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Author: Kage Hane
Fiction Rated: T - French - General/Drama - Reviews: 5 - Published: 10-06-06 - Updated: 08-10-07 - id:2258209

Auteur : Kage Hane

Titre : Melodie

Genre : Romance

Note : Voila, enfin rentrer de vacances ! Désolé pour ne pas écrire plus souvent. En plus, je vous l'accorde ce chapitre est plutôt court, seulement 5 pages, mais bon, j'ai pas l'habitude de faire des trucs si mielleux. Je l'ai tellement relu que je dois le connaitre par cœur lol ! Donc, dites moi ce que vous en pensez (que je sache au moins si ça fait trop fleur bleu ou pas !) et bonne lecture...

Chapitre XI : Les Désirs Des Uns

Et Les Peurs Des Autres

Gwen ne revint pas les jours suivants. Quentin était effrayé à l’idée qu’elle soit malade, seule chez elle. Et à la fois, il craignait qu’à présent elle l’évite, après le baisé qu’il lui avait volé. Lorsque sa mère l’appela le mercredi soir, Quentin demanda à parler à son frère. Ils discutèrent alors durant près d’une heure. Sébastien finit par le rassurer en lui disant qu’elle travaillait peut-être sur ses devoirs, après tout elle aussi avait un bac à la fin de l’année, ou aider son père à la boulangerie. Il n’avait pas tort, et Quentin n’y avait même pas pensé.

- Tu es vraiment amoureux d’elle, affirma Sébastien en riant au bout du fil. Il faudra que tu me la présentes quand je reviendrai, que je sache qui est la personne qui a réussi à décoincer le cœur de marbre de mon adorable petit frère !

- Arrête de te moquer de moi ! Et qu’est-ce qui te dis que je l’aime ? Répondit Quentin oscillant entre colère et embarras.

- Il n’y a pas de honte à aimer quelqu’un, je te signal. Et d’ailleurs, si ce n’était pas le cas, te ferais-tu autant de souci pour elle ? M’aurais-tu même demandé conseil s’il avait s’agit de quelqu’un d’autre ? Je suis même sûr que tu ne peux déjà plus t’empêcher de penser à elle, à sa douceur, son parfum, sa peau, son co….

- Ca va, le coupa Quentin le rouge au joue, bénissant le fait d’être au téléphone, et non en face de son frère, qui, il en était certain, aurait été ravi de se moquer encore plus de lui. J’ai compris !

Il ne pouvait donc plus le nier. Il avait toujours sentit qu’il avait des sentiments pour elle, même enfant. Seulement, il avait toujours cru que c’était de Mélodie dont il était tombé amoureux. Or Gwen et Mélodie, bien qu’une seule et même personne, étaient très différentes l’une de l’autre… Quoiqu’à bien y réfléchir, Quentin se demandait si c’était bien vrai. En tout cas, il décida que le lendemain, il irait chez Gwen pour voir comment elle allait.

Ainsi, en début d’après-midi, il descendit dans le petit village. Arrivée à la porte de l’appartement de la jeune fille, il entendit des cris provenant de l’intérieur. Aux voix qu’il perçut, il en déduit qu’il s’agissait d’une dispute entre deux femmes. Non, à force de tendre l’oreille, il remarqua qu’un homme y prenait part aussi. Quentin, entendant des brides de la conversation, comprit que la dispute était entre Gwen et son père, alors que sa mère tentait de résonner son mari. A ce qu’il pu entendre, le père de Gwen voulait envoyer celle-ci dans une école privée où elle n’aurait rien à dire au sujet de sa santé. Une des connaissances de son père y était le directeur, et il avait l’habitude de voir passer des personnes « à la santé délicate » aussi butées et caractérielles qu’elle. Malgré les supplications de la mère qui ne voulait être séparée de sa fille, l’homme, obstiné comme sa fille, ne voulait changer d’avis.

