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Author: Cerbere
Fiction Rated: K - French - General - Reviews: 3 - Published: 05-19-07 - Updated: 06-29-07 - Complete - id:2363867

Auteur : Cerbère

Titre : Liberté

Genre : Suite de « Égalité », parallèle à Alone In The Day. Troisième et dernier volet de la saga Cédric. Bonne lecture.

Disclaimer : Les personnages sont ma propriété. Pour toute destruction potentielle, merci de passer par ma boîte e-mail.

Résumé : Cédric à deux buts : avoir une relation fraternelle avec sa sœur et arriver à comprendre et à se faire comprendre de sa copine.

Note : OS en deux chapitres en raison de la longueur et du temps que je mets à pondre la fin. Paprika Star, j'espère une fois de plus répondre à tes questions concernant le couple Cédric x Amandine.

Note 2 : Les dialogues en italique sont ceux qui ne se déroulent pas en français.

Liberté

« ‘Mandine, tu veux sortir boire un verre ? ».

La brune était fatiguée. Elle s’était endormie une demi-heure avant et n’avait aucune envie de se lever et sortir par ce froid. Dans sa tête, une petite voix lui criait de raccrocher, mais la voix du blond n’était pas normale. Comme une pointe de regret. Pas de l’avoir appelé, mais pour autre chose.

« La Bouteille à la Mer ? ».

« Ouais ».

« J’arrive ».

OoO

« Je comprends pas ».

Amandine termina son café et fixa Cédric. Celui-ci garda le silence un court instant et releva la tête.

« Mes parents divorcent. Mon père va certainement rester en Espagne maintenant. Ma mère va encore plus me couver et Etna encore plus s’éloigner. Je me retrouve seul. C’est la première fois que je m’en rends compte. Je ne supporte pas ma mère. Et… J’ai envie d’un lien avec ma sœur. Avant qu’il ne soit trop tard. Avant qu’elle ne sache ».

« Et tu veux faire quoi ? Camper devant son appartement ? ».

« Pas con » Accorda Cédric.

« Cédric ! » Le réprimanda Amandine.

« J’en sais rien, je veux juste reprendre là où j’ai brisé les choses ».

« Attends… Tu parles de Filip, là, non ? ».

« Ouais ».

« T’étais pas là. C’est pas ta faute ».

« Mais je le savais ».

« Comment ça ? ».

« Filip était dans ma classe. Je l’ai entendu. J’ai vu qu’il n’était pas avec nous dans le couloir… Et j’ai pas bougé. Parce que je voulais qu’elle comprenne qu’elle avait besoin de moi… ».

« C’est toi qui a besoin d’elle ».

« Sûrement. C’est pour ça qu’il faut que je fasse quelque chose avant qu’elle sache ».

« Céd… Tu te rends compte que si, par la suite, elle fait un rapprochement entre toi qui revient et tes parents qui divorcent, elle va prendre la mouche ? Elle est butée, tu le sais, c’est toi qui me l’a dit ».

« Ouais… Foutu caractère… Parfois je crois qu’elle est sur la défensive à cause de ma mère. Quand elle était enceinte, elle m’a rien dit. C’est mon père. J’étais trop heureux, tu peux même pas imaginer à quel point. Mais je pouvais pas en parler avec ma mère. Si je posais des questions, elle les ignorait. Elle ne voulait pas en entendre parler. Ma grand-mère maternelle, qui adore Etna, m’a dit, il y a 4 ou 5 ans, que ma mère avait été stupide d’avoir envisagé l’avortement. Si mon père ne c’était pas opposé… Je serais fils unique… Et elle serait parfaitement heureuse comme ça ».

« Ta famille est compliqué ».

« C’est pour ça que j’en veux une simple » Déclara-t-il en l’embrassant chaleureusement.

Amandine rougit légèrement, puis l’embrassa à son tour.

« On rentre ? T’as cours demain ».

La brune se leva, attrapa son sac et accompagna le blond dehors.

« C’est quoi qui t’as décidé ce soir ? ».

« Tout à l’heure, en passant devant une librairie, j’ai vu un livre que j’ai bousillé quelque jours avant qu’Etna ne déménage… Demain, c’est son anniversaire ».

Amandine hocha la tête et se rapprocha du blond.

« Tu m’héberges ce soir ? Je suis fatiguée et le lycée est plus près de chez toi ».

« T’as pas besoin de trouver toutes ces excuses pour dire que tu as envie de moi » Plaisanta l’aîné.

Il reçu un coup dans les côtes en réponses et préféra garder le silence pour le reste du chemin. Ils entrèrent dans le garage, retirèrent leurs chaussures et se glissèrent en silence dans la chambre du blond. Amandine partie aux toilettes et revint pour trouver un tee-shirt sur le lit, posé à son intention. Elle l’enfila et se glissa sous la couette, la remonta sur elle et attendit que Cédric ne revienne de la cuisine. Ce dernier arriva avec une bouteille d’eau et s’assit sur le lit en poussant la brune, tout en retirant son tee-shirt.

« Je te préviens, je suis déjà obligé de mettre un caleçon, alors me demande pas en plus de garder le tee-shirt ».

Amandine secoua la tête, laissa Cédric s’installer à son tour et se colla à lui. Il la pris dans ses bras et l’embrassa dans les cheveux.

« Maintenant, dodo, y’en a qui vont en cours demain ».

« Je commence à 10h ».

« Je sais, mais moi, je dois me lever tôt ».

« T’as trouvé du taf ? ».

« Non, mais j’ai quelque chose à faire. Maintenant, dors ».

OoO

Cédric se réveilla avec une grimace. Il essaya de se redresser doucement et compris alors la source de sa douleur.

« Et merde ! » Murmura-t-il.

Amandine avait posé sa tête sur son torse et ses cheveux s’étaient pris dans son piercing et tiraient dessus. Il savait que s’il appelait la jeune fille, celle-ci allait bouger et lui faire mal. Il posa ses mains sur ses épaules pour l’empêcher de tout mouvements et l’appela doucement.

« Mandine ? ».

« Hm ? ».

Amandine contorsionna ses épaules et bougea un peu la tête.

« Bouge pas s’il te plait. T’es réveillé ? ».

« Qu’est ce qui se passe ? ».

« Ta tignasse s’est prise dans mon piercing et ça me fais mal ».

« T’as un piercing ? ».

« Ouais… Je te l’ai pas dis. Juste depuis une semaine. Il va falloir que tu te relèves doucement et quand je te dis de t’arrêter, tu stoppes, ok ? ».

La brune grogna pour témoigner son accord. Elle se releva doucement tandis que Cédric dégageait ses cheveux. Une fois fini, Amandine se pencha sur la table de chevet pour allumer la lampe et regarder le téton rougi de son copain.

« Tu me l’avais pas dis ».

« J’ai oublié ».

« Bisous magique » Déclara-t-elle en l’embrassant.

Cédric se dégagea, éteignit la lampe et lui tourna le dos.

« Je t’ai fais mal ? ».

« C’est pas la peine d’en rajouter une couche » Grogna-t-il.

Amandine le retourna sur le matelas. Cédric se dégagea une fois de plus et alla se chercher un tee-shirt.

« Tu sors ? » Demanda la brune.

« Non, mais avec ta manie de prendre mon torse pour un oreiller, je sens que c’est le mieux à faire ».

« Tu m’en veux ? ».

« Non » Répondit-il en se recouchant et l’embrassant sur les lèvres « Bonne nuit ».

Il écarta les bras, signe qu’il l’attendait et elle pris sa place sans se faire prier. Ils s’endormirent une fois de plus dans leur cocon de chaleur.

OoO

« J’y vais ma belle ».

Amandine se redressa dans le lit et regarda Cédric enfiler son manteau.

« Tu vas où ? ».

« Je vais camper devant chez Etna ».

« Combien de temps ? ».

« J’en sais rien… J’risque de ne plus avoir de batterie d’ici vendredi. Je te tiendrais au courant ».

OoO

« Ilme ? ».

Alors que le rouquin se retournait, Cédric sorti un paquet de son sac et le lui tendit.

« Tu pourrais donner ça à Etna, s’il te plait ? ».

Ilme tendit la main et attrapa le paquet.

« Tu me laisserais pas monter par hasard ? ».

« J’aimerai bien, mais appelle Etna, c’est le mieux… J’veux pas avoir d’emmerde avec elle ».

« Merci ».

OoO

Ilme lui tendit un paquet de gâteau et pendant que Cédric l’ouvrait, il sortit son portable.

« Et’… C’est Ilme… Y’a Cédric en bas… Je le laisse monter ? ».

