Home Just In Communities Forums Beta Readers Dictionary Search Login Register Extras
Fiction » Fantasy » Il est né le divin enfant font: B s : A A A . width: full 3/4 1/2
Author: Aceituna
Fiction Rated: T - French - General - Reviews: 11 - Published: 12-20-06 - Updated: 12-20-06 - id:2293310

Note :

Cette OS est un cadeau de Noël, offert à une amie qui m'a toujours soutenue et accordée du temps alors qu'elle n'en a pas vraiment !

A E.L. donc !

Présentation des personnages :

Alban / Olivier : Alban est un ange sans aile, anciennement prince des Terres de Valandras, Terres qu'il abandonna pour retrouver son amant, au delà de la mort. Dans cette autre vie, il est détective privée

Amor / Gabriel : Ange Démon, il a trahi les siens et son maître pour aider Alban dans la reconquête de ses Terres. Aujourd'hui exilé sur notre planète, il dirige avec Alexandre, un ange aux ailes blanches, une discothèque fameuse au nom évocateur : « Ange Démon ».

Mickaël : Enfant il s'est perdu et s'est retrouvé sur terre. Élevé par un homme qui le battait régulièrement il rencontra Olivier à l'hôpital, celui ci étant venu le chercher pour qu'il subisse sa « Renaissance » parmi les « siens ». Il vit aujourd'hui avec eux et aimerait seconder Olivier dans ses enquêtes afin de trouver la femme idéale pour une nuit ...

Lou & Roxane : Frère et Soeur incube et succube, ils aident Gabriel a retrouvé Olivier lorsque ce dernier se retrouve dans le pétrin. Ils sont tous les deux attirés par Gabriel mais tiennent trop à la vie pour tenter quoi que se soit !

Stephane : Barman de « l'Ange Démon » et simple humain, il a été sauvé de son mac par Gabriel dont il est tombé amoureux.

ooooo

Il est né le divine enfant ...

Alban rentra enfin chez lui totalement anéanti. Il venait de voir, dans sa dernière affaire, les ravages de la jalousie, comment celle-ci avait fait de ces amants les pires ennemis du monde, un « je t'aimemoi non plus » dont il fut le témoin bien malgré lui et dont l'issu s'avéra fatal pour l'amant.

Il entra dans la discothèque avec l'espoir de se changer les idées, il savait son ange démon absent ce soir et il aurait donné n'importe quoi pour que ce ne soit pas le cas. Mais Amor avait des obligations, une de ces réunions au sommet qui durait parfois une semaine non stop, où les grands de ce monde ou d'ailleurs venaient trouver un terrain d'entente pour des querelles plus ou moins importantes et où Amor servait en général d'arbitre, n'étant ni pour le bien, ni pour le mal.

Parfois, il lui demandait même conseil mais en général l'ange démon lui parlait peu de ces entres vues et lui ne demandait rien, peut-être pour avoir une excuse de ne pas lui parler plus souvent de son travail.

Il entra et fut surpris de voir autant de monde, un coup d'oeil à sa montre lui en expliqua la raison, il était deux heures, l'heure d'affluence. Il regarda le bar et secoua la tête, impossible d'y accéder sans jouer des coudes et il n'avait vraiment pas le courage de se battre encore ce soir. Il jeta un coup d'oeil à l'étage avec l'espoir que le rideau fut levé mais les tentures de velours recouvraient la baie vitrée, signe que la réunion durait toujours.

Épuisé, il décida finalement de rentrer dans ses appartements.

Arrivé chez lui, il constata que le salon était tel qu'il l'avait laissé, deux jours auparavant, Amor n'était donc pas rentré depuis.

Les souvenirs de ce jour, de leur dispute lui revinrent en mémoire et il fit la grimace. Il se dirigea vers la salle de bain et prit une douche. Le jet d'eau chaude lui fit du bien jusqu'à ce que son esprit lui rappel la scène, scène qu'il aurait aimé effacer de sa mémoire, mais l'oublie n'était plus pour lui ...

ooooo

Il était rentré d'une de ses planques et il manquait de sommeil, enfin c'était l'excuse qu'il c'était trouvé pour la façon odieuse avec laquelle il s'était comporté.

Amor était là, assit au bar en pleine conversation avec un inconnu. L'homme était bien bâtit et avait fier allure, c'était le genre d'homme à ne pas passer inaperçu, le genre d'homme qui aurait pu plaire à son amant. Il s'était approché doucement du couple, en essayant, bien malgré lui, de les prendre en défaut, plus inquiet qu'il ne voulait se l'avouer.

Il aimait Amor et il savait que l'ange démon l'aimait, mais il n'arrivait pas à s'en convaincre totalement. Il était persuadé qu'un jour ou l'autre Amor le laisserait, il en était tellement sûr qu'il avait un sac de voyage prêt, dans une armoire au cas où, sac qu'il avait pris plusieurs fois sans jamais se résoudre à partir, il ne pouvait pas le laisser quelque soit les risques que l'ange démon pourrait courir par sa faute et il ne pouvait imaginer vivre encore sans lui, mais il doutait...

Il n'arrivait pas à capter la conversation, les deux hommes chuchotaient et puis l'inconnu prit la main de l'ange aux ailes rouge, posée sur le bar et son sang ne fit qu'un tour. Il se posta derrière Amor et agrippa son épaule, espérant le faire sursauter.

Cependant, l'ange démon ne broncha pas au contact et cela le surpris.

Ne venait il pas de le prendre en faute ?

Il regarda sur le bar, la main de l'autre n'y était plus, il devait l'avoir enlevé à son arrivée. Loin de s'avouer vaincu, il plongea son regard d'émeraude dans les yeux gris de son rival. Alban affichait un sourire doux et sincère mais ses yeux lançaient des éclairs. L'autre réussit néanmoins à soutenir ce regard assassin avec un sourire narquois.

