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Fiction » Romance » Wishing on a child dream font: B s : A A A . width: full 3/4 1/2
Author: Reno Kurigawa
Fiction Rated: K+ - French - Romance/Drama - Reviews: 53 - Published: 09-11-06 - Updated: 04-05-08 - id:2245186

BIEN LE BONJOUR BONSOIR!

Tout d’abord, MERCI à tous. D’avoir cliqué sur le premier chapitre, d’avoir lu les autres et jusqu’au dixième, d’avoir laissé des review, et d’avoir mis cette ... heu, fiction dans vos préférées. Ca me fait énormément plaisir, surtout quand je vois la piétritude dont je fais preuve en tant qu’auteure.

Bref, voici après des mois de silence le onzième chapitre de cette œuvre sans précédent (bah ... oui. En toute modestie. Vous avez déjà vu une fiction avec un délai de publication aussi lent ?). Ce chapitre ONZE est SPECIAL, c’est pourquoi je m’évertue à attirer votre attention dessus, s’il en reste un peu, ce qui constituerait un miracle de première catégorie, à moins que votre patience soit sans limite. Ce fameux chapitre Onze CLOTURE le PREMIER TOME de la saga des aventures des trois andouil ... heu, héros. Disons qu’il en amorce la clôture, car, après celui-ci, plus qu’un chapitre (si mes comptes sont exactement exacts).

Le deuxième tome est de la même trame que le premier – je veux dire qu’il est écrit sous forme d’un gros bloc word de plus de cent pages sans prédécoupage ou presque, et qu’en plus du tri ne ferait de mal ni au scénario, ni aux personnages, ni au réalisme, ni au délai de publication.

La seule chose que je peux vous assurer c’est que ça ne va pas en s’arrangeant :D et je ne parle pas que de l’ambiance :3

Voilà, j’espère ne vous avoir ni endormi, ni trépassé, et que vous n’avez pas sauté ces lignes qui pour une fois se trouvaient révélatrices d’informations utiles à l’histoire (pas forcément à sa compréhension), et je vous souhaite une bonne lecture :)

PS : désolée pour ce retard, j’ai repris une activité normale, et du coup il m’a fallu un peu d’organisation --.

Je voudrais juste signaler un grand merci à Mimo pour tout ses compliments sur ma fic’ qui ne les méritent pas et mon brouillon. Je ne détaille pas plus, le reste ne concerne que l’intéressée :)

Rajout : en épluchant les reviews pour le chapitre précédent, je suis dans l’incapacité totale de me souvenir si oui ou non j’ai répondu à toutes vos adorables reviews. Alors Mouf-mouf, LilyKaze, et Silmar, en désespoir de cause, je vous remercie à cet instant pour vos manifestations. Elles m’ont fait tout aussi plaisir :D et merci à vous de suivre.

Bisous à tous mes lecteurs.


Claimer : voir premier chapitre.

Résumé de l’épisode précédent, version vague souvenir de ce qu’il s’est passé : Akira a confié le plus douloureux de son passé à Tôru et ENFIN ils passent leur premier nuit en semble. Malheureusement, au grand dan des yaoistes, il ne se passe RIEN (qui a crût utile d’ajouter : « comme d’habitude » ?).


°° Wishing On A Child Dream °°


+ Chapitre Onze : Tout peut s’expliquer. +


Tôru n'eut pas le souvenir de s'être endormi. Quand il ouvrit les yeux, la chambre était baigné d'une vague lueur jaunâtre, que projetait un soleil naissant encore invisible sur l'horizon crénelé de toits des maisons alentours. Il remarqua tout d'abord qu'il était encore habillé, puis qu'il avait froid, et enfin, qu'Akira n'était plus à ses côtés. Il se redressa alors tout à fait, et avec inquiétude, le chercha des yeux dans la pièce. Sa première pensée fut qu'Akira était reparti chez lui, et il éprouva aussitôt de la peine qu'il ne l'eut pas prévenu. Il se demanda par la suite ce que faisait son frère, et pourquoi n'était-il pas venu hier soir pour rappeler l'heure à Akira, ou pour leur demander ce qu'il compter faire. Il s'arrêta net dans ses questions quand la porte de la chambre s'ouvrit. Il s'attendait à voir Yuki, sa surprise fut grande quand il vit Akira s'avancer dans la pièce.

Akira, lui, fut surpris de voir Tôru parfaitement réveillé, et debout à côté de son lit, à une heure aussi matinale durant un jour de congé. La surprise les condamna au silence, et Akira s'approcha doucement de Tôru. Avec un sourire de tendresse, il s'empara de ses lèvres et les embrassa longuement. Tôru passa ses bras autour de sa taille et le tint contre lui, envieux d'un câlin. Akira eut un sourire encore plus tendre, et entoura à son tour Tôru de ses bras.

- Bonjour, amour.

Tôru se mit à rire, comme soudain heureux.

- Bonjour à toi aussi, lui souffla-t-il.

Leurs lèvres allaient se caresser à nouveau quand un coup discret se fit entendre du côté de la porte, qui s'ouvrit aussitôt. Yuki risqua un pas dans sa chambre, croyant que Tôru était seul et probablement encore au lit.

- Pardonnez-moi, fit Yuki en détournant la tête un instant alors que son frère devint pivoine sous le couperet du flagrant délit de tendresse. Tôru, je voulais juste te dire qu'aujourd'hui, je ne serais pas là, je suis chez Ichiro pour mon bouquin. Je reviendrai demain.

