Home Just In Communities Forums Beta Readers Dictionary Search Login Register Extras
Fiction » General » Oh ! Tiens le bien ! font: B s : A A A . width: full 3/4 1/2
Author: dekado
Fiction Rated: M - French - General/Humor - Reviews: 79 - Published: 04-24-07 - Updated: 09-25-07 - id:2352171

Disclaimer : tout appartient à Dékado. Et la première qui dit le contraire, je lui éclate la tronche… (hommage à Katoru qui a bien raison d’être ce qu’elle est… vu que je suis pareille…).

-----------------------------------

Oh, Tiens le bien ! – (Etienne – Guesh Patti)

------------------------------------

« Gab, arrête de te gratter s’il te plait, tu me mets des plumes partout… ».

Il s’arrête l’air gêné et me regarde, guettant mon expression. Il espère que je plaisante « Je ne plaisante pas Gab… Arrête ça tu veux ! ». Il prend son air renfrogné et replie ses ailes qu’il avait écartées afin de pouvoir se livrer à son activité favorite : se gratouiller.

Gab est un ange. Un ange qui se gratouille. Surtout depuis qu’il me fréquente. Il me dit régulièrement que de m’avoir à ses côtés lui donne des démangeaisons. Il est allergique aux démons…

Oui mais ça, mon pauvre vieux, … va falloir t’y faire.

On nous a collé ensemble sur une mission. Nous servons de test à la nouvelle organisation qui nous emploie. Mon entreprise a racheté la sienne. Paradis Inc. a fait faillite, faute de clients et est devenue l’une des filiales de Enfer and Co.

Il a fallu intégrer tout le personnel pour ne laisser personne sur le carreau. Il n’y a pas de licenciement chez nous. Ce en quoi le grand patron d’Enfer and Co. n’est pas rancunier ; Il s’était quand même fait virer à grands coups de pieds au derrière de Paradis Inc. à ses débuts.

Et voilà ! J’ai comme coéquipier cette grande andouille qui ne sait pas quoi faire de ses ailes surdimensionnées.

Je vais avoir du mal à le rentrer dans la Clio. Il va falloir qu’il s’entraîne à les occulter ses fichues ailes. J’occulte bien mes cornes et mes sabots, moi ! Les cuisses poilues par contre, je les garde… je trouve que cela fait « tendance ».

Je sais, la mode actuelle pour les femmes, c’est plutôt lisse et épilée, même là où ça fait mal… Mais moi, je m’amuse à garder mon poil de cuisses, c’est pratique l’hiver et je trouve ça beau. Par contre j’occulte tout ce qui est ostensible : les cornes de buffle qui ornent les côtés de ma tête, les sabots fendus que je cire tous les matins et ma queue…

Ca c’est dur pour la queue. Elle est bien pratique ma queue, je m’en sers pour me curer le nez avec la pointe en flèche.

J’y vais avec les doigts, tant pis !

« Astaroth ! C’est dégoûtant ! ». Le voilà qui me fait un caca nerveux maintenant. Ce type ne s’est jamais curé le nez de sa vie, c’est pas possible. Je ne vais pas le supporter toute la journée.

Pourquoi c’est moi qui ai hérité de l’Ange Gabriel… je veux dire l’Archange Gabriel, il tient énormément à son titre.

On était tous en rang et les autres se sont reculés... moi j’étais en train de me curer le nez… et du coup je me suis retrouvée devant. Belzébuth était mort de rire derrière moi, ses mouches n’avaient pas réussi à le suivre tant il s’était reculé rapidement.

Pas assez rapide Asta ! Ca te tuera un jour…

« Gab, il faut que tu occultes tes ailes et laisses ton auréole aux vestiaires… On ne t’a jamais appris à te dissimuler ? » Je trouve cela étonnant. Lorsque nous allons chez les humains, nous devons passer inaperçus.

« La dissimulation n’était pas au programme. Nous les anges, nous nous montrons, nous montrons notre magnificence, nous éblouissons… ». Je l’interromps. Il ne va pas me gonfler avec la magnificence des anges. Si nous n’avions pas été là, il serait au chômage aujourd’hui. Il faut croire que le genre humain n’en n’a rien à péter de la magnificence des anges.

Je le regarde d’un air douloureux. Il occulte ses ailes et lance son auréole scintillante sur le porte manteau du couloir. C’est mieux.