Cédric suivit l’échange entre sa sœur et son colocataire du mieux qu’il pu, et la réponse finale ne le surpris guère. Ilme s’en excusa et Cédric le rassura. Il attendrait. Il avait du temps.

OoO

Etna laissa la porte de l’immeuble se refermer derrière elle et pris un pas rapide pour quitter la résidence, sans un regard pour Cédric qui l’interpellait.

« Joyeux Anniversaire » Cria-t-il.

Mais cela n’arracha pas plus de réaction à sa sœur. Il se réinstalla contre le mur et sortit une cigarette. Il avait les doigts gelés. Pas d’écharpe, ni bonnet. Jusqu’à présent, il n’en avait jamais eu besoin. Il ne s’était pas attendu à devoir rester si longtemps dehors. Il savait sa sœur têtue, mais tout de même : il faisait 1 ou 2 degrés dehors. Il attrapa son portable pour demander à Amandine de lui déposer un attirail de bonhomme de neige quand elle pourrait.

OoO

La concierge le dévisageait depuis le début de la matinée. Quelques locataires de l’immeuble l’avaient montrés du doigt en sortant et d’autre avait fait demi tour en le voyant. Non, il n’était pas atteint de la peste. Il écrasa sa cigarette dans le bac à fleur et regarda la concierge qui s’avançait vers la porte.

« Mais que voulez vous, à la fin ? ».

« Je voudrais parler à ma sœur ».

« Bon, moi, je veux rien savoir de vos histoires. Je vous laisse monter, mais je veux que vous arrêtiez de faire peur aux habitants ».

Cédric retint un sourire et remercia la concierge avant de monter à l’étage de sa sœur. Il sonna à la porte. Personne ne répondit.

OoO

« Etna ? ».

La rouquine sursauta et fit tomber son trousseau de clé.

« Je me suis expliqué avec la concierge, elle m’a laissé monter » Sourit Cédric en se relevant.

« Bah au moins, t’attraperas pas froid » Répondit Etna en entrant chez elle et en refermant la porte.

Elle ouvrit sa porte et la claqua derrière elle. Quelques heures avant, Ilme était arrivé et lui avait dit la même chose. Mais avec la méchanceté en moins. Cédric commençait à croire qu’il s’y était vraiment pris trop tard. Il revit sa sœur sortir et frapper à la porte des voisins, l’ignorant superbement. Une fois qu’elle eut refermé la porte, la voisine lui jeta un regard compatissant. Il appuya de nouveau sa tête sur ses genoux. Une heure après, Zacharie entra dans le couloir, le regarda bizarrement puis disparu dans l’appartement. Quatre heures après, il en ressorti, toujours aussi surpris de le voir ici. Cédric ne bougea pas, et garda le silence. Il était déterminé à retrouver un lien avec sa sœur et il attendrait le temps qu’il faudrait pour ça. Même si pour ça, il devait passer noël devant la porte de sa sœur.

OoO

Cédric souffla dans ses mains. Il ne sentait plus ses doigts. Etna était sorti quelques minutes plus tôt. Il était resté dans son coin et avait fais semblant de dormir. Il n’avait plus envie de l’entendre lui dire non. Après quelques minutes il décida d’aller s’installer contre la porte.

Lorsqu’Etna revint, elle lui ordonna de se bouger. Ce qu’il ne fit pas. Il essaya de la résonner mais ne réussit qu’à se faire enjamber puis à voir la porte se claquer à son nez. Puis chose assez surprenante, il senti comme un poids contre la porte. Comme si quelqu’un s’était appuyé contre celle-ci. Quelque chose que faisait souvent Etna lorsqu’elle était prise d’un doute.

« Etna… » Tenta-t-il à travers la porte. « Je sais que t’es encore là… Tu faisais déjà ça quand t’étais plus petite… Rester derrière la porte quelques minutes… Pourquoi tu veux pas accepter cette main ? Putain ? Tu crois que je veux jouer ? J’ai rien mangé depuis hier matin, rien fumé depuis vendredi soir… Tu peux pas me laisser crever comme ça derrière la porte… Je suis quand même ton frère ».

Il sentit le poids quitter la porte et soupira. Il aurait aimé pouvoir pleurer. Au moins, la pression l’aurait un peu quitté. En plus de tout ça, il n’avait plus de batterie et ne pouvait plus joindre Amandine.

Il était perdu dans ses pensées lorsque la portée s’ouvrit à la volée, le faisant sursauter si fort qu’ils e retrouva debout en moins de temps qu’il ne faut pour le dire.

« Tu entres, tu poses ton cul, et surtout, tu fermes ta gueule ».

Cédric hocha la tête, trop heureux d’enfin pouvoir accéder à un peu de chaleur. La porte se referma et Etna alla à la cuisine, après quelques minutes, elle lui tendit une tasse de chocolat brûlant qu’il attrapa avec plaisir.

« Bon dieu, mais à quoi tu joues ? » Lui demanda-t-elle avec une pointe d’énervement.

« Tu me croirais si je te disais que tu me manques, et que c’est la veille de ton anniversaire que je m’en suis rendu compte ? ».

« Non. Essaye autre chose ».

« Écoute, Etna, j’ai merdé avec l’Espagne et je m’y suis mal pris en France. Je m’en suis pris à Zacharie, ce qui n’est pas en ma faveur, mais il était dangereux pour moi, il t’éloignais de moi ».

« Te rappelles-tu seulement comment tu étais à l’époque ? ».

« Lunatique… Et rancunier. Je t’ai laissé dehors un soir, parce que j’avais la flemme de bouger du canapé, j’ai même fermé ta fenêtre. Le lendemain je te demandais de passer du temps avec moi mais tu as refusé, sûrement à cause de la veille et du coup, j’ai enchaîné ».

« On est de la même famille, tous les deux. Tu peux pas le renier ».

« Qu’est-ce que tu attends de moi ? ».

« Laisse-moi revenir dans ton monde, je t’en prie. J’ai besoin de toi. Je veux une famille, et pas une famille qui s’arrête seulement à papa et maman qui ne sont dans la même pièce qu’une fois tous les 36 du mois ».

« T’as un point ».

« Je sais que j’ai pas été cool, alors, je te demandes juste une chance, une seule… ».

« T’es pas en train de te foutre de moi ? ».

« Avec plus de cinq jours dehors, tu crois vraiment ? ».

« Oh, te fous pas de moi. Je sais bien qu’Ilme et les voisins t’ont filés à bouffer ».

Un silence s’installa puis Etna déposa sa tasse dans l’évier.

« Tu veux prendre une douche ? ».

« J’aimerai bien, oui ».

« Autre chose ? ».

« Ta recharge de portable… J’ai plus de batterie ».

Etna alla dans sa chambre et revint avec des vêtements et sa recharge.

« Le pantalon sera un peu court, mais il devrait faire l’affaire le temps que tes vêtements soit propre ».

Cédric la remercia, brancha son portable et alla s’enfermer dans la salle de bain.

OoO

« Etna ? ».

La rouquine leva la tête de son livre d’économie.

« Je dois y aller, y’a maman qui crise au téléphone et je dois voir Amandine… Je peux repasser dans l’après midi ? ».

« Ouais, y’a pas de soucis ».

« Tu le promets ? Je vais pas devoir rester quatre jours devant la porte ? ».

« Dégage, et vite » Lui sourit Etna.

OoO

« Tu vois que je pouvais le faire ! ».

« Super, et maintenant ? ».

Cédric passa sa langue sur ses lèvres. Amandine ne semblait pas aussi réjouis que lui par cette grande nouvelle.

« Bah maintenant, tout est cool, non ? ».

« Non ! Cédric, ouvre les yeux. Ça va pas tenir. Une fois qu’elle saura pourquoi t’es revenu, elle te foutra de nouveau à la porte ».

« Non ».

« Pourquoi non ? ».

« Parce que d’ici là, on vivra dans un appart, ensemble ».

« Et Ilme, tu le cases où dans l’équation ? ».

« T’as toujours voulu avoir un appart avec lui, non ? C’est l’occasion ».

« Cédric, ouvre les yeux, bordel ! Fais pas la sauce comme ça t’arrange. Je vois pas pourquoi ta sœur quitterait Ilme pour vivre avec toi ».

« Parce que Ilme la quittera pour vivre avec toi ».

Amandine inspira un grand coup et tourna les talons.

« ‘Mandine ? ».

« Tu me soûle ! ».

« Mais attends » Le blond essaya de la retenir par le bras, qu’elle dégagea violement.

« Non ».

« Mais qu’est ce qui te prends ? ».

« Toi ! Toi, qu’est ce qui te prends ?! De quel droit tu veux me caser avec un ancien ami ? Largues moi, si tu ne veux pas m’inclure dans tes plans, mais ne fais pas ce genre de plans à la noix pour ton soi-disant lien de fraternité avec ta sœur ! Puis te prends même pas la tête, c’est moi qui te largues ! ».

