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Fiction » Fantasy » Les chroniques d'Andromède font: B s : A A A . width: full 3/4 1/2
Author: princessemimiko
Fiction Rated: T - French - Fantasy/Adventure - Reviews: 6 - Published: 09-02-06 - Updated: 08-23-09 - id:2240631

Les Chroniques d’Andromède

Partie Une : Aaricia

7. Le Père

Temple était la plus grande ville de l’étoile Lumis, centre de la galaxie d’Andromède. Tout autour de celle-ci avait été bâti d’immenses murailles de pierre blanche qui soutenaient les différentes hauteurs de la ville par des câbles métalliques, des ponts et des passerelles. Au milieu s’élevait le château, dont le donjon formait une longue flèche tirée contre le ciel. Les pierres grises utilisées pour le construire avaient été amenée par le fleuve noir qui traversait la ville de part et d’autres, se gonflant des égouts de la citée. Plusieurs autres tours entouraient le donjon, chacune reliée les unes aux autres dans un amoncellement de couloirs, de ponts et de salles qui formaient un bloc avec le donjon. Les zones intérieures qui étaient vides étaient aménagées en jardins.

Au bas du château, le fleuve noir se divisait en deux branches pour le contourner avant de fusionner à nouveau.

Aaricia s’arrêta quand elle vit les berges d’eau noire. Elle se souvenait bien que quand elle était petite, il n’y avait pas plusieurs hauteurs dans la ville comme le plateau qui s’élevait au dessus de sa tête, couvrant d’une ombre les alentours du château autrefois occupés par de jolies maisons blanches.

-Que s’est-il passé ? Demanda-t-elle en serrant les poings.

-La guerre civile a détruit toute cette zone d’habitation, répondit Clair De Lune avec contrariété, Andrahas a décidé de construire une plate forme métallique pour y installer de nouvelles habitations et se mettre en sécurité. Seuls ses partisans habitent là haut et y ont accès.

-Je vois…

La jeune princesse enjamba le petit muret qui séparait la partie sinistrée de la ville, plongea dans l’ombre et s’arrêta devant une des tombes qui avait été aménagé. Il devait y en avoir une centaine en plus de celle-ci, apparaissant entre les ruines des maisons ou dans les herbes folles des jardins.

-…Mais les habitants d’Andromède sont tous égaux… Continua t’elle en passant la main sur la croix de bois là où était gravé un nom qui était devenu illisible.

C’était vraiment horrible ce qui s’était passé. Aaricia était sur que c’était une première dans l’histoire de sa famille. Son père était un homme impardonnable !

Une larme solitaire se mit à couler sur sa joue avant d’être ramassé par le doigt de Yuel qui s’était mis à sa hauteur. Il la regarda un moment avant de tourner la tête vers le château sans rien dire.

La jeune fille ne savait pas si ça voulait dire qu’il compatissait à son malheur ou s’il essayait de la consoler mais elle était heureuse de sa présence. Elle attrapa un morceau de sa tunique.

-Tu pourras pleurer plus tard, lui répondit-il.

-Oui…

-Car nous avons de la visite, déclara l’ange en se tournant vers Clair De Lune.

Derrière la licorne on pouvait voir deux hommes s’approcher : Ils devaient avoir dans la trentaine, tout deux habillé d’une tunique serrée à la taille par une ceinture de cuir. Sur celle-ci s’étalait une grande croix rouge sous fond blanc. Un casque blanc cachait le haut de leurs visages, ne laissant apparaitre que le bout du nez, leur bouche et leur menton. A leurs pieds ils portaient des sandales de cuir qui montaient jusqu’aux genoux, serrant leurs cuisses aux muscles saillants. Ils n’avaient pas d’épées, mais tenaient à la main une longue lance se terminant par une petite lame.

Ils ralentirent et s’arrêtèrent devant Clair De Lune qui s’était retourné et mit en position de défense, sa corne pointée vers eux.

Aaricia alla à leurs rencontre, faisant cependant attention à rester aux côtés de la licorne.

-Nous sommes les gardiens de la ville : Les Templiers ! Se présentèrent-ils. Nous avons pour ordre de vous conduire au château !

Elle hocha la tête avant de jeter un coup d’œil à Yuel pour voir ce qu’il en pensait.

Ils s’étaient attendus à se faire arrêter à un moment ou à un autre dés leur entrée dans la ville. Dans l’allée principale, les gens s’étaient brusquement arrêtés dans leurs tâches et leurs avaient cédés le passage en silence. Des vases étaient tombés par terre, se fracassant en milles morceaux, une jarre se renversa, laissant couler son contenu, les Templiers présent étaient restés bouche bée. Tous les regards s’étaient tournés vers l’étrange trio.

Tout d’abord un Ange. Ces êtres que les andromédiens avaient en horreur. Cela faisait si longtemps qu’ils n’en avaient pas vu qu’ils ne se souvenaient même plus des noms des Archanges.

Une magnifique licorne sombre se tenait de l’autre côté. Depuis que le Roi Andrahas s’était mis à la chasse à la licorne, les troupeaux restaient bien cachés dans les bois d’Elyne et ne se montraient plus sur la plage du Lac Infini lors de leurs démonstrations de forces et leurs parades amoureuses.