Amor, lui, se contenta de les présenter, faisant mine d'ignorer l'électricité dans l'air.

- Alban je te présente Lou, l'homme qui sait tout !

Alban hocha la tête sans rien dire.

Lou prit alors la parole d'une voix suave et mielleuse :

- Enchanté, tu dois être celui que l'on appelle « le tombeur d'ange », je présume ...

- Effectivement, répondit celui-ci d'une voix glaciale.

Amor n'apprécia pas le ton que venait d'employer son ange et il lui en fit la remarque :

- Tu pourrais être un peu plus aimable, tu lui dois certainement la vie, tu sais ?

Alban haussa les épaule n'appréciant pas, à son tour, que son ange démon prenne la défense de cet homme.

Ne voyait il pas clair dans son jeu ?

La voix de Stéphane les interrompit et Amor du les laisser pour aller l'aider. Il n'en garda pas moins un oeil sur ces deux zigotos se demandant à quel jeu ils jouaient exactement.

Seuls, les deux hommes se jaugèrent un instant, la tension était montée d'un cran.

Amor se demanda soudain si Alban n'était pas tout simplement jaloux et cela le vexa, l'ange sans aile avait il si peu confiance en lui ? Le croyait il si naïf ?

Alban scruta son adversaire puis prit la parole :

- Nous sommes quitte alors ?

- Quitte ? J'ai peur de ne pas te suivre.

- Je te dois la vie et tu me dois la tienne !

- Je te dois la vie ?

- Crois tu que je puisse te laisser convoiter ce qui m'appartient sans réagir ?

- Il me semble qu'il est assez grand pour savoir ce qu'il fait, non ? Et qu'espérais tu, « tombeur d'ange » ?

- Pardon?

- Voyons ne me dis pas que ton surnom n'est qu'une simple coïncidence et que tes clientes, plus belle les unes que les autres, à ce que l'on dit, ne sont que des clientes ... Il doit être le seul à le croire encore ... dit Lou en regardant Amor

- Espèce de ...

- Un problème ? l'interrompit alors l'ange démon agacé.

- Juste une façon d'expliquer à ton ami que tous les coups sont permis dans ce monde, même les plus bas et que nul n'est propriété d'un autre surtout en amour ... répondit Lou.

Puis, il se leva salua Amor et disparut.

L'ange démon regarda Alban en silence puis lui dit :

- Tu crois que je t'appartient ?

- Non ... je n'ai pas dit ca ... répliqua Alban voyant qu'il avait été trop loin

- Ah non ?

- « Amor mio » ce n'est pas ce que tu crois ...

- Je ne crois rien, Olivier j'espérais seulement que tu me fasses autant confiance que je te fais confiance et crois moi ce n'est pourtant pas facile tous les jours ... Cet homme est mon ami rien de plus et que tu puisses en douter ...

Amor baissa les yeux, amer. Alban ne savait plus quoi dire surtout que son ange venait de l'appeler par son autre prénom preuve qu'il était vraiment très en colère. Il voulut lui prendre la main mais Amor recula et lui annonça qu'il avait des obligations et qu'il ne devait pas l'attendre, avant de disparaître à son tour ...

Et ce soir, Alban avait tellement besoin de lui. Il voulait mettre un terme à cette fausse dispute, il voulait lui montrer qu'il l'aimait, l'enlever à sa réunion et partir loin, dans un endroit où ils seraient tous les deux, quelque part où il n'aurait pas à être jaloux d'un incube ...

Dans une illusion ou dans un rêve sûrement ... se dit il.

Il savait qu'Amor n'apprécierait certainement pas et il aurait raison ...

Le téléphone sonna, l'arrachant à ses réflexions. Il sortit de la douche mais arriva trop tard. Cependant, au moment où il repartait dans la chambre, il entendit la porte d'entrée s'ouvrir. Il s'immobilisa, le coeur battant espérant voir son ange et n'osant y croire en même temps.

Mais pourtant, c'était bien lui. Amor s'approcha et le regarda en souriant :

- Stéphane m'a dit que tu étais rentré ...

- Oui, depuis peu ... ta réunion est terminée ? demanda Alban

- Non...

- Non ?

Mais il n'eut pour toute autre réponse qu'un doux baiser, qu'il transforma en un quelque chose de plus passionnelle. Son envie de lui était revenue avec force, surtout qu'Alban se sentait terriblement coupable et en même temps il ne pouvait s'empêcher d'être jaloux, même après sa dernière affaire. Il voulait se convaincre qu'Amor était toujours sien. Il n'y avait plus que cela qui comptait en cet instant. Il essaya en vain de se contenir, pour ne pas forcer son amant, pour ne pas l'effrayer. Mais il ne réussit qu'à le plaquer sur le lit et sans rien contrôler, il le prit.

Une fois assouvit, il reprit ses esprits et se rendit compte de ce qu'il venait de faire. Horrifié, il se recroquevilla dans un coin du lit, n'osant lever son regard sur le corps de son amant, certain de l'avoir bel et bien perdu.

C'est alors qu'il sentit un corps chaud se coller contre le sien et des lèvres se poser sur les siennes, qu'il tenait fermées. Il ouvrit les yeux et vit son amant nu, pressé contre lui. Il le regarda avec surprise et incompréhension, mais Amor le fit taire d'un nouveau baiser, puis il lui murmura à l'oreille un :

- Fais moi l'amour maintenant ...