Amandine claqua la porte de la chambre, quitta la maison, saluant rapidement la mère de son ex petit ami et quitta la propriété. Elle avança d’un pas rapide jusqu’à chez elle, ignora superbement son petit frère qui jouait dans le salon et s’enferma dans sa chambre. Elle se laissa tomber sur son lit et se mise à pleurer. Est-ce que le blond avait seulement compris à quel point il lui avait fait mal ? Elle en doutait fortement.

Cela faisait longtemps qu’elle avait tiré une crois sur son amitié avec Ilme. Plus jamais elle n’arriverait à lui faire confiance. Il ne l’avait pas vraiment trahi, mais ce soir-là, ce soir où elle avait tout découvert avec été très humiliant, et encore aujourd’hui, elle avait du mal a digéré. Oui, ils pourraient toujours se parler, mais plus jamais être les amis d’avant. Et il avait changé, il semblait plus à l’aise avec Etna. Puis, elle aussi avait changé. Elle était plus à l’aise avec Cédric… Enfin, avant la scène qui avait eu lieu quelques minutes auparavant.

Elle avait du mal à croire qu’elle avait cassé. Elle ne regrettait qu’à moitié. Elle savait bien que quelque chose clochait depuis qu’elle était avec Cédric. Cette façon qu’il avait toujours de l’éviter par moment, lorsqu’ils n’étaient plus que tous les deux. Ce n’était pas pour faire bien devant les copains. Elle avait assez bien cerné le personnage pour savoir que s’il n’était pas content, il casserait, simplement. Alors quoi ? Qu’est-ce qui avait tant cloché dans leur couple ? Et qu’est-ce qui lui avait pris de casser comme ça ? Et pourquoi n’avait-il pas essayé de la rattraper ?

En fin de soirée, quelqu’un frappa à sa porte. Elle sursauta et alla ouvrir. Elle fut déçue de voir son cousin à la place de Cédric, mais était assez heureuse de le voir pour le faire entrer.

« Bah alors ? » Lui demanda-t-il, sans reproche.

Elle fondit en larme, dans ses bras.

OoO

« Etna, c’est quoi la lettre sur la table ? » Demanda Cédric en allant se prendre un verre d’eau.

« Le résultat de mon permis » Répondit-elle de sa chambre où elle faisait le ménage.

« Tu l’ouvres pas ? ».

« Je suis trop stressé ».

Cédric contorsionna sa lèvre et attrapa la lettre qu’il ouvrit le plus délicatement possible. Il en sortit la feuille jaune et regarda le verdict.

« Tu veux que je te dises ? » Demanda-t-il en refermant soigneusement l’enveloppe.

« Quoi ? ».

« Tu l’as ».

« J’ai quoi ? » Demanda-t-elle avec lassitude.

« Ton permis, pardi ».

« J’aimerai être aussi sûre que toi ».

« Bah ouvre ta lettre alors » Il lui tendit l’enveloppe.

« Tu l’as déjà ouverte ? ».

« Un tout petit peu ».

« Je l’ai ? ».

« Je sais pas, à toi de voir ».

Etna regarda son frère et ouvrit la lettre, la déplia et sauta au cou de son frère.

« J’ai mon permis ! J’ai mon permis ».

« Oui, et là, tu me fais mal ».

« Pardon ! ».

Etna rangea l’aspirateur, trop excitée pour pouvoir continuer le ménage sans rien casser.

« Allez, on va louer un dvd, et je vais chercher une bouteille de champagne ».

OoO

« T’avais pas prévu de voir Amandine ? » Demanda Etna, en terminant son verre.

« Je préfère être avec toi ce soir, puis elle doit être chez son cousin ».

Etna hocha la tête et se tourna sur le ventre pour faire face à son frère.

« Qu’est-ce qui se passe à la maison ? ».

« Rien ».

« Si, y’a bien quelque chose, pour que tu décides de revenir, comme ça. De rester quatre jours devant ma porte ».

« Maman m’as toujours beaucoup couvé. Plus elle me couvait, plus elle écartait le fossé qu’il y avait entre nous. Puis j’étouffe. Si je dois avoir des enfants, j’ai aussi bien envie qu’ils connaissent leurs grand-mère que leur tante… ».

« Oulah, tu vas vite ! Ça ce passe si bien que ça avec Amandine ? ».

« Tu sous-entend quoi, là ? ».

« Arrivé en France, t’avais une copine différente toutes les semaines, et ceux, pendant près de trois ans. Tu as du te calmer y’a un peu moins d’un an. Et Amandine doit être ta plus longue relation avec presque 8 mois ».

« Ouah, tu m’observes vachement en fait ».

Etna haussa les épaules. Ce n’était pas qu’elle l’observait beaucoup, mais tout simplement qu’elle discutait pas mal avec Ilme, qui, lui, observait beaucoup Amandine.

« Ça se passe bien, ou pas ? ».

« Je sais pas… Je suis pas mal tendu avec elle en ce moment, et je crois qu’elle viens de s’en rendre compte ».

« Tendu ? ».

« Elle a ton âge ! ».

« Et ? ».

« C’est la première fois que je sors avec une fille qui a l’âge de ma sœur, et surtout, je ne sais pas comment ça fonctionne dans sa tête, une fille comme toi ».

« Amandine et moi, on est très différente. Puis qu’elle est mon âge ne change pas grand-chose. Elle est majeure depuis janvier ».

Cédric balaya l’air de sa main.

« Changement de sujet ».

La porte s’ouvrit au même moment et Ilme entra dans la pièce, assez surpris de voir Cédric sur le canapé.

OoO

« Tu viens passer noël à la maison ? » Tenta Cédric.

« Non merci. Je le passe avec Zacharie ».

« Ok. Joyeux noël, alors ».

« À toi aussi, Cédro » Répondit-elle.

Le blond embrassa chaleureusement sa sœur, heureux d’entendre de nouveau son surnom que tout la famille avait toujours utilisé, et quitta l’appartement pour rentrer chez lui. Lorsqu’il arriva, la maison était vide et froide. Il alluma du bois dans la cheminée et alla prendre une douche. Il se demandait si Amandine allait passer. Après son coup de gueule trois jours auparavant, il doutait. Mais il espérait quand même. Il avait bien compris pourquoi la brune était entrée dans une telle colère. Il avait parlé de se prendre un appartement avec sa sœur, plutôt qu’avec elle. Il y avait de quoi être en colère. Mais même s’il l’aimait énormément, il ne pourrait pas vivre 24 heures sur 24 avec elle. Elle était trop distante. Il comprenait bien que pour elle, c’était une chose difficile que des e laisser aller. Que c’était toujours plus compliqué pour les filles que pour les gars, mais plus elle se montrait distante, plus il était tendu. Ça n’arrangeait pas leur relation. Il ne la brusquait pas, il était patient. D’ailleurs, il ne s’était jamais imaginé pouvoir un jour, être aussi patient.

OoO

Cédric reposa son téléphone portable. Amandine ne voulait pas répondre, c’était mauvais signe. Depuis deux semaines, elle l’évitait et ne répondait plus au téléphone. Il avait bien essayé de masquer son numéro, mais la brune répondait rarement à ses numéros en temps normal, alors, là… Il allait devoir prendre son mal en patience. Son portable vibra sur la table basse et il décrocha brusquement.

« ‘Mandine ? » S’écria-t-il.

« Nan, Julien ! Ça va ? ».

« Super » Répondit-il avec ironie, puis il se calma. Pas besoin de passer ses nerfs sur son ami. « Que me vaut la joie d’entendre ta voix ? ».

« Euh, une fête peut-être ? ».

« Quand ? ».

« Ce soir, chez Greg, vers 21 heures. Tu y seras ? ».

« J’espère bien, mais je peux pas te garantir » Dit Cédric sachant pertinemment qu’il y serait et que Julien le savait aussi bien que lui.

« Ok, tu préviens Jo ? ».

« Ouais. À ce soir ».

Cédric raccrocha et regarda son mobile. Il n’avait pas eu de nouvelles de Jonathan depuis un bon bout de temps, il ne savait pas ce que faisait son ami. Il ne savait pas s’il était trop pris par son boulot ou quoique ce soit d’autre. Il se rendait compte qu’étant avec Amandine, il avait un peu arrêté de regarder autour de lui. Heureusement, Julien n’était pas rancunier. Jonathan ne devait pas l’être non plus, songea-t-il en cherchant son numéro dans son répertoire. Son ami répondit à la quatrième sonnerie.

« Salut Cédric, te revoilà parmi nous ? » Plaisanta-t-il.

