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Author: Reno Kurigawa
Fiction Rated: K+ - French - Romance/Drama - Reviews: 53 - Published: 09-11-06 - Updated: 04-05-08 - id:2245186

Bonjour à tous et toutes ! Je suis Reno Kurigawa, aussi connu sous le pseudonyme de Miyuki Kurigawa sur fan fiction. net. Après bien des mois de fictionnages sur FFNet, et après pas mal de lecture sur fiction press. com, me voici donc à mon tour en train de publier une fiction originale. Cette fiction est un shônen-aï, parfois yaoi. L’avertissement habituel : ceux que ça dérange, je ne vous retiens pas de faire page arrière ! Mais si ces quelques mots ont attirés votre attention, maintenant que vous êtes là, j’ose espérer que vous prendrez du temps, et du plaisir à lire, et me commenter mon chapitre, mes personnages, mon style ... ce que vous voulez !

Je tiens d’abord à saluer quelques auteurs connus, L’Ange Gardien, Moony’s Dream … Qui j’espèrent viendront me lire, ça me ferait on ne peut plus plaisir. Petit salut à Chiji, qui attend avec impatience depuis des mois de la lire. Enfin, un grand coucou à mes amis de ‘lassoce Kuwa que j’aurais harcelé pour aller me lire XD, et bisous à Mamour qui j’espère, prendra le temps de venir me lire ! Je vous adore !


°°Wishing on a child dream°°


°Chapitre Un° – Toi et Moi – Partie Une


L’air était pluvieux. Le temps n’était pas vraiment avec lui pour ce premier jour dans ce lycée. Et pourtant, malgré le fait qu’il soit nouveau, tout respirait la banalité. Que ce soit ces lieux, d’une uniformité affligeante, ou bien ce qu’il se passerait aujourd’hui, et ce qu’il fera, comme tous les jours. Rester chez lui, travailler et puis attendre.

Ca le désespérait déjà. Les élèves étaient regroupés dans tous les coins de la cour, certains étaient même assis sur l’herbe encore sèche, et tous semblaient bavarder joyeusement. Il ne savait pas trop où aller, tout lui semblait gigantesque, que ce soit les bâtiments ou même les élèves. Il se sentait minuscule et écrasé par la nouveauté, sans parler du fait qu’il savait d’avance qu’il se perdrait à coup sûr dans ces locaux immenses.

Il fallait qu’il trouve le bureau du proviseur, pour pouvoir tout mettre « en règle » et qu’il soit au moins tranquille sur ce côté-là.

Arrivé dans le hall, il ne fut pas plus avancé, car malgré un panneau et un plan qu'il jugea bizarre et confus, il ne savait pas du tout quel couloir prendre. Il n'avait pas remarqué les quelques jeunes qui discutaient à l'autre bout d'un petit couloir perpendiculaire à la cour. Par contre, l'un deux, aux cheveux descendants jusqu'à la mâchoire pour remonter de plus en plus courts vers l'arrière, l'observait étrangement. Rappelé à l'ordre par un de ses amis qui parlait vraisemblablement dans le vide depuis tout à l'heure, il les laissa un moment et se dirigea vers le nouveau venu.

Tôru était on ne peut plus perdu. Il s'était avancé bravement dans un couloir au hasard, le strict opposé de celui où discutaient les jeunes hommes. Mais sa peine fut mal récompensé, puisque seules des salles de classes défilaient en rang serré face à de larges fenêtres, toutes donnant sur la cour. Au bout, le couloir continuait dans un coude de murs et s'enfonçait dans l'ombre.

Peu rassuré il fit demi tour quand à peine après trois pas il rentra de plein fouet dans un obstacle. Se frottant le nez, il leva la tête pour en connaître sa nature.

- Aïe ... Heu ... Oh, pardon! S'excusa-t-il lamentablement.

- Il n'y a pas de problème, répondit le jeune homme qui l'avait réceptionné, d'une voix douce, à juste chemin entre l'aigu et le grave. Tu es nouveau ici, non?

"Voilà, ça y est, me v'là repéré, au s'cours!!" s'affola Tôru.

- Heu ...

- L'administration se trouve en haut des escaliers, juste en face de la porte principale, au deuxième étage.

Ravi d'avoir enfin son information, il ne comprit pas pourquoi il se sentait soudain embarrassé. Comme une gêne palpable s'installait au fur et à mesure que les secondes s'écoulaient.

