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Auteur : Mellyna Yanou
Titre : Yami no Kokoro
Genre : Mélange de Science-fiction et de Fantasy
Rating : K+
Warning : J'aurai mis tout simplement K si le monde était rose... mais comme il ne l'est pas... hein ? XD
Disclaimer : L'histoire et les personnages de Yami no Kokoro sont ma propriété. Il vous est possible de les utiliser, il suffit de me le demander, je mords très rarement.
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Chapitre 1 : « Don’t you forget about me » - Aîné Chris Jonas
Il y a bien des jours dans ma sordide vie que je haïssais plus que tout… et tous se sont ligués contre moi pour qu’ils surviennent bien après mon adolescence, et débuter allègrement par le pire de tous.
Comme toutes les autres branches du Culte s’installant dans des capitales, celle de la France siégea à Paris, dans un quartier « Haussmann » encore debout et solide… c’était assez incroyable de se dire que cette bâtisse avait des siècles derrière elle, et n’avait jamais failli face à la fureur du Temps, des Hommes et de la Pollution. Toujours de pierre blanche comme neige, cachée du monde extérieur par un large et touffu cercle d’arbres massifs. Se promener dans le parc était se balader à travers le temps et l’espace… nous pouvions nous imaginer en 1950 ou en 2005 ou même vers la fin du 19ème siècle, rien ne pouvait nous prouver le contraire.
A l’intérieur, le Manoir étonnait tout autant… tant par son cachet bourgeois, élégant, assez simple mais chaleureux, que par la ruche qui avait élu domicile entre ses murs. Le cœur était l’immense salon qui ne désemplissait presque jamais, pas même la nuit… son sang était les jeunes gens courrant sans cesse à travers les couloirs, laissant derrière eux, rires, exclamations de toutes sortes… son cerveau était décidément la cuisine (et non son estomac).
Les enfants ont toujours étaient une bénédiction suprême à nos yeux, comme ils l’étaient déjà pour de nombreuses sociétés ou civilisations qu’on croyait bien loin de songer ainsi. Jamais de cris, d’insultes, de réprimandes sévères envers eux de la part des aînés. Respect, dignité et tolérance. Couvés et choyés, les jeunes âmes grandissaient bien loin de leurs familles parfois, nous devenions rapidement leur seule famille.
L’arrivée d’enfants étaient toujours une fête… il en arrivait par groupes plus ou moins importants, d’autres venaient seuls. Il y avait toujours une bonne poignée d’adultes et de jeunes pour se rassembler et célébrer une nouvelle venue.
La perte de l’un d’entre eux était la pire chose qui pouvait arriver. Un aîné était amené à se battre, à se défendre et à protéger les autres, allant aux devants des dangers… c’était son « travail ». Un enfant n’avait pas à se soucier de cela, il apprenait, il travaillait ses capacités, il s’entraînait, mais jamais on ne le mettait en danger. Seulement, il fut une période où quitter les murs du Manoir pour flâner dans le parc, était dangereux. Ces barbares ne se suffisaient jamais d’un seul meurtre… nous n’étions qu’une vermine de secte à détruire, à étouffer sous le feu avant que l’on ne sorte pour recruter d’autres « âmes innocentes ». Ils devinrent rapidement notre principal ennemi, au point que nous en oublions presque le seul véritable ennemi, Reïs. Intimidations, insultes peintes sur les grilles, déchets jetés par-dessus les murs… au bout de quelques semaines, cela ne nous atteignait plus. Mais ils passèrent aux attaques, expéditions punitives… détruisant les lieux que nous fréquentions, attrapant les nôtres qui avaient eu la mauvaise idée s’attarder dehors plus que de raison. La vie devint infernale à l’extérieur. Les enfants restaient cloîtrés à l’intérieur, refusant catégoriquement de sortir… la pire des horreur leur était réservée. Les Doyens eurent beau porté plainte, aucun Tribunal ne voulut s’en charger… et les procédures traînaient en longueur et en largeur. Nous n’avions donc palus à nous soucier d’être responsables ou coupables si notre légitime défense faisait des victimes de l’autre côté… bien que cela n’arriva jamais, nous n’en avions pas eu le temps.
