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Ce texte fut l'intro d'une histoire que je ne terminai jamais... Pour l'instant, c'est un one-shot, jusqu'à ce que l'envie soit trop forte et me reprenne de continuer, peut-être, sans grand espoir de qualité.
(le titre fait référence à une chanson du groupe The Rasmus...)
F-F-F-Falling
Le réveil sonna bruyamment, une petite mélodie stridente et insupportable, vite interrompue par un violent coup de poing.
"Saleté de réveil…"
Le visage à moitié dissimulé sous les cheveux ébouriffés émergea des couvertures. Avec un soupir perplexe, Mickael passa sa main à travers les mèches brunes, les ramenant en arrière pour dégager ses yeux vert clair. Assis au milieu des draps froissés, torse nu et le regard embrumé de sommeil, il jeta un coup d'œil à la fenêtre dont les rideaux mal joints laissaient filtrer un mince rayon de lumière.
"Et merde… J'vais encore être en retard…"
Il faillit tomber du lit en sentant un autre corps remuer près de lui, et une voix féminine lâcher en écho.
"Oh non… je suis sûre que je vais avoir des cernes…"
Il souleva la couverture, reconnu les cheveux blonds de mèches artificielles, les lèvres maquillées dont le rouge bavait et se prit la tête dans les mains. C'est pas vrai… La soirée précédente revenait à sa mémoire trouble, le concert, la fin de soirée avec cette fille en minijupe à qui il avait payé un verre, il devait déjà plus être très net… Se rappelait même plus son nom… Stéphanie ? Non, c'était lundi dernier… Mélanie alors. Possible… Non, c'était en "a"… Tina ? Ouais, sans doute. Bon, s'en débarrasser vite fait et se prendre une douche pour se remettre les idées avant d'aller en cours. Il prit un ton enjoué et se tourna vers elle.
"Bien dormi chérie ?"
Il évaluait en même temps l'état du minuscule appart, une chambre louée à un pote pour le mois. Mon Dieu, quel bordel, songea-t-il, atterré. Sa guitare contre un mur, quelques fringues dans un coin, le soutien gorge de la fille par terre, quoique non, y en a un deuxième, va falloir trouver le bon… Pfff ces lendemains de cuite… Le coin cuisine enfin, une plaque électrique posée en équilibre sur… le livre de maths et celui d'économie. Il leva les yeux au ciel. No comment.
"Je prépare le café, réveille toi en douceur mon ange, après la nuit torride qu'on a passé…"
Il posa une casserole sur la plaque, la remplit d'eau, poussa les deux soutiens gorges sous le lit, soupirant en voyant qu'il y avait déjà un string et deux culottes,… Il mit le café en poudre au fond d'un bol, dégagea le plancher pour passer sans tout renverser, et se baissa vers la fille dont les yeux trop maquillés étalaient du noir et des paillettes roses sur ses joues. Elle repoussa un peu les draps en sentant l'odeur du café, se tourna vers Mickael qui gardait un sourire crispé.
"Mais qu'elle est moche… pensait-il. Et plate avec ça ! Je devais être bien imbibé hier soir, je me souviens vraiment de rien !"
Il passa une main dans ses cheveux, presque attendrit par son attitude de gamine apeurée, et murmura, séducteur.
"Le déjeuner est servi princesse ! Va falloir te lever ma Tina…
- QUOI ?"
La gifle était partie toute seule, suivie d'un flot d'insultes. Le pauvre Mickael tenta de la calmer, mais c'était une vraie furie. Comme quoi les effets les plus pervers des hormones ne sont pas ceux qu'on croit… Il porta une main à sa joue griffée par les ongles manucurés et essaya, penaud, de retrouver son nom avant que la dispute ne tourne au conflit planétaire, connaissant le tempérament de cette tigresse.
"Mais puisque je te dis que c'était une erreur Célia !
- C'est qui celle là ?
- Non, je voulais dire Melissa !"