Et il lui fit alors, trop heureux, s'appliquant à procurer le plus de plaisir à son amant pour effacer les souffrances passées et les promesses oubliées. Doucement, tout doucement, lentement explorant le corps qu'il venait de prendre, comme s'il s'agissait d'une première fois, il embrassait, caressait léchait la peau douce et pâle de son homme. Le temps semblait s'être arrêté et finalement, Alban se dit qu'il venait de retrouver son paradis.

Épuisé mais heureux, l'ange posa sa tête sur le torse de son amant écoutant les battements de son coeur reprendre leur cadence habituelle. Amor lui embrassa les cheveux et se leva pour se diriger vers l'armoire qu'il ouvrit. Il en sorti un magnifique costume noire, à la coupe impeccable et une chemise bordeaux. Alban releva la tête interrogateur. :

- Ce soir c'est le réveillon de Noël ... Et je ... Enfin ceci est mon premier cadeau, un peu en avance ...

L'ange sans aile se releva et observa l'ange démon qui attendait anxieux qu'il réagisse. Alban se leva à son tour, lentement, sans savoir quoi dire et surtout honteux de ne pas avoir penser à acheter un cadeau.

Il avait oublié cette fête humaine et ne pensait pas qu'Amor lui y penserait ...

Alban passa derrière l'ange démon et l'enlaça tendrement avant de l'embrasser et de simplement lui dire « merci ».

- Ca te plaît ? Calvin peut m'en refaire un sinon tu sais.

- Non, il est parfait !

- Tant mieux alors ! dit l'ange aux ailes écarlates en souriant.

- Comme je travaille continua Amor, nous ne le fêterons que demain avec tout le monde mais je tenais quand même à te donner mon cadeau avant ...

- Amor ... je ... je suis désolé, j'ai ...

- Chut, ne dit rien, je sais que tu as beaucoup travaillé ses temps ci. C'est moi qui suis désolé parce qu'en vérité, je t'appartiens bien, tu sais ...

Alban ne savait quoi dire, son coeur battait très vite et se remplissait d'amour pour cet homme.

Il est la vie qui coule dans mes veines se dit il alors qu'il caressait d'un main distraite le costume de soie.

- En fait ce n'est pas ton vrai cadeau ... Je t'offrirai l'autre demain !

Deux cadeaux ! se dit alors Alban, je ne suis pas dans la m... moi !

Alban se pencha sur Amor pour l'embrasser une nouvelle fois, afin de lui cacher sa contrariété et aussi parce qu'il voulait le remercier comme il se devait mais il fut bientôt interrompu par la sonnette. L'ange démon posa ses lèvres rapidement sur celle de son ange et lui annonça qu'il devait retourner travailler.

- Ils doivent s'impatienter là haut, j'avais décrété une pause de vingt minutes et cela va faire deux heures que je suis parti !

- Et on vient te chercher seulement maintenant ?

-J'ai dit à Abdel, le gardien de l'étage, d'envoyer Stephane uniquement lorsqu'il craindrait vraiment pour sa vie ou que nos invités se seront entre tués et qu'il n'en reste qu'un, ce qui écourterait la réunion, mais ne rêvons pas !

- Et tu crois que je vais te laisser y aller ?

- Ne t'inquiète pas, ce ne sont pas quelques démons qui vont m'impressionner !

En disant cela, il sortit sa dague et s'ouvrit la main. Ses ailes se déployèrent, se frayant un passage dans le tissu de son costume spécialement prévu pour cela.

Alban se souvint avoir demandé si son tailleur n'avait pas trouvé la requête extravagante mais Amor lui avait répliqué qu'avec un peu d'argent tous vos désirs sont des ordres et que de plus, il connaissait très bien Calvin K ...

Amor sortit enfin, paré de ses ailes dont le rouge sang contrastait avec sa chemise bleue nuit, et faisait ressortir ses yeux. Il était vraiment classe et impressionnant. Alban ne doutait pas de l'effet qu'il ferait sur les autres ainsi vêtu. Stephane l'accompagnait comme si de rien n'était, ne se doutant pas une seule seconde que l'ange de la mort était à ses cotés.

- Ne m'attends pas avant la fin de matinée dit Amor en se retournant une dernière fois.

Alban referma la porte, pensif. Maintenant, il lui fallait trouver un cadeau rapidement, voir deux, mais où trouver ca à cinq heures du matin un vingt quatre décembre ?

Il s'habilla et sortit tout de même. Il arpenta les rues à la recherche d'un cadeau pour Amor mais ne trouva rien, rien qui lui plu vraiment. Il rentra chez lui bredouille perdu dans ses pensées, imaginant les cadeaux somptueux que Lou ou Stephane ne manqueraient pas de lui faire.

Il mit la clef dans la serrure essayant pour la millième fois d'avoir une idée géniale lorsqu'un bruit attira son attention. Il regarda autour de lui mais ne vit rien, puis il baissa les yeux et découvrit, posé sur leur paillasson un paquet de bonne taille. Il le ramassa étonné et rentra dans l'appartement. Une fois à l'intérieur, il s'aperçut que quelque chose bougeait à l'intérieur du paquet. Méfiant il défit avec précaution les couvertures qui enveloppait la chose et y découvrit un bébé.

Surprit, il faillit le laisser tomber mais il réussit à le rattraper à temps. Cependant le voyage dans les airs en direction du sol réveilla l'enfant qui se mit d'un coup à brailler. Désemparé, Alban le prit à bout de bras et le secoua pour qu'il se calme. Il n'avait jamais eu à faire à un enfant si jeune et il se sentait un peu pris au dépourvu.