C’est beaucoup mieux.

Il est beau mec quand même.

Genre Russel Crowe mais bien rasé. Gabriel est un maniaque de la propreté et de la bienséance. Cela fait une semaine que l’on nous entraîne ensemble pour préparer cette sortie… notre première en binôme Ange/démon. Cela fait une semaine que je n’ai pas senti ni entendu quoique ce soit venant de lui qui ne sente la rose et qui n’ait le doux bruissement du vent dans les fleurs.

Y m’énerve !

Pour cacher mon impatience, je lui rajuste son nœud de cravate, l’étranglant d’un coup sec en serrant un peu trop. Son regard bleu me transperce… il sait très bien que j’ai du mal à le supporter. Il m’a promis de faire des efforts comme moi j’en fais avec lui.

Nous sommes la première équipe de ce genre. Tout l’avenir des anges repose sur nos épaules, sur ses épaules et il en est conscient. Si nous foirons, si l’entente est impossible alors comment employer les anges… le but d’Enfer and Co. n’est pas d’avoir des brigades du Bien mais plutôt de chercher l’Equilibre.

L’Equilibre, notre nouvelle politique, notre nouveau slogan « vise au milieu ! ». Je trouve que c’est une grande révolution par rapport à notre cœur de métier, mais bon , il faut savoir s’adapter, évoluer…

Ce couillon de Belzébuth a eu beaucoup de mal à assimiler notre nouvelle formation. Je l’entends encore, chouinant et couvert de mouches « Je sais faire le Mal… je fais le Mal, point barre ! ». Encore un qui va finir au placard s’il ne fait pas gaffe.

Quand je pense que je me suis laissée draguer par cet abruti. Il m’a roulé un patin et j’ai avalé une mouche. J’ai juré qu’il ne s’approcherait plus de moi à moins de 5 pas. Tout bien réfléchi, je préfère l’Emplumé… il est moins bourdonnant.

« On y va ? Je suis prêt ». Il me tend une main forte et manucurée et je lui donne ma mimine légèrement rendue collante par la sueur. J’ai chaud, j’angoisse. Trop de responsabilités pour un démon qui voulait attendre la retraite en se la coulant douce.

Je remarque qu’il ne prend plus l’air dégoûté lorsqu’il me regarde. C’est vrai qu’il fait des efforts.

Je respire un grand coup et lance l’incantation de départ. Nous sautons dans un ensemble parfait dans le pentagramme dessiné sur le sol.

Voilà, c’est parti pour la grande aventure.

---------------------------------------------

« Mais plie toi, Nom de Dieu ! ». Je lui appuie sur la tête pour le faire rentrer dans la Clio. Il est trop grand, il a le cou tordu et les genoux qui bloquent.

« On ne jure pas ! ». Il me foudroie du regard, ce qui n’a pas l’effet escompté vu qu’il a la tête de travers. Tu n’es pas impressionnant comme ça mon gars ! Tourne toi un peu que je rigole. Il est trop sérieux, il n’a pas le sens de l’humour. Nous, les démons, on passe notre temps à rigoler, lorsqu’on se fait des farces entre nous.

Je me souviens encore lorsque Bélial a transformé Baal en chien jaune et lui criant « Va… va chercher là bas Baal… ». On était pliés en deux. On ne s’ennuie pas chez les démons ! Bon d’accord, on est légèrement vulgaires…

« Gab, tu connais l’histoire du gars qui va au bordel… ». Il m’interrompt vivement « Je déteste les paillardises ».

Qu’est ce que je disais !

Ca y est, il est rentré… je me demande s’il est aussi imposant de partout… Laisse tomber, Asta, c’est un ange ! Les anges ne bandent pas. Mon regard effleure son devant de pantalon. Ce con a mis un fute à pinces… Je ne vois rien.

Il a saisi mon regard au vol. Il est loin d’être idiot et aveugle, l’emplumé.

« Astaroth, pour ton information, les anges ont un sexe, mais il ne se dresse pas pour un démon qui pue ». Son air dégoûté est revenu.

Ma féminité en prend un coup. Il va falloir que je laisse tomber mon parfum habituel –Brise d’Anus N°5 de chez Cacacharel –

« Gab, tu sais ce que tu peux m’offrir si tu souhaite me faire plaisir … c’est quand tu veux ! ». Comme s’il n’attendait que cela depuis une semaine, il sort, tel le prestidigitateur de base, un flacon merveilleux, délicat et presque lumineux. Il me le tend « Depuis le temps que j’avais envie de te l’offrir… cela tombe bien puisque tu m’en parles ».

