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Fiction » Action » Les Sans Noms font: B s : A A A . width: full 3/4 1/2
Author: princessemimiko
Fiction Rated: T - French - Adventure/Sci-Fi - Reviews: 7 - Published: 09-02-06 - Updated: 03-30-07 - id:2240640

Les sans-nom

Prologue : sous la pluie

Elle entendait la pluie tomber. Elle entendait le bruit qu’elle produisait en s’écrasant sur le pavé, puis rebondir en plusieurs gouttelettes pour finalement retomber.

Des centaines de gouttelettes, des millions, qui vibraient dans son cerveau, aussi fort que des coups de marteau. Dans ce tonnerre de bruits, Marine se rappela ce qu’elle faisait là, dehors, dans ces chaussettes mouillées. Oui, parce qu’elle ne portait pas de chaussures, pas plus que de manteaux d’ailleurs, juste une légère chemisette et une jupe plissée.

« Pas de pantalon dans la famille Salis ! » Disait souvent sa mère qui retenait son désespoir en détournant du regard avant de déplisser son tailleur Chanel du bout des doigts.

« Une jeune fille bien élevée ne se comporte pas ainsi ! » Ajoutait son père en passant une main sur son ventre naissant et en lissant sa moustache.
Marine Salis était la fille unique du P.D.G d’une des plus grandes marques de shampooing et de la responsable design de la plus grande boite de publicité de toute la France. Les Salis étaient riches à millions, ce qui impliquait des tas de choses pour Marine. Entre ça et sa « particularité », elle n’était pas heureuse.

Cette semaine, ses parents avaient voulu s’offrir des vacances à Paris, et en rentrant d’une journée particulièrement éprouvante de shopping, elle avait claquée la porte, partiellement habillée, en criant à sa mère qu’elle partait en Argentine. Dix minutes plus tard, elle était arrivée à la station du métropolitain « Argentine » et était descendu du wagon en se demandant vaguement ce qu’elle allait faire maintenant.

Elle avait marché par la suite un peu au hasard, en espérant que par miracle la réponse surviendrait devant elle.

Il était très tard lorsqu’elle arriva devant la Tour-Eiffel, elle le savait car les rues étaient presque déserte. Mais était-il trois heures, quatre heures du matin quand elle s’était laissé prendre par la pluie ?

Depuis l’âge de douze ans, elle avait toujours évité soigneusement l’eau. Elle s’enfermait à l’intérieur quand il pleuvait, n’allait jamais à la mer, n’approchait pas les rivières et fermait au maximum les robinets des salles de bains.

Mais aujourd’hui, rien ne pouvait éviter qu’elle n’entende l’eau. Marine porta tout d’abord ses mains à ses oreilles, mais elle savait que cela ne filtrait qu’un peu le son qui l’insupportait. Rapidement elle eut mal à la tête, puis l’univers se mit à tourner, sa vue à faiblir et elle éprouva du mal à respirer. La jeune fille se sentit tomber et sa tête cogner le béton assez brutalement.

La joue sur le plancher mouillé, sa vue revint petit à petit, même si son ouïe continuait à être exacerbé par le bruit de la pluie.

Sous fond de la Tour Eiffel illuminée, il y avait un homme. Son long manteau de cuir noir claquait dans le vent, ses cheveux de la même couleur dégoulinaient d’eau sur ses épaules larges et le long de sa haute silhouette. Il portait des lunettes noires mais Marine devinait qu’il regardait dans sa direction.

A bout de force, elle ne put en voir d’avantage car elle s’évanouie.

L’homme s’était fait oublié des touristes en s’installant dans un coin de la structure métallique complexe de la Tour Eiffel. Il avait calé l’étui de son sniper derrière lui, dissimulé dans un immense sac à dos.

Quand les gardiens fermèrent les escaliers et les ascenseurs, l’homme ria doucement de son audace : il fallait y penser, il n’y avait pas meilleur lieu de tir au monde !

Sa cible devait arriver vers deux heures, et déjà il commença à s’installer : embusqué dans les escaliers, il déballa son précieux fardeau et assembla chaque pièce avec minutie et le plus de discrétion possible.

Une fois cette tache réalisé, il attendit, immobile, se fendant dans la masse grise, caché par les lumières des projecteurs. Et son homme finit par arriver. Il devait déjà avoir bien des années derrière lui, car il clopinait plus que marchait, et ses cheveux grisonnaient à l’arrière de son crâne qu’il avait recouvert d’un bob. Il avançait en regardant sans arrêt derrière lui, vérifiant probablement que personne ne le suivait. Puis il s’immobilisa prés d’une échoppe de souvenirs. Derrière le viseur infra-rouge de son fusil, l’homme regarda attentivement les gestes du vieillard. Il le vit déposer une pochette dans une poubelle. L’homme ne savait ni qui était cet homme, ni ce qu’il était en train de faire, ni pourquoi il devait le tuer. Mais c’était les ordres : il se devait d’appuyer sur la gâchette sans se poser la moindre question. Ce qu’il fit.

Il entendit une brève détonation et sa cible s’effondra sans un cri, sans sûrement avoir compris ce qu’il se passait. L’homme travaillait toujours avec du matériel léger, qui avait le mérite d’être précis, silencieux et efficace à condition de bien viser et d’être à une distance convenable de la cible.

L’homme ne fit ni un ni deux, à peine la cible à terre, il commença à démembrer son arme pour la ranger. Il lui restait encore une mission à exécuter.

Il attendit un peu que les événement se tassent et descendit avec la souplesse d’un chat les escaliers sur lesquelles il se tenait. Sautant par dessus les barrières quand le sol fut assez prés , il prouva encore une fois qu’il tenait du chat en retombant sans presque un bruit, parfaitement stabilisé.

L’homme traversa la place déserte jusque là où le vieux gisait encore. Le hissant sur ses épaules, il le porta jusqu’au bord de la Seine, en contrebas, et jeta le corps froid dans le fleuve en prenant bien garde à ce qu’il coule. Il aurait l’air malin si on le découvrait dés demain.

C’est là que la pluie se mit à tomber. Doucement d’abord, puis à torrents. Il se dépêcha de revenir sur le lieu du crime pour maquiller les indices et bénit le ciel de s’être mis à son service. Quand il se retrouva devant la boutique, le sang avait déjà était lavé, il ne lui restait plus qu’à s’emparer de la pochette et la faire disparaître. Seulement il ne pouvait pas la brûler sur place, cela devait donc attendre qu’il soit rentré chez lui au sec. Il la glissa dans son manteau, sans même penser à l’ouvrir. Ca aussi c’était interdit. Et puis il ne tenait pas à être mêlé à quoi que ce soit.

Alors qu’il s’apprêtait à rejoindre son appartement, non loin de là, il sentit qu’il y avait quelqu’un comme lui dans les parages. Quelqu’un qui souffrait. Son regard se tourna vers là d’où venait le sentiment, et il aperçut, sous le porche d’un magasin de luxe, une jeune fille à terre, ses longs cheveux noir et raide noyé dans l’eau qui ruisselait le long du trottoir. Elle leva son regard vers lui. Des yeux d’un bleu profond. Et sembla perdre aussitôt connaissance.

L’homme s’approcha pour considérer la jeune fille de plus prés : elle était dans un état lamentable, et sa peau était d’un blanc maladif. Sans même réfléchir à ce qu’il faisait, il jeta la jeune fille sur son épaule, comme il l’avait déjà fait avec le cadavre.



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