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Disclaimer : Tout à moi, rien aux autres ! LOL, J'adoooooooore écrire ça !!!
Genre : Romance érotique et faux-semblant de suspense. Rating Q, of course ! Histoire en 2 chapitres.
Résumé : Un juge et un avocat de la défense se voient contraints de jouer les acteurs de porno pour un ex-prisonnier aux envies lubriques… et ce, pendant les fêtes de fin d’années !
Note de l’auteuze : Au cas ou vous vous demanderiez ou je vais trouver des idées aussi tordues… la réponse est : « J’en sais riiiiiiien ! »
Bonne lecture !
°0°0°
Chapitre 1/2
We wish you a Merry Christmas…
L’avocat de la défense Martin Swann n’était qu’un jeune emmerdeur insupportable et sexy, songea le juge Shapiro en relevant le col de sa veste et en descendant d’un pas vif les marches du palais de justice de la petite ville de San Feliz, dans le Colorado.
Craig Shapiro ne se considérait habituellement pas comme un homme colérique ou impulsif, mais ce jeune homme de trente ans, arrogant et sûr de lui, semblait éveiller en lui les pires instincts qui soient.
Il trouvait toujours quelque chose à redire… sur tout ! Certes, c’était le lot de tous les avocats, mais lors de leur dernier affrontement dans le prétoire, qui remontait à peine à cette après-midi, le jeune homme avait carrément osé lui affirmer qu’il n’était pas objectif, allant même jusqu’à lui conseiller de se récuser dans l’affaire qu’il devait juger !
Le vent, en cette froide soirée du réveillon de Noël, se faisait mordant, et Craig frissonna, se demandant en son for intérieur si le responsable était vraiment le froid, ou bien la fureur qu’il ne manquait pas de ressentir en évoquant le jeune homme.
La fureur… et le désir.
Car lorsque Craig se laissait aller à songer au jeune avocat, seul chez lui, ses pensées devenaient vite brûlantes !
Il lui suffisait de visualiser les yeux noisette, la bouche pleine et les cheveux bruns en bataille pour se sentir tout réchauffé de l’intérieur. Et rien qu’à imaginer le corps qui se cachait sous les costumes coupés sur mesure, il était prêt à s’enflammer comme une torche !
« C’est bien ça, le problème, songea Craig avec un soupir. »
Le jeune avocat éveillait en lui autant de rage que de luxure.
Le juge ne se faisait pourtant aucune illusion. Swann était désespérément, résolument et irrévocablement hétérosexuel, si l’on en croyait les ragots qui circulaient au tribunal, et qui lui attribuaient une nouvelle conquête toutes les semaines.
Pourquoi irait-il dans ce cas s’encombrer d’un juge de dix ans son aîné, divorcé et solitaire ?
A la pensée que personne ne l’attendait pour fêter dignement la nativité, Craig sentit une vague d’amertume et de tristesse l’envahir. Il avait quarante ans, une vie professionnelle réussie, une grande maison… mais personne avec qui partager tout ça.
Son mariage avait sombré lorsqu’il avait enfin décidé de ne plus renier son attirance pour les hommes. Sa femme Jessica et lui n’ayant pas eu d’enfants, le divorce avait été conclu à l’amiable, sans véritables regrets de part et d’autre.
Mais lors de nuits comme celles-ci, la solitude pesait vraiment sur les épaules du juge Shapiro… Il aurait pu se rendre chez des amis, ou encore dans un club branché. Mais ses amis étaient tous en couple, et il ne se sentait pas d’humeur à aller draguer.
Certes, il n’avait pas fait vœu de chasteté. Mais les aventures sans lendemains n’étaient tout simplement pas son style.
Depuis son divorce, trois ans plus tôt, Craig n’avait eu que deux relations suivies. La première s’était soldée par un cuisant échec, et la deuxième par une solide amitié. Duncan Messner avait certes déménagé à Los Angeles – le veinard était certainement en train de profiter du soleil californien ! – mais les deux ex-amants se téléphonaient régulièrement.
Craig soupira en songeant à son ex-compagnon.
