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Note : Je sais pas si ça intéresse quelqu’un , mais bon, on sait jamais
C’est le rapport écrit que j’avais fait à l’époque, maintenant il y a de nombreuses choses que je vois différemment… Notamment le fait que je trouve mon roman mauvais…
Rapport écrit
Vies multiples est un roman en « y » dont les deux intrigues diffèrent complètement l’une de l’autre.
L’une met en scène Loïc, un jeune garçon rejeté et intérieurement furieux contre la société. Un jour, il rencontre une fille mystérieuse qui semble deviner ses pensées, ce qui le pousse à se remémorer les événements qui l’ont conduit à cet état d’âme. Tandis que l’on découvre son histoire, il fait la connaissance d’Henry, un petit garçon ouvert et joyeux qui l’adopte aussitôt ; bien que méfiant et réfractaire, Loïc se laisse peu à peu gagner par l’amitié d’Henry. Sa misanthropie finit cependant par reprendre le dessus lorsque l’Evoluante, celle qui depuis toujours régit l’histoire de la Terre, lui propose de détruire l’humanité actuelle, ce qu’il n’hésitera pas à faire.
La seconde intrigue se déroule dans un monde imaginaire. Une princesse, Aika, quitte son royaume pour accomplir une quête dont elle-même ignore l’objet, mais qu’une force mystérieuse la pousse à accomplir. Accompagnée de son fiancé Aymeric, elle chevauche vers l’est, découvre ce qu’est une vie de voyage, rencontre des elfes et deux êtres immortels qui ne demandent plus qu’à mourir… Peu à peu, son but se précise, des indices lui sont révélés, tandis que sa relation avec Aymeric évolue au fur et à mesure de ce qu’ils traversent.
Lorsque j’ai décidé des points de départ des deux intrigues et opté pour un roman en « y », j’avais dans l’idée de concilier deux genres que tout oppose : le réalisme de notre époque, propice à faire passer des messages et à évoquer des thèmes qui me tenaient à cœur, et l’heroic fantasy qui me passionne et auquel je consacre mes lectures. J’espère sincèrement avoir réussi et que ce roman saura réunir les aficionados des deux camps.
Par ailleurs, j’ai voulu faire en sorte que le roman réaliste soit davantage intérieur et « sensitif », et le roman fantasy plutôt extérieur et descriptif, sauf dans les passages de narration à la première personne.
L’histoire de Loïc est celle d’un seul être, de son passé par lequel sa personnalité présente ainsi que son choix final sont conditionnés ; celle d’Aika concerne un couple et son évolution au fur et à mesure des événements qui se produisent, et est donc plus tournée vers l’avenir.
Mes deux récits sont très différents et j’ai tenu à garder pour les deux le même temps de narration, à savoir le passé, afin de les rapprocher au moins de cette façon. Par ailleurs, plutôt que de les différencier en en écrivant un au passé et l’autre au présent, j’ai préféré utiliser cette option pour mettre en valeur les personnages (j’utilise le présent lorsque Loïc, Aymeric ou Aika parle).
A l’époque où j’ai commencé mon roman, j’avais mes objectifs bien en tête, mais je ne savais pas trop où faire aller mes intrigues, d’autant plus que certains de mes personnages sont issus d’autres romans que j’écris chez moi pour le plaisir, et je tenais à conserver leurs caractéristiques.
J’attendais vainement l’inspiration en faisant de longues pauses. J’écrivais à la main et n’étais pas satisfaite de mon style. Par contre, je connaissais déjà plus ou moins la fin que je voulais donner à mon histoire.
Pour aller plus vite, je me mis ensuite à la machine à écrire. De ce fait, mon style s’améliora mais je gardai, voire amplifiai, de nombreux tics d’écriture comme des répétitions de mots dont la fréquence m’édifia par la suite. Il m’apparut à un moment que l’histoire fantasy promettait d’être bien plus longue que l’autre ; je tentai de régler ce problème en développant et en résumant l’essentiel du voyage d’Aymeric et Aika. Je travaillais toujours trop lentement et en attendant l’inspiration, mais les deux intrigues et leurs connections se développèrent quand même petit à petit dans ma tête.
Je corrigeais le texte écrit à la machine en le rentrant dans les ordinateurs de l’école, puisque je n’en avais pas chez moi. Cette méthode me satisfaisait pleinement ; mes seules grosses difficultés consistaient à trouver du temps pour écrire… !
Tandis que mes intrigues se précisaient, je commençais également à penser aux modifications à effectuer au début du roman. Durant longtemps, les deux récits demeurèrent distincts sans montrer le moindre signe de rapprochement, c’est pourquoi j’envisageai de les faire se joindre brièvement une première fois, chose que je n’exécutai finalement jamais. Je voyais mieux où j’allais et avais une plus grande facilité à écrire : mes personnages vivaient d’eux-mêmes et ne se révélaient pas toujours tels que je les avais d’abord imaginés.
Ce que je voulais faire exactement de mes deux récits s’éclaircit peu à peu aussi : celui de Loïc serait dans la haine, la souffrance et les sensations, celui d’Aika nous plongerait dans l’amour, la naïveté, la volonté ; mon but était plutôt d’en faire un véritable heroic fantasy.