Ce geste me rappelle l’anniversaire de Belzébuth. Je lui avais offert une bombe « tue mouches ». Il n’avait pas aimé.

Je suis légèrement vexée mais j’accepte le cadeau. J’ouvre le flacon, cela sent bon… les fleurs… les nuages… c’est bleu…. J’aime pas !

Trop léger pour moi. J’aime ce qui est lourd, capiteux et rouge… qui t’étrangle si tu as le malheur d’en respirer une effluve. J’aime quand cela sent le poison…

Pour aller dans le sens de la camaraderie forcée qui nous lie, je m’en mets derrière l’oreille. Je l’entends presque se déboucher le nez et respirer enfin. Depuis une semaine qu’il n’osait plus…. Y m’énerve ! Je passe de l’autre côté de la voiture après avoir claqué d’un coup trop fort la portière.

C’est moi le conducteur. J’aime les bagnoles, même les petites… Je dis toujours que c’est la meilleure invention de Enfer and Co. Je fais rugir le moteur. On ne rigole pas, c’est une Clio que j’ai trafiquée : moteur surdimensionné, 190 chevaux sous le capot pour un poids plume. Je te dis pas comme ça arrache ! J’atteins les 100 km/h en 5 secondes, c’est tout dire…

Je démarre en trombe, c’est tout juste si je ne vois pas, du coin de l’œil, la coiffure impeccable de l’emplumé virer à la crinière de lion. J’accélère… il reste collé au dossier… heureusement qu’il a un appui tête, je lui aurais fait le coup du lapin. Je suis dangereuse quand même… rire diabolique….

On s’éclate comme on peut ! En parlant d’éclaté, je jette un coup d’œil sur lui. Il est verdâtre, cramponné d’une main au tableau de bord et de l’autre au montant de la portière. Je crois même qu’il freine avec son pied droit, appuyant de toutes ses forces sur une pédale imaginaire.

Crispé le mec ! Je mets le Turbo. Ca décoiffe….

« Gab, détends toi, on est immortels, on ne craint rien… ». Je me veux rassurante, gloussant hypocritement devant sa panique. J’ai réussi enfin à faire fissurer son flegme légendaire. Gab aurait du être Anglais, je l’imagine très bien en train de siroter un thé le petit doigt en l’air. Quoique les Anglais savent s’amuser et faire la fête au pub, disputant une partie de billard…

Pas Gab.

Durant toute la semaine de notre entraînement, on nous a forcés aussi à vivre chaque seconde ensemble… pour nous habituer l’un à l’autre, disaient-ils. Engagez vous, engagez vous, qu’ils disaient…. Je regrette, oh mon Diable, si tu savais, comme je regrette de m’être engagée dans cette aventure. Mon bureau me manque, mes charentaises, mes subordonnés m’ôtant mes charentaises pour me lécher les sabots, espérant que je leur accorde une promotion.

C’était le bon temps et c’est bien fini.

Durant cette semaine, nous avons dormi dans le même lit… enfin, moi dans le lit, lui en lévitation au dessus. A cause de l’odeur. C’est ma marque de fabrique, l’odeur. Astaroth est le démon qui pue et qui ment. Je ne maîtrise pas à fond les mensonges, par contre l’odeur, je maîtrise…

Pour les mensonges, je suis douée pour les proférer, par contre, le problème… c’est que je ne me les rappelle pas. Obligée de jongler… -Ah bon, j’ai dis ça… Oui, je me rappelle maintenant- .. tu parles… que dalle. Je n’ai pas de mémoire. En plus, je mens tellement. Comment voulez vous que je me rappelle tous mes mensonges.

Et ça depuis plus de 4000 ans. Je ne me suis pas améliorée avec le temps.

Faudrait pas vieillir….

Il s’est détendu et il lit un papier. J’ouvre les vitres électriques, j’aime les courants d’air. Il se cramponne à son papier. Raté !