Il se souvint néanmoins que sa fille aimait bien quand il la serrait ses bras et il fit de même avec l'enfant, qui sembla se calmer. Machinalement, il se mit à bercer le bébé en repensant à la petite Antéa.

ooooo

La réunion venait enfin de se terminer, Amor se sentait bien, heureux de pouvoir enfin retrouver Alban et de l'avoir pour lui tout seul. Après tout, l'ange pouvait très bien prendre deux jours de congés, se serait un très beaux cadeaux de Noël et un petit miracle, un miracle de Noël !

Il ouvrit la porte à la volée mais son sourire se figea en voyant Alban qui tenait dans ses bras ce qui semblait être une sorte de poupon et puis, il l'entendit murmurer :

- Voilà c'est finit, papa est là ...

Et là, le poupon se transforma en bébé, bébé d'Alban et maman quelque part ...

Il tourna les talons et sortit anéanti. Il entendit Alban lui courir après secouant l'enfant assoupi qui se remit à hurler.

- Amor attends! cria t il

L'ange démon stoppa et fit volte face, le visage blême les poings serrés.

- Ce n'est pas ce que tu crois ... dit alors l'ange sans aile, je te cherchais un cadeau de Noël, je voulais quelque chose de spécial ...

Les yeux d'Amor s'agrandirent.

- Non, ce n'est pas lui ton cadeau, je l'ai trouvé sur le pas de la porte, je ne sais pas à qui il est, je te le jure !

- Tu lui as pourtant dit que tu étais son père !

- Je pensais à Antéa, Amor, c'est la vérité je ne sais pas du tout à qui est cet enfant et encore moins qui en est le père !

- Et c'est le « tombeur d'ange » qui dit ca ! les interrompit une voix derrière eux.

- Lou ferme là ! dit alors Alban d'une voix glaciale, sans même prendre la peine de se retourner.

- Ok répondit l'incube, après tout ce ne sont pas mes affaires, mais mon petit Gabriel tu sais où me trouver hein ?

Amor et Alban ne répondirent pas mais Alban ne put s'empêcher de sourire jaune.

Il allait le tuer c'est sûr, un jour, il le tuerai !

Après un temps de silence qui parut une éternité à Alban, Amor lui dit :

- Très bien je te crois. Rentrons et essayons d'en savoir un peu plus sur cet enfant.

Alban sourit soulagé.

Une fois dans l'appartement, Amor appela Susie pour lui demander des couches et du lait, en lui expliquant rapidement la situation.

Puis l'ange démon fouilla dans le paquet à la recherche d'un indice quelconque sur l'identité de l'enfant et de la mère. Après avoir tout retourné, il finit par trouver un petit morceau de papier qu'il déplia et lu à voix haute :

« Cher Olivier, je suis tombé mais mon ange vit encore,

Prends soin d'elle,

Merci pour tout ce que tu as fait pour moi, merci pour elle ... »

Amor reposa le papier et regarda Alban

- Apparemment tu ne sais pas qui est la mère mais, elle, elle à l'air de savoir qui est le père !

- Arrête ce n'est pas drôle et ce n'est pas ma fille !

- Ce ne serait pas la première fois que tu oublis l'existence de ta progéniture !

- C'est un coup bas ! Je te jure que je n'ai pas couché avec une de mes clientes !

- Je sais, mais avant que je te retrouve ...

Alban ne sut que répondre parce qu'avant qu'il ne le retrouve, la plus part du temps il était tellement défoncer qu'il ne se rappelait jamais de ce qu'il avait fait la veille.

Aurait il pu coucher avec une fille et ne pas s'en souvenir ?

Sans aucun doute ... Il réfléchit un instant, si lui ne se rappelait de rien, il connaissait quelqu'un qui pourrait sûrement l'aider, sa voisine de palier, Sandra.

Mais d'abord il fallait s'occuper du bébé, il prit son téléphone et appela Mickaël :

- Salut le môme, tu veux toujours être mon coéquipier ?

On entendit un « YYYYEEEESSS » à l'autre bout du fils, puis Alban reprit :

- OK, bon rejoint moi chez moi dans la minute, j'ai une cliente pour toi

A peine eut-il le temps de raccrocher que l'on sonnait à la porte.

Amor alla ouvrir et Mickaël entra telle une furie en se frottant les mains :

- Alors il est où le canon ? dit il en promenant son regard dans la pièce

Alban sourit et lui tendit le paquet.

- Elle est là et ta mission c'est de t'en occuper comme si c'était ta fille !

- Quoi ! Mais je ne suis pas un baby sitter !

- C'est mon cadeau de Noël le môme, tu me remercieras plus tard, dit alors Alban en prenant son blouson et celui d'Amor

- En route « Amor mio », je te prouverai que ce n'est pas mon gosse !

Ils refermèrent la porte sur un Mickaël qui hurlait :

- Quoi ! En plus c'est ton môme !

Dehors, il faisait froid mais un beau soleil brillait et faisait scintiller la neige tombée durant la nuit et qui déjà disparaissait.

- Et on vas où ? demanda Amor en soufflant dans ses mains.

- Dans mon ancien quartier, je voudrais retrouver une amie et je suis sûr qu'elle saura si oui, ou non, j'ai fréquenté une fille avant toi !

« Ca je le sais déjà ! » pensa Amor en le suivant.

Ils arrivèrent dans un endroit sale et sombre. Amor regardait tout autour de lui, tout n'était que misère et désespoir, ici, même la neige était d'un gris sale et son coeur se serra à la pensée que son prince est pu vivre ici.

Puis, ils entrèrent dans un bâtiment sans porte, crasseux et miteux. Amor se demanda comment il pouvait encore rester debout, mais dans ce quartier avait on vraiment le choix ? Pour survivre ici, ne fallait il pas rester debout quoi qu'il arrive ?

Alban monta deux étages et ouvrit une porte qui faillit lui rester dans les mains.

