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Fiction » Romance » Te pardonner ça ? font: B s : A A A . width: full 3/4 1/2
Author: Lilang
Fiction Rated: T - French - Romance - Reviews: 44 - Published: 05-04-07 - Updated: 07-10-09 - id:2357181

Salut à tous et à toutes ! Me voici (enfin) de retour avec une nouvelle histoire, qui ne sera pas un one-shot mais bien une fiction à chapitres. Je ne sais pas encore exactement où elle va m'emmener, (et vous avec, j'espère), je ne sais pas combien de chapitres elle va durer, mais je compte bien la finir (plus ou moins rapidement) ! Assez de bavardages inutiles, bonne lecture !

Disclaimer : cette histoire est à moi, bien à moi et rien qu'à moi :) Merci de ne m'emprunter ni les personnages ni l'histoire en elle-même, ou au moins prévenez-moi, que je puisse donner mon accord !


Il l’avait regardée toute la journée. Ce regard fixe, insistant, qu’elle l’avait déjà vu utiliser sur d’autres filles. De si nombreuses filles… Trop nombreuses pour qu’elle se laisse piéger à son tour. Du moins le pensait-elle.

Kalya était en terminale ES au lycée Colbert. C’était une excellente élève, mais elle était discrète, et très timide. Elle n’avait jamais beaucoup participé en classe, et surtout n’était jamais entrée dans ces cercles si fermés où garçons et filles se connaissent tous, sortent ensemble le week-end et sortent les uns avec les autres. Elle avait des amies, bien sûr, elle formait même avec Sara et Laure un petit groupe très soudé. Mais elles n’étaient pas de ces filles qui sortent tous les week-ends, et elles se sentaient plutôt décalées dans les rares fêtes où elles avaient été invitées, n’étant ni habituées ni initiées aux codes tacites de ces soirées : boire un peu, danser, beaucoup, et draguer, énormément. Malgré tout, elles avaient tout des adolescentes qu’elles étaient, et portaient le même intérêt que les autres aux garçons.

Et notamment à ce garçon. Justement celui qui la regardait depuis le début de la journée. Thomas. Probablement le mec le plus populaire du lycée. Un véritable canon. 1,70m environ, brun aux yeux bleus et au teint mat. Le cliché du beau gosse en fait. Mais plus que ça, il avait un véritable charme, aux yeux de Kalya, qui résidait dans ce sourire, presque toujours présent sur ses lèvres. Un sourire sincère, et malicieux, comme s’il s’apprêtait à tout instant à faire une de ses remarques cyniques, ou un de ses jeux de mots, ou à lancer la répartie qui mettait à tous les coups les rieurs de son côté lors de ses fréquentes disputes avec un autre élève. Thomas était cynique, drôle, charmant, et extrêmement sûr de lui. Ce qui ajoutait à son charme.

Il savait aussi s’habiller, et ses parents avaient sans aucun doute le budget pour. Il s’habillait avec goût, mais sans tomber dans la caricature de la gravure de mode, avec les fringues qui le mettaient en valeur et le faisaient immanquablement remarquer.

Alors, le mec parfait ? Absolument pas ! Il avait les défauts de ses qualités : trop sûr de lui, il en devenait prétentieux ; se sachant assez intelligent pour ça, il ne travaillait pas à l’école, et passait toujours avec justesse, alors qu’il pourrait s’attendre à avoir son bac avec mention bien, voire très bien si il y mettait un peu du sien ; connaissant son sens de l’humour, il dépassait parfois la ligne et se montrait insolent, voire méprisant, avec les profs comme avec les élèves ; et surtout, il jouait de son charme et de sa beauté, dont il était parfaitement conscient, pour jouer avec le cœur de ces trop nombreuses filles qui lui tombaient dans les bras.

Kalya était parfaitement consciente de tout cela. Mais comme de si nombreuses filles du lycée, elle n’était pas vraiment capable de résister au charme de Thomas, bien qu’elle essaie au maximum. D’ailleurs, ça n’avait jamais vraiment été un problème, puisque sortir avec Thomas n’avait jamais été une option pour elle, elle était bien trop transparente aux yeux des autres élèves, même dans sa classe. Jusqu’à ces regards qu’il lui adressait depuis le matin. Regards qu’elle ne comprenait pas, et ne voulait pas vraiment comprendre. Mieux valait rester dans le flou et rêver toute seule dans son coin que de risquer les pires désillusions.

A la fin de cet étrange jeudi de mai, Kalya rentrait chez elle avec Sara et Laure, qui habitaient dans le même quartier qu’elle, et leur expliqua ce qu’elle avait cru voir chez Thomas ce jour là.

« Vous savez, ce regard qu’il a chaque fois qu’il décide qui sera sa prochaine petite amie ?

Kalya, tu as un scoop ? Alors, qui est la prochaine ? Sara ne tenait pas en place. Elle adorait les potins. Comme ses deux amies, d’ailleurs.

Je ne tiens pas particulièrement à me faire d’illusions… En fait je n’y comprends rien. Mais je crois que c’était moi, cette fois.