De lourds bruits de pas se résonnèrent alors en direction de Quentin. Comprenant que le père voulait sans doute quitter la maisonnée, il s’écarta de la porte. Malheureusement pour lui, celle-ci s’ouvrit avant qu’il n’est le temps de se reculer suffisamment pour ne pas avoir l’air de quelqu’un se suspect. Cependant, fort heureusement pour lui et son cœur, une voix douce mais rempli de colère se fit soudain entendre, alors que l’homme avait à peine entrebâillé la porte.

- Alors la présence de ta fille malade te dégoûte à tel point, que tu n’attends même pas ma fin pour te débarrasser de moi. Tu veux déjà me jeter dehors ? Seulement, tu n’auras pas le temps de m’y envoyer. Et quoique tu dises ou fasses, je ne t’écouterai pas. C’est ma vie ! Et j’ai le droit de la finir de la manière qui me semble le mieux. Mais même si tu es incapable de me comprendre, de comprendre ta propre fille unique, même un tout petit peu, s’il te plait, fait au moins semblant. Fait comme maman. Ne rends pas les choses plus difficiles qu’elles ne le sont déjà. S’il te plait. Je ne veux pas te perdre si tôt… Sinon, je ne te considérerai plus comme mon père.

La voix d’abord empli de colère, s’était faite petite à petite plus faible, plus triste, au point qu’un sanglot accompagne dans les derniers mots. Soudain, un bruit sourd retentit dans l’appartement. Celui-ci fut ensuite suivit des hurlements d’indignement de la mère de Gwen.

- Tu es complètement fou, s’exclama celle-ci. Te rends-tu seulement comptes de ce que tu fais ?

Ne sachant quoi faire et craignant que cette dispute continue encore un moment, Quentin se décida à sonner, en essayant de paraitre le plus naturel possible. Un grand silence se fit derrière la porte. Il fallut quelques secondes avant que des bruits de pas apparaissent et que quelqu’un vienne ouvrir la porte. Ce fut la mère, les yeux rouges et encore tremblante, de colère semblait-il, qui l’accueillit.

-Bonjour madame, dit Quentin en souriant pas vraiment à l’aise. Est-ce que Gwen serait là, s’il vous plait ? J’ai quelque chose de très important à lui dire.

-Bien sûr entre, répondit la femme en lui rendant son sourire avec peine. Elle est dans sa chambre. je suis sûre qu’elle sera ravie de te voir.

Bon, Quentin avait peut-être un peu exagéré en disant qu’il avait quelque chose d’important à lui dire, mais au moins, il allait pouvoir la voir. Ce qui le rassurerait sûrement beaucoup. Alors qu’il avançait dans l’entrée, Quentin vit arriver du salon un homme assez grand, plutôt costaud et au regard noir. Il détailla d’ailleurs Quentin des pieds à la tête avant que sa voix grave ne vienne briser le silence ambiant.

-Qu’il rentre chez lui celui là, gronda-t-il le regard plein de mépris. Tant que cette gamine ne changera pas, il lui sera interdit de sortir d’ici et de voir qui que ce soit.

- Mais tu as bu, ma parole ! Affirma la mère de Gwen derrière Quentin effarée. Ou tu as vraiment perdu l’esprit. Mais quand est-ce que tu vas ouvrir les yeux ? Notre fille est malade ! Malade, tu m’entends ? Crier ou la punir n’y changera rien ! Tous ce que tu vas y gagner, c’est sa haine et des regrets. Alors au lieu de jouer les crétins, va la voir pour t’excuser avant qu’il ne soit trop tard !

-Jamais ! S’il y a quelqu’un ici qui doit des excuses ce n’est pas moi. Je suis son père, et elle a à m’obéir. Je ne la laisserai pas faire ce qu’elle veut, à écouter chacun de ses caprices comme toi.

-Pourtant tu n’as pas le choix, répondit-elle calmement alors que l’homme s’éloigner à nouveau, enfin fuyait d’après Quentin, puis elle se tourna vers son invité. Va la voir, et amène la loin d’ici pour un moment, s’il te plait. J’ai à parler à mon mari en privée.

