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Fiction » Romance » Le rythme entrainant des battements de ton coeur font: B s : A A A . width: full 3/4 1/2
Author: Zoo Ame Desu
Fiction Rated: M - French - Romance/General - Reviews: 30 - Published: 10-03-06 - Updated: 11-05-06 - id:2256726

Le rythme entraînant des battements de ton cœur

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Claimer : Les persos, l’histoire et les scénarios sont ma propriétés, merci de les respecter !

N/a : Voilà ma première original YAOI , j’espère que cela vous plaira !

corrigée par Harue Y A

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Bonne lecture !

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RAR : Je remercie tout celles/ceux qui m’en ont mis, je ne m’attendais réellement pas à en recevoir autant ! Alors merci !

La gringa : Je suis contente de voir que tu trouve que Yann et Mathieu en valent la peine huhu, je les adore •crise en pensant qu’ils sont à elle• La suite n’a pas été très rapide, j’en suis désolée mais j’avoue être assez lente •goutte de sueur• J’espère que malgré tout elle est été à la hauteur de tes espérances ! Merci à toi pour ton avis, bisous doux !

Gigi : Ma girafolle n’a mouâ d’amour que j’aime euhhhh !! •câlin• Mes histoires te laisse vraiment dans un tel état ? o.O Il était spécialement déprimant ce chapitre ?? (non parce que sincèrement, j’avais pas cette impression….) Je suis ravie que tu aime ma Gigi ! Merci à toi et un gros gros gros bisou doux !!

Wtbs : Je pense pas qu’on puisse dire que c’est génial mais ça fait plaisir XD merci à toi !

Baltazar : j’avoue ne pas-du-tout-savoir-qui-tu-es ! Sérieusement mademoiselle la skyso, je ne connais pas votre identité ! Bon comme tu ne le sais pas, puisse que je ne sais pas qui tu es, le contacte Yann Iceberg et Mathieu bôgosse ne se fera pas de suite. Et comme tu l’ignore de le savoir, je rajouterais que Serge is so bad but is very cute demon ! I AM FAN ! Que les pouvoirs du démon hamster et de Yann mister free t’accompagne dans ta quête cher annonymus Crazyus (à dire avec un accent french so bad huhu) Je ne te remercie pas et je ne te bisous douxise pas car j’ignore encore de le savoir ton identité ! (I am crazy to, no ?) (Duke is so bad itou but bad is good et not good is not bad huhu ! •intoxiqué à la sentaï School et à serge °-°•)

Tadam : Euh je ne sais pas vraiment quoi te dire mis à part merci… D’abord de me lire et puis d’avoir mis ton avis sincère ! C’ est vrai que c’ est une histoire très classique mais j’espère ne pas entré dans le cliché. Comme ça je suis presque sûre de ne pas me perdre en route, et encore… Je ne sais pas si mon style est agréable, je le trouve plutôt quelconque, mais je suppose que je ne suis pas la meilleure personne qui puisse en jugé, on n’est jamais très objectif en ce qui nous concerne. Merci encore, j’espère juste que cette suite ne te décevra pas !

Momoko : Voilà la suite, un peu tardive mais présente ! J’espère qu’elle te plaira autant que le premier chapitre.

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Un cliquetis régulier s’élevait dans le quatre pièces endormis, se mêlant à la voix rauque de Georges Brassens. Il était vers les deux heures du matin et Yann était encore sur son ordinateur, rédigeant la suite de son histoire. Il voulait absolument finir celle-ci avant les vacances de Noël de façon à pouvoir l’offrir en relié à la personne à laquelle il l’avait dédicacée et il savait bien que ce ne serait pas ce week end qu’il pourrait s’en occuper.

Rien qu’hier soir il lui avait fallut s’occuper de son petit frère Lucas : le dîner, le bain, les devoirs et le lit. Et puis il y avait ses propres devoirs, son commentaire en philo, sa diserte en histoire et ce foutu exposé en anglais plus des exercices en espagnol et autres leçons à apprendre.