« Ouais. Désolé de pas avoir appelé avant ».

« Y’a pas de soucis. J’étais pas mal occupé ces derniers temps de toutes façons. Que me vaut l’honneur de ton appel ? ».

« Greg fais une fête ce soir. Ça te branches ? ».

Le silence hésitant donna directement la réponse à Cédric, avant d’être confirmé par Jonathan lui-même.

« Euh, je pense pas. Je suis pris ce soir ».

« Ok… Et, est-ce que tu eu des nouvelles d’Amandine, récemment ? ».

« Des nouvelles d’Amandine ? » Répéta-t-il « Euh, non. Non, non ».

Un nouveau silence.

« Je dois raccrocher. À la prochaine ».

Le blond raccrocha, jurant à voix haute. Il s’était retenu de demander à Jonathan de passer le bonjour à Amandine. Il savait qu’elle était à côté de lui. Les silences, l’absence de questions et la répétitions de ses propres questions à lui. Jonathan n’était pas du genre à être expéditif au téléphone, ni du genre à faire du monosyllabe. Cédric soupira. Il était clair qu’Amandine ne voulait toujours pas lui parler pour le moment.

OoO

« Jonathan viens pas ? » Demanda Arthur, un ami.

« Non, il est occupé ».

« Va falloir trouver mieux comme excuse pour sa copine » Marmonna Julien.

Cédric hocha la tête. Il était clair que la copine de son ami devait bien savoir si ce dernier travaillait ou non. Alors son absence n’allait pas passer inaperçu.

OoO

En fin de soirée, Jonathan arriva. Sa copine lui sauta dessus avant même qu’il ai pu ôter son manteau et le réprimanda. Il l’envoya balader et alla voir Cédric qui lui tendit une bière, fraîchement décapsulé.

« T’aurais peut être pas du l’envoyer chier comme ça ».

« Depuis quand ça te préoccupes, la façon dont les relations se termine ? ».

« Eh ! C’est pas moi qui refuse de répondre au téléphone » S’énerva Cédric, se sentant visé par la remarque de son ami.

« Eh bien, utilise autre chose que ton tél. Ma cousine, je l’aime beaucoup, mais j’ai pas l’intention de jouer au facteur entre vous. Donc le seul message que je fais passer, c’est celui-là : démerdez vous ».

OoO

Lorsque Cédric arriva chez lui en fin de matinée, il fut surpris de voir la voiture de son père. Il ne savait pas que celui-ci rentrait ce week-end. Il ne l’attendait pas avant fin février et in n’était que fin janvier Il retira ses chaussures et parti à la recherche de son patriarche qui devait être dans le coin. Il ne le trouva pas et conclu que ce dernier devait être sorti faire un tour. José arriva vers 13 heures et salua son fils.

« Bonjour Cédro. J’avais peur de ne pas te voir ».

« Manque de bol pour toi, c’est pas aujourd’hui que tu vas m’éviter ».

« N’importe quoi. Bon, je repars demain matin. Tu viens toujours en février ? ».

« Février ? » Demanda Cédric.

Il blanchit. Il avait complètement oublié qu’il avait prévu d’aller chez son père à Grenade en février avec Amandine.

« Bah… Moi oui, mais ma copine, c’est moins sûr ».

« Tout ce passe bien ? ».

« Pas vraiment, non. J’ai plus de nouvelles d’elle. Elle veut pas répondre au téléphone et quand j’avance chez elle, y’a personne ».

« Vous vous êtes disputés ? ».

« On peut voir ça comme ça. Je crois qu’elle apprécie pas l’idée que je veuille partager un appart avec Etna ».

José le regarda et garda le silence.

« Tu veux un appart avec ta soeur ? ».

« Oui. Ça t’étonne aussi ? ».

« Beaucoup, oui. Qu’est ce qu’elle en pense ? ».

« Rien. Je ne lui ne ai pas encore parlé. Mais ce serait pour l’année prochaine. Quand son contrat sera fini avec Ilme ».

« Tu sais, Cédro, bien que l’idée de vous voir avec une relation me remplirait beaucoup de joie, je ne pense pas qu’Etna accepte. Ilme et elle sont très proche ».

« Je sais, je sais. Mais vu qu’Ilme est le meilleur ami d’Amandine, ils vont vivre ensemble, comme ça, personne ne se retrouvera seul ».

« T’as échafaudé ça tout seul, ou avec Amandine et Ilme ? ».

« Tout seul. J’en ai parlé à Amandine et depuis, elle répond plus ».

« Il ne t’ai pas venu à l’idée que tu pourrais plutôt te prendre un appart avec ta copine et y inviter de temps à autres ta sœur ? ».

« J’y ai pensé. Mais à la longue je péterais les plombs ».

José soupira et alla à la cuisine se faire un café, vite rejoins par son fils qui s’installa à la table.

« Tu crois que j’ai fais une grosse boulette ? ».

« Je ne sais pas… De mon côté, je n’ai pas encore dit à ta sœur pour le divorce. Je pense que le mieux serait de lui dire une fois que ce sera fait. Elle le prendra mal, mais moins que si je lui dit maintenant ».

« Ça m’arrange aussi ».

José leva des yeux inquisiteurs vers son fils, qui s’expliqua.

« Je préfère me rapprocher d’Etna avant qu’elle le sache, parce que si je lui dit que vous aller divorcer, elle va prendre la mouche et va croire que c’est pour ça que je fais tout ça ».

« Et pourquoi tu fais tout ça ? ».

« Je sais pas vraiment. Parce qu’elle me manque. Que quand j’aurais des enfants, je n’ai aucune envie de leur dire que je n’ai aucun contact avec ma sœur et alors je ne pourrais pas faire de mon mieux pour qu’ils s’entendent entre eux… Parce que j’ai besoin d’elle et que ça fait déjà plus de 7 ans que je laisse le fossé grandir… ».

« Tu as beaucoup changé depuis qu’on est arrivé ici… Mais t’as plus grandi au cours des dernières fois que je t’ai vu qu’autre chose ».

Cédric hocha la tête. Il savait qu’il avait changé depuis l’annonce de ses parents. Il avait pris sur lui pour dire ce qu’il en pensait. Il n’avait aucune envie de se retrouver avec des beaux-parents, des demi-frères et sœurs par alliance ou même par sang. Ses parents n’étaient pas trop vieux pour désirer fonder une autre famille. Sauf du côté de sa mère. Il imaginait assez bien l’arrivée d’un beau-père, mais certainement pas l’annonce d’une grossesse. Pour son père, il ne savait vraiment pas. Il l’imaginait mal infliger à une autre femme ses absences habituelles. Puis d’un autre côté… Il avait toujours su que son père désirait une famille nombreuse, alors pourquoi pas ? Cédric secoua la tête pour chasser ses idées. Ils n’en étaient pas encore là.

« On peut repousser aux vacances d’Avril ? » Tenta-t-il.

« Oui, bien sûr, du moment que tu me tiens au courant ».

« Cool. Je dois m’absenter, mais tu manges là ce soir, non ? ».

« Oui, bien sûr, mais je ne serais pas là de l’après-midi. Je vais aller faire un tour puis je passerais voir Nathalie et la connaissant, ça va s’éterniser ».

Cédric hocha la tête. Il ne connaissait que trop bien la complicité entre son père et la mère de Zacharie. Depuis l’annonce du divorce, il priait pour que son père n’ai jamais l’envie de refaire sa vie avec cette femme. Il ne la connaissait pas, ne l’imaginait pas méchante pour un sou, mais ne supportait pas l’idée d’avoir Zacharie comme demi-frère. Ne serait-ce que par alliance !

Il enfila ses chaussures et vérifia qu’il avait ses clés de voiture dans la poche. Comme elles ne s’y trouvaient pas, il hésita entre retourner les chercher et faire le chemin à pied. Sa fainéantise l’emporta dans une option plutôt bizarre : puisqu’il avait trop la flemme d’enlever ses chaussures pour récupérer ses clés, il allait faire son chemin à pied, ce qui équivalait à une bonne heure de marche. Et sûrement pour se casser le nez sur une porte fermé.

OoO

Amandine ralentit le pas en entrant dans sa rue. Arrivée à sa porte, elle posa ses mains sur ses genoux et expira longuement. Elle recommença cinq fois avant d’entrer chez elle. La télé était allumée et cela l’intrigua. Ni Romain, ni sa mère n’était ici à cette heure-ci et elle n’avait pas allumé la télé avant de partir. Elle s’avança vers le salon pour y découvrir Cédric, dans un fauteuil, tournant le dos à la télé, tapant un rythme inconnu sur ses genoux.

