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Les Chroniques d’Andromède
Partie Une : Aaricia6. Andromède.
Aaricia renvoya un regard surpris avec la licorne avant de se demander où avait bien pût passer Yuel.
Ne le voyant nulle part, elle l’appela dans sa tête, puis retourna son attention sur la licorne :
-Qui êtes-vous ?
L’animal fit quelques pas nerveux avant de plier une patte en arrière et d’incliner son encolure en une révérence.
-Je m’appelle Clair De Lune, fils de Pan De Gore et de la déesse Nephtis, ancien protecteur des runes sacrée sur la Lune. Et vous même étrange jeune fille, qui êtes-vous ?
Aaricia se demanda si elle devait dire la vérité. Après tout, de ses brefs souvenir, elle n’avait rien récupéré sur les licornes. C’était peut être de mauvaises créatures.
Toutefois, la petite fille de ses souvenirs, présente en elle, hurlait qu’il ne fallait jamais mentir.
-Je m’appelle Aaricia, décida t’elle de déclarer seulement.
Les yeux de Clair De Lune brillèrent.
-Ce n’est qu’une partie de la réponse… Répondit-il avec un ton grave de reproche. Ici, on se présente par le nom de ses prédécesseurs et par son rôle…
-…
-… Mais je vais répondre à ta place. Tu es Aaricia, fille d’Andrahas et d’Aane, princesse héritière d’Andromède.
La jeune fille en resta stupéfaite. Elle ouvrit la bouche sans que rien ne lui vienne et la referma, se sentant bête.
-Comment ? Finit-elle par demander.
-Je n’ai jamais vu quelqu’un briller autant que toi de la Lumière. Tu ne pouvais être qu’une descendante d’Andromède.
Aaricia était décontenancée : une licorne, ce n’était pas un animal ? Comment un animal pouvait être aussi intelligent et parler le langage des humains ? Après observation, la jeune fille s’aperçut que Clair De Lune ne « parlait pas ». Son museau ne s’était pas une seule fois ouvert lors de la discussion.
-Les licornes sont télépathes, lui apprit-il avec une once d’indignation. Nous sommes des animaux au même titre que toi !
-Pardon…
-Nous pardonnons volontiers l’ignorance et la maladroitesse de la jeunesse.
-Je ne suis pas au courant de tout, ça me revient petit à petit.
Clair De Lune frotta nerveusement le sol de ses sabots avant de s’approcher de la princesse, le cou tendu vers la main que la jeune fille avait tendu. Délicatement elle posa la paume de sa main contre les naseaux chauds de la licorne.
-Je sais…
-Je dois retrouver mon ami, c’est un ange, tu ne l’aurais pas aperçu ?
La licorne s’écarta brutalement en piaffant de colère.
-Un ange ?! Sur Andromède ? Ca doit être un suppôt d’Adam ! Grogna-t-il, les oreilles levées et alertes. Crois-moi, un tel être ne peut être ton ami !
-C’est pourtant le cas. Yuel m’a aidé. Il m’a secouru et il m’a amené ici !
Il souffla bruyamment pour montrer le doute qu’il avait sur ces affirmations, mais montra moins de colère :
-Pour ton bien, tu devrais t’éloigner de cet ange et maintenant que tu es de retour, rentrer chez toi et reprendre ta vie.
-Mais…
Aaricia ne voulait pas se séparer de Yuel. Elle se demandait pourquoi cette licorne était aussi suspicieuse envers lui. Alors qu’il était si gentil…
-… De toute façon il doit me conduire à mon château, finit-elle.
-Je peux aussi t’y emmener, proposa Clair De Lune, ce n’est pas loin, c’est juste à l’orée de cette forêt.
-Alors je suis dans la forêt d’Elyne ! Le royaume des fées ! Déclara Aaricia en regardant tout autour d’elle, excitée.
-C’est exact. Maintenant suis-moi.
Il passa derrière elle et se mit à la pousser en avant du museau, la jeune fille suivit volontiers le mouvement et partit à travers la forêt avec son nouveau guide. Bien que plus bavard que son ange, la licorne resta silencieuse sur le chemin, les oreilles aux aguets.
-Pourquoi es tu si nerveux ? De ce que je me souviens, je sais que les terres d’Andromèdes sont belles et fertiles, que l’eau et la nourriture coule à flots et que la paix est reine en tout lieux ! S’exclama-t-elle en se mettant à danser et à tournoyer dans l’air chaud, simplement heureuse car elle se sentait chez elle.