Celui-ci ne cessait de lui répéter qu’il devrait songer à inviter le jeune avocat à sortir. Il entendait encore la voix de Duncan le taquiner.
– Mon cher, autant d’électricité entre deux personnes ne peut être une simple coïncidence ! Il faut absolument que tu lui fasses du rentre-dedans !
Malheureusement, Craig doutait fort que ses avances, s’il se décidait à en faire, soient accueillies avec bienveillance. Il risquait plutôt de se prendre un direct en pleine figure !
Le juge poussa un profond soupir et attrapa ses clefs de voiture.
Tandis qu’il posait la main sur la poignée, il sentit soudain le contact d’un métal froid sur sa nuque.
Craig se figea, le corps brusquement inondé de sueur.
Il ne s’était jamais retrouvé dans cette situation auparavant, mais il reconnut instinctivement la forme circulaire qui s’enfonçait dans sa peau.
Le canon d’un revolver.
- Pas un mot, et surtout pas de geste brutal, Votre honneur, susurra une voix inconnue dans son oreille.
Craig se garda de répondre. La pression sur sa nuque disparut, pour s’enfoncer dans son dos.
- Montez à l’arrière, Votre Honneur. Et fissa !
Le juge retrouva brusquement l’usage de la parole.
- Ecoutez, vous êtes en train de faire une grossière err…
- Taisez-vous. Je ne vous ai pas demandé de l’ouvrir, alors ouvrez cette putain de porte et asseyez-vous, bordel !
La voix de l’homme s’était faite plus dure, et Craig jugea préférable d’obtempérer sans un mot de plus. Il devait faire preuve de patience, écouter ce que l’autre avait à lui dire, et guetter la faille qui lui permettrait de reprendre le contrôle de la situation.
- Allez, à ton tour ! Monte !
C’est à ce moment que Craig Shapiro se rendit compte que son agresseur n’était pas seul. La portière opposée s’ouvrit, et sous la menace de la même arme, Martin Swann entra à son tour dans le véhicule.
- Maître Swann ?! s’exclama le juge, stupéfait.
- Navré, Votre Honneur, fit le jeune homme avec une grimace qui se voulait rassurante, mais notre ami ici présent m’est tombé dessus il y a une demi-heure et m’a fait attendre dans le froid que vous vouliez bien vous décider à rentrer chez vous.
- La ferme ! aboya leur agresseur.
Il ouvrit la porte avant et se glissa sur le siège du conducteur. Le plafonnier s’alluma automatiquement, et les deux hommes sursautèrent lorsque le visage du truand apparut en pleine lumière.
- Sanderson ! glapit Swann. Je vous croyais en prison pour six mois !
Un mauvais sourire étira les lèvres pleines du dénommé Sanderson. Ajouté à la cicatrice qui défigurait sa joue gauche, ce rictus lui conférait une aura de danger qui n’augurait rien de bon. Et le colt 45 qu’il pointait sur eux n’améliorait certes pas l’impression générale !
- Je suis sorti plus tôt, Swann, et je me suis dit que j’allais vous payer une petite visite, à vous et au juge…
Martin Swann se mit à réfléchir à toute allure. Sanderson n’était pas un tueur, il avait été jugé pour de menus larcins, mais avec son mètre quatre-vingt et ses quatre-vingt-dix kilos de muscle, ce n’était pas un adversaire à sous-estimer. Peut-être, à deux, serait-il possible de le maîtriser. Le désarmer étant évidemment le point le plus délicat de l’opération…
Et Martin n’avait aucune, mais alors absolument aucune envie qu’il arrive quoi que ce soit au juge. Il lui jeta un coup d’œil en coin, mais ce dernier restait impassible. Une attitude que Martin lui envia brusquement mais qu’il trouvait d’habitude extraordinairement agaçante.
Que n’aurait-il donné pour faire perdre son sang-froid au magistrat !!!
