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Auteur : Mi, groouuu !
Genre : des dragons jouent aux échecs; d'autres secouent leur progéniture.
Avertissement : les dragons sont libérés dans leurs genre ; alors si des descriptions de relations entre mâles vous gênent, allez voir ailleurs si j’y suis (rien de graphique cependant)
Note : une idée qui me trottaient dans la tête ; au début, je voulais mélanger un peu tous les animaux du folklore jap et chinois, mais finalement, c’est parti dans un tout autre sens. Ce qui ne veut pas dire qu’il n’y aura que des dragons ; non, non. Enfin, pour l’instant, si. Ca veut surtout dire que j’ai plusieurs sources d’inspiration pour cette fiction, la plupart venant de mythologie et de folklores divers et variés.
Mais j'éspère que vous passerez un bon moment!
C’était un jour comme un autre à la Cour ; le vieux dragon caressa sa barbiche d’un air pensif ; une belle barbiche blanche, presque nacré, qui lui avait value ce nom de Bai (1) depuis plusieurs siècles.
En face de lui, Cheng (2), jeune mâle de 500 ans, mais d’une sagesse exemplaire, sirotait une tasse de thé bouillant, fermant ses yeux verts par intermittence.
Entre eux, un jeu d’échecs intouché depuis maintenant trois heures ; ni Bai, ni Cheng n’étaient novices en shogi, aussi leurs partie duraient-elles parfois près d’un cycle lunaire sans qu’ils ne voient le temps passer.
Au grand dam de certains dragons de l’Empire.
Mais bon, pour ce qu’ils en avaient à faire ; Cheng était assez respecté et craint pour ses colères, quand au vieux Bai, peu de dragons iraient lui faire des remarques, au vu de son grand âge, lui conférant ainsi quelques privilèges dont il abusait parfois sans vergogne.
L’extrémité de sa queue battait l’air sans qu’il ne s’en rende vraiment compte ; c’est pour cela qu’il manqua arracher un oeil à Jiang Li(3), qui se baissa prestement en pestant et râlant tout ce qu’elle savait sur les vieux dragons pas foutus de faire attention à leur entourage.
-Ravale tes paroles, Jiang Li, signala Cheng d’un air détaché et parfaitement calme, qui attira un rire moqueur du vieux Bai.
-Bande de vieux croulants, si on vous laissait faire, vous passeriez votre temps sur ce shogi !! Bougez-vous, y’a des Ryu qui arrivent !
Bai haussa un sourcil, indiquant clairement que peut importe qui arrivait, vu son âge, il pouvait se permettre de continuer à jouer ; quand à Cheng, il se contenta de finir son thé et reposa la tasse, sans donner l’air qu’il venait d’entendre ce qu’elle venait de dire.
La dragonne cracha un juron, battit de la queue de manière furieuse et repartit aussi prestement qu’elle était arrivée.
Les deux dragons retournèrent à leur jeu, et Bai bougea une pièce ; Cheng croisa ses pattes avant, déroula un instant sa queue, la reposa, et ils auraient pu repartir pour une bonne heure de réflexion si l’arrivée d’un dragon un peu moins massif qu’eux, aux yeux pétillants de malice, ne les avaient pas interrompus :
- Ehehehe, toujours en train de jouer, d’après ce que je vois, vous avez pas encore été statufiés ?
Bai rigola, tandis que Cheng grogna un peu ; de tous les Ryus () qui avaient le droit de venir au Palais, pourquoi avait-il fallu que ce soit Hideaki (4) ?
Le dragon japonais était d’une sagesse que lui-même n’atteignait pas toujours, mais il partageait avec Bai un humour plutôt étrange et une bonne humeur à toute épreuve ; et en plus, il traînait avec lui un dragonneau insupportable, son disciple, nommé Sho (5), qui ne manquait pas de provoquer un duel ou deux à chaque séjour, et qui depuis quelque temps, semblait s’intéresser à lui d’une manière quelque peu déplacée.
-Ah, Sho est avec toi, ça vous dit une partie de Mah-jong ?
Cheng crut qu’Hideaki allait remuer de la queue à la manière d’un jeune chien fou et il préféra commander une nouvelle tasse de thé ; Sho s’installa immédiatement à ses cotés, un grand sourire ornant ses babines imberbes de tous poils.
Sans oublier une lueur perverses dans ses yeux violets.
Des effluves de jasmin parfumaient l’air.