« Alors, comme cela, tu t’appelais Ishtar avant ? ». Il est en train de me ressasser mon curriculum vitae, comme si je ne le connaissais pas ! Mais, bon, il s’intéresse…

« C’était mon premier nom, lorsque j’étais en Free Lance ». Cette époque était sympa, les Babyloniens étaient sympas… bon le seul truc c’est qu’ils auraient pu mettre des mecs comme prêtres au lieu de filles dénudées comme prêtresses. Je n’ai rien contre les filles, mais les mecs c’est tellement mieux… des beaux mecs à moitiés nus, m’adorant, me dévorant de….

« Et après tu t’es appelée Astarté… ». Il s’intéresse vraiment.

Une autre époque, un autre nom.

« Et puis finalement, Astaroth… démon masculin ? ». Son sourcil finement dessiné se lève dans un mouvement de surprise feint. Je sais très bien qu’il ne me trouve pas très féminine. Et encore, il n’a pas vu mon poil de cuisses.

« Ce sont les Catholiques qui m’ont bombardé –masculin-, c’était plus tendance à l’époque ». Je mordille ma lèvre inférieure. Je suis de sexe féminin, j’ai même été déesse de la fécondité, qu’on ne vienne pas me sortir que j’ai du poil aux pattes et que je jure comme un camionneur. Je suis serrée là où il faut, et je suis gonflée là où il faut aussi…

Dans un réflexe idiot, je me cambre et fais ressortir mon 95 D pour bien prouver que les cathos sont des….

« Et tu fais du 95 D, c’est impressionnant ! ».

Ce type me fatigue.

Et là je regrette qu’il n’existe que des tailles de soutien gorge pour les femmes et qu’il n’existe pas des tailles de poches pour les slips kangourous. On rigolerait moins, hein l’Emplumé !

Il se replonge dans sa lecture. T’en fais pas, je l’ai moi aussi ton curriculum vitae. Je ne comptais pas le lire…. Je voulais te découvrir par moi-même, mais comme tu as fait le premier pas…

On arrive à l’hôtel.

Notre mission est très simple. Un homme d’affaire très influent va venir dans cet hôtel. Il fréquente un autre homme d’affaire qui hésite pour le moment à investir dans une affaire qui, nous le savons, sera une grande découverte pour l’humanité.

A nous de le faire réfléchir sur l’influence positive qu’il pourrait avoir sur son copain.

Bon, la découverte pour l’humanité, c’est une nouvelle source d’énergie.

En tant que Démon, ma mission aurait été de tout faire pour pousser, sachant que cette invention va foutre par terre toute l’économie de l’énergie. Et surtout, qu’elle pourrait être mal employée à des fins d’extermination totale. Le Pied Quoi !

Gabriel, lui, aurait dû empêcher par tous les moyens cette invention d’être financée de quelque façon que ce soit. Immobilisme égale sécurité.

Notre nouvelle politique, l’Equilibre, fait que nous allons favoriser le financement de l’invention, tout en surveillant et conseillant pour éviter la mauvaise utilisation.

Que ce soit Gab ou moi… on ne sait absolument pas comment faire.

J’essaye de me rappeler ma formation, quelques phrases me reviennent :… Astaroth, cessez de vous curer le nez en cours… je suis sûre qu’ils ont dit autre chose, de plus formateur, je ne me souviens plus. Fichue mémoire.

M’en fous ! On va se boire un coup au bar du Lobby, j’ai une petite soif… et puis, cela me donnera peut être des idées. Je pratique une désincarcération sur mon ange qui reste coincé malgré tous mes efforts… Je tire un coup sec, …y m’énerve à faire sa chochotte. Dans une bruit de bouchon, il s’expulse de la voiture.

Il se déplie…. Et s’étire.

Il est beau mec quand même.

« Astaroth, notre cible n’arrive que demain matin. Si tu veux, je t’offre un verre ».

Ce type commence à me plaire.

Je me précipite au bar, l’entraînant dans mon sillage, ne lui lâchant pas la main tant que nous ne sommes pas assis sur les tabourets hauts et accoudés au comptoir. « Il fait soif, tu ne trouves pas ! ». Je ferais n’importe quoi pour m’en filer un derrière la cravate (vu mon décolleté, je devrais pouvoir m’en enfiler plusieurs) et boire seule n’est pas un plaisir.

Il commande un champagne pour lui et moi. Une bouteille. Il ne va pas bien ! Même moi, je trouve cela trop. « Gab, je ne vais jamais pouvoir boire tout cela ». Je louche sur la bouteille, cela me rappelle toujours l’anniversaire de Belzébuth, lorsque j’avais dansé à poil (de cuisses) sur la table, me déhanchant sur « I’m too sexy for my shirt ».