Il lui faudrait de toute manière s’avancer pour ne pas être débordé durant la semaine et pouvoir s’occuper de son petit frère.

De cette manière peut être pourrait t’il avancer encore un peu son histoire et être ainsi dans les temps. Il en était à peine à la moitié et le mois de novembre se profilait rapidement. Les vacances de toussaint avec, évidemment, mais aucune assurance de pouvoir en profiter.

Sa mère allait obligatoirement travailler durant ce court laps de temps, ne partageant pas toutes leurs vacances, étant infirmière en chef dans un grand hôpital de la capital. Au moins elle avait réussi à avoir une semaine de repos durant les vacances de Noël et ainsi passer du temps avec ses deux fils.

Le jeune homme passa une main lasse sur son visage épuisé. Il se tuait à la tâche et il le savait seulement il n’avait pas tellement le choix. Il était le seul à pouvoir s’occuper de son frère et de la maison durant l’absence de sa mère et bien que celle du meilleur ami de Lucas lui rendait quelques services en temps utiles, il était débordé la plupart du temps.

Aujourd’hui encore il lui faudrait accompagner son monstre de frère à son cours de Judo qui était situé à l’autre bout de la ville. Mais avant ça il lui faudrait préparer le petit déjeuner, faire quelques courses histoires d’avoir de quoi faire le repas du midi mais aussi les dîners de la semaine. Un coup d’aspirateur ne serait pas un mal si on continuait dans cette perspective. Il devra encore se fâcher contre son petit frère pour que celui-ci range sa chambre, l’empêcher de regarder trop la télévision et la liste était encore longue.

Il avisa l’horloge de son PC qui lui indiqua trois heures et douze minutes du matin.

Allez, encore une page ou deux et il irait se coucher.

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Mathieu dansait d’un pied sur l’autre, ses bras se resserrant sur son torse emmitouflé de laine. Une épaisse buée blanche s’échappait de ses lèvres gercées. Il faisait spécialement froid en cette matinée de novembre, d’autant plus froid qu’il était dans les cinq heures du matin.

Cela faisait bien une heure qu’il était là ; il avait du ce lever tôt pour payer son emplacement et déballer sa marchandise.

Ces salops de la mairie avaient encore augmenté le prix du mètre carré. 60€ pour quatre mètres carrés contre 40 l’an passé, c’était se foutre de la gueule du monde. Heureusement il était arrivé assez tôt pour avoir une place dos à la route, lui permettant de garer la camionnette derrière lui. Ainsi il pourrait grappiller de la place sur les côtés de son stand et décharger plus vite. Les vrais acheteurs étaient les tout premiers. Les spécialistes. Ils étaient là, avec leurs petites lampes torches, n’hésitant aucunement à fouiner dans ses bacs, ni à rester là durant quelques minutes, cherchant avec passion la pièce qui leur manquait, la pièce qu’ils voulaient.

Étant donné qu’il y avait peu de monde à cette heure là, ils pouvaient bien ce le permettre, prenant toute la place, se posant devant les stands, sans craindre de gêner.

On pouvait presque dire que si on réussissait les premières heures, la journée était sauvée.

Pour le moment c’était vraiment calme et Mathieu en profitait pour arranger ses affaires. Grany et lui avaient prit du temps pour faire leur sélection. Ils avaient favorisé les bibelots de valeurs ou pas, les petites babioles mais avaient quand même ramenés quelques meubles tels des sellettes ou supports de taille moyenne. Elle avait insisté pour qu’il prenne la magnifique psyché qu’un de ses clients lui avait ramenée du grenier de sa maison de campagne.

Le miroir avait les dorures abîmées et le verre légèrement taché. Mais elle avait su lui rendre sa douce patine et garder son esprit ancien. Le doré était moins agressant à présent et les imperfections de la glace lui conféraient un charme certain.

