Home Just In Communities Forums Beta Readers Dictionary Search Login Register Extras
Fiction » General » Egalite font: B s : A A A . width: full 3/4 1/2
Author: Cerbere
Fiction Rated: K+ - French - General - Reviews: 1 - Published: 09-02-06 - Updated: 09-02-06 - Complete - id:2240553

Titre : Égalité

Auteur : Cerbère

Disclaimer : Les personnages sont ma propriété, pour toutes destructions potentielles, veuillez d’abord passer par ma boîte e-mail, merci.

Note : Seconde partie de la trilogie sur Cédric (Fraternité, Égalité et Liberté). À la demande de Paprika Star qui a demandé comment Amandine et Cédric en sont arrivés à se mettre ensemble. J’espère ici, répondre à ta question.

One-Shot

Égalité

Cédric discutait avec Julien et Jonathan, faisant tourner un joint sans y toucher, quand Jordan vint l’interrompre.

« Eh vieux ! Y’a Ilme qu’est verni, je vais l’allonger dans ta chambre ».

Cédric fixa Jordan qui lui fit un sourire entendu.

« Va pour celle de tes vieux ».

Et le brun disparu. Cédric reprit sa discussion jusqu’à ce qu’un portable sonne près de lui. Il n’y prêta pas vraiment attention, puis fini par décrocher au septième appel. Sur l’écran, Amandine était affiché.

« ‘Mandine ? » Demanda-t-il expirant la fumée de sa cigarette fraîchement allumée.

/ Euh… Ilme ? C’est Ilme /.

« Ah non ! Ilme fait un vol dans les étoiles… ».

« Demande lui de venir, y a pas de filles par ici » Murmura Julien, lui tirant la manche.

« Mais si tu veux, tu peux passer, il devrait être sur pied d’ici une heure ou deux ».

/ Euh… Je sais pas /.

« Allez, on va pas te manger, puis t’es une pote d’Ilme, non ? ».

La jeune fille acquiesça à l’autre bout de la ligne, Cédric lui donna son adresse avant de raccrocher.

« Au passage, je ne pense pas qu’Ilme s’arrête au vol dans les étoiles » Rigola Jonathan en terminant sa bière.

Cédric haussa les épaules. Ce n’était pas son problème. Ilme faisait ce qu’il voulait avec qui il voulait. Ce n’était pas la première fois que Jordan faisait ça ici. Et pour Amandine, c’était aussi le problème d’Ilme. Une demie heure après, Cédric alla ouvrir la porte. Il siffla à la vue de la jeune fille en face de lui.

« Bah dis donc, si je m’étais attendu à une si jolie nana… ».

Il s’écarta de l’entrée et la laissa passer. Cheveux longs en dessous des épaules, raides, bruns, une tête de moins que lui, les yeux bleu foncés. Elle était vêtue d’un jean et d’un tee-shirt simple. Cédric hésita un instant à la faire passer sous la véranda : elle semblait si innocente. Le brun secoua la tête, si la brune était là, c’est qu’elle le voulait bien, il n’avait pas à se sentir coupable de la plonger dans un milieu comme le sien. À sa grande surprise, Amandine salua deux jeunes dans la pièce avant de s’installer à côté de Jonathan qui lui donna son joint en plaisantant.

« C’est ma cousine » Dit-il.

Cédric haussa les épaules et Julien marmonna contre l’injustice de ce monde. Après une heure où Cédric pu se rendre compte que la brune était loin d’être si innocente qu’elle le paraissait, celle-ci se leva et demanda où se trouvait Ilme. Un silence ce fit dans le cercle.

« Il est bien là, non ? » Demanda-t-elle, soudainement incertaine.

« Oui, oui » Répondit Jonathan « Mais… ».

« Première porte à droite dans le couloir » Lâcha Julien.

La brune le remercia d’un sourire et se leva. Jonathan baffa l’arrière de la tête de Julien.

« Crétin ».

« Mais quoi ?! ».

« Tu sais très bien qu’Ilme est pas seul ».

Julien haussa les épaules : c’était le problème d’Ilme, pas le sien. Cédric se leva :

« Je vais chercher une bière… Jo’ ? ».