- Sandra ? appela t il alors qu'ils entraient dans un appartement dévasté.

Tout était s'en dessus dessous, la vaisselle avait été cassée, les vêtement étaient tous éparpillés à même le sol, les coussins éventrés, les meubles réduits en charpie ...

- Sandra n'aurait jamais laisser son appart dans cet état, il lui est sûrement arrivé quelque chose ! annonça Alban devant le capharnaüm.

Soudain, Amor souleva un sourcils, il venait d'entendre quelque chose dans la pièce voisine. Il regarda Alban et vit que lui aussi avait entendu. L'ange lui fit signe de passer par le trou dans le mur, pendant que lui passerait par la porte.

Amor enjamba le bordel et sans un bruit, pénétra dans la pièce voisine. Le contraste était saisissant parce que à part un matelas à même le sol et une chaise de bois ,il n'y avait rien d'autre dans cette pièce. Il chercha du regard une cachette possible lorsqu'il se retourna, évitant de justesse une pair de ciseaux. Il immobilisa son adversaire, puis constata qu'il s'agissait d'une jeune fille. Telle une furie, elle se débattit avec force hurlant, griffant, frappant l'ange démon qui la maintint néanmoins au sol sans grand effort.

Alban entra à ce moment là.

- Eh bien, je te laisse cinq minutes et je te retrouve dans une position assez compromettante !

Amor rougit et déstabilisé, il laissa la fille s'enfuir. Alban se mit à rire et retint Amor qui partait à sa poursuite.

- Laisse là, ce n'est pas Sandra. D'après les voisins elle a disparut il y a de cela deux nuits et personne ne sait ce qu'elle est devenue. Hier, des hommes sont arrivés et ont mis l'appartement à sac. Ils leur ont fichu une de ces peurs ! Et vu la description qu'ils m'en ont donné je pariai mon anneau de « Tueurs d'ange » que c'était des vampires !

- Des vampires ?

- Apparemment ils cherchaient quelque chose et j'aimerai vraiment savoir s'ils ont réussit à le trouver ...

- En tout les cas, s'il s'agit de vampires, il ne sera pas bien difficile de retrouver leur trace, j'appelle Lou ...

- Je préférerai pas ...

- Oh arrête !

- Il ne fait rien gratuitement mon ange c'est tout ce que je veux dire ...

Amor sourit et effleura les lèvres de son amant.

- T'inquiète j'en fait mon affaires !

- Justement c'est ce qui m'inquiète, répliqua Alban, mais déjà Amor était en ligne avec l'incube et n'entendit pas les derniers mots de son amant. De toutes façons il savait les craintes d'Alban infondées, les informations que pouvaient apporter Amor à Lou valaient toutes les nuits d'amour du monde et puis l'incube n'avait pas envie de mourir ...

ooooo

Quelques heures plus tard, ils retrouvèrent Lou et Roxane devant une demeure de Parent's Street. Celle-ci semblait avoir été abandonnée des siècles auparavant et paraissait donc être la planque idéale pour un groupe de suceur de sang.

Ils pénétrèrent dans la demeure comme s'ils venaient simplement la visiter en vu d'un achat, mais en réalité ils étaient sur leur garde, prêt à tuer à la moindre aura suspecte.

Ils la fouillèrent pièces après pièces sans trouver la moindre trace de vampire. Lou commença à froncer les sourcils. C'était bien la première fois qu'il se trompait. Il regarda en coin Alban s'attendant à une réflexion de sa part, mais l'ange semblait tout aussi soucieux que lui.

Tout à coup la porte de l'entrée s'ouvrit, chacun se mit en embuscade en attendant que les intrus avancent, la tension était palpable, les visages crispés se concentraient sur le nombre d'ennemi à abattre et ils devaient être extrêmement puissant parce qu'aucun d'eux ne sentaient d'aura meurtrière ou hostile.

Lorsque soudain une sorte de « aga » brisa le silence. La tension retomba d'un coup et Lou sourit en sortant de sa cachette alors qu'Alban se précipitait sur Mickaël en lui hurlant dessus :

- Mais qu'est ce que tu fous ici ?

- Bah c'est toi qui m'a demandé de venir ?

- Moi ? Tu débloques totalement le môme !

Amor intervint alors, rien ne servait de s'énerver maintenant. Instantanément Alban se calma se qui arracha un sourire à Roxane.

- La question est de savoir maintenant pourquoi nous sommes ici, reprit l'ange démon.

Et comme pour répondre à sa question une voix caverneuse retentit, faisant trembler les murs de la demeure.

- Fait comme des rats ! annonça la voix.

Mickaël nullement impressionné hurla :

- Montre toi espèce de lâche !

- Mais oui, bien sûr que je vais me montrer, ne vous avais je pas prévenu anges démons ? Ne vous avais-je pas dit qu'il ne fallait pas me sous estimer ?

Alban et Amor s'exclamèrent alors en coeur :

- Julius ?

Un rire retentit.

- Avancez donc maintenant, je vous attends dans la grande salle ...

Ils se regardèrent tous un instant, puis ils s'exécutèrent. Après tout, ils n'étaient pas venu ici pour rien.

Ils pénétrèrent dans une immense salle à manger, éclairée par des milliers de chandelles, éparpillées un peu partout. Malgré la pénombre ambiante, la pièce était somptueuse, les murs étaient peints de magnifiques fresques racontant les aventures de preux chevaliers, dont personne ne se rappelait les noms, des colonnes en marbre blanc s'élevaient vers le ciel. Le sol était recouvert de tapis soyeux et dans le fond de la pièce un immense feu brûlait dans une cheminée de marbre rose. Dans un des coins, en meuble unique il n'y avait qu'un lit en baldaquin où semblait dormir une jeune fille.

