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Author: SniperCat
Fiction Rated: M - French - Romance - Reviews: 9 - Published: 09-16-06 - Updated: 09-19-06 - id:2247540

Je me nomme Raphaël Reverdy, j'ai 19 ans et je suis le mec le plus populaire de ma fac.

Voilà c'est ce que je suis pour la plupart des gens que je côtoie, la figure de la faculté, la mascotte des groupes de filles, la coqueluche des profs ... Pour d'autres je suis le français, the french comme ils disent, le fils à papa, le ''pété de thune''... Le peuple se range dans deux catégories quand il s'agit de moi : la première, et c'est la plus remplie, contient mes fans mes admirateurs ceux qui seraient prêt à me lécher les chaussures si je leur demandais. J'ai vu des cas assez impressionnants de béatitude ...

La deuxième est essentiellement composée de personnes qui m'envient, me jugent, me crachent dessus. On peut y voir principalement les petites rebelles qui s'habillent en noir, les ''gothiques'' ... huuu ce terme m'horripile à chaque fois.

Il n'y a que trois personnes qui ne me voient pas ainsi : Tyler Teishi et Jack.

Tyler et Teishi connaissent ma vraie personnalité. Jack m'ignore complètement. C'est bien le seul ...

Depuis que je suis en âge de garder des souvenirs, je n'ai jamais vu mes parents ensemble autre que pour les grandes occasions. Oh je ne parle pas de Noël ou de pâques et encore moins mon anniversaire. Non. Je parle des réceptions en l'honneur de gens bedonnants et puant le parfum trop vétiveré, je parle des banquets de charité, des mariages arrangés, des congrès sur la faim dans le monde et la pollution. Toutes ces occasions d'étaler son fric et son pouvoir.

Moi cela ne me concerne encore pas. Je suis la voie que mon père m'a choisi ce qui me convient parfaitement puisque j'y suis avec Tyler et Teishi.

Bon évidemment Jack n'y est pas mais là j'y peux rien, je peux pas me forcer à étudier la théologie quand même.

Je suis là devant lui, je m'apprête à le lui dire. Comment j'en suis arrivé là ? Il n'aurait jamais du savoir.

Flash Black.

Un peu moins de deux mois dans la ville de Paris mais déjà il faut déménager. Je change de pays de langue de culture de collège. Ça devait bien faire la onzième fois que l'on changeait de pays. Sans compter les changements de villes. Ma chambre est tellement minimaliste que le psy que mes parents m'avaientt foutu sur le dos à Paris interprêtait ça comme un renfermement et un dénigremement de soi. Le con. J'en ai juste marre de faire des cartons quand Géniteur et Génitrice décident de changer de pays. Je suis quand même content de m'éloigner de Paris. Même si c'est ma ville natale, j'ai maintenant des horribles souvenirs qui me prennent la tête quand on m'en parle, et surtout quand on me demande d'en parler.

Bref je suis arrivé comme une fleur dans cet énorme apartement. Je n'ai que deux cartons pour moi : vêtements et cd. Mes parents trouvent ça inquiétant tant et si bien qu'ils ont décidé de ne plus déménager avant longtemps. Ils en ont mis du temps à comprendre.

Mon arrivée au collège fut assez mouvementée. Je me suis battu avec un gars. Tyler Elsevier. Quand je suis rentré dans la classe, tout les regards ce sont posés sur moi, particulièrement ceux des filles. Déjà à cet âge j'avais du succès. Je crois que c'est ça qui a dérangé Tyler. A la fin de la journée, il est venu me voir pour ''discuter'' et m'a fait comprendre que j'étais pas le bienvenu. Je lui ai mis mon point dans l'estomac et depuis le passage chez le dirlo on s'est plus quitté. Ça nous arrive encore de nous taper dessus mais on ne reste jamais sur nos positions.

Mes parents étaient tellement contents de voir que j'avais un ami qu'ils ont annulé leurs projets de déménagement. Oui déjà ils avaient en projet d'aller en Roumanie. N'importe quoi.