Quentin, pas sûr de tout comprendre, fit ce qu’on lui dit. Il alla frapper à la chambre de Gwen, seulement, personne ne répondit. Il entra quand même, se disant qu’elle ne savait qu’il s’agissait de lui. De toute façon, la maitresse de maison lui avait dit d’aller la voir. La pièce semblait vide. Quentin dû faire au moins trois fois le tour des yeux, avant de l’apercevoir assise par terre dans un coin. Elle était repliée sur elle-même, les larmes glissant lentement sur sa peau frêle. Lentement, Quentin vint s’assoir à ses côtés et lui prit la main.

- Gwen, est-ce que ca va ? Demanda-t-il le plus doucement qu’il le pu, ayant peur de l’effrayer ou de la faire encore plus se replier sur elle.

Encore une fois, elle resta muette. Elle leva tout de même la tête, ce qui lui permit de rencontrer des yeux d’une tristesse infinie. Mais, ce qui choqua le plus Quentin ne fut pas ses yeux. Non, une grande marque rouge lui barrée la joue. Une immense marque qui avait l’air de se mettre à saigner au moindre petit éraflement. Quentin sentait alors une rage monumentale grimpée en lui. Il fit lever Gwen, avant de lui mettre un manteau et des chaussures. Puis, regardant encore une fois ce visage blessé, il sentit sa colère bouillir en lui. Main dans la main, ils se dirigèrent vers la porte d’entrée sans qu’aucun mot ne fût échangé entre eux.

- Où allez-vous ? Interrogea le père, d’une voix presque menaçante, lorsqu’il les vit traverser le couloir.

- Là où il n’y aura personne pour faire subir à Gwen ce que vous lui infligé, affirma Quentin avec désinvolture en se tournant vers l’homme. C’est vrai qu’elle est votre fille. Et c’est vrai qu’elle vous doit le respect. Néanmoins, ni vous ni elle n’avez décidé de sa santé, alors vous n’avez pas à la punir. Vous avez le doit de vouloir la voir guérit, vivre en bonne santé. C’est votre unique enfant, c’est normal. Seulement, c’est aussi son droit de refuser de revivre ce qu’elle a déjà vécu une fois, ce qui la traumatisé au point qu’elle en fasse des cauchemars aujourd’hui encore. A moins que vous connaissiez si mal votre fille que cela aussi vous l’ignoriez ?

- Je ne vous permets pas, jeune homme.

- Désolé, mais je n’ai pas besoin de votre permission. J’emmène Gwen avec moi, cela aussi avec ou sans votre consentement, continua Quentin son regard noir de fureur encré dans ceux de cet homme. Et à votre place, j’en profiterai pour réfléchir. Réfléchir à ses dernières années, ainsi qu’à aujourd’hui, pour essayer de trouver un moyen de ne pas laisser partir votre fille en vous haïssant. Après tout, même si vous hurlez jusqu’à épuisement, la mort ne vous écoutera pas, si elle décide de l’enlever.

Quentin serrant la main de Gwen, partit en emportant celle-ci avec lui sans un regard en arrière, alors que le père de la jeune fille, après un moment de surprise, leur crier de revenir. Ils coururent alors de manière effréné jusqu’à la sortie du village, ainsi qu’un bout du chemin qui menait à la maison de Quentin.

- Attends s’il te plait Quentin, marmonna soudain Gwen derrière lui.

Le jeune homme s’arrêta alors, tandis que Gwen tombait littéralement à genoux par terre, le souffle court. Sa respiration forte était visible dans la froidure hivernale. Dans leur course, la pince qui tenait la chevelure de Gwen était tombée, et à présent elle était là, à terre, ses longs cheveux se faisant emportés par le vent. Après quelques instants, n’ayant toujours pas repris son souffle, elle mit une main sur sa tête, et ferma les yeux, le teint très pâle, vacillante comme si elle avait un vertige.

- Je sui désolée Gwen, dit alors Quentin en la fixant inquiet, accroupit à ses côtés. Je n’ai pas pensé au faite que tu…

- Ce n’est pas grave, assura-t-elle. Je me sens déjà un peu mieux.