Mais dans de toutes autres circonstances…
Martin sentait sa bouche devenir sèche tandis qu’il rejouait mentalement son fantasme favori : Craig Shapiro, étendu sur son lit, entièrement nu, ses cheveux blonds argentés mouillés de sueur, ses yeux gris voilés de désir, son corps musclé offert à son bon vouloir et le suppliant de le prendre…
« Ce n’est pas le moment, Martin ! se morigéna-t-il intérieurement. »
Sanderson le regardait comme s’il avait lu dans ses pensées, un pli étirant ses lèvres d’une manière que Martin ne sut qualifier autrement que de… lubrique.
- Sexy, le petit avocat de la défense, hein, Votre Honneur ? ricana le truand à l’adresse du magistrat.
Craig se contenta de le fixer sans mot dire, le visage toujours aussi fermé.
La voix de Sanderson se fit plus câline, invitant à la confidence.
- Allez, Votre Honneur, vous n’allez pas me faire croire que vous n’avez jamais eu envie de le renverser sur votre bureau…
Les yeux du juge virèrent au gris ardoise, mais le truand ignora l’avertissement.
- … et de le baiser jusqu’à ce qu’il apprenne enfin à fermer sa grande gueule ! continua-t-il avec fougue.
Martin émit un son étouffé, et Craig songea avec humour qu’il devait très certainement s’étrangler de fureur.
Le magistrat n’aurait pas pu être plus éloigné de la vérité !
A l’idée d’un Craig Shapiro en sueur, les yeux dilatés par la passion, le prenant avec fougue sur son bureau en chêne massif, une vague de désir parcourut le corps de Martin, se focalisant sur son bas-ventre.
Les yeux de Sanderson se posèrent sur son pantalon tendu, et ceux de Martin s’écarquillèrent de terreur.
« Non, non, NON !!! »
Lentement, le truand s’humecta les lèvres, le regard trouble.
- Tiens, tiens, on dirait que cette idée ne laisse pas notre jeune requin indifférent… Et vous, Shapiro, ça vous fait quel effet ?
Craig jura intérieurement contre lui-même. Pourquoi diable les paroles de ce salaud lui procuraient-elles une telle excitation ? Il inspira profondément pour se calmer, sachant que c’en était fini de lui si l’un ou l’autre des deux hommes remarquait l’érection qui tendait son jean.
Sanderson abaissa légèrement le canon du revolver.
- Vous savez, les mecs, grâce à vous, je me suis retrouvé en taule…
- Grâce à moi, le coupa Martin avec une arrogance qui fit grincer les dents de Craig, vous n’en avez pris que pour six mois ! Je vous rappelle que le procureur voulait vous en coller pour cinq ans ! Alors vous devriez plutôt m’être reconnaissant… et remercier le juge de m’avoir suivi pour le verdict !
Le truand parut réfléchir un instant, un doigt posé sur ses lèvres et un autre jouant avec la gâchette du revolver, ce qui donna des sueurs froides à ses deux victimes.
- C’est vrai, ça, mon petit Swann… Et comme c’est le réveillon de Noël… je me sens d’humeur magnanime.
- Ça signifie que vous allez nous libérer, Sanderson ? demanda Craig, une note pressante dans la voix. Si tel est le cas, nous en resterons là, je vous le promets. Il n’y aura pas de poursuites…
Sanderson secoua la tête, amusé.
- Tss-tss ! Pas si vite, Votre Honneur… Je veux mon petit cadeau d’abord.
Les deux hommes le contemplèrent, interdits.
Il savoura un instant leurs regards effarés avant de reprendre.
- Je veux vous voir baiser. Quand on passe des mois en cabane avec pour seule compagnie ses cinq doigts, on a envie de se taper un bon porno en sortant ! Alors... Qui se sent de faire le top, et qui se sent de faire le bottom ?
Il compta mentalement jusqu'à cinq avant l’explosion.
- Comment ???!!! hurla Craig, le cœur battant la chamade. Mais vous êtes dingue, Sanderson !!!
- C’est hors de question !!! rétorqua tout aussi violemment Martin, le rouge aux joues.
Il ne pouvait tout de même pas avouer qu’il ne rêvait que de ça depuis sa première rencontre avec le juge Shapiro !