Je file un coup d’œil aux alentours, pas un témoin à l’horizon, je parle de ceux de la dissidence Jéhovah bien sûr. J’y vais ! Gab m’a rempli mon verre, faisant déborder les bulles qui inondent le comptoir. Il gâche, je vais être obligée de lécher le comptoir maintenant… Je ne suis pas sortable.

Il se tourne vers moi et shake son verre contre le mien, faisant déborder plus de bulles encore. Gabriel a un côté mondain surprenant, tout soudain. Je lui fais un sourire, peut être le premier depuis la semaine où j’ai dû me le coltiner jour et nuit. Est-ce que par hasard il aimerait les mêmes choses que moi. J’y crois pas…

Et comme je n’y crois pas, je m’enfile mon verre, renversant la tête en arrière, faisant le plus de slurps possibles. Je suis insortable.

Le serveur me regarde, la bouche ouverte, partagé entre l’admiration et la gêne. Je fais cet effet à tous les hommes que je rencontre. Envie et gêne. Je suis un démon, je ne peux être considérée normalement par les humains. Ni par quiconque d’ailleurs.

Mon ange m’accompagne en slurpant sa flûte de champagne du bout des lèvres. Mon Diable, quelle classe !

Le champagne aidant, il commence à se raconter. Je ne lui ai rien demandé, qu’est ce qu’il vient me gonfler avec ses histoires. Mais bon, pendant ce temps là, j’en profite pour le regarder. Il est beau, ce con… Au bout d’un moment, je le vois en double… il est doublement beau, ce double con….

Je m’entends lui parler, malgré le bruit de mon cœur qui bat à mes oreilles « Bon, c’est pas tout ça ! On va se coucher ? ». je bave. Je ne devrais pas… c’est pas bien….

Nous les Démons, nous sommes très directs en ce qui concerne… beaucoup de choses… le sexe par exemple… Mais c’est seulement un exemple ! N’allez pas vous faire des idées… Bon d’accord, vous pouvez vous faire des idées…

Moi, je m’en fais bien.

J’ai du mal à accommoder. Et lorsqu’il me prend dans ses bras pour me décoller du sol et me porter jusqu’à la chambre, je vagis tel le bébé démon que je suis redevenue. Je ne supporte pas l’alcool. Cela me rend vagissante, sexuelle et à moitié endormie… et de temps en temps je danse sur les tables, me déhanchant sur…

« Astaroth, tu es saoule, je vais nous coucher ». Il fronce les sourcils en disant cela. Je lui rigole bêtement au nez… il a l’air si sérieux… J’ai envie de faire un strip tease, tiens, là, tout debout… Où est la sono ? Ma chanson préférée… Etienne, Etienne, Oh tiens le bien !… Non… vraiment pas… Dommage….

Vous ne savez pas ce que vous ratez. Je vous aurais montré mon 95 D.

Dodo…

--------------------------------------------------------------------------

On me secoue. Je n’aime pas être secouée, enfin pas le matin au réveil. Je lance des baffes au hasard, j’ai les yeux fermés mais je me doute bien de qui ose me réveiller de cette façon, sans aucun ménagement, aucune pitié… Son odeur de plume m’envahit le nez.

Il sent le nid de pigeon.

« Laisse moi, arrête Gabriel, je me lève… tu vois je suis déjà debout ». Je pars me réfugier sous les couvertures, emportant avec moi l’oreiller pour mieux m’enfouir dans le sommeil. Il m’attrape par les pieds et me tire du lit d’un seul coup.

Heureusement que j’avais mis un pyjama. Comment ça un pyjama ?... qu’est ce que c’est que cette horreur ! J’ouvre un œil et découvre avec épouvante que je suis revêtue d’un vêtement de nuit bleu ciel avec des petits nounours roses. D’où vient cette abomination ? Où est passée ma nuisette noire transparente à dentelle ras la fesse ?

« Gab, c’est toi qui m’as mis CA ? ». Je hurle presque. Je ne devrais pas m’énerver pour si peu… Vu la tête qu’il fait, je ne devrais pas.

« Je pensais bien faire… ». Et il en rajoute une couche « Tu avais l’air si innocent comme cela, presque enfantine ». Il m’adresse un sourire railleur. C’est de l’humour angélique ou je ne m’y connais pas. Bon d’accord, je ne m’y connais pas. Je n’ai pas fréquenté beaucoup d’anges dans ma vie.