-Tant qu’une reine du sang d’Andromède est sur le trône, répliqua Clair De Lune en l’intimant de se calmer. Hélas, depuis la mort de la reine Aane, c’est un roi de sang étranger que nous avons. Un incapable qui ne possède aucun pouvoir.
-Je ne comprends pas…
-Un jour tu te souviendras que cette terre et toi ne font qu’un, lui expliqua la licorne en frottant le sol d’un de ses sabots. Que les plantes poussent grâce à ta vie et que le ciel est clair parce que tu en as envie.
-Parce que j’en ai envie... Répéta Aaricia en regardant vers le haut.
Un vol de cygne passa au dessus de la cime des arbres, créant de l’ombre en contrebas. Clair De Lune pressa la jeune fille de se dépêcher et ils continuèrent leur chemin sur le sentier d’herbe. La jeune princesse en profita pour admirer la forêt féerique qui l’entourait, cherchant dans les bosquets ocre et dans les arbres rouges la lumière caractéristique des fées. Mais elles restaient invisibles. Ce n’était pas normal, pensa t’elle un peu déçue, posant la main sur l’encolure soyeuse de son nouvel ami.
La lumière du soleil commençait à baisser derrière les feuillages, les embrasant de plus belle.
-On est bientôt arrivé ? Demanda Aaricia en baillant.
-Oui, très bientôt. Au prochain virage, tu pourras déjà voir le plus haut pic du château.
Et il n’avait pas menti, car dés qu’ils tournèrent un immense toit argenté en pointe s’élevait seul au milieu d’une mer de feuillage. En haut de la pointe, il y avait un symbole de croix dans un cercle.
-C’est la ville de Temple, lui apprit la licorne.
-Temple ? Répéta la jeune fille, goutant les sonorités du nom.
Oui. Elle connaissait… Elle était sur de connaître.
Elle allait souvent prier quand elle était…
…Quoi déjà ?
Dans sa mémoire, elle eut à nouveau l’impression qu’un verrou s’ouvrait avec un petit clic, comme à chaque fois que des pans de sa mémoire lui revenait. Mais celui-là était incomplet… Lointain et curieusement étranger.
Elle se voyait monter les marches d’une église, habillée d’une longue robe blanche, ses cheveux raides et longs trainant derrière elle, dans sa main elle tenait un long bâton surmontée d’une croix comme celle du toit. De chaque côté se tenait des prêtres, dans la même robe blanche et les mains jointes. Puis tout prenait une teinte blanche et elle entendait une voix magnifique l’appeler.
-Andromède…
Et quand elle essayait de voir à qui appartenait cette voix, elle ne savait pas. Le souvenir s’arrêtait là. Elle savait juste que c’était quelqu’un d’éblouissant.
Secouant la tête elle attrapa les crins de la crinière de Clair De Lune :
-Qui est Andromède ?
La licorne tourna la tête vers elle. Bien que ce fût une tête de cheval, la jeune fille pût voir qu’il était étonné par sa question.
-C’est ton ancêtre. La toute première princesse. Tu as vraiment tout oublié…
-Comment ça se fait que j’ai des souvenirs qui lui appartiennent ?
-C’est la mémoire commune qui se transmet de génération en génération pour ne pas oublier la sagesse et les acquit d’Andromède. Quand tu mourras, tous tes souvenirs et ceux de tes aïeules seront transmis à ta fille.
-Yuel ne m’en avait pas parlé…
-Les anges sont fourbes et calculateurs, déclara Clair De Lune avant de hennir méchamment.
A ce moment précis un jet de lumière s’abattit sur la licorne qui, surprise, tomba sur le flanc, manquant d’écraser la jeune fille qui trébucha et s’étala à son tour à terre.
Trois hommes apparurent alors. Deux semblait être des guerriers, l’un tenant une immense épée, l’autre une hache. Celui du milieu portait une tunique et tenait sa main ouverte devant lui, un bâton dans l’autre.
-Regardez cette magnifique bête ! S’exclama le magicien en souriant méchamment. Oh et elle n’est pas toute seule !
-Ouais un beau brin de fille ! Approuva celui à la hache.