Ça avait posé plus de problème pour le transport. Ce genre de chose était lourde mine de rien et Mathieu était seul, sa grand-mère se faisant trop vielle pour l’aider à décharger. Et puis à cette heure là, elle préparait le café qu’elle lui apporterait dans un thermos ainsi qu’une collation pour neuf heures et une pour le déjeuner.

Il avait fallu l’envelopper dans une couverture épaisse et le caler pour ne pas qu’il s’amuse à valdinguer. Et puis, il avait fallu le sortir, chose difficile quand on avait déjà eu du mal à le rentrer.

Heureusement son voisin d’emplacement était venu à sa rescousse, une chance. Surtout que ce même voisin était charmant. Un sourire éblouissant, un corps à damner une bonne sœur ou un curé et une voix… tendre, possédant un timbre chaud et rauque.

Il avait failli lui sauter dessus quand il avait senti son souffle dans son cou et cette voix envoûtante tout contre son oreille. Il s’était retenu, évidemment. Il n’était pas assez en manque pour agresser un jeune homme venu lui proposer son aide alors qu’il jurait comme un chartier.

Grâce à lui, le déballage de ses affaires avait pris bien moins de temps que prévu. Il avait eu honte d’ailleurs, d’empêcher le jeune homme, qui se nommait Franck, de s’occuper de son propre étalage. Celui-ci lui avait répliqué de ne pas s’en faire, il n’était venu si tôt que pour réserver sa place, sa marchandise arrivant plus tard.

En disant cela, il lui avait servi un magnifique sourire, digne du prince dans Blanche neige et les sept nains, son premier amour.

Depuis, il avait déjà vendu une théière à une collectionneuse, plus de cent pièces chez elle, ainsi que des petits ciseaux de broderies et des vielles bobines de fils. La dame au théière lui avait même dit qu’elle repasserait avec sa fille pour regarder les dentelles qu’il avait ainsi que ses petites tables. Sinon une option avait été posée pour une des autres sellettes et trois crucifies étaient partis.

Pour un peu plus d’une demi-heure de vente, c’était vraiment pas mal.

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Un cri étouffé entremêlé de jurons imaginatifs firent se retourner quelques personnes venus avant que le gros de la troupe ne débarque. Mathieu écopa d’un coup de chandelier sur la tête alors que ses deux mains étaient plaquées sur sa bouche et que ses cils se constellaient de petites gouttes de larmes de douleur.

Sa grand-mère le fixait avec un air désespéré, continuant à astiquer son chandelier en argent, ce même chandelier dont-elle s’était servie un peu plus tôt pour corriger son petit-fils.

« Je t’avais dit que ce café était spécialement chaud Mathieu mais tu n’écoutes jamais. Ne viens pas te plaindre ce soir si tu ne perçois plus que la moitié du goût de ma soupe au potiron. »

Ce même petit-fils la gratifia d’un regard noir, essayant tant bien que mal de faire abstraction de sa langue brûlée qui commençait à l’élancer.

Cela faisait déjà plus de quatre heures qu’il était levé et les affaires marchaient du tonnerre. Ils avaient déjà couvert le prix de l’emplacement, faisant un bénéfice de près de 40 € et ce n’était que le début. De plus les clients matinaux étaient plus agréables que ceux de l’après-midi ; plus relaxés et surtout moins pressés.

Il aimait à parler avec eux de leur dernière acquisition, de leur collection ou encore de la pièce formidable qu’ils avaient chez eux et qui leur venaient dont ne sais où.

Un des anciens habitués de la petite boutique de son grand-père était venu leur rendre une visite. Il avait en sa possession une pièce somme tout original qu’il avait chiné à un vide grenier près d’Orléans. Une chaise percée qui datait vraisemblablement de l’époque de Louis XIV. Ce devait être la chaise d’un noble ou bourgeois de la ville car elle était en bois simple, sans friture. Cependant le fait qu’elle soit en bois de chêne prouvait qu’elle appartenait à une personne aisée. (1)

L’homme avait promis de la lui monter plus tard dans la journée et Mathieu était impatient de voir le meuble.