Et puis il y avait l’étrange jeune fille entre eux. Petite et menue, son aura de magie était tellement lumineuse qu’elle semblait briller et estomper le paysage autour d’elle.

Aaricia lors de cette traversée avaient senti des tas de connections curieuses se former autour d’elle. Curieuse oui, car elle avait l’impression que les liens qu’on tressait jusqu’à elle l’interrogeait et la testait sur ce qu’elle était.

Les templiers, qui étaient à présent devant elle, devaient être allés voir son père pour le prévenir.

-Très bien, nous vous suivons.

-La licorne et l’Ange ne peuvent pas venir.

-C’est un piège alors, conclut Clair De Lune pour Yuel et Aaricia.

-Je suis désolé mais ce sont mes protecteurs. Ils viennent avec moi ! Décréta Aaricia en essayant de ne montrer aucune peur ni timidité, mais elle ne put s’empêcher de rajouter : S’il vous plait ?

Comme Yuel le lui avait dit, elle était la princesse. Si elle voulait prétendre à ce titre, elle allait devoir le revendiquer haut et fort sans aucune crainte et s’affirmer.

L’ange posa d’ailleurs sa main sur son épaule en toisant les Templiers de son regard glacial. Derrière elle, il était un argument de poids.

Les deux hommes ne tentèrent pas de la faire changer d’avis et, un peu blanc, ils leurs firent signe de les suivre.

Aaricia jeta un dernier regard sur le cimetière, pour la première fois de sa vie elle avait envie de prier. C’était presque instinctif. Elle joignit ses mains devant elle en souhaitant que les personnes qui s’étaient sacrifiée pour sa famille trouvent le repos.

Les templiers leurs firent traverser plusieurs rues dallées avant d’arriver à une tour bleue. Elle semblait être reliée à la deuxième hauteur de la ville. La tour était creuse à l’intérieur et ouverte sur le ciel qui commençait à se recouvrir d’un manteau d’étoile... En son centre, le Cristal, coeur d’Andromède, était en train de s’endormir et de s’éteindre.

Dans la tour, il n’y avait ni escalier, ni ascenseur, l’espace était à peine assez grand pour contenir trois personnes.

Par contre, au milieu du pentacle brillant par terre, il y avait comme une espèce de tourbillon scintillant qui montait à l’infini. Le premier Templier avança jusqu’au centre du tourbillon, ses cheveux et ses habits se soulevèrent et il s’éleva du sol doucement, ses pieds quittant le sol.

Yuel ouvrit ses ailes et en deux battements, il arriva aux côtés de l’homme qui avait atterrit en haut.

Aaricia s’avança à son tour et, curieuse, toucha le tourbillon du bout des doigts. C’était un vent tiède très agréable. D’un bond elle sauta à l’intérieur.

Ses pieds ne touchèrent même pas le sol et elle commença à s’élever comme une plume. C’était une impression très étrange et très agréable. Elle se sentait toute légère et avait l’impression de voler sans avoir besoin de l’aide de personne. Elle surplombait la ville basse qui apparaissait petit à petit dans toute son étendue.

Elle fut déçue quand le tourbillon prit fin et qu’elle resta en suspension dans les airs. Yuel la rattrapa dans ses bras pour qu’elle ne tombe pas et la posa sur la plate forme supérieure.

De là où était Aaricia, on pouvait voir au-delà des gigantesques murs de la citée une des lunes de Lumis couchée sur les plaines déserte du Vent. Le clocher abandonné de l’Eglise tranchait l’astre phosphorescent d’une fine pointe en croix.

Elle se retourna alors que Clair De Lune, qui lui trouvait l’ascenseur peu agréable, montait en pestant à travers le tourbillon jouant des sabots comme s’il cherchait à nager.

Elle observa son nouvel environnement. La haute ville était différente de sa partie inferieure. Les quelques espaces verts étaient soigneusement entretenu et délimités par des trottoirs. Il n’y avait que des maisons de deux étages minimum, la plupart avait des balcons et d’étroites fenêtres percées dans leurs façades de ciment blanc. Il n’y avait pas de commerces, ni d’artisans et les rues étaient presque vide si l’on omettait un garçon qui jouait avec un petit cheval de bois à l’ombre d’un porche et les oiseaux qui pépiaient dans les arbres et sur les toits.

La plate forme ne formait pas un homogène arc de cercle autour de château car il y avait des trous traversé par de petits ponts blancs et des tas de passerelles ouvertes ou vitrées qui menaient au château, qui regroupaient deux maisons ensembles ou alors qui menaient jusqu’aux murailles.

C’est ce dont elle s’aperçut quand la licorne et le deuxième Templier mirent sabots et pieds en haut et qu’on leur fit traverser les lieux en direction d’une des tours de garde du château.

A l’approche du château, Aaricia se resserra un peu contre Yuel. Elle avait peur de la futur confrontation avec son vrai père. Elle eut la vision des parents qu’elle avait laissée sur Terre et se demanda s’ils la cherchaient encore.

-Mes parents ne savaient pas que je n’étais pas leur vrai enfant, n’est ce pas Yuel ?

-Ils l’ignoraient, répondit-il en plongeant son regard dans le sien.

