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Fiction » Fantasy » Poussière de Vie font: B s : A A A . width: full 3/4 1/2
Author: Sylvara
Fiction Rated: T - French - Sci-Fi/Adventure - Reviews: 6 - Published: 09-05-06 - Updated: 02-26-08 - id:2242231

Derniers échanges


La vie allait bon train. L'élan de ses cycle semblait instoppable.

Sylveniel regardait en spectateur les jours qui étaient passés et les sourires qu'ils avaient réveillés.

L'humaine avait dansé, dansé la vie et il chantait encore sa musique. Il y avait des souvenirs chaleureux entre les murs de la chambre. Des scènes à chérir plus tard.
Rare étaient les secrets entre eux si tant était qu'il en existait. Il partageait tout. Rêves, espoirs, joies, larmes. La confiance était pure. Mais là n'avait jamais été le problème...

Lorsque le visage de leur fille rayonnait plus que d'accoutumée, quelque part entre la jalousie et la curiosité, le monsieur et la dame s'interrogeaient.

Toujours ensembles et jamais d'accord.

Aussi proches étaient les couleurs de leurs toilettes mondaines, aussi éloignés étaient leurs cœur. Ils jetaient tantôt un regard mi désintéressé, mi désapprobateur à la femme qu'était devenue leur fille, et puis ils passaient leur chemin. Car après tout ils étaient riches. Un claquement de doigts et on arrivait. Un coup dans les mains et leurs soucis passaient sous un coup de plumeau et la danse d’un tablier dentelé. Et ils se renfermaient dans leur tour. Car ils avaient d'autres miséreux à fouetter.

Le monsieur fut le premier à ouvrir la porte ce soir là. Il tenait dans la main une page de journal nettement pliée en quatre.
- Bonsoir, ma chérie. Votre mère et moi désirons vous voir.

Et il s'assit dans un fauteuil, le journal sur les genoux, le regard blafard et ennuyé. Sans attendre trop la réponse qui vint, fade politesse. La dame finit par arriver à son tour, et ayant refermé dans une grâce forcée la porte à clef, elle alla, à petits pas, se déposer sur un sofa.

- Mm. Hum.
D'un sourire rèche sur son visage et humide de sueur, elle salua sa fille sans véritable ardeur.

La dame croisa les doigts, le monsieur les jambes.
- Alors, ma chérie ? comment allez-vous ?

Leur donnant le dos, roulant les yeux au ciel, elle savait qu'elle n'allait pourtant pas se soustraire à la mascarade.

Masqué de la vue du sieur et de la dame par la silhouette de l'humaine, Sylveniel lui offrit un sourire encourageant. Elle finit par se retourner dans une grâce parfaite. Inutile d'énerver d'avantage ces gens. Elle s'en occupait déjà de diverses façons à ses heures perdues...

- Mère ? Comme vous êtes altière ! Comme vous avez bonne mine, père. Elle signa son sarcasme par un salut de la tête.

- Je vois que votre fille n'a pas perdu son amabilité, André.

- Ah, s'il vous plaît, Béatrice! Le sieur se tourna vers sa fille. Ma chérie, comment c'est passé votre soirée d'hier, lorsque nous vous avons laissée avec Nicolas et Suzanne ?

- Ha. Oui je vois.

La dame haussa un sourcil défiant sa fille de poursuivre.

- Nous sommes allés à la patinoire et nous avons mangé une glace, répondit la jeune humaine qui haussa les épaules. Le reste vous le savez.

- Hé bien je n’en suis plus trop sûr. À en juger par le journal, les medias, déjà, en savent plus que moi.

- Vous nous avez dit être rentrés avant la sixième cloche d'été. Vous devez donc savoir pour Naala.
La jeune femme hésita un instant. La dame voulut poursuivre mais renonça. Le monsieur gesticula sur son siège puis prit la parole.

- Lorsque le vase du jardin a été volé, vous avez bien du entendre le véhicule lorsqu'il a passé la porte. Je ne fais pas confiance aux dire de nos gens. Ils sont mesquins. Ils me feraient entendre tout ce que je voudrais pour un bon pourboire. Dites moi ma chérie, quel genre de véhicule était-ce ?

- Puis-je vous demander ce que dit le journal, père ?

La dame haussa encore le sourcil et le monsieur fronça les siens épais. C'était par un respect des valeurs plus fort que jamais que les personnes de grande influence se distinguaient catégoriquement du reste du peuple, en ce siècle.

- Veuillez me pardonner, se reprit-elle d'un air bien peu contrit.