La démone posa ses deux mains sur ses épaules et le repoussa violement sur le sol. Nue, elle traversa la pièce à la recherche de ses sous vêtements, abandonna avec un soupir exaspéré, et se pencha pour ramasser son haut tandis que le regard du jeune homme se perdait entre ses cuisses… Elle se retourna, le vit la bouche ouverte et le regard idiot, comprit, et l'allongea au plancher d'un coup de pied. Ses fringues dans une main, le bol dans l'autre, elle le toisa froidement.
"Je préfère encore m'habiller dans le couloir ! Salaud ! Obsédé !"
Elle fit demi tour pour sortir tout en buvant une gorgée de café, ses talons claquant comme une menace d'oser la retenir. Il osa.
"Oooh, tu disais pas ça cette nuit…"
Son impertinence lui valu le bol de café sur la tête. Et le café, très chaud. La porte claqua sèchement, et il se releva, les cheveux dégoutants. Il fixa le miroir, dubitatif.
"Je méritais vraiment tout ça ?"
Il soupira, jeta son boxer vers ses livres de cours, et entra dans la salle de bain. L'eau fraîche sur son corps nu le fit frissonner un instant, et le réveilla quelque peu. Il ferma les yeux, savonnant vigoureusement sa peau pour effacer les dernières traces de rouge à lèvre et les restes de parfums féminins qui imprégnaient encore sa peau mate, et sourit.
"C'est quand même vrai que c'était pas mal, cette nuit… Belle Nathalie…"
Il sortit de la douche, empoigna une serviette qu'il s'enroula autour de la taille. Il jeta un coup d'œil à la fenêtre, d'où il pouvait voir la salle de bains d'un appartement de l'autre coté de la rue. Une lueur perverse s'alluma dans ses yeux lorsqu'il vit une jeune fille sortir de son bain, son corps svelte ruisselant d'eau.
"Hehehe… Bon, j'ai un peu de retard, d'habitude je la vois y entrer… Va falloir que je me grouille. Et merde !"
Il venait de repenser à l'avertissement du mec qui lui louait la piaule ; dehors le 21 au soir, et appart nickel. On était le 22. Ce fut une moue fort perplexe qui lui fit froncer les sourcils. "Nickel" ? Hum… Il tira de sous le lit son sac de cours, dans lequel il fourra pèle mêle deux jeans, trois chemises et un pull, ainsi qu'une petite centaine de CD, une chaîne hi fi, et une couverture. Il enfila vite fait un chemise vert sombre sans la boutonner, un jean noir, prit son sac sur le dos et ses affaires de cours dans une main, puis se retourna pour vérifier l'état de la pièce.
"… Je vais quand même pas lui rendre comme ça ?!"
Il ramassa sous le lit une dizaine de cannettes vides, les jeta dans un sac poubelle avec le contenu de la corbeille et la lingerie oubliée, et sortit de la pièce sans un regard en arrière, la guitare sur le dos sur le sac, la poubelle et les livres lui encombrant les mains. Il descendit les deux premières marches avec précaution, et les douze suivantes sur les fesses, s'étalant lamentablement sur le carrelage du hall d'entrée.
"C'est pas mon jour..."
Il devait avoir l'air vraiment dépité car la fille de la concierge, qui partait en cours, s'arrêta et se précipita vers lui pour l'aider à se relever.
"Ca va ? Tu ne t'es pas fait mal ?"
Elle était penchée vers lui, une main sous sa nuque pour soutenir sa tête et, malgré la chute qui l'avait à moitié sonné, il ne put s’empêcher de plonger son regard dans le large décolleté du débardeur…
"Oh oui… Très bien…"
Il tenta de se relever, mais glissa, ses jambes heurtant celles de l'adolescente qui tomba à califourchon sur le malheureux pervers… Imaginez plutôt la situation ! Mickael, allongé sur le dos, le visage coincé entre les seins de la charmante créature dont le postérieur, à portée de ses mains, reposait sur son entrejambe… Il leva les yeux au ciel, prévoyant déjà la réaction de son corps à un tel coup de chance. En effet, ses mains avancèrent d'elles mêmes vers les fesses moulées dans le jean, et il sentit soudain la fille se redresser…
"Dommage, j'avais une belle vue."