-Alors ils devaient m’aimer quand même un peu… Et peut être qu’ils sont triste en ce moment…

-Ne t’inquiète pas pour eux. Tout ça est derrière toi.

-Mais…

-Le roi Andrahas est ton père de sang, pourtant il n’a jamais été triste de t’avoir perdu. Ce devrait être ton unique préoccupation en ce moment.

La princesse baissa la tête. Au fond d’elle, Andrahas n’avait jamais été considéré comme son père : il lui faisait peur. Et il avait peur d’elle. C’était ce qu’elle avait lu dans son regard étant petite. Peur de ce qu’elle deviendrait, peur de ce qu’elle bouleverserait dans ces plans et peur de sa magie.

Pendant qu’elle réfléchissait à tout cela, la troupe était rentrée dans la tour de garde. Ils montèrent une série de marche avant de se retrouver dans une salle de taille moyenne, privée de fenêtre. Aaricia fit quelque pas, regardant les lieux vides et se tourna vers les Templiers :

-Où est le Roi ?

-Ca n’a pas d’importance! Répliqua le premier alors qu’ils brandissaient leur herse dans sa direction.

-Quoi ? S’exclama la jeune fille tandis que Clair De Lune et Yuel se plaçaient devant elle.

-Nous avons ordre de vous tuer ! Répondit le deuxième en fonçant sans peur sur l’Ange.

Yuel fit un écart et attrapa l’arme. Avec elle il souleva le Templier du sol, doté d’une force qu’on ne lui imaginait pas et l’envoya contre le mur de pierre.

-Coupe le lien ! Lança-t-il à Aaricia.

Celle-ci s’exécuta sans tenter quoique ce soit d’autres, dégrisée par sa première expérience. Le deuxième Templier qui s’apprêtait à lancer un sort en fut tout surpris. Il regarda autour de lui pour chercher à comprendre où s’était enfuie la magie.

Clair De Lune frappa de ses sabots le sol tout en invoquant les esprits de la nature : le sol trembla sous l’homme et des lianes jaillirent, détruisant les pierres et s’enroulant autour de lui pour l’immobiliser.

Yuel attrapa par le col de la tunique le premier Templier et alla le placer à côté de son compère :

-Inclinez vous devant la princesse Aaricia d’Andromède !

Les deux hommes frissonnèrent d’angoisse et leurs yeux s’arrondirent lorsqu’ils regardèrent la jeune fille qui se tenait entre ses deux gardes du corps, douce et fluette dans ses habits de voiles.

-Princesse… ?

-Vous ne le saviez pas ? Demanda-t-elle.

-Non… Le Roi nous a ordonné de vous tuer après que nous lui avons donné votre signalement…

-Le misérable… Souffla Clair De Lune que seuls Aaricia et Yuel pouvaient entendre.

-Nous sommes désolé princesse ! Quel joie que vous soyez revenu !

Yuel leur lança un regard dégouté avant d’avancer d’un pas vers les Templiers :

-Jurez fidélité à la Princesse Andromède car c’est elle votre vraie souveraine!

-NOUS LUI JURONS FIDELITE ET DE LUI OBEIR JUSQU'A NOTRE MORT ! Lancèrent-ils sans aucune hésitation.

Aaricia s’approcha d’eux et les aida à se relever :

-Je vous remercie Templiers, quels sont vos noms ?

Le premier retira son casque, laissant apparaitre une chevelure presque rouge coupée courte. Sa moustache et sa courte barbe avaient la même couleur. Ses yeux étaient bruns et une immense cicatrice découpait son visage en deux, passant sous ses paupières du bas et traversant l’arrête de son nez :

-Je suis la capitaine Redden et voici mon second, le lieutenant Cyan.

Celui-ci était comme son supérieur pourvu d’une épaisse musculature, bien qu’il n’ait pût se débarrasser des lianes. Quand il retira son casque, une cascade de cheveux noirs descendirent jusqu’à ses hanches. Son visage était froid, complètement rasé et ses yeux étaient fins et bleus. Bien qu’il semblait sévère, il était entouré d’une aura de respect.

-Pouvez vous maintenant nous conduire à mon père ?

-Si c’est un ordre nous obéirons, si c’est une proposition, je répondrais que ce n’est pas une très bonne idée, intervint la capitaine Redden.

-C’est un ordre, annonça l’Ange.

Les deux hommes se regardèrent et hochèrent de la tête. Cyan nettoya un morceau de liane de son uniforme et passa devant, montrant le chemin à la princesse.

Aaricia serra les dents et parti à sa suite. Il l’emmena vers le donjon central, Aaricia le savait car elle reconnaissait certains couloirs et certains tableaux représentant des scènes de chasses ou de fêtes. Finalement, ils débouchèrent dans un grand couloir tapissé d’un tapis rouge et la princesse put se diriger toute seule. Au bout de ce chemin se trouvait la salle de banquet, elle accéléra inconsciemment l’allure. D’ailleurs son ventre gargouilla à cette pensée : quand avait elle mangé pour la dernière fois ?

Une immense porte portant le symbole d’Andromède jaillit au coin d’un couloir. Les deux gardes et les trois compagnons s’arrêtèrent devant, contemplatifs, puis Redden s’adossa à l’un des battants de la porte :

-Vous êtes surs de vouloir rentrer ?