Je devais avoir 22 ans, j’avais terminé ma formation depuis un bout de temps… on venait de me confier une petite orpheline. Je devais m’occuper d’elle en attendant qu’elle commence sa formation. Elle venait tout juste d’être baptisée… Angélique Taous, furent ses prénoms d’entrée au Culte. C’était une petite blonde au regard miel, qui sautait partout pour un rien, en riant aux éclats à la moindre occasion, d’une douceur et d’une bonté sans égal. Je me serais réellement cru en présence d’un Ange réincarné si je savais que cela était possible. Je me demandais encore comment une telle enfant pouvait exister dans ce monde… comment elle avait pu survivre… on devait l’envier comme jamais on ne pouvait envier une personne. Sur Larsis, elle aurait été, soit envoyée dans un Temple pour la protéger, soit déjà frappée de malédiction. Sur Terre… oh, les malédictions, les sorts existent bien, mais bien loin des incantations rituelles que la caricature nous servait. Il suffit d’un regard en biais, légèrement noir et surtout envieux, pour que la chose soit faite. En réalité, c’était son cas, malheureusement…
On passa la journée à courir à travers le Manoir. Ma réputation prit un coup sévère parmi mes pairs… moi qui m’évertuait à passer pour quelqu’un d’un peu froid (même très froid) et peu soucieux des plus jeunes. Heureusement, c’était faux et toute la branche française du Culte l’apprit ce jour-là. Merci Angélique.
L’ambiance légère et joyeuse s’était rapidement dégradée avec l’arrivée d’un messager, le visage ravagé par l’épuisement, la terreur, et la colère. Nous avions déjà eu un mauvais pressentiment quand l’alarme se déclencha juste avant son arrivée… dans l’urgence de la situation, il n’avait pas signalé sa présence à l’entrée… provoquant à lui seul une panique générale dans le Manoir, avant même d’apparaître dans le hall d’entrée. Ce qu’il prononça résonne encore dans mes oreilles… et le fera certainement toujours. « Les démons sont sur nous » C’était clair, court, et assez significatif pour amplifier la panique chez les enfants. Angélique ne comprenait pas encore ce qui se passait… à quatre ans, on ne lui avait pas expliqué grand-chose de la situation du monde.
Je crois qu’à cet instant, les adultes du Culte s’en voulurent énormément d’avoir mis de côté le problème de l’invasion, pour ces crétins qui ne comprenaient rien à la vie… bien qu’à présent, nous avons la preuve qu’ils sont à la botte de Reïs depuis le début. C’était dans leur plan… nous détourner du problème majeur pour mieux nous toucher… nous briser.
Et pour nous briser, ils le firent sans grande peine. Le Manoir était assez grand pour une centaine de personnes, et n’aurait pas volé son surnom de Château… protéger en même temps quatre-vingt enfants n’était pas chose aisée, pourtant nous devions et avions relevé le défi. Seulement rassembler autant de jeune gens paniqués et terrorisés, était pratiquement impossible… nous n’étions qu’une poignée encore à l’intérieur, le reste s’était déplacé dans les autres capitales.
Le carnage fut complet, d’un côté comme de l’autre ; des créatures diverses s’étaient lancées à l’assaut du bâtiment. Non contentes d’être non humaines et très certainement plus puissantes physiquement que nous, elles maniaient magies et sorcellerie comme personne. Il y avait d’autres « personnes » mais il nous fut impossible de bien déterminer ce qu’elles étaient.
Nous avions finalement décidé de nous séparer par groupe de deux aînés pour une quinzaine d’enfants. J’étais avec une amie, Catherine, et Angélique était dans le groupe dont nous nous occupions.