-Quel joie que mes pouvoirs soient revenus ! Ria le magicien en brandissant son bâton sur Clair De Lune qui déjà se relevait, une blessure sanglante sur le ventre.
-Les misérables ! Râla-t-il. Depuis peu la magie est revenue sur Andromède et ils commencent déjà à faire des bêtises avec !
Il cabra avant de planter ses deux sabots à terre. Un pentacle apparut sous chacun, et sa corne se mit à briller de milles feux.
Le magicien lança à nouveau un sort, mais au lieu d’atteindre l’animal, il ricocha et fut renvoyé à son envoyeur. Il s’écarta d’un saut. La licorne fonça sur eux, corne en avant. Un guerrier le contra et l’autre lui enfonça son épée dans l’épaule. Clair De Lune hennit de douleur avant de s’éloigner.
-Une licorne ne peut se protéger que de la magie ! Expliqua le guerrier à l’épée au magicien. Occupe-toi de la fille et laisse-nous la capturer !
-OK !
-Aaricia ! Ils en veulent à ta vie ! La prévint Clair De Lune en se mettant devant elle.
-Je sais. Mais vous êtes gravement blessé ! Je ne peux pas vous laisser là !
-Alors je te protègerais jusqu’à ma dernière goutte de sang ! Répliqua-t-il en soufflant bruyamment.
-Clair De Lune…
-Ce serra pt’ête pas nécessaire ! Fit une toute petite voix, aussi fragile que du cristal.
Une corolle de lumière rose entoura Aaricia alors qu’un tout petit être s’asseyait sur le haut de sa tête. Un petit corps de femme rose, nue, avec juste une fleur derrière ses petites oreilles pointues. Ses yeux jaune et perçants prenaient deux tiers de son visage, laissant la place pour un nez en trompette et une petite bouche comme un bouton de rose. Ses quatre ailes dans son dos étaient transparente mais paraissait rose à cause de sa lueur.
-Je suis Kalendrinn, princesse des fées, se présenta t’elle en ôtant sa fleur comme s’il avait s’agit d’un chapeau. Tu ne t’en souviens peut être pas, mais tu m’as sauvée autrefois de ton père !
Aaricia lui offrit un sourire, se souvenant très bien de ce jour.
-Aujourd’hui, c’est à moi de te sauver !
-Merci.
La jeune fille se retourna vers le combat, inquiète pour la licorne qui avait une nouvelle blessure. Ils étaient à trois contre un, c’était misérable. Le magicien qui n’attaquait plus, s’occuper à soigner ses amis. Et elle ? Elle ne pouvait rien faire ? Ca lui serrait le cœur. Elle était une princesse, mais ne savait rien faire. Pourtant elle ne manquait pas de l’envie de protéger la licorne !
Elle se mit rapidement à pleurer, souffrant comme son nouvel ami de chaque blessure qu’on lui infligeait. C’était tout ce qu’elle pouvait faire.
Tu peux faire plus que ça, fit une voix dans sa tête.
Et quoi ?
Le chant des lamentations.
Joignant les mains et fermant les yeux, elle se mit à chanter d’une voix douloureuse ce qu’elle savait être cette chanson. Dés les premières paroles, elle fut étonné d’entendre la musique qui l’accompagnait, comme si toute la planète chantait avec elle. Un vent chaud se mit à souffler autour d’elle, son corps se mit à briller et les combattants se figèrent d’étonnement.
-C’est une magicienne très puissante! S’exclama le magicien, furieux. Elle est en train de drainer toute la magie du coin !
Le vent chaud sembla se répandre dans toute la forêt et les blessures de son ami, tout comme celle de ses ennemis, disparurent petit à petit comme si elles n’avaient jamais existée. Autour des jambes de la princesse, des fleurs se mirent à pousser, un arbre qui avait été touché par la foudre il y a un mois se mit à guérir et à grandir tandis qu’un lapin blessé par un renard se remettait à bondir joyeusement et qu’une fleur écrasée se relevait et refleurissait.
Elle finit par se taire, à court de souffle et tout redevint normal.
-Bah ? Elle nous a soignés aussi ? Remarqua le guerrier à l’épée.
-Elle ne doit pas contrôler la magie ! Répliqua celui à la hache en riant de cette aubaine.
-Merci princesse… Fit Clair De Lune en se remettant en position de combat.