« Une pour moi, ouais et… Prends en une pour Amandine au passage ».

« Une pour moi, aussi ».

Le brun passa à la cuisine, ouvrit le frigo et en sorti quatre bouteilles. Il sursauta lorsque quelqu’un passa derrière lui.

« Qu’est ce que tu fais là ? » Agressa-t-il.

« On se calme ! Je viens juste prendre une bouteille d’eau » Répondit le jeune garçon.

« Prends là, et dégage ».

« Je vois pas ce que je pourrais faire d’autre… Au passage, une de tes amies est dans le couloir et reste figée face à une porte… Elle a un peu l’air con… ».

Cédric regarda l’ami de sa sœur partir. Il détestait Zacharie. Celui-ci était apparu au mauvais moment. Il était apparu quand il aurait dû rester chez lui. Il avait détruit le lien entre lui et sa sœur. Le lien qu’il avait essayé de reconstruire à ce moment là. Il referma rageusement le frigo et retourna sous la véranda. Il lança les bouteilles à ses deux amis, ainsi que le décapsuleur et s’avança vers le couloir. Amandine était là, figée, fixant la porte. Quelques larmes coulaient le long de ses joues. Cédric la prit par l’épaule et la tira hors du couloir. Elle le suivit, misérable. Dans le salon, plutôt que d’aller du côté de la véranda, il ouvrit la porte qui donnait sur le garage.

« Ça va ? ».

« Très bien » Répondit-elle agressivement en essuyant ses joues du dos de la main.

Amandine attrapa la bouteille que le brun venait d’ouvrir et en bu la moitié avant de se laisser glisser contre le mur, d’enfouir sa tête dans ses genoux et de laisser libre cours à ses pleurs. Cédric se doutait bien de ce qui l’avait mis dans cet état. Il se doutait bien de ce qu’elle avait vu dans la chambre. Et vu la réaction, il se doutait bien de ses sentiments pour le rouquin. Mais apparemment, ceux-ci n’étaient pas réciproques. Il la laissa pleurer quelques minutes avant qu’elle ne se sèche une fois de plus ses larmes. Cédric ne savait pas quoi dire et ne comprenait pas pourquoi il attachait autant d’importance à la peine de quelqu’un d’autre que lui-même. Il ne savait pas pourquoi, il trouvait comme un point d’égalité entre sa propre situation et celle de la brune : tous les deux privés de quelqu’un qu’ils aimaient à cause de quelqu’un d’autre. Pour lui, c’était Zacharie, et pour elle, Jordan. Même si les sentiments de départ n’étaient pas le même, ils l’étaient à l’arrivée : tristesse, impression de manque, et peut-être même jalousie. Dans une impulsion soudaine, le brun porta sa main à la joue de la brune pour dégager une mèche de cheveux, collé à la joue humide. Celle-ci rejeta violement le poignet et se releva.

« C’est bon, j’ai pas besoin de pitié » Cracha-t-elle en partant.

« Crois-moi, je suis bien trop égoïste pour prendre quelqu’un en pitié » Lui répondit-il en la retenant par le poignet.

Ils se fixèrent un moment avant que Cédric ne la lâche et laisse échapper un petit rire, se cachant les yeux de sa main.

« Qu’est-ce qu’il y a de si drôle ? ».

« Moi » Répondit-il simplement.

Cédric se frotta les yeux et la fixa.

« Laisse tomber. Fais ce que tu veux. Rentre chez toi, reste ici, je m’en fiche ».

Le brun repartit s’asseoir sous la véranda et reprit la discussion qu’il avait laissée en suspens avec Jonathan et Julien. Amandine les rejoins plus tard avec une nouvelle canette de bière et s’installa près de son cousin avec qui elle échangea trois banalités sur son petit frère. Quelques minutes après, Cédric pu voir la brune se raidir à l’entrée d’Ilme et Jordan. Le rouquin regarda son amie, un peu surpris de la voir présente, sans vraiment réaliser. Il s’installa à côté d’elle et attrapa le narguilé que lui tendait un jeune sur sa gauche. Amandine se tordit les doigts et tourna la tête vers Ilme. Celui-ci venait de ce mettre elle ne savait quoi dans le nez, mais elle ne voulait pas –plus ?- reculer : elle lui tapota l’épaule pour attirer son attention.