Tôru parut contrarié, Akira n'allait pas tarder à savoir pourquoi.

- Tu ... Tu es vraiment sûr que tu peux sortir? Tu ne risques vraiment rien?

- Tôru ... Le soleil n'est pas encore levé, si je me dépêche, je n'ai pas de problème. De toutes façons, il m’attend avec sa voiture, et ce n’est pas comme si il habitait à l’autre bout de la ville. N’aies crainte, je ne m’exposerai pas sciemment.

Sa réponse ne parut pas satisfaire Tôru, et plongea Akira dans la plus perplexe des interrogations.

- Ne t'en fais pas. Tout ira bien.

Tôru se mit à acquiescer de la tête, pourtant peu convaincu. Yuki disparut de la chambre avec un "bonne journée" aussi trépidant que s'il allait subir une journée entière de japonais et Tôru alla s'écrouler sans ménagement sur son lit. Il poussa un long soupir, signe que quelque chose n'allait vraiment pas, comme s’il avait soudainement occulté toute présence autour de lui. Akira alla s'asseoir près doucement près de lui, et lui jeta un œil.

Il lui passa doucement la main dans les cheveux et le sentit sursauter légèrement. Il éleva la voix:

- Qu'est-ce qui ne va pas, Tôru ?

Tôru frissonna, mais cantonna sa bouche dans l’oreiller. Ce n’est pas tellement qu’il n’avait pas envie de se confier, c’était surtout l’idée de se plaindre et d’étaler sa vie au grand jour qui le retenait. Surtout qu’en plus, elle incluait une partie de celle d’un autre qui ne serait pas forcément d’accord pour la dévoiler, bien qu’il en eut déjà entreprit la tâche.

En y repensant, Yuki n’avait pas parut se formaliser que Tôru fasse allusion à son problème devant Akira. Et pourtant, Yuki ne connaissait pas personnellement son ami.

Il réalisa soudain qu’il avait laissé Akira sans réponse depuis quelques longues secondes, et songea soudain à ce que ce dernier lui avait dit hier. Pourrait-il, ne serait-ce que par égard pour lui, lui confier une partie de sa vie et de son passé ? Il n’avait jamais exprimé le souhait de se soulager sur un sujet épineux et, quoiqu’il en dise à Yuki, encore sensible dans son esprit. Non pas qu’il ne soit pas remis du drame, mais il avait été profondément choqué lors de l’apprentissage de la nouvelle et qu’importe ce qu’il eut fait à cet instant, il avait été bouleversé sur une très longue période qui faillit pousser son frère à le faire aider par un professionnel.

Une main caressa à nouveau ses cheveux et s’attarda sur sa nuque, provoquant d’étranges frissons du haut de sa colonne vertébrale jusqu’au bout de ses pieds. La sensation bienfaisante qu’il en tira fut comme la pièce finale qu’il manquait à sa conviction pour se décider. De toutes façons, Akira était loin d’être stupide et avait déjà probablement deviné la gravité de ses soucis. Et aussi dérangeant que cela puise paraître, il sentait parfaitement que ce dernier ne répèterait pas ce qui lui confierait comme la plus précieuse chose à ses yeux. Il ne le connaissait pas depuis longtemps, mais ces presque deux années passées en sa compagnie, aussi longues et à la fois inexplicablement très courtes, confortés par ses aveux d’hier lui amenait une confiance en lui jamais éprouvé auparavant envers qui que ce soit – pas même parfois son frère.

Lentement, il se releva de sa couche comme si ses deux bras se trouvaient privés d’énergie pour le supporter et vint se réfugier contre Akira, déjà prêt à l’accueillir contre lui avant même que Tôru en eut l’idée lui-même. Il s’assit à ses côtés sur le bord du lit, une de ses jambes passée entre celle d’Akira pour pouvoir se lover au maximum dans son étreinte, plus rassurante que d’habitude. Akira le coupait ainsi d’un monde qu’il jugeait trop acéré pour lui, et il put enfin se confier à son aise, avec l’ingénue illusion de maîtrise de ses émotions, croyant passer assez au dessus de ces évènements tragiques pour ne plus en ressentir qu’une vague tristesse.

Akira attendait sagement, même s’il se devait de se reconnaître impatient face aux explications quémandées à Tôru. Il savait très bien que ce n’était pas facile de son confier sur des sujets graves. Mais il tenait vraiment à ce que Tôru lui fasse confiance et il tenait encore plus à tout savoir sur son passé et en être le seul partageur, unique et privilégié.

- Tu te souviens quand tu m’as demandé si on avait des origines occidentales ?

Akira cligna des yeux, surpris par la voix de Tôru qui résonna étrangement à ses oreilles, le silence brisé. Il acquiesça d’un signe de tête, ayant peur qu’en parlant à son tour, ce ne soit son élan qui soit brisé.

- Ben ... en fait, je t’ai pas vraiment dit toute la vérité, c’est parce que ... Si mo frère a la peau aussi pâle, les cheveux presque blonds, et les yeux clairs, c’est parce qu’il ... est atteint d’une maladie grave, qu’il a hérité de ma ... de ma mère. Tous deux étaient, enfin sont, enfin lui, quoi, immuno-défisicent. Il faurt sans cesse qu’il fasse attention à ce qu’il touche, à ce qu’il fait ... Même quand il serre la main d’une personne il ya toujours un risque, ce qui n’a pas aidé à ses relations avec les autres.