Sanderson soupira et leva les yeux au ciel.
- Attendez, on ne s’est pas bien compris, là, vous et moi, les mecs… Je ne vous donne pas le choix. C’est ça, ou un pruneau entre les deux yeux pour chacun !
- Vous n’oseriez pas, fanfaronna Martin en se rapprochant dangereusement de l’arme.
Voyant l’éclat métallique du regard de Sanderson, Craig saisit le jeune avocat par le bras et le serra.
- Arrêtez de jouer les imbéciles, Swann, fit-il avec urgence. Il ne plaisante pas !
Et il força le jeune homme à se reculer contre le dossier.
- Bien, bien ! ricana l’homme armé. Notre cher juge a compris, lui. Allez, baissez sa braguette, Votre Honneur, qu’on voit un peu ce qu’il a dans le pantalon !
Craig chercha le regard de Martin, guettant un signe d’approbation, mais le jeune homme tremblait – de fureur ou de terreur, Craig aurait été bien en peine de le dire ! – et se refusait à lever les yeux sur lui.
Alors, soupirant, le juge posa la main sur le pantalon du jeune homme. Sursautant, les yeux exorbités, Martin le fixa.
- Je suis désolé, mais c’est la seule solution, souffla Craig.
Devant la détermination et la compassion qu’il lut sur le visage de l’autre, l’avocat hocha lentement la tête. Il allait avoir ce dont il avait toujours rêvé… Mais Dieu sait qu’il avait imaginé l'obtenir dans de toutes autres circonstances !
« Seigneur, pas comme ça, pas comme ça ! songea Martin, désespéré. »
De son côté, Craig ressassait les mêmes sombres pensées.
« Merde, Shapiro, c’est du viol ! Tu vas avoir ce que tu désires, mais il ne te le pardonnera jamais ! »
Un frisson glacé parcourut sa nuque en imaginant les implications futures de cet acte, et il hésita. L’avocat pourrait fort bien porter plainte, le faire radier du barreau, détruire sa réputation… ou pire encore.
Sans doute Martin lut-il quelque chose sur son visage, car son expression s’adoucit. Il prit la main de Craig et la posa sur sa braguette.
- Ne vous inquiétez pas, tout ira bien. On s’en sortira ensemble.
Il rougit avant de reprendre d’une voix hachée.
- Je veux bien faire le bottom… Ce ne sera pas la première fois.
Craig crut que son cœur allait s’arrêter de battre sous le choc. Cela signifiait – pour le moins – que le jeune homme était bisexuel !
Un ricanement le fit revenir à lui. Tout à sa stupéfiante découverte, il avait oublié l’espace d’un instant la présence de Sanderson.
- Que c’est touchant ! se moqua le truand. Allez, assez de parlotte, mes mignons, et un peu plus d’action !
Il se calla confortablement contre le siège du conducteur, les deux bras croisés sur le dossier.
- Vous allez… regarder ? demanda ingénument Martin.
Il eut aussitôt envie de se battre pour sa naïveté. C’était une évidence !
- Mon grand, c’est ça le but du jeu ! soupira Sanderson. Que je me rince l’œil ! Un porno en direct !
Toute arrogance l’ayant désormais déserté, Martin sentit avec gêne ses joues prendre une belle teinte carmin.
Ce qui ne manqua pas d’éveiller les instincts protecteurs de Craig.
- Tout ira bien, répéta-t-il, reprenant les mêmes mots que le jeune homme avait précédemment utilisés.
Pourtant, malgré lui, sa main trembla en baissant la fermeture éclair du pantalon du jeune avocat. Il hésita un bref instant, puis ses doigts caressèrent lentement le tissu du boxer qui recouvrait le membre tendu, et la respiration de Martin s’accéléra.
Dans la pénombre, les yeux de Sanderson étincelèrent, et sa langue vint se poser sur ses lèvres sèches. Le parking était désert à cette heure-ci, les employés étant tous partis préparer le repas de fête, et personne ne viendrait les déranger.
