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Author: princessemimiko
Fiction Rated: M - French - Adventure/Sci-Fi - Reviews: 8 - Published: 09-02-06 - Updated: 04-10-07 - id:2240636

Ecriveuse : Mimiko

Série : originale

Genre : Déconseillé au moins de seize ans. Le retour du gore pas beau, aventure, science fiction, et une pointe de drame pour changer.

Disclaimer : Tous les personnages m’appartiennent, l’histoire de même.

Episode 8: Requiem

Une lumière blanche et éblouissante passa un instant derrière les volets de Mimiko. Celle-ci était allongée sur son lit fait, encore incapable de trouver le sommeil. Pleins de choses tournaient dans sa tête depuis sa discussion avec Seika. Des choses désagréables que la petite servante ne pouvait pas comprendre.

Finalement, elle était à sa place ici, au SEED. Elle était un monstre parmi tant d’autres. Elle allait rester cachée ici, loin du monde extérieur et des problèmes de conscience qui l’accompagnait. On pouvait l’accuser de fuir, ça lui était égal.
Elle trouvait une certaine liberté à rester ici, parce que de toute façon, tout était mieux que ce qui l’attendait. Rentrer dans les rangs, grandir et vivre à la place qui lui était attribuée sans se plaindre, prisonnière du système.

Si elle arrivait à survivre à Alec et à Chriss, évidemment. Mais dans ce cas là, ne devait elle pas essayer de les tuer tous les deux ? Ici c’était tuer ou être tuer, non ?

Ne sois pas comme eux !

Mimiko enfonça son coussin sur sa tête pour ne plus entendre la voix de Seika. Elle se figea cependant en entendant des bruits de métal : on essayait d’entrer dans son dortoir ! Un petit clac lui apprit que la serrure avait cédée. Sa main passa entre le matelas et le mur pour attraper ses ciseaux qu’elle gardait toujours à portée de bras.

Les intrus étaient dans le salon, mais ne semblait pas s’intéresser à sa chambre. Alors c’était pour son voisin.

Mimiko aurait peut être dû lui dire qu’ils n’étaient pas en sécurité, même dans leurs lits… Bah… Au moins elle n’aurait pas à le tuer elle-même…

Un bref instant elle revu les yeux profond et bruns d’Alec et son visage heureux. Elle chassa vite cette image et s’endormit en essayant de capter du bruit dans la chambre voisine.

C’était trop bête de mourir après avoir échappé à Chriss. Mais c’était assez digne d’un imbécile.

OooO

L’appel du matin réveilla la brune de son court sommeil et la força à s’habiller sans écouter les commentaires de la présentatrice. Elle sortit de sa chambre pour chercher sa veste qu’elle avait laissée dans le salon. Un missile roux lui tomba immédiatement dessus :

-Salut Mimiko ! J’espère que t’as bien dormi car une longue journée nous attend !

-Pas encore mort ? Demanda la brune sans vraiment l’écouter, s’étonnant que l’adolescent soit resté en vie après sa première nuit au SEED.

-Qu’est ce que tu raconte ? Je suis trop bon pour mourir ! S’indigna-t-il en se laissant tomber sur le canapé. Tu n’es pas gentille Mimiko ! Et moi qui t’attendais pour déjeuner !

-Je n’ais pas à être gentille et je n’ais pas besoin de toi pour manger.

Alec sauta du canapé pour prendre par les épaules la jeune fille :

-Tu dis ça, mais je suis sure qu’en fait tu es quelqu’un de très gentil !

-Dégage ! Rugit la concernée en lui donnant un coup pour l’éloigner d’elle. Me touche pas ! Et ça ne sert à rien de m’attendre ! J’ai pas besoin de toi.

Le jeune homme se retint à la table en massant le bras, mais il n’était pas prêt à abandonner :

-Et si je te dis que j’ai besoin de toi, tu viendras déjeuner avec moi ? Demanda-t-il avec un air de chiot abandonné.