- Je comprends mieux d’où vient sa méfiance, s’exclama soudain Akira sans avoir pu s’en empêcher.

Mais Torû eut un sourire.

- Ca explique pourquoi il t’a à peine dit bonjour quand il t’a vu la première fois, répliqua-t-il sur un ton amusé. Ceci dit, les personnes atteintes arrivent très bien à vivre avec, même si leur vie est plus compliquée. Mais il y a autre chose cnroe qui découle de ça, et par contre je ne sais pas à quoi c’est dû. Un peu comme du jour au lendemain, Yuki s’est mis à développer une ... allergie au soleil, causé par une dépigmentation importante de sa peau, ou quelque chose dans ce genre. Il n’a jamais été très clair mais ce qu’on peut en retenir, c’est qu’une exposition prolongée au soleil peut lui être fatale à long terme, genre cancer de la peau, ou ...

Akira eut les oreilles qui bourdonnèrent soudain. Tôru ne semblait soudain plus pouvoir s’arrêter dans son débit, et pourtant, Akira aurait bien voulu faire une pause, ou mettre le temps sur « arrêt ». Rien que le mot cancer » lui remua dangereusement les viscères, pour former probablement un nœud de chaise conjecturé à des nœuds doubles, de huit, et autres nœuds marins. Il savait très bien ce qu’impliquait ce mot, il l’avait assez appris en cours, mais ça faisait drôle de l’entendre de la bouche d’une personne qui lui était proche.Il prévoyait déjà sans s’en rendre encore compte les conséquences de la déclaration éventuelle d’une telle maladie, et il aurait bien voulut que Tôru ne confirme pas son malaise.

- Bref, j’ai vraiment ... terriblement peur qu’il en vienne à ... à en décéder.

Akira eut un tournis furtif. Tôru s’était interrompu pour maîtriser son émotion, et lui comprenait maintenant la valeur du frère de Yuki dans la vie de Tôru. Jamais, depuis qu’il était arrivé ici, il ne lui était arrivé de croiser son père ou sa mère. Tôru n’en avait jamais fait mention. Cela sonnait comme un secret de famille qu’il ne fallait révéler sous aucun prétexte, et Akira se souvint soudainement qu’il en avait eu un avant-goût juste quelques mots avant.

« Tous deux étaient ... »

Akira prit peur de ce que cela pourrait impliquer.

- Je tiens trop à lui pour pouvoir être capable d’assumer à nouveau une telle chose.

Akira eut envie de hurler à Tôru d’arrêter. Mais au regard de son impatience, son envie de posséder entièrement Tôru et son passé, et ne serait-ce que pour le soutenir, il se retint et s’arma de courage.

Tôru soupira au creux de son cou, incluant une courte pause dans le récit de sa vie, probablement pour établir un peu de rangement dans sa chronologie.

A cause de son immuno-déficience, mettre un enfant au monde était risqué pour ma mère, ne serait-ce que pour elle, et puis son enfant, avec le risque que la maladie ne se transmette. Elle a sacrifié beaucoup de choses pour nous mettre au monde, et j’avais une affection et une reconnaissante énorme pour elle. Ma naissance l’avait fragilisé, mais elle semblait s’en remettre ... Et puis quand j'avais sept ans ... Quand je suis rentré à la maison, je ne m'attendais pas du tout à .. à ça ... Je pensais pas que ça pouvait être possible ... Ma mère était là, assise sur le canapé .. Mais en fait elle bougeait plus, elle était morte ...

Akira baissa la tête lorsque la voix de Tôru commença à défaillir et il s’aperçut que des larmes traînaient sur ses joues.

- Ca m’a fait horriblement mal, j’ai cru que je ne m’en remettrai jamais ... Je ne pouvais pas l’accepter, j’avais encore besoin d’elle ...

Akira l’obligea à s’arrêter avant que ses confessions de le blessent trop, le cœur battant, horrifié. Il enserra soudainement Tôru contre lui pour camoufler sa tristesse et celui-ci la déversa contre lui.

Tôru se rendit compte que sa mère lui manquait encore cruellement, et qu’encore aujourd’hui, il avait l’impression de l’avoir tué. Il pensait s’en être débarrassé en reportant plus ou moins inconsciemment sur son frère toute cette admiration qu’il déversait désormais sur un souvenir. Mais comme un chat à l’affût, la culpabilité avait attendu tapie au fond de lui pour lui bondir dessus au moment où il se croirait le plus fort. Confiance déjà ébranlée par la peur chronique qu’il ressentait à imaginer son frère disparaître.

Quant à son père, troublé plus encore par la disparition de sa femme, se mit à être encore plus absent pour ses deux fils, qui lui rappelaient douloureusement la femme qu’il avait aimé et qui avait pris sur sa santé pour pouvoir mettre au monde et élever ses enfants. Dès qu’il avait pu se prendre en charge seul, Yuki avait soustrait Tôru à une maison vide et le gardait près de lui. Tôru ne savait pas très bien comment ni depuis quand il se payait cet appartement. A chaque fois qu’il avait osé aborder le sujet avec Yuki, celui se fermait automatiquement, et si jamais il osait caresser du bout des doigts le sujet paternel, Yuki se mettait en colère. Il n’avait plus jamais insisté et s’était contenté d’être le moins parasitaire pour lui, quitte à sacrifier sa propre vie. Après tout, lui avait eut la chance d’être en bonne santé, autant en faire profiter la seule famille qu’il lui restait désormais et qui était le plus cher à ses yeux.