Pendant un temps j’avais couru après Raphael. Il me plaisait bien celui là. Et puis, il était haut placé dans la hiérarchie, certainement plus que Gabriel qui végète en bas de l’échelle. Chef des sous fifres et sous fifre lui-même… et qui se permet de profiter de mon sommeil pour me déguiser en gamine.

Il va me tresser des nattes si je ne mets pas le holà.

« Astaroth, tu devrais te laver et t’habiller… notre cible va bientôt arriver ». Il est déjà vêtu d’un polo blanc assorti à ses ailes. Il me laisse pour aller se gratouiller dans la salle de bain. Je lui fais vraiment un effet allergisant à celui-là.

Je déchire presque le pyjama tellement pressée de m’en débarrasser. Où sont mes affaires ?... rangées, impeccablement pliées sur la chaise. Me dites pas qu’il les a repassées ! Je m’approche de la pile qui dégage une odeur de propre… il les a même lavées. C’est pas vrai… Mon odeur de culotte va me manquer. Où est ma culotte ?

Je fouille le tas de vêtements. Rien.

Je l’aurais égarée dans un moment d’égarement. C’est tout à fait dans le domaine du possible, ce ne serait pas la première fois. Je fouille ma valise, j’en prends une neuve. Il faut que je me fasse tentante, je suis sensée séduire la cible pour mieux l’approcher. Allez hop, le balconnet assorti… J’ai le 95 D qui déborde… et un joli décolleté pour affirmer tout ça.

Ben voilà ! Ca c’est du démon, ma p’tite mère !

J’ai un doute tout d’un coup. Je me laisse aller à la tentation de jeter un coup d’œil discret dans sa valise. J’y laisse traîner ma main, essayant de ne pas déranger les piles impeccablement rangées de ses vêtements. Que du blanc, du bleu ciel… un caleçon avec des mickeys… il doit être sexy comme ça. Une dentelle noire qui n’a rien à faire dans tout ce pastel écoeurant attire mon œil.

Je tire délicatement.

Ma culotte. Chiffonnée. Cachée sous ses caleçons. Tu m’en diras tant !

L’emplumé est fétichiste… On aura tout vu ! J’ai des images qui envahissent mon imagination tout à coup et ma température monte de plusieurs degrés… J’ai le rouge aux joues… je le vois fourrer son nez dans mes odeurs poivrées, une main perdue dans son caleçon à mickeys. Quel hypocrite celui-là,… lui qui fronce le nez d’un air dégoûté dès que j’ai l’audace de lever les bras en sa présence.

Je replace vite la culotte odorante là où je l’ai trouvée. J’ai le cœur qui bat.

Pourtant j’en ai vu d’autres et des biens salées.

Mais avec lui, je ne sais pas, ça me fait quelque chose. Je suis tellement surprise. C’est tellement excitant… Mon côté démoniaque s’agite fortement… séduire un innocent, un ange, le faire se rouler dans ma fange et qu’il aime ça… Rhaaaa Lovely !

L’entraîner dans ma débauche.

Quoique, je n’aurais pas besoin de forcer beaucoup, il a déjà pris de l’avance. Si ça se trouve il est parfaitement pervers ce type… Je me secoue les idées. On verra cela plus tard. Pour le moment, il faut que je séduise la cible. Ca va le faire, je suis toute chaude, je la sens bien la mission…

Il sort de la salle de bain. J’essaye de cacher mon excitation… peine perdue, il me regarde le sourcil levé interrogateur sur ma belle couleur rouge… « Je suis toute émoustillée… on y va, je suis pressée de me le faire ce type… ». Je ne devrais pas dire cela. Il a l’air choqué. Je me rappelle la culotte planquée sous les caleçons… prends ton air choqué, c’est ça, fais moi rire...

Je me dirige vers la porte « On y va, tu es prêt ? » et le frôle au passage. Pour le plaisir de le sentir frissonner… pour le plaisir de le sentir… Tout simplement. Je dois dégager une odeur de phéromones puissance treize car il m’emboîte le pas, me marchant presque sur les talons.

Cher emplumé. Je ne sais lequel de nous deux est le plus en attente de l’autre. D’avoir eu cette révélation me rends plus attentive à ses réactions, plus demandeuse… Il faut que je me calme. Je ne pensais pas que cela me ferait cet effet là.