Alban effleura le bras d'Amor conscient des souvenirs que pouvait faire resurgir en lui un tel lieux. Amor lui sourit et lui fit un signe que tout allait bien. L'ange s'avança alors vers le lit et y reconnu sa voisine de chambré, la petite Sandra.

Il chercha Julius des yeux mais ne le trouva pas.

- Où te caches tu ? hurla t il

- Je suis là résonna la voix du vampire.

Tous levèrent les yeux et virent le buveur de sang et ses acolytes assis sur une mezzanine.

- Descends ! Si t'es un homme ! hurla alors Mickaël trop heureux de la tournure que prenait cette aventure. Même dans ses rêves les plus fous, il n'aurait jamais pensé pouvoir rencontrer des vampires.

- Je n'en suis plus un ! répliqua la voix froide de Julius puis il claqua des doigts et un de ses sbires emporta l'enfant avec lui sans que personne ne pensent à réagir.

- C'est gentil de m'avoir apporté mon petit déjeuné ! dit Julius en tenant l'enfant qui hurlait maintenant dans ses bras.

Alban était aux cotés de Sandra, inconsciente, mais en vie.

- Et à elle que lui as tu fais ?

- Rien, c'est son enfant qui m'intéressait, pas elle. De plus, elle ne fait que hurler, supplier et pleurer, elle est lassante et même pas à mon goût pour que je daigne lui accorder la vie éternelle !

Sandra n'était pourtant pas laide mais elle était brune et le harem de Julius se composait exclusivement de blonde.

- Dis nous au moins pourquoi tu voulais cet enfant ! demanda Roxane exaspérée de s'être fait avoir par un petit vampire de pacotille.

- Roxane ! dit alors Julius comme s'il venait à peine de se rendre compte de sa présence. Toi et ton frère vous êtes trompés de camps cette fois ci, vous auriez du rester neutre, pour une fois ...

Ce sera donc votre dernière volonté. Pourquoi ? Me demandes tu donc, et bien à cause de son père naturellement !

Amor lança un regard à Alban, qui fronça les sourcils en secouant la tête.

Ce n'est pas moi « Amor mio », pensa t il mais aux vues de la tournure des événements, il n'en était plus vraiment sûr.

- Mais notre dernier inviter s'impatiente ! reprit le vampire. Lancez la boite ! hurla t il à l'attention de ses sbires, qui s'exécutèrent.

Une boite de bois tomba sur le sol en se brisant dans un vacarme assourdissant et les tentures qui recouvraient les fenêtres s'ouvrirent d'un coup. La lumière du jour entra dans la pièce, les éblouissant un moment. Lorsqu'ils recouvrirent la vue, les vampires n'étaient plus là et une épaisse fumée noire s'élevait de la boite.

- Qu'est ce que c'est ? demanda Mickaël

- Diable ! C'est un « humus » ... répondit Roxane avec une voix à peine audible

- Un « humus » ? demanda Amor qui n'en avait jamais entendu parler

- C'est un démon, expliqua Lou pas plus rassuré, au son de sa voix, que sa soeur.

- Et la fumée c'est quoi ? demanda Alban, qui s'était approché

- C'est pas vrai ! répliqua Roxane vous êtes tous des incultes !

Lou sourit à sa soeur qui reprit :

- La fumée c'est le démon. Les armes sont totalement inefficaces sur lui ...

Un coup de feu retentit pourtant. Tous se tournèrent vers Mickaël qui rougit en s'excusant.

- La Madame vient de te dire que les armes sont inefficaces ! répliqua Alban en lui prenant l'arme des mains et en la glissant dans sa ceinture.

Il s'approcha ensuite du monstre avec sa dague. Il tenta de frapper le monstre sous le regard désabuser de Roxane

- Y en a pas un pour rattraper l'autre, on a dit toutes les armes !

Alban constat qu'elle avait raison, autant se battre avec un nuage.

Il vit alors la fumée s'avancer vers son bras et prendre la forme d'une tentacule qui vint s'enrouler autour de son poignet.

Lou, lui hurla de se dégager, mais il était trop tard. La dague d'Alban tomba au sol dans un bruit métallique et l'ange regarda sa main ahuris. Amor l'attrapa et le dégagea avant qu'une nouvelle tentacule ne s'enroule sur une autre partie de son corps.

Un peu en retrait, tous purent constater les dégâts occasionnés par le monstre. La main d'Alban avait été brûlée, sa peau était craquelée et cloquée. Un liquide transparent suintait doucement au endroit où la peau avait disparut. Alban fit une grimace et tous se regardèrent.

La fumée qu'en à elle progressait doucement dans la pièce, obstruant petit à petit toutes les issues possibles.

- On va tous y passer ! fit remarquer Mickaël

- Lou ? demanda alors Amor, il n'existe vraiment pas un moyen de le vaincre ?

- Il y en a un ...

Roxane le regarda avec de gros yeux.

- Si très chère soeur, j'ai déjà vu quelqu'un en tuer un, un jour ... Ce monstre se nourrit de sang chaud et lorsqu'il mange, son corps prend une consistance solide, c'est là qu'il est vulnérable.

- Ok ! C'est vrai dit alors Roxane et qui est volontaire pour lui servir de déjeuné ?

- Moi ! répliqua alors Amor.

Lou et Roxane ouvrirent de grands yeux et regardèrent Alban dans l'espoir que celui-ci résonne l'ange démon mais à leur grande surprise Alban ne dit rien. Il se contenta de regarder l'ange aux ailes de sang et d'acquiescer. L'incube voulu intervenir mais Amor répliqua :

- Je suis le seul à me régénérer ...