« Ilme… Tu sais… T’es blessant. Tu ne m’as jamais fais confiance ? T’aurai dû me dire » Elle sentit les sanglots monter dans sa voix. « Je croyais que t’étais mon meilleur ami ».

« Bah ouais » Répondit jovialement le rouquin en avalant une gorgée de bière.

« Alors t’aurais du me dire… Du me prévenir. Tu aurais pu éviter certaines blessures. Je t’aime… Et maintenant, je sais pourquoi tu ne l’as jamais compris, et crois moi, ça blesse. Ça blesse vraiment ».

« Eh Amandine ?! Tu peux pas la fermer deux secondes ? Il en a rien foutre de toi. Rien à foutre » Jordan insista sur les dernières mots. « Garde ta salive. Ilme, n’en a pas plus à foutre que les autres ici. Y’a que toi qui mets de l’importance dessus. Pas vrai, Ilme ? ».

Ce dernier sourit au son de son prénom. Le brun l’attrapa par la nuque et l’embrassa devant toute l’assemblée, fixant Amandine bien droit dans les yeux. Jonathan se leva, colla une baffe dans l’arrière de la tête de Jordan, puis pris sa cousine par le bras et la tira sans ménagement dans le jardin. Là, elle se laissa aller pour la seconde fois de la soirée et certainement la seconde fois depuis des mois.

« ‘Mandine, faut que tu saches qu’Ilme, actuellement, il capte rien. Rien du tout. Si tu veux t’expliquer avec lui attends deux ou trois jours, là, ça sert à rien. Et fais pas gaffe à Jordan, c’est un con ».

La brune hocha la tête et la posa contre l’épaule de son cousin qui resserra ses bras sur elle. Amandine se calma peu à peu et lorsqu’elle ouvrit de nouveau les yeux, elle vit Cédric arriver dans leur direction, deux canettes de bière en main.

« Bon, je vais y aller » Déclara-t-elle « Je vais éviter de donner une bonne raison à ma mère de me gueuler dessus ».

« Ok, et puis comme d’hab Am’, tu squatte quand tu veux à la sonmai ».

« Merci, Jo. Bonne soirée ».

La brune repassa par la véranda, attrapa son sac et quitta la pièce sans un regard pour Ilme. De dehors, Jonathan et Cédric la suivirent du regard. Elle leur fit un signe de la main et quitta la maison.

« Elle est en vacances et elle a pas le droit de sortir ? ».

« Intéressé ?».

« Non, pas plus que ça » Répondit le brun en haussant les épaules et en tendant la seconde bière à son ami.

OoO

Vers cinq heures vint le moment où tout le monde se dirigea vers la sortie. Jonathan resta un peu pour aider à ranger. Une fois qu’ils eurent fini, ils s’assirent sur le canapé avec une bière et mirent la télé.

« Question stupide, mais je la pose quand même. Ça te dérangerait si je ramenais Amandine ? ».

« Nan, pas de souci ».

« Elle est un peu timide et ».

« Timide ? ».

« Ouais, pas ce soir. Y’avait autre chose. Mais elle est pas très extravertie… Et puis ce soir, elle en a pris pour son grade. Mais en général, elle dit rarement ce qu’elle pense. Puis côté familial, c’est pas trop ça… Un peu comme toi ».

Cédric changea de chaîne avant de se lever pour faire craquer son dos.

« Je suis mort, je vais me coucher. Fais à ton aise. Squatte le canapé, la télé et le frigo ».

« Comme d’hab quoi ».

« Voilà ».

« Bonne nuit vieux ».

« ‘Nuit grabataire ».

OoO

Le narguilé tournait dans le cercle, comme toujours, laissant échapper une odeur de tabac parfumé à l’orange. Amandine le reçu et le posa au sol devant elle, s’apprêtant à prendre elle aussi une ou deux bouffés quand son voisin l’en empêcha, faisant passer l’instrument à son autre voisin.

« Touche pas à ça » Lui dit Cédric en secouant la tête, lui tendant son paquet de cigarette.