Malgré sa peine, il se sentit délesté, comme si le fait de mettre des mots sur ce qu’il lui faisait mal et partager son passé avec quelqu’un qu’il estimait énormément avait eu des vertus guérisseuses. Il n’avait pas versé de lourds sanglots, et ils n’avaient pas durés longtemps, mais Tôru s’en était sentit soulagé, quoiqu’un peu honteux de s’être laissé allé. Akira le réconfort doucement, ce qui acheva très vite de le calmer.

- Et ton père ? dit Akira doucement après un instant de silence. Tu n’en a pas fait mention ...

- Il ... nous a abandonné après la mort de ma mère. Il était effondré et s’est réfugié dans son travail pour ne pas céder à la folie ... D’autres auraient soutenus leurs enfants, d’autres auraient sombrés dans une dépendance quelconque ... Je ne sais pas si je dois m’en plaindre ou m’en sentir heureux.

Akira eut l’impression que les nœuds dans son ventre se resserrèrent brutalement, comme si une main invisible testait leur solidité. L’amertume de la voix de Tôru et le détachement fortement visible sur son visage le blessait. Il se traita d’imbécile pour sa grande preuve de finesse. Cependant, Tôru ne semblait pas lui en tenir rigueur puisqu’il se lova soudain encore plus dans son étreinte, fermant les yeux contre son cou.

Attendri, Akira lui caressa la joue du bout des ongles. Il lui accola un baiser sur la tempe et le regarda un instant sans mot dire. Tôru semblait vraiment se rendormir. Pas étonnant, pensa enfin Akira, ils s’étaient couchés plutôt tard, et le réveil avait été matinal. La fatigue s’abattit soudain sur ses épaules comme un fait exprès, et puisqu’ils avaient quelques heures devant eux, il bascula sur le lit, entraînant un Tôru brusquement réveillé sous le choc. Ils se lovèrent rapidement sous la couette en se chamaillant et s’endormirent enlacés, soudainement très loin de toutes les révélations passées.

Ils passèrent une agréable journée ensemble et Akira réussit à détourner Tôru de ses angoisses pour son frère. Seuls, isolés dans un monde qui n’appartenaient qu’à eux, ils se laissèrent aller dans des caresses plus poussées et des baisers plus sensuels que d’accoutumée ; et malgré sa peur incontrôlable vis-à-vis de l’acte physique de l’amour, Tôru crut bien qu’il aurait pu continuer si la sonnette ne les avait soudainement pas dérangés. Fébrile, remettant un semblant de propreté dans ses vêtements, il se dirigea vers la porte, espérant de tout son cœur que ce ne soit pas une mauvaise nouvelle concernant son frère. Ce fut aussi avec une certaine stupeur qu’il croisa deux prunelles furibardes coincées dans un visage neutre, guère plus haut que le sien, et qu’il avait déjà eu le loisir de voir.

Tôru crut aussitôt qu’Usada était venue pour lui, à cause du fait qu'il aime Akira. Il crut que celle-ci voulait lui en faire voir de toutes les couleurs, mais en réalité, elle avait l'air de chercher quelqu'un. Elle se tourna vers Tôru et l'agressa d'emblée.

- Où est l'imbécile qui te sert de frère ? Y'a quelque chose que son amie d'enfance aimerait lui dire.

Si Tôru avait pu paraître en colère à sa question qui voulu lui faire poser immédiatement une autre ( "qui êtes-vous pour traiter mon frère d'imbécile?"), la réponse immédiate d'Usada à sa question muette le laissa un tantinet interrogatif. Son amie d’enfance ? Yuki avait eu une amie ?

Ils s'étaient avancés dans le salon et Akira revenait avec trois verres remplis d'eau. Il en disposa un devant Tôru sur la table, il en donna un à sa sœur, et enfin s'assit sur le canapé près de Tôru, le sien à la main.

- Akira ... Tu es chez moi, je te rappelle c'était à moi de le faire ... fit-il, un peu gêné d'avoir laissé Akira faire le service chez lui devant une invitée.

- Oh, c'est pas comme si ça me dérangeait. Bien au contraire, fit-il avec un sourire.

Tôru regarda visiblement ailleurs, essayant d'ignorer les papillons danseurs qui s'était mis à gigoter en lui à ce sourire qu'ils l'auraient fait inévitablement bondir – à nouveau, ajouta une petite voix- sur son copain pour l'embrasser, jusqu'à ce qu'ils disparaissent.

- Excuse-moi d'avoir été si brusque, fit alors Usada. J'étais un peu en colère.

Tôru se retint de rire, amusé autant par l'euphémisme des mots qu'elle avait employé, que par la tête indifférente qu'elle affichait, neutre de sentiment et invariable, dont on peinait à croire qu'elle ait pu un jour exprimer autre chose qu'un désintérêt total.

- J'ai connu ton frère au collège et nous avons été ensuite dans le même lycée. J'ai été très contrarié de ne pas avoir eu de ses nouvelles depuis nos diplômes. C'est pour ça que lorsque j'ai eu un peu de temps et que j’ai retrouvé sa trace j'ai bondi chez lui ... enfin, chez vous.

- C'est pas grave, lui assura Tôru.

Puis plus curieux, il continua:

- Mon frère ne m'a jamais parlé de vous, même au collège. Je suis même curieux qu'il ait eu une amie.