- Tu as perdu ta barrette à cause de moi, continua-t-il en baissant les yeux, d’un air coupable.

- Ca ne fait rien, répondit-elle en souriant. En plus, je ne l’aimais pas celle-là, et puis, j’en ai plein d’autres à la maison.

C’était la première fois qu’il la voyait les cheveux lâchés. Alors que son visage retrouvait ses couleurs, il se dit qu’elle était vraiment très belle. Sa longue chevelure noire mettait en valeur ses traits fins et délicats, tout en renforçant la pureté de ses deux océans qui le fixaient.

- Tu te sens peut-être mieux, mais pas assez pour pouvoir marcher jusque chez moi, pas vrai ? Interrogea-t-il en la voyant avoir du mal à se redresser. Je vais te porter sur mon dos, d’accord ?

Le reste du chemin se fit donc ainsi, Gwen sur le dos de Quentin. Elle était si légère. Elle mettait toujours de grands et amples vêtements, sûrement pour cacher sa maigreur. Ces derniers temps, et il l’avait remarqué, il n’était pas rare qu’elle manque d’appétit, elle pourtant si gourmande, tandis qu’elle avait de plus en plus de nausées, qui se finissait souvent en vomissements. Cependant, elle paraissait y être habituée, et faire une remarque aurait pu être mal prit.

Une fois chez lui, Quentin se hâta de désinfecté sa joue et d’y posait un sac de glaçon pour ne pas que cela gonfle. Il espérait qu’elle n’en garde pas de traces.

- Tu peux rester ici autant que tu le souhaites, lui dit-il soudain.

- Tu es gentil, merci, répondit-il en souriant. Mais tu sais que je ne vais pas rester longtemps.

Quentin la serra alors contre lui, voulant porter ce fardeau avec elle. Gwen avait tant l’air triste et seule. Cela devait être dur de devoir, en plus, se battre avec ses parents. Quentin se rendit soudain compte qu’il ne la connaissait quasiment pas. Certes, elle lui avait beaucoup parlé de sa vie, mais de sa vie d’avant. C’était la vie de Mélodie qu’il connaissait, pas celle de Gwen.

Pour détendre l’atmosphère, Quentin l’amena au salon, s’assit au piano et joua pour elle. Il voulait lui faire passer ses sentiments sur Liebestraum de Franz Listz, ou essayer de la faire rire avec sa version personnelle de Casse-noisette de Tchaïkovski. Il joua tout ce dont il était capable, avec plus ou moins de réussite, mais le visage heureux de Gwen était tout ce qui lui importait.

- Quentin, Eine Kleine Nachtmusik, s’il te plait, l’interrompit-elle.

Quentin la regarda avec bonheur, puis la douce musique de Mozart retentit. Gwen était près de lui, à le contempler caresser ses touches, presque avec envie. Cette musique leur rappelait à tous deux tant de bons souvenirs. Combien de fois avaient-ils pu la jouer ensemble étant plus jeune, lui au piano, elle au violon. Il en était si nostalgique. Cette musique représentait tant.

- Ce serait plus jolie si tu pouvais m’accompagne, dit Quentin à la fin.

- Mais je n’ai pas de violon, s’exclama-t-elle étonnée après un moment de réflexion.

Au moins, elle n’avait pas refusé et y avait réfléchit, ce qui fit sourire Quentin de joie. Ils allèrent ensuite dans la chambre du jeune homme, où Gwen se précipita à la fenêtre. Il y avait assez peu de nuage, en comparaison à la matinée brumeuse et grise qu’ils avaient eu. Le soleil commençait déjà à descendre, ce qui laissait apparaitre un spectacle fabuleux. Quentin eut l’impression que Gwen avait envie d’aller observer se couché de soleil depuis la falaise, mais qu’elle en avait ni la force, ni le courage de lui demander. Depuis un moment, elle était encore plus fatiguée et faible physiquement, et elle en était consciente à son grand désarroi, pensait Quentin.

- J’aime les couchés de soleil. C’est si beau, chuchota-t-elle après quelques minutes. Tu veux savoir ce qu’il y a de si merveilleux en eux ?