De plus, le juge s’était garé à l’écart dans un endroit discret, à moitié caché par les arbres, ou sa voiture ne risquait pas d’attirer l’attention. Comme s’il avait pressenti que quelque chose allait se produire...
Sanderson se carra confortablement contre le siège, et observa le spectacle.
Martin, les yeux mi-clos, appréciait visiblement la caresse des doigts du juge sur son érection.
- Ote-lui ses fringues, ordonna le truand, de plus en plus excité par la situation.
- Il va avoir froid, objecta Craig.
Un rire gras lui répondit.
- Je compte sur toi pour le réchauffer !
Martin laissa échapper un petit gémissement de plaisir. Le froid ? Il ne le sentait pas. Tout son être brûlait de désir et il devait se mordre les lèvres pour ne pas se trahir. Se laisser sauter pour sauver leurs deux vies, d’accord, mais que penserait le très hétérosexuel juge Shapiro s’il venait à découvrir que Martin avait adoré ça !?
Rien de bon, assurément…
Inconscient des pensées du jeune homme, Craig lui ôta sa veste, avant de déboutonner lentement les boutons de sa chemise de soie et de la lui enlever à son tour. Il fit ensuite glisser lentement le pantalon le long des hanches étroites de son partenaire, sa respiration se bloquant dans sa gorge devant la beauté du corps viril.
Dans un brouillard de luxure, il se pencha, et prit un téton durci dans sa bouche, le mordillant gentiment. La respiration de Martin se fit laborieuse.
- Enlève-lui le reste, fit la voix rauque de Sanderson, les faisant tous deux sursauter.
Les mains tremblantes, Craig obtempéra, et bientôt le dernier vêtement alla rejoindre les autres, laissant Martin nu et tremblant.
Sa virilité tendue, engorgée, s’offrait fièrement aux regards des deux hommes.
- Caresse-le…
Les longs doigts fins et élégants du juge vinrent encercler la base, allant et venant tout autour, tandis que tel un être vivant, le membre érigé se mettait à pulser, chaud, vibrant. Comme possédé, Craig s’occupa ensuite de l’autre téton, savourant les petits cris de plaisir qui s’échappèrent bientôt de la gorge de son compagnon.
Le bruit d’une fermeture éclair que l’on baisse ne fut même pas suffisant pour lui faire reprendre ses esprits. Au contraire, il n’en mordilla que plus furieusement la peau qui vibrait sous ses lèvres chaudes.
Les mains de Martin vinrent tout naturellement se poser sur sa nuque, dans un geste exempt de gêne ou de honte.
- Oh, mon dieu…, murmura-t-il sous les sensations divines qui l’assaillaient.
- Il n’a rien à faire dans l’histoire, fit la voix haletante de Sanderson, et dans le silence qui s’ensuivit, on entendit très nettement le bruit de la chair contre la chair tandis qu’il se masturbait furieusement.
Ce fut un choc. Mais loin de dégoûter les deux hommes, cela ne fit que les exciter davantage. La situation leur apparaissait brusquement comme un songe érotique, à la fois irréel et merveilleux.
Lentement, les lèvres de Craig se mirent à descendre le long du torse musclé de son compagnon, parsemant de petits baisers la peau frémissante et à peine voilée d’une fine pellicule de sueur.
Sa propre érection se faisait douloureuse, comprimée dans son pantalon, et il la pressa fermement, déterminé à endiguer la montée trop rapide du plaisir.
– A votre tour, Monsieur le Juge, fit soudain la voix de Sanderson, à qui le mouvement de Craig n’avait pas échappé. Enlevez vos vêtements.
A ce stade, perdu dans une brume de désir, Craig aurait obéi à n’importe quel ordre. Son cerveau était passé en pilote automatique. Il ôta sa veste, puis son pull et sa chemise avec des gestes fébriles, tremblant d’anticipation, et ne put retenir un bref sursaut lorsque les mains de Martin se posèrent sur la fermeture éclair de son pantalon.
Voyant le regard inquiet du jeune avocat, il s’empressa de le rassurer.
– Tout va bien, j’ai été… surpris, c’est tout.
