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Author: Kage Hane
Fiction Rated: M - French - Romance/Sci-Fi - Reviews: 4 - Published: 10-21-06 - Updated: 12-03-06 - id:2264310

Auteur : Kage Hane

Titre : Le Troisième Monde

Genre : Romance (Yaoi), Science Fiction, Violent pour quelques chapitres

Résumé : L'histoire se déroule dans le futur, soit en 2117 (à peu près), alors que la terre a été complètement dévastée et que les quelques survivants ont pris refuge dans des bases sous-terraines. Janus est un jeune garçon de 13 ans vivant sagement avec ses parents et sa sœur, Natsu, dans la base Artémis 5. Cependant, un jour sa base est attaquée et il se voit alors obliger de vivre dans la base 5. Sa vie se résume alors à silence et douleur, jusqu'à ce qu'une rencontre lui bouleverse la vie et l'aide à réapprendre à vivre... Et à aimer ?

Notes : Le troisième monde fait partie d'un ensemble d'histoire que j'ai envie d'écrire sur une famille très particulière, vous saurez en quoi par la suite. Cette fic relate ainsi l'histoire du dernier membre de cette famille, mais non pas des moindres puisqu'il est quasiment question de lui dans toutes les autres. Par ailleurs, tous ceci se déroule dans le futur d'ici plus de cent ans, alors que le monde a bien changé de celui d'aujourd'hui ( merci qui ? merci la science ). C'est donc une contre utopie du futur basé sur des faits, eux par contre, réels et possibles.

Mise en garde : Etant une fan de Yaoi, cela fait un moment que j'avais envie d'en écrire un. Cette histoire comporte donc des scènes où il est question d'amour entre hommes, bon ok pas tout de suite, mais y en aura quand même pas mal je tiens à le dire. Bien sûr, je préviendrai en début de chapitre lorsqu'il y aura des lemons ou autres, ce qui ne sera pas avant quelques chapitres, je précise. Donc, tout personne ne supportant pas les relations homosexuelles est priée de passer son chemin...


Prologue :

Jusqu’à présent, je ne me suis jamais demandé comment aurait été la vie si elle avait été différente. J’ai souvent lu des livres qui parlaient du passé, de ce monde si lointain, si étrange par rapport au notre, que j’arrive à peine à imaginer comment est-ce que cela était d’y vivre. Etre libre, vivre dehors, ne pas se cacher, ne pas avoir peur de perdre ceux que l’on aime, ne pas craindre un avenir incertain… Mais ça, c’était avant. Avant la Grande Catastrophe qui a affaiblit notre espèce et apportait un mal mortel.

Je ne me suis jamais plains de cette vie, car jusqu’à aujourd’hui, en comparaison à d’autres, j’ai toujours eu beaucoup de chance. Mon père travaille…. Enfin, je crois qu’il est plus juste de dire qu’il travaillait à la base Artémis, l’une des « 3 bases pensantes », les deux autre se nommant respectivements Hécate et Séléné, où il faisait parti du conseil. C’est dans ces bases que les décisions importantes sont prises pour notre survit. Alors, vivant avec nos chefs, je n’ai jamais manqué de rien. J’ai toujours vécu heureux et insouciant dans notre bel appartement, avec mon père, ma mère et ma sœur de 6 ans plus vieille que moi. Je ne mettais jamais demandé ce qui se passait à l’extérieur. J’en avais une certaine idée de part ce que m’avait appris mon professeur attitré pendant nos heures de cours. Il m’avait expliqué lors d’un cours d’histoire, ce qui s’était vaguement passé ce jour là, ce jour de décembre 2013, ainsi que ce qui a suivit. Enfin, ce que les archives et les témoignages des survivants ont permis de supposer. Lorsque j’avais 7 ans, on a célébré, si on peut dire ça comme ça, les 100 ans de la Grande Catastrophe. Je me rappelle que cela avait été triste et que l’on avait rendu hommage à tant de morts. Mais je ne comprenais pas le sens de tout cela. Je crois que je viens seulement de m’en rendre compte.