- Bien. Bien. Vous voulez savoir ce que dit le peuple ? Et bien voilà. Il lui tendit la page de journal qu'elle parcourut du regard avant de le lui remettre, peu secouée.

- Ils ont toujours été désespéré de pouvoir faire un article croustillant sur vous, père. Vous êtes encore l'un des plus éminents artistes...

- Je vous en prie, chérie, vous noierez le poisson plus tard. Ici, nous somme du le quartiers des arts. Cela ne signifie pas simplement respecter le patrimoine lingustique ! La Dame flissa les yeux. Tant que les projecteurs sont sur nous, vous savez qu'il n'y a pas de place pour les excentricités, finit-elle sechement.

La jeune fille, se tourna à nouveau, manifestement ennuyée. Elle se mordilla la lèvre et croisa les bras. Puis elle leva les yeux vers la statue d'argent. Son regard s'illumina lorsqu'ell vit ses lèvres remuer. Elle fit quelques pas vers la fenêtre, toujours dans le même axe, de façon à cacher le visage de Sylveniel. Lorsqu'elle fut assez proche pour l'entendre, elle se retourna et inclina la tête.

- Cela me peine que vous me témoigniez si peu de confiance, père. C'était un de ces anciennes Cycleuses. Noire. Je n'ai hélas pas pu relever le numéro de sa plaque... Heureusement, les gens sont arrivés à temps pour arrêter le voleur.

- Un de plus, un de moins... Il a été pendu ce matin. Ce n'est- pas comme ci cela allait faire stopper les tentatives de vols. Au propos du journal...

- Au propos du journal, je ne comprends pas pourquoi vous y prêtez attention ! Croyez vous vraiment que notre fille pourrait faire un trafic de cacao ?

- Béatrice, là n'est pas la question. Le fait est que les media veulent le faire croire. Ma chérie, il te faut me dire ou tu étais hier soir, à l'heure ou les agents sont arrivés et ont trouvés les graines.

- Je vous l'ai dit, j'étais rentrée au manoir. Je prenais un bain. Un peu avant que cet énième voleur ne se manifeste, père.

- Parfait. Vous avez donc entendu les nouvelles. Vous pourrez m'apprendre le budget que l'empire accorde à nos recherches. J'ai laissé la toile vidéo allumée en partant. A moins que votre bain ait noyé le bruit de la télévision...

- La jeune fille fit s'éloigna de la statue pour rejoindre la porte d'entrée et elle mit ses mains dans son dos, le regard las.

- Non, je n'avais pas encore commencé. Croyez vous que je m'intéresse à de telles choses ? Elle haussa les sourcils. Par le plus grand des hasards pourtant, il semble que la providence veuille défendre mon innocence car j'ai ouïe qu'il est cette année estimé à sept-cent oros. Aurais-je un minimum de crédit à présent ?

- Je suis désolé, ma chérie. La dame quitta la pièce dans la plus grande indifférence. Le sieur se leva mais s'arrêta au seuil de la chambre. Venez embrasser votre père, mon enfant.

Elle se figea un instant puis rejoignit son père. Mais l'étreinte de l'homme se fit plus longue que d'accoutumée.

- Rappelez-moi, s'il vous plait, combien de coups de feu déjà, ont été tirés sur le voleur avant qu'il ne fut appréhendé. Les enquêteurs m'ennuient avec tant de questions... Ils savant pourtant bien que ta mère et moi étions alors à Paris. Ils sont insupportables...

Dans les bras de son père, elle se glaça. Un coup d'œil désespéré vers la main argentée levée de Sylveniel lui rendit parole et grand soulagement.

- Cinq, père. Tous plus horribles les uns que les autres. Même fenêtre fermée j'ai pu les entendre. Je les entends encore! Elle se détacha alors de son père et lui offrit un sourire triste. Mais je suis heureuse de pouvoir vous aider avec les enquêteurs. Vous au moins, vous avez ma confiance. Merci.

Elle tourna vers lui son radieux visage rassuré.

- Je suis bien désolé de vous faire subi tout cela. Mais soyez rassurée. On a exécuté votre ancienne nurse hier soir. Son arrestation était intolérable... Outrageuse, n'est-ce pas? Je n'ose imaginer la honte... Mais maintenant elle n'est plus. Rassurez-vous ; l'honneur est sauf... il marqua un moment de silence et se rapprocha de la porte. "Sauf. Pour ce qui la concerne, en tous cas. J'espère que vous n'oublierez pas d'être tout de même un peu bouleversée lorsqu'ils vous interrogeront à votre tour...

