-Je te rappelle que "tu" étais celui qui était fatigué, répondit Jérôme en se retournant.
Sur ce, il embrassa la magnifique bouche qui était à portée de la sienne.
-J'ai revu la priorité de mes besoins corporels, répondit Orrin lorsque Jérôme lâcha sa bouche.
-Ah, ce n'est qu'un besoin ? Attends, je te passe une poignée de mouchoirs, ne bouge pas, répondit Jérôme en tendant le bras vers la boite de Kleenex.
-Idiot !
Jérôme éclata de rire. Puis sérieusement, il prit le visage d'Orrin dans ses mains, et l'embrassa de la manière la plus tendre qui existe. Ce baiser était plus qu'un acte charnel, c'était une révélation pour Orrin. Il comprit qu'il ne pouvait se passer de cet homme, malgré ses bêtises et son humour tordu. Il répondit avec passion à se baiser, rendant coup de langue pour coup de langue, enroulant ses bras autour du cou de Jérôme comme s'il était sur le point de se noyer. Puis il chuchota à son oreille d'une voix implorante :
-Fais-moi tien.
-Tu es sûr ?
-Certain.
Jérôme inspira une goulée d'air pour tenter de se contenir. Il caressa avec le plus de douceur possible le corps de son amant, taquinant ses mamelons durcis, chatouillant son nombril, léchant son ventre, se guidant à la respiration d'Orrin. Lorsqu'il arriva devant son pénis dressé, il le prit dans sa bouche, ne pouvant résister à la tentation de ce corps sublime. Il alterna les petits coups de langues rapides et les longues avalées intenses, et ce tout en glissant un doigt un peu plus bas, dans ce lieu tant convoité. Puis un deuxième doigt.
-Jérôme, s'il te plaît... Viens.
Le jeune homme ne se le fit pas dire deux fois. Il s'allongea sur Orrin, lui soulevant le bassin, et entra, tout en fermant les yeux tant cette sensation lui plaisait. Inquiet, il regarda son amant.
-Ca va ? s'enquit-il en le voyant les yeux fermés. Je me retire si tu as mal.
Pour toute réponse, Orrin s'accrocha aux épaules de Jérôme. Emu, ce dernier déposa un baiser sur les lèvres d'Orrin, puis commença à bouger. Les gémissements de l'Indien prouvaient qu'il le supportait plutôt bien, alors il accéléra le mouvement tout en caressant le pénis qui taquinait son ventre. La tension montait en lui à une vitesse phénoménale, et quelques minutes plus tard...
-Orrin ! cria-t-il, emporté par la vague de la jouissance.
-Quoi ? Déjà ? se moqua Orrin en caressant tendrement les cheveux blonds humides de sueur.
-Pas ma faute, ton corps est si bon...
-Ouais, bon, ça va hein ! maugréa Orrin. Bon, on dort ?
-Pas encore, répondit Jérôme avec malice. Sinon, j'ai un ami, sous mon ventre, qui m'en voudrait.
Vif comme l'éclair, Jérôme chevaucha les hanches d'Orrin et se laissa glisser sur son sexe dressé.
Le mois de colonie passa vite, beaucoup trop vite. Orrin discutait avec Jérôme durant la pause de midi, lorsque Mélanie arriva en courant.
-Orrin ! lança-t-elle. Maman vient nous chercher demain. Est-ce que tu pars avec nous ? On te ramène à la maison.
Orrin sentit son ventre se nouer à l'idée de partir. Il jeta un oeil à Jérôme, qui répondit par un haussement d'épaules, l'air de dire qu'il lui laissait le choix.
-Non, je rentrerai plus tard, répondit Orrin. Je dois aider les autres moniteurs à ranger l'auberge.
-Ah ! On ne me la fait pas, à moi, fit Mélanie en riant.
-Quoi ?
-Tu sais, Orrin, moi aussi, je suis tombée amoureuse pendant ces vacances. Victor a promis de m'écrire.
-C'est super !
Orrin ne savait que répondre d'autre. Amoureux, lui ?
-Jérôme est au courant, pour...
-Oui, il l'est.
Mélanie éclata de rire.
-J'espère qu'il a eu moins mal que moi !
Jérôme regarda Orrin, incrédule. Orrin éclata de rire.
-Bon, je vous laisse, à tout à l'heure ! lança Mélanie en partant.
Jérôme était aussi pâle qu'un linge. Orrin savait qu'il aurait dû lui expliquer, mais il riait tant qu'il n'était pas en état de parler. Enfin, il se reprit.
-Il y a environ un an, j'ai emmené Mélanie cueillir des champignons dans les prés. Seulement, nous avons eu un imprévu : un taureau. Il fonçait droit sur Mélanie. Le loup-garou est apparu tant j'avais peur pour elle, il lui a foncé dessus et l'a poussée à plus d'un mètre pour éviter qu'elle ne se fasse piétiner.
Jérôme éclata de rire à son tour, et Orrin se joignit à lui. Reprenant son sérieux, le blond dit :
-Tu sais, tu peux très bien fabriquer tes bijoux ici. Tu as un atelier aménagé, tu as une chambre, tu as tout l'espace dont tu as besoin...
-Je n'ai pas de salle de bains.
-Si ce n'est que ça, je peux en faire construire une.
-Idiot, rétorqua Orrin en attirant Jérôme par le revers de sa chemise.
Il l'embrassa, puis :
-Tant que je t'ai toi, je n'ai besoin de rien d'autre.
Un rire de fillette attira leur attention. Mélanie les espionnait, cachée derrière un gros pot de fleurs. Elle fit un clin d'oeil à Orrin, le pouce levé vers le haut, puis rejoignit ses camarades.