Je me souviens de ce que m’avait un jour dit mon père, alors qu’il devait aller travailler et que moi, je voulais qu’il reste pour jouer encore avec moi. Il m’avait raconté que nos arrières-grands-pères avaient fait des erreurs, beaucoup d’erreurs. Que nos grands-pères, qui ont survécu à ces erreurs, ne pouvant les arranger, ont tenté de recréer un monde vivable. Et quant à nos père, c’est-à-dire lui et sa génération, ils se devaient de protéger ce nouveau monde pour permettre à leurs enfants de vivre en sécurité, parce que l’on était l’avenir de ce monde et aussi parce qu’il ne fallait refaire l’erreur de nos égoïstes arrières-grands-pères qui n’avaient pas pensé à nous. « Tu es l’avenir de ce monde, mon fils, avait-il ajouté, ne l’oubli pas. Si nous, nous n’avons pas encore réussi à trouver solutions aux problèmes, alors toi tu le feras. Et si tu ne le peux non plus, alors tu feras comme moi, et tu passeras ta vie à protéger ceux qui le pourront, ceux qui sont notre avenir, parce que c’est tous qu’il nous reste aujourd’hui. » Il m’a ensuite laissé là, et est finalement parti travailler. Maintenant, je comprends ce qu’il voulait dire. Seulement, je ne suis pas sûr de pouvoir faire ce qu’il m’a demandé. Je crois que, je n’en aurais pas le temps, car mon monde s’est éteint ce matin et à présent, c’est à mon tour.

Dans la base Artémis, j’étais le plus jeune. Non, en fait, je ne l’étais plus vraiment. Anna est…était enceinte. Anna, c’était la meilleure amie de ma sœur. Ses parents étaient de grands docteurs, et du plus loin que je me souvienne, elle a toujours eu leur don. Oui, c’était un fantastique médecin Anna, qui avait toujours le sourire, toujours. Dès que j’avais le moindre souci, elle accourait pour m’aider ou me soigner. Ce que je peux l’aimer Anna. Elle s’est mariée, il y a à peu près deux ans avec Ian, qui est, quant à lui, le fils de notre actuel premier ministre. Je me rappelle, que lorsque nous étions enfant, ma sœur, Anna et Ian étaient inséparables. Les meilleurs amis du monde, que l’on voyait toujours rire, quelques soient les situations. Et ils en avaient fait des bêtises à eux trois, moi ça me faisait toujours rire, papa et maman par contre, c’était une autre histoire. Pour embêter les deux autres, Natsu et moi, dès qu’on les voyait ensembles, on leur criait « Oh les amoureux » dès dizaines de fois, voire plus, sans s’arrêter. Après quelques minutes, Anna perdait patience, se fâchait et disait haut et fort que c’était faux, qu’elle n’était et ne serait jamais amoureuse de Ian. La tête que ce pauvre Ian faisait alors. Mais il ne disait rien, je crois qu’au fond de lui, il savait déjà que ce n’était pas vrai, et il se contentait de lui sourire, comme si de rien n’était. Leur histoire s’est quand même bien arrangée. Natsu est arrivée à la maison, un jour, complètement excitée et était pire qu’une furie. Elle m’a alors serré dans ses bras, j’ai d’ailleurs cru que j’allais mourir étouffer, et elle m’a annoncé que Ian avait fait sa déclaration et qu’Anna avait aussitôt accepté. Je me rappelle encore de leur mariage, c’était le premier auquel j’assistais. Je dois avouer que c’était beau et touchant. La maman d’Anna et Natsu, enfin elles n’étaient pas les seules non plus, n’arrêtaient pas de pleurer, ce qui me faisait bien rire. Maintenant, c’était plutôt moi qui aie envie de pleurer.

Anna est…était enceinte de 8 mois. Ian m’avait expliqué que comme le bébé n’allait pas tarder à venir, Anna devait garder le lit. Quand je lui ai demandé pourquoi, Anna m’a sourit, m’a prit à côté d’elle et m’a raconté que le bébé dormait dans son ventre et que si jamais elle bougeait trop, il allait se réveiller, et que cela pourrait être dangereux, car un bébé a besoin de beaucoup dormir. Je n’ai toujours pas vraiment tout compris, mais je me souviens qu’elle avait ajouté que pour avoir un beau bébé, il fallait qu’on attende qu’il se réveille tout seul. C’est pour cela que moi, quand je viens… je venais la voir, je m’asseyais près de son ventre et chantait les berceuses que maman me fredonnait lorsque j’étais plus petit, et que me chante toujours, enfin chantait, Natsu la nuit après que je fais un cauchemar.

Natsu, mon Dieu ! Natsu, je voudrais encore être en train de faire un cauchemar pour que tu viennes me réveiller et me serres très fort dans tes bras. Ces images défilent tant dans ma tête, Natsu. J’ai mal, je veux plus les voir, je veux plus pleurer.