- Ah ça, c'est que son mauvais caractère les faisaient tous et toutes fuir. C'était le type le plus associable que j'ai pu rencontrer.

-Il faut dire aussi que dans ce domaine, t'étais championne, lui fit agréablement remarquer son petit frère.

Le regard qu'elle jeta à Akira lui fit aussitôt regarder innocemment ailleurs.

- Mouais, fit-elle avec une moue. C'est peut-être pour ça qu'on s'est si bien entendu. Je me rappelle que la première fois que je lui ai adressé la parole c'était pour le trouver gonflé de s'asseoir là où y'avait mes affaires. Cette andouille ne les avait même pas vu.

Tôru et Akira eurent un sourire.

- Mais on est réellement devenu un ami quand il a eu un souci dans sa famille ... Un décès je crois.

Tôru se renfrogna aussitôt et regarda le sol d'un air peiné. Il se rappelait parfaitement de quel décès elle parlait, lui.

- C'était le décès de notre mère, expliqua vaguement Tôru.

L'ambiance se fit de plombs. Tombée malade après la naissance de Tôru, elle avait pourtant vécue sept ans sans encombre. Lorsqu'elle est morte d'épuisement cérébral, Tôru n'avait que sept ans, Yuki 14.

- Oh, pardon, s'excusa-t-elle, je ne voulais pas te rappeler de mauvais souvenirs. Excuse-moi.

Tôru fut ramené sur terre et leva vers elle un sourire poli.

- Ce n'est pas grave, vous ne pouviez pas savoir.

- D'accord. Et arrêtes de me vouvoyer, j'ai pas cinquante ans tout de même !

Akira allait sortir une bêtise que le l'œil tueur d'Usada fit taire aussitôt, arrachant un rire à Tôru. Un bruit du côté de la porte se fit alors entendre, des clés tournèrent dans la serrure en un cliquetis métallique. Aussitôt tous trois se levèrent et se dirigèrent vers l'entrée.

La première chose que Yuki vit en avançant dans la pièce de salon de son appartement était le regard empli de meurtre de son ancienne amie de collège et de lycée.

- Usada ... souffla-t-il à voix basse.

- Ravie que tu te souviennes de moi ! Attaqua-t-elle aussitôt. Pourquoi tu ne m'envoyais pas de nouvelles ?

Yuki détourna la tête, embarrassé. La colère commençait à se former au fond de lui.

- Pourquoi je n'ai jamais su ce que tu étais devenu après le lycée ?

- Laisse moi rentrer chez moi, gronda-t-il.

Usada ne bougea pas d'un millimètre. Il força l'entrée et tomba nez à nez avec Tôru et Akira. La peur commença à se mélanger à sa colère.

- Yuki, réponds-moi! Gronda-t-elle encore plus fortement.

Quelqu'un referma la porte. Le regard de Yuki était impénétrable.

- Qu'est-ce qu'il s'est passé de si important pour que j'en sois tenue à l’écart ? Insista-t-elle.

L'écrivain lui balança un regard qui pouvait clairement dire que c'était pas ses oignons. Mais en fait, il ne voulait surtout pas l'avouer avant son petit frère, qui le regardait maintenant avec des yeux étonnés, une expression grave durcissait ses traits. Il ne l'avouerait devant lui pour rien au monde. Il ne voulait pas que son petit frère, si innocent soit-il, apprenne que son grand frère dont il était admiratif avait été sali par des garçons qu'il ne connaissait même pas, durant sa dernière année de lycée.

- Ce n'est pas entièrement sa faute, soupira une voix derrière lui.

Usada sursauta et dévisagea le nouvel arrivant.

- Ichiro ? Tu peux me dire ce que tu fiches ici ? décréta Usada d’une voix tremblante de colère.

Il leva des yeux gênés. Après avoir respiré un grand coup, il la regarda droit dans les yeux.

- J'ai ramené mon copain chez lui.

Aussitôt, Yuki eut un drôle de regard, un regard bien fuyant, qu'Akira reconnut tout de suite. C'était le même qu'il avait affiché sur la photo que sa sœur lui avait montré lorsqu'elle lui avait révélé qu'elle connaissait Yuki. Le fait que Ichiro l'appelle "son copain" devant une assemblée de quatre personne suffisait à le rendre timide ?

Usada regardait Ichiro, avec l'air de quelqu'un qui vient de comprendre que c'était une mauvaise blague mais qu'il trouvait pas drôle du tout, et qu'il considérait la personne responsable comme quelqu'un de navrant.

- Et depuis quand vous sortez –ensemble ?

- Depuis le lycée je crois bien, fit Ichiro avec un doute dans le ton, se tournant vers Yuki qui avait décidé que la contemplation du sol était décidément bien plus intéressante.

Tôru était déstabilisé de voir son frère aussi timide et muet, lui qui d'habitude domine les gens de sa froideur et de sa claire indifférence sur ce qu'il pourrait se passer dans le monde. Il voyait enfin son frère exprimer ses sentiments, et ça lui faisait tout bizarre.

Quelque chose vola dans la pièce en direction de Ichiro qui se pencha adroitement pour l'éviter.

- Et ça t'aurait coupé les bras que de me le dire ?

- Ben, maintenant c'est fait, fit-il avec le sourire d'un gamin pris en faute mais qui tentait de se faire pardonner.

Usada le considéra un bref instant. Elle leva les yeux au plafond et reprit.

- Bref, ce n'était pas pour ça que je suis venue. Yuki, j'aimerai sérieusement te parler. De ta dernière année de lycée.