Il était aussi impatient de voir cette journée se terminer. Il avait parfaitement remarqué que son fameux voisin lui jetait des regards plus ou moins appuyé et parfaitement significatifs. Même sa Grany avait émis un reniflement méprisant face au manège du jeune homme, qui n’était pas des plus discret.

Cet homme était une vraie bombe et il avait de plus en plus de mal à se contenir.

Il le fusilla du regard quand il se rendit compte que celui-ci gloussait en le voyant souffrire le martyr à cause de sa langue ébouillantée. Franck lui servit un petit clin d’œil coquin qui fit augmenter sa température corporelle, déjà diablement réchauffée par le café de sa grand-mère.

Il souffla, essayant de faire abstraction de l’excitation qui montait dans son corps. Il n’aimait pas l’attitude qu’il avait en ce moment face aux hommes. Il faisait de plus en plus chienne en chaleur ; ce qu’il n’avait jamais été.

C’était comme s’il était devenu un drogué, ne pouvant se passer d’un corps chaud contre le sien. Cette constatation lui faisait peur, n’ayant aucune connotation amoureuse. Pas qu’il soit un romantique échevelé à la cherche de son prince charmant, ce n’était pas son genre. Il aimait néanmoins avoir des petits amis. Il en avait certes eu un nombre assez ridicule, au alentour de deux contre une bonne dizaine de camarade de literie, il avait apprécié leur compagnie et les moments passé avec eux.

La différence entre ce genre de relation et celles qu’il collectionnait en ce moment était flagrante et ne le réjouissait pas. Il commençait à se coller une image de lapin qui était des plus déplaisante. Bientôt on le surnommerait Lucky Luke : celui qui tire son coup plus vite que son ombre.

Une grimace déforma les traits de son visage. À nouveau une remontée gastrique lui brûla son tube digestif par son acidité, lui tordant l’estomac.

Décidément ces derniers temps il ne se sentait vraiment pas bien.

•••

Il faisait sombre dans l’appartement, les volets étaient encore tous fermés alors que l’œil de bœuf de l’entrée indiquait midi et demi. L’halogène de la grande pièce était poussé à son minimum, projetant une lueur blafarde et voilée sur les murs blancs. Même la télévision semblait en sourdine Seto Kaiba murmurant avec férocité toutes sortes de joyeusetés à Dark Yami alors que son Dragon blanc aux yeux bleus était mis au tapis non sans mal par un super magicien des ténèbres en grand fracas étouffé.

Yann lui s’activait dans la cuisine, deux côtes de porc, recouvertes de moutarde, grillant dans une poêle avec de petites pomme de terre découpées en dés et des herbes de provence.

Armé d’une éponge à récurer, il s’échinait sur le plat en verre qui lui avait servi de récipient à son gratin de la veille. Évidemment le gruyère gratiné avait attaché et était à présent bien accroché aux parois de verre ce qui compliquait la tâche de l’adolescent. Heureusement qu’il utilisait le moins possible de vaisselle quand il faisait la cuisine, pensant toujours au fait qu’il lui faudrait inévitablement laver ce qu’il avait sali.

Une délicieuse odeur commençait à embaumer la petite cuisine alors que lui-même venait à bout de son combat.

Il lui faudra bientôt mettre la table, la viande et les pommes sautées étant pratiquement à point. Il avait eu peur en avisant le réfrigérateur quasiment vide. Heureusement qu’il avait pensé à congeler de la viande au cas où sinon il lui aurait fallut descendre à l’épicerie du quartier et utiliser ses dernières pièces, sa mère n’étant toujours pas réveillée.