Natsu, toutes ces dernières minutes n’arrêtent pas de tourner en rond sous mes yeux. Comment est-ce que je peux les arrêter ? Je te revois, toi, ma sœur, complètement en sueur et paniquée me sortant du royaume des rêves au beau milieu de la nuit. Tu ne m’as rien dit, et tu t’es juste contentée de m’aider à m’habiller en vitesse. Tu as ensuite attrapé ton épée et en passant devant la chambre de nos parents, j’ai vu qu’il n’y avait plus personne. On est sorti. Les couloirs étaient vides, j’en ai l’habitude, mais là c’est différent et des lumières les éclairaient. Cela fait un moment que les gens ont commencé à quitter la base d’Artémis. Ils disaient tous qu’une brèche serait facile à faire pour entrer. De plus, une nouvelle base, bien plus grande, sécurisée et équipée à été construites, il y a peu. La base d'Andromède, de son nom. Possédant d’immense laboratoire, beaucoup de scientifiques y sont allés, et bien sûr, les gens ont suivi espérant être en première ligne le jour où un remède sera crée contre ce mal au dehors. Papa nous avait dit à maman, Natsu et moi d’y aller aussi, mais on a refusé, parce qu’on voulait rester avec lui. Maintenant je regrette, si on était allé, je suis sûr que papa nous aurait suivi assez vite et tous ceci n’aurait pas eu lieu sous mes yeux.

En attendant, même s’il y avait personne dans les couloirs, il y avait quand même beaucoup de bruits. Des cris, des pleurs, des bruits de coups, de lames qui s’entrechoquent, ou tout simplement d’armes à feu. Et puis ces hurlements. Ces hurlements de bêtes qui me glacent encore le sang rien qu’en y pensant. Je n’ai jamais eu aussi peur de ma vie. J’entends encore ces étranges bruits de pas en notre direction, alors que nous courrions. Natsu m’emmena alors, ma main dans la sienne, vers les galeries. Je savais ce que cela voulait dire, mon professeur me l’avait appris, avant de lui aussi partir ailleurs. Cela signifie que la base est attaquée et qu’il faut fuir par les galeries sous-terraines vers d’autres bases. J’avais peur, pourquoi étions-nous les seuls à nous y diriger ? « Mon dieu Natsu, j’ai crié, on a oublié Anna. Elle ne peut pas se lever, sinon le bébé va se réveiller. Comment va-t-elle faire pour prendre les galeries ? » Toi, tu ne disais toujours rien, tu te contentais de me regarder les yeux brillants.

On était alors presque arrivé. On était presque sauvé. Mais rien ne s’est déroulé à la manière de ce dont ce que mon professeur m’avait expliqué. Tu étais en train de composer le code pour ouvrir la porte des galeries, Natsu. Moi, j’étais devant, tu m’avais dit de me glisser en dessous et de courir dès qu’elle commencerait à s’ouvrir. Mais, elle ne s’est pas ouverte.

Je me rappelle de ce son dur, rapide et effrayant. Pardon Natsu, pardon, je ne l’ai pas entendu venir. C’était pourtant à moi de te prévenir s’ils approchaient, mais j’ai oublié, pardon. Quelque chose a giclé jusque sur mes joues, quelque chose de chaud et d’humide. Je revois ensuite ton visage, tes yeux grands ouverts et apeurés, ta bouche entre-ouverte, et ta peau brillante. Puis, tu es tombée, Natsu, d’abord à genoux, avant de t’écrouler complètement au sol et que ta tête ne vienne rouler jusqu’à mes pieds. Mon Dieu, Natsu ! Je n’ai jamais eu aussi mal de toute ma vie à l’intérieur. Je n’ai pas pu m’empêcher de hurler devant tes yeux vides et ton sang qui se rependait à terre. Mes larmes ont glissé toutes seules, sans que je puisse les stopper, tellement cette douleur en moi était insoutenable. Natsu… Pardonne-moi, Natsu.

Et puis, je les vu elle. Cette chimère qui avait osé te faire cela par derrière. Cette bête à moitié singe, à moitié monstre sanguinaire à qui nos arrières-grands-pères avaient eu la malheureuse idée, en plus de leur donnée vie, de leur procurer une grande partie de notre intelligence. Cependant, ils ont oublié de leur inculquer le sens du mot humanité. L’épée de ce démon était recouverte du sang de ma sœur. Sang qu’elle a léché, comme l’immonde être qu’elle était, en me regardant droit dans les yeux, un sourire pervers aux lèvres. « Tu es jeune, a alors dit la chimère d’une voix grave et pleine d’envie. Je suis sûr que ta peau doit avoir un très bon goût. » Ces mot résonnent encore dans ma tête.