-Vous avez tord messieurs, fit Aaricia en se levant. Je n’aime pas les combats et je ne veux pas qu’il y ait de victime. Je vous en pris cessez cela sur le champ !
Ils éclatèrent d’un rire sonore.
-Et vla que la petite demoiselle nous donne des ordres !
-Obéissez à la petite demoiselle où il vous en coutera ! Grogna une voix qu’Aaricia fut plus qu’heureuse d’entendre.
-Yuel ! S’exclama-t-elle alors que dans un tourbillon de plume, l’ange se posa à terre, ses longs cheveux allant délicatement se loger le long du creux de son dos, sans un nœud.
-Un ange ! Firent chacun en chœur, se mettant en garde par l’effroi que cette vision impliquait.
Humains, licorne et fée regardèrent avec stupéfaction la jeune fille courir enlacer l’ange qui se laissa faire sans broncher.
-Tu as lâché ma main, remarqua simplement celui-ci.
-Je suis désolé mais c’était tellement bizarre comme impression !
-Ca ne fait rien, je t’ai retrouvée grâce à ton chant.
Autour du couple, les protagonistes semblaient reprendre leurs esprits, particulièrement le magicien qui brandit son bâton dans sa direction :
-A mort les anges ! Gronda-t-il en faisant venir la magie à lui.
Aaricia ressentit à nouveau un pincement étrange au cœur.
-Coupe lui l’accès à ta Lumière, lui ordonna l’ange. Tu n’es pas obligée de lui laisser l’utiliser.
-Ma Lumière ?
-Oui. Il est en train de puiser en toi, car tu es la source de magie la plus proche du coin depuis que j’ai brisé le sceau.
Le magicien envoya une immense flamme de feu que l’ange brisa d’un simple mouvement du bras, sans même bouger.
-Considère cela comme un premier entrainement, reprit Yuel. Ferme les yeux et visualise le lien qu’il a tressé entre toi et lui. Une fois que tu l’as bien en vue, coupe-le !
Aaricia ferma les yeux, elle fut entrainée dans les airs par Yuel qui évitait un guerrier. Elle se mit alors à essayer de sentir ce lien et s’aperçut qu’en réalité, il y avait des tonnes de liens qui partaient d’elle !
-Yuel… Il y a plein de liens ! Je les coupe tous ?
-Non, trouve le sien ! Les autres sont ceux des personnes qui utilisent la magie en ce moment même dans la galaxie. Tu ne peux pas tous les briser. Trouve et concentre-toi sur le sien. Comme il est tout proche, il doit être plus présent que les autres !
Elle sentait le vent contre sa joue lorsque Yuel piqua vers le sol pour éviter un faisceau de magie et c’est alors qu’elle vu de quoi il parlait.
La princesse s’accrocha à ce lien de lumière pour ne pas le perdre et curieuse, décida de le suivre jusqu’à l’autre bout. Jusqu’au magicien.
C’est alors qu’une chose incroyable arriva. C’était comme si elle entrait dans la conscience de l’homme. Elle le vu quand il était petit et que son grand-père l’asseyait sur ses genoux pour lui raconter des histoires. Le petit lui prenait son bâton de magicien et courait partout dans la pièce, refusant de lui rendre. Il y eu un flash blanc, et Aaricia se trouvait devant un cimetière, le jour des funérailles de plusieurs personnes. Le petit magicien pleurait devant la tombe de son grand-père alors que le prêtre faisait l’éloge de ceux mort pendant la guerre civile.
Elle s’approcha du petit magicien et posa une main sur son épaule. Il se tourna et la regarda, les yeux en larmes et le nez coulant.
-Moi j’ai perdu ma tante pendant cette guerre… Lui apprit-elle.
Le garçon s’apprêtait à dire quelque chose quand tout devint blanc.
Yuel était en train de la secouer férocement, ils étaient à nouveau au sol :
-Je t’ai dit de couper le lien ! Pas de faire CA !
Elle était un peu hébétée par ce brusque retour à la réalité. Pour peu que l’on puisse appeler cet endroit la réalité. Pourquoi Yuel lui en voulait-il ? Qu’avait elle fait de si grave à part utiliser son pouvoir ?
Aaricia jeta un coup d’œil sur le magicien derrière les ailes de l’ange. Il était agenouillé, le regard fixe et les yeux ouvert au maximum.
-Qu’a-t-il ?