-Ah, merci ...

- Je t'en prie.

Peut-être était-ce le ton un peu formel qu'employait l'élève qui l'avait abordé. Non pas que Tôru était particulièrement associable, loin s'en faut, mais il n'allait pas facilement vers les gens. Il allait faire un pas en avant dans l'espoir de se précipiter loin d'ici quand un bras soudainement en travers de sa route lui coupa tout élan.

- Au fait ... Je m'appelle Akira Toriyama, je suis le représentant du conseil des élèves. Si tu as le moindre problème, n'hésite pas à venir me voir.

- Heu ... répéta à nouveau Tôru à court d'arguments. Oui, merci ...

Akira lui fit un sourire et s'éloigna d'un pas lent. Tôru, lui, avait encore son cœur qui battait la chamade et restait cloué sur place. Akira eut même le temps de rejoindre ses amis avant que Tôru ne monte la première marche. Quelque chose ne lui plaisait pas chez ce type, ou tout du moins l'intriguait. Il ne savait pas si c'était sa façon de parler, ou la manière assez surprenante qu'il avait eu de le retenir - Tôru avait eu l'impression que s'il avait voulu lui sauter dessus il ne s'y serait pas pris autrement. En frissonnant, il réussi à décoller ses pieds du sol et se dirigea vers l'escalier peint en bleu profond.

"Le représentant du conseil des élèves" était un titre qui l'impressionnait toujours. Il fallait pourtant, malgré son apparence quelque peu bizarre, que Toriyama soit quelqu'un de particulièrement ordonné, sérieux et avisé pour qu'il lui soit confié une tâche si importante. Il soupira, et en escaladant lentement l'escalier, comme pour retarder l'ultime moment où il devrait à nouveau chercher sa route, il saisit au vol des éclats de paroles, entre le fameux Akira et ses amis.

- ... tu dis n'importe quoi, souffla Akira d'une voix à la fois excédée et amusée.

- Ose dire le contraire! Répliqua quelqu'un d'une voix beaucoup plus grave et énergique, qui semblait agacé.

- J'ai juste fait mon devoir de Président du Conseil, je ne vois pas en quoi j'ai été entreprenant.

Tôru tiqua et suspendit son pied à quelques millimètres des dernières marches. Il crut avoir mal entendu, et le cœur battant à nouveau la chamade il jeta un œil apeuré par-dessus la rambarde qui se perdait dans le ciment de l'étage du dessus. Il vit le malheureux Akira pris par le cou et se faire frotter énergiquement la tête par un de ses amis.

"Entreprenant". Ce mot résonnait à ses oreilles sans arrêt et il n'avait plus du tout la tête à chercher son chemin, si bien qu'il rata une première fois le bureau. Avec rage, il essaya de contenir sa main pour éviter de fracasser d'entrée de jeu la porte et frappa trois coups discrets. Il ne mit ni longtemps à avoir sa réponse, ni sa carte de lycéen, ni son emploi du temps, ni à ressortir du bureau sans comprendre ce qu'il venait de se passer. Il savait juste qu'il était arrivé au mauvais moment car le pauvre proviseur tenait le téléphone d'un air fatigué.

Mais sitôt qu'il reprenait la direction des escaliers, les mots vrillèrent à nouveau ses tympans, et il ne comprenait pas, ou plutôt ne voulait pas comprendre, ce que signifiait cette réponse pour le moins étrange d'Toriyama. En quoi pouvait-il avoir été entreprenant? Tôru ne ressemblait pas à un garçon? Il sentit ses joues chauffer et se baffa spirituellement.

"Non mais, qu'est-ce que je racontes?" pensa-t-il aussitôt.

Non, ce n'était pas ça le nœud du problème. Il ne pouvait pas l'expliquer mais il le sentait ainsi. Et s'il avait vu juste, puisque dans ce cas il lui fallait se fier au sens du mot pour essayer d'y voir clair, l'ami de Toriyama lui disait tout simplement qu'il l'avait dragué ... et ...

"MAIS, Je suis un garçon, bon sang de ... " s'affola-t-il à nouveau en s'interrompant tout seul.

Il ne put pas aller plus loin dans sa pensée puisque, l'objet de ses "pensées" montait à son tour les escaliers. Il fit un bond surprenant de côté et il aurait voulu se cacher précipitamment qu'il n'aurait pas donné meilleure illusion. Malheureusement, Akira le repéra avec la vivacité du prédateur, et avec le même sourire tranquille qu’il lui avait adressé en le laissant la dernière fois, il le regarda droit dans les yeux.