Elle tourna les yeux rapidement vers lui avant de soupirer et de quitter le dortoir. Prenant ça pour un oui, le roux lui courut après pour aller se pendre à son bras :

-Je suis contennnnt ! Je vais manger avec Mimiko !

-Je t’ai déjà dit de ne pas me toucher ! Enragea celle-ci en se dégageant.

-Wooh ce que t’es timide ! Tu sais…

Mimiko déconnecta aussitôt alors qu’il se lançait dans un monologue, observant le couloir autour d’elle. Presque tous les regards étaient tournés vers eux, et plus particulièrement vers Alec. C’était agaçant.

C’est sur qu’il ne passait pas inaperçu depuis son arrivée hier. Ses cheveux roux et son joli minois égalait presque sa manie à faire flamber les objets autour de lui, comme la moitié du réfectoire par exemple…

Celui-ci avait cependant repris du service. On avait rapidement remplacé le matériel carbonisé par du neuf, ce qui de l’avis public, n’était pas une mauvaise chose.

Une fois la nourriture sur le plateau, ils allèrent s’installer à une table. Ici aussi ils étaient le centre de l’attention. Les garçons qui étaient assis à la table d’à côté étaient justement en train de parler de quelque chose qui devait les concerner. Elle se concentra pour écouter ce qui se disait :

-… Après ce qui s’est passé ici, des troisièmes années sont allée le remettre à sa place. Eh bien vous savez quoi, ils ont disparu !

-Et lui est ici ! Ca veut dire qu’il les a tués !

-Nan, t’as pas entendu ce qu’on raconte ? On a retrouvé leurs corps calcinés par de la combustion spontanée !

-Spontanée et puis quoi encore ! On a vu ce qu’il est capable de faire avec le feu !

-J’aimerais aller voir ça, ils y sont encore ?

-Tu rigole, l’équipe de nettoyage s’est empressée de s’en débarrasser. Ca sentait trop mauvais !

-Eh Mimiko tu m’écoutes ? Demanda brutalement Alec en lui tendant le pichet de jus d’orange.

-Quoi ?

-Tu devrais boire du jus d’orange : c’est bon pour la santé !

-Celui-là est rempli de dopants, répondit machinalement la brune, repoussant l’offre d’un geste de la main, en pensant à ce qu’elle venait d’entendre.

Alec était beaucoup plus fort qu’il n’en avait l’air, pensa t’elle en le détaillant dévorer avec appétit son pain complet.

-Tu veux mon pain ? Demanda-t’il en voyant qu’elle le dévisageait.

-Non merci.

-Je sais que je suis beau, mais c’est assez gênant d’être regardé comme ça ! Rigola Alec avant de se recevoir un coup de coude dans la tête qui lui envoya le museau dans son bol de lait.

-Te fait pas de films, t’es pas du tout son genre ! Répliqua Chriss d’une voix méprisante, qui passait devant eux pour rejoindre sa table.

- Et toi, je ne pense pas que tu sois du bon genre, princesse, contrattaqua le rouquin en s’essuyant le nez.

-Ce serrait dommage de mourir après avoir échappé à ces trois gars… Déclara la blonde pour ses copains qui se mirent à rire, non sans foudroyer du regard Alec.

Elle se désintéressa du garçon pour fixer profondément Mimiko, comme si elle avait envie de lui dire quelque chose, avant de tourner le dos et partir en boitillant.

Ses deux jambes étaient bandées à cause de ses brûlures, constata la brune alors qu’Alec avait repris son repas comme s’il ne s’était rien passé. Ou presque, car il releva la tête et lui demanda :

-C’est vrai que je ne suis pas ton genre ?

Elle se passa volontiers de répondre à cette question, et de toute façon, l’attention du jeune homme fut vite détournée par une bande de filles qui venaient de s’asseoir sans permission à leurs tables, l’entourant comme des abeilles autour d’une fleur.