-Oui, répondit avec plus de résolution que jamais la princesse, les yeux fixes sur l’entaille du milieu qui s’ouvrirait d’un moment à l’autre.

Le soldat baissa la tête et tira la porte.

La lumière aveugla tout d’abord Aaricia, puis mettant un bras devant sa figure, elle s’avança à l’intérieur de la grande salle.

Le tapis rouge continuait jusqu’à de grande tables installée en U et couverte d’une nappe blanche. Entre celle-ci et Aaricia, il y avait environ vingt mètres à marcher au milieu d’une foule que la princesse ne reconnaissait pas. Des danseuses et des acrobates faisaient leurs spectacles au milieu de la pièce, mais ils s’arrêtèrent quand les portes s’ouvrèrent et se massèrent sur le côté.

La jeune fille s’avança avec hésitation, redevenue timide, approchant de la table pour voir l’homme qui s’y tenait au centre. La foule se tu avec les musiciens : elle n’entendait plus que le bruit de ses ballerines frotter sur le tapis, le bruit léger des pieds de Yuel et le son mât des sabots de Clair De Lune.

-QU’EST-CE QUE SIGNIFIE TOUT CELA ! CAPITAINE REDDEN !

La voix causa des frissons d’épouvante dans tout le corps d’Aaricia. Elle l’aurait reconnue entre cent, c’était celle de son père !

Elle le regarda alors qu’il n’avait même pas prit la peine de regarder ses visiteurs, trop fâché qu’on ait arrêté la fête. Il avait pris du poids et de l’âge. Il ne restait plus grand-chose du brave et vaillant soldat d’autrefois. Ses cheveux et sa barbe étaient devenus gris terne sans pour autant lui donner un air de sagesse et d’expérience. Seuls ses yeux étaient restés les même : brun, droit et brillant d’une colère qui ne semblait jamais s’éteindre.

Redden et Cyan posèrent une jambe à terre et baissèrent la tête :

-Mon Roi, nous vous amenons la Princesse Andromède !

Un éclair de panique passa dans les yeux du Roi qui se tourna immédiatement vers la petite personne qui se tenait droite au milieu de la salle. Il regarda ensuite alternativement l’ange et la licorne, peur et contrariété se mélangeant sous sa barbe broussailleuse et sale. Un murmure monta dans la salle, tandis que les gens assis au banquet se parlaient d’un air paniqué, cachant leurs bouches de leurs mains.

Aaricia et son père se dévisagèrent longuement sans rien dire, augmentant le malaise de ceux qui se trouvaient autour d’eux. Seul Yuel conservait son calme.

Puis brutalement, le Roi sourit et lança d’une voix aussi naturelle que du colorant chimique :

-C’EST UN MIRACLE ! MA FILLE M’EST REVENUE !

Aaricia en fut si choquée qu’elle recula de plusieurs pas, l’homme lui faisant peur : il renversa son assiette en se levant brutalement de sa chaise et courut contourner la table pour la prendre dans ses bras, la soulevant facilement de terre. Il aurait facilement pût broyer de son étreinte la princesse fluette. La jeune fille se figea d’horreur et lança un regard de SOS à l’ange qui se tenait prés d’elle.

Yuel s’empressa de calmer l’homme en lui tapotant l’épaule. Le Roi tourna la tête vers lui, lâchant sans prévenir la fillette qui tomba sur les fesses.

-Qui êtes-vous ?

-Mon nom est Yuel, soupira l’Ange en songeant à l’époque où les Hommes connaissaient par cœur le nom, les visages et les attributs des archanges.

-Que puis-je faire pour vous Ange ?

-Je dois m’entretenir d’un sujet avec vous. D’un sujet qui ne peut être dévoilé en public, continua Yuel en jetant un regard discret sur Clair De Lune.

Il se gardait bien de prononcer le nom d’Adam devant la licorne, celle-ci ne lui faisait absolument pas confiance et Dieu soit loué, Aaricia n’avait toujours pas retrouvé la mémoire sur ce sujet.

-Bien, je vous écouterez… Capitaine Redden ! Amenez la Princesse à ses anciens appartements et prévenez la nourrice !

Le Templier se releva et hocha la tête, s’avançant vers la jeune fille devant laquelle il s’inclina à nouveau :

-Veuillez me suivre Princesse.

Aaricia lança un regard éplorés à Yuel avant d’échapper au capitaine pour serrer ses bras sur la taille de l’ange et de murmurer :

-Non ne me laisse pas !

L’ange sentit un pincement incompréhensible au fond de lui, mais écarta sans problème sa protégée sans lui lancer un regard pour se diriger à la suite du Roi.

Clair De Lune donna un petit coup de museau à Aaricia pour la faire bouger :

-Allez viens, je reste prés de toi moi ! Annonça-t-il en sentant la tristesse au fond du cœur de la jeune fille.

Le Capitaine Redden lui sourit aussi en lui désignant un couloir, elle hocha de la tête et lui emboita le pas, une main sur l’encolure de la licorne.