- Encore faut il que tu sois en vie pour cela ! fit remarquer Lou

Amor sourit.

- Alban, je compte donc sur toi pour ne pas me laisser mourir !

- Pas de problème « Amor mio », tu ne quitteras pas ce monde sans moi !

Amor s'avança alors tout doucement et se laissa envelopper par les tentacules de fumée.

- C'est de la folie ! hurla Roxane

- C'est un ange démon, répliqua Alban, ses ailes le soigneront ...

Lou approuva en silence. Les anges démon était des êtres fascinants et effrayants en même temps. Le pouvoir de leurs ailes était extraordinaire et en faisait des êtres pratiquement invincibles. Il savait également qu'une simple plume pouvait soigner d'autre personne et ne doutait pas qu'Alban n'aurait plus trace de sa brûlure une fois le monstre tué et Amor ressuscité.

Totalement recouvert par l'épaisse fumée noire, ils virent la consistance de celle-ci changer imperceptiblement. Alban se précipita sur le monstre et de sa main valide, il découpa les tentacules avec acharnement aidé de Lou, Roxane et Mickaël.

Au bout d'une éternité, ils réussirent à venir à bout du monstre qui se dissipa dans les airs en abandonnant le corps meurtris de l'ange démon.

D'Amor, il ne restait plus qu'un amas de chair brûlées. Sa respiration était faible On arrivait à peine à distinguer les vêtements, de la peau, qui semblait couler sur le sol. Mickaël ne put retenir un haut le coeur alors qu'Alban tombait à genoux près du corps de son amant.

- Ses ailes ... souffla Roxane, où sont ses ailes ?

- Son sang a du changer de composition avec la chaleur, ses ailes ne doivent pas le reconnaître ...

- Le reconnaître ? demanda Alban

- Je ne vais pas t'apprendre que les ailes des anges démons ne reconnaissent que le sang de leur maître et ne soignent que lui ! Certes, une plume peut cicatriser la blessure d'un tiers mais l'efficacité en est assez limitée ... Je suis désolé Alban ...

L'ange le regarda.

- Tes connaissances en anges démon sont impressionnantes mais incomplètes ! répliqua t il en cherchant sa dague sans la trouver.

Il opta alors pour l'arme de Mickaël et la tendit à Lou en disant :

- Tire moi dessus !

- Pardon ?

- Tire moi dans la main, évite quand même l'os ...

Lou le regarda cherchant à comprendre, puis il s'exécuta sans poser plus de questions, sachant le temps d'Amor compté.

Il tira, la balle transperça la main de l'ange, qui vira immédiatement au rouge. Alban avait les larmes aux yeux.

Imbécile ! Tu viens de perdre tes deux mains pensa l'incube en secouant la tête.

Blessé, Alban laissa son sang s'écouler sur l'amas de chair agonisante, quand, au contact du liquide carmin, les ailes de l'ange démon apparurent sous les yeux ébahis de l'incube.

C'était tout bonnement incroyable ...

Les ailes soignèrent les mains de l'ange, puis s'occupèrent de leur maître.

- Ainsi c'est possible dit Lou en essayant de cacher son trouble

Alban haussa les épaules et dit pour répondre aux regards stupéfaits de Roxane et Mickaël :

- C'est mon ange gardien ...

Il caressa un instant les ailes, qui semblèrent frémir à son contact, et se leva prêt à s'occuper de son amie Sandra qui semblait avoir reprit connaissance.

La jeune fille était terriblement effrayée mais lorsqu'elle reconnue Alban elle se précipita sur lui. Mickaël leva les yeux au ciel en ricanant :

- Pourquoi c'est lui qui a toujours le beau rôle, alors qu'il sait même pas en profiter !

Il reçu une tape sur la tête et se retourna pour voir Amor totalement rétablie.

- Et ben c'est du rapide ! répliqua le jeune homme, j'espère que les miennes sont toutes aussi efficaces ...

- Je ne sais pas Mickaël, tu es une curiosité de la nature alors ... répondit l'ange démon affectueusement.

Le garçon lui tira la langue et se rappela de la surprise qu'il avait provoqué à la sortie de ses ailes. De mémoire d'ange, d'après Alexandre, on avait jamais vu ça : les ailes de Mickaël étaient rouge et blanche, un étrange panaché des deux couleurs, qui lui permettait de faire de la magie et de se régénérer bien que pour le moment il ne maîtrise pas vraiment l'un ou l'autre pouvoir.

Alban s'approcha du groupe en tenant la jeune fille par la taille mais il la lâcha bien vite en croisant le regard pas très approbateur d'Amor.

- Je vous présente Sandra, dit il

La jeune fille leur sourit puis elle demanda à l'ange :

- Et ma fille, elle est en sécurité n'est ce pas ?

Alban fronça les sourcils. Il se rappela soudain que Julius avait dit que l'enfant était celui de Sandra. Aurait-il pu en être le père de ce fait ? Pour que Julius s'y intéresse, il fallait que celui-ci fut très particulier, aussi particulier qu'un ange déchu ? Se demanda t il.

Il est vrai qu'avant ils avaient été très liés Sandra et lui, mais il ne se souvenait pas que cela ai jamais dépassé le baiser échangé un soir de déprime...

Soucieux Alban répondit néanmoins aux inquiétudes de la jeune fille.

- Je suis désolé Sandra, mais je te promet que nous allons le retrouver, surtout si ...

Mais il fut interrompu par l'entrée d'un loup immense dans la pièce, tenant dans sa gueule une petite couverture rose ensanglantée, semblable à celle de l'enfant. Un cri retentit et leur confirma que l'enfant se trouvait pris « dans la gueule du loup » en quelque sorte, mais en vie.