Depuis le temps que ces deux-là se connaissait, les silences entre eux n’étaient nullement gênés, et puis ils tiraient une certaine force de leur contemplation de ce spectacle, toujours plus beau chaque soir.
Le château de l’Empereur se découpait en ombre chinoise sur le lac, lui donnant un air irréel et fantomatique.
La soirée était calme, paisible, comme toujours sur cette partie de la Terre des Dragons ; Bai et Hideaki commencèrent une discussion sans vraiment s’en rendre compte, comme toujours lorsqu’ils étaient ensemble.
Le bonheur était une chose simple, pas forcément besoin de porter le nom de sage pour le savoir.
Oui, mais là, Cheng se sentait des envies de mordre, chose que jamais il n’avait eut dans sa folle jeunesse, il avait toujours plutôt été du genre introverti et asocial.
Sho portait bien son nom ; il ne parlait pas un mot du dialecte des Ryus, mais Bai lui avait glissé, en se marrant bien sur, que ça signifiait « vigoureux » et il ne tenait absolument pas à savoir comment il avait gagné ce nom.
Quoiqu’il avait bien une petite idée, vu la drague effrénée qu’il subissait à chaque venue du jeunot dans les parages.
Cheng soupira, et Sho le regarda d’un air coquin :
-Un problème, Cheng-san ?
Et ça le faisait marrer ce petit…
-Aucun, petit, aucun.
Le Ryu se rembrunit au surnom :
-Vous savez, nous n’avons qu’une petite centaine d’année de différence…
-200 ans, si ce n’est pas plus.
-Ma mère était de 350 ans plus jeune que mon père…
-Vous n’êtes définitivement pas assez mûr.
-Mûr, peut-être pas, mais je peux être bien d’autres choses, Cheng-san.
Il avait soufflé ces derniers mots d’une voix chantante, sensuelle, et il avait fallut toute la maîtrise du sage pour ne pas frissonner ; Cheng se maudit pour être tout de même physiquement attiré par le morveux. C’est qu’il était malgré tout assez mignon, et cela faisait bien longtemps qu’il n’avait plus connu la douceur des caresses d’un autre…
-Ecoute gamin, je vais être franc avec toi, je déteste les histoires de sexe pour le sexe, y’a rien de pire, alors laisse moi en paix et va te trouver un autre partenaire.
Sho plissa les yeux ; jamais on ne lui avait résisté, et ça n’allait pas commencer maintenant.
Et plus il côtoyait le dragon, plus il lui plaisait.
-Mais vous savez Cheng-san, moi non plus je n’aime pas ça.
Cheng tourna la tête vers lui, et le regarda d’un air très dubitatif ; il fit alors la tête la plus innocente qu’il pouvait.
Ce qui était particulièrement peu plausible ; malgré lui, Cheng se mit à rire, et Sho comprit alors à quel type de dragon il avait affaire, et comment il avait pu gagner le nom de sage alors qu’il était encore jeune, même si son espèce avait une croissance bien pus rapide que la moyenne.
Cheng était un dragon des bois ; et son rire évoquait le bruit du vent dans les feuilles et le Ryu sentit son cœur s’accélérer.
Le plus vieux darda ses yeux verts clairs sur le plus jeune ; et s’en trop s’en rendre compte, il lui donna un petit coup de langue sur le museau.
On n’avait pas idée d’avoir enfanté le seul dragon de Terre à aimer faire la planche sur l’océan.
Une bourrasque le fit se mouvoir un instant et il ouvrit un œil ; il fut très peu surpris de voir sa mère planer non loin au dessus de lui, l’air mécontente. Très mécontente :
-Elyjah, fils idiot !! Bouges toi avant de te faire noyer, l’orage arrive !!
Oui m’man.
-Et ne dis pas ‘oui’ de cette façon, bon sang, et dépêche-toi, j’ai besoin de toi ! Allez, je te retrouve à la tanière, et tu n’as pas intérêt à mettre des heures !
Il grogna à nouveau, et un vent léger se mit à souffler ; l’orage arrivait effectivement, et sa mère était énervée. Soirée pourrie en perspective.
En effet, leur petit frère semblait avoir hérité de l’énergie de leur mère, et quand on la connaissait bien, on savait que ça n’était pas peu…
La soirée fut malgré tout moins agitée que ce qu’avait craint Elyjah ; ni Xylia ni Alyasà n’étant présent, Maya les laissa un peu plus tranquille, ne leur courant pas après pour leur rappeler leurs devoirs d’aînés de la famille.