- Oui, acquiesça Quentin perplexe.

- C’est qu’ils sont tous différents, affirma-t-elle heureuse. Ces six dernières années, j’en ai vu tellement et je crois que je ne m’en lasserai jamais. C’est toujours un spectacle unique, aux couleurs fabuleuses, qui donne l’impression d’une magie sans fin tout droit sortie d’un conte. C’est un spectacle éternel. C’est la seule chose qui depuis notre naissance et jusqu’à notre mort, nous suit chaque jour, dans ce cycle sans fin du levé et du couché, comme un phénix qui renait de ses cendres au matin pour n’être à nouveau que cendre le soir. Pourtant, même les plus belles choses ont une fin, n’est ce pas ? C’est dommage, mais c’est la vie. Et puis, qui sait, peut-être que d’une manière ou d’une autre, on est tous aussi des soleils.

Gwen semblait en paix en prononçant ces mots tout en fixant la voute céleste. Jamais il n’avait semblé à Quentin, que la demoiselle lui ressemblait autant. Il pensait la même chose chaque matin en contemplant le soleil se lever depuis la cuisine. Mais malheureusement, il ressentait surtout ce sentiment en présence de la jeune fille.

- C’est vrai, murmura-t-il tristement plus pour lui-même que pour elle. Pourquoi les belles choses ont-elles une fin ? Le bonheur ne pourrait-il pas être éternel ?

- Mais il l’est, affirma Gwen qui l’avait entendu. L’éternité, c’est de ne pas tomber dans l’oubli. Alors, tant que l’on se rappelle, ce qui nous rend heureux, ou ce que l’on aime, ça n’a pas de fin. Jules César est parfait exemple. Il est mort depuis des siècles, et pourtant, son nom, sa personne, sa vie est toujours là… Quentin ? Qu’est-ce qu’il y a ? Tu t’es fait mal ? J’ai dit quelque chose qu’il ne fallait pas ?

Lorsque Gwen s’était tournée pour regarder Quentin, elle avait aussitôt perdu son sourire. Celui-ci se rendit soudain compte en voyant le malaise de la jeune fille qu’il pleurait. Des larmes silencieuses glissaient le long de ses joues, en produisant un étrange sentiment au niveau de son ventre. Un sentiment étrange et unique pour lui, qui ne pleurait que très rarement. Pourtant, les faits étaient là, et il ne pouvait s’empêcher d’exprimer son mal être, sa peine, comme le fait un verre trop plein.

- Je suis désolé, chuchota-t-il en essuyant ses joues.

- Mais pourquoi ? Il n’y a pas de mal à pleurer ! Rétorqua-t-elle en voulant le consoler.

- Ce n’est pas ça, avoua-t-il en s’approchant d’elle. Je crois que j’ai peur. J’ai pas envie… Non, je ne supporterais pas de te perdre encore. Tu es mon trésor, ma vie… mon cœur, Gwen. Et je… enfin, ce que j’essaye de te dire, ce que… je… je t’aime Gwen. Oui, je t’aime.

Gwen le regarda les yeux brillants et un sourire plein de compassion aux lèvres. Quentin, lui, détourna la tête pour ne plus qu’elle le voit pleurer. Après quelques secondes à le fixer, Gwen se décida à le prendre par la main pour le faire s’assoir sur le lit. Elle s’agenouilla alors face à lui, de manière à pouvoir capter son regard, et continuant à lui sourire, elle frôla délicatement de sa douce main ses joues pour leur enlever tout signe de mélancolie.

- C’est humain d’avoir peur, murmura-t-elle alors. C’est toi-même qui me l’as dit. Seulement, ne te rends pas malheureux à cause de ça. N’ais pas crainte de me perdre, car tu ne me perdras jamais. Tu veux pourquoi ? Parce que je suis dans ton cœur pour toujours. Ça aussi tu viens de le dire, je suis ta vie. Et puis, s’il y a un autre monde quelque part, un après ou je ne sais quoi, je t’y attendrai. Je te surveillerai même depuis là-bas, jour et nuit, pour être sûr que tu vas bien, que tu ne fais pas de bêtises, et que tu mènes la vie que tu mérites. Parce que tu mérites vraiment d’être heureux. Par contre, si tu ne fais pas tout pour, je te jure que je t’en voudrai pour toujours. Alors, fait attention à toi.

