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Author: Vive les Unas
Fiction Rated: T - French - Romance/Drama - Reviews: 3 - Published: 12-16-06 - Updated: 12-16-06 - id:2291108

Auteur : Vive les Unas

Genre je dirais drame, Harlequin historique Si c’était implicite on dirait SLASH, mais je suis pas vraiment sure que ce soit applicable là puisque la relation yaoiste est explicite dans le film…

Fandom : Century Hotel (de David Weaver), la partie « 1945 », mais on peut lire la fic sans avoir vu le film, ça n’a pas tellement d’importance.

Résumé : La vie de Danny et Michael avant la partie « 1945 » de Century Hotel.

Disclaimer : Les personnages ne m’appartiennent pas, mais l’histoire si.

Notes de l’auteur : Fic pour l’anniversaire de ma belle maman, alias EsSstel G. McKay, zoyeux zanniversaireuh !!

J’ai sûrement fait des erreurs sur les données historiques, le Canada à cette époque je n’y connais pas grand-chose…

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En ce 12 juillet 1918, Daniel McTinners filait à travers la campagne, étrennant le chariot tout neuf que son meilleur ami, Michael Emerson, avait eu pour son huitième anniversaire la veille. Celui-ci le lui avait prêté de bonne grâce, il savait bien que la famille de son copain n’était pas aussi riche que la sienne, à cause de cette saloperie de guerre et de ces connards d’anglais qui avaient mobilisés son père. Danny, sa mère et son grand frère devaient s’occuper de la maison tout seuls, l’usine s’en foutait si un des membres du clan était sur le front, il leur fallait leur quota d’armement coûte que coûte, sinon plus de salaire. Bien sur, Danny était trop jeune pour travailler, alors pendant que son frère de quatorze ans et sa mère étaient en train d’assembler des casques, il courrait la campagne avec Mike et mangeais chez lui, même si ses parents commençaient à en avoir marre de l’entretenir chaque midi…

Arrivé en bas de la colline, le chariot se retourna et Danny, hilare, se releva en se tenant le coude. Il fit un grand signe à Michael, resté en haut, qui avait poussé un petit cri de peur quand son ami avait roulé par terre, puis il saisit la ficelle attachée au bout du chariot de bois de sapin et le remonta le long du chemin de terre qui longeait la colline verdissante. Il rejoignit bientôt Mike, assis sur un gros caillou, en train de savourer la chaleur du soleil plaqué sur son visage.

-Je suis sur que je suis allé au moins dix fois plus vite que toi !

- N’importe quoi !

-C’est parce que tu es trop petit que le chariot ne s’emballe pas…

Mike ouvrit grand la bouche, d’un air outré, et se leva du gros caillou

-Je ne suis pas petit ! Et en plus je te bas a la course je te parie…

Danny éclata de rire et donna une vigoureuse tape dans le dos de son copain, avant de se préparer à gagner la course.

-On part d’ici, on prend le chemin le plus court jusque chez toi, on court cote à cote, d’accord ?

-Prépare toi à mordre la poussière le nain !

Emerson lui tira la langue et le sourire de Daniel s’élargit. Son meilleur ami n’était en effet pas très grand par rapport à lui, qui était le garçon le plus grand de leur classe de toute façon. Mike avait des cheveux châtain foncés constamment en bataille, il se plaignait tout le temps de sa mère qui s’entêtait à le peigner encore et encore pour l’office du dimanche. Un long nez retroussé, des yeux bleus, une bouche un peu en coin, toujours vêtu d’une culotte courte de toile grise que sa grand-mère lui avait fait et d’une chemise à carreaux bleus assortis à ses yeux. Lui avait des cheveux plus clairs que lui, des yeux marron, un nez fin, et un menton coupé en deux, des habits rapiécés, et il avait entendu dire que toutes les filles du village étaient amoureuses de lui. Beurk, des filles ! Des petites pinailleuses, il n’y avait que sa mère qui sortait du lot, et sa grande sœur, partie aux Etats-Unis avec son mari, une fille bien à ce que tout le monde disait.

Il n’avait que huit ans, mais il écoutait toutes les discussions d’adultes qu’il pouvait entendre. Son père disait que c’était en écoutant le discours des aînés qu’on apprenait le mieux, il lui avait dit ça sur le quai avant d’embraquer dans l’énorme bateau qui l’emmènerait à la guerre, en Europe. Lui n’avait même pas pleuré, c’était un homme après tout, mais ça lui avait quand même fait drôlement mal au ventre. Deux ans qu’il était partit. Vingt sept lettres en tout. Il les connaissait presque par cœur à force de les relire, le soir avant de se coucher. Ca avait l’air horrible là bas, son père était vraiment quelqu’un de courageux pour supporter toutes ces horreurs…Danny frissonna et les paroles de Michael le sortirent de sa réflexion.