…rougir avec un air choqué, et lui décrocher une gifle monumentale…
"Et de deux."
…avant de lui balancer le contenu du sac poubelle sur la tête. Inutile de vous parler de sa réaction en voyant les cannettes de bières et les emballages de préservatifs, le tout agrémenté des soutiens gorges et culottes diverses… Il ferma les yeux, redoutant un discours moralisateur, mais la fille n'eut que le temps de regarder sa montre et se rendre compte qu'elle allait être en retard au lycée.
"Sauvé par le gong… T'as du bol beau gosse. J'ai l'impression que tu quittes enfin le coin, mais si tu repasses pas loin… On reprendra cette conversation où on l'a laissée !"
Elle s'éloigna, ne se retournant qu'une fois arrivée à la porte pour lui faire un clin d'oeil, et sortit avec un sourire. Un chat venu fouiller les poubelles le fixait et miaula avec un air interrogateur.
"Me regarde pas comme ça… J'y peux rien si je suis irrésistible !"
Il se releva en fredonnant un air de blues, ramassa calmement ses affaires et suivit le chemin emprunté par la fille, déposant dans la boite aux lettres de son copain une enveloppe contenant quelques billets et ses excuses, non pour l'état de la pièce mais plutôt pour les bruits nocturnes.
Le soleil dehors était déjà haut, et il entendit sonner au clocher les huit coups fatidiques. Loin de se presser, il s'arrêta dans un café pour prendre un chocolat et un croissant, repensant avec un peu de honte à la fille de ce matin. "Je vais devenir sérieux, songea-t-il, il n'est pas question de continuer cette vie de débauche. C'est décidé, j'arrête de sécher les cours, je me trouve une petite amie avec qui et je reste plus d'une nuit, et…"
Il fut coupé par l'ouverture de la porte du café, et se mordit la lèvre inférieure. Une femme, cheveux ondulés et hanches ondulantes, le regard magnétique et la poitrine siliconée venait d'entrer et s'assit à une table près de la sienne. Avec des gestes calculés, elle sortit un tube se son sac à main et passa longuement le rouge sombre sur sa bouche pulpeuse et arrondie par l'effort.
"…et j'arrête de prendre des résolutions."
Il croisa les yeux bleus de la jeune femme, lui décrochant un sourire plein de sous entendus, mais un homme arriva à cet instant et l'embrassa passionnément. Mickael rit en se disant que ce n'était pas plus mal étant données ses relations actuelles avec la gente féminine, et finit sa tasse. Il paya la serveuse et sortit pour aller se perdre dans les ruelles éblouissantes de soleil. Après de nombreux détours, il rejoignit le lycée et poussa le portail avec une démotivation incroyable, certain de l'accueil qui l'attendait en cours d'anglais… Il déjoua la surveillance de la vieille conseillère qui guettait les retardataires dans son bureau vitré, et grimpa quatre à quatre les marches des trois étages pour atteindre sa salle. Il jeta un coup d'œil par le hublot, fit une grimace à Delphine assise seule contre le mur le plus opposé au tableau et au professeur, à côté de la chaise vide qui n'attendait que lui. Le prof sursauta en entendant ses coups à la porte, et quelques élèves gloussèrent en voyant qu'ils n'étaient pas les seuls à trouver ses cours soporifiques.
"Mickael !? Mais que… qui… Qu'est ce que vous venez faire en cours ??"
Il regarda sa voisine avec un air de dire "il rigole, je viens quand même une fois par semaine !", puis se tourna vers le professeur innocemment, haussant les épaules en murmurant.
"Ben je me disais que vous alliez vous ennuyer si je ne venais pas aujourd'hui, et comme j'avais pas d'autres projets, je suis passé !"
Une dizaine d'idiots rigola grassement, quelques filles lui sourirent, le regard pétillant, et le prof rougit de colère derrière sa moustache.