Elle était encore rentrée tard cette nuit et s’était vraisemblablement effondrée sur son lit ce qui n’étonnait pas son fils aîné qui savait bien qu’elle avait des années de sommeil à rattraper. C’était pourquoi il n’avait toujours pas ouvert les volets, ceux-ci étant vieux et grinçant et la lumière passait sous la porte en un filet de lumière dérangeant, se reflétant sur les murs de la chambre.

Il s’était même battu avec son petit frère pour que celui-ci accepte de baisser le son du programme télé, les dessins animés étant le plus souvent bruyant, surtout sur canal J.

Un couinement de porte à faire grincer les dents résonna dans le couloir menant à la chambre maternelle signe que celle-ci venait de se lever.

Rapidement le lycéen laissa de côté sa vaisselle, badigeonnant la troisième côte de porc de moutarde à l’ancienne et l’assaisonnant de fines herbes. Il la déposa dans une poêle à part et ajouta les cubes de pomme de terre qu’il avait laissés de côté, salant et poivrant le tout.

Il alluma ensuite la radio ; Claude François pleurait le téléphone sur Nostalgie, alla rapidement ouvrir les volets, laissant enfin le soleil d’automne pénétrer dans l’appartement.

Il faisait beau.

Il revient alors dans la cuisine, ayant éteint l’halogène, se remettant à sa tâche. On pouvait entendre Joe crier à Yugi ses encouragements et autres insultes à l’égard de son adversaire, son frère ayant augmenté le son du poste de télévision sans traîner.

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Une femme d’âge mûre s’approcha du jeune homme en train d’emballer dans du papier journal un vase en porcelaine. Elle était énervée, n’ayant rien trouvé de bien intéressant à cette brocante. Et tout ce monde, ces enfants hurlant, supporter tout ce bruit était au-dessus de ses moyens. Et puis tous fermaient si vite. Cela faisait à peine une heure qu’elle était descendue pour jeter un œil curieux aux étalages et tous pliaient bagage.

Il était à peine cinq heures ! Le soleil avait seulement entamé son couché. Tant de flemmardise la rendait folle. À son époque cela ne se passait pas ainsi, on n’avait pas peur de travailler jusqu’à tard le soir ! Mais à son époque il n’y avait pas non plus de vide grenier ou autre brocante.

Rien qu’à regarder cet adolescent aux cheveux longs lui donnait la nausée. Un homme avait les cheveux courts ou rasés, seules les femmes pouvaient prétendre à une longue chevelure, c’était dans l’ordre des choses.

Il lui faudrait pourtant l’interpeller pour avoir l’information qu’elle désirait.

Courageusement elle prit la parole :

« Excusez-moi jeune homme, avez-vous des billets de trains. »

Lentement le lycéen releva la tête, plongeant ses yeux gris dans ceux de la femme. Elle frémit en avisant la longue cicatrice qui barrait la joue gauche du garçon.

Un délinquant, elle était tombée sur un délinquant, un gamin de la cité qui allait la détrousser. De la mauvaise graine voilà tout !

« Désolé mais je n’en ai pas. »

Il avait parlé sur un ton calme et posé et avait ponctué ses paroles par un sourire affable.

Bon comédien jugea t-elle avec dédain mais sa réponse ne lui avait pas convenue.

« Jeune homme, je vous demande si vous avez des billets de train, vous pourriez au moins avoir l’amabilité de chercher parmi vos affaires ! »

Il haussa un sourcil. Mathieu avait eu plusieurs clients pénibles, demandant des objets incongrus comme des seringues de lavement ou encore des vieux jouets en bois de hêtres fait par il ne savait pas quel fabriquant.

C’était la fin de la journée, il était en train de disposer ses affaires et il comptait bien le faire vite. Certes la journée avait été bonne mais il n’en était pas moins épuisé, surtout qu’il remettait cela le lendemain.