Amandine le regarda de biais, avant de se saisir d’une cigarette. Puis elle jeta un coup d’œil à son cousin en face d’elle, faisant passer le narguilé à sa gauche, et vidant sa bouteille. Elle avait remarqué que Cédric et son cousin étaient les seuls à ne jamais toucher au narguilé, peu importe de quoi celui-ci était rempli. Elle revint sur la conversation, attrapant le briquet que lui tendait Cédric et allumant sa clope.

OoO

Cédric tomba pour la troisième fois sur le répondeur de Jonathan. Il maudit ce dernier pour avoir son portable en silencieux. Il fit le tour de son répertoire, essayant de trouver une personne susceptible de joindre son ami. Julien était déjà ici et c’était donc peine perdue. Il se décida pour joindre son fixe et tomba sur sa mère.

« Bonsoir Cédric. Jonathan et sorti avec sa cousine et ».

« Amandine ? ».

« Oh, tu connais Amandine ? Enfin, ils sont sortis en ville boire un verre et Jonathan a laissé son portable à la maison. Essaye de les joindre sur celui d’Amandine ».

« Pourriez vous me passer son numéro ? J’ai récemment formaté ma carte par erreur » Menti-t-il.

La femme s’exécuta, lui souhaita une bonne soirée et raccrocha. Cédric appela directement Amandine.

« Yep ? ».

« Amandine ? Salut c’est Cédric ».

« Salut » Répondit-elle après un petit silence.

« Tu peux me passer Jo’ ? ».

« Il est aux toilettes ».

« Ok… Demande à ton cousin s’il veut venir chez Greg, y a une grosse fête à l’improviste d’ici une heure. Je peux l’emmener si ça le branche ».

« Ok » Répondit-elle sans plus de formalité.

« Et… Toi aussi si tu veux ».

Il raccrocha et regarda Julien qui souriait à l’idée d’avoir des filles présentes.

« Ne t’inquiète pas Ju, un jour, tu perdra ton pucelage ».

Cédric était énervé par l’attitude de son ami. Celui-ci n’allait aux fêtes que dans l’espoir d’y dégotter une fille. Celles-ci revenaient rarement une seconde fois, énervées par la drague incessante à laquelle elles prenaient involontairement part. Amandine, avait au moins l’avantage d’être la cousine de Jonathan et que celui-ci soit assez protecteur pour faire peur à Julien. Après quelques minutes pendant lesquelles il vida le contenu du frigo dans sa voiture, Jonathan arriva avec Amandine. Il l’aida directement, sans prendre la peine de dire bonjour. Amandine resta légèrement en retrait pendant qu’ils portaient les emplis. Puis après une demi-heure, tout le monde monta en voiture. Jonathan faisant preuve de galanterie laissa sa cousine prendre la place du mort et Cédric savait qu’il y avait une vraie raison pour cela : Jonathan ne voulait pas sa cousine à côté de Julien.

OoO

Amandine regardait attentivement la route. Dans la voiture, les trois garçons discutaient de sujet divers auxquels elle ne voulait pas prendre part. Elle ne savait pas vraiment pourquoi elle avait accepté de venir. Pour faire plaisir à Jonathan ? Pour éviter sa mère ? Pour faire la fête ? La brune secoua la tête pour arrêter ses pensées. Cédric posa une main sur son genou, ce qui la fit sursauter.

« Je demandais si ça allait » Justifia-t-il en retirant sa main.

Amandine hocha la tête et reparti dans le vague.

OoO

« Céd, Céd ! » Le blond se retourna « T’es ailleurs ce soir ! ».

Cédric hocha la tête et prit une gorgé de sa bière avant de détourner les yeux de la digue. Grégoire habitait une maison de vacance donnant sur la plage : l’endroit idéal pour faire la fête. Le blond haussa le menton vers Jonathan pour lui demander ce qu’il voulait.

« J’ai pas pensé à te demander avant. Tu crois que tu peux héberger Amandine aussi ? ».

« Ouais, pas de problème » Répondit-il sans réfléchir « Etna est en Espagne, elle pourra squatter sa chambre ».

« Ok… J’y retourne, les grillades sont sur le point de disparaître et Arthur a ramené un gâteau au canna… Tu viens te joindre ? ».

