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Bonjour à vous lecteurs qui passaient par là! Donc ceci est un OS très court à mon goût, mais je tiens juste à faire quelque sprécisions (sinon vous n'allez rien comprendre...). Ahem, ceci est en fait un post que j'ai écrit pour un RPG, le personnage se nomme Delilah Tubal (Delilah, ou Dalila la femme parjure, et Tubal qui veut généralement dire "qui coule de Caïn" enfin bref), c'est un médecin légiste légèrement névrosé, et son histoire est très imprégnée de celle de Jezabel Disraeli (God Child, Kaori Yuki). Petite remarque concernant le physique de cet "homme", il est affecté par une maladie due à un lien de consanguinité l'empêchant de grandir, il est donc un magnifique travesti ).
NB: oui j'avoue j'adore les rpgs, et mes personnages sont toujours dans des extrèmes euh... très poussés. Si jamais vous ne comprennez pas quelques références, je vais faire des petites notes à la fin (oui trip biblique )
Bonne lecture!
In an Orgasmic World
C’est être dans un champ de roses aussi rouges que le sang frais. C’est être en train de tomber dans un trou aussi noir qu’un terrier. C’est comme parler sans qu’aucun mot ne sorte de la bouche. C’est comme hurler et être le seul à pouvoir entendre ce cri. C’est comme plonger dans une mer asséchée. C’est voir des fleurs poussées à ses pieds. De longues tiges vertes qui s’enroulent autour des chevilles. Pour entrer en vous sans un « s’il vous plait ». Pour vous dévorer de l’intérieur. C’est tomber dans un champ de roses aussi rouges que le sang frais. C’est faire quelque pas dans cette étendue carmine. C’est tomber dans le terrier d’un lapin imaginaire. C’est lui courir après avec l’espoir de le rattraper. C’est se trouver devant un nombre incalculables de portes. C’est en ouvrir une. C’est flotter dans le noir, à se demander si on est encore vivant. C’est être aspiré dans les entrailles de la terre. C’est voir sa bouche disparaître. C’est être emmitouflé dans son mutisme. C’est flotter la tête en bas dans un océan aussi bleu que le ciel. C’est se sentir nu et invulnérable à la fois. C’est mourir. C’est jouir des coups de boutoir de son ennemi. C’est hurler sous la douleur. C’est aimer la douleur. C’est tuer. C’est rire. C’est beau. C’est être dans un champ de roses aussi rouges que le sang frais. C’est se prostrer en tenue d’Adam. C’est manger une pomme-1-. C’est tuer son frère. C’est tuer son frère. C’est tuer son frère. C’est tuer son frère. C’est tuer son frère-2-. C’est renier sa patrie. C’est tuer son époux-3-. C’est vendre son cadet. C’est crucifier son prophète. C’est manger un corps. C’est boire un ichor-4-. C’est prier à genoux. C’est être parjure. C’est être béni. C’est se confesser. C’est brûler une bougie. C’est violenter. C’est mentir. C’est blasphémer. C’est pécher.
C’est respirer.
Il ouvrit les yeux doucement. De l’eau, de l’eau et encore de l’eau. De l’eau glacée, mordante, trop froide pour être vivante. Ses longs cheveux flottent presque jusqu’à la surface. Ses yeux bougent un peu. A droite. A gauche. Combien de temps a t’il laissé couler depuis cette dernière bouffée bleutée ? Et pourquoi… Pourquoi n’y a t’il pas eu cette respiration réflexe qui aurait fait rentrer l’eau glaciale dans ses poumons inéluctablement ? Tout son corps est engourdi, sa peau tirant légèrement sur le violacé. Pas encore mort. Pas maintenant. Tout son corps est au fond de la baignoire. Signe qu’il n’y a pas d’air dans son corps. Alors pourquoi pas l’enclenchement de ce réflexe ?
Pas maintenant.