« Qu’est-ce que tu fais là ? » Demanda-t-elle assez froidement en dégageant ses cheveux de son visage.

« Je t’attendais ».

Amandine passa sa langue sur ses lèvres et le fixa droit dans les yeux.

« Je vais prendre ma douche, on parlera après ».

« Je peux t’accompagner ? » Demanda Cédric.

« Si ça peut t’amuser ».

Amandine avait du mal à croire que le blond avait été sérieux. Elle avait cru à un coup de bluff. Mais là, elle se retrouvait sous sa douche, face à son ex, qu’elle n’avait pas vu depuis presque un mois et qui lui avait manqué, bien qu’elle refusait de l’admettre. Cédric cherchait ses yeux, tandis qu’elle, fixait son piercing qui était à sa hauteur. Cédric était un géant par rapport à elle. Elle devinait le blond ouvrir la bouche pour tenter une première phrase.

« Je pensais pas que tu dirais oui » Fini-t-il par dire.

« Je pensais pas que tu étais sérieux » Elle n’avait pas eu le courage de lui dire de sortir de la salle de bain.

« Tu me manques, Mandine ».

« Toi aussi ».

Cédric resta collé à la paroi de la douche, les bras croisés derrière son dos mais fixa la brune, jusqu’à ce que celle-ci relève la tête, le regarde puis sourit. Elle s’avança vers lui et l’embrassa. Il la serra dans ses bras, trop heureux d’enfin retrouver cette chaleur qu’il n’avait pas eu le courage de récupérer plus tôt.

« Eh, tu te rends compte que c’est la première fois que je te vois dans cette tenue ? » Dit-il pour briser le silence.

« Tait-toi, j’ai honte ».

Cédric la serra de nouveau contre lui, trop heureux que leur embrouilles s’arrête ici. Mais il savait qu’il aurait tout de même à s’excuser pour ses plans.

OoO

« ‘Mandine, t’es toujours partante pour aller à Grenade, chez mon père ? ».

« C’est pas un peu tard ? ».

« Pour Avril, ça te dirais ? ».

« Ouais. Mais une semaine seulement, parce que je dois bosser le bac aussi ».

Cédric hocha la tête et se leva du canapé.

« Je dois rentrer. Mon père part tôt demain, et je voudrais discuter avec lui ».

« Pas de problème. Je te ramènes ou pas ? J’ai pas vu ta voiture ».

« Non, je suis venu à pied. Et je serais pas contre l’idée que tu me ramènes. Puis tu peux rester manger aussi ».

« Je vais chercher un manteau ».

Cédric enfila le sien et passa au garage pour sortir le scooter de sa copine. Il se demandait quand celle-ci passerait son permis, mais elle ne semblait pas très enthousiaste à cette idée. Elle lui lança un casque et ils partirent en direction de chez Cédric. La lumière y était présente. En descendant, le blond pu voir sa mère par la fenêtre de la cuisine. Il serra les dents. Elle avait dit qu’elle rentrerait tard. Si elle passait les trois quart de la soirée à la maison, alors il allait y avoir engueulade, c’était obligé. Il soupira et regarda Amandine.

« Tu restes ? ».

« Ça a l’air de te poser problème, alors non ».

« Non, ça me pose pas de problèmes. C’est seulement que ma mère est là, et que depuis qu’on est en France, ma mère et mon père dans la même pièce, ça fait des étincelles. Alors, tu peux rester, mais ça va pas être la joie ».

« Je viendrais une autre fois, ok ? ».

Cédric l’embrassa et lui tapota le casque pour lui faire signe que c’était ok. Il la regarda partir et rentra chez lui. La table était mise pour trois, sa mère était à la cuisine, sur une entrée et son père, malgré l’obscurité, dans le jardin, sur une grillade.

« On est que trois ? » Tenta-t-il vers sa mère.

« Oui, ta sœur mange chez Zacharie, c’est Amandine qui t’as ramené ? ».

« Oui ».

« Elle voulait pas rester ? ».

« Euh, non, elle ne pouvait pas ».

Il se dirigea vers le jardin.

« Déjà de retour ? ».

« J’étais chez Amandine ».

« Ça c’est bien passé ? ».

« Très bien. Tu savais que maman serait là ce soir ? ».

« Bien sûr. Ça t’étonne ? ».

« Un peu, oui ».

Cédric secoua la tête et s’appuya contre le mur, près du barbecue.

« Cédro, avec ta mère, nous avons eu des hauts et des bas, mais crois-moi, depuis que le divorce a été évoqué, nous n’avons que des hauts. Je sais très bien que pour ta sœur et toi, ça n’a jamais été facile d’être dans la même pièce que nous jusqu’à présent, surtout depuis la France ».

« Tu voulais combien d’enfant ? ».

« Beaucoup, mais deux, c’est déjà pas mal ».

« T’aurais voulu plus ? ».

« Tu me connais, j’ai six frères et sœurs… Tellement de bons souvenirs que j’aurais voulu avoir une même famille ».

« C’est pas trop tard ».

José leva les yeux vers son fils et lui fit un sourire en coin.

« Je vous laisse ce loisir. Pleins de petits enfants pour rattraper, ok ? Enfin, vous prenez votre temps quand même, ok ? ».

« Pas de problème. À deux on arrivera bien à faire quatre ou cinq petits enfants ».

« À deux avec Etna, ou avec Amandine ? ».

« Avec Etna, bien sûr » Répondit rapidement le blond.

« Tu n’es pas sûre de rester avec Amandine ? C’est la première fois que je te vois rester avec quelqu’un aussi longtemps, et te voir aller mal parce que tu n’es plus avec ».

« Moi j’en ai envie. Elle, j’en sais rien ».

José secoua la tête, attrapa la viande avec la fourchette et la posa dans le plat. Ensemble, ils repartirent à la salle à manger où Marina les attendait. Le repas se passa dans la bonne humeur à la grande surprise de Cédric. Il n’avait pas réussi à croire son père quand, plus tôt, il avait dit que leur relation, entre sa mère et lui, était meilleure depuis qu’ils avaient pris en main leur divorce. Le blond alla ranger les assiettes dans le lave-vaisselle et sorti son portable.

« ‘Mandine, tu veux te joindre à nous pour le dessert ? ».

« Euh, t’es sûr ? ».

« Carrément ».

« Tout de suite ? ».

« Ouais. Tu peux dormir là aussi, si tu veux, ok ? ».

« J’arrive ».

Cédric referma le lave-vaisselle, tout heureux. Il était euphorique depuis l’épisode de la douche. Il n’avait pas voulu admettre qu’Amandine lui avait manqué. C’est son père qui lui avait fait cracher le morceau. Et pour l’instant, même s’il ne connaissait nullement les intentions de sa copine, lui, il allait s’accrocher à cette relation. En relevant la tête, il pu voir sa sœur traverser la route en compagnie de Zacharie. Il lui rendit le petit salut qu’elle lui fit et retourna à la salle à manger avec les assiettes et petites cuillères.

« Coucou ! » Etna entra dans la salle à manger après avoir retiré ses chaussures « Y parait que y’a un fondant au chocolat dans le coin ? ».

« Allez, fainéante, viens mettre les pieds sous la table et diminuer nos parts » Lui répondit son père en l’embrassant « Toi aussi, Zach ».

Cédric regarda l’iroquoise dire bonjour à sa mère et lui serrer la main. Il voyait beaucoup Zacharie depuis qu’il avait repris contact avec sa sœur, et il voyait bien que celui-ci se méfiait de lui. Il n’en avait sûrement pas parlé à Etna, mais en tout cas, Cédric pouvait voir qu’il le surveillait du coin de l’œil. Les deux nouveaux arrivants s’installèrent à la table basse du salon et José se leva pour aller préparer du café, Cédric à sa suite, pour l’aider.

« Ça fais du bien de voir la famille réuni comme ça, sans que la tension monte ».

« Sans oublier que c’est une famille qui bientôt sera coupé en morceaux ».

« Ah, Cédro ».

« Je sais : tais-toi ».

« Tout à fait, et en plus, Amandine arrive ».

Cédric attrapa la cafetière et les tasses et les déposa sur la table basse puis revint à l’entrée pour ouvrir la porte à Amandine qui retiré ses chaussures.

« Ça se passe si bien que ça, pour que tu me demandes de venir partager le dessert ? ».

« Disons, que ça se passe trop bien pour me priver de ta présence. Entre et fais comme chez toi ».

Amandine entra dans la pièce agréablement chauffée et alla au salon pour saluer tout le monde.

« Eh bien Amandine, cela faisait un moment que je ne t’avais pas vu. Tu étais partie quelque part ? » L’interrogea Marina.

La brune ne répondit pas tout de suite, regardant Cédric qui lui fit un petit coup d’œil.

