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Author: Lana Mira Beth
Fiction Rated: K+ - French - General - Reviews: 2 - Published: 03-13-07 - Updated: 03-13-07 - Complete - id:2332993

La force des mots

Par: Rosalind Black

Un poème se répète dans ma tête. Il chante sans mélodie; il parle sans mots. Le rythme m’envahit les os. Il me fait tournoyer dans l’espace. Mais ses mots et sa profondeur universelle dansent jusqu’au bout de ma cervelle. L’obstacle est ma bouche, qui ne peut pas verbaliser ni former la signification de cette œuvre inconnue. Donc, il est toujours perdu ; ce poème s’égare dans ma mémoire et réapparait comme idée, présent mais éphémère, visible mais inaccessible.

Toujours hors de ma portée.

Je marche lentement sur le trottoir ; la ville est grise malgré d’être vivante au début de mars. La neige tombe encore, aussi durement qu’en hiver. Mais ces-jours ci, elle retombe d’un air moqueur ; elle étouffe la renaissance sous une couche de mort éternelle. On peut ignorer la frigidité. Quelques-uns autour de moi s'enferment dans leurs baladeurs. Ces gens, ils se cachent dans leurs styles, dans la mode temporaire. Ils n’ont aucune substance.

Mais moi, je me raffole d’observer la grande blague de la nature. C’est le poème. La nature est ma musique, l’album qui ne cède jamais tourner. Je pars du trottoir en entrant le parc. Je monte une petite colline blanche et douce jusqu’au sommet, où je m’assois. Je me sens réchauffer la terre en savourant le seul pouvoir que j’ai : le pouvoir de partager la vie. Grâce à la saison bizarre, je suis la seule personne si près du gazon. Et j’y pense. Dans ma tête je le vois. Il pousse soudainement, rapidement autour de moi, comme un champ d’Afrique. Le vert perce les nuages et le soleil retourne rayon par rayon en brisant l’hiver.

Tout à coup, le ciel est infiltré par une foule d'oiseaux. Ils chantent heureusement en revenant dans un vol presque militaire, étonnamment organisé. Tous les gens -les travailleurs et les consommateurs- regardent en haut, entièrement éblouits par ce spectacle printanier.

Les fleurs poussent et ouvrent dans un clin d’œil, prêt à bienvenir les insectes qui s’en viennent. Les couleurs extraordinaire tuent le gris de l’ancienne atmosphère, puis la neige fondue s’écoule dans la rue, et crée une fleuve immaculée où les bâteaux et les radeaux secourent les pédestres ; les autos transforment en navires et flottent sur l’eau et en bas, des poissons bricolés scintillent dans la reflexion dorée du soleil. Je me lève de ma siège une fois mouillée, maintenant sèche, et je sens l’air frais. Je commence à descendre de la colline et je m’arrête au sentier entre le parc et le trottoir, qui et maintenant une plage chatoyante remplie de cailloux rouges et jaunes.

« Est-ce que ça va ma chère? » me dit un homme. Dans cette phrase la vision disparait. La beauté de la scène sereine se renverse et le gris retourne. La neige recommence à tomber, il semble à deux fois la dureté. La saleté des égouts et le désespoir des rues reviennent avec la froideur interminable. Le poème élusif se cache dans ma tête encore, pour le moment foutu.

« Oui, merci. » je lui reponds.

Je reprends mon chemin et je tente à me souvenir du poème, mais en vain. Les larmes froides dans mes yeux pensent à un autre poème plus mélancolique. Ça, c’est quelquechose que je sais que je peux partager. Lorsque je marche je découvre un autre pouvoir : celui de prendre la vie.



© Copyright 2007 Lana Mira Beth (FictionPress ID:423517).


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