Après l'expérience Paris, ils ont vu cette amitié comme ''un signe''. Pfff quel tas de conneries...

très vite on a organisé des fêtes, moi l'argent lui les invités, nos soirées avaient du succès, et nous aussi par la même occasion. J'avoue que j'aimais bien entrer dans une pièce et être l'objet de tous les regards. C'est grisant. C'est mortel aussi. Mais c'est le revers de la médaille. J'assume.

C'est comme ça que Teishi est entré dans ma vie. Il fait partie de la vie de Tyler, il était impensable que je ne le connaisse pas. Ce type est un paradoxe vivant. Sa famille le vénère comme un dieu et lui derrière fais les pires conneries. Je ne l'ai jamais vu avec un bouquin scolaire entre les mains. Tyler doit lui passer des cours.

Une de ces soirées ennuyeuses et déprimantes, on a laissé tout ce beau monde et on est partit squatter le Center City. Une nuit fabuleuse où on a fait des plans sur la comète, des projets à n'en plus finir. C'est là qu'on a décidé de faire de la musique ensemble.

Tyler à la guitare, Teishi à la batterie et moi ... et bien moi au chant et au piano... Le piano était la seule chose qui était fixe dans ma vie depuis que mes parents m'ont mis entre les mains d'un éminent pianiste chinois. Je pouvais bien l'insulter et lui dire les pires conneries, tant que je faisais mon solfège il s'en foutait. Tyler n'a jamais su. Sinon il ne m'aurait pas demander de chanter. Personne n'a jamais su, et c'est tant mieux.

Néanmoins ce qu'on faisait manquait de coeur. Il nous fallait quelquechose en plus... mais quoi ...

Un soir, on jouait comme ça, sans but précis, et puis on a sonné. Teishi est allé ouvrir, on se retrouvais déjà chez lui pour jouer. La porte s'est ouverte sur un petit gars avec une tête de paumé. Il nous a vu et est partit en courant, livide. Teishi l'a suivi et nous l'a rapporté. Ma première rencontre avec Jack. J'ai appris ce soir là qu'il était dans ma classe. J'en suis resté sur le cul. Je ne l'avais jamais vu. Il était tellement mal d'être avec nous qu'on s'est décidé pour le laisser seul avec Teishi.

On est allé au Center City. Ce soir là je me sentais d'humeur maussade et c'est la première fois que j'ai couché avec une fille sans la voir. Je me suis réveillé le matin avec une capote au pied du lit et Tyler m'a dit le lendemain que je m'étais fait Esther. A cette époque je ne savais que c'était la soeur de Jack. A vrai dire je l'avais carrément oublié. C'était pendant les vacances.

A la rentrée pourtant je n'ai pas pu le rater. Il avait le nez dans un bouquin et m'a bousculé. Son livre est tombé je lui ai ramassé. Il m'a à peine regardé et est repartit avec son bouquin. Indifférence totale. Ça m'a troublé. Mais en fait ça m'a bien plus troublé que je ne me le laissait croire.

A partir de ce moment tout a changé, mais petit à petit. Je n'ai rien vu venir, sinon j'y aurais remédié. Tyler et Teishi ont finit par le remarquer, même avant moi. Puis j'ai su. Et là, le deuxième choc de ma vie. Choc profond et marquant. Mes parents m'ont recollé un psy sur le dos pour ça.

A croire que c'est la seule façon qu'ils ont trouvé pour s'excuser de leur absence.

Teishi a passé un album des Pixies à Tyler. Ce fut la révélation. A partir de ce moment il nous fallait une basse. Teishi avait tout prévu. Le bougre, le manipulateur, un énième jour où l'on devait s'essayer à l'art difficile de la musique, a introduit une cassette dans un lecteur audio poussiéreux qu'il avait ressortit pour l'occasion. On s'est regardé bizarrement avec Tyler, et c'est limite si on se foutait pas de lui.

-Ouais ouais allez-y marrez vous, dans deux secondes vous allez me supplier à genoux...

-Rêve Teishi !

-Tu devrais pas te moquer de moi comme ça Tyler ... Parce que bientôt c'est ce que tu vas faire ...