OOO

Le château de Temple n’avait pas beaucoup changé, il avait juste perdu en charme étant donné qu’il n’y avait plus que les concubines du Roi pour lui donner une petite touche féminine.

Ils arrivaient dans les quartiers royaux quand une vieille femme vint à leurs rencontres, l’air essoufflé. Elle était ratatinée sur elle même, des cheveux blancs entortillé comme un plat de nouilles au dessus de sa tête, elle portait une robe défraichie recouverte d’un impeccable tablier blanc.

-Ma petite Princesse ! S’exclama-t-elle, les larmes aux yeux, en serrant dans ses bras la jeune fille qui était dépassé par les évènements.

Est-ce que tout le monde allait la prendre dans leurs bras ? Etait-ce une coutume locale ?

La vieille femme sentait la brioche chaude, ça fit « tilt » dans sa tête et elle rendit l’embrassade à la vieille femme :

-Nourrice ! Je suis si contente de te revoir !

Sa nourrice la lâcha et posa ses mains sur ses joues :

-J’étais sur que tu reviendrais de la Terre pour nous sauver !

-Vous sauver ?

-Oui mais ne parlons pas de ça dans les couloirs ! En plus tu dois être fatiguée et affamée après ton voyage ! Capitaine, où comptiez vous l’emmener ?

-Dans ses vieux appartements, répondit l’homme qui s’était mis en retrait, laissant les deux femmes se retrouver.

-Mais voyons ! Ils sont bien trop petits pour elle ! Non, non ! Il faut lui donner la chambre de sa tante !

-Mais le Roi…

-Je me fiche de ce que dis le Roi, rétorqua brutalement la vieille femme en faisant signe au soldat d’aller voir ailleurs si elle y était. Morbleu ! Qu’est-ce qu’un mercenaire peut y connaitre en princesse ?!

-Rien hélas, confirma Redden. Je la laisse à vos bons soins !

-Mais oui c’est ça ! Zou ! Bon vent ! Ajouta la nourrice avant de revenir vers sa princesse. Allez suis moi, tu dois te souvenir où dormait ta tante.

-Oui nourrice, affirma Aaricia en se dirigeant vers les escaliers, toujours accompagné de Clair De Lune. Mais dis-moi, que voulais- tu dire par « nous sauver » ?

La vieille femme regarda de droite à gauche avec méfiance avant de délier sa langue :

-Nous sauver de ton père ! Seule une Princesse peut régner sur Andromède !

-Mais pourquoi cela ?

-Tu ne t’en ais peut être pas encore aperçu, mais les choses vont mal dans les neufs planètes ! La famine, les épidémies et les injustices sont le lot quotidien des simples de ce monde. Rien de tout cela n’était arrivé avant car la princesse Andromède nous protégeait de tous ces maux ! Le Roi Andrahas n’a aucun pouvoir et résout tout par la violence ! Feu votre mère et votre tante ont en fait les frais !

Aaricia soupira en arrivant à la dernière marche, elle ne voyait pas ce qu’elle pouvait faire.

-Reprendre le pouvoir à votre père pardi ! Lui répondit la nourrice, c’est votre droit fondamental ! C’est vous l’héritière !

-Mais je ne sais pas gouverner un pays ! Qui plus est une planète ! Et encore moins un système stellaire ! J’ai toujours eu des notes moyennes en mathématiques et en sciences sociales ! Enuméra la jeune princesse qui commençait à voir les choses d’un œil moins enthousiaste. En plus mon père ne me laissera jamais être Reine !

-Il n’aura pas le choix à moins de provoquer une nouvelle guerre civile ! C’est votre devoir princesse !

Sur ces mots, la nourrice lui ouvrit une porte et lui fit signe d’entrer avant de refermer la porte derrière la licorne. Aaricia reconnaissait bien la pièce : rien n’avait changé depuis la mort de sa tante. Elle se dirigea vers le grand lit à baldaquin, caressant la couverture en fourrure blanche.

-Je me souviens très bien que je venais dans ce lit quand je faisais des cauchemars… Tante Iulle était toujours très gentille et me réconfortait jusqu’à ce que je me rendorme…

Elle se coucha sur le lit, ayant l’impression de sentir encore son parfum, puis un objet attira à nouveau son attention et elle se dirigea vers lui. C’était une coiffeuse couverte de belles barrettes à cheveux, de peignes bruns, de coffrets à maquillages, de flacons et de crèmes. Comme elle avait enviée sa tante étant petite, rêvant d’utiliser ses produits de beautés. Elle attrapa un flacon et le déboucha pour en sentir l’odeur.

-Hum… Le parfum a tourné… Constata-t-elle avec tristesse.

-Je vous commanderais le même, lui répondit sa nourrice qui la regardait avec émerveillement redécouvrir les lieux de son passé.

Elle se dirigea d’ailleurs vers une grande armoire en chêne doté d’un miroir et l’ouvrit pour en sortir deux robes et les tendre à Aaricia :

-J’ai même gardé les robes de votre tante et de votre mère, elles vous iront à merveille !

La jeune fille les toucha avec tendresse avant de se tourner vers l’armoire.

-C’est une armoire magique si je me souviens bien ?

-Oui, faite du bois d’un chêne ensorcelé !