- Tu as trouvé?

- Ben ... oui, merci ...

Tôru avait l'impression d'avoir l'air subitement stupide à toujours sortir la même chose dès qu'il lui disait quelque chose, mais sa voix était subitement réduite à néant dès qu'il croisait le regard inquisiteur d'Akira sans qu'il ne puisse rien y faire.

" MAIS ... " pensa-t-il subitement. "Qu'est-ce que ça peut me faire de passer pour un crétin fini devant ce type??"

A priori, beaucoup de chose, et du coup, il s'en voulut de s'ajouter tout seul des problèmes à ce premier jour d'école, comme si ce n'était déjà pas compliqué de prendre ses marques dans un lycée inconnu.

Il voulut se diriger vers les escaliers quand il entendit des pas précipités suivit d'un retentissant: "Toriyama-Sempaïïïïïïï !!"

Une traînée de filles à la voix hystérique se dirigeait vers Akira et ses amis, et Tôru ne put s'empêcher de lever ses yeux au ciel. Pourtant, le président fut plus patient que lui, puisque celui-ci répondit à leurs questions d'une banalité affligeante avec le même sourire qu'il lui avait adressé. Comme d'habitude, quelque chose lui échappait dans le fonctionnement du sexe opposé, mais il laissa tomber.

- Excuse-moi ...

Il se retourna vivement, et rencontra le regard doré d'une jeune lycéenne à la coiffure étrange. Elle possédait une unique couette sur le côté gauche de la tête, tandis que l'autre côté contenait des cheveux courts qui s'arrêtaient un peu n'importe où. De plus, pour parachever le tout, ses cheveux étaient parsemés de mèches noires, seulement du côté de la couette. Le reste était brun.

- Tu es nouveau, toi aussi?

Comme une lueur d'espoir s'alluma dans le cœur de Tôru. Il pensait enfin avoir quelqu'un qui lui semblait à peu près ... normal devant lui, et faisant fi de sa coiffure burlesque, répondit un "oui!" enthousiasmé et loin de ses "heu" hésitants qu'il adressait à Toriyama. Ce dernier, entre deux questions, ne manqua pas de le remarquer, d'un regard en coin inquiétant.

- Ne le prend pas mal, mais je l'ai reconnu à ton air perdu. Je viens moi aussi d'arriver dans le lycée, il y a à peine quelques jours. Si tu veux, je peux t'aider, fit-elle avec un petit sourire.

Tôru fut subitement intimidé par la gentillesse qui émanait comme l'eau d'une cascade de la jeune personne en face de lui, arrivée subitement d'on ne sait où.

- Heu .. j'en serais ravi! Ah, au fait, je suis Tôru Kûdo, de la classe ... heu ...

Il jeta un rapide coup d'œil à sa carte.

- C .

- En deuxième année?

- Ben ... oui, c'est si étonnant que ça?

- Excuse-moi, dit-elle encore une fois mais je te voyais encore en première année. Mais dans ce cas, je suis ravie, car nous sommes dans la même classe! Je suis Satsuki Hasegawa, enchantée!

Tôru avait l'impression de vivre un rêve. Satsuki était le modèle même du rayon de soleil dans un paysage hivernal. Il allait lui demander la confirmation de la salle quand il fut littéralement projeté de l'autre côté du couloir par un troupeau de garçons impatients de parler à la pauvre Satsuki. Un peu sonné, il ne s'aperçut pas qu'il se tenait pile poil à côté du Président du Conseil. Sans compter le fait qu'il avait l'impression de tenir la chandelle, entre les hystériques d'Toriyama et les affolés de Satsuki. Un seul mot lui vint à l'esprit pour qualifier ce nouvel environnement.

- C'est un lycée de fou.

- A qui le dit-tu, s'éleva une voix juste à côté de lui.

Tôru crut tomber en morceaux quand il reconnut le timbre particulier de voix. Maudit soit ce jour qui l'avait lui-même maudit.

- Et encore, ce n'est que le début.

"Ce type m'en veut." Pensa-t-il aussitôt. S'il voulait le rassurer, c'était mal barré. Il lui donnait plutôt une bonne raison de filer d'ici en vitesse sans jamais se retourner. Mais avec bravoure, Tôru se risqua à lui poser une question.