Même si cela était plus que marquant, j’ai toujours du mal à retracer minute par minute ce qui s’est passé. Je me souviens juste qu’Angélique, terrifiée par quelque chose que j’ignore toujours, partit en courant dans les couloirs, se soustrayant à la maigre protection que nous avions posée, Cathy et moi. Alors que j’étais sur le point de la rattraper, je L’ai vu…
C’est à ce moment du « raid » que tout a basculé… c’est bien simple de dire cela, mais c’est réel. Tout a changé depuis cet instant…
IL la tenait par la gorge de sa main puissante… ses pieds brassaient inutilement l’air, cherchant le sol, comme perdant pied dans l’eau. Je savais de quoi il était capable, sa réputation l’avait précédé, et il s’en vantait. Je savais qu’il pouvait la tuer d’un seul geste si l’envie le prenait. Et il ne s’est pas refusé ce « petit plaisir personnel »… même si je savais à quoi m’attendre, et ce qui allait suivre, j’essayais de ne pas y croire… je me disais qu’il allait au pire la jeter au loin pour l’assommer contre un mur. Nous pouvions soigner les graves blessures…
Aussi, quand il lui brisa le cou, je ne bougeai pas… j’étais paralysé… je ne croyais pas ce que je voyais. Je me disais qu’Angélique faisait « le mort » exprès pour essayer de s’échapper. Je me disais qu’il bluffait, qu’elle était juste inconsciente… qu’elle se réveillerait dans quelques minutes pour courir de nouveau dans les couloirs comme elle l’avait fait cette journée. Je ne sais plus ce qui se passa par la suite… je me vois avec la petite dans les bras… je me rue sur lui, arme en main… puis le noir. Je crois qu’on m’assomma.
Quand j’émergeai, la première que je perçus, fut les sanglots nerveux de Catherine reconnaissables entre tous. Lorsqu’elle n’avait plus assez de larmes à verser, elle hoquetait… et à ce moment-là, elle hoquetait de tout son corps… la petite dans les bras.
Angélique semblait dormir tant son visage semblait serein… sa beauté et sa bonté l’avaient rattrapée. Je me suis surpris à penser qu’elle était peut-être mieux ainsi… une telle enfant ne devait pas vivre dans un monde pareil, encore moins être plongée de la sorte dans cette guerre. Mais je ne pouvais pas non plus enlever ce sentiment d’injustice qui m’envahissait à chaque fois que j’y pensais. Malgré toutes mes croyances, toute ma foi, je n’arrivais pas à m’y résoudre. C’était une si belle enfant… elle avait encore d’autres cœurs, d’autres âmes à faire sourire, à réconforter, d’autres aînés à faire courir à travers les lieux. Certainement Cathy songea à la même chose…
Nous comptions nos disparus… ce fut une hécatombe comme on en faisait peu. Sur les quatre-vingt enfants, une seule survécut… il ne restait plus que dix doyens, Cathy et moi-même. Et il n’y avait pas assez de corps ennemis sur le sol pour taire notre rage folle et aveugle.
Ce n’était que des enfants…
Cathy n’arrêtait pas de le hurler, le scander, le murmurer… c’était devenu une idée fixe pour elle, presque son leitmotiv. Les secours n’arrivèrent que bien des heures plus tard… deux ambulances, un véhicule de police, et deux de pompiers. Le feu ne faisait pas rage dans le Manoir, il était quasiment intact. Non, il rongeait autre part… dans nos cœurs. Il nous fallut mentir sur ce que s’était passé… en fait nous n’eûmes pas grand-chose à dire, les autorités avaient apparemment compris que c’était ceux qui nous harcelaient sans cesse. Catherine ne put se retenir de cracher au visage des enquêteurs que rien de tout ceci ne serait arrivé si la Justice avait daigné un tant soit peu s’intéresser à notre cas.
Bien entendu, le jour même, un gouvernement français qui nous méprisait quatre heures plus tôt, condamna fermement ce crime collectif, se dit chagriné, voire profondément choqué par l’assassinat de près d’une centaine d’enfants innocents, et envoya ses pensées aux familles des victimes.