"Mais…?! Comment osez-vous ?? Je suppose que vous n'avez même pas de mot de retard !
- Euh… Non, Brasset était trop occupée à se remaquiller pour me remarquer !
- Madame Brasset ! Et je vous rappelle que je ne suis pas tenu de vous accepter tant que vous…
- C'est bon, c'est bon, je redescends…"
Il fit à Delphine un geste signifiant "t'inquiètes, je reviens… peut-être", regarda une dernière fois la bande d'abrutis qui se tenait devant lui et sortit sans attendre la réponse du prof. Ses pas étaient un peu plus lourds que d'habitude en descendant les escaliers, et il hésita quelques instants avant d'ouvrir la porte de la vie scolaire. Mme Brasset lâcha brusquement l'ordinateur, se tourna vers lui avec un "oui ?" désabusé mais se redressa soudain en le reconnaissant.
"Tiens donc ! Mickael ! Vous nous faites donc enfin l'honneur de votre présence ? C'est bien aimable !"
Il baissa la tête, rageant de ne pas pouvoir lui répondre avec l'insolence qu'il aurait désirée.
"Je crois que vous vous souvenez de notre dernier entretien ? Je vous avais prévenu…"
Elle feuilletait son dossier, baissant les épaules au fur et à mesure de sa lecture. Il ne dit rien, sachant très bien ce qu'il contenait.
"Trois absences non justifiées depuis le début du mois… Pas étonnant, cela dit, vous ne devez plus avoir de place dans votre carnet de correspondance… Et ne parlons pas des retards…" Ses yeux quittèrent les feuilles pour le rattraper. Elle était énervée, mais aussi déçue et un peu triste de devoir le virer en face à face. "Vos parents… Aucune réponse à nos convocations, et pas la peine d'essayer de les joindre par téléphone. Inutile de faire du zèle, vous allez atteindre vos 19 ans…"
Elle posa ses lunettes et se prit le visage dans les mains.
"Quelle dommage que nous soyons obligés de nous défaire d'un élément tel que vous… Je sais bien que vous êtes largement plus intelligent que votre classe d'imbéciles. Vous avez au moins des projets ? Je ne sais pas moi, de la famille qui pourrait vous proposer un emploi, une formation…"
Il faillit rire devant son vocabulaire tellement abstrait face à une situation aussi concrète qu'un besoin de fric pour vivre, mais il ne voulait pas lui faire plus de mal qu'elle ne s'en faisait déjà toute seule en l'imaginant, pauvre orphelin, livré sans arme au monde machiavélique des adultes. Il haussa les épaules en souriant. "Vous inquiétez pas pour moi, je me débrouillerai !"
Il avait l'air tellement convaincant qu'elle ne put s'empêcher de sourire à son tour, à sa grande satisfaction. Pendant qu'il songeait qu'elle était peut-être pas si fermée que ça, finalement, elle alla lui ouvrir la porte en lui désignant les salles de cours.
"Allez faire vos adieux à vos amis, s'il y en a certains à qui vous tenez, et partez tenter votre chance ailleurs. Je ne crois pas qu'un environnement aussi strict que le lycée vous aurait convenu, de toute façon. Et n'oubliez pas votre guitare !"
Il sortit avec un hochement de tête en guise de remerciement, et s'éloigna sans un regard en arrière. Fataliste, il gravit de nouveau les trois étages en pestant contre l'architecte qui avait conçu cet édifice de torture. Arrivé devant sa salle, il n'eut pas le cœur à adresser ses adieux à Delphine devant le groupe d'ahuris gloussants qui composait la moitié de sa classe, et il se dirigea vers les toilettes des garçons. Tout en sifflotant "Bohemian Rhapsody", il ouvrit sa braguette et allait commencer à pisser lorsqu'une voix féminine lui murmura à l'oreille…
"Alors comme ça on n'a pas envie de retourner en cours ? C'est pas bien…"
Les mains de Delphine courraient, légères, le long de chemise, se perdaient dans ses cheveux, puis allant explorer, plus bas, le jeans qui soulignait ses fesses musclées…. Mickael ne se retourna pas, mais son visage s'éclaira d'un sourire attendri. Il prit doucement les mains dans les siennes, retenant un soupir à l'idée de faire du mal à son amie.