Elles devaient toutes avoir deux ou trois ans de plus qu’eux et étaient habillée d’un uniforme militaire rose qui ne lassait planer aucun doute sur leur grade. C’était le groupe des Pinkies : des Seed.

Alors les regards noirs de Mimiko ne leurs firent même pas lever un sourcil. Pour elles, la brune n’était qu’une élève de première année sans intérêt, aussi prometteuse soit elle.

-Tu t’appelles bien Alec ? Demanda celle qui s’était assise à côté de lui, des cheveux châtains coiffé en une haute couette en battants de ces longs cils qui faisait de l’ombre à ses yeux bleus.

-Ouais, répondit le garçon qui n’était pas le moins du monde gêné par l’intrusion, ses yeux plongeant vers le renflement sur le torse de sa vis-à-vis.

Celle-ci eut un sourire qui étira ses belles lèvres pleines et rose :

-Je suis Pink, le chef des Pinkies, et voici Lola, Janyss et Marie qui font parti de mon équipe. On te trouve plutôt mignon.

-Moi aussi je te trouve mignonne, répondit Alec qui avait toujours le regard en dessous de son visage.

-Ma poitrine t’intéresse ? Demanda Pink en continuant de sourire, bombant du torse insolemment.

-Je sais ce que c’est, mais je suis curieux de savoir comment c’est au toucher…

-Curieux ?

-Ouais, j’ai envie d’expérimenter des tas de choses depuis que je suis sorti du labo où on ne me permettait rien.

-Tu es incroyablement honnête, s’étonna la jeune fille.

-Qui ne tente rien n’a rien ! Répliqua le rouquin en riant.

-Tu pourrais avoir tout ce que tu veux par la force. C’est ce que tout le monde fait ici. Et sans avoir a dire la vérité et à se mettre en danger !

-Je ne suis pas comme tout le monde !

Mimiko qui jusque là écoutait vaguement ce qui était dit, montrant son désaccord sur leurs présences en les ignorant, releva les yeux vers Alec. Cette réplique…

-… Et puis je préfère avoir la permission pour prendre ce dont j’ai envie.

-Tu sais que je t’aime de plus en plus toi ! Rigola Pink avant d’attraper le poignet d’Alec et de guider sa main jusqu’à son sein droit.

Alors que la paume d’Alec entrait au contact avec le tissu de l’uniforme et d’une chaleur différente de celle du corps, la table s’ébranla. Mimiko s’était levée brusquement et avait abattu ses mains sur celle-ci.

-Je m’en vais, déclara t’elle au jeune homme avec un regard noir avant de prendre son plateau et de partir.

Alec la regarda d’abord étonné avant de baisser la tête et de sourire, abandonnant le contact moelleux de la poitrine de Pink.

-Qu’est ce qui te fait sourire ? Demanda cette dernière. Elle vient de se mettre en colère !

-Oui, mais c’est la première fois qu’elle me dit ce qu’elle va faire. Comme quoi, j’ai peut être aussi une existence à ses yeux…

Il se leva à son tour avant de se tourner vers Pink :

-Désolé je dois y aller !

-Ok, mais si t’as encore des expérimentations à faire, n’hésite pas à venir me voir !

-C’est noté !

OooO

Toutes les premières années courraient sur la piste ovale du terrain de sports. Le professeur au centre aboyait des ordres à tout bout de champs en donnant des coups dans le vide du fouet qu’il gardait toujours avec lui depuis qu’un élève l’avait attaqué brutalement et lui avait arraché un bras.

-Allez plus vite bandes de moules ! Il vous reste encore une heure et vingt minutes à tenir ! Alec ! 100 pompes pour avoir essayé de discuter ! Mimiko 50 pompes pour lui avoir dit de se taire !

Mimiko foudroya le roux du regard en se dégageant de la piste pour faire sa série de pompes.

-Désolé ! S’excusa-t-il en s’installant à côté d’elle. C’est plutôt marrant que ce prof nous appelle par nos prénoms !

