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Concert
Plus qu’une demi-heure… ou est-ce « encore » une demi heure ? Putain… j’ai trop envie d’y être, et en même temps, j’ai quand même trop les boules. Aller, respire Tom, on répète encore une fois.
« Au bistro comme toujours
Il y a les beaux discours.
Au poteau les pourris
… »
Au poteau les pourris… les pourris... merde c’est quoi la suite déjà ? Ah oui, « les corrompus aussi ». Une demi-heure, je ne le crois pas, une demi-heure avant le début du concert et j’ai déjà des blancs. Respire Tom, aller, ça viendra le moment venu. On recommence, depuis le début.
« Au bistro comme toujours
Il y a les beaux discours.
Au poteau les pourris
Les corrompus aussi »
M’arrêtant après le premier couplet, je laissai s’échapper un long soupir, encore.
Non mais si j’oublie pendant que je suis sur scène ? Où si j’ai la voix qui casse à cause du trac ? C’était pas une bonne idée, je le savais, on à pas assez répété…
Trop vite, ça s’était passé trop vite. Alors qu’on n’avait que quelques compositions et trois ou quatre reprises plus ou moins maitrisé, on nous avait proposé de participer à un petit concert. Bien sur, Flo, notre grateu, avait sauté sur l’occasion, trop pressé de pouvoir se montrer, même s’il était surement le moins prêt du groupe.
Putain on va se planter.
On devait tenir vingt minutes, voir vingt cinq, et on n’avait de quoi faire que dix sept au mieux. Pour ça qu’on avait décidé de faire durer la dernière, Knokin on heaven’s door. Mais j’avais quelques doutes quant au fait que le publique apprécie.
Je le crois pas, il y a déjà tout ce monde devant la salle… on est dans une petite ville paumé, comment il peut y avoir autant de monde pour un pauvre tremplin du rock ? C’est une blague, il y a au moins deux cents personnes devant l’entré là. Petit concert mon cul ouais… La honte qu’on va se prendre…
Ola nan, pas bon ça, on se reprend, aller, j’ai le temps de toutes me les refaire avant que ça commence. Vingt minutes… et puis merde, je les ai déjà répété cent fois chacune, une de plus une de moins, ça changera plus grand-chose maintenant. Le premier groupe va monter sur scène, ça pourrait être pas mal d’aller voir.
Entrant par l’arrière du bâtiment, je pouvais déjà entendre les premières notes du groupe qui passait avant nous.
Ca pète bien, ils sont motivés. Tiens, je vais aller voir les autres avant.
- Tom, t’étais où ? me demanda Flo, le guitariste soliste.
- Juste dehors, je répétais encore un peu. Il y a pas mal de monde on dirait…
- Cinq cents personnes d’après l’orga ! Trop trop bon, on va tous les tuer !
Putain cinq cents personnes… c’est moi qui vais te tuer sale nain…
- T’es prêt ? me lanca Max, le bassiste, avec son habituel sourire.
- Bof… et vous ?
- Grave pas, mais on s’en fout ! s’exclama Faufau complètement excitée.
Elle est frappé cette fille…
- Aller venez, on va voir dans les back stage ce que ça donne !
Sont comme des piles électrique, je suis le seul nerveux ou quoi ? Ah, nan, Max arbore son sourire crispé de « Zen les mecs, je ne vais pas vous paniquez en stressant aussi ». Cool, je me sens moins seul.
Ouvrant la porte qui menait à l’arrière de la scène, je sentis comme un souffle qui me figea sur place et fit monter mon adrénaline. Il y avait de la fumée sur scène, des jeux de laser, et cette chaleur… Je pouvais sentir l’atmosphère électrique, je me sentais complètement excité tout à coup. J’avançais en essayant de ne pas me casser la gueule, avec tous les fils qui se baladaient par terre, je rejoignis l’ingénieur son qui faisait encore les derniers réglages en live. Je n’aimais pas particulièrement ce qu’ils jouaient, mais quel importance, l’ambiance était trop bonne.
On est resté cinq minutes, puis on est retourné en loge. A ce moment là, je crois qu’on était encore tous un peu tendu, mais au moins autant excité. Ca allait donner, prêt ou pas prêt, peu importait.
Quinze heures vingt cinq. Aller, go.
Ce jour là, on n’a pas été particulièrement bon, on était loin d’être des Dieux de la scène, mais je me souviendrais toujours des cris du publique, de la sensation de rush, et de cette excitation sans pareil. Ce dix mai fut banal pour des millions de personnes, mais moi, je n’oublierais jamais.
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Certains l’auront deviné, ce texte est une histoire vraie, qui remonte à quelques années, et que j’ai toujours eut envie de mettre sur papier. Pourquoi maintenant ? Difficile à dire. Enfin, spécial dédicace à Max, mon meilleur ami et ancien bassiste de Night Glow, à Faustine, notre guitariste rythmique et à Bastien, notre batteur. Et à tous ceux qui ont fait partie du groupe par la suite, et bien sur, à tous ceux qui nous on supporté pendant les quelques mois que ça à duré.