Si l’histoire d’Aika surgissait sans anicroche sous ma plume (j’ai juste dû faire des cartes pour m’y retrouver dans la géographie de mon monde imaginaire ; c’est également vers cette période que j’envisageai un glossaire semblable à ceux dont sont dotés les grands romans de fantasy ; je perdis également du temps à mettre en place la syntaxe grammaticale de la langue elfique), celle de Loïc m’inquiéta vite par son côté statique et son action inexistante. J’hésitai longtemps, ne sachant de nouveau plus que faire, je détaillai son passé, hésitai à nouveau, puis eus l’idée d’introduire Henry pour relancer l’action en question ; l’histoire de Loïc prit du coup une tournure imprévue mais bien plus intéressante.
Dès le mois d’avril, le rapprochement du délai me poussa à me précipiter dans l’écriture de mon roman. Mon plus grand souci fut alors de ne pas le bâcler et j’écrivais à la moindre minute de temps libre. Je n’attendais plus l’inspiration mais improvisais presque mon texte. Je revins à l’écriture à la main, qui m’étais soudain plus facile d’accès ; avec le recul, je comprends que la période « machine à écrire » m’a aidée à forger mon style et que c’est pour cette raison que l’écriture manuscrite me fut soudain accessible. De plus, elle me permettait de mieux surveiller mes tics d’écriture.
Mon style, justement, s’était encore amélioré, et cette partie de l’histoire, écrite dans la précipitation, se révéla curieusement de loin la meilleure, la plus harmonieuse, la mieux écrite.
Plusieurs de mes plans changèrent à la dernière minute du fait du manque de temps : je dus raccourcir le voyage d’Aika et user d’artifices (téléportation, Nihon qui s’est retrouvé sous la Mer Intérieure,…) pour que son histoire s’achève convenablement. Le récit réaliste s’est au final davantage tourné vers Loïc et Henry que vers les crimes de l’humanité comme je le prévoyais au départ ; mais ce n’est pas plus mal.
Je suis très satisfaite d’avoir su récupérer l’action « Loïc » ainsi que d’avoir su saisir plusieurs opportunités qui s’étaient présentées à moi totalement par hasard…
C’est le cas du rôle du Japon : j’avais commencé par nommer le refuge de Ziaka « Je-han », puis l’avais renommé «Ne-han » car le « j » était censé ne pas exister en elfique. Ce n’est qu’en avril que j’appris que Japon se traduisait en japonais par « Nihon » et que j’eus l’idée d’une déformation semblable à celle que j’avais déjà effectuée pour Erosp et Azyah (Europe et Asie).
La téléportation d’Aymeric et Aika grâce aux elfes et aux ciols me servit de prétexte non seulement pour raccourcir leur voyage, mais aussi pour expliquer la disparition des races immortelles et l’échec de Ziaka.
Quant à la malédiction d’Izélia, je ne la déterminai qu’à la toute fin du roman, pour expliquer pourquoi les humains d’Erosp ne connaissent pas la magie alors qu’elle fut libérée par Loïc des millénaires plus tôt ; et cela me permit aussi de complexifier le personnage de Ziaka et ses dévorantes ambitions.
La fin du roman me semble également réussie, les deux récits s’achèvent exactement en même temps… bref, je suis contente.
C’est vers la fin que je réalisai un souhait que j’envisageais depuis fort longtemps : insérer des citations de manga entre certains paragraphes. Ainsi trois parties de roman s’articulent les unes autour des autres : les pairs, les impairs, et les lettres. Ceci me tenait à cœur car dans la vie de tous les jours, moi qui suis passionnée par les manga, je souffre souvent de remarques stupides émanant d’ignorants qui n’en ont même jamais vu un. Par ces citations, j’espère leur faire comprendre que peut y trouver des intérêts de toute beauté comme dans tous les livres. Ces phrases sont aussi en rapport avec les thèmes abordés dans le roman, comme les gens un peu attentifs auront eu l’occasion de s’en rendre compte. Par ailleurs, les manga et le Japon tiennent une place importante dans l’intrigue finale.
Une fois le roman fini, je me lançai dans les corrections. Je ré-écrivis presque entièrement le début, phrase par phrase, pour corriger les incohérences qui se présentaient par rapport à la fin, et aussi unifier mon style qui avait beaucoup évolué entre temps. Dans la deuxième partie, je m’appliquai davantage à changer le vocabulaire et à corriger la syntaxe.
J’ai essayé de supprimer les informations superflues et de changer les tournures jugées mauvaises, tout en prenant garde à conserver mon style qui m’est propre (et que je ne peux changer sans quoi ce texte ne serait plus le mien…). J’ai tenté de trouver des mots correspondant exactement à l’idée que je me fais d’une certaine action ou des personnages.
En conclusion, moi qui ai horreur des plans, j’ai pu écrire avec plaisir un roman que j’ai laissé évoluer de lui-même avec le temps et dont les événements finals se sont parfois révélés différents de ce que j’imaginais de prime abord. Certains sujets que je voulais aborder ne l’ont pas été, afin que d’autres le soient plus en profondeur ; quelques-uns de mes projets ont été modifiés ; mais au final je suis plutôt satisfaite du travail que j’ai pu accomplir en un laps de temps si court et d’avoir réussi à en faire un roman que j’espère acceptable.
Je suis très heureuse d’avoir eu la chance de participer à cette aventure qui s’est révélée enrichissante et pleine d’enseignements ; ce fut une expérience des plus intéressantes.
Je terminerai en adressant mes remerciements à madame W. qui a eu la patience de lire mon roman jusqu’au bout en relevant les bourdes parfois grossières que je faisais régulièrement : merci.