-On ne visite pas l’âme et l’esprit de quelqu’un impunément ! Soupira Yuel avant de se retourner et de faire apparaitre une épée dans sa main. Coupe JUSTE le lien.
Il s’envola vers les guerriers sans lui laisser le temps de dire quoi que ce soit, la laissant au bon soin de Clair De Lune et de Kalendrinn.
-C’est incroyable… Fit Clair De Lune.
-Quoi ?! Demanda Aaricia après avoir coupé le lien sans problème.
Elle commençait à comprendre comment ça marchait ces histoires de Lumière.
-On m’a dit que jusqu’ici, seule Andromède avait réussi à influencer les esprits. Les autres princesses n’avaient jamais réussie… Ce n’est pas une bonne chose.
-Je commence à le croire… Acquiesça-t-elle en regardant le magicien immobile, le dos vouté et la tête penchée.
Elle se mordit la lèvre, se sentant coupable d’avoir fait du mal à cet homme en ayant voulu l’aider. Elle ne voulait plus rien faire de peur d’aggraver les choses.
-Il va aller mieux ?
La licorne ne lui répondit rien, se contentant de bouger les oreilles nerveusement, la fée se reposa sur sa tête sans s’y asseoir et regarda l’ange mettre en déroute sans aucun problème les deux guerriers qui partirent en prenant avec eux leur compagnon.
-T’as un drôle d’ami, déclara t’elle. Et c’t’un drôle d’ange. J’croyais qu’ils étaient tous aux ordres d’Adam…
-Ils le sont tous, répliqua Clair De Lune en marquant sa contrariété à être prés de l’un d’eux.
L’ange en question revint vers eux sans une égratignure et ignorant aussi bien la licorne que la fée, il prit la princesse dans ses bras comme l’aurais fait un prince et tourna le dos pour s’envoler malgré les demi-protestations de celle-ci.
Mais Clair De Lune ne l’entendait pas de cette oreille et d’un bond, coupa la route à Yuel.
-Héla stop ! Tu ne crois tout de même pas que je vais te la laisser comme ça ! J’ai promis de verser mon sang pour elle ! Selon les termes licornes cela signifie que nous sommes compagnon !
L’ange fronça des sourcils avant de regarder en haut pour voir ce qui lui couterait de s’envoler en verticale.
-C’est vrai ça ? Demanda Aaricia en lui tiraillant une mèche de cheveux.
-Hélas oui, approuva Yuel. Mais tu t’occuperas de ça plus tard. Nous devons d’abord nous rendre au château de Temple.
-Nous étions en train d’y aller par la route ! Hennit sauvagement Clair De Lune, vexé d’être snobé.
-Et nous avons vu avec quelle efficacité tu as protégé la princesse ! Répliqua avec un rictus moqueur l’ange.
-Yuel tu n’es pas gentil ! S’indigna Aaricia. Il a fait tout ce qu’il a pu et sans lui je serais déjà aux mains de ces brigands !
Elle se débattu dans ses bras, l’obligeant à la poser par terre et courut accrocher des bras l’encolure de la licorne, y posant aussi sa tête.
-Je veux qu’on reste avec Clair De Lune.
Elle voyait bien que cela énervait Yuel, et elle eut un peu peur sur le moment qu’il décide de la laisser tomber et de s’envoler vers d’autres lieu pour ne plus revenir. Elle aimait bien Clair De Lune car il était plus loquace que lui et elle n’avait pas l’impression qu’il lui cachait quelque chose, contrairement à l’ange.
Mais elle voulait que Yuel reste avec elle parce qu’elle se sentait en sécurité avec lui. C’était comme si rien ne pouvait l’atteindre. Et puis, il ne s’intéressait qu’à elle et à sa sécurité. C’était un peu égoïste comme pensée, pensa t’elle en se mordant doucement la lèvre inferieur.
Yuel soupira avant de marcher vers elle et de s’incliner doucement :
-Vos désirs sont des ordres, princesse !
C’était un peu acerbe et moqueur, mais ce n’était pas indifférant. Elle lui sourit et lâchant d’une main l’encolure, elle prit la main froide de Yuel. Elle dit adieu à la fée avant de se mettre à marcher vers les murailles de la ville qu’on voyait à travers les arbres.
Elle se sentait prête à affronter son passé. A condition qu’ils restaient trois.