Martin hocha la tête, incapable de se rassasier du corps splendide qui se dévoilait peu à peu sous ses yeux.
Pas une once de graisse ou de poignées d’amour.
Craig Shapiro entretenait visiblement sa forme physique.
Les doigts du jeune avocat se mirent à trembler tandis qu’il faisait glisser le pantalon le long des hanches de son compagnon. Sa respiration se bloqua un bref instant devant le boxer noir, dernier rempart recouvrant encore la virilité tendue de Craig.
– Allez, Swann, fit la voix de Sanderson, le faisant sursauter. Vire-nous ça, qu’on profite du spectacle !
Martin obéit, des frissons de plaisir anticipé parcourant son échine. Le membre érigé qui s’offrit à ses yeux le fit saliver d’anticipation. A la fois épais et long, non exempt de beauté et d’élégance, à l’image de son propriétaire.
Il fit lentement courir ses doigts le long de la colonne de chair, en savourant la texture veloutée, et Craig ne put retenir un frémissement de volupté. Si le jeune homme continuait sa délicieuse torture, il allait bientôt jouir comme un adolescent en proie à ses hormones !
Ne résistant pas davantage, Martin se pencha pour déguster les quelques fines gouttelettes de plaisir qui rendaient luisant le sexe dressé, puis le plus naturellement du monde, le prit dans sa bouche.
Craig crispa violemment les poings en sentant les lèvres humides se refermer sur lui. Sa peau enfiévrée ne sentait désormais plus le froid : au contraire, il avait l’impression d’être au cœur d’un brasier !
Avec gourmandise, Martin fit courir sa langue de la base jusqu’au sommet, jusqu’à ce qu’un gémissement étouffé s’échappe de la gorge de sa « victime ».
– Maître, si vous n’arrêtez pas, vous allez nous mettre tous les deux dans une embarrassante situation ! haleta Craig.
Avec une moue de regret, Martin relâcha son emprise et le regarda à travers ses longs cils.
– Au point ou nous en sommes, appelez-moi Martin, murmura-t-il, un écho amusé dans sa voix rauque.
Sanderson éclata d’un rire gras, provoquant un froncement de sourcils de la part des deux hommes, qui avaient presque oublié son existence. Le revolver qu’il agitait dans leur direction les convainquit cependant de garder le silence.
– Bon, assez rigolé ! Je me sens d’humeur à passer aux choses sérieuses…
Un frisson qui n’avait plus grand-chose à voir avec la peur parcourut les deux hommes.
– Préparez-le, Votre Honneur, susurra le truand. Avec trois doigts ! Et en douceur…
Craig eut un soupir de frustration.
– Et avec quoi, Sanderson ? Je n’ai pas exactement ce qu’il faut sous la main…
– Mais moi, si ! riposta l’autre, tout en lui lançant un tube qu’il attrapa au vol.
Craig se sentit rougir en voyant que ce qu’il tenait dans la main était du KY. Saveur cerise.
« Bon sang ! Ils le font même aromatisé !? pensa-t-il avec un étonnement teinté de naïveté. »
Sanderson agita impatiemment son revolver sous son nez.
– Bon, plus vite que ça ! J’ai pas toute la nuit, moi !
Martin s’étendit de son mieux sur la banquette arrière, écartant les cuisses pour donner un meilleur accès à son futur amant. Dans ses yeux se lisait une confiance infinie, et Craig se jura de faire tout ce qu’il fallait pour en être digne.
Un reste de prudence l’incita à demander au truand :
– Vous avez un préservatif ?
Un mauvais sourire joua sur les lèvres de Sanderson.
– Désolé, Votre Honneur, mais pour mes pornos, je préfère voir du ‘peau contre peau’ !
Craig se tourna vers Martin.
– Ne vous faites pas de souci, je suis clean, répondit doucement le jeune homme à la question informulée.
Craig hocha la tête, avant d’ajouter avec franchise :
– Moi aussi.
– Ben c’est très bien ! fit Sanderson, dont la patience commençait clairement à s’émousser. Allez, go !