"Tu as raison, je suis un méchant garçon… Mmmm… Et tu es toujours aussi…"
Il fit volte face, la plaquant contre le mur au carrelage froid. Lentement, tenant toujours ses poignets, il glissa ses doigts le long de ses hanches fines, la faisant frissonner en effleurant ses côtes, avant de remonter, fixant ses yeux lorsqu'il caressa, comme par inadvertance, ses seins qu'on devinait à travers le chemisier transparent. Les lèvres entrouvertes, les yeux clos, elle se laissait griser, tombant plus bas à chaque contact entre leurs deux corps. Un sourire triste anima ses lèvres rouge clair, elle le serra dans ses bras, enfouissant son visage contre son épaule.
"C'est tellement dommage que tu doives partir comme ça…"
Il faillit desserrer leur étreinte, surpris, mais elle le garda contre elle.
"Je m'en doutais depuis un moment, le prof n'a fait que me le confirmer…"
Elle sema des baisers légers dans son cou, puis sous son oreille, dans ses cheveux, avant de rejoindre enfin ses lèvres. Le jeune homme fut troublé en voyant ses beaux yeux marron à peine palis par les larmes qu'elle retenait.
"Ne dis rien, ne promets rien, je sais que tu ne reviendras pas."
Il voulu répondre, mais elle posa deux doigts sur ses lèvres, avant de les glisser sur sa joue, s'attardant sur la petite fossette qui lui donnait tant de charme. Elle sourit, l'encourageant à faire de même, et sa voix prit une petite intonation perverse.
"De toute façon, je te garde ici tant que tu fais cette tête. On pourrait même dire que j'ai une petite idée pour te faire réagir…"
Il leva les yeux au ciel, sachant à quoi s'attendre avec elle… Enfin à peu près ! Et il n'eut pas le temps de respirer que la jeune fille posait ses mains sur son ventre, laissant descendre ses ongles contre la peau fragile, ses doigts plus bas s'enroulant autour de son sexe déjà tendu. Il gémit, murmurant en la voyant s'agenouiller devant lui. "Mais comment on t'arrête toi ?"
Elle ne lui répondit que d'un regard de défi avant de le prendre entre ses lèvres. Il recula, trébuchant presque, et son dos rencontra le mur opposé mais si proche. Il posa doucement une main sur sa tête avant de se laisser tomber en arrière, appuyé contre la céramique. Malgré les pensées autrement plus graves qui le hantaient, il sentait avec délice sa petite bouche autour de sa verge dressée, et il se laissa aller à la chaleur qui l'enveloppait tout entier, se fondant dans son plaisir. Elle accéléra, et il serra les doigts dans ses cheveux, l'attirant plus près de lui sans parvenir à contrôler ses gestes, cambré pour être tout entier en elle.
"Pourquoi faut-il toujours que tu tentes de me…" Il se mordit les lèvres, la voix rauque et la respiration haletante. "…pousser à bout ?..."
Les mains de Delphine remontèrent le long de ses jambes pour venir caresser ses fesses qu'elle savait sensibles, et il recula brusquement la tête, se cognant contre le carrelage. Il se força à rester calme, garder un minimum de sang-froid malgré le bouillonnement dans ses veines qui pulsaient de plus en plus violement.
"Arr… Arrête ! Je… Nnnnn…."
