'il te plait, encore un effort…

Il recommence à murmurer et resserre davantage sa prise sur ma main. Ma main recouverte de mon sang.

- Pour…quoi… ?

Ma voix ressemble à un croassement pitoyable, mais ça n'a plus d'importance. Rien n'a plus d'importance.

- Pourquoi ? Pourquoi quoi ?! Je t'interdis de mourir tu m'entends ?!

Sa voix est maintenant paniquée. Il me secoue un peu mais mon regard reste rivé sur son visage.

- Pourquoi… pas… ? Pourquoi… pas… mourir… ? Damien…

- Damien va arriver, alors arrête de dire des conneries ! T'as pas le droit de mourir, t'as pas le droit ! Tu vas t'en sortir, tu gardes ton mélodrame pour plus tard !

Ses hurlements, sa colère, c'est juste pour me faire rester conscient un peu plus longtemps. Juste pour cacher sa panique. Mais je vais mourir, et je ne regrette pas.

- Je veux… mourir…

Son regard devient à nouveau désespéré.

- Non ! Personne te le pardonnerait, alors tu restes avec moi !

Je mes sens utiliser mes dernières forces, agonisant lentement dans les bras de mon presque frère.

- Pourquoi… vivre… ?

- Pour ta sœur, tes amis ! Pour Damien ! Et pour moi !

Des larmes me montent aux yeux, douloureuses et impitoyables.

- Damien…

- Il arrive.

Sa voix s'est calmée, la mienne est mourante.

- Il m'a… trahit… Il m'a… aban…donné…

- Il voulait pas ça d'accord ?! Je l'ai appelé, il a dit qu'il arrivait tout de suite ! Il était mort d'inquiétude ! Il arrive !

- Non… Il ne… Je veux… plus…

- Mais ferme-la !

- Veux plus… vivre…

- Ça suffit, Julien ! Tu gaspilles ton putain de souffle !

- Ha… ha… haha…

Un rire spasmodique me prend, ressemblant à des sanglots noyés. J'en peux plus, je veux plus de cette vie. Cet accident, c'en était pas un. C'en était pas un merde !

- Julien, arrête de rire !

Mais mes rires n'en sont plus. Rire est trop douloureux pour l'instant.

- Mal…

- Je sais, t'es tombé d'un rocher d'au moins trois mètres… Je crois… que t'as une cote ou deux qui ont éclatées… et qui ont fait pas mal de dégats…

Ma respiration laborieuse devient de plus en plus saccadée.

- Et t'as… deux fractures ouvertes. C'est pas beau à voir, mais on va t'emmener à l'hôpital et ils ont s'occuper de toi.

- Hin…

Un ricanement s'est échappé de mes lèvres. Ils n'arriveront jamais à temps.

- Je hais… ma vie…

Ses yeux, perdus sur les dégâts que j'ai subis, remontent vers mon visage et me regardent avec tristesse. Il se mord la lèvre inférieure et je sais qu'il lutte de nouveau pour arrêter de pleurer.

- Je sais, souffle-t-il. Je sais mais… accroche-toi !

- Je déteste… vivre…

- Non, non, t'es juste déprimé à cause de votre dispute. Mais Damien arrive et vous…

- Et… rien… va me… voir mourir…

Il éclate de nouveau en sanglots mais ne réplique pas cette fois. Au lieu de ça, il cache son visage dans mes cheveux et je sens les larmes couler derrière mon crâne.

La douleur ne se propage plus dans mon corps depuis quelques minutes. En fait, je ne suis plus que douleur. Chaque mouvement, chaque respiration, chaque tremblement, chaque touché, et même chaque pensées, finissent de me tuer un peu plus.

Si je pouvais me redresser, je sais que je verrais la flaque de sang qui s'agrandit sous moi et qui s'étale sur le sol. Je me vide de ma vie, lentement mais sûrement.

La vision floue que j'avais quelques minutes auparavant est devenue quasiment nulle. Je ne vois presque plus rien, que des taches sombres, que la silhouette de mon frère de cœur penché sur moi.

Mes jambes qui me faisaient souffrir le martyr sont devenues insensibles. Je ne sens plus le bas de mon corps, et le haut n'est qu'agonie et froid mordant. Oh oui, j'ai froid. Je n'ai jamais eu aussi froid. Je tremble comme un vieillard, j'ai l'impression de convulser.

Et brusquement je pousse un hurlement de douleur.

Quelqu'un vient de s'asseoir à coté de moi et de me prendre dans ses bras. Je ne vois pas qui c'est, je ne vois plus rien. Mais sa voix parviens jusqu'à moi.

- Julien ! Julien !

Ta voix, Damien, je la connais par cœur. Je l'ai toujours adoré, comme je t'ai adoré toi. Mais il est trop tard maintenant.

- Julien, répond ! Merde !

- Dam…

Je m'étouffe presque dans le sang qui vient de remonter de ma gorge et la tête roule sur le coté pour tout vomir.

-Julien !

Mais yeux sont encore ouverts mais je ne vois que du noir. Je ne le vois pas… Je ne le vois pas mais j'entends les sanglots dans sa voix.

- Julien, s'il te plait ! Regarde-moi ?! Parle moi ?!

- peux pas… noir…

Je ne peux presque plus parler maintenant. J'ai envie de dormir, de ne plus souffrir. De mourir.

- Julien !

Je sens mon meilleur ami reculer un peu et entend clairement ses halètements horrifiés. Puis une main vient caresser doucement mon visage, effleurant mes joues et mes lèvres.

- Julien…

Le souffle de son murmure réchauffe ma peau froide.

- Julien, je t'aime, tu sais.

Il pleure contre ma joue, ses lèvres laissant de petits baisers sur mon visage puis venant se poser sur ma bouche avec douceur. Nos lèvres s'effleurent, se touchent à peine, mais cela suffit pour que je lui pardonne tout.

- Je… t'aime… aussi… crétin…

Ce n'est qu'un chuchotement mais je sens confusément ses bras me serrer plus fort. Puis mes yeux se ferment lentement, et je finis enfin par m'endormir. Je n'ai plus mal, maintenant.

Fin.



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