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Author: princessemimiko
Fiction Rated: T - French - General/Romance - Reviews: 1 - Published: 10-31-06 - Updated: 10-31-06 - Complete - id:2269467

SAUVAGE

Dédicacé à ma meilleure amie, même si ça ne parle pas d’elle, mais de moi.

Il existe parfois des gens qui ont une sensibilité exacerbé. On leur dit qu’ils utilisent tout de suite les grands mots, qu’ils font une montagne d’une colline.

Ils écoutent juste leurs cœurs.

Je suis de ceux là.

A l’extérieur je fais partis des gens inexpressifs, a l’intérieur, je suis une bête sauvage qui s’efforce de raisonner comme un être humain.

Fuir…

J’ai mal. Dans mon cœur ça vibre, ça tremble.

Je souffre.

Dans ma poitrine, un mal m’étouffe, m’étrangle. Mes larmes pointent mais ne veulent pas couler. Elles refusent de passer le barrage de mes cils.

L’humaine se retient. Pas ici. Pas devant tout ce monde. Se laisser aspirer par la routine de la vie.

Je manque d’air. Je suis un noyé qui a besoin de rejoindre la surface. Un long soupir. Je respire.

Tout autour de moi ne m’intéresse plus.

Juste la douleur. Et toi.

Et je tourne autour du chagrin et de la rage.

Je m’étouffe, je m’étrangle.

A cause de toi.

Mais tu ne le sais pas.

Tu ne le vois pas.

Tu ne le comprends pas.

Tu es la cause de mon mal. Mais tu es aussi la source de mon bonheur.

C’est pour ça que je mens, que je referme tout, que je souffre en silence.

Mais…

Je sais ce que je devrais faire pour ne plus souffrir, pour être libéré.

Courir dans la nuit, fuir mes ennuis, te fuir.

Ecouter seulement mon cœur et d’un élan d’égoïsme te faire disparaitre.

Courir, fuir, vite.

Sentir mes muscles rouler sous ma peau.

Sentir l’effort a chaque foulée.

Sentir le vent froid dresser mes poils.

Hurler à la lune de rage et de désespoir comme un loup malheureux.

Puis repartir.

Chasser, déchirer, me venger lâchement sur autre chose que toi.

Ecouter le silence de la nuit, en seul maître sur mon royaume et grogner sur tout ce qui vient m’importuner.

Sauter et grimper à une branche, me caler à celle-ci. Pleurer sur la beauté de la nuit.

Ne plus penser à toi.

Ne plus jamais penser à toi.

Ne plus jamais avoir mal.

Pleurer sur la beauté de la nuit.

Mais en attendant ce moment où je pourrais agir comme une bête, je dessine sur ma joue la larme qui ne veut pas tomber et je continus à souffrir.

Parce que je ne peux pas encore me passer de toi.

Parce que j’ai envie de te garder prés de moi.

Je suis un animal enfermé dans une cage de chair et de convention.

Je suis un fauve qui attend le moment de sortir…

Je t’attends sous la pluie.

Mon petit nom est espoir, mais les lumières sont éteintes. Mes appels, eux, sont resté vains.

La nuit est belle et l’air est doux. Envie de me fendre en elle.

Je le fais et je t’attends, immobile, regardant les gouttes.

Le temps passe, espoir se transforme en rancune.

Est-ce que tu as réellement envie de me voir ?

Pas tant que ça, sinon tu te ferais violence.

Et tu ferais à ma place les premiers pas. Lâche !

Le fauve grogne. Il hurle injustice.

L’humaine se lève et part.

Dans les bois. Doux sons des gouttelettes qui ressemblent à des pas.

Pas de peur.

Je suis bien là.

Si seulement il n’y avait pas cette colère et cette frustration au fond de moi…

Je tourne, tourne et tourne. Goutant à l’air et aux odeurs si douces, si accueillantes.

Le fauve est heureux.

L’humaine rentre chez elle.

Il parait qu’on appelle ça « amour ».

Non !

Il parait que je sois là ou pas, c’est du pareil au même.

Il parait que tu peux te passer de moi.

Larmes qui deviennent dangereuse.

Non !

Fuir, fuir loin de ces paroles.

S’écrouler dans l’escalier et se cacher.

Sous l’eau. Sous les larmes.

Bain, transpiration et pleurs mélangé.

Ca fait mal. Ca déchire à l’intérieur.

Le dilemme.

Il est temps que ça cesse, crache le fauve.

Le loup hurle d’agonie.

Souffrir, souffrir et encore souffrir.

Embrasser son destin…

…Ou pas.

Il va falloir que j’apprenne à me passer de toi.

Car à présent, je vais te fuir.

Ne plus penser à toi.

Ne plus jamais penser à toi.

Ne plus jamais avoir mal.



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