Sur ces mots, il quitta les lieux. Lorsque son pas mou et blasé frappait trop loin la moquette pour être entendu, la jeune fille se laissa choir sur son lit.

'Nadisaa...'

Celle qui avait pris soin d'elle depuis des lustres. Nadisaa qui avait perdu son emploi pour une dispute stupide. Un caprice de sa part. Revenue pour prendre un vase. Un stupide vase qui aurait la différance en beaucoup de nourriture pour elle, pour ses enfants...

Elle laissa couler les larmes.

Sylveniel s'approcha silencieusement et s'assit au bord du matelas et l'appela doucement.

Elle l'ignora.

Pas question de voir le jugement sur le visage de son confident. Lui aussi il avait été témoin du remerciement de la nurse. Lui aussi il en savait la cause.

La fille des hommes désira être seule.

Jusqu'à ce que la honte passe.

Jusqu'à ce qu'un autre jour amène de nouvelles distractions et des occasions de rire. Rire de bonheur quelques rares fois.

Et puis des âmes.

De l'honnêteté (ce comble des incultes), de la compassion (bêtise des faibles). Amour... Amour... Ah oui! Cette chose distrayante qui nous tendait les ficelles, qui nous suppliait de jouer avec. Pour la plus douce jouissance que celle de se baigner dans les cœurs ouverts, beats, par l'echo de rires tranchants.

Mélodie si puissante.

En elle... la mort. Capable de détruire, de créer des illusions... Oh et c'était légal surtout. C'état dans les règles.

Oh, oui, la vie était une grande chose. La sienne d'abord. D'abord et enfin.

Mensonge, dol, méchanceté, rien n'était trop beau. Mépris, abus, sournoiserie, rien n'était trop gros.

Seul, il en réchappait. Plus ou moins. Tout ce temps, il la regardait danser ce qui était et resterait sa danse. Peu à peu ses sourires à lui perdaient en enthousiasme. Mais cela elle ne le regardait pas.

Peu à peu, son contentement devenait fade. Mais son regard a elle était ailleurs, sur une quleque nouvelle bague ou voiture.

Ses recommandations glissaient sur son âme comme les larmes jadis sur ses joues de porcelaine.

Et il s'inquiétait pour elle.

'Jamais il n'aurait pu lui en vouloir.'

Et il se pliait à ces désirs, aussi intimes soient-ils, à ses sauts d'humeurs, attendant que cela lui passe, comptant sur quelque influence qu'il pouvait lui rester sur elle.

Il savait que c'était en vain. Mais il voulait croire. Parce que l'espoir était une chose merveilleuse. N'était-ce pas la clé de la vie ?

Lorsqu'elle parlait de leur rêve, il refusait de s'interroger sur ses desseins. Il tirait, encore et encore, de son cœur, de quoi nourrir cette confiance qu'il continuait à lui offrir.

'Parce qu'il le fallait.'

Lorsqu'elle parlait de ce rêve qu'ils avaient en commun, il la laissait se l'approprier souvent. Cela la rendait heureuse. Peut-être pas d'une bonne façon, mais qu'importait, il n'avait plus aucun avis qui compte là-dessus.

C'était un beau rêve. Réalisable de plusieurs façons. Un rêve auquel travailler eut été vraiment doux.

Mais elle n'avait jamais mit la main à la patte, et elle ne la mettrait ja-mais ! L'idée même était outrageante, indigne pour une femme de son rang. Seulement, elle voulait ce rêve.

Il le lui laissa.

Elle n'avait pas trop l'intention de partager et le lui avait déjà fait comprendre. Après tout, nul besoin de compromis pour garder Sylveniel ; il était sa possession. Un objet. Le rêve était pour les humains, et le droit de parler, plus qu'assez pour une statue.

Pourtant, lorsqu'il apprit ce qui était survenu, il fut prit de l'envie de tout nier de but en blanc.

... Inévitable dénouement ; rien de surprenant. Seulement, il avait partagé son cœur.

Mais il n'avait pas le temps pour ça. Il secoua la tête et soupira doucement.

Non ; le directeur du Grand Cirque de l'Empire débarquerait au matin. 'Pas de place à l'erreur.'

Juste avant la trente-sixième sonnerie de la pendule, juste après le départ du véhicule de la dame. Là était son salut, et celui de la poussière de vie.

Le haut de ses pommettes le chatouillèrent un instant, mais il se souvint qu’il ne pouvait secréter des larmes.

Alors il ferma un dernière fois les yeux, et écouta la pendule. Lorsqu’il rouvrirait leur bleu puissant, tout aurait changé.



© Copyright 2006 Sylvara (FictionPress ID:349790).


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