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Secrets d’alcôves.
Il existe, de part le monde, nombre de secrets. Certains sont oubliés, d’autres exposés, mais les plus nombreux sont ceux qui restent cachés…
C’est celui d’une femme, dont le parfum de rose embaumait l’atmosphère du lieu où elle se trouvait.
Chaque homme qu’elle croisait, jeune ou vieux, beau ou laid, se retournait pour l’admirer. Ces cheveux, noir de jais, ondulaient au rythme de ses pas, envoûtant quiconque portant les yeux sur elle. Ses yeux pales et sa peau d’albâtre faisaient toute sa fierté.
Le nom dont on l’avait paré lui allait à merveille, passant son temps à se mirer dans tout objet reflétant son visage parfait.
Elle ne connaissait qu’un seul amour : celui qu’elle portait à son image.
Cette femme surprit un jour, un regard l’éviter.
Une offense, fut le cri qu’elle poussa.
Un homme, donc, se refuse à mes charmes ? s’exclama-t-elle, drapée dans une indignation toute royale. Je veux en savoir la raison ! Qui, en ce monde, peut me résister ?
L’indignation rendit l’offensée toute chose et la poussa à espionner le quidam indélicat.
Durant des jours et des nuits, passant ses journées à errer au détour des couloirs, espérant apercevoir le mystérieux regard détourné.
Dans ses voiles vaporeux, à la lueur du Soleil brûlant, ou de la Lune glaciale, elle parcourait sans relâche, les alcôves du palais.
Cet homme sera mien, décida-t-elle, j’en fait la promesse.
Le temps coula, abîmant un peu plus chaque jour la jeune femme dans une mélancolie profonde.
Mais par un matin de printemps, alors que le soleil venait de ses rayons chatouiller les pieds paresseux du jardin d’hiver, elle le vit enfin.
L’amour a ses raisons que la raison ignore.
Le jeune homme lui apparut comme Apollon descendant de l’Olympe, tout auréolé de lumière, dont le port altier et la démarche souple lui firent perdre tous ses moyens.
S’éclipsant dans une alcôve, elle admira alors l’objet de sa promesse.
Un jeune homme au visage d’enfant, dont les boucles brunes encadrait la face admirable, faisant ressortir les yeux émeraude, telles des pierres précieuses dont l’éclat blessait le regard.
Sentant en sa poitrine, éclater une chose inconnue, la femme d’albâtre ne resta pas de marbre.
Elle le suivit, soupirant à chaque apparition, retenant son souffle à son approche, et soufflant à sa disparition.
Mais, il es des secrets qui sont et doivent restés inconnus du reste du monde…
C’est ce qu’elle comprit en le voyant au bras d’un autre homme, les yeux fermés, une main tirant le rideau pour cacher pudiquement l’alcôve au regard du monde.
De désespoir, mêlé de mélancolie, c’est par une nuit fraîche qu’elle offrit son cœur à la confidente implacable qu’est la lame…