« Ouais… Donne-moi une minute ».

Jonathan rejoignit ses amis, rassemblés autour d’un feu de camp, tandis que Cédric s’avança un peu plus sur la digue. La mer était basse, le bout était donc sec et il était sûr d’avoir vu, plus tôt dans la soirée, Amandine s’y avancer. La descente de la digue était en deux parties : la première en escalier et la seconde, plate pour remorquer les bateaux. La brune était assise sur la dernière marche, les bras croisés sur ses genoux, fumant une cigarette, regardant le large. Cédric s’arrêta juste avant la pente et enfouit ses mains dans ses poches, puis s’avança près de la brune pour s’asseoir à côté d’elle sur la partie plate.

« Tu penses à quoi ? ».

« Je sais pas ».

« Je reformule ma question, à quoi penses-tu ? ».

« Je reformule, je n’en ai aucune idée ».

« C’est possible ça ? Ou c’est que tu ne veux pas me dire ? ».

« En temps normal je te dirais que je ça te regarde pas, mais la vraie réponse est que je ne sais vraiment pas. Je passe du coq à l’âne dans ma tête ».

« La soirée ne te plais pas ? ».

« Si, pourquoi ? ».

« T’es là depuis le début ».

La brune soupira et écrasa sa cigarette, tendant le paquet au blond qui refusa. Elle en sorti une nouvelle, la porta à ses lèvres, s’apprêta à l’allumer, puis, finalement, la remis dans la cartouche.

« Tu savais pour Ilme ? ».

« Qu’il s’envoyait en l’air avec Jordan ? ».

Cédric se sentit mal au blanc qui suivit. Parfois, il manquait vraiment de diplomatie.

« Tu veux dire, est-ce que je savais qu’il était avec Jordan quand t’as appelé et que je t’ai proposé de venir ? ».

La brune hocha la tête. Cédric pu remarquer qu’elle tremblait légèrement. Le froid ou l’angoisse de la réponse, il ne savait pas. Il ne s’était jamais vraiment soucié des autres avant, mais là, il retira sa veste et la posa sur les épaules de la brune.

« Merci ».

Cédric fouilla dans la poche de sa veste fraîchement prêté et en sorti son propre paquet de cigarette pour s’en allumer une. Comment répondre à la brune ?

« Pour être honnête, peut-être. Je ne m’en rappelle pas. Jordan et Ilme étaient partis depuis vingt bonnes minutes, le portable sonnait. J’ai pas réfléchis. À côté de moi, Julien me bassinait pour que je te demande de venir. J’ai pas réfléchis à tout ça. Et je crois même, que je pensais que tu savais pour Ilme ».

Amandine resta silencieuse. Cédric se releva et lui tendit la main.

« Là-bas, ils sont en train de manger un gâteau au cannabis. Faut que t’essayes ».

« Tu touches à ça, toi ? » Ironisa-t-elle en attrapant la main.

« Que veux tu dire ? ».

« J’ai remarqué ça aux cours des dernières soirées… » Elle enfila correctement la veste et la ferma « Tu fumes tes clopes et tu bois tes bières. Tu touches pas à tout ce qui passe de main en main comme les narguilés, les shampi et cetera ».

« Ah… Ouais, c’est juste que ça me va comme ça et puis… Les shampi… J’ai déjà essayé… ».

« Et ? ».

« Je n’y toucherais plus jamais ».

« Pourquoi ? C’est si horrible que ça ? ».

« J’ai eu envie de me flinguer quelques heures après ».

« C’est une image ? ».

« Non ! Je suis sérieux. Quand, une fois chez moi, seul, dans mon lit, je me suis souvenu de la sensation, je me suis rendu compte que plus jamais dans ma vie je serais aussi heureux qu’à ce moment là. Et je crois que ça m’a donné envie de me faire sauter le caisson ».

« Et tu l’a pas fais parce que tu n’avais pas de flingue ? ».

« Si j’avais pas eu de flingue, je pouvais toujours me pendre, me poignarder ou autre. Y’a pleins de façon de se suicider… Non, si je ne l’ai pas fais, c’est parce que… ».