La jeune fille se plaça alors devant le miroir qui refléta son image et lança son souhait à haute voix.

-Je veux une tenue d’intérieur, simple, mais qui puisse impressionner le Roi et la Cour !

En un instant, elle vit son reflet se métamorphoser, une longue robe argentée prés du corps remplaçant son pantalon, les manches en cloche lui tombant sur le dessus de la main, des boucles d’oreilles apparurent de chaque côté de son visage et ses cheveux se relevèrent en un chignon noir ceint d’un diadème.

Quand elle se regarda, elle retrouva ce que son reflet lui montrait et souleva le bas de sa robe pour voire deux pantoufles bordée de perles.

-J’ai connu plus simple, mais ça ira ! Annonça-t-elle avec une mine ravie, s’observant à nouveau dans le miroir.

Tout d’un coup, elle se trouvait plus princesse.

-Vous êtes magnifique ! Garantit la nourrice.

Un toc toc à la porte interrompit Aaricia dans la contemplation de son reflet et la nourrice donna l’ordre d’entrer.

C’est un adolescent qui entra. Il devait être légèrement plus âgé qu’Aaricia, une poussée de croissance le faisant grandir en longueur, ce qui ressortait au vu de sa silhouette fine. Ce n’était pas un soldat, ça c’était sur, il ne portait qu’une chemise et un simple pantalon de toile. Il avait les cheveux bruns, un peu ébouriffé et des yeux couleur noisette, vifs et rieur. On percevait que c’était quelqu’un de bien et Aaricia ne pouvait s’empêcher de se sentir en confiance sans savoir pourquoi. Il avait un petit air qui ne lui était pas inconnu.

-Tu emmènes le linge pour la princesse ? C’est pas trop tôt ! Grommela la nourrice.

-Mais grand-mère ! J’avais autre chose à faire puis…

Il s’arrêta brutalement dans sa phrase, croisant le regard de la princesse. Pendant un instant, il eut l’air complètement ébahi, la bouche ouverte et les yeux grands ouverts. Aaricia eut envie de rire mais n’en fit rien, elle se contenta de lui sourire gentiment.

-Vous vous souvenez sûrement de mon petit fils, Juyan ! Vous jouiez souvent ensemble étant enfant…

-Le petit garçon au champ de fleurs… Réalisa Aaricia.

-Aaricia… Commença le jeune homme avant de se recevoir une gifle sur le crâne :

-Mais comment tu l’appelles ! Tu dois l’appeler Votre Majesté ou Princesse à la rigueur ! Mais pas Aaricia ! Tu n’es plus un enfant !

-Désolé Princesse, se reprit-il avec un sourire gêné. C’est que vous n’avez pas changé… Ou si ! Bien sur que vous avez changé : vous êtes devenus tellement belle …

-Merci…Répondit Aaricia en rougissant, elle aussi gênée. Je suis contente de te revoir Juyan.

-Pour ma part… C’est comme un miracle. Le Roi a dit que tu… Euh… Vous étiez morte et je croyais ma grand-mère folle quand elle me racontait que vous aviez traversé un miroir voyageur.

-C’est pourtant la vérité, acquiesça la jeune fille.

-Alors je suis le domestique le plus heureux du château…

-Allons ! Allons ! Tu n’as pas le temps de trainasser ! On t’attend à la lavanderie ! Et puis après tu passeras aux cuisines aider à la plonge ! Tu en as du travail qui t’attend ! Jusqu’à la nuit ! Le coupa la vieille nourrice en lui donnant de petites tapes dans le dos pour le faire sortir de la pièce, puis se retournant vers la princesse : Veuillez excuser mon filleul, c’est un benêt !

-Il a l’air toujours aussi gentil, assura la princesse.

-Un fripon ! un feignant ! Ah Princesse ! Que vais-je faire de lui ! Moi toute seule pour m’en occuper, j’ai essayé de lui donner une honnête éducation !

-Ses parents sont morts lors de la Guerre Civile, se rappela soudainement Aaricia.

-Comme beaucoup de personnes, Princesse. Laissez ce passé derrière vous, il ne vous apportera rien que de la tristesse… Oh oh ! Monsieur la Licorne ! Je vous prierais de ne pas brouter les fleurs de ce vase !

-Mais ici il n’y a rien de prévu pour rassasier l’appétit féroce d’une licorne, se défendit Clair De Lune, une tulipe dépassant de sa bouche.

-Mon ami est mort de faim, traduisit Aaricia, et moi aussi par ailleurs.

-Evidemment ! Suis-je bête ! Votre « ami » n’a qu’à aller se restaurer dans les jardins, mais vous, vous devez d’abord retourner voir votre père. Je vais m’arranger pour pourvoir à votre appétit.

A ces mots, elle disparut de la pièce à petits pas rapides.

-Pff… Leurs jardins… Quoiqu’il en soit je ne te quitte pas. Andrahas n’est pas un homme tendre, il porte sur lui les peaux de mes frères et collectionne leurs cornes. Il peut toujours courir pour avoir la mienne !

-Que tu as très jolie d’ailleurs, approuva Aaricia en fixant le long éperon d’ivoire qui couronnait le front de Clair De Lune.