-C’est bien le seul, tu…

-EN SILENCE ! Hurla le professeur avec un coup de fouet. Au sinon je vous fais faire 100 pompes de plus !

-Oui m’sieur ! Répondit Alec en faisant un salut de l’armée, tout en continuant ses pompes d’une main, apparemment habitué.

Ce qui n’était pas le cas pour la brune. Il finit d’ailleurs avant elle.

Après qu’ils furent retournés sur la piste pour continuer à courir, leurs appareils indiquant si leurs rythmes étaient toujours le même, le professeur fit faire une série d’exercices. Les élèves devaient se coucher brutalement au coup de sifflet, puis repartir immédiatement au même rythme.

L’appareil qu’ils portaient tous leurs envoyaient des petites décharges électriques si ce n’était pas le cas. Il était relié par des câbles et des capteurs à leurs poumons, à quelques uns de leurs muscles et à leur cœur.

Le professeur enchaina avec des séries de montée de genoux en courant, de pieds aux fesses, de courses en arrière avec rétablissement en avant, de pas-chassée et pour finir, du saut de haies. Tout élève qui s’arrêtait se voyait administré une série de pompes.

A la fin du cours, Mimiko éteint son appareil avant de s’appuyer légèrement à une barrière. Elle n’avait jamais était très sportive, mais elle ne devait pas montrer de faiblesse à ses « camarades de classes » qui s’amusaient à faire des croches pattes à une élève qui était obligée de courir plus longtemps que les autres car elle n’avait pas réussi à faire toutes ses pompes.

Pas loin, elle voyait le missile roux qui n’était pas le moins du monde fatigué et qui riait avec les filles de la classe voisine. Décidemment, il les attirait toutes… Elle grogna en repensant à ce qui c’était passé ce matin. Ce crétin et ses « expérimentations »…

Et encore non loin, il y avait Chriss, assise sur la barrière et qui regardait en souriant l’élève punie s’étaler à terre une nouvelle fois.

Bizarrement, la blonde était dispensée de ce genre de cours et d’habitude elle n’y assistait pas. Elle devait vraiment s’ennuyer pour venir ici.

Il avait d’ailleurs était beaucoup plus difficile de courir en sachant qu’elle la regardait.

La brune laissa son souffle redevenir normal en faisant des exercices d’assouplissements, jetant sa jambe sur la barrière et attrapant son pied de la main. Elle n’était pas très souple non plus. Elle était plutôt du genre rigide comme un bâton.

Il commençait à faire froid, preuve que le soleil commençait à se coucher. C’était l’heure pour elle d’aller voir Seika. Mais… Après ce qui s’était passé. Elle n’avait pas envie de lui parler.

Mimiko abandonna ses exercices et profita du fait qu’Alec papillonnait et ne pensait pas à la suivre pour filer dans les vestiaires se changer.

Chriss la suivit du regard et sauta à terre pour se diriger vers la sortie.

Mimiko s’habilla en quatrième vitesse et se rendit vers la serre. Devant celle-ci, elle n’était toujours pas décidée. Le vert des vitres brillaient d’une lumière chaleureuse et accueillante, preuve que Seika était présente et avait allumé la lumière. Car il faisait nuit de plus en plus tôt.

Elle posa la main sur la poignée sans appuyer.

Pouvait-elle rentrer après les paroles échangées ? Elle lui avait dit de se taire. A ce moment là, c’est vrai qu’elle n’avait plus eu envie d’entendre les paroles bienveillantes de Seika. Trop bienveillante pour elle. Parlant d’un avenir éclairé qui ne lui serait jamais accessible.

Etre avec Seika, c’était aussi doux que douloureux. Elle ne tuait pas avec des armes et des paroles cruelles, mais elle en faisait autant en mettant les gens face à la vérité.

Même si c’était pour son bien. Comme le ferait une mère.

Une mère…

Maman…

Mimiko lâcha la poignée. Elle ne pouvait pas entrer. Elle ne voulait pas affronter la réalité.