Tout ce qu’il voulait était en finir le plus vite possible avec cette dame, qui n’allait pas tarder à l’énerver très fort, pour retourner à son emballement.

« Écoutez, madame, je sais les produits que je vends, après si vous voulez fouiller, ne vous dérangé pas, les billets de banque et autres paperasses sont dans ce porte-documents. »

La femme le jaugea du regard avec une telle répugnance qu’il sentit immédiatement la rage monter en lui.

« Il est hors de question que j’attrape une quelconque maladie en touchants vos objets contaminés ! C’est votre devoir d’être aux services de vos clients ! »

Les yeux de Mathieu clignèrent une, deux fois. Ses poings s’étaient serrés. Il s’en foutait d’être gentil, il s’en moquait de rester calme. Il était tout simplement hors de lui. Cette harpie n’était qu’une vielle dinde qui se croyait reine à cause de ses années en plus. Il était hors de question qu’il se laisse faire par cette mégère qui ignorait tout des brocantes.

•••

Franck observa avec attention le garçon qui rangeait ses affaires à côté de lui. Il l’avait de suite intéressé ; grand, bien fait et surtout ne semblant pas avoir froid aux yeux mais plutôt le feu aux fesses.

Toute la journée durant le jeune homme lui avait lancé des regards significatifs, il aurait fallu être aveugle pour ne pas voir la touche qu’il avait avec cet adolescent.

Pour tout dire, il était ravi de cette aubaine, il allait pouvoir régler son petit problème de pantalon qui l’encombrait depuis quelques semaines, depuis que sa copine était partie en fait.

Et puis la journée n’avait pas été excellente ; il n’avait vendu que peu de ses vêtements et la rentrée d’argent n’était pas au rendez-vous, à peine de quoi rembourser la somme qu’il avait déboursé pour son emplacement.

Bien sûr il ne se trouvait pas dans une partie de Paris ou il pourrait trouver bon nombre d’acheteurs potentiels. Un repère de bourges bien propre sur eux n’étant intéressé par le cuir que dans le secret de l’alcôve. Il aurait mieux fait de se renseigner sur l’endroit avant de s’y rendre comme un demeuré.

Oui heureusement que ce Mathieu était là.

Il l’observa une nouvelle fois et fronça les sourcils en avisant la cliente qui s’était présentée à son étale. Cela sentait le grabuge ; elle avait l’air aussi aimable qu’un gardien de prison et c’était peu dire.

Il sentit rapidement l’atmosphère s’assécher et devenir de plus en plus dense autour de l’étale voisin.

Mathieu avait les poings contractés, la mâchoire serrée.

Cela sentait vraiment mauvais.

Le ton montait et aucuns des deux partis ne semblaient près à baisser les arme. Or Franck ne voulait aucun problème. Ce soir état le soir où il allait tirer son coup et il était hors de question que son hypothétique amant finisse au trou pour violence.

Seulement c’était parti pour finir ainsi.

C’est pourquoi il s’approcha de l’emplacement du dénommé Mathieu et s’interposa.

« Je suis désolé Madame mais il serait tout à fait ridicule de faire une histoire à la fin de cette brocante. Nous sommes tous fatigués et tous ici nous n’avons qu’une envie : rentrer chez nous.

- De quoi vous mêlez-vous jeune homme, beugla la vielle dame, réajustant son chapeau de renard, vous n’êtes nullement concerné et personne ne vous a demandé votre avis. Allez donc vous occuper de vos affaires avant de vous mêler de celles des autres.

- Cela me concerne madame étant donnée que je refuse que cette fête soit gâchée par une telle altercation somme toute pitoyable. Mais vous avez raison, ce n’est pas moi qui me donne en publique. »

Il était resté très calme et maître de lui-même, se refusant à élever la voix, sachant parfaitement que cela ne ferait qu’empirer les choses. Il ne voulait qu’une chose, que cette femme parte enfin pour qu’il puisse commencer son jeu de séduction avec Mathieu qui paraissait s’être apaisé.