Akira attrapa Tôru par la manche.

- On va les laisser seuls, je crois ...

- Non! Fit Usada qui les sentit partir. Vous restez ici.

Yuki la fixa d'un air apeuré.

- Yuki, je crois qu'autant que moi, Tôru a le droit de savoir ce qui t'es arrivé.

- Non!! S'écria-t-il plus rapidement qu'il ne le voulu.

Usada le défia du regard. Autant Akira nageait complètement dans le sable, autant Tôru avait vaguement compris de quoi voulait parler Usada.

- Alors? Je crois que tu m’as laissée assez dans le flou pour au moins trois vies ! Tu ne veux pas raconter d'où te viens cette allergie au soleil?

- Arrêtes, fit-il d'un ton menaçant.

Quelque chose revint en mémoire à Akira. Il se rappela subitement qu'Usada lui avait fait part de l'allergie de Yuki, bien avant la confession de Tôru. Mais une main qui accrocha la sienne le coupa dans ses pensées et il se reconcentra sur la discussion. On aurait dit que Yuki était prêt à craquer, mais il ne versa pas une seule larme. Il ouvrit la bouche dans l'espoir de lui faire changer d'avis, quand Ichiro prit les devants.

- Des gars du lycée ont abusé de lui.

Le ton soudain grave de la voix habituellement enjoué de Ichiro plomba encore plus l'ambiance que la révélation elle-même. Toute l'expression de Tôru s'était tordue d'horreur, Akira resserra convulsivement sa main autour de celle de Tôru, et Usada, elle, ne semblait pas croire ses oreilles, et fixait un point au-delà de la dimension dans laquelle il se trouvait.

Yuki, lui, était blême. Il savait qu'elle devrait l'apprendre un jour, mais il aurait aimé que cela ne se fasse pas de cette façon. Et encore moins devant son frère. Il avait honte, tellement qu'il voulait rentrer six pieds sous terre et qu'on lui fiche la paix. La tête commença à lui tourner devant des bribes d'images qui défilèrent devant ses yeux. Ichiro l'attrapa par la taille, le maintenant contre un torse chaud auquel il s'agrippa de toutes ses forces. Il avait déjà dû surmonter son traumatisme une fois. Pourquoi lui infligeait-on la cruelle épreuve de le faire une deuxième fois?

Plusieurs fois, Usada ouvrit la bouche pour prendre la parole, mais aucun son n'en sortit. Son expression était partagée entre la colère, et la tristesse.

- Mais ... quel est le rapport avec son allergie au soleil, hein?

Elle sembla soudainement comprendre, tandis que les paroles du médecin lui revenaient en tête.

il ne guérira vraiment un jour que s'il renonce définitivement à l'idée d'en finir avec la vie.

Il s'est mis à haïr la lumière parce que pour, lui, elle signifiait la vie, la gaieté, et que lui ne voulait que mourir.

Usada observa un instant de recueillement. Akira et Tôru osaient à peine respirer devant la solennité soudaine de l’instant. Tôru, en plus, essayait de digérer d’un coup le puzzle qui continuait de se mettre en place dans ses souvenirs, à la lumière des explications fournies. Il ne savait plus désormais s’il se sentait triste ou soulagé.

- Je suis vraiment désolée de ce qui t'es arrivé, Yuki. J'aurais sincèrement voulu t'aider.

Le cœur de Yuki fit un petit bond dans sa poitrine, et soudain, il sentit comme un poids s'en ôter. Ichiro lui caressa tendrement le dos. Usada se dirigea alors vers lui et saisit son bras. Yuki voulu la retirer dans un réflexe de protection, mais se força aussitôt à ne pas bouger. Elle souleva la manche du pull de Yuki. Elle trouva une fine cicatrice et passa son doigt dessus.

- Maintenant, je comprends mieux la raison de sa présence, fit-elle en lui mettant son poignet sous le nez.

Yuki regarda aussitôt Tôru qui semblait fixer sa main avec un frisson de peur. Mais sitôt qu'il leva les yeux vers lui, Yuki l'évita de gêne, et d'embarras. Il n'était pas fier de ce qu'il lui était arrivé, il n'était pas fier de ce qu'il avait fait pour tout terminer. Et il en était d'autant plus honteux que son petit frère, qui avait su montrer beaucoup de courage dans son enfance, l'apprenait devant lui. Il avait honte de lui montrer qu'il n'avait eu aucune vergogne à lui imposer une nouvelle mort.

- Jure moi que tu ne fera plus jamais une chose pareille, dit soudainement Usada.

Yuki semblait avoir la voix bloquée quelque part. Il ne savait pas ... Il se demandait s'il en serait capable, si la vie ne lui jouerait pas encore de mauvais tour ... Quelqu'un serra son autre main, dans une prise chaude et rassurante. Ce simple témoignage d'amour lui insuffla dans son esprit qu’il était entouré, porté, protégé, et qu’il n’avait rien à craindre tant qu’il continuerait à leur faire confiance, à eux qui constituaient, finalement, sa véritable famille, son petit frère n occupant la plus grande place.

Alors il agita faiblement sa tête de haut en bas.

- "Oui" quoi ? Fit-elle avec une pointe d'agacement.

Yuki inspira et la fixa dans les yeux, déterminé.

- Je jure de ne plus jamais recommencer.

Usada osa un faible sourire.

- Ce n'était pas vraiment moi qu'il fallait convaincre.