Gwen se redressa alors devant lui. Elle lui prit alors les deux mains et les serra fort entre les siennes. Un sourire sur la face, elle le contemplait, les yeux plein de bonheur, sur le point de pleurer. Ensuite, doucement, elle approcha son visage du sien, jusqu’à sentir son souffle contre sa peau. L’air hésitante, jusqu’à caresser de ses lèvres les siennes. En fermant les yeux, jusqu’à l’embrasser d’elle-même pour la première fois.

- Et aussi parce que tu es aussi dans mon cœur. Je t’aime.

Quentin ne remarqua qu’elle s’était détachée de ses lèvres que lorsqu’il sentit son souffle chaud caressait son oreille. Il était complètement déconnecté. Il n’en revenait toujours pas. Pourtant, il était heureux, si heureux. Tellement que son cœur paraissait exploser dans sa poitrine. Un sourire se forma sur son visage sans qu’il ne le veuille. Il était si heureux, tout simplement.

Gwen se redressa alors, et vint s’assoir, le rouge au joue sur ses genoux, avant de passer ses bras autour de son cou et de l’enlacer. Quentin cru un instant qu’elle pleurait. Mais il se rendit vite compte, qu’elle était juste en train de se moquer de lui, de sa non-réaction face à sa déclaration plutôt. Se réveillant soudain, il passa à son tour ses bras autour de sa taille, pour la rapprocher encore un peu plus de lui. Il se sentait si bien là, son corps contre le sien. Caressant ses doux cheveux et sentant l’odeur de son parfum, jamais il n’avait été si comblé. S’il avait dû décrire le bonheur, il l’aurait sûrement dit comme cela, entre les bras de la personne qu’on aime et qui nous aime en retour.

- Je t’aime tellement, murmura-t-elle encore à son oreille. Je crois ne jamais avoir ressentit une sensation si forte auparavant. T’as intérêt à en prendre la responsabilité.

Le coup qu’elle lui avait gentiment fait sur ces dernières paroles le fit rire. Au moins, certaines choses ne changeraient jamais. Quentin la prit par les épaules, et la recula pour pouvoir la contemplait encore et encore. Ses yeux bleus lui apparurent soudainement comme des saphirs, des diamants d’une brillance et richesse sans fin. Se rapprochant lentement d’elle, ils s’embrassèrent alors. Un vrai baisé cette fois, où timidement leurs langues se rencontrèrent dans une danse amoureuse.

Gwen avait tort lorsqu’elle disait dans une de ses chansons que le paradis n’existait pas sur terre, se dit soudain Quentin alors que leur baisé se faisait plus passionné. Elle avait tort, parce qu’à cet instant, il se sentait au paradis. Pour preuve, il avait même un ange contre lui qui l’embrassait avec tendresse. Le charme d’Eros avait fonctionné, leurs deux cœurs avaient été touchés par une même flèche. Le paradis était entre ses bras, dans son amour. Ils s’aimaient et rien n’étaient plus merveilleux.

Gwen passa le reste de la journée chez Quentin, ainsi que la nuit. Ils dinèrent tous deux ensemble en parlant librement de ce qui leur passait par la tête, sans se quitter des yeux. Le jeune homme lui trouva des vêtements à sa taille dans les placards de sa mère, et lui prêta tous ce qui pouvait lui manquer. Avant d’aller dormir, il lui coiffa même sa longue chevelure avec douceur et affection. Il voulait chérir chaque partie d’elle.

Finalement, ils s’endormirent l’un dans les bras de l’autre, la tête de Gwen reposant sur le torse de son petit ami. Ce soir là, la jeune fille ne fit aucun cauchemar. Par contre, tous deux firent de splendide et fabuleux rêves.

A suivre….



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