Toi ? Waouh ! Kalya, tu as attiré le regard de Thomas ? Depuis le temps que tu attends ça…

Comment ça, depuis le temps que j’attends ça ? Elle qui croyait avoir été discrète, sur ce coup là, ça semblait un peu loupé…

On est pas non plus tout à fait idiotes, tu sais ? Thomas par ci, Thomas par là, et les petits regards discrets, en cours… On te connaît, tu n’es comme ça pour personne d’autre que pour lui… Il te plaît, non ? Ca c’était Laure, un peu plus réfléchie, et qui avait toujours eu le chic pour relever les détails dont on espérait qu’ils passaient inaperçus.

Oui… Oui je crois qu’on peut dire ça… Mais je me suis peut-être simplement fait des illusions sur ce coup là… Je me sens un peu stupide, là ! Si je commence à croire qu’il pense à moi alors qu’il regardait ma voisine, ou la prof, ou le marronnier dans la cour…

Et depuis quand Thomas regarde les marronniers de la même façon qu’il regarde les filles ?

T’es pas non plus obligée de relever toutes les stupidités que je peux raconter, Laure ! Je suis juste un peu perdue. Je veux dire, regarde-moi, et regarde toutes les filles avec lesquelles il est sortie ! J’ai pas spécialement la taille mannequin, j’ai un peu de poids à perdre, j’ai des cheveux châtain tout ce qu’il y a de plus normal, j’ai des lunettes… J’ai pas les critères ordinaires ! Je ressemble pas vraiment à la grande blonde bien foutue aux grands yeux bleus surchargés de mascara !

Tu sais quoi ? Tu vas arrêter de te prendre la tête là-dessus, et on verra bien demain, Laure et moi on va l’observer et à la fin de la journée on saura si Thomas compte sortir avec le marronnier où avec toi !

Si j’ai bien compris, vous êtes pas près d’oublier cette histoire de marronnier…

Quand on dit n’importe quoi, après, on assume, ma belle ! Bon, sur cette grande parole, c’est ici qu’on se sépare ! »

Les trois filles étaient en effet arrivées au croisement d’où partaient leurs rues respectives. Elles habitaient à cinq minutes à pied les unes des autres, avaient été ensemble en maternelle, et dans la même classe à peu près tous les ans depuis. Leurs parents se connaissaient également, mais ne s’étaient jamais aussi bien entendus que les trois jeunes filles. Leurs relations étaient cordiales, aimables, mais jamais plus.

Kalya remontait sa rue, perdue dans ses pensées, jusqu’à ce qu’elle arrive à la porte de son immeuble. Elle habitait avec ses parents et ses deux petits frères dans un appartement de taille normale, dans un quartier moyennement côté, mais joliment décoré par sa mère, Clarisse, qui était décoratrice d’intérieur. Son père, Jacques, était employé dans une banque dans le centre-ville. Ils vivaient donc confortablement, mais sans plus. La classe moyenne dans son plus bel exemple.

Les deux frères de Kalya, Lucas et Mathieu étaient plus jeunes qu’elle, de deux et quatre ans. Ils étaient donc respectivement en seconde, et en quatrième. Lucas posait un peu plus de problèmes que les deux autres à l’école, et à 16 ans, il se demandait bien ce qu’il allait bien pouvoir faire l’année suivante, puisqu’il n’était pas sûr que son dossier soit accepté pour un bac ES, le seul à l’intéresser vraiment. Probablement redoubler sa seconde, mais l’option ne ravissait pas particulièrement leurs parents, ce qui expliquait les fréquentes disputes à la maison, qui visaient à le mettre enfin au boulot. Mais à part ses problèmes scolaires, Lucas était un petit frère parfait, et Kalya s’entendait très bien avec lui. Il était la personne la plus proche d’elle dans la famille, et elle était tout aussi disponible pour lui. Le plus étonnant dans tout ça, c’était que contrairement à elle, Lucas était très extraverti, et aimait beaucoup sortir et faire la fête. Il était en plus très populaire au lycée. Un futur Thomas en puissance, sauf qu’il semblait avoir un peu plus de cœur, puisqu’il sortait avec la même fille depuis six mois déjà. Mathieu, par contre, était une énigme pour sa sœur. Plutôt doué à l’école, et très expansif avec ses amis, il était beaucoup plus renfermé à la maison, ne se confiant jamais et ne parlant que très peu de ses journées. Ses relations avec son frère et sa sœur étaient donc beaucoup moins proches que celles de Lucas et Kalya, surtout depuis que Lucas était passé au lycée.

La soirée se passa normalement, et après le repas familial, Kalya retourna dans sa chambre pour faire rapidement son sac pour le lendemain, et s’installer devant Internet pour une petite heure, avant de décider d’aller se coucher avec son livre. Elle eut du mal à s’endormir, se demandant si oui ou non elle se faisait des illusions, et surtout comment elle réagirait si Thomas était vraiment intéressé par elle.

Le lendemain matin, Kalya, toujours perdue dans ses pensées, toutes tournées vers Thomas, retrouva ses amies pour leur trajet vers le lycée. Trajet qui fut silencieux. Les filles n’étaient pas vraiment du matin et ne commençaient véritablement à discuter que rendues au lycée, quand elles étaient enfin réveillées.