On vous colle un ange dans les pattes… on vous colle un ange entre les cuisses. J’en veux…

Nous descendons au Rez de Chaussée dans un silence anormal pour nous qui sommes toujours à nous chercher l’embrouille. Je me concentre sur la mission. Nous avons à peine débarqué dans le salon d’entrée que je repère ma victime au premier coup d’œil.

Un petit gros, dégarni, avec lunettes. La totale. Mon taux de phéromones vient de chuter brusquement.

« Vas y, je t’attends au bar ». Il me laisse seule face à mes responsabilités, il va s’en jeter un, alors que moi je vais m’en mettre un… Je crois que je vais essayer d’éviter d’aller trop loin avec la cible. Il aura droit de baver dans mon décolleté, mais c’est tout.

Je lui fais le coup de la nana esseulée et qui a besoin d’un homme pour continuer à vivre.

Dès le début, je constate que ce plan ne marche pas. Le type m’a zieutée de haut en bas et s’est arrêté sur mon 95 D, l’œil écarquillé du style c’est pas Dieu possible des choses pareilles

Aucune admiration dans le regard. Même pas de gêne. Un léger dégoût peut être….

Bon d’accord… changement de plan. J’attire l’attention de mon ange qui vient d’entamer une conversation extrêmement profonde avec le Barman, ils en sont à la notion « … cette nuit j’ai rêvé de Dieu »…

« Ah bon, et comment était-il ? ».

« Elle était noire »….

Ca c’est de l’humour angélique ou je ne m’y connais pas.

Je ne m’y connais pas.

Ca y est ! Il vient de capter mon regard perdu et s’approche de nous. Je le mets tout de suite dans le bain… « … et voyez vous, cher Monsieur, mon frère Gabriel a encore plus d’ennuis que moi. Il vient de quitter son amant il y a à peine cinq minutes »…

L’œil fixe de l’emplumé vaut le détour. Dommage que je ne puisse prendre une photo d’un Archange qui vient d’être bombardé homosexuel alors qu’il n’avait rien demandé.

Je vois la cible réagir immédiatement. Son regard descend langoureusement le long du fute à pinces de mon ange, laisse échapper un air appréciateur, et remonte pour atteindre le visage, perdant toute dignité et clignant de l’œil à s’en attraper une conjonctivite.

Gabriel a toujours l’œil fixe. On dirait une statue de dieu grec sur le point d’être sculptée. J’ai quand même l’impression qu’il est en train de serrer les fesses. Le sculpteur vient de terminer la raie, certainement.

Il sursaute lorsque l’autre lui empoigne la main et la secoue avec toute l’énergie du désespoir… « … pauvre garçon, vous devez être très malheureux. Puis-je vous offrir un verre et en prime, vous offrir mon amitié… ».

Son amitié vient de faire une bosse sous son pantalon.

J’aime l’amitié des hommes. Quelle soit pour les femmes, ou pour d’autres, cette amitié a toujours un petit quelque chose de rose et de luisant.

Nous voilà tous les trois autour d’une coupe de champagne. La bouteille au centre la table me tend les bras. Je la vois presque me faire des avances, ondulant du goulot et mettant bien son étiquette en valeur. Salope !

J’observe la cible se coller contre Gabriel. Tout est prétexte pour le toucher. Que ce soient ses mains, fines et manucurées, que ce soit sa coupe de cheveux que l’autre caresse d’un doigt léger, la bouche pleine de compliments.

Gabriel émet un gémissement plaintif… « … non, ça c’est ma raie… ». L’autre s’empresse de rattraper son doigt qui s’égare dans les cheveux de son nouvel amour.

La bouteille et moi continuons de faire connaissance.

Après, je ne me souviens plus très bien. Je me revoie, perchée sur le comptoir, la bouteille, ma nouvelle amie, serrée contre mon cœur, gueulant toutes les deux… « Etienne, Etienne… Oh, tiens le bien…. »…

Vous n’avez rien raté. Je vous ai montré mon 95 D.

Dodo…

----------------------------------------------------------------------------------------

Fin du premier chapitre.

Je veux bien des rewiews pour m’encourager. Vu que ce n’est pas dans le style de ce qui se fait habituellement. Et si vous n’aimez pas, ne me le dites pas…. Surtout….


Return to Top