J’étais seul, Natsu était morte. Je ne voulais pas mourir. La chimère s’est avancée, alors que mon cœur semblait exploser en moi. Elle était alors en train de tendre un bras pour me toucher, lorsqu’une balle à traverser sa tête pour recouvrir mon corps de ce liquide carmin visqueux dont elle était composée. Maman est alors arrivée, je crois que c’est elle qui avait tiré. Et son visage lorsqu’elle a vu le sang par terre, et la tête à mes pieds, la tête de ma sœur, de sa fille. Elle m’a aussitôt prise dans ses bras, m’enlaçant le plus fort qu’elle le pouvait, en me chuchotant des paroles réconfortantes pour me calmer. Combien de fois alors, m’a-t-elle répété qu’elle m’aimait avant de finalement me lâcher à contre cœur ? Elle est alors allée finir de composer le code et la porte s’est enfin ouverte. Alors que des bruits de pas retentissaient nous avertissant que d’autres approchaient, maman m’a une dernière fois embrassé avant de me dire de courir. Je savais aussi ce que cela voulait dire. Un mécanisme « ultime » de sécurité avait été conçu, pour détruire le passage menant aux galeries, et donc aux autres bases. Cela signifiait donc que j’avais une trentaine de secondes pour parcourir la centaine de mètres que comprenait ce piège, avant que cela ne s’effondre. Je voulais alors que maman vienne avec moi, qu’elle ne me laisse pas seule, mais nous n’avions plus le temps. D’autres chimères sont arrivées, alors, j’ai fais les larmes aux yeux ce que maman m’a crié et ce pourquoi Natsu était morte : j’ai couru.

Dans ma course, j’entendais les bruits d’un combat pendant que maman essayait de retenir ces monstres. Peut-être en a-t-elle alors tué un bon nombre, je ne sais pas, je ne devais pas me retourner, je le savais, mais on ne m’a pas laissé le choix. Nos ancêtres ont bien conçu leurs créatures, c’est la seule chose que l’on ne peut pas leur rétorquer, même blessé, ses démons sont encore rapides et énergiques. L’un d’entre eux m’attrapa brusquement la jambe, alors qu’il ne me restait qu’un mètre tout au plus à franchir. Sous le choc, je me suis retourné. La dernière image que j’ai vue alors dans cette base qui avait été ces treize dernières années ma maison, était l’épée de ma propre sœur transperçant d’un coup ma mère. Le bras meurtrier de ces démons avait fait une victime de plus. Ce visage non plus, je ne pourrais jamais l’oublier. Jamais.

Toutes les chimères présentes se sont alors précipitées dans le passage pour venir vers moi, vers leur repas, je suppose. Cependant, le temps était écoulé. En une seconde, j’ai vu toute ma vie défilée sous mes yeux, alors que ce poids s’abattait sur moi.

Seul le noir suivit, tandis que je sentais la pression à ma jambe s’atténuée. Le noir et la douleur, voila tous ce qu’il me restait. Les souvenirs de ces dernières instants d’une vie trop courte pour m’accompagner jusqu’à ma mort, je ferme lentement les yeux. Je suffoque. Mes poumons me font mal, mais c’est la souffrance de mon cœur qui me tue le plus. Je n’ai plus d’air. Je n’arrive plus à bouger. Tout mon corps est endolori par ce qui le recouvre. Je crois, oui, je crois, que c’est la fin pour moi. Mes paupières sont lourdes. Depuis combien de temps est-ce que je suis ici ? Combien de temps s’est écoulé depuis le massacre de ma famille, le meurtre de mon petit monde ? Il me semble que cela fait des heures. Ce n’est peut-être qu’une impression, je ne sais pas. Je ne sais plus rien. Je n’ai plus de force, pourquoi résister encore de toute façon ? Je vais simplement rejoindre mes parents, Natsu, Anna, Ian et les autres. Oui, ce n’est pas plus mal. J’arrive….

Des voix, il y a des voix autour de moi. Je ne les connais pas, à qui appartiennent-elles ? A des anges ? Non, je ne crois pas être encore mort. La douleur de mon corps ne ment pas. Je les entends encore, que disent-elles ?

« Attention, s’écrit un homme. Il est sérieusement blessé, mais toujours en vie. »

« Mon Dieu, hurle une femme, c’est le seul survivant. »

« Si jeune, et déjà orphelin, dit un autre. Encore un. »

Je n’ai plus envie de les entendre. Je sombre. Oui, c’est tout ce qu’il me reste à faire. Sombrer vers le néant pour ne plus avoir à penser. Peut-être que demain, toute cette journée aura été effacée. Peut-être que demain, tout ceci ne se sera jamais passé. Si seulement…

A Suivre...


Désolé pour les fautes qui pourraient subsister dans ce texte. Merci de votre lecture et des review please !


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