Le premier cours passa particulièrement lentement. Kalya n’osait pas jeter de regard vers Thomas, qui était juste derrière elle, et elle espérait que ses deux amies pourraient l’observer un peu. La remarque de Sara lui revenait en tête : « Alors, le marronnier ou moi, les filles ? Pourvu que je ne me sois pas faite d’illusions… ».

Alors qu’elle se faisait cette remarque, elle comprit qu’elle était tombée dans son propre piège : à force de penser à ce que pouvait lui vouloir Thomas alors qu’il ne lui avait pour l’instant rien dit, elle était déjà prête à accéder à ses moindres demandes, quelles qu’elles soient, du moment qu’il lui accorde un peu de son temps. Et elle pensait déjà, peut-être, pouvoir le garder pour elle un peu plus longtemps que ne l’avaient fait les autres filles avant elles. Elle s’était joué ce mauvais tour toute seule, en interprétant un ou deux regards selon ce qu’elle voulait. A la fin du cours, ses pensées s’étaient faites de plus en plus sombres, et elle n’osait pas demander à ses amies si elles avaient pu voir ce que faisait Thomas.

Mais elle n’en eut même pas besoin, puisque Thomas lui-même vint la voir, son beau sourire aux lèvres, et son ventre se serra. Elle avait bien peur de ne même pas pouvoir ouvrir la bouche pour lui répondre, de là à formuler une réponse cohérente, voire intelligente… Rien n’était moins sûr.

« Salut Kalya !

Salut… fit-elle d’une petite voix, avant de s’exhorter mentalement à plus de courage, et de prendre une plus grande inspiration. Ça va ?

A part que ce cours était atrocement long, oui ça va ! Ecoute, je voulais te demander si ça t’intéressais de venir avec moi à la fête chez Guillaume, demain soir ? Ca s’annonce vraiment terrible, ça sera sûrement une des dernières fêtes avant le bac, ça serait dommage de la louper…

Euh… Ah, quelle réponse intelligente, Kalya ! Ok, cette demande est complètement ahurissante, j’ai du basculer dans un monde parallèle, mais ça devrait pas m’empêcher de faire une phrase complète, si ? Ok, alors maintenant, qu’est-ce que je lui réponds ? pensa la jeune fille à toute allure. Oui, ça me ferait vraiment plaisir ! Enfin je crois, mais ça je ne vais pas le lui dire…

Super ! Alors, on fait comment ? On se retrouve quelque part et je t’emmène chez lui ? Par contre, il vaut mieux que tu prévoies quelques affaires pour dormir, parce que je garantis pas d’être capable de conduire la voiture pour te ramener… Mais autrement, si ça te va…

Ok pour moi… On n’a qu’à se retrouver sur la place de la Mairie autour de 20h, quelque chose comme ça ? Kalya reprenait peu à peu ses esprits, après avoir eu peur d’avoir grillé tous ses neurones.

Ok, on fait comme ça ! A demain soir, alors ?

A demain soir ! »

Thomas s’éloignait déjà, alors que Kalya se demandait ce qui venait de lui arriver. Est-ce qu’elle avait vraiment un rancart avec le canon de son lycée pour la fête du lendemain soir ? Fête où se retrouveraient les mecs les plus populaires, et les plus jolies filles, d’ailleurs. Ce qui signifiait shopping obligatoire pour le lendemain… Et emprunt de maquillage à sa mère. Et trouver une solution pour y voir quelque chose sans ses lunettes… Et…

« Kalya ! La Terre appelle la Lune ! Tu es avec nous ? Tu veux bien nous raconter ce que Thomas vient de te dire pour que ça te mette dans cet état-là ? Laure, ou le retour sur Terre…

Il vient juste de m’inviter à la fête chez Guillaume demain soir…

Quoi ? Je t’ai vraiment bien entendue, là ? Sara, t’as entendu la même chose que moi ? Tu nous fais pas marcher ?

Non, absolument pas… J’en suis aussi étonnée que vous…

Ben remarque, ça confirme et ça explique les regards qu’il t’a lancés pendant toute l’heure. Tu ne te les étais pas imaginés, ça c’est clair ! Le marronnier peut aller se rhabiller !

Ben voyons, le retour du marronnier ! »

Kalya avait retrouvé sa bonne humeur, et les trois amies se mirent d’accord pour une après-midi de shopping le lendemain. Le reste de la journée de cours se passa sans incident majeur, Sara et Laure continuaient d’observer les regards pas vraiment discrets que glissait Thomas en direction de leur amie, qui elle semblait planer, dans un état second, sur son nuage.


Voilà ! Premier chapitre terminé, j'espère que ça vous a plu ! Si oui n'hésitez pas à me le faire savoir, quelques reviews pourraient bien faire avancer un peu plus vite l'arrivée du chapitre suivant :) (Nooon, ce n'est pas du chantage ! Pas du tout ! Comment ça, vous avez du mal à me croire ?)


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