« J’étais malade » Répondit-elle en jetant un coup d’œil à Etna qui ne releva pas.

« Installe toi, donc » La poussa José avant de s’installer à son tour pour couper le fondant.

Etna se décala un peu pour laisser une place à sa camarade de cours. Elles n’étaient pas ennemies, mais pas non plus grandes amies. Amandine savait que la rouquine vivait avec son –ancien- meilleur ami et cela suffisait à l’énerver, mais tout en même temps, Etna l’amusait. Sa façon d’agir en cours et envers les professeurs, et aussi sa complicité avec l’assistant d’espagnol. Mais à part ça, elle ne savait rien de cette fille, si ce n’était qu’elle avait un sale caractère.

D’un autre côté, Amandine savait qu’Etna ne l’aimait pas trop. Peut-être parce qu’elle refusait de parler à Ilme et s’était tournée vers Cédric. Elles étaient un peu opposées dans un sens. Mais ce n’était pas pour ça qu’aucune des deux n’étaient irrespectueuse l’une envers l’autre.

José leurs servit une part de gâteau noyée sous de la crème anglaise, mettant fin aux réflexions de la brune.

« Alors Amandine, tu va venir faire un tour en Espagne ? » Demanda José.

« Euh, oui, je pense. En Avril. Mais je suis loin d’être bonne dans cette matière ».

« Vraiment ? » S’étonna Marina « Pourtant, tu es bien dans la même classe qu’Etna, non ? ».

« Euh oui, mais nous n’avons pas les mêmes options. Elle a des cours à part en espagnol, avec Angel ».

« Angel ? C’est qui Angel, Etna ? ».

« L’assistant d’espagnol, m’an. Il vient d’Andalousie ».

« Et bien Amandine, tu devrais demander à Etna de te donner des cours. Elle l’a bien fait avec Zacharie ».

« Et on a vu ce que ça a donné » Plaisanta Zacharie en coupant la parole à son amie qui commençait à protester.

La conversation embraya sur le travail de Zacharie, Cédric observa Amandine qui s’était un peu tendue. La brune n’aimait pas que l’on prenne des décisions pour elle et même si Marina avait fait ça par gentillesse, Amandine c’était certainement sentit plus agressé qu’autre chose.

OoO

Amandine sorti de la salle de bain et croisa Etna qui sortait de sa chambre avec Zacharie.

« Désolée pour ma mère. Elle veut juste aider et ne comprends pas que c’est pas en prenant les décisions pour les autres que ça va marcher ».

« Ouais, y’a pas de problème… ».

« Bonne nuit ».

Amandine lui rendit son salut et alla à la chambre de Cédric, où, ce dernier, en tailleur sur le lit, feuilletait un livre.

« Tu lis vraiment ça ? » Demanda-t-il en montrant Le Monde de Sophie.

« Ouais. C’est un de mes préférés ».

« Etna aussi. Je lui ai offert pour son anniv en décembre ».

« Et d’où tu fouilles dans mon sac ? ».

« J’ai pas fouillé. Il était par terre et le livre était sorti ».

Amandine secoua la tête et s’approcha du lit où elle s’installa à son tour en tailleur.

« En Andalousie, toute ta famille parle espagnol ? ».

« Ouais. En français, y’a que mon père et un cousin qui a deux ans de plus que moi. Tu veux toujours y aller ? Si tu veux plus, je peux comprendre, hein, t’en fais pas ».

« Nan, nan, j’vais venir. Ça me ferait plaisir de passer un peu de temps avec toi dans un autre pays et de t’avoir pour moi toute seule » Elle lui fit un petit clin d’œil « Et… Tout le monde t’appelle toujours Cédro ? J’avais jamais fais attention ».

Cédric hocha la tête puis se leva pour retirer son jean et son pull. Amandine le regarda faire.

« Tu peux aussi retirer ton tee-shirt, et je promet de ne pas me servir de toi comme oreiller ».

« Et m’enlever tout mon plaisir ? T’as raison ouais » Plaisanta-t-il en la poussant un peu pour se glisser sous les couvertures.

Amandine le rejoignit et éteignit la lampe de chevet. Elle se colla à Cédric qui la prit dans ses bras d’un geste plus qu’habituel.

« C’est bon de t’avoir de nouveau ».

Il pu deviner le sourire sur les lèvres de la brune alors que celle-ci venait l’embrasser.

« Tu m’as manqué aussi, crois moi… Et je regrette ce que j’ai dis au sujet de l’appart avec ta sœur. Si tu peux, tu devrais essayer. Ce serait bien pour toi de vivre avec ta sœur quelques temps… Moi, j’ai pas envie de faire cet effort avec mon frère. Parce qu’il est beaucoup plus jeune, mais aussi parce que j’en vois pas l’intérêt, mais si toi, tu en as besoin, alors fais-le… Je te soutiendrais ».

Cédric l’embrassa sur le front, resserra son étreinte et ferma les yeux pour s’endormir.

OoO

« Amandine, réveille-toi… » L’appela Cédric.

La brune ouvrit un œil puis le second, se redressa dans son siège et observa les alentours. Ils roulaient toujours. Elle écarquilla les yeux alors qu’ils passaient à côté d’un champ rempli d’autruches. La voiture commença à ralentir et s’arrêta sur le bas côté. Les deux jeunes gens sortirent et firent quelques pas vers la clôture.

« Bienvenue chez moi » S’écria Cédric en ouvrant grand les bras, face aux autruches qui ne bougèrent pas.

Amandine se colla à lui, encore un peu endormie.

« C’est beau ».

« Et c’est que le début. On va reprendre la route et d’ici une heure, on sera chez moi… On y va ? ».

La brune hocha la tête et remonta dans la voiture. Elle observait les petits villages qu’ils traversaient, et s’étonnait du vide des rues.

« Tu vas vite t’y faire. À 16 heures, tout le monde dort, il fait trop chaud pour être dehors. L’activité reprendra vers 18 ou 19 heures, et encore… ».

Amandine le regarda alors qu’un sourire fendait son visage. Cédric n’avait pas souvent parlé de l’Espagne mais elle pouvait imaginer à quel point ce pays lui manquait et elle était heureuse de pouvoir partager un bout de temps avec lui, ici. La voiture passa sous un porche, commença à ralentir et Cédric mit son frein à main. Ils n’avaient pas encore mis un pied dehors qu’un jeune homme avait bondi sur la voiture, débitant un flot incessant de paroles. Cédric sorti de la voiture et serra le garçon dans ses bras.

« ‘Mandine, Tadeo, mon cousin. Tadeo, Amandine, ma copine ».

« Salut ‘Mandine ! J’suis le branleur qui a appris à Cédro tout ce qu’il sait ».

« Pas grand chose en somme » Plaisanta Cédric en allant chercher les sacs dans le coffre.

Il alla porter les sacs à sa chambre d’enfance, laissant Amandine faire connaissance avec son cousin. La chambre était restée telle qu’il l’avait toujours connue. Pleine de poster de moto, de cartes postales des diverses régions de l’Espagne. Une table de chevet séparait deux petits lits simples. Il ouvrit le tiroir du petit meuble et en extirpa le petit carnet qui s’y trouvait. La dernière date remontait à ses 17 ans, le printemps de leur déménagement pour la France.

« Je peux entrer ? » Demanda Amandine en frappant à la porte entrouverte.

« Ouais, bien sûr ! Viens ».

La brune observa la pièce et eu un petit sourire en coin.

« Une vraie chambre de gars ».

« Tu t’attendais à quoi ? ».

« Je sais pas… Mais comme ça, j’aime bien » Elle s’approcha de lui et accueilli avec plaisir son bras autour de sa taille.

« Il est sympa Tadeo, il m’a proposé une balade en Andalou ».

« Ça c’est super. Tu vas adorer. Vous irez sûrement demain ».

« Nous ? Tu viens pas ? ».

« Non… Tadeo va se faire un plaisir de te raconter pourquoi ».

Amandine pencha la tête sur le côté puis haussa les épaules. Elle suivit Cédric à travers la maison et apprécia la fraîcheur du salon. Il s’installèrent dans le canapé et Cédric sorti un album photo. Tadeo arriva avec trois verres remplis de sangria.

« Fait maison » Justifia-t-il.

Au troisième verre, José fit son apparition avec Ester, sa plus jeune soeur. Cette dernière embrassa chaleureusement son neveu, faisant un commentaire sur sa taille puis embrassa Amandine, faisant un commentaire sur sa physionomie. La brune fut surprise de comprendre et rougit au commentaire. José s’installa à son tour dans le canapé et se servit un verre. Après quelques minutes, deux adolescents débarquèrent et sautèrent sur Cédric.

