Share/Save/Bookmark
Home Just In Communities Forums Beta Readers Dictionary Search Login Register Extras
Fiction » Romance » Orphelin égal Seul? font: B s : A A A . width: full 3/4 1/2
Author: Cam1408
Fiction Rated: M - French - General - Reviews: 16 - Published: 04-10-07 - Updated: 07-21-08 - id:2346402
Orphelin égal seul

Orphelin égal seul ?

2e Partie : Renouveau d’Une Vie

Chapitre 13 : deux ans plus tard

Amusante, l’ironie du destin.

Je n’ai jamais eu autant de monde autour de moi, pourtant je ne me suis jamais senti aussi seul.

18 ans aujourd’hui. Ça se fête comme le disent mes « amis ». C’est vrai. Youpi.

Je suis « libre ».

Ouais c’est ça. Libre d’aller crever de faim pourvu que ce ne soit pas à l’orphelinat. Libre d’aller dormir sous les ponts, ça fera un lit de libre en plus dans les dortoirs.

Moi, dépressif ? Non.

Je crois juste que je n’ai jamais été aussi conscient de ce qu’est la réalité.

Je suis en train de mourir à petit feu. Mon cœur se détruit de l’intérieur. Je ne vois presque plus Ben. Tout ça c’est à cause de ce jour-là, de ce foutu traumatisme qui me pourrit la vie, qui m’éloigne de Ben.

Et plus j’en suis éloigné, plus ces parasites apparaissent, de plus en plus nombreux, tous persuadés de ne vouloir que mon bien.

Pff… Tous des hypocrites.

Ils ne se rendent même pas comptent qu’ils n’ont aucune importance ?! Toi seul compte Ben ! Toi seul !

Mais je ne peux plus te le dire. Tu es trop loin. Je n’ose pas t’approcher.

Et puis, à quoi bon ? Je suis incapable de te toucher. Si tu m’approches, je te repousse. Pourtant tu as été patient, tu avais deviné quelque chose. Tu as su tenir presque six mois.

Et puis, tu as craqué. Tu as voulu savoir. Et je n’ai pas pu, je n’ai pas pu te le dire, je n’ai pas pu te l’expliquer.

Je m’en veux tellement. Et pourtant…si aujourd’hui tu me le demandais, je ne pourrais toujours pas.

J’ai si peur.

Peur de devoir affronter mes démons si tu choisis de te battre avec moi, de m’aider.

Peur d’être ensemble sans vraiment l’être si tu choisis de me laisser le temps, de suivre mon rythme.

Peur d’être repoussé à tout jamais si tu choisis de me fuir, de m’oublier pour effacer ce problème.

Je suis vraiment un lâche. Je le sais, je me suis fait une raison. J’ai essayé de lutter, mais je ne suis pas assez fort. Alors je te regarde t’éloigner, suivre ta voie tandis que je suis la mienne.

Dommage, j’aurais aimé qu’on fasse un peu plus de chemin ensemble. Mais ce n’est plus possible.

Je me suis fait une raison.

Aujourd’hui le dirlo m’a bassiné pendant une bonne heure parce que j’ai réussi à décrocher une bourse. Que je devais être reconnaissant envers l’Etat qui dans sa grande générosité m’accordait, à moi pauvre petit orphelin, cette aide inestimable pour mes études après m’avoir déjà nourri et logé pendant tant d’années. Qu’il espérait que j’avais conscience de ce privilège exceptionnel et que je saurais remercier l’Etat dès que l’occasion se présenterait.

Bla, bla, bla…

Non mais franchement, pour qui il se prend celui-là ! Ça fait deux ans que je bosse comme un malade pour avoir cette bourse ! Qu’est-ce qu’il croit ?! Non, elle n’est pas tombée du ciel ! Je me suis donné du mal pour l’obtenir !

En revanche, ce qui est inhabituel, c’est que cette année, deux bourses ont été attribuées dans notre orphelinat.

Enfin, c’est ce que dit la rumeur.

De mon côté, j’ai confirmé, mais « l’autre » ne semble pas se manifester.