Alban prit son arme, visa mais alors qu'il allait tirer Sandra s'interposa.

Il la regarda surpris.

- Arrête ! hurla t elle, c'est son père ...

- Son père ? dirent ils tous en coeur

- Oui répondit la jeune fille en s'approchant doucement du loup et en lui prenant délicatement le petit paquet d'une main et de l'autre, elle caressa la fourrure sombre de la bête qui se laissa faire.

Lou finit par rompre le silence.

- Ainsi voilà pourquoi Julius voulait tellement cet enfant, il voulait se venger. Les vampires et les loups garous ne sont pas en très bon terme à ce que l'on dit ...

- C'est un loup garou ! demanda Mickaël au comble du bonheur. C'est vraiment le plus beaux Noël de ma vie !

Amor regarda par l'une des fenêtres et constata que la nuit était tombée et la lune pleine et brillante.

Il sentit la main d'Alban prendre la sienne et lui sourit.

- Tout est bien qui finit bien ! lui dit l'ange, Et tu vois ce n'est pas ma fille !

Intérieurement Alban jubilait, il le savait, il en avait été presque sûr, il n'avait pas de fille sur cette sphère !

- Et bien ! Les interrompit Sandra, je comprends maintenant pourquoi aucune d'entre nous ne pouvait t'approcher !

Sandra les quitta bientôt accompagnée de son compagnon canin et de leur bambin, promettant de leur donner très vite de leur nouvelles.

N'ayant plus rien à faire dans la maison ils décidèrent de rentrer pour enfin profiter de Noël et du repas que leur avait concocté Stephane. Tous espéraient sans le dire que le loup garou ai fait son affaire au vampire, mais Julius était de la race des vermines et il était très difficile de se débarrasser de cet espèce ...

Arrivés chez eux, Amor fonça dans la douche. Alban lui s'allongea sur le lit, puis il se releva, se dirigea vers l'armoire et sortie de sa cachette le sac de sport. Il le regarda un instant et le posa sur le lit. Il l'ouvrit et commença à en vider le contenu : trois tee shirt, un pull, deux pantalons, deux caleçons et sa bague de tueur d'ange, seul souvenir de sa vie passée, qu'il ne portait plus depuis longtemps. Il la regarda. Elle représentait le visage d'un homme barbue à la bouche ouverte et aux yeux creux dans lesquels brillaient deux magnifiques améthystes vestige de lointaines batailles où les anges se combattaient encore contre des dragons. Il se souvint de la fascination que pouvait avoir Amor pour cette bague, peut-être était-ce parce que son père en avait eu une semblable ?

Il secoua la tête et perdu dans ses souvenirs, il n'entendit pas Amor qui sortait de la salle de bain et qui le regardait en souriant.

- Alors c'est vrai, tu restes ? demanda t il n'osant pas y croire

- Pardon ?

- Tu défais enfin ton sac, c'est que tu veux bien rester avec moi ... dit Amor d'une toute petite voix

- Tu savais pour le sac ? demanda Alban surpris

- Oui, et je sais que tu l'as souvent pris, prêt à partir sans jamais passer la porte ... la voix d'Amor se brisa.

Alban le prit dans ses bras et lui embrassa les cheveux.

- Oui, je reste ... souffla t il

Il se recula ensuite et le regarda. Il souleva la tête que l'ange démon avait baissé. Amor lui fit un immense sourire et ses yeux se posèrent sur l'anneau qu'il observa avec envie.

Alban suivit son regard et lui tendit la bague amusé :

- Joyeux Noël !

- Hein ? Mais tu es fou je ne peux pas l'accepter ! Il faut être un guerrier émérite pour en avoir une !

- Et ce n'est pas ce que tu es ?

- Moi ? Bien sûr que non ! Je ne suis qu'un Ange Démon ...

-Modeste en plus de ça ! Tu m'as sauvé la vie cet après midi et en temps qu'héritier des Terres de Valandras j'estime que tu la mérites amplement !

L'ange démon rougit embarrassé. Alban éclata de rire et lui dit :

- Tu la mérites vraiment « Amor mio », je te souhaite un Joyeux Noël !

Amor prit alors l'anneau et le passa à son annulaire. Il lui allait un peu grand mais ce n'était pas grave. Il caressa la bague, visiblement heureux, pensant peut-être que son père serait fier de lui. Il se tourna ensuite vers l'ange sans aile et lui demanda sérieux :

- Tu regrettes que ce ne soit pas ta fille ?

- Non, pas vraiment, j'ai aimé être père mais maintenant je ne veux que être avec toi ... C'est un peu égoïste non ?

Amor le regarda avec des yeux pétillants et l'embrassa fougueusement :

- Non ,dit il simplement.

Ils finirent de se préparer pour leur repas de Noël, Amor vérifia une nouvelle fois qu'il avait bien le petit écrin en velours noir dans sa poche, second cadeau pour Alban et surtout il était anxieux de la réponse que ce dernier lui donnerait. Ils sortirent enfin de la chambre pour trouver Mickaël endormi sur le canapé de leur salon.

Ils le regardèrent en souriant. Amor chuchota à Alban :

- On dirait un ange lorsqu'il dort comme ça !

- Et un démon lorsqu'il est réveillé !

Ils rirent puis Amor reprit :

- C'est à nous de nous en occuper maintenant ...

Et enlacés dans leur salon, ils continuèrent à regarder l'adolescent dormir, alors que dehors la neige retombait à gros flocons et que dans la grande salle une dizaine de démon et autres créatures étranges commençaient à festoyer pour Noël ...

FIN

Je vous souhaite à tous et toutes un très joyeux noël et une très bonne année 2007.



© Copyright 2006 Aceituna (FictionPress ID:433291).


Return to Top