- Vous voulez dire qu'il y a dix mille fois pire, ou que c'est comme ça toute la journée?

- C'est comme ça du matin au soir. Et ne te sens pas obligé de me vouvoyer ainsi.

- Ah, pardon ...

Encore une fois, les mots moururent subitement quand Tôru leva la tête et rencontra le regard de Toriyama. Qu'est-ce qui lui arrivait, à la fin? Il était rare qu'il se laisse intimider ainsi par un camarade de lycée. En y repensant, c'était la première fois qu'il voyait une telle douceur dans le regard qu'un garçon portait sur lui. Ca le mit mal à l'aise et il préféra détourner la tête, les joues soudainement brûlantes.

Pourtant, il ne put s'empêcher quelques secondes plus tard lui rejeter un regard. Il s'aperçut qu'il fixait étrangement Satsuki et "sa pseudo cour". Tôru se demanda s'il n'était pas amoureux de Satsuki et qu'il était fortement dérangé par la présence de ces garçons autour d'elle. Il se surprit en plus à le comprendre et à en être jaloux. Satsuki paraissait être celle dont tous les hommes rêvaient. Ce qui était plus cocasse, c'est qu'il avait l'impression qu'il pouvait débiter tout et n'importe quoi sur elle alors qu'il la connaissait à peine. Peut-être que lui aussi était tombé sous son charme.

Avec un petit soupir, il se gratta la nuque sans savoir trop quoi faire. Il sentit un léger courant d'air filtrer par delà le couloir et en frissonnant se frictionna rapidement les bras. Son voisin eut une réaction plus étrange. Sa main enserrait son torse bizarrement, dont le naturel ne masquait pas l'angoisse. Plus étrange encore, son voisin, que Tôru identifia aussitôt comme le fameux ami qu'il lui avait gentiment frictionné la tête une dizaine de minute plus tôt, eut l'air très soucieux et posa la main sur l'épaule d'Toriyama. Mais Toriyama se calma vite comme s'il avait voulu à tout prix reprendre contenance et gardait la tête penchée vers le sol, masquant son regard à Tôru par sa main libre. Son ami lui prit cependant le menton dans les mains et l'obligea à le regarder. Tôru sentit quelque chose remuer au fond de lui et ne comprit pas pourquoi.

- Ca a recommencé?

" Recommencé quoi?" se questionna Tôru, qui se surprit à être si curieux

Toriyama lui jeta un œil, et Tôru fut totalement désappointé. Il se demanda un instant ce qu'il lui reprochait quand Toriyama se redressa et partit en suivant le couloir où s'était arrêté tout le groupe, se dirigeant suivi de près par son ami vers ce que Tôru identifia plus tard comme les sanitaires. Il les suivit des yeux jusqu'à ce qu'ils disparaissent absorbés par le mur.

Il ne savait plus quoi faire. Il se serait bien dirigé vers sa salle si d'une il savait où elle était et si de deux Satsuki en avait fini avec ces gorilles. D'ailleurs, la pauvre malheureuse tentait une échappée par la droite et avec peine mais force et courage, réussit à se propulser à côté de Tôru.

- Que dirais-tu d'aller vers notre salle? Suggéra-t-elle d'une voix essoufflée.

- Très bonne idée!

Elle se dirigea vers le couloir par lequel elle était arrivé un peu avant, mais il mit un temps avant de la suivre. Il e sut pas très bien pourquoi mais il jeta tout de même un œil vers les sanitaires dans l'espoir de les voir ressortir avant d'aller en cours.

- Tu viens? S'éleva alors la voix de Satsuki.

- Oui, excuse-moi, j'arrive.

Il suivit la jeune fille souriante à travers le long couloir, puis ils tournèrent une fois à droite, se retrouvant dans un couloir qui contenait de grandes fenêtre sur un côté, donnant sur une cour carrée où discutaient encore pas mal d'élèves, et de l'autre, uniquement des portes, avec le nom de chaque classe sur une pancarte horizontale, qui s'exhibait du mur avec fierté.

Il repéra bientôt la "2-C", et y entra suivi de Satsuki. Il n'apprécia pas du tout le soudain épuisement du ton des conversations quand ils franchirent le seuil de la porte de la salle de classe. Certaines lui jetèrent des coups d'œil intéressés, d'autres firent semblant de ne pas l'avoir vu. Enfin, trois élèves, au fond de la salle, près des fenêtres, lui jetèrent un drôle de regard. Satsuki ne s'en aperçut pas et lui montra poliment un siège vide, dans le rang juste à côté du sien, à la même hauteur..