Ce n’est pas Ben, je le saurais. Même s’il s’éloigne, je garde un œil sur lui. On n’est jamais trop prudent.

Enfin je me demande quand même qui est « l’autre ».

C’est vrai quoi ! Je n’ai jamais eu un seul rival ! Ni à ma connaissance, ni d’après les différentes rumeurs.

Il y a vraiment quelque chose à creuser là-dessous.

Remarque, c’est peut-être un nouveau. S’il est arrivé en cours d’année, ça explique pourquoi je n’en ai pas entendu parler. Il n’a pas eu le temps de bien se faire connaître.

Faudra que je me renseigne auprès des profs. En général, ça ne les dérange pas de me filer des infos, c’est pas comme si j’allais les utiliser contre eux.

Ouais c’est une bonne idée.

Enfin, c’est bien beau d’avoir une bourse, mais ça ne fait pas tout. Faudra que je m’arrange avec Sam pour qu’il me change mes créneaux, ou qu’il m’aide à me trouver une place quelque part en boulot à mi-temps.

Faudra aussi que j’aille voir un notaire pour mon héritage. C’est pas de gaîté de cœur que je vais le récupérer, mais je ne vais quand même pas le laisser à l’Etat ! Faut pas rêver ! C’est tout ce qui me reste d’eux. Je ne peux pas le laisser filer !

Ah oui ! Il y a le bac aussi. Encore un autre problème. Dans une semaine, les épreuves commencent. Et en premier, c’est…philo ! Youpi. Pff…Vivement que ce soit fini. Enfin, oui… et… non.

Parce que ça voudra aussi dire que je ne reverrais plus Ben. Pas que je le vois très souvent, mais je sais qu’il est là, pas loin, facile à trouver.

Alors qu’après, je ne le reverrais probablement plus jamais.

Ça me déchire le cœur rien que d’y penser.

Je suis vraiment accro, complètement dépendant.

Parce qu’il est toujours là en moi, ce besoin de le voir, de parler avec lui, de rire avec lui. Même si je me force à rester loin, à ne pas empiéter sur sa vie, j’ai toujours besoin de lui.

Même si mon corps le repousse, mon cœur l’attend toujours.

Aussi, comme je suis toujours incapable de lui parler de mon problème, j’essaie d’éviter d’y penser.

Mais fatalement, j’y reviens chaque fois que j’écris, puisque ce que je note ici n’est rien d’autre qu’une sorte de bilan de ma vie, de son évolution.

C’est fou comme en deux ans je suis devenu paradoxal.

D’un côté, je suis devenu un grand solitaire : évitant les gens qui me sont proches ; alors que de l’autre, je suis devenu incapable de rester seul : j’ai bien trop peur.

Du coup, je reste avec ces hypocrites, qui ne me sont pas attachés et à qui je ne suis pas attaché. Et parfois, quand les liens deviennent plus réels, je m’éloigne et m’en vais vers un autre groupe.

Finalement c’est moi qui suis devenu un parasite, je ne vaux pas mieux qu’eux.

Je me suis découvert une passion : la musique.

Avant, je n’y faisais pas vraiment attention. J’écoutais sans vraiment écouter. Mais depuis ma première expérience en boîte, il y a deux ans, je ne fais plus que ça : rechercher, acheter et écouter de la musique jusqu’à l’évasion totale, jusqu’à la disparition de la conscience de soi.

Le « moi » n’est alors plus rien, seules les notes et leurs danses comptent. Quand elles se lient, s’entrelacent ou s’opposent et se querellent, c’est tout cela qui m’hypnotise, des heures durant, sans possibilité de retour avant la fin du morceau.

Je suis vraiment un drogué : accro à Ben, je tente de l’oublier, de me « soigner » dans la musique.

Ben est mes cigarettes et la musique mes patchs pour tenter d’arrêter.

Ça y est, je divague complètement. Et même si c’est à peu près ça, me plonger dans l’un ne me permet pas d’oublier l’autre.

Faut croire que mon cas est encore plus désespéré qu’il n’y parait.



© Copyright 2007 Cam1408 (FictionPress ID:541996).


Return to Top