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Fiction » General » Ce matin font: B s : A A A . width: full 3/4 1/2
Author: Evilie
Fiction Rated: K+ - French - General - Reviews: 3 - Published: 12-09-06 - Updated: 12-09-06 - Complete - id:2287539

Un texte un peu différent, je crois. Toujours aussi space, je m'en excuse.

Ce matin.

Je suis sorti ce matin, comme tous les matins, de chez moi.

Avant ça, je m’étais levé. Je n’avais pas mangé.

Je savais pourtant que j’avais fait quelque chose.

Quelque chose de mal.

Oui, en sortant de chez moi, sans fermer ma porte (à quoi ça sert, maintenant ?) je savais que j’avais tuer.

Tuer, en effet.

Comme tous les matins, j’ai descendu les escaliers du vieil immeuble. Je n’ai pas pris mes clés de voiture. Marcher devait me faire réfléchir à mes actes. Je ne saluais personne dans la rue. On est invisible le matin, de toute manière. Je suis arrivé devant mon lieu de travail en sachant que j’avais tué.

Je le savais, mais ça ne me faisait rien de plus que ça. Oui, j’avais tué, et alors ? Qui, dans la rue, s’en doutait ?

Personne.

Et je ne me sentais pas concerné. Même si je savais que chez moi, il y avait un mort.

J’ai tué, je le sais, et je ne le regrette pas.

Je suis rentré, et me suis assis dans mon bureau. Je n’ai pas travaillé. Je n’en avais pas envie. De plus, j’entendais les conversations de mes collègues qui parlaient. De moi, évidement.

De plus, je suis resté invisible. On ne voit pas un assassin qui s’ignore... moi, encore.

Je n’ai pas mangé ce midi. Je n’avais pas fin. Peut-être la culpabilité ? Ou le remord ? Je ne suis pas sorti de mon bureau. La porte était fermée. Je n’avais pas envie de l’ouvrir.

J’ai de toute manière toujours vu ma vie comme une porte fermée.

Une grande porte fermée, immense dont on aurait égaré la clé à ma naissance. On a beau poussé, tiré, rien à faire, ça reste fermé.

Ma vie ne faut rien.

Strictement rien. En maths, sur un graphique, on aurait pu la représenter par une courbe strictement décroissante, qui tend vers moins l’infini.

A choisir entre la porte et la courbe, je préfère la porte, j’ai jamais aimé les maths... C’est peut-être ça d’ailleurs qui m’a fermé des portes...

Ce que j’ai fais ce matin m’a définitivement fermée la dernière. La toute petite porte de sortie.

Enfin, au moins, j’aurais fais une sortie digne de ce nom.

Je suis sorti de mon bureau un peu avant la fermeture du métro. Il faisait nuit.

Ce matin, il faisait nuit aussi quand je suis sorti de chez moi.

J’ai fait un acte impardonnable.

Je le sais, sans vraiment y penser.

Ce n’est pas tous les jours qu’on tue quelqu’un, pourtant, c’est une journée ordinaire, non ? Il y a du vent, comme hier, il y a de la pluie, comme demain (j’ai quand même écouté la radio, mon réveil est réglé pour 6 heures.).

Le monde n’a pas cessé de tourner, des gens vivent et meurent.

J’ai tué sans y penser. Par contre, j’y ai réfléchi. Longtemps. J’avais déjà l’envie, depuis longtemps, en fait. Depuis que la dernière porte se soit refermée brutalement en me cassant le nez.

Je suis donc rentré chez moi. J’ai grimpé mes escaliers.

Je savais que j’avais tué en rentrant chez moi. Par contre, c’est en voyant les scellé sur ma porte que j’ai pris conscience.

C’est en entendant mes voisines parler, de moi, toujours, je j’ai réaliser.

Je suis rentré chez moi. Et j’ai tout vu. Les policiers, mon chat, et moi, dans mon salon. En restant sur mon pas de porte.

La pauvre bête, j’avais oublié de la nourrir. Elle s’est trouvé une source de nourriture fraîche on dirait...

J’ai tué.

- Pauvre garçon...

Ma voisine. Celle du troisième, je n’ai jamais pu la voir. Elle parle encore de moi.

- mourir comme ça, si ce n’est pas triste...

Je suis toujours devant ma porte, ouverte, cette fois-ci, alors que je ne l’avais pas ouverte ce matin...

Je viens juste de réaliser... que j’ai bien tué quelqu’un ce matin. Je prends conscience doucement que...

Je me suis pendu ce matin.



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