Il lança la cassette. Le son était de mauvaise qualité, mais on entendait clairement quelqu'un qui accordait une basse. Un petit silence, puis ... le miracle ... Les accords étaient parfaits, leur enchaînement aussi, l'air était envoûtant, on avait l'impression de se fondre dans le morceau. Les sonorités s'agencaient entre elles comme pour donner la vie à un être imaginaire, comme pour aller chercher quelquechose au fin fond de votre corps, comme pour faire sortir toute l'angoisse et vous obliger à hurler et taper sur le premier venu.

J'ai déjà ressentit ce genre de sensation. Ce n'était pas avec une basse, ni dans un lecteur cassette dépassé. C'était dans une église avec pour seul instrument les voix des enfants de choeurs et celle du soprano. J'avais 14 ans, j'étais à Paris et mon dernier chant en église fut pour les choeurs de la messe en ut de Wolfgang Amadeus Mozart. Après ma voix devenait trop masculine. Je devais attendre quelques années pour me présenter en ténor. Je n'ai jamais eu envie de devenir ténor.

Lors des répétitions, tout allait bien, nous coupions souvent la messe en plusieurs parties pour déceler les erreurs. Je n'avais pas envie de taper sur quelqu'un.

Mais lors de la représentation, le soir dans le choeur de Notre-Dame, j'avais une telle envie d'exhulter ma puissance, ce sentiment naissait à chaque fois que les vibrations étalaient leur contrôle sur mes vocales et puis sur tout le reste par la suite. J'eus du mal à me retenir, mais j'ai fini le concert normalement. J'ai attendu que tout le monde soit partit et là j'ai pu laissé ma colère se libérer. Le paroissien avait emmener un enfant à l'hôpital, pour X raisons, je ne me souviens plus. Il m'avait enfermé dedans car c'est lui qui devait me ramener chez moi. Ce paroissien avait peur qu'un groupe de jeunes squatte l'église. Il faisait nuit, la lune était absente, mais les bougies agrandissaient encore les voûtes. J'avais l'impression d'avoir été confié à Dieu en personne. Et Jésus sur sa croix... il m'a toujours énervé celui-là. Le martyr de service. J'ai commencé à chantonner le morceau du soprano. C'était vraiment magnifique et tenait du génie. Mozart était un génie. Je ne suis pas soprano. Je suis ténor normalement. Mais à 14 ans, on peut tout faire.

Et le même sentiment c'est emparé de moi, j'ai commencé doucement à expluser l'air de mes poumons et petit à petit, j'ai augmenté la puissance. J'avais le sentiment d'abandon qui s'intensifiait, la colère prenait le dessus, et au lieu de tout détruire comme l'aurait fait n'importe quel garçon à mon âge, au lieu d'aller taper dans un ballon, ou même sur quelqu'un, j'ai hurlé.

En écoutant ce morceau j'ai ressentit la même chose. Je n'avais qu'une envie c'était de laisser sortir cette oppression sentimentale et angoissante de moi.

Teishi coupa d'un seul coup. Le salaud.

Complètement envoûté, je voulais savoir qui, mais bordel, qui avait été capable de me ramener des années en arrière sans me prévenir. Tyler fut plus rapide :

-Qui ?

Teishi souria. J'étais prêt à le supplier de me dire ce nom, il mit un certain temps à lui répondre. Les dés étaient pipés. Avec un atout comme ça, il pouvait facilement obtenir ce qu'il voulait.

-Jack

Jack ?

-Qui ?

-Jack Eyeshield, Tyler, le frère d'Esther...

-Encore lui?

Je n'en revenais pas ... depuis que ce nom est sortit des lèvres de Teishi je n'ai rien pu dire.

-Alors ?

Teishi avait un sourire moqueur et triomphant sur le visage... Tyler était obligé d'admettre que Jack était notre pièce manquante.

-Alors oui c'est bon, il peut venir avec nous ton petit gars ...

Je n'en revenais pas. Lui Jack le passe-partout, le mec tapisserie qu'on ne voit jamais, un génie de la basse. C'était impensable mais la réalité était que Jack entrait physiquement dans ma vie.