Un peu gêné, Tôru déposa timidement son sac sur le bureau et s'assit la chaise, quoique un peu raide alors qu'il voulait aborder une attitude qui se voulait détendue. La rumeur des conversations avaient repris, mais plus faible, et Tôru avait la certitude que leur centre de discussion avait changé. C'était bien la première fois qu'il espérait qu'un cours débute. Pour une fois, le ciel était avec lui, un professeur malingre, ramassé sur lui-même, que la vigueur de la jeunesse avait depuis longtemps quitté pour laisser place à la lente sagesse des personnes âgées, les yeux cachés par d'épaisses lunettes à la fine monture métallique, passa la porte, et déposant son cartable sur le bureau, se tourna vers les étudiants, qui étaient tous revenus à leur place. L'atmosphère avait soudain quelque chose de respectueux.

- Bonjour à tous! S'éleva sa voix aux accents essoufflés. J'espère que vous avez bien révisé votre leçon de la dernière fois, sinon je puis vous promettre que vous ne comprendrez pas grand chose aujourd'hui!

Un murmure bourdonnant lui répondit, et le professeur fit le tour de son bureau avant de s'y adosser. Il remonta ses lunettes qui glissaient de sur son nez d'un geste mécanique, et reprit:

- Bien, avant d'entrer dans le vif du sujet, on m'a informé qu'un nouvel élève devait arriver aujourd'hui dans notre classe, je lui demande donc de se lever et d'aller au tableau se présenter!

C'était le moment que redoutait Tôru. Parler de lui, devant tous ces yeux inquisiteurs, attentif à ce qu'il pourrait dire, le rire prêt à partir, souvent moqueur. La gorge nouée, il se leva de sa chaise et se dirigea d'un pas mal assuré vers le tableau. Faire face à une classe était une de ses définitions de l'horreur. Etre mis en avant, même juste un instant, était quelque chose qui lui donnait envie de partir en courant. Et se présenter ainsi, était la pire des tortures qu'on pouvait lui infliger: il ne savait jamais quoi dire sur lui, il avait toujours une peur, même stupide, d'être trop orgueilleux, lassant; il savait que quoiqu'il dirait, il serait ridicule, et dieu n'est pas le seul à savoir combien compte une première impression, aussi tolérant soient les gens devant lui qui le fixaient maintenant avec des yeux intéressés.

Il ferait court et rapide, pour pouvoir regagner au plus vite sa place d'élève, sagement derrière son bureau, sans rien dire, sans plus bouger.

- Hé bien .. bredouilla-t-il d'une voix mal assurée. Je m'appelle Kûdo, Tôru, je viens d'emménager à Tôkyô il y a quelques jours, avant j'habitais à Okinawa. Je suis enchanté de faire votre connaissance et j'espère me plaire dans ce lycée.

Le prof le regarda quelques fractions de secondes sans rien dire, semblant attendre que Tôru ajoute quelque chose, mais comme celui-ci restait désespérément muet, il haussa légèrement les épaules et fit un petit mouvement de la tête.

- Très bien, monsieur Kûdo, reprenez votre place, nous allons commencer le cours.

Tôru croisa le regard de Hasegawa en s'asseyant à son banc, elle lui fit un sourire rassurant. Il la remercia en la gratifiant à son tour d'un sourire, les mains encore tremblantes.

Il fit de son mieux pour suivre le cours, qui paraissait encore moins évident qu'il ne se l'était imaginé après la réflexion du professeur.