-Prêt ? Partez !

Les pieds des deux gosses s’actionnèrent simultanément et ils se mirent à courir. Le vent leur giflait le visage, le bruit de leurs semelles sur le sol accidenté résonnait dans leurs oreilles tel des coups de tambours assourdissants. Ils filaient à travers les champs de blé murs en ce mois de juillet, les épis leur griffant les mollets, l’odeur caractéristique des moissons leur assaillant les narines. Peu à peu, Mike dépassait son ami, le cœur à deux doigts de l’explosion, le souffle court, les muscles échauffés marchants presque tout seuls.

McTinners poussa un petit cri de rage quand il vit Michael toucher le battant de bois de la porte de sa maison, à une bonne dizaine de mètres devant lui.

-Alors, qu’est ce que je t’avais dit ?

Danny ravala sa salive et par la même occasion sa fierté et poussa la porte d’un air boudeur, rentrant chez lui, dans la pièce à vivre qui leur servait de cuisine et de salle à manger. Le fond de cette pièce était tapissé d’un grand rideau, masquant le lit conjugal, le lit appartenant à son frère et à lui et la salle de bain de fortune. Mike avait l’eau courante, pas lui, mais cela ne saurais tarder, sa mère mettait de l’argent de coté depuis pas mal de temps déjà.

Sa mère… Elle était attablée, la tête dans les mains, à coté de son grand frère Peter qui, le regard vide, déchiffrait encore et encore un morceau de papier grisâtre. Quand il le vit, celui-ci se leva et vint s’agenouiller devant lui, posant ses mains tremblantes sur ses épaules et plongeant son regard dans le sien.

-Qu’est ce que t’as ?

-Danny…c’est papa…

Ses yeux s’agrandirent et il serra les dents, sentant bien que quelque chose de grave venait d’arriver.

-Il est au ciel Danny…

L’enfant baissa les yeux, puis repoussa violemment son frère et sortit en trombe de la maison, courant encore plus vite qu’auparavant, courant comme s’il voulait courser la vérité, la dure réalité qui faisait que plus jamais il ne reverrais son père. Il respirait de plus en plus vite, sentant son cœur se serrer et ses oreilles bouillir. Il ne voulait pas pleurer, il l’avait promis à son père sur le quai. Mais il lui avait aussi promis et revenir rapidement, et là…

Il sentit un poids énorme le plaquer au sol et la paume de ses mains s’écorcha sur la terre du champ de blé. Il inspira l’odeur de son meilleur ami, cette odeur de savon et d’amidon, et il se mit à hurler. Même en ces conditions, il courait plus vite que lui.

- Lâche moi !

Michael s’exécuta tandis que McTinners se roulait en boule, à même le sol, caché par les épis de blé qui se balançaient nonchalamment au vent de juillet, ce vent chaud qui faisait se réchauffer même cette partie du Canada. Le plus grand des deux se mit à sangloter doucement et honteusement alors que son camarade s’accroupissait à coté de lui, posait sa main dans son dos et entonnais la dernière chanson apprise à la chorale de l’église, une chanson qui parlait de pardon, de foi et de paradis. Mike avait une très belle voix, c’est pour ça qu’il faisait quasiment tout les solos. Dimanche, il y aurait sûrement une parole pour son père. Dimanche, Michael Emerson chanterait une fois de plus devant de vielles grand-mère qui s’extasieraient en écoutant sa voix cristalline, mais dimanche, Danny ne serais pas jaloux des compliments que son ami recevrait, parce qu’il aurait moins futile à penser. Et dimanche, Mike chanterait encore mieux que les fois précédentes, parce qu’il chanterait pour son ami et pour le père de celui-ci, pour que les anges l’entendent et l’emmènent au paradis.

Emerson releva Daniel et attrapa ses mains pour les joindre, avant de faire de même avec les siennes. Il baissa la tête et colla son front contre celui de l’autre petit garçon, sentant ses larmes couler goutte à goutte sur ses poignets.

-Notre Père, qui êtes aux cieux…

Mais une fois la prière terminée, aucun des deux amis ne se sentit mieux, ou tout plein de cet espoir et de cette foi dont les adultes parlaient tant. Et ce fut à partir de ce jour qu’en secret ils commencèrent à croire l’un en l’autre et qu’ils se jurèrent solennellement de toujours veiller l’un sur l’autre, comme des frères.

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© Copyright 2006 Vive les Unas (FictionPress ID:537215).


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