-Oh oh Raphaël ! Tu es d'accord ?

-Hein ? euh ... oui bien sûr ...

-Bien, alors il va falloir qu'on se trouve un nom ...

-Moi la proposition de Raphaël me plaisait bien ...

-Hein ?

-Rendors toi Raph...

-ouais...

-ouais alors Subway c'est ça ?

-Hm ...

-adjugé ...

Voilà. C'est à partir de ce moment que tout est partit en vrille ... Je ne le savais encore pas, mais les deux années qui suivirent furent d'une difficulté éprouvante. Je ne pensais qu'à lui, je ne pensais qu'à ça. Je n'écoutais plus les cours, je le regardais lui. Je connais son adresse par coeur, son numéro fixe et portable par coeur, les répétitions étaient éprouvantes pour moi, je ne lui parlais pas, ne lui accordait aucun regards sinon j'aurai pu lui sauter dessus... Le nombre de fois où j'ai appelé chez lui juste pour l'entendre décrocher et dire 'allo' ou 'oui bonjour... allo ... il y a quelqu'un ?' bip ... bip ... bip ... Même pas énervé qu'un malade l'appelle au moins cinq fois par jour...

Je l'ai observé des tas de fois aller se coucher, faire ses devoirs, jouer de la musique, se déshabiller et s'habiller, s'endormir, lire ... J'en devenais complètement malade.

J'ai essayé de remédier à cette obsession. Je suis sortit avec toutes les filles de ma promo. Pendant deux semaines ou deux semaines et demi, je l'oubliais un peu, je n'allais plus l'observer, il me sortait un peu de la tête, je devais m'occuper de la fille. Mais après ce labs de temps il revenait dans mes rêves et remplaçait le visage de la fille au lit. Je la larguais ... à force je me suis fait toutes les filles de la fac... dans un labs de temps assez court : sept mois. Mais cela allait de plus en plus mal, il fallait que je me bourre bien comme il faut pour que je vois Cindy/Sarah/Elodie et non pas Jack/Jack/Jack.

J'ai pensé à le lui dire. Mais à chaque fois qu'une occasion se présentait, soit de lui, soit de moi, et soyons objectif cela venait souvent de moi, quelquechose m'en empêchait. Pour 40 des cas c'était la faute à mon courage, qui dès que son odeur me parvenait aux narines s'envolait tellement vite que je ne pouvais le rattraper.

Je connais tout de lui : ce qu'il aime manger, ce qu'il aime porter, ce qu'il aime écouter, je me suis acheté tout les CDs qu'il avait et je me les passe tout le temps, je sais à quel heure il se lève, comment il fonctionne, quel parfum il met, quel gel douche il utilise, quels mangas et bd il aime, ce à quoi il est allergique, à partir de combien de bière il est saoul, quel genre de films il aime regarder, quelle marque de cigarettes il fume, des Winfields, les fruits qu'il mange ...

Je sais quand il ne va pas bien, quand quelquechose l'emmerde ou le ravit, quelles questions il se pose sans arrêt, ses idées politiques.

La seule chose que je ne sais pas, c'est ce qu'il pense de moi. Il a une opinion neutre sur son entourage. Sauf pour Esther et Teishi. Même eux n'ont pas été capable de me dire ce qu'il pensait de moi. Ça me mine. Si ça se trouve il me hait, ou me méprise, pense à moi comme un de ses gars qui pètent plus haut que leur cul. Les deux derniers mois, je ne sortait plus avec personne. Aussi court on peut pas dire que je sortais avec elles... Une nuit ou deux et Jack revenait.

Je me prennait à hurler tout seul dans mon apart' vide, je le suppliais de me laisser tranquille, d'au moins me laisser mes heures de sommeil. Mais non. J'entendais sa voix, je sentais son odeur, je voyais ses yeux, son nez, sa bouche, son torse, son cul ... tout ...

Mon Dieu délivrez moi ...