-La plus jolie de la planète, rectifia t’il avec suffisance. Mais ne faisons pas attendre ce bourreau. J’aimerais surprendre « par hasard » la discussion avec l’Ange.

OOO

Malheureusement pour Clair De Lune, quand ils arrivèrent dans la grande salle, son père avait repris sa place sur son trône et Yuel le dominait de sa haute silhouette, l’air aussi grave que possible.

La musique stoppa aussitôt que la jeune fille rentra dans la salle et le silence qui retentit fut très mal vécu pour Aaricia. Elle sentait les regards des nobles autour d’elle, certains antipathiques, d’autres envieux. Elle avait l’impression qu’on allait l’avaler toute entière.

-Ne fais pas attention à eux. Tu ne risque rien, je suis là pour te protéger, la rassura Clair De Lune.

La jeune fille serra les dents, inspira un bon cou, leva la tête et marcha d’un air déterminée jusqu’au roi.

-Père, me voici de retour après de longues années. Je suis venu reprendre la place qui est la mienne. Ma place sur le trône.

Andrahas lissa sa barbe en l’écoutant parler, l’air méditatif, cependant, il ne semblait plus effrayé ou prit de court. On sentant qu’il avait reprit le contrôle de la situation, et c’est avec un sourire affable, alors que la Cour retenait son souffle, qu’il répondit :

-Bien sur, Andromède a toujours eu une Princesse sur le trône.

Aaricia retint un cri d’étonnement, s’attendant à être rejetée, disgraciée, et c’est apparemment ce que pensaient aussi tous les courtisans qui se mirent à murmurer dans tous les sens, craignant à présent pour leur place et leurs privilèges.

-Mais qu’essaye t’il de machiner ? Renâcla Clair De Lune, Qu’est ce que cet Ange de malheur a bien pu lui dire ?

La princesse quant à elle, en vint à croire que les sentiments de son père pour elle avait vraiment changé. Que son absence l’avait chagriné. Peut être que sa nourrice s’était totalement fourvoyée… Peut être qu’il n’avait jamais cherché à la tuer. Peut être que finalement, il l’aimait, et cette pensée emplit son cœur de bonheur et des larmes s’amassèrent au coin de ses yeux :

-Oh Père… Commença-t-elle avec émotion.

Mais Andrahas leva la main pour faire taire ce beau monde avant de reprendre :

-Cependant ! Il me semble que tu n’as pas encore totalement retrouvé ta Mémoire Commune. En ces conditions, il t’est impossible de gouverner dans l’immédiat. J’espère que tu comprends ?

-Oui, Père, répondit Aaricia. Je ferais tout mon possible pour retrouver ma mémoire le plus vite possible.

-Et par ailleurs, il nous faut immédiatement lancer les démarches pour trouver ton futur époux et ainsi former une alliance intéressante avec nos voisins…

-HEIN ?! QUOI ?!?!

Le cri de la princesse résonna dans toute la pièce et elle rougit aussitôt de honte et chercha à reprendre contenance :

-Mais Père… Ne suis-je pas… Un peu jeune… Et… mon avis… choisir… Bégaya-t-elle doucement.

Les oreilles de Clair de Lune pivotèrent pour se coucher sur sa crinière et ses sabots tapèrent plusieurs fois le tapis.

-Qui serait le meilleur partie d’après vous, Ambassadeur Marran ? Continua Andrahas sans faire attention à la jeune fille.

Un des hommes de la foule, habillé d’un costume ridicule et très coloré qui ne mettait pas son embonpoint en valeur et d’une collerette qui faisait sortir son triple menton, trottina jusqu’au roi et releva la tête d’importance :

-Sire, si vous me demandez mon avis, je répondrais qu’il serait plutôt à notre avantage de nous unir au système de Lamdar qui lui même est affilié au Royaume de Seraphie… Cela nous permettrait de mettre trois systèmes stellaires, qui bénéficient de plus de NOTRE Lumière sous notre coupe. De plus, il me semble que le roi de Lamdar a un fils à marier… Un certain Idélion me semble t’il…

-Très bien, qu’on écrive une demande officielle que tu iras porter. Je doute que nous ayons un refus, finit le Roi avec un ricanement étrange tout en jetant un regard à Yuel comme si celui-ci allait se mettre à rire.

Autant demander à une pierre de pleurer.

-Mais… Père… Retenta Aaricia un peu plus fort.

L’homme retourna son attention sur la jeune fille, reprenant son air terrible.

-Allons, réjouie toi ma fille, tu ne vas pas simplement devenir reine, tu vas devenir impératrice ! Et avec cette alliance, nous aurons de quoi faire tomber toute la galaxie sous notre pouvoir. Nous créerons un Empire capable de faire poids face aux autres ! Persée ! Sagittaire ! Cassiopée ! Le Grand Triangle ! La Voie Lactée ! Hixiros ! Voire même Pandémonium !

Il avait l’air enthousiasmé. Aaricia ne l’avait jamais vu aussi passionné, ses yeux brillaient d’une lueur qui n’avait rien avoir avec la joie ou l’amour. Elle ne comprenait pas ses sentiments. En quoi le fait d’être « capable de faire poids » était si fantastique ? Le Royaume d’Andromède avait toujours été humble et pacifique, il se suffisait de la Lumière de Lumis qui n’apportait que des bénédictions… Pourtant son père et les gens autour d’elles avaient la même petite lueur dans les yeux et le coin de leurs lèvres se redressaient d’une façon qui lui donnait des frissons dans le dos.