La femme lui jeta un véritable regard de tueur. Cependant les mots dont-il avait usés avaient semblés faire tilts dans sa tête étant donné qu’elle jetait de petits regards autour d’elle, marmonnant des mots incompréhensibles.

Elle partit comme cela, continuant à les fusiller du regard, ne demandant pourtant pas son reste.

Mathieu laissa échapper un soupire de soulagement qui fit sourire Franck, pensant qu’il avait déjà gagné une bonne partie de la bataille.

À vrai dire, le jeune homme était réellement content de l’intervention de son voisin. Ça n’en aurait jamais fini dans le cas contraire et il aurait été tenté d’en venir aux mains.

« Merci d’être venu me secourir, je ne m’en serais jamais sortit seul. »

Le blond lui servit un magnifique sourire, tout ce qu’il a de plus innocent, qui le fit littéralement fondre.

« Oh ! je suis sûr que tu aurais réussi à t’en sortir, seulement je me suis dit qu’elle était vraiment collante et que tu étais sûrement pressé de finir de tout emballer.

- En effet. Surtout que demain je remets le couvert alors j’aimerais bien faire une nuit complète.

- Une foi que j’aurais fini de remplir mon propre camion je viendrais t’aider, cela ne devrait pas prendre trop de temps.

- Non, merci, cela ira, sourit le jeune homme, ayant parfaitement compris ce que désirait réellement Franck.

- Ne sois donc pas bête, tu gagnerais un temps fou si tu acceptais mon aide. »

Et Mathieu savait que c’était la vérité. Mais il savait aussi se que signifiait réellement accepter. Accepter c’était coucher avec l’autre. Oh ! Il le désirait aussi mais il n’était pas sûr de vraiment le vouloir.

•••

Ils hissèrent difficilement la dernière caisse dans la camionnette. Ils leur avaient fallu plus d’une heure pour tout charger ; il aurait fallu plus du double à Mathieu pour exécuter une telle tâche seul.

Il était à présent près de vingt heures et il faisait nuit noire. Tout le monde était rentré à la maison, les laissant seuls dans la rue. Cela expliquait peut être le fait que Franck est collé ses hanches contres celles agréables du plus jeune, entament un mouvement appréciateur, un doux balancement, semblable à une danse sensuelle.

Et le corps de Mathieu y répondit.

Il se laissa aller, voguant sur la vague puissante qui l’emportait.

Ses yeux c’étaient fermés malgré lui alors qu’il tendait son cou, donnant libre accès au jeune homme. Il mordit doucement sa jugulaire, laissant une légère trace rouge sur sa peau brune.

Leurs deux bassins continuaient à se caresser l’un contre l’autre, créant maints frémissements dans le creux de leurs reins, ceux-ci remontant lentement le long de leur colonne vertébrale, le désir les parcourant de part en part.

La bouche se saisit les lèvres de son opposé et commença un baiser époustouflant, sa langue caressant avec tendresse et fougue sa rivale. Sa main, pendant ce temps, glissait sur le torse encore emmitouflé du garçon. Elle s’arrêta enfin au niveau de l’entrejambe de celui-ci, le pressant subtilement, faisant se cambrer Mathieu.

Sa bouche se détacha de l’autre et alla rejoindre l’oreille de son amant et il y susurra :

« Dès que je t’ai vu, j’ai su que tu avais le sexe dans le sang. »

Il entreprit ensuite de mordiller le lobe charnu qui se présentait à lui mais n’obtient aucune réaction, le lycéen s’étant tendu dans ses bras.

La phrase qui aurait du le rendre pantelant de désir avait été un déclic. Jamais de sa vie il n’avait eu aussi honte. Il avait l’impression d’être une prostituée qui se vendait pour deux lignes de coke.