Jusqu’à ce que l’ombre d’un gigantesque dragon ne se profile à l’entrée de la Tanière ; et vu la façon dont leur mère se mit à grogner, le frère et la sœur surent que la fin de soirée serait bien moins tranquille :
-Agapetos l’Estimé…qu’est ce que tu es venu foutre ici ?
-Maya l’Irascible, tu portes trop bien ton surnom, fit Agapetos en posant une patte dans la Tanière, l’air plutôt amusé, comme à chaque fois qu’il devait avoir affaire à la dragonne.
-Je t’ai pas dit d’entrer !
-Mais je le fais quand même…
-Barres-toi !
-Allons, allons, est-ce une manière de parler à son chef ? Oh, mais je vois que le petit dernier à bien grandit…
Angy couina, ravi de l’attention portée sur lui ; le regard d’Agapetos se posa ensuite sur Elyjah, qui, comme à chaque fois que leur chef venait se risquer jusqu’ici et le regardait ainsi, ressentait monter en lui un inexplicable malaise. Lui pourtant qui se souciait de peu de choses, hormis sa tranquillité et sa famille- encore que, s’il n’avait pas la menace de se faire griller par sa propre mère s’il en était autrement, il ne savait pas s’il y aurait accordé la même importance.
Le grand dragon poussa un petit soupir et regarda à nouveau Maya, qui s’était dangereusement rapprochée de lui, prête à mordre au moindre mouvement de sa part.
-Je ne suis pas venue ici pour me faire déchiqueter ni pour te porter préjudice, Maya, je venais juste te prévenir que le Conseil se réunit à la prochaine Lune, et que tu y est conviée.
-J’y serais. Maintenant, tires-toi !
Agapetos poussa un nouveau soupir, jeta un dernier regard sur Elyjah et s’en alla, le pas moins guilleret qu’à l’arrivée.
Maya poussa un soupir, pris Angy dans sa gueule et annonça mollement qu’elle allait se coucher avant de disparaître dans les profondeurs.
Elyjah le Lunaire.
Et pourtant, elle le soupçonnait d’être bien plus attentive à son entourage qu’il n’y paraissait, aussi ne fut-elle pas surprise lorsqu’il la fixa soudain de es yeux d’ambre avant de lui demander ce qui n’allait pas :
-Tu sais…Agapetos est le Chef, pourtant, c’est toujours lui et non un de ses sous-fifres qui se déplace jusqu’ici pour annoncer les dates des conseils à Mère…et à chaque fois il te mate bizarrement…
-Agapetos n’aime que les femelles, tu sais…
-C’est pas ce que je voulais dire !! Il n’y a jamais rien de pervers dans son regard, juste…
-Juste ?
-Je sais pas….je me fais peut-être des films…je vais aller dormir, tu ferais bien de faire pareil, il est tard.
Elyjah ne répondit pas, il fixait à nouveau le foyer, l’air ailleurs. Galya passa près de lui, frotta son museau contre son épaule un court instant puis s’en alla dans les tunnels du fond de la Caverne.
Le lendemain, en arrivant dans la pièce principale de la Tanière, Maya constata qu’une fois de plus, son fils aîné s’était endormi près du feu ; elle secoua la tête et fit la moue.
Franchement, à quoi ça servait de se fatiguer à leur creuser des tunnels personnels pour des gosses ingrats qui n’y dormaient jamais ?
Ce qui ne l’empêcha pas de le réveiller doucement, un grand sourire aux lèvres, avant de l’envoyer chasser le petit-déjeuner.
(2) : signifie Accompli en chinois.
(3) : Belle Rivière en chinois.
(4) : Sage, en japonais.
(5) : Vigoureux en japonais (aucun commentaire)
Et oui, ces prénoms existent, j’ai cherché et trouvé en conséquence, uhuhu
(6) : Pour les dragons de l’Ouest, les prénoms n’ont pas de significations particulières, ils ont le qui démontre leur caractère, contrairement aux dragons de l’Est dont le nom est choisi suivant les caractéristique de la bébête.
() : Le mot Ryu, ici, désigne une race de dragon, inspiré bien évidemment des dragons japonais ; je le prend comme terme raciale, c’est pour ça que j’ai mis un ‘s’.