– Sanderson, la situation n’est pas vraiment propice pour les galipettes, lâcha Martin avec un brin d’irritation.
Il se tut aussitôt tandis que le canon du revolver se rapprochait dangereusement de Craig.
– Est-ce que ça te suffit, mon petit Swann, comme mise en condition ?
– Tout à fait, répondit Martin en avalant difficilement sa salive.
Il observa Craig tandis que ce dernier ouvrait le tube de lubrifiant et enduisait généreusement ses doigts avec la substance. Leurs regards se croisèrent, et Martin hocha légèrement la tête, indiquant par là même au juge qu’il était prêt.
Craig glissa un doigt dans l’intimité ainsi dévoilée et un frémissement d’anticipation échappa au jeune avocat.
– Je vous fais mal ? demanda-t-il, inquiet.
– Non, murmura Martin. Au contraire.
Et Craig ne put retenir un sourire. Sourire qui ne tarda pas à s’élargir lorsqu’il trouva la prostate, élicitant un long gémissement de plaisir de la part de son partenaire. Il prit plaisir à torturer son jeune amant, étirant la fine paroi jusqu’à ce que celle-ci soit prête à subir une deuxième intrusion.
Bientôt, un autre doigt alla rejoindre le premier. Lorsque le troisième pénétra enfin dans l’intimité dilatée, Martin gémissait et se tordait sur la banquette arrière, à bout de nerfs, suppliant son bourreau de le laisser jouir.
– Bien, fit la voix satisfaite de Sanderson, il est à point. Allez-y, Votre Honneur, baisez-le !
Voyant la brève hésitation du juge, il ajouta avec force :
– Tout de suite !
Le corps luisant de sueur, Craig se positionna contre les fesses de son amant. Lentement, avec une infinie précaution, il franchit avec une agonisante lenteur la barrière de muscles.
L’anneau de chair se distendit pour le laisser entrer, et bientôt, ses testicules vinrent reposer contre les fesses fermes du jeune homme. Il laissa échapper un bref halètement.
C’était si chaud, si étroit…
Si bon.
La sensation était indescriptible.
Il allait mourir de plaisir.
Les hanches de Martin se frottèrent lascivement tout contre les siennes, et Craig comprit que c’était sa manière à lui de lui faire comprendre qu’il était temps de bouger.
Expérimentalement, il donna un léger coup de rein, s’amusant de voir Martin retenir brièvement sa respiration.
– Sadique ! murmura le jeune homme.
Avec un sourire, Craig amorça un lent mouvement de va-et-vient, se retirant pour s’enfoncer ensuite jusqu’à la garde dans la chaleur humide qui l’enserrait comme une gangue de velours. Il posa ses mains sur les hanches de Martin pour mieux le souder à lui, et le jeune homme partit instinctivement à la rencontre de ses voluptueux coups de boutoir.
Chaque mouvement touchait sa cible, et bientôt, Martin se saisit de son sexe pour se masturber, conscient qu’il n’allait pas pouvoir tenir bien longtemps.
– Non, fit Sanderson, les yeux exorbités, je veux te voir jouir sans que tu te touches !
Craig augmenta le rythme de ses assauts, la voix rauque du truand portant son excitation à son paroxysme.
– Tu sens comme c’est bon, Swann ? reprit Sanderson. Dis-moi, est-ce que tu as envie de jouir ?
– Oui, siffla Martin entre ses dents serrées.
Chaque coup de reins heurtait de plus en plus violemment sa prostate, et retenir la montée du plaisir était un défi en soi de plus en plus difficile à relever.
La sueur coulait le long de la poitrine du juge pour venir se mêler à la sienne. Martin avait l’impression de se trouver au milieu d’une fournaise. Son corps tout entier se tendait pour endiguer le plus longtemps possible le violent orgasme qui menaçait de le submerger telle une houle.
Jamais auparavant n’avait-il été aussi excité par quelqu’un…
– Oui, répéta-t-il avec un gémissement, j’ai envie… de… jouir !
– Alors fais-le ! ordonna Sanderson. Maintenant !