Alors elle se détourna et courut vers les dortoirs. Si elle s’était retournée, elle aurait pût voir Chriss sortir de sa cachette avec un sourire satisfait accroché à ses lèvres et entrer dans la serre sans hésiter une seconde.

OooO

Seika taillait le rosier aux roses blanches : c’était son préféré. Pour elle, ils représentaient la pureté, chose presque inexistante au SEED. Pourtant elle en trouvait des traces en Mimiko.

-Ce serrait bien si elle en trouvait d’autres comme elle, se dit elle en posant son sécateur.

Elle s’essuya du revers de la main le front avant de regarder en direction du ciel. Mimiko était en retard.

Peut être qu’elle ne viendra pas après ce qui c’est passé… Songea-t-elle avec tristesse.

C’était sa seule amie, elle voulait tant sauver la brune des ténèbres qui semblaient l’habiter et peut être qu’elle ne s’y prenait pas de la bonne façon…

Soudain, elle entendit la porte de la serre s’ouvrir. Seika oublia tout ses tracas et se tourna vers l’endroit où aller apparaitre la brune :

-Mimiko ?

Elle ne ferma as sa bouche et ces yeux s’ouvrir et s’arrondir d’effroi devant la personne qui venait d’apparaitre.

Ce n’était pas Mimiko.

-Tiens tiens, ça fait longtemps Seika, c’est donc ici que tu te terrais…

OooO

Alors que Mimiko courait dans les couloirs, essayant de fuir un ennemi invisible aux yeux des autres, elle buta sur quelqu’un qui attendait devant la porte de sa chambre.

-Miss Lene ? S’étonna la brune en empêchant la femme de tomber en arrière.

-Ah Mimiko ! Je t’attendais ! Comme je ne t’ai pas vu ni à la sortie du cours de sports, ni au réfectoire, je suis venue te chercher ici.

-Qu’il y a-t-il.

La femme lui renvoya un regard pétillant :

-Ton lieutenant est là !

-C’est vrai ? S’exclama Mimiko. Allons le voir !

-Mais oui calme toi ! Il est dans le salon des invités comme la dernière fois et…

Emily n’avait même pas finit sa phrase que la jeune fille était parti en sens inverse, rendue incroyablement heureuse par le fait que l’homme ne l’avait pas oubliée… Contrairement à ce qu’elle avait crue.

Battant son record de courses, elle arriva au salon des invités et frappa.

Sa voix grave et douce lui répondit d’entrer. Elle ne se fit pas prier.

-Lieutenant, c’est moi !

-Bonjour Mimiko ! Tu as encore grandie.

La brune ne fit ni un ni deux et bondit à côté de lui sur le canapé où il était assis. Ce salon, c’était leur lieu à tout les deux.

-Je suis désolé de n’être pas venu plus tôt. Notre organisation militaire est en train de bien se mettre en place et je suis beaucoup demandé.

-Je vous attendrais toujours de toute façon… Répliqua Mimiko avant d’enserrer l’homme de ses bras et de poser sa tête sur son épaule.

-Mimiko… ?! Fit celui-ci de surprise.

-Laissez-moi rester comme ça juste un petit moment…

Et sans s’en apercevoir, elle s’endormit dans ses bras.

OooO

Quand elle se réveilla le lendemain, elle se trouvait seule sur le canapé, une veste militaire posée sur son dos en guise de couverture. Elle sourit légèrement avant de partir rejoindre sa chambre. Alec lui fit toute une scène de tragédie sur le fait qu’elle n’était pas rentrée et qu’il avait passé toute la nuit à la chercher. Ce qu’elle ne crut qu’à moitié, car il portait encore la marque du coussin sur sa joue. Elle passa une journée de cours normale jusqu’à ce que le soir arrive.

Cette fois-ci, elle irait voir Seika. Car avec la servante, elle retrouvait cette impression d’humanité qu’elle ressentait avec le lieutenant.