« Cédro !! » Hurla le premier faisant sursauter Amandine.

« Amandine, Teyo et Neto, les deux fils d’Ester » Il présenta ensuite, en espagnol sa copine aux deux adolescents. « Neto ressemble un peu à une fille et tu verras que c’est notre principal sujet de conversations à table » Chuchota le blond.

« Vous êtes beaucoup ? » Demanda Amandine, entendant du bruit dans l’entrée.

« Eh bien, sachant que ce sont les vacances et que en plus, mon père a laissé échapper que je venais avec ma copine, je dirais que ce soir, tu devrais rencontrer encore trois cousins et deux oncles. Et ensuite, demain, le reste de la famille ».

« Tu vas lui faire peur Cédro » L’arrêta son père.

Amandine fit un petit sourire crispé et regarda Tadeo.

« On a que des gentils cousins, ne t’en fais pas. Demain, on ira faire du cheval avec Teyo, Ubaldo et Leandro ».

« Vous êtes combien ? ».

Cédric compta sur ses doigts en énumérant dans sa tête.

« Mon père a un frère et cinq soeurs. Sinon, 9 cousins et Etna est la seule fille d’une série de 11 enfants ».

Amandine blanchit.

« Ils ont tous entre 28 et 14 ans. Demain, tu verra donc Tomas, qui a 14 ans, et Ubaldo et Leandro qui sont jumeaux et ont 28 ans ».

Amandine accusa le coup. Elle n’avait jamais parlé famille avec Cédric et ne s’attendait pas à une si grande famille de son côté.

OoO

Cédric s’allongea sur son lit et fixa le plafond. Il se souvenait du nombre de fois qu’il l’avait repeint, essayant toujours d’éclaircir sa chambre. Rien qu’avec se souvenir, il pouvait sentir la peinture lui titiller les narines. À son côté, il pouvait entendre Amandine respirer régulièrement. La soirée l’avait fatiguée. Il imaginait même son mal de crâne. Les premières fois à l’étranger étaient toujours éprouvantes. À part Tadeo, aucuns de ces cousins ne parlaient français. Il soupira dans le noir, puis prit la brune dans ses bras pour s’endormir à son tour.

OoO

« Debout !! » Brailla Tadeo en entrant dans la chambre, réveillant à peine Cédric. « Allez, dépêchez vous si vous voulez déjeuner. Je vais préparer les chevaux. Tout le monde est là ».

Cédric enregistra le ‘tout le monde est là’ et grinça des dents. Tout le monde voulait dire tous ses oncles et tantes en plus des cousins. Bien sûrs, il les aimaient tous, sauf sa plus vielle tante, Osana, qui, vielle fille, avait toujours des commentaires désagréable. Il secoua doucement Amandine qui se retourna et l’attrapa par la taille pour se rendormir.

« Non, ‘Mandine. Je jouerais le doudou plus tard. Là, il faut y aller, si tu veux déjeuner ».

La brune desserra sa prise à contre coeur et daigna ouvrir les yeux. Puis elle alla prendre une rapide douche pour rejoindre tout le peuple à table. Dehors, sur la terrasse se trouvaient des adolescents qu’elle n’avait pas encore rencontrés et qui se présentèrent comme les petits derniers. Tomas et Fabio n’avaient rien des petits derniers. Tomas, bien qu’il n’ai que 14 ans en faisait beaucoup plus ; quant à Fabio, qui avait 19 ans… Là, Amandine oublia tout simplement comment respirer tant la ressemblance était frappante. Fabio était le portrait craché de Cédric, avec quelques années en moins. Elle n’en revenait pas.

« N’est-ce pas ? » Rigola Tadeo « Fabio est mon petit frère, mais tout le monde l’associe toujours à Cedro. C’est parce que notre mère et José son jumeaux ».

Amandine hocha la tête et sourit aux plus jeunes avant de suivre Tadeo vers le porche, où cinq chevaux étaient sellés.

« Cinq ? » Demanda-t-elle.

« Oui, toi, moi, Ubaldo, Cédro et Sancho, qui va pas tarder à arriver ».

Une voiture apparu alors au bout du chemin, et un jeune en sorti. Les cheveux longs détachés, de grosses lunettes de soleil sur les yeux et une clope au bec. Amandine se fit alors la remarque que à part Etna, Cédric et Fabio, tous les jeunes qu’elle avait rencontrés avaient vraiment les traits espagnols avec les cheveux noirs, la peau bronzée et ce petit air en plus qu’elle n’arrivait pas à définir.

« Sancho à 21 ans, et si toi, tu ne le sais pas, et bien n’importe qu’elle fille d’Espagne ou des alentours te dira que c’est le plus beau des mannequins ».

Sancho attrapa la main d’Amandine et l’embrassa. Elle se senti rougir puis fut poussé vers un cheval.

« Aussi charmeur soit-il, tu ne regardes que moi » Lui dit Cédric à l’oreille.

Elle le regarda, lui sourit et attrapa les rennes qu’on lui tendait.

« Tangua est très gentille, ne t’en fais pas. Cédro, Bison, c’est obligé ».

Cédric lui tira la langue et alla prendre les rennes de son cheval, un animal qui avait l’air beaucoup moins commode que tout les autres réunis.

« Cédro n’aime pas se balader avec du monde parce que Bison et lui, c’est quelque chose de très intense et qu’il n’aime pas se donner en spectacle ».

Amandine ne comprit la remarque que lorsqu’elle vit Cédric se faire éjecter par le cheval.

« Céd, ça va ? » S’inquieta-t-elle.

« Ne t’en fais pas, c’est un rituel » Balaya-t-il de la main.

« Ouais et quand t’auras fini, on pourra peut être envisager de partir. Tout le monde est prêt ».

Dès les premiers kilomètres, Amandine eut du mal à se retenir de demander un arrêt toutes les cinq minutes pour prendre des photos. Cédric marchait à son côté et lui racontait quelques anecdotes concernant les différents cousins qui les entouraient. Parfois, l’un d’eux venait discuter avec elle et alors, elle devait s’accrocher pour comprendre et répondre.

En début d’après-midi, ils s’arrêtèrent près d’une auberge pour prendre le temps de déjeuner. Le lieu semblait déserté. Tadeo emmena les cheveux boire en compagnie d’Ubaldo et Cédric tandis qu’Amandine en profita pour faire connaissance avec Sancho. Elle n’avait pas tout de suite réalisé à qui elle avait à faire, mais maintenant, si. Parmi certaines camarades de classe, certaines étaient fan de mode et l’une d’elle avait déjà exhibé le fameux Sancho.

Cédric revint après quelques minutes et échangea quelques mots avec son cousin. Celui-ci lui répondit dans une langue qui n’était pas de l’Espagnol et regarda Cédric qui ignora sa question muette. Elle préféra les laisser entre eux et rejoignit Tadeo qui sortait de l’auberge, les bras remplis de sandwich.

« T’en fais pas. Cédro et Sancho s’entendent très bien, mais ils aiment aussi se prendre la tête. Sancho est assez charmeur et peut être que ça fait peur à Cédro, mais ne t’inquiètes pas, ils n’en viennent jamais aux mains… Il est célèbre en France, tu sais ? C’est marrant que t’en ai jamais entendu parler ».

« Si, j’avais pas calculé. Des filles de ma classe en parlent souvent. C’est un peu THE mannequin du moment ».

« Ramène leurs une photo de toi dans ses bras, ça les rendra verte ».

« J’ai pas spécialement envie de me retrouver en conflit avec les filles de ma classe. D’autant plus qu’Etna en fait partie ».

« Mais Etna sait qui est Sancho et je sais qu’elle a une jolie photo d’elle et lui… Elle était dans son agenda à une époque… Et son copain aussi a fait une photo avec lui ».

« Son copain ? » Demanda Amandine.

« Ouais… Ilme, je crois. Un rouquin aux cheveux longs, un peu timide par moment ».

« Ilme est venu là ? ».

« Ouais, tu le connais ? Enfin, question con. Si tu connais Etna, tu connais forcément Ilme et sûrement Zacharie. Personnellement, moi, c’est Zach que je voudrais rencontrer. T’as de la chance, tu sais ? Il est cool comme gars ? ».

« Tu parles trop, Tadeo » Le coupa Cédric dans son élan.

Tadeo hocha la tête. Il était bien plus proche de Cédric qu’il ne l’était d’Etna. La différence d’âge sûrement. Et c’était pour ça qu’il avait beaucoup entendu parler de Zacharie. Mais même si ça avait toujours été en mal, il était fasciné par ce garçon qui passé le plus clair de son temps avec sa petite cousine. Quant à Ilme, il l’avait vaguement rencontré à Noël, quand il était venu avec Etna. Les deux jeunes n’avaient passé que quatre jours à Grenade avec Sancho, puis étaient parti sur Madrid pour le nouvel an, chez un ami du rouquin. Autant dire qu’il ne connaissait pas grand chose de sa cousine.