S'il avait eu assez de volonté pour baisser la tête et relever son visage perdu entre ses jambes, il l'aurait vu sourire, ses dents mordillant délicatement la peau si sensible pendant qu'elle effleurait de la pulpe des doigts les deux bourses qu'elle fit rouler avec agilité. Il cria, un gémissement aigu qui s'égara dans les couloirs vides tandis que ses doigts tiraient à les arracher les cheveux bruns de l'adolescente qu'il essayait de repousser sans y croire. Elle continua le mouvement de va et vient quelques instants encore, savourant son désir suppliant puis rejeta le visage en arrière, inspirant une grand bouffée d'air avant d'éclater de rire. Se relevant à la hauteur de ses yeux mi clos, elle s'essuya lentement les lèvres avant de poser ses mains sur le torse qui se soulevait à intervalles irréguliers sous sa respiration agitée. Elle n'avait jamais pu s'empêcher de ressentir pour lui une grande tendresse, suivant dans ces instants où son visage se détachait de tout masque pour avoir cet air vulnérable qui le faisait ressembler à un ange égaré parmi les hommes. Sa voix avait une douceur enfantine lorsqu'il la serra contre lui, cherchant les mots en s'enivrant du parfum de ses cheveux.
"Tu es… fantastique…
- N'est ce pas ?" Elle rougissait à moitié malgré son attitude aussi impudique que maternelle. Ses bras enserraient le garçon comme si elle avait voulu ne jamais le lâcher et le protéger des souillures du monde extérieur, mais elle ne dit rien. Avec ses cheveux plus courts que les siens, et ses bras autour de sa taille, on aurait pu la prendre pour l'élément masculin du couple, et seuls ses habits trahissaient son sexe. La jupe de la jeune fille, relevée par Mickael lorsqu'il l'avait serré contre lui dévoilait un string noir qui frottait doucement contre son membre douloureux. Elle sentait cette bosse palpiter contre son pubis et eut un rire cristallin.
"Dis donc, tu serais partant pour une deuxième mi temps, toi !
- Mmm…"
Il la regardait avec une petite moue insolente, le regard rieur et faussement blasé. Elle rit.
"Oh, tu sais, j'ai de l'entraînement ! Par contre, tu sembles déjà crevée…
- Tu rigoles j'espère ? On vient à peine de commencer !"
Elle le fixait, narquoise. Il secoua doucement la tête en la voyant fièrement le provoquer.
"Je te le prouverais sans problème si ce n'était l'autre con de prof qui risquerait de s'inquiéter…
- Ah ouais ! Merde, il va te capter !
- T'inquiète, depuis un quart d'heure que je suis "partie aux toilettes", je crois qu'il se doute sérieusement de quelques chose !
- Mouais… Refringue toi un peu, on croirait que tu viens de…
- De ?...
- De."
Il reboutonna son chemisier avec un sourire en coin, glissa ses doigts dans ses cheveux pour la recoiffer puis recula afin de vérifier son allure. Une main sur les hanches, l'autre derrière la nuque, cambrée comme une star de cinéma, elle prit la pose en se retenant d'éclater de rire. "Ca va, je suis bien comme ça ?" Il soupira en l'attrapant par le bras pour la tirer vers lui.
"Ca me gène de te laisser seule, idiote…
- T'inquiète, je suis une grande fille ! Et je suis pas seule, y a une dizaine d'abrutis collés à mes basques qui tentent lourdement de me draguer !" Elle lui ébouriffa affectueusement les cheveux.
"Tu devrais t'occuper un peu plus de toi, sois égoïste, Mike…"
Il l'embrassa passionnément, mordillant ses lèvres et sa langue avec le désespoir des dernières fois, s'enivrant à sa bouche. Lentement, il recula gardant leurs lèvres scellées jusqu'au dernier soupir.
"Dis à Roy qu'il est un sacré enfoiré de pas t'avoir laissé… "approfondir" tes adieux à cause de son cours de merde !" Elle sourit à ses allusions et lui pinça doucement la joue.
"Allez, tire toi séducteur de mes deux, j'aime pas les mélos. Et profite de la liberté pour deux…" Elle le poussa violement, il sortit sans se retourner. Le silence retomba dans les toilettes des mecs, tandis que sortait une fille de terminale qui rejoignit sa salle sans laisser une seule larme couler à ses joues. Dehors, Mickael ouvrit grand ses bras au soleil et fuit vers la ville haute.