La serre avait une allure étrange quand elle se trouva devant. Les lumières éteintes donnaient un air fané aux plantes d’ordinaires vive et épanouie. C’était le résultat de l’amour de Seika, songea Mimiko en ouvrant la porte et en se faufilant dans la verdure.

Seed signifiait graine. Chaque élève était une graine amenée à s’épanouir et la base était comme un jardin.

Un jardin arrosé de sang et remplie de plantes carnivores. Avec au milieu cette serre, pareille au jardin d’Eden, havre de paix et de beauté qui l’avait recueillie en son sein. Œuvre de Dieu ?

Non… Œuvre de Seika…

Avait-elle prise Mimiko pour une graine ? Avait-elle essayé de la faire grandir comme ses fleurs en prodiguant attention et amour ?

Mimiko s’arrêta au centre de la serre, immobile et silencieuse. Ses lèvres s’entrouvrirent puis se refermèrent tandis qu’elle regardait devant elle.

Plus rien ne pousserait dans ce jardin. Jamais. Il était maintenant souillé. Des sillons rouges coulaient le long des canaux d’irrigations, se déversant sur les plantes : la terre avait bût le sang.

Ces marches où la brune aimait tant s’asseoir pour réviser. Profitant plus de la présence de la servante qu’elle n’avait osé le dire, regardant à moitié ses livres, admirant plus la sérénité de l’endroit. Des mains sanglantes avaient marqué leurs luttes désespérées sur le blanc du calcaire. Des ongles l’avaient raclés, espérant échapper à l’inévitable.

Probablement qu’une voix avait criée, résonnant le long des parois vitrées, son prénom répété à l’infinie jusqu’à ce que plus aucun son ne puisse sortir. Des larmes étaient tombées sur les fleurs, pareil à de la rosée.

Depuis combien de temps ? Déjà l’hortensia avait pris une couleur écarlate.

C’était comme pour les fleurs de cerisiers. Une légende disait qu’elle tenait leur belle couleur rose des morts qui reposaient sous leurs racines.

Et les délicats pétales des roses blanches étaient tachés de gouttelettes écarlates, triste pluie du soir.

La jeune fille pencha la tête sur le côté. Elle ne pourrait plus venir ici. Elle n’entendrait plus jamais la voix agaçante de Seika. Cette voix qui savait tout. Désormais elle était seule et elle venait de perdre la seule chose pour laquelle elle avait un peu d’intérêt dans ce bas lieu.

Qu’est ce qui ce serrait passé si elle était revenue plus tôt ?

Elle aurait aimé être pardonnée. Mais est ce que Dieu pouvait pardonner un monstre ?

Elle ne méritait pas qu’on lui pardonne. Elle ne méritait pas de pouvoir sourire et rire insouciamment. Elle ne méritait pas le bonheur.

Mimiko s’avança de quelques pas et attrapa l’arme qui avait été laissée sur les lieux, encore taché de sang. Un sécateur. Elle fit jouer la lame sur la peau de son bras, traçant des tranchées rouges de douleurs.

Mais même comme ça elle n’arrivait pas à pleurer. Elle était encore loin de la douleur qu’avait pût ressentir Seika. Alors elle appuya un peu plus, faisant couler en petits ruisseaux son propre sang. Elle serra les dents avant de lâcher l’outil qui tomba à terre dans un bruit de métal.

Même comme ça…

Elle chercha dans sa chemise et retira d’un coup sec la croix que lui avait donnée son ainée, puis s’approcha d’elle, fixant d’en haut, son corps inerte et ensanglanté. Elle était encore vivante quand on l’avait lacérée mais au final son agresseur l’avait égorgé.

-Tu avais tord…

Mimiko jeta la chainette sur elle avant de tourner les talons.

Les lèvres roses et pleines de Seika s’étaient figées sur un sourire. Même dans la mort, elle semblait se moquer gentiment d’elle. Comme un ange riant des monstres qui l’entouraient.

-… Dieu ne protège personne.

A suivre…



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