Tadeo prit Cédric à part.

« Dis donc, quand ta frangine est venue, je l’ai trouvée changée. Elle n’évitait même plus ton sujet. On a un peu parlé de toi. J’étais content d’apprendre que votre guerre été terminé ».

« C’est ce qu’elle t’as dit ? ».

« Non, c’est ce que j’ai conclu. Et Ilme est charmant comme gars, elle a trouvé le bon, même si ils ne sont pas très démonstratifs ».

« Ilme est gay » Laissa échapper Amandine avant de s’excuser.

Tadeo la regarda puis fixa Cédric qui haussa les épaules.

« J’ai fais une gaffe tout à l’heure, non ? » Demanda-t-il.

« Ilme et moi ne nous parlons plus. J’ai coupé les ponts l’été dernier et ne sais plus grand chose de sa vie ».

« Ok… Et, vous vous êtes connu comment ? » Enchaîna-t-il pour changer de sujet.

Cédric senti comme une grosse pierre lui tomber sur la tête. Son cousin était un gaffeur né. Il attrapa Amandine par la taille et l’embrassa sur la tempe.

« On c’est rencontré, c’est déjà pas mal. J’ai faim, on va grailler ? En plus, si on prend du retard ça va gueuler ».

Ils retournèrent à la petite table à l’ombre et mangèrent leur repas puis repartirent. Cédric resta en retrait avec Tadeo tandis qu’Amandine restait dans ses réflexions. Elle n’avait pas entendu parler d’Ilme depuis des mois et c’était dans un autre pays que quelqu’un le faisait. Il lui manquait mais elle ne voulait pas l’admettre. Elle aurait voulu savoir des choses à son sujet mais se gardait bien de le demander à qui que ce soit. Elle fut tirée de ses pensées par un flash puissant. Sancho la regarda et lui sourit.

« Une petite photo de nous deux » Déclara-t-il avec un clin d’oeil « T’as l’air ailleurs, ça va pas ? ».

« Bof » Elle haussa les épaules. Elle s’étonnait toujours de le comprendre et de pouvoir répondre « Il parait que t’as rencontré Ilme ».

« Ah, je vois... Ouais, à noël. Un drôle de gars, mais super sympa. On a bien ris ».

« Il allait bien ? ».

« Plutôt, oui. Il m’a beaucoup parlé de l’Espagne, de comment il l’avait découvert et d’une fille aussi ».

Amandine sentit son coeur manquer un battement et elle regarda Sancho. Celui-ci continua.

« Une amie à lui, qui lui manque beaucoup. Parce qu’ils ne se voient plus ».

Amandine fut déçue. Ce n’était pas elle, l’amie en question. Ils se croisaient toujours au lycée. Mais bien souvent il était avec Etna. Sancho continua dans sa lancée.

« Il m’a dit qu’il l’avait perdu lors d’une soirée. Où il avait fait pas mal de connerie. Mais il a aussi dit qu’il était content pour elle, parce que même si ils ne se parlaient plus, elle semblait bien où elle était... Il disait que c’était déjà pas mal... ».

Amandine avala sa salive et la senti se bloquer dans sa gorge. Un mot de plus de la part de Sancho et elle allait se mettre à pleurer. Elle se mit alors à haïr ce garçon. Il savait très bien qui été cette amie. Il n’aurait pas du lui dire tout ça. Il n’aurait pas lui dire tout ça à elle. Elle voulu lui dire, mais au même moment, il donna un coup de talon à son cheval pour rejoindre le premier rang.

Elle observa le chemin qui s’étendait devant eux avec rien d’autres que des champs autour et tonna un coup de talon sec à sa jument, qui, à moitié endormie, partie au quart de tour. Elle s’emporta au galop, doublant tout le monde, surprenant tout le groupe, Amandine la première. Après quelques mètres, elle tira sur les rennes pour arrêter l’animal mais celui-ci ne réagissait plus. Amandine, s’accrocha à la crinière et ferma les yeux. Quand tangua voudrait s’arrêter, eh bien, elle le ferait. Elle sentit d’un seul coup l’animal ralentir puis s’arrêter pour brouter l’herbe. Elle se permit alors d’ouvrir les yeux et de sourire faiblement à Cédric.

« Si t’as un coup de blues, parle m’en, au lieu de faire ça. Tangua est très calme et gentille, mais elle peut aussi être très nerveuse... ».

Cédric colla Bison à Tangua et embrassa sa copine.

« Sancho parle beaucoup, hein ? ».

Elle hocha la tête et regarda le groupe arriver. Personne ne fit de commentaire. Seul Tadeo lui proposa un petit galop dans les règles qu’elle accepta. Elle dirigea son cheval à côté de du sien et ils partirent ensemble dans un galop contrôlé.

OoO

« On arrive ».

Il était presque 22 heures. Le soleil c’était couché depuis un petit quart d’heure et Amandine avait l’estomac dans les talons. Elle releva la tête et regarda droit devant elle. Dans un champ, une dizaine de tentes avaient été dressé et du monde était rassemblé autour d’une table. Amandine descendit avec plaisir de Tangua et fit quelques pas pour se dégourdir les jambes. Elle avait mal partout et n’avait aucune envie de se rasseoir avant un petit moment. Tous ensemble, ils dessellèrent leurs chevaux et les laissèrent en aller brouter en liberté. Elle termina de rencontrer la famille de Cédric puis rejoignit son groupe de la journée qui discutait, assit autour d’un feu de camp.

« On repart à quelle heure demain ? » Demanda-t-elle en s’installant entre les jambes de Cédric qui l’entoura de ses bras.

« Demain ? En fin d’aprèm, je pense ».

« On va rentrer de nuit ? » S’inquiéta-t-elle.

« Ouais. Tadeo et Leandro reprennent les chevaux avec les plus jeunes et nous on prend les voitures. Comme ça, on va pouvoir profiter du temps et de la mer. Tu voulais rentrer à cheval ? ».

« Je pensais oui, mais en voiture, ça me va aussi ».

Cédric passa ses doigts dans ses cheveux puis discuta avec son cousin alors qu’Amandine avait fermé les yeux et commençait à s’endormir. Il la réveilla deux heures après pour lui proposer une baignade qu’elle déclina. Tadeo, Ubaldo et Cédric partirent entre eux, laissant aux autres le loisir d’aller se coucher ou de faire ce que bon leur semblait. Sancho en profita pour se rapprocher d’Amandine. Malgré la fatigue, elle s’accrocha pour le comprendre et répondre le plus correctement possible, sans se contenter de monosyllabes.

« Ça te tenterais de faire du mannequina ? » Demanda-t-il.

« Tu trouves que j’ai une tête à faire du mannequina ? ».

« Oui ! Enfin, moi je te propose, parce que au boulot ils veulent me prendre avec d’autres et je préfère choisir mes partenaires ».

« Choisis en des célibataires alors, t’auras plus de succès ».

« Oh ! Tu me vexes ! » S’indigna-t-il. « Je te dragues pas. Je pourrais jamais faire ça à Cédro. Je te propose de te faire des sous faciles pour deux heures de boulot... ».

« Deux heures seulement ? ».

« Ouais. Cédro il le fait avec moi parfois. Quand j’étais plus jeune, j’en faisais avec Etna. On avait 10 et 12 ans, mais c’est comme ça qu’ils m’ont repérés ».

« Cette conversation me parait surréaliste ».

« Va dormir, t’es claquée et t’as froid ».

« Tu sais où je dors ? ».

« La petite tente bleue. Bonne nuit ».

« Bonne nuit ».

Amandine se leva et alla s’installer dans la petite tente où elle trouva un duvet ouvert, sur un matelas gonflable. Elle retira ses vêtements et enfila son pyjama que Cédric avait mis dans le sac. À peine fut-elle allongée sur le matelas, qu’elle sentit ses yeux se fermer.

OoO

« Cédro ? ».

« Tu vas pas t’y mettre toi aussi quand même ? » Demanda le blond en retirant son tee-shirt.

Il regarda Amandine qui avait parlé dans son sommeil. Il hésita à la prendre dans ses bras. Il ne voulait pas la réveiller. Il était humide et froid. Il s’allongea à côté d’elle et attendit que le sommeil vienne. Après quelques minutes à ne rien faire, il se colla à la brune qui se retourna instinctivement pour se caller dans ses bras. Cédric souri. Il en avait autant besoin qu’elle pour passer une bonne nuit.

A suivre...

Cerbère



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