Les têtes se tournèrent vers Tôru, qui avait les yeux brillants, peiné, blessé, horrifié par tout ce qu'il venait d'apprendre. Yuki se dégagea alors doucement de la prise d'Usada et se dirigea vers son petit frère. Akira mourrait d'envie de consoler Tôru, mais aussi étrange que cela puisse paraître il sentit que ce n'était pas à lui de le faire. Yuki s'accroupit devant Tôru et se saisit doucement de ses mains et les serra dans les siennes. Il le regarda droit dans les yeux, sans ciller.

- Excuse-moi. Pardon de t'avoir caché tout ça. Je n'arrivais pas à en parler. Je pensais même l'avoir oublié. Je ne voulais surtout pas te faire plus de peine que tu n'en éprouvais déjà depuis la mort de maman, et j'ai fini par enterrer tout ça au fond de ma mémoire. Je ne voulais pas te le cacher.

Yuki marqua un temps de silence. Tôru l'écoutait on ne peut plus attentivement, les mains tremblantes. Yuki sentait sa nervosité, et à vrai dire, lui aussi était un peu nerveux. Usada était hébété de part la facilité qu'avait eu Yuki à se confier à son frère, alors qu'il semblait être auparavant la plus craintif des souris.

- Je te jure ... reprit, Yuki, que quoi qu'il arrive, je ne cherchais pas à me séparer de toi, même involontairement.

Tôru fondit en larme contre son frère et le serra fortement contre lui.

Lundi était férié. Akira ouvrit un œil et se redressa sur son séant avec la vigueur du plus fénéant des paresseux, sans reconnaître tout de suite où il était. Il sentait bien par contre que le matelas était affaissé sur sa droite. Il jeta un œil et vit Tôru profondément endormi, un léger sillon de larme encore visible sur sa joue. Akira repensa aussitôt à hier.

- Drôle de journée, pensa-t-il en se grattant vaguement l'arrière du crâne.

Il regarda un instant dans le vide, laissant ses pensées s'égarer un peu partout, puis, un peu plus réveillé, se tourna vers son amant. Il le regarda vaguement dormir, encore distrait par les bribes des conversations d'hier, et puis alla doucement écarter les cheveux de sur le front de Tôru. Celui-ci remua, mais ne se réveilla pas.

Les deux frères avaient fini par se séparer. Yuki avait alors ébouriffé gentiment les cheveux de son frère. Tôru avait soufflé avec la plus grande reconnaissance :

- Merci de faire attention à moi.

Yuki avait sourit. Un vrai, qui étonna tout le monde, mais qui détendit beaucoup plus efficacement l'atmosphère que la meilleure des blagues. Yuki avait ensuite pris Tôru par les épaules et ramené à sa chambre. Akira les avait suivit timidement. Yuki sortit bientôt, et lui laissa le soin de le réconforter.

- Merci de prendre aussi bien soin de lui, avait dit Yuki en regardant Akira droit dans les yeux.

Il lui avait fait un sourire, sous-entendant que ce n'était rien et qu'il était ravi de le faire. Yuki lui avait répondu un sourire hésitant, mais un sourire quand même, et s'était dirigé vers le salon, là où l'attendaient ses amis.

Tôru bougea à nouveau et sortit Akira de ses souvenirs. Il finit par s'éveiller, ouvrant un œil. La luminosité ambiante ne lui convenait et il enfouit à nouveau sa tête dans l'oreiller avec un grognement de mécontentement. Cela fit sourire Akira, qui entreprit aussitôt de lui caresser la nuque. Tôru se laissa faire, un sentiment de bien-être l'envahissant soudainement. Akira finit par s'allonger à côté de lui, sans cesser de caresser son dos. Tôru tourna alors la tête vers lui, et lui sourit tendrement. Akira l'embrassa doucement.

- Ca va? S'enquit-il.

Tôru sembla réfléchir un instant, puis fit un simple oui de la tête. Il alla chercher la main qu'Akira avait simplement posée devant lui, et l'enserra dans la sienne. Manifestement, les évènements de la veille venaient de lui revenir en mémoire. Il lui caressa tendrement l'intérieur de sa main, comme pour l'inciter à dire ce qui lui torturait l'esprit. Il alla même frôler doucement son visage, rejetant en arrière les mèches qui lui tombaient devant les yeux, et Tôru se laissa aller, ressentant un petit bien-être non négligeable.

- C'est ton frère qui te soucies encore? Demanda Akira doucement, à voix basse comme s'il craignait que quelqu'un ne les entende.

Tôru acquiesça silencieusement, puis éleva la voix, à peine plus forte qu’Akira :

- Ca m'a fait bizarre qu'il se confie soudainement à moi. Et puis ... tout ce que j'ai appris ... Ce ... ça paraît un peu irréel, imaginer même un peu, mon frère, dans une telle situation .. Ca m'est encore inconcevable, et d'autant plus triste encore ... fit-il avec une voix de plus en plus hésitante au fur et à mesure qu'il parlait.

Tôru se mit à fixer le plafond. Il poussa un soupir qu'il essaya de contenir, et laissa flotter un petit silence.

- Je ne pensais pas qu'il faisait aussi attention à moi, reprit-il. Moi qui lui montre chaque jour que sa vie est misérable et courte.

Akira fronça les sourcils.

