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Fiction » Humor » Moi et ma chance habituelle font: B s : A A A . width: full 3/4 1/2
Author: Somniorum
Fiction Rated: K+ - French - General/Humor - Reviews: 5 - Published: 04-16-07 - Updated: 04-16-07 - Complete - id:2347747

Moi et ma chance habituelle

Il s’en passe des choses, dans ma vie bien étrange. Prenons par exemple hier.

Je me lève comme d’habitude et en sortant de ma chambre, mon épaule droit juge bon de heurter violemment le cadre de porte. Rendu dans la salle de bain, je me cogne contre le lavabo puis une fois sous la douche, je m’aperçois à ma plus grande consternation qu’il n’y a plus d’eau chaude – encore ma sœur qui en a certainement abusé.

En mettant un pied sur la première marche de l’escalier, je perds l’équilibre par je ne sais quelle obscure raison et me retrouve une dizaine de marches plus bas, tout courbaturé et affichant une belle collection de bleus.

Par la suite, je traîne le reste de ma carcasse jusqu’à la cuisine pour me rendre compte qu’il ne reste plus de céréales ni de lait et que je ferais mieux de me dépêcher si je ne veux pas rater mon bus. J’engloutis donc, à la hâte, une brioche à moitié entamée et me précipite à mon arrêt.

Dû à ma course effrénée, je trébuche et tombe majestueusement dans une flaque d’eau. Comme si cela n’est pas encore suffisant, une voiture roule à mes côtés et, par la même occasion, ne se gêne pas pour m’arroser copieusement.

Un quart d’heure plus tard, toujours à mon arrêt, je suis forcé de me rendre à l’évidence : mon autobus a encore pris de l’avance et par conséquent, je l’ai indubitablement manqué.

Je me remets donc à la course en évitant soigneusement, cette fois-ci, les mares d’eau boueuse parsemées sur ma route et parviens à mon école avec plus de trois quarts d’heure de retard.

En entrant dans ma classe de maths, la professeure m’accueille avec un discours du genre : « Encore un retard? Eh bien, très cher, vous ne méritez qu’une énième retenue. Je vais finir par croire que vous les collectionnez, à moins que vous appréciez à ce point la présence de la surveillante que vous happez la première occasion d’être en sa compagnie? ». (Notre surveillante est une vieille mégère médisante et désagréable avec qui nul de sain d’esprit ne souhaiterait passer du temps) En plein le style de gentillesse emplie de sarcasmes que ma chère enseignante adore lancer à ses chers élèves en général et moi en particulier.

Une fois assis à ma place, je ressens une bouffée de chaleur – c’est que la classe est plutôt petite et ne comporte aucune fenêtre – et enlève ma veste. Aussitôt, un gloussement se fait entendre, rapidement suivi par une dizaine d’autres.

Je constate alors, à mon plus grand embarras, que j’ai mis mon chandail à l’envers. Sans réfléchir, je l’enlève afin de le remettre comme le veut la bienséance lorsque je suis arrêté par les cris de mon enseignante. Résultat : une deuxième retenue pour cause d’exhibitionnisme délibéré en plein établissement scolaire.

Mon deuxième cours se déroule sans trop d’anicroches, si on met de côté le fait que j’ai bafouillé tout le long de mon oral de français et me suis écrasé les doigts en tentant de refermer rapidement mon casier.

À la cafétéria, je me fais bousculer par un type de la taille d’un pachyderme issu d’un croisement entre un bouledogue et un mammouth, sans aucun doute. De ce fait, je renverse tout le contenu de mon bol de soupe ainsi que mon assiette de lasagne sur ma pauvre personne.

Je suis donc réduit à me balader tout le reste de l’après-midi avec mon t-shirt de gym qui empeste la sueur retrouvé au fin fond de ma case, et avec mon pantalon souillé, car ne lui ayant pas trouvé de substitut.

Dans mon cours d’arts plastiques, je commets l’irréparable en étendant, par inadvertance, ma main sur ma peinture toute fraîche et dois donc en recommencer une autre. J’en suis rendu à ma troisième…

Ensuite, vient le tour de mon cours d’histoire. Aussi étonnamment que cela puisse paraître, je ne produis jamais de bêtises dans ce cours-ci, qui est de loin mon préféré. De toute façon, vu mon quota de la journée, on peut difficilement faire pire. Ce n’est qu’un peu plus tard que je vais me rendre compte que les ennuis n’en n’ont pas encore fini avec moi.

En bavardant allègrement avec un vieil ami croisé au détour d’un couloir, j’en oubli complètement l’heure et comme à l’accoutumée, arrive à mon bus qu’une fois ce dernier prêt à prendre le premier virage pour sortir du stationnement.

En route, l’autobus fait une panne de moteur. Je dois, avec les autres élèves, changer de véhicule et j’atteins finalement ma demeure une demi-heure plus tard que prévue. Conséquemment, ma mère pique une de ses crises dont elle a le secret et commente, avec guère d’amabilités, l’incompétence des transports scolaires.

À l’étage, je me change rapidement et attaque mes devoirs avant de me souvenir que j’ai retenue ce soir ainsi que le lendemain soir. N’ayant pas le cœur à me torturer davantage avec cette information, je poursuis mes travaux sans plus de regrets. Il adviendra ce qu’il adviendra, point.

Comme vous pouvez certainement le constater, je ne suis pas de ceux que l’on pourrait qualifier de chanceux. Rassurez-vous, mes journées ne se passent toutes ainsi – seulement une fois sur trois.

Tout de même, ce n’est pas une raison pour m’apitoyer sur mon sort, aussi je vais arrêter de vous embêter avec mes malheurs quotidiens. Au fait, vous ai-je dit que je m’appelais Yann Padbol?



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