Les mains de Franck n’étaient pour lui plus que d’immondes limaces glissantes, gluantes, sur son corps. Il ne ressentait plus aucun plaisir.

Sa bile recommençait sa brûlante et acide ascension.

Il repoussa l’homme avec force. Il ne fut évidemment pas de cet avis mais la honte lui donnait une force étonnante.

« Je ne suis pas une putain ! »

Il avait hurlé ses mots, sans même s’en rendre compte, épuisé, haletant.

Le désir était tombé.

Le blond le dévisagea avec dégoût, reniflant de mépris :

« C’est pourtant l’image que tu donnes. »

Et il tourna les talons, rejoignant son camion. Il ne se retourna pas une seule fois et démarra rapidement.

Bientôt, Mathieu fut seul dans la rue, tremblant de tous ses membres, les larmes commençant à s’écouler le long de ses joues.

Une voix résonnait dans sa tête, violente et agressive alors qu’il avait la sensation d’une main se resserrant sur son bras, lui brisant l’os, broyant ses muscles.

Les mots virevoltaient dans sa tête, s’échouant douloureusement contre ses tempes.

Son corps se contracta. Des millions d’aiguilles lui transperçaient ses membres.

Il vomit dans le caniveau, la gorge en feu.

Jamais, jamais plus. Il se le jurerait.

Jamais plus.

•••

Le téléphone portable du jeune homme sonna dans le silence de la nuit, lui volant un sourire. Il se jeta dessus avec une joie inqualifiable et crut mourir de bonheur en voyant le nom s’afficher sur le petit écran. Son pouce tremblait quand il appuya avec force sur le petit téléphone vert et un cri de pure extase faillit s’échapper de sa gorge quand il entendit, enfin, la voix chérie à l’autre bout du fils.

Le sourire qui lui bouffait le visage était impressionnant, alors que ses yeux étaient plissés, rieurs. Tout son corps était détendu, paisible. Il se calla dans sa couette de manière à être le mieux possible installé alors que son interlocuteur parlait sans discontinué, ne prenant même pas le peine de respirer.

Il pouvait enfin être lui-même. Un rire lui échappa, interpellant la personne qui ne lui avait pas encore laissé le temps de placer un mot. Elle lui dit quelque chose qui provoqua un peu plus son hilarité :

« Tu ne peux pas savoir à quel point je suis heureux de te parler. »

Une exclamation de bonheur se fit entendre à l’autre bout du fils.

« Moi aussi je t’aime. »

Un sourire paisible détendait ses traits, ses paupières se refermant sur ses yeux fatigués. Et il se laissa aller, écoutant avec amour et patience son interlocuteur, profitant au maximum de son petit plaisir du dimanche soir, tous ses problème s’envolant comme fond la glace face au soleil.

•••

à suivre…

•••

(1) J’ignore tout des chaises percées et de leurs petits secrets et j’avoue cité le bois comme référence car je sais que c’est un bois très beau et solide. Je peux avoir faux sur toute la ligne.

•••

Je n’ai pas voulu trop en mettre sur la brocante, une scène plus important arrivant dans un chapitre prochain. Si j’ai mis Mathieu ici en action dans un tel lieu c’était pour le présenter dans son environnement j’espère donc ne pas trop avoir déçu les lecteurs ; ne vous inquiétez pas il y en aura d’autres.

Sinon, j’avoue avoir eu énormément de mal à écrire ce chapitre, Mathieu et yann n’en faisant qu’à leur tête, mais j’ai réussit à les mettre dans le droit chemin (enfin le chemin que je leur est tracé.)

Le Mathieu que vous voyez là est assez différent de celui que j’avais créé au départ mais il ne m’en plait que plus, je vais donc continuer avec lui, et le faire évoluer doucement !

À bientôt j’espère pour le chapitre trois, à condition que je l’écrive avec plus de facilité.

Encore merci pour vos messages, merci aussi de me lire !

Bisous doux !

Zoo†


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