Je suis devant lui. Il me regarde. Enfin il me regarde. J'ai presqu'envie de m'arrêter là pour profiter de ce moment. Ses yeux sont magnifiques, je n'en ai jamais vu qui me plonge autant dans la béatitude. Pourtant certaines filles en avait des clairs, des profonds, des limpides, des rieurs... mais lui ... ses yeux sont froids et distants, et pourtant j'ai l'impression de brûler quand je les rencontre. On ne peut pas savoir ce qu'il pense des autres, je ne peux pas savoir ce qu'il pense de moi. En ce moment il a l'air un peu paniqué. C'est l'une des rares expressions qu'on peut percevoir dans ses yeux. Il y a ça, la mélancolie, et la fatigue. C'est tout. Je n'ai jamais rien vu d'autre...Si une fois un instant j'ai cru voir de la colère. J'ai regardé ce qui avait pu allumer ça dans les yeux de Jack : un petit péteux de la classe inférieure qui venait de le bousculer et qui s'était foutu de lui parce qu'il lisait. Je peux vous dire que le soir même ce petit connard s'est retrouvé aux urgences. J'ai failli le remercier d'avoir su réveiller ce sentiment en Jack avant de lui foutre sur la gueule, mais j'ai pas eu le temps, c'est partit tout seul.

Jack si tu savais à quel point c'est dur ce que je suis en train de faire, si tu savais combien de temps j'ai attendu ...

Ce soir j'ai fait une grosse connerie à cause de cette histoire. Tyler s'était enfin trouvé une fille qu'il avait conservé pendant à peu près deux mois : Korie. Un vrai miracle. Il semblait y tenir. Ce soir était le dernier jour d'une semaine sans personne. Même pas une fille, ma réputation était salie : j'étais le bon coup mais qu'il fallait juste essayer en échantillon, une fois ou deux pas plus. Je m'en foutais royalement. Tout ce que je voyais c'était que j'avais beau coucher avec des filles, ou boire comme un trou, mon esprit avait Jack scotché au Chatterton et l'intérieur de mes paupières était obstrué d'images de Jack sous tous les angles, les mêmes images qui étaient en photos et qui tapissaient les murs de ma chambre. Chambre qui ne laissait entrer que moi depuis six mois. Mon psy ne me voit plus depuis belle lurette et mes parents ont annulé trois de leurs conférences pour me surveiller. Je restais prostré sur mon lit, les cd de Jack en boucle, ses cigarettes dans ma bouche, et ses photos devant mes yeux, m'empêchant de dormir ... un zombi... je ne sortais que pour les cours et encore pas tous, et les répétitions. Mais même ça j'avais du mal. Ma voix n'allait pas bien à cause des tonnes de bières que je m'enfilais, à cause des clopes, de la fatigue, du surmenage et des calmants que m'avait refilé ma mère... Tyler m'a empêché de prendre de la drogue.

Ce soir j'ai couché avec Korie. Elle était un peu moins beurrée que moi mais pas mal non plus.

Tout va être finit : soit il me repousse et je me jette du haut de l'immeuble, soit il m'accepte et je crève de bonheur. Dans tous les cas c'est la mort qui m'attend. Autant rendre le trépas agréable.

-Euh... si tu veux je peux attendre demain c'est pas un problème...

-Non ils ont raison. Je dois le faire maintenant sinon ca va partir en cacahuète prochainement.

Je sens son odeur d'ici. Je vois tout son corps être agité, il est mal à l'aise. Mais il est tellement ... magnifique. Depuis ce jour où il a fait tombé son livre, je sais que l'aime. S'il ne veut pas entrer dans ma vie, elle n'a plus aucun sens. Autant me mettre dans un HP, ou berger dans le Wyoming, mieux : chasseur d'ours en Alaska ... Avec un peu de chance un grizzli me fera péter la mâchoire et sera content de rapporter un ballon osseux à ses gosses. Que je serve à quelquechose quand même...

Comment lui dire ? Comment je vais lui dire ça? J'ouvre la bouche mais il n'y a rien qui sort. Aligner ces trois mots c'est d'un difficile, j'aurai jamais pu imaginer que l'obstacle soit si grand. Une montagne...

-...Sauf que j'arrive pas à le dire alors je vais le faire...



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