Il y avait quelque chose qui ne tournait pas rond.

-Bon, nous allons lever nos verres au futur Empire d’Andromède ! Annonça Andrahas, mais nous allons d’abord faire raccompagner la princesse à ses appartements. La princesse est lasse et elle veut pouvoir se restaurer et dormir !

-Non, mais…

La jeune fille se tut en voyant Yuel quitter sa place et se diriger dans sa direction. Elle plongea aussitôt ans ses bras.

-Oh… Yuel… Je… Je ne comprends pas… Il y a quelque chose qui ne va pas… Mais je n’arrive pas à me souvenir quoi !

-Je vais te ramener à ta chambre Aaricia, ton père à raison, tu es fatiguée.

Il la fit pivoter vers la sortie et l’y poussa doucement.

Clair De Lune passa prés de lui en lui lançant un regard mauvais :

-Ne te crois pas tiré d’affaire. Les licornes ont une très bonne mémoire et je suis une très vieille licorne. Je sais ce que tu essayes de faire…

Yuel ignora superbement cette menace et la troupe continua son chemin vers la nouvelle chambre de la princesse. Devant, il s’arrêta et se retourna vers elle, laissant Aaricia entrer et découvrir le plateau repas que sa nourrice lui avait fait apporté.

-Tu ne vas tout de même pas dormir dans sa chambre ?

-Non, mais je vais rester sur le pas de sa porte. Nos vies sont liées à présent, c’est mon devoir de la protéger. Toi tu n’es qu’un suppôt d’Adam, alors tu ferais mieux de retourner à ses côtés !

-Je doute que tu sois assez vieille pour…

-Je suis née sur Zaenn, une planète de l’ancienne galaxie de la Licorne, répliqua Clair De Lune en se cabrant légèrement. J’ai assisté à la migration des licornes de leur galaxie à celle d’Andromède !

Le visage de Yuel se ferma à cette nouvelle, regardant différemment Clair De Lune.

-Vous êtes devenues rare. La plupart n’ont-elles pas disparue pendant la Grande Epidémie ?

-J’étais sur Terre à ce moment là. Ma propre migration sur Andromède est récente.

-Oh je vois… On m’avait parlé de cette licorne affiliée aux Dragons… Mais de toute façon, si tu sais, tu dois aussi savoir que je ne vais rien faire à Aaricia, alors garde cette porte si tu en as envie, pour ma part, j’irais dormir à la belle étoile.

Et il entra dans la chambre en refermant la porte sur le museau de la licorne.

Aaricia se retourna vers lui en finissant de manger son repas. Elle semblait plutôt morose.

- De quoi étiez-vous en train de parler Clair De Lune et toi ?

-On se disputait.

-mmh… Fit Aaricia en revenant sur son assiette.

-Et toi, qu’est ce qui ne va pas ?

-Comment ça, qu’est ce qui ne va pas ?! S’énerva Aaricia, tu ne les as pas entendus en bas ? Impératrice d’Andromède ! Et me marier avec un parfait inconnu !

-Tu pensais à quoi en venant ici ?

-Bein je sais pas moi ! Tout ça s’est passé si vite. Tu m’as annoncé que j’étais une princesse et que c’était ma vraie vie ! Moi je me suis dis « whoua tout ça est génial ! » Mais qui sont-ils pour vouloir marier une fille de quatorze ans !

-Sur Andromède, c’est la majorité pour les filles, quinze ans pour les garçons, et par tradition, la princesse doit épouser un homme à ce moment puis monter sur le trône.

-Mais c’est stupide ! Je ne suis même pas complètement développée ! J’ai pas fini ma croissance !

-Etant donné la courte existence des princesse précédentes, c’est une loi on ne peut plus correcte, expliqua l’Ange avant de vite enchainer : en plus, vous avez de la chance que votre prétendant soit de la race humaine et un beau spécimen, à ce qu’on dit.

-PARCE QU’EN PLUS IL AURAIT PÛT NE PAS ETRE HUMAIN ?!

-Non je ne pense pas, la reproduction ne marche qu’entre même espèce.

-Qu’est ce que tu veux dire ?

-Que si tu te mariais avec Clair De Lune, tu aurais fort peu de chance d’avoir un enfant.

La princesse fit une grimace à cette idée et joua avec sa fourchette, l’une des trois présentes sur le plateau.

-Ce qui ne veut pas dire, que deux êtres de différentes espèces ne peuvent pas tomber amoureux.

-Oh oui ! Comme dans le conte de la Licorne et de la sirène !

-C’est un exemple.

Aaricia posa sa tête sur ses genoux pensivement.

-Enfin bon… En tout cas mon père a accepté de me passer le trône… J’espère que ces sentiments pour moi ont changé… Songea Aaricia avant de relever le regard sur l’Ange : Dis Yuel, tu crois que je serais une bonne reine ?

-Tu es née pour cela. Dans tes veines coule le sang de plus de cent reines.



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