Et Martin ne put se contenir un instant de plus. Son corps secoué de violents soubresauts s’abandonna tout entier à l’érotisme du moment. Le plaisir fut si fort qu’il crut qu’il allait s’évanouir.
Ses muscles anaux se contractèrent, enserrant si douloureusement le membre érigé de Craig que ce dernier le suivit à son tour dans l’extase. Rejetant la tête en arrière, il ferma les yeux et avec un grondement animal, se vida à longs jets brûlants dans l’intimité étroite de son amant.
Sanderson ne fut pas en reste. La vision de ces deux hommes sexy en train de faire l’amour, ainsi que la friction de son sexe contre le cuir du siège passager, l’amenèrent rapidement à l’orgasme.
Il reprit lentement son souffle, observant les deux hommes étroitement enlacés, les frémissements de leur peau luisante, et sourit tout en se rajustant. Il ouvrit la portière, l’arme toujours bien en main.
– C’était très agréable, messieurs, fit-il moqueusement. Sur ce, je vous laisse. Nul doute que c’est le début d’une très grande… amitié !
Craig ne rouvrit les paupières qu’en entendant la porte claquer. Les yeux mi-clos, Martin s’efforçait de reprendre une respiration normale. Il avait l’air d’un chat repu.
Etrangement, le juge sentit une vague d’amertume et de colère l’envahir face à cette vision.
Il ne savait que trop pourquoi…
On lui avait offert le paradis sur un plateau, pour le lui reprendre brutalement. Ce moment de plaisir n’était rien d’autre qu’une tricherie. Quelque chose qu’on leur avait dérobé. Pire encore, un viol mental aussi bien que physique…
Une vague de nausée le submergea à la pensée qu’ils avaient été obligés d’accomplir une performance pour un auditoire, comme n’importe quels acteurs de porno…
Se redressant avec brusquerie, incapable de supporter davantage la vue du jeune avocat, il entreprit de ramasser ses vêtements épars, et de se rhabiller le plus vite possible.
Martin, gêné, en fit autant. Les ondes de colère qui émanaient du juge étaient presque palpables, aussi jugea-t-il préférable de ne pas le provoquer.
En son for intérieur, cependant, le jeune avocat ne pouvait s’empêcher de se sentir déçu. Dire qu’il avait espéré, l’espace d’un instant, que quelque chose de bien pourrait sortir de cette étrange mésaventure ! Que quelque chose pourrait être possible entre eux…
La réaction du juge, qui évitait soigneusement de le regarder en face, en disait long sur ce qu’il pensait des derniers événements ! Pour lui, tout ceci n’était qu’une monstrueuse erreur, et rien de plus !
Sa propre stupidité rendit soudain Martin furieux, et il se rajusta avec des gestes tout aussi brusques que ceux du juge.
– Ecoutez, Swann, commença Craig avec une froideur glacée, ne sachant comment aborder le délicat sujet de leurs relations, tant professionnelles que personnelles.
– Ne vous mettez pas martel en tête, Votre Honneur, le coupa tout aussi durement Martin, je vais vous faciliter la tâche. Il ne s’est RIEN passé ce soir ! Rien du tout !
Et avant que Craig, stupéfait par cette réflexion cassante, n’ait eu le temps d’ouvrir la bouche, Martin avait quitté sa voiture, claquant violemment la portière, et s’enfonçait d’un pas rageur et déterminé dans la nuit…
Quelque part non loin de là, un soupir de lassitude et d’exaspération se fit entendre.
– Et ben, ç’est pas gagné ! fit une voix résignée. M’enfin, Joyeux Noël tout de même !
°0°0°
A suivre…
Avez-vous aimé, avez-vous détesté ? Faîtes-m’en part !
La deuxième et dernier chapitre est en cours d'écriture et arrivera... quand il arrivera ! Désolée, mais j'ai plusieurs histoires sur le feu en ce moment (dont un roman), et malheureusement, pas autant de temps que je voudrais pour les écrire !
Merci en tous cas de me lire, et merci de vos critiques, positives ou négatives. Elles m'aident à progresser !