Race de Caïn… Non ! Race d’Abel. Assassin. Violeur. Menteur. Fils de Satan. Enfant de pute. Jeter Dieu sur la Terre, prendre sa place-5-. Verser le sang. Se plonger le visage dans les entrailles encore fumantes d’un innocent. Oh oui… Se taire à jamais. Ne pas rire. Enjoy the Silence. Parce que la violence fait beaucoup de bruit. Livrer combat jusqu’à épuisement. Oublier le mot sentiment. Se repaître des cris des autres. Opiomane. Un regard vers le plafond. Cette fumée stagnante au dessus de la baignoire d’eau glaciale.
C’est être dans un champ de roses aussi rouge que le sang frais.
Ô le sang… Le sang de l’assassin. Caïn, Juda, je suis menteur et fils de corrompu. Arrache moi la gorge. Déshabille l’infâme. Donne lui ce corps. La poupée de chiffon. Delilah. Delilah. Delilah. La femme Parjure. Ai-je un jour eut un autre nom ? Serais-je un jour Abel ? Ou Jezabel ? Serais-je un jour le descendant de Nazareth ?
Jamais.
I want to live in paradise. Eden, l’Eden chéri. Je suis le serpent. Quand mourrais-je enfin…
Sortant la tête de l’eau, le médecin légiste prit une longue inspiration sifflante. Son maquillage si délicat avait coulé le long de ses joues laissant des traces noires sur le nacre de sa peau à présent bleuie. Ramenant ses genoux contre sa poitrine fine pour cacher sa nudité, il tendit la main vers la pipe d’Opium qui était posée à coté. Mettant l’embout entre ses lèvres violettes, il en inspira une grande bouffée, qu’il relâcha après l’avoir savouré un instant, dans l’air de la salle de bain. Il ne manquait plus que le vert de l’Absinthe. Oh oui… la fée verte, la fée de la folie, la Muse des artistes. Et au fond de lui, son corps réclamait de l’orgasme, de la Chair. Un petit rire nerveux passa de sa gorge. Oui, il était définitivement fou. Débauché. Excentrique. Et totalement amoureux de lui-même. Vivre encore plus fort. Jouir encore plus fort. Sentir l’odeur bestiale d’un homme en sueur. L’odeur d’un homme, une odeur définitivement excitante. C’est sodomiser Jésus jusqu’à ce qu’il hurle qu’il est un zombie et pas un ressuscité. C’est se faire violer et hurler « encore ».
C’est être Delilah Tubal.
Doucement, il se leva, ses membres tremblants de froid. Il se regarda longuement dans le miroir en face de lui. De ses mains, il enleva le maquillage qui avait coulé, et revit un visage presque normal. Il sortit de l’eau, trempant le sol, ses cheveux gouttant dans son dos. Glissant ses mains entre ses lourdes mèches et il les décolla un peu. Puis d’un mouvement de tête, il secoua ses cheveux, arrosant les miroirs et le sol. Les rejetant en arrière, il les laissa retomber, ses anglaises réapparaissant doucement. A cet instant, il était vraiment masculin. Nu, la peau recouverte de petites gouttes d’eau, cette odeur d’opium sur lui, en lui. Cette sensualité à fleur de corps. Non, à cet instant, il n’était pas cette petite fille que l’on voyait collé à lui, il n’était pas cette chose fragile, il n’était pas fait de dentelle et de satin. Mais de chair et d’os. Le Requiem du Masculin et du Féminin. Le kyrie fantasque. Le syndrome de Stockholm-6-. Prisonnier et agresseur en une personne. Juste une envie de germes humain. De la perte masturbatoire. Le tremblement malsain, la convulsion de cette chaleur douloureuse.
C'est prendre un bain d'eau glacée.
-2-Fratricide de Caïn.
-3-Renier sa patrie: Jezabel; Tuer un époux: Samson et Dalila
-4-toute l'énumération concerne Jésus.
-5-Tiré des vers de Baudelaire d'"Abel et Caïn"
-6- Kyrie: partie d'un requiem, syndrome de Stockholm: qui consiste à avoir de la pitié, voire accepter et donner raison à son agresseur/kidnappeur.
Ahem...