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Fiction » General » La vie n'a plus aucun sens font: B s : A A A . width: full 3/4 1/2
Author: Letenastare
Fiction Rated: T - French - Romance/Drama - Published: 10-25-06 - Updated: 10-25-06 - Complete - id:2266373

La vie n'a plus aucun sens

Quand j'ai su, j'ai toute de suite accouru. Le coeur battant ; le rythme haletant de mes pas. C'est une catastrophe.
Lorsque j'ai entendu le téléphone sonner, j'ai immédiatement su que quelque chose n'allait pas. A la voix inconnue qui est sortie du téléphone, j'ai failli défaillir. Eh! Secoue-toi! Il faut en finir! Pas la peine de passer par mille détours ; je coupe les digressions de cette voix qui m'interpelle : "Merde, qu'est-ce qu'i' se passe?" Silence de mort au bout du fil, je crois que je vais tomber. Ma respiration est coupée. C'est que j'entends "J'appelle de la part de votre ami X..." Ca y est cette fois, les taureaux sont lâchés. Je laisse le téléphone s'échapper de ma main et je cours. Tout droit à l'hôpital. Pourquoi est-ce que c'est moi qu'on appelle dans ces cas là? Je sens cette main glacée se refermer sur ma poitrine. Un pas de plus et c'est l'asphyxie. Il est minuit. Je m'arrête pour reprendre mon souffle et quand j'y repense, je continue à courir. Et si j'arrivais trop tard ?
Des chauffards on sait qu'il y en a plein les rues, mais ça nous empêche pas de sortir pour faire des courses. Ce soir, j'ai cru que je m'étais faite percutée à ta place quand j'ai appris la nouvelle.
Nous y voilà. Des allées et venues ; on rentre, on sort. On se demande comment s'y retrouver. On appelle, on s'énerve. Il vient juste d'arriver et tout le monde le connaît. Pas la peine de chercher des heures. Une volée de marches, des excuses aux gens renversés, et j'y suis. A la venue de la chambre j'ai peur et je pense à prendre mes jambes à mon cou. J'entre et tout ce blanc me saute aux yeux pour mieux m'aveugler. Il est inconscient, et en mauvais état. Je tombe à genou aux pieds du lit ; une infirmière s'informe.
Moi, j'ai toujours été vue comme la copine de toujours, la sympa. Je me demande encore comment tous ces gens pouvaient me faire confiance. Ce soir alors que X est au bord de la mort, je me demande pourquoi on a fait appel à moi, la meilleure amie. Je voudrais tant te dire... mais tu dors. Oh oui, quel coup du sort! J'attends là, venue sur ta demande. Et, prête à tout t'avouer, je vois bien que ça n'est pas possible. Oui, je crois que tu n'as jamais décelé en moi cette part refoulée qui était si forte... Je n'ai pas voulu tout gâcher. Plus d'une fois j'ai été prête de craquée, mais non je n'ai rien dit. Que faire quand les sentiments débordent au delà de l'amitié? J'entends ta respiration lente et douloureuse. Ta poitrine se soulève, presque en hésitant. Je tremble.

La chambre me semble plus lumineuse que jamais. Un médecin me secoue d'une main. Je suis restée dans la même position toute la nuit, comme pour supplier. Les infirmières sourient car elles croient y voir une prière, de la dévotion. Merde, j'ai l'air d'une croyante? Les seules choses en lesquelles je croyais c'étaient toi et mes sentiments. Mais la donne a changé, je suis bouche bée. Je vois bien leurs têtes et leurs messes basses. Pour qui me prennent-ils? Je reste avec ces sentiments troublants, avec mon secret inavoué.
Je revois leurs visages quand j'ai quitté la chambre sans un mot... tas d'imbéciles. Je n'ai même pas osé te toucher pendant cette nuit... la dernière, tellement j'avais peur de t'achever. Et même ce matin, quand j'ai réalisé, j'ai préféré fuir. Je me suis remise à courir. Que faire après? J'ai perdu mes seuls repères... la vie n'a plus aucun sens.
J'aurais encore préféré mourir asphyxiée à force de courir... J'aurais préféré mourir dans tes bras.

De toute façon, c'est comme si c'était fait. Je suis morte cette nuit à ton chevet.



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