En voyant cela au Journal du soir, je n’ai pu m’empêcher de rire… ils étaient si pathétiques ! Ils n’avaient aucun rapport avec ce groupe de tarés, et se montrait par ces mots presque capables de les arrêter et les juger. Ils n’avaient pas cet amour intense pour les enfants… ce n’était que des futurs citoyens qu’il fallait éduquer, discipliner et caser pour les remplacer par la suite une fois trop usés. Il n’y avait pas cet attachement presque maladif… et ce n’était pas avec ces programmes d’encadrement, de soins, pour les enfants qu’ils nous feraient croire ça. Pire que tous, ils nous faisaient passer pour des bourreaux qui cloîtraient les enfants dans une maison comme dans les sectes, que ce n’étaient que de pauvres victimes de notre esprit dérangé et nos croyances extrémistes. Et pour finir en beauté, ils oubliaient que les « familles des victimes » se fichaient éperdument de ces enfants… elles les avaient jetés dans la rue, trop différents des autres enfants… et puis nous sommes si nombreux sur Terre. La rue s’en chargerait… loin d’être un orphelinat, ou une maison de charité, nous recueillions ces Innocences, comme les nomment les Doyens, dotées de certaines particularités… nous leur enseignions notre savoir et ceux de Larsis… nous leur apprenions à se défendre, à attaquer en cas de besoin… à se protéger du monde extérieur. Nous étions certainement leur seule famille… et perdre son enfant est bien le pire des malheurs dans une famille. Ainsi, Mariah Sourour, petite fille de 9 ans dont on ne connut jamais le nom de famille, devint notre seule raison de vivre… être précieux. Un aîné l’emmena la nuit même en Allemagne, un des seuls pays qui défendaient nos droits d’existence… Berlin est notre ville d’accueil par excellence…
J’eus une discussion avec Catherine… nous n’avions pas encore rejoint le Manoir, encore bloqués au Central Parisien de la Police Nationale. Je dois dire que j’en avais plus qu’assez de ce qui nous arrivait… nous avions atteint les limites du supportable. J’avais proposé qu’elle parte pour Berlin elle aussi, ou Vienne… voire Amsterdam ou Madrid… n’importe quelle capitale, du moment qu’elle serait en sécurité dans un pays qui respectait nos enfants, nos pairs et nos aînés, et surtout nos convictions. Mais elle n’en démordait pas, elle voulait rester au Manoir… elle resterait avec les Doyens pour reconstruire ce qui avait été détruit. Je me doutais que c’était plus son cœur qui était en morceaux… et non le Culte. Lui, il resterait debout, contre vents et marées, il resterait debout, fier et solide. Il n’y avait plus rien à reconstruire à Paris… plus rien. Il ne nous restait plus qu’à nous disperser aux quatre coins du globe… j’étais prêt à partir pour Vienne, prêt à lui attraper le bras et partir dans la minute, de gré ou de force.
Mais je ne voulais pas créer de « scandale » dans le Central… nos disputes étaient mémorables dans le Manoir parisien. Alors je me suis tu… je l’ai laissée partir… comme un idiot. Elle retourna au Manoir… oui, j’ai été idiot. J’aurais dû deviner…
Ne nous oublie pas…
J’aurais dû savoir, me rappeler, me hurler, que Reïs n’était satisfait que lorsqu’il frappait réellement au cœur.
Un peu repentant de ce qui s’était produit la veiller, je rentrai au Manoir. Les décombres de la bâtisse vieille de dizaines de décennies, illustraient macabrement bien ce qui arrivait à cette branche française. J’ai fui aussitôt. Je ne cherchai même pas à savoir s’il restait des survivants… certainement pas. Il était revenu finir sa besogne… mettre un terme à son petit amusement personnel.
Deux jours plus tard, j’appris aux Informations, que des quatorze rescapés du précédent raid (dont Mariah, l’aînée, Catherine et moi) seules onze personnes furent retrouvées… trois avaient survécu à la seconde attaque.
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24 février 3070… la véritable guerre et mon enfer trouvèrent leur commencement.
C’est surtout une histoire de test à l’Humanité… saurait-elle faire face aux changements, à la différence, à l’unicité. Pour l’heure, elle avait lamentablement échoué.
L’Humanité était le pire cancre de l’Univers.
A suivre…