A la pause de dix heures, Tôru suivit Hasegawa qui alla rejoindre Toriyama, provoquant la jalousie de Tôru. Il aurait bien voulu discuter un peu seul avec la jeune fille, pour mieux la connaître. Il se sentait un peu à l'écart, surtout qu'ils discutaient d'un sujet qui ne l'intéressait que peu, pour la simple et bonne raison qu'il n'avait pas eu la curiosité de suivre le film diffusé hier sur TV Tôkyô. Pourtant, bien des dizaines de secondes plus tard, il se surprit à fixer imperceptiblement Hasegawa. Il détaillait avec une attention particulière sa coiffure, un peu étrange aux premiers abords: une coupe plutôt courte sur la nuque, avec des cheveux qui paraissaient indisciplinés répartis comme bon leur semblaient un peu plus haut, et en avançant vers sa mâchoire, puis sa joue, les mèches s'agrandissaient, si bien qu'elles lui entouraient le profil jusqu'au menton. Seule une raie au-dessus de son œil droit lui permettait encore de voir derrière le rideaux brun de ses cheveux. Tôru nota que ses cheveux étaient bien plus foncés aux pointes qu'à la racine, et se surprit à trouver que c'était plutôt "pas mal". Mais il se sentit un peu mal à l'aise lorsque, promenant son regard sur les yeux ambrés, couleur du miel, l'arête du nez fin, pour s'échouer sur ses lèvres fines, naissait en lui une étincelle qui faisait danser d'étranges papillons au creux de son corps. Il déglutit difficilement et se plongea à la vitesse de la lumière dans la contemplation du sol.

Puis-je dire que c'est ce premier jour que naquit mon désir pour toi?

Tôru fut soulagé d'entendre à nouveau la sonnerie et de se diriger en compagnie de Hasegawa vers sa classe pour les cours de la deuxième partie de la matinée. Il se plaisait plutôt bien en sa compagnie, même s'il était encore trop tôt pour affirmer qu'il adorerait y rester. Cependant, il ne comprit à nouveau pas l'étrange regret qui pinça légèrement son cœur. Il n'y prêta pas attention et se concentra sur les mathématiques qu'essayait désespérément d'enseigner une professeure replète à des étudiants que la matière reboutait systématiquement, tant par sa complexité que par le fait que l'utilité d'une telle matière leur échappait souvent. Certains s'y passionnaient pourtant, eux avaient bien compris que les mathématiques étaient partout, même si parfois, ils se moquaient de savoir ce que pourraient leur apporter les intégrales pour calculer leur budget. Aussi formidable soit-il de pouvoir calculer l'aire d'une courbe, Tôru ne comprenait pas pourquoi on l'obligeait à apprendre une formule aussi compliquée avec autant de dérivations.

A midi; comme il s'y attendait un peu, Hasegawa et lui mangèrent en compagnie de Toriyama, et d'un quatrième, qui ne se présenta pas, mais que Tôru identifia aussitôt comme l'un des camarades de Toriyama entraperçu ce matin.

L'après midi fut chargé et Tôru dut s'avouer qu'il avait hâte de voir la fin de la journée arriver. La sonnerie à 18 heures fut une douce délivrance, et ceux qui n'était pas de nettoyage rentraient chez eux le cœur léger, ravi de retrouver enfin leur foyer pour se consacrer à des activités hautement plus intéressantes que le japonais. Tôru apprit par Hasegawa que le mercredi soir était ouverte une salle d'étude. Elle l'y conduisit, Tôru souhaitant travailler une petite heure avant de rentrer chez lui.


A suivre dans la partie Deux.

Prochain Chapitre: Toi et Moi – Deuxième Partie


Bla-blatage sur le chapitre: Ce chapitre est écrit depuis bien longtemps. Pourtant, je ne l'ai pas fondamentalement réussit. Autant la plupart des passages détaillés de l'histoire, à venir, ont pris forme dans ma tête et se sont couchés sur le papier sans souci, autant celui-là, je l'ai écrit sans trop y réfléchir, et franchement, je crois que ça se sens. Mon style est encore un peu impersonnel, même dans les sentiments des personnages. J'ose espérer qu'il deviendra plus unique ... personnel, dans les chapitres à venir. J'espère que tout n’a pas été trop confus, ou incompréhensible. Grâce à Chiji, qui a eu un aperçu, j'ai modifié certains passages, mais ...

Concernant l'histoire elle-même, j'ai pris soin de montrer dès le début une réflexion du personnage de Tôru sur ce qu'il ressentait à propos d'Akira, et de Satsuki. Je voulais mettre en parallèle ce qu'il éprouvait pour chacun d'eux, et le pousser petit à petit vers la vérité. Pour l'instant, on n'en voit pas grand chose ... J'ose espérer que ce ne sera pas habituel dans les chapitres qui vont suivre ...

Merci à vous d'avoir lu mon chapitre. N'oubliez pas le petit bouton en bas à gauche avant de partir.

Reno Kurigawa.



© Copyright 2006 Reno Kurigawa (FictionPress ID:539923).


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