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Bon, une petite histoire...en attendant que je mette à jour les autres...en espérant qu'elle vous plaise!
Bon c'est une histoire très courte...
J’étais le valseur des nuits. J’étais l’amant de la lune. Je vous regardais, infidèle que j’étais. Que pouvais-je y faire ? Mes yeux furent les premiers traîtres. Ils étaient si faibles. Ils avaient leur propre raison. Mes jambes suivirent après. Expertes, habiles, elles exécutèrent une danse unique pour vous. Mes bras se dressèrent et mes mains attrapèrent les étoiles pour les faire chavirer.
Mon corps entra dans une transe. Je jouais avec l’air froid de la nuit et la brume qui s’accrochait aux branches des arbres. J’étais le mendiant errant qui souhaitait ardemment la fin de mon invisibilité. Mes pas rythmés étaient aussi transparents qu’un cristal brisé. J’en pleurais de dépit. Pourtant, chaque soir, je venais vous voir. Chaque soir, je vous offrais une valse. Chaque soir était un espoir déçu.
La lune me surprit, une nuit de printemps.
La brise apportait de fraîches fragrances, des odeurs aussi épicées qu’un piment découpé. J’étais content. Comment ne pouvais-je pas l’être ? J’allais vous retrouver, voleur de coeurs. C’était une si douce habitude.
J’entrai par la fenêtre et je m’assis sur l’encadrement. Pensif, je vous regardai, à cette heure si tardive. Cette contemplation était un poison pour mon sang. Vous dormiez nu. Je voulais connaître tous les secrets de votre corps pâle. Je n’osai vous toucher, alors je dansai pour apaiser mes envies.
Mes escarpins satinés entamèrent les pas d’une ode éthérée. Je vous imaginais long et souple, ondulant avec rythme. Je vous imaginais brûlant contre ma peau. J’imaginais vos ongles me marquant avec des croissants de lunes rouges. Je m’essoufflai vite. J’étais ivre et heureux.
Un rire froid me fit tomber. Effrayé, je levai les yeux vers cette face ronde et blanche. Elle sourit et les cratères sur son visage s’accentuèrent. Mes mains tremblèrent d’effroi. Ses mots résonnèrent comme un tonnerre impitoyable :
« Mon tendre ami, continuez, je vous en prie ! C’est une valse splendide ! »
Alors, je dansai, je dansai, je dansai…
Mes chevilles se brisèrent d’épuisement. Elle m’enleva. Tandis que mes yeux, embués par les larmes, s’attardaient sur votre silhouette qui s’éloignait de plus en plus, la Lune murmurait à mes oreilles de cruels mots d’amour.
De nombreuses nuits passèrent. Elle me retenait toujours prisonnier dans cette cage en étoiles. Je ne pouvais plus danser. Je ne devais plus vous revoir. Mes sentiments torturaient mon être, le pressaient inlassablement. J’étais une orange amère, asséchée par le chagrin. La Nuit s’apitoya sur mon triste sort et elle usa de tout son charme pour convaincre ma maîtresse de me libérer.
A quoi cela pouvait-il servir de m’enfermer dans une prison alors que je ne pouvais même plus marcher ? Pourtant, je trouvai un moyen de vous rencontrer à nouveau. Un plan se forma dans mon esprit. Il me naissait des ailes. La brume accepta mon stratagème. C’était une amie de longue date. Elle tissa un voile qu’elle tendit jusqu’à votre fenêtre, et je me laissai glisser dessus.
J’étais le galérien en fuite. J’étais l’amoureux transi. Je vous regardais, vous et votre amant. Je regardais ce baiser partagé. Je regardais ces bras qui vous enlaçaient tendrement. Je regardais ces hanches qui tanguaient passionnément.
La Lune éclairait cette scène avec moquerie. Elle disait, sarcastique : « Voyez, mon ami, ils s’aiment. Laissons là leurs ébats amoureux et occupons nous plutôt de votre nouvelle punition car vous êtes incorrigible ! »
Si, chaque matin, au lever du soleil, vous voyez le ciel rougir, sachez que c’est mon sang qui se répand. Si chaque matin, vous entendez le triste chant d’un rossignol, sachez que ce sont mes larmes qui troublent ces sons harmonieux.
Chaque matin, enchaîné au plafond du ciel, je suis transpercé par des rayons agressifs de lumière. Chaque matin, mes yeux brûlent devant cette face radieuse. Chaque nuit, la Lune me guérit avec patience et amour. Chaque nuit, mon cœur se brise et désespère.
Ce matin, il trouva un corps ensanglanté, près d’un bassin recouvert de feuilles mortes. Ce matin, il poussa un petit cri d’étonnement et s’agenouilla à côté d’un être qui lui était familier. Ce matin, il oublia son amant et découvrit des pupilles argentées affolées et si belles.
Oui, ce matin…le ciel souriait et caressait tendrement des cheveux aussi noirs qu’une nuit sans étoiles, des joues aussi pâles que la brume et des lèvres aussi rousses qu’une lune en colère.
Ce matin, le danseur de lune a embrassé la terre et l’enveloppe mortelle des hommes.
je vais essayer aussi d'updater GNPJ en avril, si j'ai plus de temps, promis!
bisous et à bientôt!
Pivoine