Cédric s’arrêta. Pourquoi ne l’avait-il pas fait ? Il ne s’en souvenait plus.

« Parce que ? » Demanda la brune le voyant partir dans ses pensées.

« Je ne sais pas ».

Amandine ne répondit pas. Elle avait senti comme de la colère dans la voix du blond. Elle n’avait pas voulu l’énerver. Elle baissa la tête et repris sa marche. Comme lors de la première soirée, Cédric l’attrapa par le poignet. Ils se fixèrent en silence.

« Quelque chose à demander ? ».

Cédric la fixa quelques secondes de plus.

« Si je t’embrassais maintenant, tu prendrais ça comme de la pitié ? » Demanda-t-il alors, lâchant le poignet.

« Oui » Répondit la brune.

« Tant pis ».

Amandine voulu reprendre son chemin, mais le blond l’attrapa doucement par l’avant bras et la retourna pour poser ses lèvres sur les siennes. Et contrairement à ses craintes, aucune gifle ne lui vint en retour. La brune se dégagea simplement et s’avança vers le feu de camp pour saisir la dernière brochette.

OoO

Amandine attrapa un bout de bois, laissa quelques secondes la pointe dans le nouveau feu de camp et s’avança vers Cédric, gardant sa braise éloignée. Le blond se décala sur sa veste et laissa la brune s’asseoir à côté de lui. Il attendait qu’elle parle, mais elle ne faisait que fixer son étincelle ardente. Perdant patience, il retira le bâton des mains de la jeune fille et l’écrasa dans le sable. Puis il croisa ses bras sur ses genoux et fixa la mer. Amandine posa sa tête sur son épaule et fit de même. Il risqua un bras à sa taille et comme celle-ci ne disait rien, il la rapprocha de lui. Encore une fois, elle se laissa faire. Ils n’étaient plus qu’une dizaine et Greg avait proposé d’allumer un feu sur la plage. Ceux qui n’avaient pas été partant étaient rentrés chez eux. Cédric jeta un œil sur sa droite. Jonathan, un peu plus en retrait, câlinait sa copine qu’il n’avait pas vue depuis quelques mois. Le blond ne se tourna pas vers Julien. Il savait que celui-ci avait la rage : deux filles avaient quittés la soirée après avoir passé une heure –forcé- en sa compagnie. Amandine le tira de ses pensées.

« Pardon ? » Demanda-t-il. La voix lui avait paru distante.

« Je suis fatiguée ».

« On va pas tarder, je suis mort aussi, j’préviens Julien et Jo’ ».

« Je pense pas que Jo’ vienne ».

« C’est pour ça que je dis ‘préviens’ » Répondit le blond en embrassant la jeune fille sur le front, avant de se lever.

Alors que Cédric s’avançait vers Julien, Amandine serra ses bras autour d’elle et se retourna pour regarder son cousin. Celui-ci leva le pouce en inclinant sa tête sur la gauche. Elle lui renvoya le signe et fixa de nouveau la mer, jusqu’à ce que la main de Cédric se tienne devant elle. La brune l’attrapa et se leva. Elle pu sentir la prise se resserrer doucement, puis relâcher et recommencer, comme dans une question. Amandine sourit à Cédric en réponse. Elle non plus, ne voulait pas lâcher cette main.

Fin

Paprika Star : J’espère que cela aura répondu à ta question. Ceci n’est que la mise en forme du couple. Lorsque j’aurai fini avec les deux prochains OSs en cours, je m’attaquerais à la suite, prévue depuis longtemps. Pour le moment, d’autres projet ! Au plaisir de te revoir.

Tordue : Merci pour « Amitié au Premier Degré », je sais que la fin est spéciale. Tu es la première à avoir lu cette lettre, qui n’a été écrite que très récemment. Pour Une Histoire de Dent, je sais que Zacharie est très différent de celui que nous retrouvons dans Alone, mais dis toi que son père est décédé et que près de six ans ont passé… Puis tu verras très bientôt cette évolution, quand je me mettrais à cette OS. Gros bisous.

À bientôt j’espère

Cerb



© Copyright 2006 Cerbere (FictionPress ID:468012).


Return to Top