- J'aurais plutôt pensé qu'il m'aurait dédaigné pour avoir une longue vie qui m'attendait, avec un corps sain. Je n'aurais jamais pu imaginer qu'il ne voulait pas me brusquer, ni qu'il m'aimait autant que moi je pouvais l'aimer. J’ai encore plus peur qu’il meurt, maintenant.

Akira resta silencieux et laissa à Tôru le libre droit de continuer ou non. Après un nouvel instant de silence, Tôru éleva à nouveau la voix.

- Pourtant, je sais très bien qu'il va falloir que je m'y fasse plus tôt que je ne le crois.

Akira attrapa sa taille et le serra fort contre lui. L'odeur de son amour, sa chaleur réconfortante, sa force rassurante, Tôru se sentit soudainement mieux dans l'étreinte d'Akira. Il sembla retrouver de sa volonté et de sa force pour affronter un avenir qui s'annonçait des plus difficiles.

- Je serais là, lui murmura Akira. Je ne te laisserai pas tomber. On l'affrontera ensemble, ce futur.

Tôru le serra plus fort contre lui, ne sachant comment le remercier de son attention, de sa présence, et de tout ces petits gestes tendres qu'il avait envers lui, le réconfort qu'il lui apportait quand il n'allait pas. Tout ce dont il avait cruellement manqué à la mort de sa mère, qu'il avait du supporter en silence et seul. A l'époque, Yuki et lui n'étaient pas très proches et se parlaient peu. Leur père ne les voyaient que rarement, pris dans les engrenages d'une très haute société. Il continua de payer l'appartement afin que ses deux fils continuent d'y vivre, mais peu à peu, ce fut comme si lui aussi était mort. Lui qui les voyait peu, il se mit à ne plus les voir du tout et bientôt ne téléphona même plus. La dernière fois qu'il les contacta, ce fut pour expliquer la peine qu'il avait ressentit à la mort de son épouse, et combien il lui était douloureux de revoir ses fils qui lui ressemblaient tant. Yuki ne le lui pardonna pas de fuir plutôt que d'essayer d'aller de l'avant. Lorsque Yuki put se prendre en charge seul, il s'en alla très vite, emmenant son petit frère avec lui, voulant se libérer de cet homme qu'il ne reconnut désormais plus comme son père et qui n’avait de relations avec eux que la pension qui leur versait comme pour se faire pardonner. Si au début Yuki en avait eu besoin pour s’établir seul, il mettait maintenant un point d’honneur à régler ce qu’il considérait comme une dette envers un homme qu’il ne reconnaissait plus et dont il ne voulait plus entendre parler. C'est ainsi que Tôru avait atterrit dans le lycée d'Akira et Satsuki.

Akira ouvrit des yeux étonnés quand Tôru le lui débita d'une traite. Il s'était contenté de couver Tôru du regard, mangeant son visage des yeux, et puis après un silence, Tôru s'était mis à devenir bavard, comme s'il se sentait le besoin urgent de se soulager, de finir d’évacuer sa peine. Il rougit même lorsque Tôru lui avoua qu'il ne savait pas comment le remercier. En fait, on eut dit que Tôru lui-même ne s'apercevait pas qu'il parlait.

- Mais je n'aurais pas pu prévoir que mon frère aurait eu si mal qu'il en essaierait de suicider, continua-t-il. Je ne pensais pas que la mort de notre mère l'avait affecté autant. C'est sûr que son ... enfin ...

Tôru n'arrivait pas encore à cracher le mot qui convenait, comme s'il n'acceptait pas encore l'horreur dont avait été victime Yuki. Akira secoua la tête pour lui montrer qu'il avait compris.

- Ca n'a pas dû l'aider. C'est pourtant bête, mais moi qui l'admire, je n'ai pas vu arriver le pire. Je ne l'aurais pour ainsi dire jamais soupçonné.

Tôru soupira. Akira lui remit à nouveau une mèche derrière les oreilles.

- Ne te blâme plus pour ça, Tôru. Tu as parlé avec ton frère et il t'as fait une promesse. Il ne te laissera pas. Il serait plus sage de laisser ton passé derrière toi et de recommencer à table rase, maintenant que ton frère et toi vous êtes rapprochés, non?

Tôru leva des yeux interrogatifs vers lui, puis, lentement, un sourire naquit sur ses lèvres.

- Tu as raison. Je vais essayer.

Akira l'embrassa en souriant.

- Merci, Aki, murmura Tôru à l'oreille de son petit-ami. Je t'aime, plus que tout.

Ils s'embrassèrent à nouveau, Akira à nouveau pivoine.


A suivre ...


Eh ben NAN ! Il ne se passera RIEN DU TOUT ! Mwa ha ha ! 15 pages words …tout ça parce qu’il me manquait « quelques » lignes pour rejoindre deux parties ... Quelle pie !

Comme j’ai déjà pas mal élucubré toute ma science en avant poste, j’apose un silencieux ici même et vous laisse mariner dans le suspens jusqu’à l’apothéose. Si vous avez des questions, des remarques, des tomates à balancer, n’hésitez point :D.

See yaaa

Reno’

P-S pour partir en hilaritude : vous savez quelle correction me propose Word à la place de « yaoiste » ? « yohimbehe » :D Ne me demandez pas ce que ça signifie, je ne cause pas encore toute l’étendue de la langue Microsoft Office ( qui ne désespère pas installer le dictionnaire de correction de langue ARABIE SAOUDITE chaque fois que je tape un mot.)



© Copyright 2006 Reno Kurigawa (FictionPress ID:539923).


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